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  • il y a 6 semaines
Le président brésilien Lula va soumettre au Mercosur une demande de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, de reporter la signature de l'accord commercial avec l'UE.

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Transcription
00:00Effectivement, si on arrêtait de diaboliser ce traité qu'on négocie depuis 25 ans,
00:07et je vais me faire l'avocat du diable, effectivement,
00:09ce n'est pas une situation très facile,
00:11mais je vais même vous dire, est-ce que le marco sûr ne serait pas une chance
00:15pour l'Europe et la France ?
00:17Et dans une situation qui est la nôtre actuellement,
00:19où on est pris en étau entre l'Amérique de Trump,
00:22qui veut nous fermer ses frontières, nous appliquer des droits de douane énormes,
00:26et puis la Chine de Xi, qui veut nous envahir de ces produits
00:30qui sont des produits pas très ragoûtants, on va dire que ça comme ça,
00:34pas tous en tous les cas,
00:35eh bien là, il y a un marché de quelques 280 millions d'individus
00:39– Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine.
00:41– constitués de 4 pays qui sont effectivement ceux que vous venez de citer
00:44et qui pourraient évidemment nous être bien utiles.
00:48Pourquoi je dis ça ? Parce qu'il y a des précédents.
00:51Il y a eu la même chose avec le CETA,
00:53qui est un traité qu'on a signé avec le Canada,
00:55et pareil, il y a eu une levée de boucliers terrible.
00:59Or, le CETA, eh bien je suis désolé,
01:02aujourd'hui, agriculteurs, industriels et les autres sont gagnants,
01:05puisqu'on a augmenté le volume d'exportation vers ce pays de 51%.
01:13Et au total, eh bien, il faut le dire, on a des accords commerciaux, nous autres, l'Europe,
01:20avec quelques 80 pays à travers le monde,
01:23et pour un excédent commercial qui représente 270 milliards d'euros.
01:29Donc, un emploi sur cinq dans l'Europe, eh bien, dépend de ses exportations en général.
01:34Alors, donc, en quoi le Mercosur pourrait profiter à l'Europe,
01:37et en particulier, pardon l'être chauvin, mais à la France ?
01:39Alors, d'abord, au général, ça pourrait nous économiser 4 milliards d'euros de droits de douane.
01:44Ce n'est pas rien, quand même.
01:45Et puis, ça favoriserait certains produits, évidemment.
01:48Ça favoriserait l'automobile, les machines outils, l'huile d'olive,
01:53j'en passais des meilleurs, le fromage,
01:55certains fromages, et puis des matières qui sont des matières dont on a fortement besoin aujourd'hui,
02:02le lithium, le cobalt, le cuivre,
02:05qui sont produits et qu'on trouve dans les sols de ces pays-là.
02:09Et puis, en termes agricoles, purement agricoles,
02:12qui concernent actuellement la crise,
02:14eh bien, je peux vous dire, ça représente une goutte d'eau.
02:18Une goutte d'eau pour nous autres, notamment pour la France.
02:22Ça nous permettrait d'importer 99 000 tonnes de bovins,
02:29ce qui représente 1,5% de la production dans l'Union européenne.
02:35Et pour la France seule, entre janvier et septembre actuellement,
02:40on a importé que 2 300 tonnes, soit 0,2% de notre production bovide.
02:47Pareil pour la volaille.
02:48La volaille, c'est 180 000 tonnes au terme de cet accord.
02:53Et ça représente 1,3% de l'Union européenne.
02:58Alors, évidemment, et ça, je sais que...
03:01On va en parler dans une seconde avec Amélie.
03:02Amélie, d'un côté de moi, évidemment qu'il faut négocier à fond
03:06pour qu'il y ait des clauses, des clauses de sauvegarde, comme on dit,
03:10pour que ces produits soient raisonnables,
03:13qu'ils respectent des normes, si tant est que ce soit possible,
03:15qu'ils soient aussi imposantes que les nôtres, ça c'est sûr,
03:19et des contingentements d'importation.
03:22Et puis aussi, peut-être, et c'est là où on peut jouer aussi,
03:25moi je vais me faire vraiment l'avocat du diable,
03:27peut-être dire au Brésil, arrêtez de déforester,
03:31je ne sais pas si le mot existe, mais je l'invente,
03:34l'Amazonie, et de faire pression sur eux.
03:37C'est aussi un moyen, ces accords internationaux,
03:40de faire pression sur vos interlocuteurs.
03:42Amélie Rosic dit c'est impossible, vous direz pourquoi dans un instant c'est impossible,
03:45mais d'abord, cet accord-là, c'est quoi ?
03:47C'est le bouc émissaire, du coup, dans la colère des agriculteurs ?
03:50Oui, alors là je vais vous le dire, franchement, oui,
03:52c'est le bouc émissaire, et c'est le bouc émissaire depuis longtemps.
03:54Ça avait déjà été le cas avec Gabriel Attal,
03:56quand il y a le malaise paysan.
03:57Le malaise paysan, il existe,
03:59et malheureusement, plus il existe,
04:01plus les extrêmes s'en servent.
04:04Et on va le voir à travers
04:06Madame Le Pen,
04:07qui va nous dire pourquoi
04:10elle en pense beaucoup de mal.
04:11On l'écoute.
04:13Non, voilà, parce qu'il en va,
04:15encore une fois,
04:16de la survie de notre agriculture,
04:19et donc de la souveraineté de notre pays.
04:21Non.
04:22Mais est-ce qu'il est capable de dire non
04:24à la Commission européenne ?
04:25Rien n'est moins sûr.
04:27Et avec un syndicat agricole qui est très proche,
04:30qui s'appelle la coordination rurale.
04:32Et vous avez de l'autre côté,
04:33à l'autre extrême,
04:34M. Mélenchon,
04:36qui nous parle également.
04:36Il conduira à l'abîme
04:39de très larges secteurs
04:41de l'agriculture paysanne
04:43de notre pays.
04:44Avec la Confédération Paysanne,
04:47qui est aussi l'autre syndicat,
04:48c'est eux qui sont beaucoup
04:49à la manœuvre aujourd'hui
04:50sur la dermatose.
04:52Il faut le dire.
04:53Mais ils se servent aussi,
04:54évidemment,
04:55de cette...
04:55Je suis obligé de vous arrêter, Yves.
04:57Oui.
04:58À l'instant,
05:00dépêche en provenance de Bruxelles.
05:01Il est 20h53.
05:03Ursula von der Leyen
05:05annonce au 27
05:06le report de la signature
05:08du Mercosur
05:09au mois de janvier.
05:11C'est ce qu'annoncent
05:12un certain nombre de diplomates,
05:14visiblement,
05:14à l'agence France Presse.
05:15Sous-titrage Société Radio-Canada
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