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  • il y a 7 semaines
L'avocat de la grand-mère d'Émile revient sur les derniers éléments de l'enquête

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Transcription
00:00Voilà deux ans et demi que l'affaire Emile a débuté. Aujourd'hui, l'enquête n'est pas au point.
00:07Morel avance, d'après le procureur de la République d'Aix-en-Provence, pour preuve ces éléments qui émergent régulièrement.
00:12Ce fut le cas encore cette semaine. On en parle dans un instant, mais d'abord, le rappel des faits, les grandes dates de cette affaire par Pierre-Louis Bousset.
00:21Dès le lendemain de la disparition d'Emile Soleil, le 8 juillet 2023, des dizaines de personnes affluent au Auvergne avec un espoir.
00:28Retrouver le petit garçon de deux ans et demi.
00:31Regardez autour de vous pour voir si vous ne voyez pas, soit des traces dans les champs de blé, soit un t-shirt, quelque chose qui ressort.
00:40De toute façon, il faut regarder, chercher dans les recoins.
00:43Mais leurs efforts et leur bonne volonté ne suffisent pas.
00:46Emile Soleil, qui avait échappé à la vigilance de ses grands-parents la veille, demeure introuvable.
00:51Comment un si jeune garçon aurait-il pu s'aventurer aussi loin dans ses reliefs alpins ?
00:56Des mois durant, les actes d'enquête se multiplient pour essayer d'établir la vérité.
01:01Puis le 30 mars 2024, le crâne du jeune Emile est retrouvé, à moins de 2 kilomètres du domicile des grands-parents.
01:08Une découverte inattendue, faite par une promeneuse.
01:11Je prends l'initiative de le ramasser avec les fameux sacs plastiques, parce que dans ma tête, je me dis qu'il ne faut pas qu'il y ait d'empreintes.
01:18Méticuleusement, je l'enveloppe.
01:21Un an plus tard, le 25 mars 2025, 4 membres de la famille d'Emile Soleil sont entendus par les autorités.
01:27Ses grands-parents maternels, ainsi qu'un oncle et une tante.
01:30Tous en garde à vue pour homicide involontaire et recel de cadavres.
01:34Ils sont finalement relâchés sans poursuite, 2 jours plus tard.
01:37Dans la foulée, le procureur d'Aix-en-Provence partage les dernières découvertes de l'enquête.
01:42Les conclusions de ces expertises permettent de considérer l'hypothèse que le corps n'est pas demeuré au même endroit
01:47au cours du processus de décomposition et qu'il n'a pas été enfoui.
01:51Et enfin, de caractériser la présence sur le crâne découvert de stigmates anatomiques,
01:57évocateurs d'un traumatisme facial violent.
02:00L'expertise a également révélé une lésion liée à un coup volontaire,
02:03potentiellement à l'aide d'un objet sur le crâne d'Emile.
02:06Une découverte qui nourrit l'hypothèse de l'intervention d'un tiers dans la mort du garçonnet.
02:11Les grands-parents d'Emile sont depuis retournés au Auvernais.
02:14Le 9 décembre, ils ont également été à nouveau entendus par les autorités,
02:17tout comme l'oncle et la tante d'Emile.
02:19Mais cette fois-ci, en qualité de partie civile.
02:21– Bonjour, cher Laurent.
02:23– Bonjour.
02:23– Avec moi, pour co-animer cette émission, je présente nos invités.
02:28Bonjour, maître Julien Pinelli.
02:29Merci d'avoir accepté notre invitation en cette mi-journée dans l'affaire suivante.
02:34Vous êtes l'avocat d'Anne Védovini, la grand-mère maternelle d'Emile.
02:38À vos côtés, Jean-Alphonse Richard, bonjour.
02:40– Bonjour.
02:40– Journaliste, présentateur de l'heure du crime sur RTL, bienvenue.
02:44Avec nous également, Boris Karlamov, bien sûr, journaliste police-justice de BFM TV
02:47qui connaît très bien l'affaire Emile.
02:49Vous êtes à de nombreuses, très nombreuses reprises rendues, Boris au Auvernais.
02:53Et Valentin Doyen, lui aussi journaliste spécialiste de l'affaire Emile, avec nous à distance.
02:58Bienvenue à tous les quatre.
03:01D'abord, peut-être pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi les derniers développements de l'affaire Emile,
03:05cette semaine, en cette fin de semaine même, Boris,
03:07arrêtons-nous sur une expertise scientifique portant sur le crâne.
03:13– Absolument, puisque dans cette affaire, vous le savez, il y a plusieurs expertises
03:16à la fois qui sont menées à l'IRCGN, l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale à Pontoise,
03:20mais également des expertises qui sont menées cette fois-ci dans un laboratoire privé,
03:23à savoir celui du professeur d'Outre-Mepuich.
03:26Il y a un rapport d'expertise qui est dans le dossier depuis le début de cette année 2025
03:31et cette expertise, qui portait sur la boîte crânienne du petit garçon,
03:36a bien révélé une lésion située à côté du zygomatique.
03:41Vous le savez, c'est ce petit os qui est situé en haut de la pommette.
03:46Et selon ce rapport anthropologique qui a été rendu début 2025,
03:50cette lésion écarte la possibilité d'un choc avec un véhicule,
03:55d'une intervention animale ou encore de la chute accidentelle du petit garçon.
03:59A ce stade, il y a eu l'hypothèse privilégiée par l'expert et que cette lésion a été consécutive
04:05à un coût volontaire porté potentiellement avec un objet, avec une difficulté pour le médecin légiste,
04:12puisqu'il sera difficile de savoir si oui ou non ce coût était bel et bien volontaire.
04:16Ce rapport, il était donc dans le dossier depuis 2025.
04:19Il a été complété par ailleurs.
04:22Le complément d'expertise n'a pas contredit les premiers résultats.
04:25Résultat, souvenez-vous ce que disait le procureur Jean-Luc Blachon au mois de mars dernier
04:29à l'occasion d'une conférence de presse qui était consécutive aux trois gardes à vue à Marseille.
04:34Il y avait donc l'affirmation aujourd'hui que l'intervention d'un tiers était jugée très probable
04:40dans la disparition d'Emile avec un traumatisme violent sur le visage du petit garçon.
04:45C'est une donnée qui n'est pas nouvelle mais qui a été portée à notre connaissance ces derniers jours.
04:50Julien Pinelli, je rappelle que vous êtes l'avocat de la grand-mère maternelle d'Emile
04:54qui, comme son mari notamment, avait été placé en garde à vue juste avant le printemps.
04:59Ils ont été auditionnés par les juges d'instruction il y a quelques jours en qualité de partie civile.
05:05Soyons clairs, maître.
05:06Les questions que vous et votre cliente vous posez aujourd'hui, c'est
05:09qui a tué Emile et pourquoi, en fait ?
05:13On en est là, l'enquête avance un petit peu à chaque fois.
05:16Naturellement, c'est avec des sentiments extrêmement douloureux que ma cliente prend connaissance page après page
05:23des éléments que nous livre l'enquête, chacun peut le comprendre parce que ces éléments déjà livrent des détails
05:29extrêmement difficiles pour cette grand-mère endeuillée, chacun peut le comprendre
05:33et décrivent ce qu'ont pu être les derniers instants de son petit-fils.
05:38Néanmoins, et presque paradoxalement, la prise de connaissance de ces éléments est également porteuse d'espoir pour ma cliente
05:46parce que cela lui permet, et c'est un petit peu le prix finalement de la vérité,
05:50passer ce trouble, passer ses difficultés, il faut faire preuve de beaucoup de lucidité pour elle
05:55pour finalement prendre ce qu'il y a à prendre dans ces éléments, à savoir des résultats d'enquête.
06:00Celle-ci avance, celle-ci est conduite jour après jour.
06:03Le coup volontaire ne fait plus de doute ?
06:05Écoutez, c'est un petit peu délicat pour moi parce que vous avez, vous, toute liberté pour évoquer
06:09certains éléments issus de rapports que je ne peux pas, moi, évoquer devant vous
06:13en raison du secret de l'instruction auquel je suis soumis.
06:17Néanmoins, je m'en remets un petit peu à une autorité qui, elle, a le droit d'évoquer ces points
06:21qui est le parquet d'Aix-en-Provence.
06:22Et M. le procureur Blachon avait fait état, notamment à l'époque de la garde à vue,
06:26d'une partie des éléments issus de ce rapport dont vous avez donné non connaissance, mais quelques éléments.
06:31Il s'agit d'une option.
06:33choisie par les différents experts.
06:36Nous avons affaire à des experts qui, et c'est leur fonction première, sont raisonnés et prudents.
06:42Et dans leur prudence, ils évoquent des options, un éventail d'éléments qui pourraient peut-être
06:47être la cause effective du décès du petit Émilie.
06:50On a quand même le sentiment que les portes se ferment les unes après les autres.
06:53Naturellement.
06:54Après deux ans et demi d'enquête.
06:55Et tant mieux.
06:56C'est aussi le mérite de cette enquête que d'apporter à chaque palier finalement une vérité nouvelle.
07:00Ce n'est pas aussi certain aujourd'hui.
07:02Ce que les enquêteurs posent en tout cas, c'est que le petit Émile est donc décédé
07:07assez rapidement dans un trou de 7 à 10 minutes qui suivent sa disparition, entre 17h15 et 18h12,
07:15le moment où la famille va appeler les gendarmes.
07:17dans cet intervalle de temps, on ne sait pas qui, mais ils ne sont que 17 dans le hameau, dont une dizaine de la famille d'Émile.
07:26Et ensuite, la personne qui l'aurait donc entreposée, manifestement qui l'aurait entreposée alors que tout le village était en effervescence,
07:33à ce moment-là, dans ces journées de juillet, cette personne-là aurait pris sur elle de laisser, c'est assez morbide,
07:43décomposer cet enfant quelque part pendant huit mois.
07:46Et ensuite, et c'est là que c'est intéressant, parce que si ça avait été un rôdeur de passage,
07:51une fois qu'il n'y restait d'Émile qu'une boîte à chaussures d'ossements,
07:56on peut imaginer que le rôdeur de passage, c'est ça qui intrigue beaucoup les enquêteurs,
08:00maître, que le rôdeur de passage se soit débarrassé de ces ossements que personne n'aurait jamais retrouvé.
08:05Mais là, la personne qui a fait ça, elle a voulu rendre Émile.
08:09D'une certaine façon, vous savez, sa maman, elle a dit à deux reprises pendant cet intervalle,
08:14« Rendez-le nous, qui que vous soyez, pour que nous puissions l'enterrer. »
08:19Donc ça, c'est vrai que ça interpelle, et c'est pour ça que ça fait partie des éléments
08:22qui ont conduit les enquêteurs à soupçonner quelqu'un de la famille.
08:26Tout à fait logique, nous l'avons toujours dit, d'ailleurs, dans le cadre de cette procédure,
08:29et dès le placement en garde à vue de ma cliente, de son époux et de deux de leurs enfants,
08:33nous comprenions parfaitement que cela était une étape nécessaire à la conduite de l'enquête,
08:37parce que, vous l'avez rappelé à l'instant, la configuration des lieux, la démographie des lieux
08:41faisaient que des regards devaient se porter nécessairement sur ce groupe familial.
08:46Ils l'ont parfaitement admis, et là encore, même si c'était quelque chose d'extrêmement douloureux
08:50pour une grand-mère, celle que j'assiste, de se retrouver mise en cause dans cette procédure,
08:54elle l'a parfaitement compris. C'est l'une des pistes.
08:57Et on a vu que la famille faisait une contre-enquête.
08:59On vous a vu dans le village avec la famille reprendre des photos,
09:02essayer de faire des repérages. Est-ce que vous avez d'autres hypothèses, vous,
09:06qui ne sont pas au dossier ?
09:07Il ne s'agit pas d'une contre-enquête, nous l'avions indiqué également.
09:10Il ne s'agit pas d'un mécanisme de défiance à l'égard du travail des enquêteurs
09:13qui ont accompli jusqu'à présent un travail admirable, et chacun l'admet totalement,
09:16mais simplement d'apporter un complément, le nôtre.
09:18Parce que, vous l'avez rappelé, la famille connaît les lieux.
09:21La famille, naturellement touchée, au-delà de tout, par ce drame,
09:26est en mesure aussi, peut-être, par sa connaissance,
09:29d'apporter quelques éléments de réponse.
09:31Et les relevés que nous avons faits portaient en réalité sur quoi ?
09:34Nous avions le dossier, cela nous permettait de cibler un petit peu
09:37les lieux qui avaient donné lieu à des investigations,
09:39de nous demander si ces investigations avaient été complètes,
09:42si d'autres lieux, peut-être, méritaient d'autres investigations.
09:46Quelques relevés de cette nature, nous avons travaillé la journée,
09:49en réalité, sur ce terrain, sur ces deux lieux, finalement,
09:53le lieu du domicile et puis les alentours.
09:55Et nous nous apprêtons pour, pour janvier, je pense, en tout cas,
09:59à déposer auprès de la juge d'instruction en charge du dossier,
10:02une série de demandes complémentaires.
10:03On va y revenir, mais Jean-Alphonse Richard,
10:05on a beaucoup entendu cette expression,
10:08en deux ans et demi d'affaires, d'enquêtes,
10:11ce village du Auvernais qui serait sous cloche.
10:14On a l'impression d'une affaire sous cloche,
10:17d'un très épais mystère recouvrant cette affaire, Émile.
10:22Même si l'enquête avance, petit à petit.
10:25Oui, mais c'est ça qui est intéressant.
10:26Laurent Valguier, rappelé, il y a un instant,
10:29le nombre de personnes qui sont dans ce amour à ce moment-là.
10:31C'est vrai qu'on est dans un huis clos, quasiment.
10:33On est dans un huis clos, c'est tout petit.
10:36Alors, il y a plusieurs choses qui sont très intéressantes.
10:38Parce qu'là, il faut revenir quand même un petit peu au dossier.
10:40Il y a la symbolique, évidemment, de la remise du crâne, etc.
10:43Moi, je crois beaucoup à ça.
10:45Il y a le timing.
10:47Le timing, il est très important.
10:50C'est-à-dire ?
10:50Un timing, la dernière fois qu'Émile quitte la maison,
10:55le fait qu'on voit passer le grand-père,
10:57et puis un oncle et une tante ensuite à sa recherche
10:59dans les cinq minutes qui suivent.
11:01Et ensuite, la gendarmerie qui est appelée à 18h12.
11:05On est entre 17h30 et 18h12.
11:08Donc, ça va très très vite.
11:10Dans ce laps de temps, il faut à la fois avoir un geste maladroit
11:14ou quelqu'un qui est passé par là pour prendre le petit garçon,
11:17le cacher, etc.
11:19Donc, est-ce que ce timing est vrai ?
11:21On peut se poser la question.
11:22Est-ce qu'il est exact ?
11:23On peut se poser la question.
11:24Ensuite, il y a autre chose.
11:26C'est qu'Émile, on sait qu'il descend jusqu'à l'abreuvoir,
11:28à peu près à cette hauteur du village.
11:32Et là, il y a quelque chose qui est étonnant,
11:33c'est que les chiens s'arrêtent.
11:37Un chien qui s'arrête, ça on le sait,
11:40un chien qui s'arrête, ce n'est pas un problème.
11:42Deux, trois, quatre, cinq chiens qui ont cherché et qui s'arrêtent,
11:46ça devient vraiment un problème.
11:47Ça veut dire que c'est à ce lieu stratégique
11:50que le petit garçon a été enlevé.
11:54Tout à fait, Jean-Alphonse.
11:55D'ailleurs, les gendarmes n'ont jamais cru
11:56au fait qu'il se soit perdu tout seul en forêt.
11:59Ce n'aurait pas été possible que tous les Saint-Hubert ne marquent pas.
12:03En plus, un petit garçon, il a des couches,
12:05il déposerait des odeurs olfactiles.
12:08Tous ces chiens l'auraient suivi.
12:10Je propose qu'on rejoigne Valentin Doyen.
12:12Valentin, vous n'avez cessé de vous rendre au Vernais.
12:16Vous êtes journaliste, vous connaissez parfaitement l'affaire Émile.
12:18Vous n'avez cessé d'y retourner au Vernais
12:20en l'espace de deux ans et demi.
12:23C'est un des éléments marquants, en effet, de cette affaire.
12:26La dimension géographique du mystère,
12:30tout est extrêmement restreint.
12:34Oui, c'est petit.
12:35Vous avez raison de le dire, c'est petit,
12:36mais j'entends régulièrement que c'est un cul-de-sac.
12:37Ça, c'est faux.
12:38Ça fait partie des fake news qui sont régulièrement donnés.
12:42C'est un cul-de-sac.
12:42Non, le Auvernais, ce n'est pas un cul-de-sac.
12:44Il y a au moins trois, voire quatre chemins pour y accéder.
12:47Il y a un chemin principal.
12:48Vous et moi, si on voit Auvernais, on va mettre le GPS
12:50et on va s'y rendre par la route départementale
12:53qui relie le Bas-Vernay au Auvernais.
12:55Sauf qu'il y a des pistes agricoles
12:56qui sont empruntées par des agriculteurs,
12:58par des champignonneurs, par des randonneurs,
13:00par des personnes qui ont des quads,
13:01par des personnes qui ont des 4x4
13:04et qui peuvent allègrement rejoindre ce hameau.
13:07Donc oui, c'est petit,
13:09mais il faut, moi je pense,
13:12avancer avec beaucoup de prudence.
13:14Il faut surtout se baser sur ce que dit
13:17la seule autorité compétente dans ce dossier,
13:20le procureur Jean-Luc Blachon,
13:21qui ne s'est, depuis le départ de cette affaire,
13:24exprimé que trois fois.
13:26Il y a eu deux communiqués de presse,
13:28enfin quatre fois,
13:29deux communiqués de presse
13:30et deux prises de position
13:32avec le patron de la section de recherche
13:34à l'époque qui était à ses côtés.
13:37Il y a beaucoup de choses
13:39qu'on imagine dans ce dossier
13:40et qui sont fausses.
13:41Maître Pineli, qui est sur le plateau,
13:42ne dira pas le contraire,
13:43ne lui peut pas rentrer dans le détail
13:44parce que c'est couvert par le secret de l'instruction.
13:46Je vais vous prendre un exemple.
13:4817 personnes dans le hameau.
13:50Ça, c'est faux.
13:5117 personnes étaient convoquées
13:52à la mise en situation
13:53du 28 mars 2024.
13:55Or, au moment où Émile disparaît,
13:57il y a bien plus de personnes que cela
13:58qui sont dans le hameau du Auvergne.
14:00Il y a des personnes qui étaient dans le hameau
14:02qui n'ont pas été convoquées
14:03à la mise en situation.
14:04Pour autant,
14:05elles ont intéressé les enquêteurs.
14:07Ça, ça fait partie un peu des légendes
14:09qui sont écrites parfois
14:10dans les articles de presse,
14:12qui ne sont pas toujours vérifiées,
14:13qui sont données comme ça.
14:14Mais jamais le procureur Blachon
14:16n'a dit que 6 solutions il y avait.
14:18Elle était parmi les 17 personnes.
14:20Je vais vous prendre l'autre exemple
14:21de cette semaine.
14:22Cette semaine,
14:23il y a cette information
14:24qui est révélée sur le zygomatique.
14:26C'est une information
14:26qui n'était pas connue du grand public
14:28et de la plupart des journalistes.
14:29C'est vrai.
14:30Or, les enquêteurs
14:31ont en leur possession
14:32cette donnée scientifique
14:33depuis fin 2024, début 2025.
14:36Ça veut donc dire
14:36que quand les 4 personnes
14:38membres de la famille d'Émile
14:39sont mises en garde à vue,
14:40les enquêteurs ont déjà cette donnée.
14:42Ça veut donc dire
14:44que même si cette donnée
14:44est importante,
14:45elle ne paraît pas pour l'instant
14:47suffisante pour incriminer.
14:49Et aux yeux de la justice,
14:50elle n'est pas suffisante
14:51pour poursuivre,
14:53pour mettre en examen.
14:55Mais alors ?
14:55Ça, c'est tout à fait logique.
14:57Pourquoi ?
14:57Parce que le professeur en question,
15:00qui n'est pas le professeur
15:01d'Outre-Meu-Puiche,
15:01je tiens à le dire,
15:02mais le professeur en question
15:03qui trouve ce traumatisme facial important,
15:06il est factuel.
15:07Il a trouvé ce coût
15:08au niveau du zygomatique.
15:09Et après, il émet des hypothèses.
15:11Et moi, je peux vous dire
15:12qu'à l'heure où l'on se parle,
15:14il n'y a qu'une seule hypothèse
15:15qui est rayée de la carte
15:16par ce professeur.
15:17Je ne vais pas rentrer
15:18dans le détail là encore,
15:18parce que c'est couvert
15:19par le secret de l'instruction
15:20et ça n'a pas vocation
15:21à être commenté,
15:22ça pourrait entraver
15:23la manifestation de la vérité.
15:25Mais si la probabilité
15:26qu'Emile a reçu un coup
15:28par la main d'un homme
15:29ou d'une femme
15:30avec un objet existe,
15:32il y a d'autres hypothèses
15:33sur la table.
15:33C'est bien pour ça
15:34que c'est très compliqué.
15:36Justement.
15:37Et bien plus compliqué
15:37qu'un article de presse
15:38ou des commentaires,
15:39bien plus compliqué que ça
15:41pour les enquêteurs
15:42et pour le magistrat
15:43de poursuivre leur tâche.
15:44Je vais vous donner,
15:45tenez une information
15:45pour personne.
15:46Mais alors attendez, Valentin,
15:46parce que ce que vous dites,
15:47et vous avez raison
15:48de le rappeler...
15:49C'est de nouveau rendu sur site
15:50pour prélever un objet
15:51assez volumineux.
15:52Je ne peux pas dire lequel
15:53parce que je n'en ai pas le droit,
15:54mais ils continuent à travailler.
15:55Ça veut donc dire
15:56qu'il y a plusieurs hypothèses
15:57sur la table.
15:57Et moi, je terminerai juste
15:58rapidement mon propos
15:59en citant trois personnes
16:00que j'ai régulièrement,
16:02très régulièrement
16:02dans ce dossier.
16:03Le procureur Blachon,
16:08c'est pas rien
16:09qu'il me dise ça quand même
16:10lorsque l'on a une discussion.
16:12Le général Berthelin,
16:13l'ancien patron
16:13de la section recherche de Marseille,
16:15aujourd'hui,
16:16il s'occupe des gendarmes
16:17dans le département de l'Oise.
16:18Il m'a dit, Valentin,
16:19du début à la fin,
16:20cette affaire restera laborieuse.
16:22Une enquête laborieuse.
16:23Et puis, je citerai son successeur,
16:25le colonel Olivier Leblanc,
16:27patron de la SR de Marseille.
16:28Je l'ai eu encore
16:29il n'y a pas longtemps au téléphone.
16:30Il m'a dit,
16:31cette affaire,
16:32elle est quand même compliquée.
16:33Il a géré Chevaline,
16:34qui est gérée en ce moment
16:35par le Paul Colquès de Nanterre.
16:37Donc, pour que des officiers
16:39de gendarmerie me disent
16:40que c'est très difficile,
16:41que c'est très compliqué,
16:42je pense qu'il faut
16:43prendre un peu de recul
16:44sur la situation
16:45et se dire qu'il y a
16:46beaucoup d'hypothèses
16:47encore qui sont sur la table.
16:47Et miser sur l'avenir,
16:49Maître Pinelli,
16:50de nouvelles investigations,
16:51des actes nouveaux
16:52seront menés prochainement.
16:54C'est vous qui le dites.
16:54Quel type d'actes cela peut être ?
16:56C'est une réserve.
16:57J'indique simplement,
16:58et c'est mon droit
16:58en qualité de partie civile,
17:00que je vais soumettre
17:00au juge d'instruction
17:02une série de demandes d'actes.
17:04Une procédure,
17:04très simplement,
17:05on remet des demandes
17:06au magistrat
17:07et ensuite,
17:08il lui appartient d'apprécier...
17:08Il pourrait balayer
17:09d'un revers de main
17:09ces demandes ?
17:11Je n'en suis pas certain.
17:12Je pense même le contraire,
17:13en réalité.
17:13Qu'est-ce qui pourrait être mené alors ?
17:15Je ne peux pas rentrer
17:16sur ce terrain.
17:16J'en suis vraiment navré.
17:17Des endroits qui n'ont pas encore
17:18été suffisamment fouillés ?
17:20Notamment.
17:20La contre-expertise,
17:21avec des guillemets
17:22que l'on a évoquées
17:22lorsque vous êtes retourné
17:24au Auvergne
17:24avec les grands-parents maternels
17:26des mille,
17:27huit ou neuf mois
17:28après leur garde à vue
17:29au début de l'automne,
17:31c'était notamment
17:31à des endroits
17:32qui, d'après vous,
17:33n'ont pas encore
17:34fait suffisamment l'objet
17:35des gavons de poux.
17:36Tout à fait.
17:36Il y a notamment
17:37une série de lieux,
17:39alors qu'ils peuvent être
17:39notamment des terrains
17:41qui sont aux alentours
17:43du Auvergne
17:43qui, de notre point de vue,
17:45n'ont pas donné lieu
17:46à suffisamment d'investigations,
17:48des points précis
17:49que nous avons relevés.
17:50Cela fait partie,
17:51notamment,
17:51c'est un des aspects
17:52en tout cas de ces demandes.
17:53Ça paraît surprenant,
17:54mais c'est peut-être
17:54parce qu'on ne connaît pas bien
17:55les lieux,
17:56la géographie.
17:58Cela paraît surprenant,
17:59tout n'ait pas été fouillé
18:00au peigne fin.
18:01Ça a déjà été admis
18:02à l'époque de la découverte
18:03du crâne du petit Émile
18:04et je crois que c'est
18:05une des limites aussi
18:06qu'il faut considérer,
18:07quel que soit le travail
18:07des hommes et des femmes
18:08qui se travaillent sur ce dossier,
18:10aucun d'entre eux
18:10n'a le sentiment
18:11d'être infaillible
18:12et il nous apparaît
18:13que certains lieux
18:14encore n'ont pas été
18:14investigués,
18:15sous réserve peut-être,
18:16des investigations
18:17qui se conduisent
18:18quasiment quotidiennement.
18:20Est-ce qu'il y a des gens,
18:24toujours la mise en situation ?
18:25Est-ce qu'il y a des gens
18:26qui n'ont pas été entendus
18:27à votre avis ?
18:28Nous estimons qu'en tout cas,
18:29certaines personnes
18:29ne l'ont pas été suffisamment.
18:30Qui par exemple ?
18:32Vous m'autoriserez tout de même
18:33l'élémentaire courtoisie
18:35qui consiste à réserver
18:36au magistrat instructeur
18:37en charge du dossier
18:38les demandes qui lui seront
18:39soumises prochainement.
18:40Boris ?
18:41Oui, effectivement,
18:42il y a ces 17 personnes,
18:43il y a des personnes
18:44qui ont été entendues
18:45à plusieurs reprises,
18:47même récemment
18:48depuis la rentrée de septembre,
18:49des personnes qui ont fait
18:50l'objet de deux,
18:52de trois,
18:52de quatre auditions
18:53avec toujours les mêmes questions.
18:55Où étiez-vous à l'heure
18:56de la disparition du petit Émile
18:57et pendant les minutes
18:59qui s'en sont suivies
18:59jusqu'à l'appel
19:00à la gendarmerie ?
19:02On va rappeler
19:03que dans cette affaire,
19:04il y a aussi des personnes
19:05qui ont été accusées
19:06à tort,
19:07notamment ce jeune agriculteur
19:10dont on soupçonnait
19:11le fait de rouler vide
19:12dans le village
19:12et qui a été entendu
19:15par les enquêteurs
19:17de la section de recherche
19:18de Marseille
19:18qui aujourd'hui encore
19:20est victime de calomnies
19:22et il y a du mal
19:22à supporter cette étape
19:23qui n'en est pas une finalement
19:24dans ce dossier
19:25puisqu'il a été relâché
19:27sans poursuite.
19:27Il n'y a pas eu de poursuite
19:28ni de mesure de garde à vue
19:29à son encontre.
19:30Donc voilà,
19:30il y a une sorte de traumatisme
19:32aussi qui s'est installé
19:32dans ce village
19:33où tout le monde
19:33soupçonne son voisin
19:34mais à l'heure où l'on se parle,
19:36deux ans et demi après,
19:37eh bien,
19:37aucune garde à vue
19:38n'a débouché
19:39sur une mise en examen.
19:40Merci Boris,
19:40merci Maître Pinelli
19:41d'avoir accepté
19:42l'invitation d'affaires suivantes
19:43aujourd'hui sur BFM TV.
19:45Merci d'avoir regardé cette vidéo !
19:46Merci d'avoir regardé cette vidéo !
19:48Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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