00:00C'est un petit peu compliqué parce qu'en fait, il y a deux clans au sein de l'Union européenne.
00:04Vous avez d'un côté l'Allemagne, l'Espagne et les pays nordiques qui veulent sceller le traité dès cette semaine et signer à la fin de la semaine samedi.
00:12Et en face, vous avez la France, la Pologne et la Hongrie, dans un entelage, il faut le dire, un petit peu baroque, qui s'opposent au texte.
00:19La question, c'est que va faire l'Italie ?
00:21Si elle rejoint le groupe des opposants, alors il y aura ce qu'on appelle une minorité de blocage.
00:25C'est-à-dire qu'on arrivera à un total de 35% de la population de l'Union européenne qui est compte, qui permettra de bloquer le texte.
00:33On attend donc la position de Giorgia Melloni qui dit que le texte est encore prématuré, la signature du texte est encore prématurée à ce stade pour un accord dans les prochains jours.
00:41Est-ce que vous pouvez nous rappeler en quoi consistent les tenants et les aboutissants de cet accord ?
00:46Pour faire simple, en fait, c'est un traité commercial qui est censé réduire les droits de douane drastiquement à l'ordre de 90% entre les deux parties.
00:54Vous avez d'un côté les pays du Mercosur, plus particulièrement Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay.
01:00La Bolivie essaye de s'ajouter à ce traité.
01:03C'est un marché en fait de plus de 260 millions d'habitants.
01:06Donc il faut comprendre que c'est de l'économie.
01:08C'est un marché, ce serait la sixième économie mondiale si on traitait avec.
01:12Et l'Union européenne consent à importer du bœuf, on l'a beaucoup dit, de la volaille, du porc, du sucre, etc.
01:18En contrepartie, il y a une baisse des droits de douane de l'autre côté sur certains produits, notamment de l'huile d'olive, du chocolat et puis une partie industrielle.
01:27Pour faire simple, certains caricatures peut-être un peu, mais le résime ainsi, c'est l'Europe qui va vendre plus de voitures mais importer plus de bœuf.
01:35Donc on va comprendre la colère des éleveurs, mais ça veut dire qu'il y a des gagnants quand même, Sofiane.
01:38Oui, c'est parfois difficile à entendre, notamment pour ceux qui manifestent contre le texte.
01:43Mais d'ailleurs, vous ne les entendez pas, les vignerons sur les barrages.
01:46Pourquoi ? Parce qu'ils exportent leur champagne, leur cognac, leur vin, aujourd'hui avec des droits de douane qui s'élèvent jusqu'à 35% du prix.
01:52C'est énorme. Demain, s'il y a un accord, ça passera à 0%.
01:56Donc évidemment, ils ont tout intérêt, notamment quand vous avez Donald Trump qui met des droits de douane plus élevés que jamais à l'entrée des États-Unis.
02:02Vous avez notamment les producteurs de fromage, la filière du lait.
02:06Il y a une grosse demande de lait infantile en Amérique du Sud.
02:09Eux, ils seraient gagnants.
02:10Et puis, hors agriculture, vous avez d'autres gagnants.
02:12La filière automobile, alors ça c'est plus pour les Allemands qui peuvent exporter des voitures, un petit peu moins nous.
02:18Mais pour nous, le luxe, l'aéronautique notamment, c'est des secteurs porteurs.
02:22Et puis, à l'importation, parce que ce n'est pas totalement inutile, vous avez aussi la question des terres rares.
02:27Vous savez, c'est très précieux, on en cherche.
02:28Eh bien, il y en a justement en Amérique du Sud.
02:32Et donc, on en cherche, ça permettrait cet accord d'en avoir.
02:34Alors ça, ce sont les gagnants.
02:36Alors, les perdants de notre côté, ce serait qui ?
02:38Eh bien, les éleveurs bovins, on en parle beaucoup, notamment les producteurs de maïs aussi, de betteraves, de céréales.
02:43En fait, l'accord prévoit que 99 000 tonnes de bœuf pourront entrer chaque année avec un droit de douane préférentiel.
02:51Pour la volaille, c'est 180 000 tonnes, d'accord ?
02:54Donc, si ça paraît, c'est faramineux comme volume, ça l'est.
02:58Mais si on rapporte en pourcentage, c'est 1,5% de la production de volaille ou de bœuf de l'Union européenne.
03:04Avec une inquiétude pour le consommateur, c'est finalement, est-ce que ces produits vont respecter nos normes, ces produits qu'on va importer ?
03:11Le problème, l'Union européenne garantit que oui, mais qui va vérifier ça ?
03:14Sur des volumes aussi grands, quand on parle de 100 000 bêtes importées, est-ce que ça va vraiment être le cas ?
03:21La France, elle est dans une situation un tout petit peu particulière, parce que jusqu'à présent, j'ai regardé, on importe très peu de bœuf sud-américain.
03:27Depuis janvier, entre janvier et septembre, c'est 2 000 tonnes, soit 0,2% de la production totale.
03:34Donc s'il y a ouverture du marché avec ce marco sûr, si elle est ratifiée, ce ne sera pas uniquement la France,
03:41et c'est même assez peu la France par rapport à d'autres pays de l'Union européenne.
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