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  • il y a 7 semaines

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00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55Steadforce n'est pas un pénitencier comme les autres.
01:04Ici, il n'y a jamais de bagarre.
01:08Le cachot ne sert à rien et les gardiens ne sont même pas armés.
01:12Parmi les prisonniers, on ne trouve pas le moindre assassin.
01:16En fait, les types qui échouent dans cette prison sont un peu les aristocrates de la délinquance.
01:22Ce sont des escrocs de grande envergure, des funambules de la haute finance qui appartiennent le plus souvent au meilleur monde.
01:31Le jour où il voit arriver John Fry, les détenus de Steadforce ne comprennent pas pourquoi on l'a envoyé là.
01:41Il n'est visiblement pas comme eux.
01:44Mal habillé, mal rasé, il a plutôt l'air d'un vieux clochard.
01:49Gentiment, Jerry Stanford l'aide à s'installer dans un coin de la cellule.
01:56Jerry a été condamné pour avoir fait des affaires avec un pays ennemi.
02:01Ça lui a rapporté cinq ans de prison, mais aussi un joli magot qu'il a planqué dans une banque en Suisse.
02:07« Bonjour, mon vieux, dit-il à John Fry.
02:12T'es ici pour longtemps ?
02:15J'espère que non, répond le vieux bonhomme.
02:19Mon avocat essaie de m'avoir une amnistie parce que je suis malade.
02:23Ah, et qu'est-ce que tu as fait, au juste ?
02:27« J'avais jamais volé de ma vie ! » soupire Fry.
02:32« Mais cette fois, j'avais trop besoin d'argent, alors j'ai détourné quinze mille dollars dans la boîte où je travaillais. »
02:42Soudain, John Fry est pris d'une toux violente.
02:46« Pauvre bougre, se dit Stanford.
02:49Moiser ici pour quinze mille dollars, si c'est pas malheureux.
02:53Vraiment, les flics ne devaient pas savoir quoi faire le jour où ils l'ont arrêté.
02:57Allongé sur son matelas, John Fry s'endort enfin, mais sa respiration est heurtée.
03:05Et bientôt, une nouvelle quinte de toux le reprend.
03:09« Je ne suis pas malhonnête ! » répète-t-il en se tournant vers Stanford.
03:13« Je te le jure ! Mais il me fallait cet argent, tu comprends ?
03:17Je suis très malade et seul un traitement particulier peut me sauver.
03:22Seulement, ce traitement coûte cher, très cher.
03:25Ça va, mon vieux, ça va ! » répond Stanford en lui tapant gentiment sur l'épaule.
03:30« T'as pas besoin de te justifier avec moi.
03:33Tout le monde a ses problèmes. »
03:36Un instant plus tard, une sonnerie retentit dans le couloir.
03:39C'est l'heure des visites.
03:41Fry et Stanford se lèvent et un gardien vient leur ouvrir la porte de la cellule.
03:47Dans la salle des visites, les détenus sont tous assis côte à côte.
03:53Les visiteurs se tiennent en face derrière une longue table.
03:58Stanford commence à discuter avec son avocat, qui est venu le voir pour lui parler de sa demande de sursis.
04:04« Ça m'a l'air mal barré, Jerry, » dit l'avocat.
04:09« Le gouverneur ne veut rien entendre.
04:11Il dit que vous devez purger votre peine comme n'importe quel détenu. »
04:16« Très bien, très bien, » dit Stanford.
04:18« Y'a qu'à l'acheter. »
04:20« Non, ça n'est pas si simple, Jerry.
04:22Ce gouverneur a une réputation d'incorruptible.
04:25C'est un de ces politiciens idéalistes qui se croit investis d'une mission sacrée. »
04:34« Non, il n'écoute plus vraiment son avocat. »
04:38Son attention est captivée par la jeune femme qui fait face à John Fry.
04:44« Oh, elle est trop jolie pour être honnête, » se dit Jerry.
04:49« C'est vrai, avec ses grands yeux noirs effarouchés, ses cheveux blonds sagement tirés en arrière,
04:54et son petit chapeau qui lui donne un air de collégienne,
04:58on lui donnerait volontiers le bon Dieu sans confession. »
05:02« Il faut que Fry se méfie d'elle. »
05:04« Je connais ce genre de poupées. Ce sont les plus dangereuses. »
05:10« Tout s'achève bientôt, et Fry et Stanford rentrent dans leur cellule. »
05:16« Dis-moi, John, elle est ravissante, cette gamine qui te rend visite.
05:21C'est ta fille, peut-être, ou ta nièce ? »
05:24« Non, pas exactement, » répond Fry avec un petit sourire ému.
05:29« C'est une pauvre petite orpheline. Je l'ai rencontrée tout à fait par hasard dans un square
05:34où je m'étais arrêté pour manger un sandwich.
05:37Nous avons sympathisé, et peu à peu, elle est devenue pour moi comme une enfant.
05:44Qu'est-ce que je deviendrais si je ne l'avais pas ? »
05:48« Mais, dis-moi, vieux, tu ne t'es jamais demandé si elle n'en voulait pas à ton argent ? »
05:54John Fry se lève soudain et attrape Stanford par le col de sa chemise.
05:57« Qu'est-ce que tu veux dire, hein ? Cynthia est une fille formidable, elle travaille.
06:01Elle ne cherche même pas à savoir où j'ai planqué mes 15 000 dollars.
06:04Alors, t'as pas intérêt à l'insulter. »
06:06« Oh, calme-toi, relax, John, relax. »
06:10« Je disais ça comme ça, voyons. Quand on a 15 000 dollars au frais, il faut savoir se montrer prudent. »
06:17John Fry ne répond pas.
06:20Il lâche Jerry et lui lance un regard méprisant.
06:24Puis, il se rallonge sur son matelas.
06:27« Pauvre vieux fou ! » se dit Stanford.
06:33« Cette petite mijeurée l'a embobinée. Bah, après tout, tentez pour lui, hein. Je l'aurais mis en garde. »
06:43Jerry aimerait bien aider le vieux John, mais il ne sait pas comment faire.
06:49Bientôt, il lui vient une idée.
06:52La semaine suivante, c'est à nouveau le moment des visites.
06:56Alfred, l'avocat de Jerry, revient le voir.
06:58Il commence encore une fois à lui parler de sa demande de sursis, mais Stanford lui coupe la parole.
07:04« Dites-moi, mon vieux, vous avez toujours votre extraordinaire mémoire des visages ? »
07:10« Oui, enfin, je crois, » répond l'avocat avec étonnement.
07:15« Pourquoi ? »
07:17« Regardez cette fille là-bas, là, en face du vieux bonhomme. »
07:22« J'aimerais que vous fassiez des recherches et que vous trouviez qui sait. »
07:27« Suivez-la quand elle sortira. Notez le numéro de sa voiture. Enfin, débrouillez-vous. »
07:32« La semaine prochaine, je veux connaître son identité. »
07:36L'avocat se gratte la tête et ricane en regardant la jeune fille.
07:40« Et après, Jerry, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Que je lui envoie des fleurs de votre part ? »
07:46« Non, mais franchement, vous trouvez que le moment est bien choisi pour jouer les jolis cœurs ? »
07:50« Ne discutez pas, Alfred. »
07:52« Je vous paie assez cher pour que vous m'épargniez vos commentaires. »
07:55« Je veux son nom, un point, c'est tout. »
07:57Lorsque Jerry regagne sa cellule, il remarque que son vieux compagnon a les larmes aux yeux.
08:06Il tient à la main un petit paquet entouré de papier à fleurs.
08:11Il le tend à Stanford.
08:13« Tu veux un chocolat, Jerry ? »
08:16« C'est Cynthia qui me les a apportés. »
08:18« Quand je pense que tu as pu la soupçonner, une fille si gentille, si désintéressée. »
08:27Jerry ne répond rien.
08:30Il détourne ses yeux pour que John ne voit pas son sourire.
08:34« Quelle cloche ! » se dit-il.
08:38« J'ai rarement vu un pigeon pareil. »
08:41« Je suis sûr qu'elle se prépare à le plumer. Mais je vais empêcher ça. Dès que je connaîtrai l'identité de cette petite intrigante, je pourrai agir. »
08:52Jerry attend avec impatience la visite suivante.
08:56Ce matin-là, Alfred, son avocat, a l'air tout excité.
09:01« Les choses se présentent bien, Jerry. Le gouverneur n'est peut-être pas si intègre qu'il en a l'air.
09:07Un de mes assistants est en train de fouiller dans son passé.
09:10S'il découvre quelque chose, nous pourrons le faire chanter.
09:13Jerry, vous m'écoutez ou non ? »
09:16Stanford est entièrement absorbé par la jeune fille assise devant John Fry.
09:21Elle est en train de pleurer.
09:23Et le vieux bonhomme lui tend la main pour la consoler.
09:27Finalement, elle relève la tête et esquisse un sourire.
09:33Jerry essaie d'entendre ce qu'elle dit, mais elle est trop loin.
09:38Alfred suit le regard de son client et il éclate de rire.
09:42« Dites donc, Jerry, elle vous travaille, cette gamine.
09:44J'ai fait les recherches que vous m'avez demandées.
09:48Cette ravissante personne s'appelle Cynthia Sonder.
09:51Elle a déjà été condamnée une demi-douzaine de fois pour prostitution, chantage, abus de confiance, entolage, etc.
09:58Si j'étais vous, je m'intéresserais à une autre fille. »
10:03Stanford tourne les yeux vers son avocat.
10:06« Vous avez des preuves contre elle, Alfred ? »
10:09« Mais bien sûr, Jerry, je sais faire mon travail quand même.
10:12Tenez, voici le double de son casier judiciaire avec sa photo. »
10:17Jerry s'empare des papiers.
10:20« Ça y est, » se dit-il.
10:22« Ça y est, je te tiens, ma cocotte. »
10:25« Quand il verra ça, le vieux John commencera enfin à se méfier. »
10:30Une nouvelle fois, Jerry et John regagnent leurs cellules.
10:36Stanford s'apprête à parler, mais il a peur de faire de la peine à son vieil ami.
10:41Enfin, il murmure.
10:43« J'ai quelque chose à te dire, John. »
10:47« Moi aussi, Jerry, » l'interrompt le vieil homme.
10:50« J'ai été reçu par le directeur de la prison ce matin.
10:53Ma grâce m'est accordée.
10:56Dans dix jours, je serai dehors et je pourrai aller me faire soigner.
10:59J'ai demandé à Cynthia de passer chercher les quinze mille dollars sur mon compte. »
11:05« Tu as fait quoi ? »
11:07« Eh bien, oui ! » reprend John.
11:09« Je lui ai donné le numéro de mon compte à la Chase Bank.
11:13Elle m'a demandé tout à l'heure.
11:14Je lui ai d'abord dit que je prendrais l'argent en sortant,
11:17mais alors elle s'est mise à pleurer.
11:19Elle m'a dit que je ne l'aimais pas, que j'étais incapable de lui faire confiance.
11:23Alors, j'ai cédé. Tu sais ce que c'est, Jerry.
11:27Les femmes nous mènent par le bout du nez.
11:29Enfin, de toute façon, ce n'est pas grave.
11:31J'ai une entière confiance en Cynthia.
11:34« Et toi, au fait, qu'est-ce que tu voulais me dire ? »
11:39« Rien. Rien d'important, mon vieux.
11:44Je suis content qu'on te laisse partir. »
11:49Jerry range précipitamment dans sa poche le casier judiciaire de Cynthia
11:53qu'il s'apprêtait à donner à John.
11:57« Il est trop tard, » se dit-il.
12:00« Cette garce a gagné. »
12:03Alors qu'il est, elle doit déjà être en train de claquer les 15 000 dollars de ce pauvre vieux fou.
12:12Eh oui.
12:14On est toujours trop bon avec les femmes.
12:16Dans un instant, John Fry en fera la mer expérience.
12:21Jerry Stanford, escroc de haut vol, a vu un beau matin arriver dans sa cellule un drôle d'oiseau.
12:39Il s'appelle John Fry et il a volé 15 000 dollars à son patron pour soigner ses poumons malades.
12:48Mais il risque de se faire voler par une petite garce nommée Cynthia.
12:52Jerry arrivera-t-il à le protéger ?
12:57La semaine suivante, Alfred vient rendre visite à Jerry.
13:03Les nouvelles ne sont pas très bonnes.
13:05Le gouverneur sur lequel l'avocat comptait pour accorder un sursis à Jerry, ce gouverneur reste intraitable.
13:12Mais Jerry s'en moque.
13:14Son seul problème, c'est de savoir s'il va pouvoir tirer John Fry de son mauvais pas.
13:20Écoutez, Alfred, je vais encore vous demander un service.
13:23Il y a dans ma cellule un type nommé John Fry.
13:26C'est un vieux bonhomme qui a un pied dans la tombe.
13:30Je voudrais que vous mettiez la main sur son compte en banque et que vous me disiez combien il a dessus.
13:35Il est à la Chase Bank.
13:37Mais enfin, Jerry !
13:39C'est un surge, Alfred.
13:40Je vous parle de choses sérieuses.
13:42C'est votre sursis qui est en jeu et vous venez me demander des renseignements sur un vieil inconnu.
13:47Ne discutez pas, Alfred.
13:50Donnez-moi des renseignements sur le compte en banque de John Fry.
13:52Un point, c'est tout.
13:55Les soupçons de Jerry Stanford sont bientôt confirmés.
13:58Alfred lui apprend en effet que John Fry disposait de 15 000 dollars sur son compte,
14:02mais que la jeune fille nommée Cynthia Sonder a tout raflé.
14:08Désormais, John Fry n'a plus rien.
14:12« Pauvre type ! » se dit Jerry.
14:17« Pauvre vieux fou ! »
14:20C'est tout ce qu'il possédait.
14:22En plus, il en avait besoin pour se faire soigner.
14:24Comment va-t-il faire maintenant ?
14:27Il va sortir de prison et il n'aura plus qu'à aller mourir dans un coin.
14:29Mon Dieu, quelle misère !
14:32Toute la journée, Jerry et John discutent dans leurs cellules.
14:37« Tu verras ! » dit John.
14:39« Grâce à ce traitement, je serai sur pied en moins de 15 jours. »
14:44« Tu crois pas, Jerry ? »
14:45« Si, si, si, j'en suis sûr, John, j'en suis sûr. »
14:48« Cynthia a déjà dû me prendre un rendez-vous avec les spécialistes.
14:52Comme ça, en sortant d'ici, je n'aurai plus qu'à passer sur le billard et à moi une nouvelle vie. »
14:59« Qu'est-ce qui lui arrivera quand il comprendra que sa Cynthia s'est moquée de lui ? » se demande Jerry.
15:05« Il risque d'en mourir. »
15:08« Il faut absolument que je trouve le moyen d'empêcher ça. »
15:14Jerry Stoneford n'est pas un philanthrope, mais il est sincèrement ému par le pauvre John Fry.
15:20Aussi, il prend une décision.
15:23Lors de la visite suivante de son avocat Alfred, il lui dit
15:27« Vous vous souvenez, Alfred, que je vous ai demandé des renseignements sur le compte en banque d'un nommé John Fry ? »
15:35« Eh bien, j'aimerais que vous viriez quinze mille dollars sur ce compte. »
15:40Alfred regarde son client d'un air amusé.
15:43« Mais qu'est-ce qui vous prend, Jerry ? »
15:46« Encore, quand vous me demandiez des renseignements sur cette Cynthia Sonder, j'arriverai à suivre. »
15:51« Mais là, j'avoue, je ne comprends plus du tout. »
15:54« Mais qui vous a demandé de comprendre, Alfred ? »
15:57« Je ne vous paie pas pour ça. »
15:59« Contentez-vous d'exécuter mes ordres et ce sera déjà très bien. »
16:05Après la visite, en rentrant dans sa cellule, Jerry est content.
16:11C'est vrai, c'est la première bonne action qu'il ait jamais faite.
16:15Allongé sur son lit, John Fry semble surexcité.
16:19« Tu te rends compte, Jerry ? Je sors dans une semaine. »
16:24« Cynthia a déjà dû prendre nos billets pour la Suisse. »
16:27« Là-bas, à Zurich, le traitement prendra quinze jours. »
16:30« Et après, après, à nous, la belle vie ! »
16:34« Mon pauvre John ! »
16:36« Se dit Jerry. »
16:39« Tu ne reverras jamais, ta chère Cynthia. »
16:41« Cette garce doit être au Mexique ou à Honolulu en train de mener la belle vie avec tes quinze mille dollars. »
16:48« Mais ça ne fait rien, va. »
16:50« Avec l'aide d'Alfred, je vais réapprovisionner ton compte. »
16:53« Comme ça, tu auras quand même de quoi te faire soigner. »
16:58Une semaine plus tard, c'est enfin le moment pour John Fry de quitter le pénitencier.
17:05Il fait ses adieux à son camarade de cellule.
17:09« Salut, Jerry. Quand tu auras fini ta peine, j'espère que tu viendras nous voir, Cynthia et moi. »
17:16« Oui. Même si tu es seul, » répond Jerry en le serrant dans ses bras.
17:22« Je viendrai te voir. »
17:25« Même si tu es seul. »
17:28« Les gardiens viennent chercher John. »
17:31Jerry le voit franchir les portes, puis, par les barreaux de sa cellule, il cherche à le suivre dans la rue.
17:39À son grand étonnement, une jeune femme attend John Fry devant le portail.
17:46Jerry la reconnaît.
17:49C'est Cynthia.
17:50« Ah, ben ça alors ! »
17:54« Elle ne manque pas d'air, » se dit-il.
17:56« Elle vole les quinze mille dollars qu'il y avait sur son compte, et elle vient quand même l'accueillir à sa sortie de prison. »
18:03« Ah, les femmes ! »
18:07L'après-midi, à l'heure des visites, Alfred vient voir Jerry.
18:12L'avocat a l'air très en forme. Il jette des coups d'œil à son client, puis, de manière inexplicable, il éclate de rire.
18:21Stanford finit par se fâcher.
18:23« Dites donc, Alfred ! Je ne vous paie pas pour que vous vous fichiez de moi. Dites-moi ce qui vous rend tellement hilar. »
18:28« Ok, Jerry, je vais tout vous dire. Mais promettez-moi de ne pas vous fâcher. »
18:34« Voilà. Selon vos ordres, j'ai fait virer quinze mille dollars sur le compte de ce fameux John Fry. »
18:42« Eh bien, Alfred, qu'est-ce qu'il y a de si étrange ? »
18:45« C'est un pauvre type. Il s'est fait voler par sa poupée. Il a besoin de cet argent pour se soigner. Je suis content de lui avoir rendu service. »
18:51« Qu'est-ce qui vous fait rire comme ça ? »
18:53« Jerry, vous vous êtes fait arnaquer comme un débutant. Ce John Fry n'est pas plus malade que vous ou moi. »
19:01« D'ailleurs, il ne s'appelle pas John Fry, mais John Sander, Cynthia et sa fille. »
19:07« Ils ont mis au point un numéro tous les deux pour apitoyer les détenus de State Force. »
19:10« Et ça a marché ! Vous avez viré quinze mille dollars sur le compte du vieux, mais vous n'êtes pas le seul. »
19:16« En tout, cinquante détenus du pénitencier ont donné dans le même panneau que vous. »
19:21« Durant son mois de détention, John Sander et sa fille Cynthia ont récolté, tenez-vous bien, sept cent cinquante mille dollars. »
19:32Jerry Stoneford est beau joueur.
19:34« J'aurais dû m'en douter, » dit-il en souriant.
19:40« En principe, State Force n'accueille que les escrocs de grande envergure. »
19:44« Eh bien, pour une fois, les escrocs de grande envergure se sont fait escroquer. »
19:53« Vous venez d'écouter Au cœur du crime, un podcast issu des archives d'Europe 1. »
20:03Réalisation, Julien Tarot.
20:05Production, Estelle Laffont.
20:07Patrimoine sonore, Sylvaine Denis, Laetitia Casanova et Antoine Reclut.
20:12Au cœur du crime est disponible sur le site et l'appli Europe 1.
20:19Écoutez aussi l'épisode suivant en vous abonnant gratuitement sur votre plateforme d'écoute.
20:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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