Michel Onfray revient sur les attaques du service public envers CNEWS : «Une chaîne d’opinion au singulier comme France Inter, ça s’appelle une chaîne d’Etat».
00:00D'abord, une remarque, c'est-à-dire le diable est dans les détails, mais quand elle parle de Serge Nedjar en disant qu'il dit que c'est une radio d'opinion avec un S, elle ajoute avec un S.
00:07Ben oui, ça pourrait même, heureusement que Serge Nedjar l'a dit, mais il l'a fait sciemment, évidemment.
00:12Mais juste pour expliquer qu'opinion, c'est pas au singulier, c'est au pluriel, il faut des opinions.
00:18Il n'y a pas des opinions en France Inter.
00:20Et quand ils disent, ah mais on a invité des gens de gauche, mais moi quand j'étais invité, je me faisais casser la figure.
00:25Donc ce ne sont pas les invitations.
00:27Il faut le sens virtuel du terme, j'imagine, imager.
00:29Ben oui, bien sûr, vous êtes traité de nazi, on vous demande quand est-ce que vous avez voté Adolf Hitler la dernière fois, en gros, on commence par ça.
00:36Il y a des intellectuels qui ont dit, quel livre formidable, fantastique, qu'est-ce que vous pouvez nous dire, quelle est votre thèse, etc.
00:40Michel Onfray, vous êtes quand même un polémiste, un auteur controversé, par exemple, aux dernières élections, vous avez dit, je suis venu pour parler d'un livre sur, je ne sais pas quoi, sur Démocrite.
00:50Et puis voilà, donc oui, il y a des opinions, et justement ça s'écrit au pluriel.
00:55Et il est dommage qu'on soit obligé de dire aujourd'hui qu'opinion ça s'écrit au pluriel, parce que si c'est comme France Inter, effectivement, une chaîne d'opinion,
01:02et qu'on ne met pas de S, et bien effectivement ça s'appelle une chaîne d'État, ça s'appelle une chaîne idéologique.
01:06On est payé par l'État, et puis on tient un discours d'État.
01:10Mais bon, globalement, c'est un discours mastrichien.
01:12Vous savez, si c'est la droite, ils vont mettre une droite mastrichienne, à gauche une gauche mastrichienne, mais ce seront les mêmes idées.
01:19Il y aura toujours les mêmes idées sur le climat, il y aura toujours les mêmes idées sur l'écologie, il y aura toujours les mêmes idées sur Trump et sur Poutine.
01:24Que ce soit les personnalités nommées, effectivement.
01:26Oui, voilà, après ce sont des hommes de paille, des femmes de paille, ces gens-là, ils sont là justement pour ça, parce que ce sont des perroquets.
01:33Leur travail, c'est ce qu'on appelle le psytacisme, c'est-à-dire la répétition.
01:36On leur a dit les éléments de langage tout le matin, et puis ils sont des chefs, donc tout le monde a peur, ils font des réunions,
01:42et en même temps, le chef, il a l'oreille du chef de l'État qui lui a dit ce qu'il fallait faire, comment il fallait faire, etc.
01:49Même aujourd'hui, Rachida Dati n'a plus les moyens, il dit « ah mais je découvre que », etc.
01:53Vous pensez bien qu'à l'époque, il y avait l'ORTF.
01:55Elle a découvert cette plainte, c'est ce qu'elle a dit à l'Assemblée nationale.
01:58Elle dit « j'ai pas été informée », alors qu'elle est comme la ministre de la Culture.
02:01Donc vous imaginez bien, ça fonctionne comme un réseau fermé.
02:04D'abord, ce sont les syndicats qui dirigent, qui gouvernent.
02:06Moi, j'ai appris deux ou trois choses où des gens m'ont dit « non, c'est pas nous qui avons pris cette décision de vous interdire,
02:12c'est les syndicats qui ne veulent pas, et donc c'est géré par des syndicats.
02:15Et donc, si vous voulez avoir la paix avec les syndicats, vous leur donnez ce qu'ils vous demandent, etc. »
02:20Alors après, qu'on arrête de parler de services publics, de pluralités, d'opinions avec un S ou sans S.
02:25Et puis qu'on arrête aussi de subventionner les journaux qui nous font le coup du...
02:29Ces paysans qui veulent absolument qu'on fasse attention à leur alimentation,
02:33qui ne veulent pas les importations du Mercosur, ce sont des protectionnistes, ce sont des fascistes.
02:36Mais en revanche, si vous voulez être protectionniste pour les journaux qui nous permettent d'exister,
02:40alors là, il n'y a pas de problème.
02:41On tape sur le désir protectionniste des paysans,
02:44mais quand il s'agit de vivre avec l'argent public, toute la presse, sauf Front Populaire,
02:49toute la presse, il y a peut-être une ou deux autres presse,
02:51mais qui ne vivent que parce qu'ils sont subventionnés par l'État.
02:55Donc le problème, ce n'est pas que France Inter soit une chaîne d'opinion sans S et une chaîne idéologique,
03:00c'est que ça se fasse avec l'argent du contribuable.
03:03Moi, je suis pour le service public, mais avec un service public qui estime que,
03:06si Marine Le Pen pèse la moitié de l'électorat français,
03:09les idées de Marine Le Pen doivent se retrouver avec des émissions et des directeurs d'antennes.
03:13Si l'idée qu'un journaliste puisse aider Jordan Badela à écrire,
03:16l'idée qu'il puisse le faire, ça n'a même pas été le cas.
03:19Vous soyez mis à la porte, bonjour, la chaîne d'opinion sans S.
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