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  • il y a 2 mois
Amélie Rebière, représentante européenne de la coordination rurale, s’exprime sur la signature du Mercosur reportée en janvier : «Ils vont nous endormir une fois de plus». 

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Transcription
00:00Non, on n'est pas rassurés du tout. En plus, on sait très bien que c'est reculer pour mieux sauter.
00:05On a compris qu'ils voulaient passer les fêtes de fin d'année un peu tranquilles,
00:09donc ils vont nous endormir une fois de plus parce qu'on est habitués à ça.
00:12Donc, on n'est pas du tout rassurés et on en a marre d'être baladés.
00:18Le Mercosur, ça fait des années qu'il est négocié.
00:21On sait très bien que par le pont ou par l'eau, on va passer à un traité de libre-échange.
00:26On peut remercier l'Italie au passage d'avoir fait pression.
00:29Et on a un autre souci qui arrive derrière, c'est-à-dire que le Mercosur, c'est l'arbre qui cache la forêt.
00:35Il faut savoir que la politique agricole commune de 2027 est négociée en même temps que le Mercosur.
00:42C'est-à-dire que quand on lâche d'un côté, on prend de l'autre.
00:45Les Français perdent 20% de la politique agricole commune actuellement au niveau des négociations.
00:50Donc, on n'est pas sortis d'affaires.
00:52Mais j'aimerais surtout rappeler que la colère actuelle, notamment en France,
00:56est quand même due à une crise sanitaire plus que le Mercosur,
00:59parce que le Mercosur, ça fait des mois et des mois qu'on alerte sur ce traité de libre-échange.
01:05Mais si les barrages continuent et si la mobilisation est toujours aussi forte en France,
01:10c'est surtout à cause de la crise sanitaire et de la gestion de la dermatose.
01:13Sur la dermatose, justement, la campagne de vaccination a commencé.
01:19Des centaines de milliers de doses de vaccins sont débloquées.
01:23On en est où ? Et qu'est-ce que vous réclamez ce matin ?
01:27On en est où ? On cafouille complètement.
01:29Le gouvernement, comme d'habitude, n'a rien anticipé.
01:33Ils ont commandé 750 000 doses supplémentaires pour un cheptel de 16 millions de têtes en France.
01:38Nous, on réclame l'arrêt surtout de l'abattage total, l'arrêt de cette aberration.
01:42Et on est maintenant suivi par beaucoup de parlementaires.
01:45On est suivi par l'Organisation mondiale de la santé animale.
01:48On est suivi par la Fédération des vétérinaires d'Europe.
01:51Donc, il faut arrêter de dire qu'on est des obscurantistes,
01:53qu'on est des populistes et qu'on n'a rien compris.
01:55Nous, ce qu'on veut, c'est qu'on laisse nos cheptels.
01:58Vous savez, à Noël et au 1er de l'an, moi, je suis en train de faire têter mes veaux.
02:02Donc, je comprends qu'on embête tout le monde,
02:05qu'on embête ceux qui vont se retrouver en famille.
02:06Mais moi, ma famille, c'est mon cheptel également.
02:09Et le matin de Noël, je suis en train de faire têter mes veaux.
02:12Et le matin du 1er de l'an, également.
02:14Donc, c'est ça aussi qu'on veut protéger.
02:16Et le gouvernement ne nous protège pas actuellement.
02:19Vous diriez que vous êtes méprisé par le gouvernement ?
02:22On est totalement méprisé.
02:23Alors, aujourd'hui, il va y avoir une réunion avec Matignon.
02:26On espère avoir des bonnes nouvelles.
02:29Mais je peux vous dire que les barrages ne vont pas cesser.
02:32Parce que, de toute façon, c'est une aberration,
02:34cette gestion de la crise.
02:35Le gouvernement nous dit qu'ils ont commandé 750 000 doses.
02:41La question va se poser des bêtes qui ont été vaccinées déjà en Savoie.
02:45Est-ce qu'ils ont prévu les rappels ?
02:47Comment ils vont gérer ça ?
02:48On nous dit que sur un cheptel vacciné et repeuplé,
02:51s'il y a un nouveau cas, il y aura un nouveau abattage total.
02:53On a actuellement l'exemple du Japon, qui date de 2024 quand même,
03:00où ils ont fait de l'abattage ciblé volontaire.
03:03C'est-à-dire que même une bête malade, l'éleveur n'était pas obligé de l'abattre.
03:07Il pouvait la soigner.
03:09On a d'autres exemples qui fonctionnent ailleurs dans le monde.
03:11Pourquoi on s'obstine, nous, à vouloir nous mépriser et nous faire disparaître ?
03:16Et pourquoi, selon vous ?
03:19On ne sait pas.
03:20C'est un choix politique plus que sanitaire.
03:21On a l'impression d'être sacrifié, en fait.
03:25Là, on fait le parallèle un peu avec le Mercosur,
03:27mais c'est ce que je vous dis, ça fait des années qu'on est bradé
03:30dans des traités de libre-échange,
03:31parce que le Mercosur, c'est un énième traité de libre-échange.
03:35Là, de vouloir nous faire disparaître, nous, éleveurs,
03:38qui ne sommes déjà pas les plus riches, on va dire, des agriculteurs,
03:43on se sent complètement sacrifié, en fait.
03:45Du coup, vous nous dites ce matin que les blocages, vous les maintenez.
03:51Sur les routes et devant les préfectures, vous allez continuer à mener des actions.
03:58Oui, oui, parce qu'en plus, c'est ce que je vous disais,
04:01on déplore complètement d'embêter ceux qui partent en vacances.
04:04Enfin, je veux dire, on a tous des familles, mais nous, on n'a pas de vacances, en fait.
04:09Les éleveurs ne prennent pas de vacances.
04:10Donc, nous, on n'a pas cette échéance.
04:13On comprend bien que s'il faut se faire entendre,
04:16il faut, à un moment donné, embêter un peu les personnes qui peuvent nous écouter.
04:20Donc, on va continuer, on va continuer à faire le choix, de toute façon.
04:23Sous-titrage Société Radio-Canada
04:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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