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  • 6 weeks ago

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00:00Et on va aller plus loin dans ce dossier avec l'invité de Paris Direct et on va dire bonjour à Henriette Steinberg.
00:06Merci d'être avec nous, secrétaire générale du Secours Populaire.
00:11On va parler avec vous de l'action de votre organisation alors que des millions de personnes s'apprêtent à réveillonner.
00:18Mais d'abord, un petit mot de ce cambriolage dont vous avez été victime.
00:22Votre siège du Calvados a été vandalisé hier.
00:26Dans quel état d'esprit sont les bénévoles de la ville de Caen aujourd'hui ?
00:29Les bénévoles de la ville de Caen, comme d'ailleurs l'ensemble des bénévoles du Secours Populaire de France,
00:41trouvent révoltant que quiconque s'en prenne au plus malheureux dans notre pays.
00:49Et nous ne faisons pas la justice, ce n'est pas notre métier, ce n'est pas notre démarche, ce n'est pas notre conception.
00:54Mais il faut avoir quelque chose qui manque en soi pour réaliser des actes de cette nature.
01:04Donc évidemment que quand il y a une catastrophe comme ça, il y a une mobilisation générale.
01:10Mais je ne peux pas vous dire quoi que ce soit de pertinent d'autre que ce que je viens de vous dire.
01:15Il faut absolument faire appel à la solidarité pour aider celles et ceux d'entre nous qui sont en grande difficulté.
01:23Et ces grandes difficultés sont encore plus intenses pendant ce qu'on appelle la période des fêtes.
01:28D'après le baromètre Ipsos BVA établi pour votre association,
01:361 Français sur 5 déclare être aujourd'hui en situation précaire, Henriette Steinberg.
01:42En 2025, sur une échelle de 1 à 10, où est-ce que vous situez la précarité en France et dans le monde ?
01:49Vous qui avez un regard assez, très affûté même, sur la situation sociale.
01:53Ça dépend où vous mettez le 1 et où vous mettez le 10.
02:00Alors le 1 c'est...
02:02Non mais attendez, je pense aussi que les téléspectateurs comprennent la démarche.
02:06Pour ce qui concerne le Secours Populaire, le fait que des parents, où que ce soit,
02:13ne soient pas en mesure de fêter Noël avec leurs enfants,
02:18dans un pays comme le nôtre, ça n'est pas acceptable.
02:21Mais dans l'ensemble des pays du monde, ce n'est pas acceptable.
02:26Et c'est ce qui fait que le Secours Populaire, à cette période-là,
02:30mobilise encore plus pour faire en sorte que cette période-là
02:35ne soit pas une catastrophe supplémentaire pour les familles qui sont déjà en difficulté.
02:43Donc je ne vais pas vous dire si c'est 1 ou 10,
02:46mais c'est une question d'éthique, de morale, de conception du monde.
02:50Pour le Secours Populaire, à Noël, il doit être possible pour les familles
02:55d'être proches de leurs enfants et de leur témoigner aussi qu'ensemble,
03:01ils participent et ils partagent Noël.
03:03C'est dans notre pays, c'est en Europe et c'est dans le monde.
03:07Est-ce que le profil de ceux à qui vous venez en aide a beaucoup changé au cours des dernières années ?
03:13Malheureusement, il s'est largement déployé dans la société de notre pays.
03:23Il y a aujourd'hui des familles dans lesquelles les deux personnes du couple travaillent
03:30et où il n'est pas possible d'assurer la totalité des dépenses incompressibles.
03:35Le Secours Populaire n'a aucune capacité d'action sur ces sujets.
03:41Mais il le sait, il le sait lorsque nous recevons les personnes,
03:45lorsque nous recevons les familles et qu'elles nous font part de leurs difficultés
03:49et pour nombre d'entre elles de leur honte alors qu'elles travaillent
03:53de ne pas pouvoir répondre aux besoins de leurs enfants, a fortiori à Noël.
03:59Donc pour nous, c'est vraiment une question majeure de conception du monde dans lequel nous vivons.
04:06Et c'est ce qui fait que nous mobilisons encore plus, si je puis dire,
04:10l'ensemble de ceux qui ont envie d'y contribuer
04:12pour que le moins possible de personnes vivent ces situations.
04:18Et nous avons la certitude que dans notre pays, c'est possible.
04:22Et il y a la certitude aussi qu'une mobilisation plus intense des uns et des autres
04:29doit aider à ce que Noël soit un moment de joie partagée
04:33et pas un moment d'angoisse supplémentaire.
04:37Alors on dit souvent que les Français sont très généreux.
04:40Est-ce que c'est toujours le cas ? Est-ce qu'il n'y a pas eu une crise de...
04:43C'est toujours le cas.
04:46C'est toujours le cas.
04:47La générosité dans notre pays ne ralentit pas, n'est pas freinée.
04:55On ne peut pas dire qu'il y ait des endroits où les gens ont arrêté de donner.
04:58Il y a à cette période-là une volonté massive de l'ensemble des personnes
05:04d'essayer de faire en sorte que tout le monde partage Noël.
05:08Et c'est bien la démarche du Secours populaire.
05:10Et non seulement nous sommes entendus, mais nous savons que ça marche,
05:14nous savons que c'est efficace, et ce que vous présentez à l'écran
05:18témoigne de ce que nos collègues d'autres associations le vivent de la même façon.
05:22En revanche, après ce moment qui est un moment particulier,
05:27il faut aussi penser qu'on mange les autres jours de l'année.
05:29Et pour ce qui concerne le Secours populaire,
05:32c'est aussi la question de la pérennité des moyens dont les personnes disposent
05:37qui est un vrai sujet.
05:39Et le Secours populaire n'est pas en mesure de le résoudre,
05:41mais il y a dans notre pays des personnes dont c'est la fonction,
05:45le rôle et les raisons pour lesquelles ils ont accepté les fonctions qu'ils exercent.
05:50On sent une critique vis-à-vis des pouvoirs publics.
05:55Ils n'en font pas assez pour contrer, pour endiguer la précarité ?
06:01Je ne me limiterai pas et je n'ai aucune raison de me limiter aux pouvoirs publics.
06:06Il y a dans notre pays de très nombreux intervenants économiques.
06:12Cet ensemble d'intervenants économiques qui ont les moyens de créer les conditions
06:17pour que la situation soit moins difficile pour les personnes en difficulté dans notre pays,
06:23personne ne peut s'en exonérer.
06:26Et l'idée selon laquelle les seuls qui peuvent le faire,
06:30ce sont les pouvoirs publics.
06:32Et donc, nous nous retournerions seulement vers les pouvoirs publics
06:37pour demander des moyens supplémentaires.
06:39Les pouvoirs publics, ce sont les pouvoirs publics de notre pays,
06:43mais ce sont aussi les pouvoirs publics européens.
06:46Telle n'est pas la conception du Secours populaire.
06:48Nous faisons appel absolument à tout le monde.
06:50Et ce n'est pas une question simplement morale ou éthique.
06:55C'est une question de participation commune dans un pays commun.
06:59et il revient à tous et en particulier à ceux qui ont plus de moyens
07:05d'aider ceux qui sont plus en difficulté.
07:09C'est la démarche du Secours populaire.
07:10Et je ne peux pas dire que nous ne soyons pas entendus.
07:12Nous sommes entendus.
07:14Mais il nous faut nous faire entendre encore plus, si je puis dire.
07:18Et le fait d'être à votre micro me permet de le dire clairement.
07:22Il n'y a pas des gens pour lesquels, par nature, la misère, ça doit être du matin au soir et aussi à Noël.
07:30Et sur ces aspects-là, le Secours populaire fait ce qu'il peut,
07:34avec tous ceux qui se joignent aux activités du Secours populaire,
07:38et participer à la solidarité en ces périodes, c'est être chacun d'entre nous un Père Noël.
07:43Mais il revient à tout un chacun de considérer qu'il est aussi concerné.
07:50Et ce n'est pas parce qu'il n'a pas de difficultés particulières
07:54qu'il peut s'exonérer de prendre en compte l'intégralité de la population de notre pays.
08:00Une dernière question, Henriette Steinberg.
08:03On annonce le Noël le plus froid depuis une quinzaine d'années en France.
08:09Quel impact ça peut avoir sur votre activité à vous ?
08:13L'impact, ça veut dire qu'il va y avoir encore plus de bénévoles du Secours populaire
08:18qui vont prendre du temps pour aller aider des familles,
08:24des familles avec des enfants, des personnes âgées, des personnes en difficulté,
08:29pour qu'ils soient au moins à l'abri
08:32et qu'ils puissent subvenir à leurs besoins minimaux.
08:39Mais ça ne peut pas être simplement la question du Secours populaire.
08:43Ça ne peut pas être simplement la question de toutes les associations qui se mobilisent.
08:49Écoutez, que l'hiver il fasse froid, quand même, les uns et les autres.
08:52On a appris ça dans nos livres de géographie.
08:55Ce n'est pas réservé aux pauvres.
08:58Et donc, tous ceux qui peuvent, d'une façon ou d'une autre,
09:01contribuer à diminuer le malheur,
09:05ont une responsabilité personnelle, individuelle.
09:08et ils peuvent savoir que dès lors qu'ils vont avoir une démarche solidaire,
09:18d'abord, ils vont se sentir mieux, ils vont se sentir plus à l'aise
09:20et ils vont aider leurs prochains.
09:23Merci beaucoup Henriette Seinberg, secrétaire générale du Secours populaire.
09:27Merci d'avoir été en direct sur France 24.
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