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  • il y a 2 mois

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00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec autour de la table jusqu'à 20h, Adrien Matou.
00:06Bonsoir, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.
00:09Bonsoir Louis Ouzalter, journaliste politique au Figaro.
00:12Bonsoir Eric Momy.
00:14Bonsoir Pierre.
00:14Merci d'être avec nous, vous êtes président, directeur général d'April.
00:17April, grande compagnie d'assurance.
00:21Et vous êtes, j'allais dire, le porte-drapeau
00:23parmi 2000 entrepreneurs du mouvement Trop c'est trop.
00:27Alors, on a l'habitude à Europe 1 d'accueillir Alexandre Jardin
00:31qui est le porte-parole du mouvement Légueux.
00:34Vous, vous êtes sur, j'allais dire, le même trend en bon français,
00:39c'est-à-dire le ras-le-bol au sens large.
00:43Vous représentez les entrepreneurs qui d'ailleurs,
00:47dans plein d'émissions, on l'a vu sur plusieurs chaînes,
00:52il y a ces grands forums comme ça où on discute,
00:54les entrepreneurs prennent la parole.
00:56On en a reçu ici à Europe 1,
00:58on a reçu Jonathan Anguloff de Aircall,
01:02on a reçu Jean-Philippe Cartier
01:05qui est un grand hôtelier du groupe H8.
01:08Et aujourd'hui, le président, directeur général d'April que vous êtes,
01:12Eric Momy, trop c'est trop.
01:13Vous en êtes venu quand, à quel moment,
01:15vous vous êtes dit, il faut que je fasse quelque chose,
01:18il faut que je fonde un mouvement
01:20pour dire que, ben voilà, c'est plus possible,
01:22les taxes, les charges, on ne peut plus bosser en France.
01:25Alors, pour répondre à votre question,
01:27ça fait un moment que les chefs d'entreprise
01:30sont extrêmement inquiets de la façon dont notre modèle social,
01:35qu'on veut absolument préserver, je vais démarrer comme ça,
01:37est financé.
01:39En tout cas, on a une colonne dépense qui n'arrête pas d'augmenter,
01:43et puis naturellement, on va en permanence chercher des recettes.
01:47Nous, on pense que ce n'est pas quelque chose qui est durable.
01:50Et puis, on a eu le déclic, j'allais dire, l'étincelle,
01:54avec les débats au Parlement,
01:56où là, je pense qu'on a touché le paroxysme de la folie fiscale.
02:01On est allé chercher des scalps fiscaux.
02:03Les impôts, c'est extrêmement important.
02:05On est très fiers d'en payer, à titre personnel,
02:09en tant que chef d'entreprise pour son entreprise,
02:11parce que ça sert, ce modèle auquel on tient tous.
02:14Mais quand on parle à l'Assemblée nationale d'impôts
02:17avec une approche punitive,
02:20et pas du tout une approche tournée vers l'économie,
02:22c'est bien le terme que j'emploie,
02:23une approche punitive,
02:25on va chercher des scalps,
02:26on n'est plus en train de parler de l'avenir de ce pays.
02:30Vous l'avez vu pendant ces débats,
02:31on n'a pas parlé d'économie,
02:32on n'a pas parlé d'innovation,
02:34on a un taux de chômage qui est en train d'augmenter,
02:36on a des défaillances d'entreprises qui repartent à la hausse.
02:38On ne parle pas de tout ça.
02:39Est-ce que ce n'est pas parce qu'on a commencé par les recettes
02:41dans l'examen du PLF et non pas par les dépenses
02:44que vous êtes encore plus en colère avec Mamie ?
02:47Alors nous, c'est plus qu'un mouvement de colère,
02:51le mouvement trop c'est trop,
02:52c'est un mouvement d'alerte.
02:54Alors je vais le dire,
02:55c'est un mouvement d'alerte vis-à-vis des pouvoirs publics,
02:57vis-à-vis des parlementaires,
03:00mais c'est aussi,
03:01je vais beaucoup insister là-dessus,
03:02et tout à l'heure on était réunis,
03:04salle gavot,
03:05à l'initiative de vos confrères de l'Express,
03:07c'est aussi un message à l'adresse des chefs d'entreprise.
03:12On est beaucoup trop silencieux,
03:14on a laissé le narratif de l'entreprise à des politiques,
03:18on a laissé quelque part une chaise vide,
03:20et on a vu dans ces débats budgétaires,
03:22on était complètement ignorés,
03:23on était la variable d'ajustement,
03:25et ça, ça ne peut pas continuer.
03:27Et le mouvement trop c'est trop,
03:28c'est un mouvement véritablement
03:30qui consiste à fédérer les chefs d'entreprise
03:33pour qu'on prenne la parole
03:35et qu'on pèse dans les débats maintenant.
03:36Il y a le MEDEF pour ça,
03:37ou la CPME,
03:38ou d'autres organismes qui sont plus visibles
03:41que le mouvement trop c'est trop.
03:42Ils le font très bien,
03:43mais quand vous êtes en permanence
03:44dans des débats budgétaires,
03:46en train de peser,
03:48voilà, j'allais dire que quelque part,
03:50la configuration dans laquelle ils sont,
03:52et franchement, ils sont forts,
03:54je le dis, c'est un sacerdoce,
03:55et je tire mon chapeau
03:56aux représentants des organisations patronales,
03:59mais quelque part,
04:00on les fait bosser,
04:01on les fait boxer dans les cordes, pardon,
04:02et la voie qu'on veut porter, nous,
04:05c'est la voie des chefs d'entreprise
04:07pour reprendre ce narratif,
04:08pour aller parler dans les médias,
04:10pas que simplement les médias économiques,
04:12les médias grand public,
04:13et expliquer tout ce qu'on fait
04:15et comment on finance ce modèle social
04:17et qu'on n'est pas les idiots utiles du système.
04:19Vous allez le faire dans cette émission.
04:21Louis Auxalter du Figaro,
04:22une question pour vous.
04:22Qu'est-ce que vous avez pensé
04:23au cours des débats budgétaires
04:24de l'attitude de la droite,
04:26c'est-à-dire des députés les Républicains,
04:27du groupe emmené par Laurent Wauquiez,
04:29qui est allé au compromis
04:30désigné par Sébastien Lecornu,
04:31mais qui s'est abstenu, en tout cas,
04:32ou même certains ont voté pour,
04:34le budget de la sécurité sociale
04:35avec la réforme des retraites
04:37qui, au nom de la stabilité politique,
04:39eh bien, adhère plus ou moins
04:40à ce budget qui est beaucoup inspiré
04:42par le Parti Socialiste.
04:44Qu'est-ce que vous pensez
04:45de l'attitude de la droite
04:46dans cette séquence politique ?
04:47Alors, vous avez d'habitude
04:49à une doctrine défendant
04:50la baisse des dépenses publiques
04:51et le monde de l'entreprise.
04:52Vous avez publié un excellent article
04:53dans le Figaro
04:55disant que la droite avait laissé tomber
04:58les chefs d'entreprise.
04:59Je reprends les termes que vous avez...
05:01Vous êtes d'accord avec ça ?
05:02Alors, moi, je vais dire
05:04les choses très simplement.
05:06Les politiques,
05:07c'est la raison pour laquelle
05:08les chefs d'entreprise
05:09doivent prendre la parole.
05:10Quand ils sont pro-business,
05:11c'est souvent sur courant alternatif.
05:13Et puis, quand les occasions
05:15se présentent de venir
05:17un peu nous corneriser
05:19ou s'essuyer les pieds sur nous,
05:20ils le font.
05:21Je parle de façon très crue.
05:22C'est vraiment ce que je pense.
05:24Ce que j'observe dans la droite,
05:26c'est qu'il y a une fracture
05:27entre une droite sénatoriale
05:30qui a véritablement essayé
05:32de, on va dire,
05:34rétablir un certain nombre de choses
05:35sur le volet recettes,
05:36sur le volet des dépenses,
05:39et puis, de l'autre côté,
05:40une droite à l'Assemblée nationale
05:42qui, elle, est beaucoup moins,
05:45en tout cas, sur cette ligne-là.
05:47Donc, c'est difficile de parler des LR,
05:50ou si, ou plutôt,
05:51parler des LR au pluriel.
05:52– Il y en a deux, il y a deux lignes.
05:54– Il y a deux lignes.
05:54– Mais parce que les députés
05:55craignent la dissolution,
05:55là où les sénateurs ne la craignent pas.
05:56C'est aussi des raisons politiciennes
05:58qui expliquent cette dichotomie.
06:00– Ça ne nous a pas échappé.
06:02– Vous enriez.
06:03– Mais en fait, ce n'est pas drôle.
06:04– Non, ce n'est pas drôle.
06:05J'en ris parce que...
06:06– Vous avez été une heure
06:07où il vaut mieux essayer
06:09de se détendre, mais...
06:10– Vous savez, généralement,
06:12dans Europe 1 soir,
06:14on détend moyennement les gens.
06:16– On se détend aussi, Pierre.
06:16– Surtout quand il y a
06:17Osalter et Adrien Matou.
06:19Regardez la couverture de Marianne.
06:22Montrez-moi, Adrien.
06:24Rendez-nous la France d'avant.
06:26En tout cas, celle qu'on aimait.
06:27– Pourquoi celle qu'on aimait ?
06:28– Pourquoi cette couverture ?
06:30– En fait, on questionne
06:32un sentiment qui est extrêmement présent
06:33chez les Français,
06:34qui est la nostalgie.
06:35Le fameux « C'était mieux avant »
06:37qui est quand même un truc
06:37qu'on entend beaucoup
06:38dans les discussions,
06:39et notamment à Noël.
06:41Et pour le coup,
06:42on questionne sur un certain nombre
06:44de points ce qui était
06:45vraiment mieux avant.
06:47– Et ce qui parfois
06:47ne l'était pas,
06:48c'est parce qu'il y a des choses
06:49qui quand même
06:49n'étaient pas mieux avant.
06:50– Vous êtes d'accord
06:51avec le slogan
06:52« C'était mieux avant » ?
06:53– Alors, moi,
06:54je ne sais pas
06:54si c'était mieux avant
06:55parce que je suis une génération…
06:57– Que vous,
06:57vous avez avancé quand même
06:58dans votre trajectoire.
06:59– Alors, moi,
06:59je suis une génération
07:00qui a développé
07:02sa conscience politique
07:04à partir de 1981.
07:06Donc, si je me place
07:07du point de vue
07:07du chef d'entreprise,
07:09je vais le dire très sincèrement,
07:10depuis 45 ans,
07:12je n'ai pas vu,
07:13quelle que soit
07:14la couleur politique,
07:15des gens dont on pouvait dire
07:16qu'ils étaient fondamentalement
07:18pro-entreprise.
07:19Certains l'étaient,
07:21en tout cas,
07:21pour partie.
07:22– Même entre 86 et 88
07:23et ensuite,
07:24à partir de 95 ?
07:25– Non, mais là, évidemment,
07:25c'est trop facile,
07:26c'est trop facile.
07:28Voilà.
07:29Entre 86 et 88,
07:31oui.
07:31Et en même temps,
07:32j'espère que je ne vais pas
07:33choquer vos auditeurs.
07:35J'avais un amour absolu
07:37pour Jacques Chirac,
07:38mais je ne pense pas
07:38que ça ait été
07:39le plus grand réformateur libéral
07:41qui ait connu dans la France.
07:42– C'est ce que j'allais vous dire.
07:43– Et pour être honnête,
07:44ce mot libéral
07:45qu'on utilise
07:46pour disqualifier
07:47tous ceux
07:48qui essaient de porter
07:49un discours de réforme,
07:51je le dis,
07:52c'est le fond de ma pensée.
07:54En fait,
07:54je n'ai vu aucun libéral
07:55depuis que j'ai une conscience politique
07:57en France aux manettes.
07:59– Ils n'ont pas tenu.
07:59Il y a eu Alain Madeleine
08:00justement aux côtés de Chirac,
08:02mais ça n'a pas pu très longtemps.
08:03– Il n'a même pas été élu.
08:04Il était au premier tour
08:04de la présidentielle,
08:05Alain Madeleine.
08:06– Il était ministre de l'économie,
08:07mais enfin, épisodique.
08:08Il n'est resté que quelques mois.
08:09– Épisodique.
08:10Épisodique.
08:11– J'ai une question pour vous,
08:12parce que c'est intéressant,
08:13vous lancez un mouvement
08:14des entrepreneurs,
08:16mais est-ce que pour vous,
08:17je vais prendre des exemples
08:18caricaturaux à dessein,
08:20entre Bernard Arnault
08:21et le patron de PME,
08:22petit garagiste,
08:23est-ce que c'est les mêmes intérêts
08:24au fond ?
08:25Est-ce que vraiment,
08:25on peut parler
08:26des entrepreneurs
08:28qui auraient tous
08:29les mêmes intérêts
08:30aux mêmes réformes ?
08:31– Éric Momy va dire,
08:32j'assure les deux.
08:33Non ?
08:33– Alors,
08:34j'assure peut-être les deux,
08:35mais ma réponse,
08:36c'est quoi ?
08:37C'est qu'il y a un point commun
08:38entre Bernard Arnault
08:40et les patrons de PME,
08:42c'est leur amour absolu
08:43de la France.
08:44Je voudrais le dire ici,
08:46les chefs d'entreprise,
08:47c'est des gens
08:47qui sont prêts
08:49à jouer leur patrimoine,
08:51leur vie professionnelle,
08:52qui vivent avec des doutes,
08:54avec des dettes, etc.,
08:55et qui, tous les matins,
08:56se lèvent en se disant
08:58qu'ils sont là
08:58pour créer de la valeur,
09:00pour payer des salaires,
09:02pour financer le modèle social.
09:03Et sincèrement,
09:04que ce soit Bernard Arnault
09:05qui devrait décorer,
09:06pour moi c'est un héros,
09:07aux Etats-Unis,
09:08Bernard Arnault,
09:09je pense qu'il serait
09:10sur le frame.
09:11C'est ce que j'allais dire,
09:12je crois qu'il est au max.
09:13De la rouge et de la bleue.
09:15Il doit être décoré
09:16de toutes les médailles.
09:17Toutes les médailles.
09:18C'est un héros,
09:20et les patrons de PME
09:22sont aussi des héros.
09:23Ce que je voulais simplement dire,
09:24je pense que
09:25l'intérêt commun
09:26de tout le monde,
09:28c'est qu'on ait,
09:29en France,
09:29une législation,
09:31une réglementation
09:32beaucoup plus simple.
09:33J'ai lu un truc
09:33très intéressant l'autre jour,
09:35en Europe,
09:36on est le pays,
09:36devant l'Italie,
09:38dans lequel
09:38les chefs d'entreprise
09:39se plaignent le plus
09:40de la bureaucratie.
09:42Et si vous dirigez une boîte,
09:43non mais sincèrement,
09:44c'est franchement
09:45quelque chose
09:46d'extrêmement difficile.
09:47Donc on a des problèmes
09:48de réglementation,
09:49on a des problèmes
09:50de fiscalité,
09:51on parlait tout à l'heure,
09:52les impôts de production,
09:54quand on se compare
09:55avec nos voisins européens,
09:56on a 150 milliards d'euros
09:58d'impôts de production
09:59de plus
10:00qui pèsent
10:01sur les entreprises
10:02en France.
10:03Que ce soit LVMH,
10:05qui est un employeur
10:06extraordinaire,
10:06qui est le premier
10:08contribuable français
10:09au niveau des entreprises,
10:11ou le patron de PME,
10:12très sincèrement,
10:13on est tous confrontés
10:14aux mêmes difficultés
10:15avec un système
10:17de taxation
10:18qui objectivement
10:19ne facilite pas
10:20l'investissement,
10:21ne facilite pas l'emploi.
10:22Et c'est l'assureur
10:23qui dit ça,
10:24parce que quand vous appelez
10:24votre assurance,
10:26il y a quand même
10:27quelques paperasses
10:27à remplir,
10:28et si vous n'êtes pas
10:29dans le...
10:30Je confirme.
10:30Alors, tout à l'heure,
10:31je ne vous ai pas repris,
10:32Pierre,
10:32mais on est courtier
10:33en assurance
10:33après là.
10:34Le courtier facilite
10:37un peu les choses.
10:38On facilite les choses.
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