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  • il y a 10 mois
Lors de Morandini Live du 17/12/2025, Mohamed Benmeddour, médiateur dans les quartiers nord de Marseille, était en direct avec le plateau. Il est revenu sur l’insécurité sur place et sa rencontre avec Emmanuel Macron : «Je vous le dis, si on ne nous donne pas de moyens et on ne nous considère pas, nous irons à la préfecture [...], nous ferons une grève de la faim». 

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Transcription
00:00Bonjour, merci à vous Jean-Marc et à toute l'équipe de Morandini Live.
00:05Je pense que mon message est peut-être passé à l'Elysée.
00:09Donc oui, effectivement, j'ai rencontré le président de la République hier
00:11lors d'un débat face au lecteur dans les locaux de la Provence.
00:17Après, je lui ai parlé, j'ai fait part de mon émotion,
00:21de ce que j'avais sur le cœur, de ce que j'ai vécu.
00:23Je lui ai fait une séquence d'une scène qui s'est passée là,
00:29juste derrière, où j'avais trouvé le corps calciné d'une jeune femme
00:32avec un groupe d'adolescents.
00:35Et ces pré-adolescents avaient filmé la découverte de ce corps calciné.
00:41Ils l'avaient diffusé sur les réseaux sociaux.
00:42C'était un peu pour lui faire une sorte d'électrochoc,
00:46pour lui montrer, regardez l'état de notre jeunesse.
00:48Encore une autre anecdote, hier, en me rendant sur les lieux,
00:50je passe par une cité du 3e arrondissement, je vois deux guetteurs cagoulés.
00:55Et ils étaient en train d'observer le balai incessant des forces de l'ordre qui arrivaient.
00:59Et je m'arrête à leur hauteur et je leur dis, ça va, qu'est-ce que vous faites les jeunes ?
01:02J'ai bien compris ce que vous faites.
01:03Ils m'ont dit, non, mais qu'est-ce qui se passe ?
01:05J'ai dit, écoutez, il y a le président de la République qui arrive,
01:08je dois la rencontrer, justement, pour faire part de ce que vous faites,
01:12de votre désarroi, de votre insouciance.
01:16Et leur réaction, ça a été de me dire, Mohamed,
01:19nous on te connaît, s'il te plaît, nous on n'a que ça,
01:21on n'a que le narcotrafic pour manger,
01:24on n'a que ça pour vivre.
01:25Donc tu peux lui dire qu'il nous laisse le narcotrafic,
01:28parce que regarde, il y a eu un braquage il y a deux jours à Mazarg,
01:31où il y a eu des tirs à la Kalachnikov, dans le Bartaba.
01:35Il nous dit, voilà, si on nous enlève ça de manière,
01:37nous on va se mettre à faire ça.
01:38Et donc ça montre l'état d'insouciance de nos jeunes, à l'heure actuelle.
01:42Mais votre rencontre avec Emmanuel Macron,
01:44est-ce que vous avez le sentiment que ça a amené quelque chose ?
01:47Est-ce qu'il a compris quelque chose ?
01:48Est-ce qu'il a entendu quelque chose dans ce que vous avez voulu lui expliquer ?
01:51Sur le coup, il a entendu mon émotion,
01:54c'est sûr qu'il a été choqué.
01:56Mais après, moi je lui ai fait part de...
02:00Parce que je suis en contact avec le papa d'Abderrahim,
02:02je suis monté au créneau récemment pour que, justement,
02:05il voie le président de la République.
02:06Moi j'aurais préféré que ça soit le père d'Abderrahim,
02:09Abderrahim, il y a 15 jours, ils ont tué son fils de 15 ans,
02:12ils l'ont carbonisé.
02:13La vidéo circule sur les réseaux sociaux,
02:15j'aurais préféré que ça soit lui que moi,
02:17je pense que c'est lui la priorité.
02:19On est monté au créneau.
02:20Finalement, j'avais même parlé avec Amine Kessassi
02:23parce que je souhaitais que le président de la République
02:26rencontre Amine Kessassi en compagnie du papa d'Abderrahim
02:29et de la maman de Sokaïna
02:31qui voulait absolument voir le président de la République.
02:34Amine me disait qu'il était en train d'essayer de goupiller ça,
02:37puis on n'a pas eu de nouvelles.
02:39Et finalement, il y a eu une séquence
02:41au cimetière avec la famille Kessassi.
02:44Oui, c'est bien, mais symboliquement, ça peut faire passer un message,
02:50mais malheureusement, ça n'a pas été bien perçu par les autres familles de victimes
02:57parce qu'ils ont eu l'impression de ne pas exister.
03:01Ils ont eu l'impression de ne pas exister.
03:03Moi, j'ai demandé des moyens supplémentaires pour la prévention.
03:08Le président s'est engagé à faire le nécessaire
03:12pour qu'on puisse avoir de meilleures conditions
03:14pour améliorer l'éducation de nos enfants.
03:17Si ce n'est pas le cas, je vous le dis.
03:19Moi, je suis convaincu à moitié et encore,
03:21parce que, comme vous l'avez dit,
03:23la seule annonce qui a été faite hier,
03:25c'était l'amende forfaitaire à 500 euros.
03:27Je vous le dis sur cette antenne,
03:29si la situation ne se décante pas,
03:32on ne nous donne pas de moyens, on ne nous considère pas,
03:34je vais partir en préfecture
03:36avec des familles de victimes,
03:38dont le papa d'Abderrahim,
03:40des jeunes qui sont en proie au narcotrafic,
03:42des jeunes qui sont au chômage.
03:43Nous allons nous attacher devant les portes de la préfecture
03:45et nous ferons une grève de la faim.
03:48Ça, c'est dit.
03:49J'attends la rentrée.
03:50Si rien ne bouge, je vois qu'on continue à faire de la communication.
03:54Là, c'est bon.
03:54Moi, les cadavres, les morts, j'en peux plus.
03:56Les repas de veillées, les prières mortuaires, etc.
04:01J'en ai marre, moi, d'aller à la morgue,
04:03d'aller voir des jeunes, de voir des mamans pleurer,
04:05de me faire solliciter pour toutes ces problématiques-là.
04:09De voir la mort en face, j'en peux plus.

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