00:00Je vais vous prendre un exemple très concret de ce qui pourrait nous arriver et ce qui nous arrive finalement déjà en partie dans certains endroits, mais très peu en France et en Europe, si l'accord du Mercosur était effectivement ratifié, même en l'état.
00:12Parce que là, les négociations qui ont lieu, ce sont des négociations sur des mesures additionnelles. On n'a pas touché au texte en tant que tel qui, lui, n'a pas bougé depuis un an. Il faut quand même le rappeler.
00:22Alors, on va prendre un gros morceau de rhum steak, parce que moi, j'aime bien le rhum steak. On va prendre ça, si vous le voulez bien, brésilien dans notre assiette.
00:28Et avant de le manger, on va le disséquer un peu. Pour l'instant, en France, effectivement, on a du mal à trouver ce morceau. C'est principalement dans la restauration.
00:36Eh bien, grâce à l'accord, s'il est ratifié, on aura donc, vous l'avez dit, 99 000 tonnes de viande bovine qui entreront avec des droits de douane réduits, on va le dire simplement, dans l'Union européenne chaque année.
00:48Donc, ce sera vendu moins cher, c'est-à-dire que potentiellement, c'est bon pour notre portefeuille.
00:52Ah bah oui, pour le portefeuille du consommateur, a priori, c'est bien, parce que si les droits de douane s'y payent moins de droits de douane, mécaniquement, ça se vendra moins cher.
00:59Pour la santé, en revanche, ça pose quelques problèmes. Et c'est notamment là-dessus que les négociations additionnelles depuis un an, elles portent sur le papier le bref brésilien.
01:07Il doit évidemment, qui est importé aujourd'hui, il y en a déjà qui est importé, et qui sera importé en plus grande quantité si le Mercosur est ratifié.
01:15Il doit évidemment respecter les normes européennes en termes de production de substances interdites, OGM, hormones, pesticides, antibiotiques.
01:21La réalité, évidemment, elle est toute autre. Je ne sais pas si vous vous souvenez de l'émoi qu'avait provoqué la ferme des mille vaches.
01:27On se dit, oh là là, l'agriculture intensive. Je vous invite au Brésil, à moitié chez moi, donc je connais bien, temple de fermes géantes.
01:34Là, c'est des fermes aux plusieurs milliers de vaches, donc on est au-delà de la ferme aux mille vaches quand même.
01:39Brésil, c'est le premier exportateur de viande bovine au monde, donc il faut mécaniquement nourrir ces bêtes et puis les élever.
01:48Donc il n'y a pas de secret. Il faut les gaver aux céréales à la canne à sucre aux levures pour doubler leur poids à peu près en trois mois.
01:56À cela, vous ajoutez un petit cocktail d'antibiotiques, d'hormones de croissance et de pesticides pour faire pousser notamment le soja,
02:01qui par ailleurs, il faut le cultiver quelque part, donc en déforestant l'Amazonie.
02:05Vous avez le morceau de rome steak dont je vous parlais tout à l'heure.
02:09Officiellement donc, pour être exporté, la vente ne doit pas être contaminée par les produits que je viens de vous dire,
02:13sauf que tout ça, c'est de l'ordre du déclaratif.
02:15On demande à chaque éleveur brésilien de déclarer sur un papier.
02:18Ça, on ne se sent même pas obligé, parce qu'il n'y a pas forcément d'obligation.
02:21Et voilà ce que dit la Commission européenne à ce sujet, c'était en 2024.
02:24Les exploitations d'élevage au Brésil ne sont pas légalement tenues de conserver des registres de traitement effectués sur les animaux
02:29et aucun contrôle n'est effectué concernant l'utilisation des médicaments vétérinaires.
02:33Au moins, c'est dit.
02:34D'ailleurs, Emmanuel Macron, on l'a entendu, le disait bien, s'agissant des contrôles.
02:38Il parle des contrôles aux frontières, ça c'est une chose.
02:40Mais en fait, il faudrait avoir des contrôles en amont sur les exploitations.
02:44Mais alors là, on est de l'ordre de la souveraineté étatique quand même.
02:48Envoyer des contrôleurs...
02:49Ce serait de l'ingérence.
02:49Ce serait un petit peu d'ingérence, me semble-t-il.
02:52Et il me semble que dans ces conditions-là, le pavé de rame steak, il fait un petit peu moins rêver.
02:57Et encore là, je ne vous ai pas parlé des animaux clonés, génétiquement modifiés.
03:01Ça, ça se développe énormément au Brésil.
03:03Et officiellement, par exemple, un petit veau qui serait né d'une vache qui aurait été clonée ou génétiquement modifiée,
03:10on peut l'importer officiellement en Union européenne, alors même que chez nous, ces pratiques sont interdits.
03:16En fait, le message d'Amélie, c'est ne mangez plus de viande, mercle sur ou pas, ne mangez plus de viande.
03:22Non, ce n'est pas ça, c'est une forme de mondialisation.
03:24Et par ailleurs, je précise juste un point que je trouve quand même très intéressant.
03:28Les pesticides qui sont interdits dans la production de viande bovine, par exemple,
03:33ils sont aussi beaucoup produits dans l'Union européenne, et en particulier en France.
03:37Et on exporte ces produits-là pour qu'ils servent à la production de viande au Brésil,
03:41qui est in fine réimportée dans l'Union européenne, alors même que c'est interdit.
03:45Non, tout ce que je dis, c'est qu'on est dans une forme de mondialisation schizophrène,
03:49et que le Mercosur, et je rejoins d'une certaine manière ce que disait Yves,
03:54il est le catalyseur de ça, mais c'est déjà le cas.
03:57Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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