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  • il y a 7 semaines

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00:00Europe 1 Soir Week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Toujours avec Antonin André et Raphaël Stainville, on parlait d'Emmanuel Macron il y a quelques instants,
00:09démonétiser le président français, et Donald Trump qui s'en est pris une nouvelle fois à lui,
00:15on se souvient de la séquence en Égypte, et bien écoutez, c'était hier en Caroline du Nord,
00:21le président américain défendait son bilan économique,
00:23et il a cité une prétendue conversation téléphonique avec son homologue français.
00:29J'ai dit au chef de la France par exemple,
00:33je suis désolé mais vous allez devoir doubler ou tripler vos prix pour les médicaments.
00:38Non, non, non, nous ne ferons pas ça. Oh, si vous le ferez.
00:43Non, non, non, nous ne ferons pas ça. Bien sûr que non, je ne peux pas faire ça.
00:47Et j'ai dit, si vous le ferez.
00:52Et là il a dit, pourquoi êtes-vous si certain ?
00:54Parce que si vous ne le faites pas, je vais vous imposer un droit de douane de 25%
01:00sur tout ce que vous vendrez aux Etats-Unis.
01:04Voilà, pour le petit tacle, ça n'a aucun sens.
01:07Ça a répondu l'Elysée, il n'empêche Raphaël Steinwin.
01:10Moi ça me rappelle un petit peu ce passage aussi avec Ursula von der Leyen.
01:14Vous vous souvenez, face à Trump, dans ce golfe, en attendant la sentence sur les droits de douane,
01:19en l'occurrence augmentée considérablement.
01:22C'est terrible cette séquence.
01:24Oui, mais en fait moi je crois que l'Europe, la France, Emmanuel Macron
01:28sont devenus des punching balls pour Donald Trump.
01:32Et plus précisément, il se sert d'Emmanuel Macron ou d'Ursula von der Leyen
01:37comme des contre-modèles pour mieux assurer le service après-vente de sa politique.
01:42En fait, lorsqu'il s'adresse comme ça, lorsqu'il parle, il évoque comme ça Emmanuel Macron,
01:47il s'adresse beaucoup moins à la France et aux Français qu'à ses électeurs,
01:51dont il essaye de les convaincre du bienfait de sa politique économique,
01:55du relèvement des droits de douane.
01:56Ça ne fait aucun doute, mais il a réussi sur ce point.
01:59Il a mis l'Europe, il a quand même imposé des droits de douane.
02:02Raphaël parlait de convaincre ses propres électeurs.
02:04Les Etats-Unis finissent l'année avec un taux de chômage qui est monté à 4,4.
02:07Il était à 3,7 en 2024.
02:09On signerait en France 1%.
02:10Oui, mais le marché de l'emploi n'est pas le même aux Etats-Unis qu'en France.
02:14Pour les Etats-Unis, 4,4 de taux de chômage, c'est très élevé.
02:16Et l'inflation aussi dépasse les 3%, là où elle était encore réduite en 2024.
02:22Et ça, ce sont les effets directs des hausses de droits de douane de Donald Trump.
02:25Donc il y a quelque chose qui se joue aussi pour lui, et Raphaël a raison de souligner.
02:29C'est-à-dire qu'en tapant sur l'Europe, il essaye de valoriser son propre Milan
02:34et d'expliquer que sa politique est la bonne.
02:36Et il doit le faire d'autant plus qu'il est rattrapé par des chiffres de l'économie américaine
02:39qui ne sont pas encore inquiétants, mais qui ne sont pas forcément au niveau
02:43auquel s'attendaient les Américains.
02:45Donc c'était une erreur pour vous, ces droits de douane ?
02:48Parce qu'on les a quand même subis, nos autres Européens, Raphaël Staville ?
02:52C'est-à-dire que si on attend des résultats de la politique de Donald Trump, des résultats immédiats,
02:58c'est totalement illusoire.
02:59Parce que l'enjeu avec le rehaussement de ces droits de douane,
03:04c'est de permettre une réindustrialisation des États-Unis.
03:08Donc ça ne se décrète pas du jour au lendemain.
03:10Vous pouvez imposer des droits de douane, mais voir les effets de cette réindustrialisation
03:13et de la manière dont des emplois seront recréés dans des États qui, pour certains, sont totalement sinistrés.
03:21Ça prend du temps.
03:22Donc c'est un peu la difficulté pour Donald Trump.
03:25Les effets de sa politique se verront peut-être après son départ de la Maison-Blanche.
03:30J'en profite d'ailleurs, puisque vous dirigez également les pages internationales du JDD.
03:34C'est vrai que Donald Trump est assez curieux en ce moment.
03:37C'est d'un côté pile l'homme de la paix, de l'autre...
03:41C'est vrai qu'on voit qu'il s'affranchit de certaines règles,
03:45notamment en bombardant les bateaux des pseudos.
03:49Parce que justement, il est très critiqué pour ça,
03:51narcotrafiquant avec le Venezuela,
03:54qui menace d'ailleurs d'attaquer d'une certaine manière.
03:57En fait, moi je pense qu'il y a quand même malgré tout une cohérence.
03:59C'est-à-dire que l'homme de paix tel que Donald Trump se présente
04:03et que nombre de ses soutiens le présentent aujourd'hui,
04:06lorsqu'il attaque le Venezuela notamment et les narcotrafiquants,
04:12il le fait parce que le trafic de drogue déstabilise les Etats-Unis.
04:18Parce que les cartels qui sont au Venezuela, en Colombie,
04:21ont des relais aux Etats-Unis
04:23et que ça fragilise son économie et l'identité même des Etats-Unis.
04:29Donc il y a ce désengagement de la scène internationale
04:32n'est pas contradictoire avec la volonté de préserver ses intérêts propres
04:37lorsque ceux-ci sont en jeu.
04:39On l'a vu au Venezuela et on le voit d'une certaine manière aussi
04:42avec l'attaque et l'opération vengeance
04:46que les Etats-Unis ont menée en Syrie.
04:48Parce que précisément, des Américains avaient été atteints
04:52par une attaque de djihadistes.
04:53De ce point de vue-là, c'est vrai que quoi qu'on pense de Donald Trump
04:56sur le plan personnel, de son idéologie, de son caractère, de sa façon d'être,
05:01il est quand même dans la tradition américaine.
05:04C'est-à-dire que c'est un pays qui sait mettre les moyens
05:07quand il s'agit de défendre ses intérêts.
05:09Et par exemple, pour parler de réindustrialisation,
05:11rappelez-vous l'acte de Biden sur le Réindustrialisation Act.
05:14C'était des centaines de milliards de dollars
05:16qui étaient investis immédiatement pour avoir des effets immédiats.
05:19En Europe, si vous voulez, il faut des années et des années de négociations
05:24pour décider de subventions en tel ou tel secteur.
05:26Et cette agilité américaine qui se voit aussi en politique étrangère,
05:30c'est aussi quand même la force de Trump.
05:31Et on ne peut pas lui enlever, alors.
05:33Mais même sur le narcotrafic.
05:35On est là, Européens, à dire, oh là là, il est brutal,
05:37oh là là, c'est quand même un peu cavalier.
05:39Pardon, mais...
05:41Non, mais c'est pour ça que je voulais vous faire réagir là-dessus.
05:43De temps en temps, certains de nos dirigeants devraient prendre exemple
05:44sur sa façon de faire.
05:44Absolument.
05:45Parce que ce volontarisme-là, au moins, on ne peut pas lui dénier à Donald Trump.
05:48Et lorsque des plans de relance sont décidés au niveau européen,
05:51avant qu'on ne voit la couleur de l'argent
05:53qui a été mis sur la table,
05:55il faut parfois des mois sinon des années.
05:57Justement, on parlait de narcotrafic,
06:00c'est sûr que ça ne va pas donner d'idée à la France.
06:02On voit mal la France ou l'Europe bombarder des bateaux de narcotrafiquants méditerranéens.
06:07Oui, c'est la marine nationale qui a opéré des saisies records,
06:10ceci dit l'an dernier, dans les Caraïbes en particulier,
06:13mais aussi au port du Havre ou même au large de l'Amérique du Sud en Guyane.
06:17Mais non, la France n'a pas cette tradition-là.
06:19Les Etats-Unis l'ont pris longtemps.
06:21Les années 70, au moment de la French Connection,
06:24les Américains allaient monter des forces paramilitaires
06:26pour aller batailler avec les trafiquants en Colombie
06:30et sur le territoire sud-américain.
06:31Alors, ça n'a pas toujours eu le résultat escompté,
06:32mais ça envoie quand même un signal de réponse à la force.
06:39On répond à la force par la force, à la violence par la violence.
06:42Parfois, ça peut quand même être utile dans ce genre de combat.
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