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  • il y a 4 semaines
Dans ce deuxième épisode de Machro (le nom n'est toujours pas nécessairement définitif) on va causer de Peur sur la ville et de son statut de film de transition dans la carrière de Henri Verneuil.

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Personnes
Transcription
00:00Bonjour à tous. Aujourd'hui dans Macro, on va parler d'un film majeur.
00:05Un film qui constitue à lui seul le tournant de la carrière d'un grand réalisateur.
00:10Un film alliage entre film populaire et film engagé.
00:14De Milan ? Non.
00:18Fenêtres sur cours ? Non plus.
00:21Ah, Pirolefou ? Pas mal, mais non.
00:27Bon allez, je donne l'encochoir.
00:30Peur sur la ville. Mais tu te fous de ma gueule ?
00:32Le film débute sur une femme réveillée par une sonnerie de téléphone.
00:35Elle décroche et son interlocuteur ricane.
00:38Elle décide donc de laisser son téléphone décroché pour éviter les appels.
00:41On a ensuite droit à un générique nous montrant la fameuse ville sur laquelle va s'abattre la peur.
00:45C'est Paris, pour ceux qui sont vraiment très peu perspicaces.
00:48On retrouve notre protagoniste féminine qui raccroche enfin son téléphone avant d'aller dormir.
00:52Mais, nouvelle sonnerie.
01:00Question, pourquoi elle ne débranche pas son téléphone ?
01:06Bah imagine, elle pourrait rater un appel à leur portant.
01:09En pleine nuit.
01:11Ouais.
01:12On apprend que l'interlocuteur la harcèle depuis pas mal de temps
01:14et que visiblement, il est suffisamment cinglé pour s'être introduit chez elle.
01:17Il lui reproche d'avoir pris un amant après la mort de son mari
01:34et il lui annonce qu'il va lui passer une petite visite.
01:37A tout de suite.
01:38Non !
01:39Donc évidemment, on appelle la police.
01:42Mais bon, les fonctionnaires vous connaissez.
01:44Donc ça appelle le gardien d'immeuble peu charismatique,
01:46puis un commissariat plus coopératif.
01:48Mais malgré les mots rassurants des flics, la paranoïa monte
01:50et elle décide de scruter devant sa porte
01:51quand soudain, un homme arrive et sonne à la porte.
01:54Et oui, c'est bien François Hollande, en personne, 39 ans avant Edge of Tomorrow.
01:58Il était déjà acteur.
01:59Et visiblement, Flamby a une certaine crédibilité comme cinglé du téléphone.
02:03Vous faites ce que vous voulez de cette info.
02:05Au point d'amener la pauvre dame à fuir par où elle peut
02:07et de tenter le grand plongeon en espérant que ça passe.
02:10Spoiler, ça marche pas.
02:14Alors que Flamby était juste invité chez les voisins, en fait.
02:17Oh ben Georges, on ne vous attendait plus !
02:19Je crois que j'ai fait une sacrée à votre voisine.
02:21Ellipse et la police tentent alors de contacter deux flics de choc
02:24pour aller enquêter sur le grand plouf.
02:26Les deux flics interprétés par les géniaux Charles Denner
02:29et notre stallonano Jean-Paul Belmondo
02:31préfèrent tester la culture G du patron du bistrot du coin.
02:34C'est qui ça ?
02:37Laszlo Pape
02:40Bien
02:41Et ça ?
02:45Max Cohen
02:46Très bien
02:48Et ça ?
02:50C'est un acteur, non ?
02:51Jean Gabon
02:53Très, très bien
02:55Et lui ?
03:01Je connais pas.
03:06Ils se rendent rapidement compte en visitant le bistrot
03:09que le tenancier entasse des Maliens dans sa cave
03:11pour arrondir les fins de mois
03:12ce qui permet à la fois de voir que l'immigration en provenance d'Afrique
03:15et les loyers trop chers à Paris ne datent pas d'hier.
03:17En remontant de la cave,
03:18il se la joue flic répoux pour engager le tenancier
03:20à retrouver la mémoire et donner le nom de l'individu
03:22qui s'avère être un braqueur.
03:24Finalement, ils obtiennent le nom
03:25et le tenancier accepte de collaborer pour le retrouver.
03:27Après cette interlude,
03:28nos deux flics de choc répondent aux appels.
03:30On a été acheté des cacahuètes.
03:34Arrivés sur les lieux du Grand Plouf,
03:35un homme mystérieux à moto arrive et observe la scène au loin.
03:39Et oui, c'est bien lui,
03:40Edouard Geoffrey, notre ministre de l'Éducation nationale.
03:42Enfin, du moins jusqu'à ce que le cornu dégage une seconde fois.
03:45Alors que le flic joué par Denner interroge les témoins,
03:48dont Flamby bien sûr,
03:49on apprend que le personnage de Belmondo,
03:51le commissaire Letellier,
03:52s'en fout un peu de l'affaire
03:53et aimerait retourner dans Antigang pour se venger du braqueur précédent
03:55évoqué chez le vendeur de cacahuètes.
03:57Il décide cependant d'aller enquêter sur un correspondant suspect de la morte.
04:00En allant chez le brave homme,
04:01il trouve un individu légèrement agressif
04:03et peu méfiant.
04:07Le dieu de choc se la joue encore une fois Ripou
04:10jusqu'à ce que ce fougue gangster révèle sa planque de poudre blanche multivitaminée
04:21dans sa valise.
04:23Ça c'est de la cachette secrète.
04:24Mais visiblement, il ne sait rien sur la mort de la gonzesse.
04:26Le dieu décide donc d'appeler une ambulance.
04:29De retour au bureau,
04:29ils apprennent que le vendeur de cacahuètes a déjà rappelé
04:32et que le braqueur est dans le coin,
04:33ce qui amène l'hôtelier à démontrer encore une fois
04:35son désintérêt total pour l'affaire de la morte.
04:37Mais il reçoit cependant un appel du fou du téléphone
04:39qui semble être un fanatique anti-adultère
04:41ou anti-sexe
04:42qui se fait appeler Minos.
04:44Il explique aussi qu'il continuera dans ses meurtres
04:46afin d'accomplir un plan précis
04:47et révélera progressivement son identité
04:49par la même occasion.
04:50Mais attends...
04:52Quoi donc ?
04:53C'est Seven ?
04:55Oh putain oui !
04:56L'hôtelier est donc contraint par son supérieur
04:58d'enquêter sur les femmes qui sont harcelées au téléphone.
05:01Cependant, Minos est plus rapide
05:02et se rend chez une nouvelle femme
05:03en se faisant passer pour le commissaire.
05:05Et on se rend compte à cette occasion
05:06que c'est nul autre que le collègue d'une des femmes harcelées.
05:09Le fié fait coquin.
05:11La gonzesse qui admet ouvertement à Minos
05:13qu'elle est un stationnement humain
05:14qui n'a même pas la décence de faire payer l'entrée.
05:16Mais je baisse moi, commissaire !
05:18Je suis veuve depuis 5 ans
05:20et parfaitement normale.
05:21Alors, j'allais pas entrer au couvent, non ?
05:24Vous me pardonnerez ma franchise,
05:25mais je m'envoie en l'air de temps en temps
05:28et j'aime ça.
05:30Autant dire que ça lui plaît moyen.
05:31Le dieu de flic tombe nez à nez avec Minos
05:37en se rendant chez la femme nouvellement assassinée.
05:40S'ensuit une course-poursuite sur les toits de l'immeuble
05:41permettant à Belmondo de montrer
05:43à quel point c'est trop lui qui fait ses cascades.
05:45Car oui, Tom Cruise n'a rien inventé.
05:46La différence étant que Belmondo est aussi un vrai acteur.
05:49Dans la poursuite, Minos perd ses lunettes,
05:52les masques tombent,
05:53puis il perd aussi son oeil,
05:54qui est rattrapé en morceaux par l'hôtelier.
05:57Puis, les individus se rendent aux galeries Lafayette.
05:59D'ailleurs, uniquement pour faire la blague.
06:00A tout instant, il se passe quelque chose
06:03aux galeries Lafayette.
06:05Puis, ça part en course-poursuite sur la route.
06:07Minos est en ta moto
06:08et l'hôtelier plus intéressé par le braqueur
06:09qui refait surface,
06:10il décide de cesser sa poursuite.
06:12Il retrouve le braqueur
06:13et le poursuit dans le métro
06:14et même sur le métro.
06:16Est-ce que Tom Cruise a fait une casquette
06:17sur un métro en marche ?
06:19Non, je ne crois pas, non.
06:20Et au terme de la course-poursuite,
06:22le braqueur est abattu.
06:23Sauf que voilà, Minos balance tout dans la presse
06:25et l'hôtelier passe un peu pour un con.
06:26Et que fait un chef de la police
06:27lorsqu'un de ses agents déserte son poste
06:29à un moment crucial
06:30au point de risquer la vie de potentielle victime ?
06:33On lui fit une médaille.
06:35Donc, l'hôtelier est forcé
06:36de continuer l'enquête sur Minos
06:37et est contraint de veiller
06:38sur l'infirmière harcelée,
06:39collègue donc de Minos.
06:41L'infirmière qui a une légère tendance
06:43à la paranoïa.
06:44Minos se pointe sur place,
06:46jouant encore le grand protecteur,
06:48puis il appelle la gourgandine
06:49qui joue la provoque
06:50devant le commissaire visiblement troublé.
06:52Quand vous avez appelé,
06:53j'étais sur le point
06:53de faire l'amour avec un homme.
06:56Un homme avec un corps d'homme.
06:58Des mains d'homme.
07:01Faire l'amour, Minos,
07:02vous ne savez sans doute pas
07:03ce que ça veut dire,
07:03mais ça peut être très beau.
07:05L'infirmière reprend son service,
07:07cependant,
07:07elle se fait assassiner par Minos
07:09dans une scène authentiquement
07:10terrifiante pour le coup.
07:11Vous avez fait l'amour
07:12avec l'hôtelier ?
07:14Enfin, Pierre.
07:21Le corps d'homme.
07:23Des mains d'homme.
07:24Ellipse.
07:26En analysant les enregistrements
07:27des appels de Minos,
07:28le commissaire identifie
07:29le lieu de la cabine
07:29et en profite pour arrêter
07:30un type qui appelait
07:32au même moment que Minos
07:33de celle-ci.
07:34Et on remarque
07:34qu'il s'agit de Jean-François Balmer,
07:36notamment connu
07:36pour son rôle de Louis XVI
07:38dans la Révolution française
07:38de Robert Andréco.
07:40Je suis le roi !
07:42Mais là,
07:42il joue un anarchiste,
07:43pour le coup.
07:44Et j'ai rien à dire
07:45à des ordures de flics.
07:47Minos se pointe encore,
07:51histoire de jouer
07:52vraiment à la provocation.
07:53Mais non, attends,
07:54c'est pas Minos.
07:54Regarde,
07:55il a pas d'œil de verre.
07:56C'est mesquin
07:57de pointer les erreurs techniques.
07:59Ouais, enfin,
07:59excuse-moi,
08:00entre le gros plan,
08:01les lunettes transparentes
08:02et le fait de rappeler
08:03que la caractéristique principale
08:04du personnage
08:04est d'être un cosplay du Ménhir,
08:06surtout à un moment
08:06important de l'intrigue,
08:07bon,
08:08un peu facile, je trouve.
08:10Mouais.
08:11En effet,
08:11juste après le départ de Minos,
08:12l'hôtelier apprend
08:13que les bouts de verre
08:14qu'il a glanés
08:14lors de la course-poursuite
08:15sont un œil de verre,
08:16ce qui lui permet
08:17de libérer Louis XVI
08:18et de déduire
08:18de l'identité de Minos.
08:22Sauf que Minos
08:23est déjà loin
08:24et se lance dans le terrorisme
08:25en balançant une grenade
08:26devant un cinéma porno
08:26et en prenant en otage
08:27l'actrice du film
08:28et sa famille.
08:29Minos demande un avion,
08:30ce qui, je vous l'accorde,
08:31peut sembler très audacieux
08:32pour un terroriste,
08:33mais à l'époque,
08:34ça pouvait encore passer.
08:35L'hôtelier tente
08:36de gagner du temps au bluff
08:37pour préparer une intervention bourrine.
08:38Il arrive par les airs
08:39pendant qu'il fait passer
08:40un enregistrement de lui
08:41indiquant la marche
08:41à suivre à Minos.
08:42Un génie, n'est-il pas ?
08:44Après une bagarre
08:44d'une rare intensité,
08:51Minos est neutralisé
08:52et bouclé.
08:52Le télé est félicité
08:53par son supérieur
08:54et c'est la fin.
08:55Mais c'est quoi
08:56cette fard bâclée ?
08:57Quand on vous dit
08:58que les scénaristes
08:58sont mal payés,
08:59bah non, regarde
09:00c'est Vernoil
09:00qui a écrit le scénar.
09:01Il devait être fatigué.
09:03Enfin, en tout cas,
09:03c'est le moment
09:04de répondre à la question.
09:05Pourquoi parler
09:06de peur sur la ville ?
09:07Pourquoi en parler
09:08comme d'un film majeur ?
09:10Pourquoi en parler
09:10comme d'un film tournant
09:12surtout dans une carrière
09:13aussi riche
09:13que celle d'Henri Verneuil ?
09:15Eh bien, je vais m'en expliquer.
09:16C'est sûr que ça mérite
09:17une explication
09:18parce que là,
09:18ton C.A.P.
09:19cinéphile
09:19va sérieusement
09:20être mis en question.
09:21Peur sur la ville,
09:22c'est le 28ème film
09:23de Henri Verneuil
09:23et selon moi,
09:24c'est un tournant artistique
09:25pour lui.
09:26En effet, dans les années 50-60,
09:27les films de Verneuil
09:28étaient essentiellement
09:28des films très classiques,
09:30grands publics.
09:31C'était la fameuse période
09:31de sa collaboration fructueuse
09:33avec Michel Audière
09:33au dialogue notamment.
09:34On était donc souvent
09:35sur des films plutôt légers
09:36mais parfois abordant
09:37des thématiques sérieuses
09:38comme avec des gens
09:39sans importance,
09:39le président
09:40ou le clan des Siciliens.
09:41Et avec Peur sur la ville,
09:42on reste encore
09:43dans un temps plutôt léger
09:44mais quand même
09:45avec une histoire
09:45très sombre
09:46allant vers le glauque.
09:47On parle quand même
09:48d'un film policier
09:49sur un tueur en série
09:49maniaque du téléphone
09:50qui traque les femmes
09:51aux mœurs légères
09:52et ce dans une ambiance
09:53globalement nocturne
09:54très pesante.
09:55C'est Seven
09:56mais avec Belmondo
09:57qui lui représente encore
09:58ce modèle de protagoniste
09:59à la haute diarre,
10:00Goyer est prenant
10:00les choses à la légère.
10:02A ce titre,
10:02son comportement est presque
10:03une métaphore
10:04de ce que représente le film.
10:05Avec la sous-intrigue
10:06sur la traque du braqueur,
10:07on reste sur des thématiques
10:08plutôt proches
10:09d'un cinéma très grand public
10:10mais l'intrigue principale
10:11se rappelle au personnage
10:12comme pour lui indiquer
10:13que l'époque a changé.
10:14Et cette intrigue justement,
10:15dans le genre
10:15Enquête paranoïaque,
10:16préfigure grandement
10:17les thématiques plus sombres
10:18des films suivants de Verneuil
10:19qui entraînera dès 1976
10:20sa trilogie politique
10:21qui comporte
10:22certains des meilleurs films
10:23qui ont été réalisés
10:23dans l'histoire du cinéma.
10:24Oui, je sais bien
10:25que vous ne croyez pas.
10:27Je le vois que vous êtes sceptiques.
10:29Mais vous savez quoi,
10:29on en parlera un jour.
10:31C'est promis.
10:32Alors vous me direz peut-être
10:32que des thématiques graves
10:34ont toujours eu lieu
10:34dans le cinéma de Verneuil
10:35et que c'est assez arbitraire
10:36de prendre ce film
10:37comme un tournant
10:37alors qu'au final,
10:39c'est peut-être
10:39qu'une oeuvre relativement anodine
10:41dans sa filmographie.
10:42Mais je pense que non.
10:43Non car, selon moi,
10:44tout le film justement
10:45parle de cette fin
10:46de l'insuffisance.
10:47Parvel Mondo justement
10:47qui veut rester sur un modèle
10:48à l'ancienne,
10:49à la haudière si j'ose dire,
10:51et l'existence de Minos
10:52l'oblige à voir
10:52cette réalité en face.
10:54Que le monde est dégueulasse
10:54et que se contenter
10:55de la lutte contre les braqueurs
10:56c'est ringard.
10:58Par conséquent,
10:58on voit que Verneuil
10:59met en scène dans ce film
11:00cette transition
11:00vers des thématiques plus sombres.
11:02Le film reste entre deux chais
11:04jusqu'à la fin
11:04de la traque du braqueur.
11:05Et ensuite,
11:06on reste focus sur Minos
11:07et les meurtres sauvages.
11:08Bon, ça c'est la théorie.
11:10La pratique,
11:10c'est que, à mon goût,
11:11la fin du film
11:12est un peu trop bâclée
11:13rendant cette hypothèse
11:13avec un goût un peu...
11:15Mais...
11:16Et de mon humble point de vue,
11:17la trilogie politique de Verneuil
11:18est à ce titre
11:19beaucoup plus intéressante
11:20car elle assume entièrement
11:21son ton et son message.
11:23Dans cette trilogie,
11:23on parle plus généralement
11:24d'un homme contre un système
11:25dans une ambiance
11:26intégralement sombre
11:27ce qui donne bien plus
11:28l'impression que les situations
11:29sont inextricables
11:30et est donc plus pertinent
11:32politiquement.
11:32Mais en tout cas,
11:33Peur sur la ville
11:33reste un excellent film
11:34malgré cette fin douteuse.
11:36Disons qu'il s'agit plus
11:37d'un avant-goût
11:37de ce qui viendra
11:38après chez Verneuil.
11:40Voyez ce film,
11:40en quelque sorte,
11:41comme une très bonne entrée
11:42en matière dans le cinéma
11:42de Verneuil,
11:43une forme de synthèse
11:44de ce qui a été
11:45et ce qui sera.
11:46Oh putain,
11:47ça fait chialer !
11:48C'est ainsi que se termine
11:49ce second épisode de Macro.
11:51En attendant la prochaine capsule,
11:52n'oubliez pas
11:53d'aller voir des films
11:53et surtout,
11:55n'oubliez pas d'enlever
11:55le scotch du hamster
11:57avant d'éteindre la lumière.
11:58A bientôt dans le bateau !
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