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00:01Londres 1888, capitale mondiale de l'industrie et du commerce.
00:05Cette année-là, Londres sera le théâtre d'une série de meurtres épouvantables.
00:15L'assassin s'est donné pour nom Jacques Léventreur.
00:18Aujourd'hui encore, son identité reste un mystère.
00:229 novembre 1888, Thomas Boyer se rend chez Mary Jane Kelly pour percevoir un loyer en retard.
00:30Jacques Léventreur a encore frappé.
00:39Depuis la fin du mois d'août, l'assassin attaque de nuit les prostituées du sorti de quartier de Whitechapel.
00:48J'en ai appris les putains et je n'arrêterai de les éventrer que lorsque je serai bouclé.
00:55Ces crimes, tous commis le week-end et dans le même périmètre, sont d'une atroce sauvagerie.
01:00Ils marquent d'autant plus la population que le meurtrier inonde les enquêteurs de Scotland Yard de lettres moqueuses et menaçantes que les journaux s'empressent de reproduire.
01:08Vous entendrez bientôt parler de moi et de mes drôles de petits jeux.
01:23La police interrogera de nombreux suspects. Un avocat, le chirurgien de la reine, le duc de Clarence, petit-fils de la reine Victoria, un journaliste.
01:35Sans oublier non plus Michael Ostroge, un criminel notoire.
01:45Faute de preuves, aucun ne sera inculpé. Le mystère de Jacques Léventreur entre dans la légende.
01:52Jacques Léventreur, comme tous les serial killers modernes, comme tous les tueurs en série,
02:08ce sont des types d'assassins extrêmement difficiles à capturer parce que ce sont des meurtres qui n'ont que des motivations sexuelles,
02:18qui sont donc inhérents au fantasme propre des tueurs.
02:22Il n'y a souvent aucune rencontre préalable entre le tueur et sa victime, sauf au moment du crime en lui-même.
02:31Donc il est très difficile de poursuivre et d'enquêter sur ce type de crime sans motif apparent.
02:38Depuis plus d'un siècle, les historiens, les écrivains, les enquêteurs cherchent encore de nouveaux indices.
02:44Cependant, l'histoire rebondit souvent là où on ne l'attend pas.
02:47Nous sommes en 1991, dans un quartier ouvrier de Liverpool.
02:51Tony Devoreux est célibataire.
03:02Il n'a qu'un seul ami, Mike Barrett.
03:05Tony va lui faire un bien étrange cadeau.
03:08Mike ! Mike !
03:10Mike est loin de se douter que cette enveloppe va changer sa vie et provoquer l'émoi de tous les criminologues du Royaume-Uni.
03:17C'est un registre d'époque victorienne.
03:19C'est un journal intime.
03:23« Avec une bague à mon doigt et un couteau dans ma main, je tuerai toutes les garces et ne verserai pas une larme. »
03:34« Il coupe ce gemme des coupes toutes avec son couteau dans son sac. »
03:44« Mike est fasciné. Il va lire toute la nuit. »
03:52« Je place ceci dans un endroit où on le trouvera. »
03:55« Votre humble serviteur. »
03:58« Jack ! »
03:59« Les ventreurs. »
04:00« Jack ! »
04:01« Jack ! »
04:02« Jack ! »
04:04« Je ne pouvais pas y croire. »
04:06« On ne peut pas croire à des choses pareilles. »
04:08« Alors j'ai téléphoné à Tony. »
04:11« Et j'ai demandé à Tony à quoi il jouait. »
04:14« C'est comme ça qu'on vit ici à Liverpool. »
04:17« C'est une blague ou quoi ? »
04:18« La réponse de Tony a été non. »
04:21Décidément, Mike a du mal à y croire. Il faut que Tony passe aux aveux.
04:25Mais son ami est inflexible. Que Mike se débrouille et qu'il essaie d'en tirer quelque chose. »
04:29« Je ne peux pas dire quelque chose. »
04:32« Tony ne révélera jamais son secret. Il est mort d'une crise cardiaque quelques mois après. »
04:37« Pour Mike, c'est le début d'un véritable parcours du combattant. »
04:43« Il met tout son temps libre à profit pour écumer bibliothèques et librairies. »
04:46« Et un jour, alors qu'il feuillait un livre consacré à l'affaire Maybrick, »
04:50« une des grandes affaires criminelles de la région de Liverpool, »
04:53« Mike Barrett va faire une découverte capitale. »
04:56« J'étais en train de lire et soudain, je suis tombé sur le nom de la maison de James Maybrick. »
05:01« Elle s'appelait Battle Creek. »
05:03« Alors là, mon cœur s'est mis à battre. »
05:06« Dans le journal, il y a aussi Battle Creek. »
05:09« Pour la première fois, j'avais le lien. »
05:12« Battle Creek dans le journal, Battle Creek dans le livre. »
05:16« J'étais très excité. »
05:18« Je dois le dire, très excité. »
05:20« Mais je me méfiais encore. »
05:22« Alors j'ai décidé de vérifier tout ça. »
05:25« Plus je lisais sur James Maybrick, plus je lisais sur Florence Maybrick, et puis ça collait. »
05:31« C'est peut-être dans cette maison de Battle Creek, à Liverpool, que se trouve la clé du mystère. »
05:37« James Maybrick est un riche négociant en coton. »
05:43« Et James soupçonne sa femme d'être infidèle. »
05:46« Toutes les garces paieront pour la douleur avant que j'en ai terminé. »
05:53« Toute l'Angleterre connaîtra le nom que je me suis donné. »
06:00« James Maybrick passe fréquemment ses week-ends à Londres. »
06:03« Il parcourt assidûment les rues de Whitechapel, le quartier des prostituées. »
06:10« Depuis des années, Maybrick se drogue à l'arsenic à la Strychnine. »
06:14« Il est hanté par l'image de Florence, sa femme infidèle. »
06:24« Dear God, oh mon Dieu, je ne sais plus où j'en suis. »
06:29« Je ne peux pas vivre sans mon médicament. »
06:36« Des visions de ma chère Bunny macabre. »
06:41« Je l'aime encore, mais comme je la hate. »
06:48« Leave me alone. Don't come near me. »
06:52« Sorry, come on, sorry. »
06:54« If you cross this door, speak future. »
06:57« Je l'ai frappé plusieurs fois. »
07:02« Au diable des garces ! »
07:04« En 1889, Florence est emprisonnée à la suite du décès de son époux. »
07:09« Accusée de l'avoir empoisonnée, elle est condamnée à être pendue. »
07:12« Elle sera graciée après 15 ans d'emprisonnement. »
07:14« Depuis la mort de Maybrick, les crimes ont cessé. »
07:17« Cette tombe cacherait-elle la dépouille de Jacques Léventreur ? »
07:19« Il est arrivé un moment où j'étais totalement convaincu, absolument convaincu, que j'avais le journal de Jacques Léventreur. »
07:25« Mais je ne savais pas où aller. Je ne savais pas quoi faire. »
07:28« Avec ma femme, nous en avons parlé et parlé. »
07:30« Et le 13 avril, j'ai rencontré Shirley Harrison, qui est écrivain et enquêtrice professionnelle. »
07:35« Shirley Harrison et Mike Barrett vont reprendre l'enquête à zéro. »
07:42« C'est au British Museum, la plus grande bibliothèque de Londres, qu'ils vont commencer leur recherche. »
07:46« J'étais inquiète, parce que je suis journaliste depuis 40 ans, et que je savais que mon devoir était de prouver que ce journal était un faux, s'il était faux. »
08:04« Je devais rester objective. »
08:07« Alors, je pensais qu'en allant au British Museum, on répondrait immédiatement à toutes mes questions, tout de suite. »
08:13« Bien sûr, j'avais peur. J'étais inquiète aussi, parce que naturellement, je voulais que ce soit un vrai, tout en sachant que je devais rechercher les erreurs et les problèmes. »
08:24« Dans la salle de lecture de la British Library, ils auront un accès direct à tous les documents nécessaires. »
08:30« Mais avant tout, Shirley Harrison veut examiner le manuscrit. »
08:33Shirley est une enquêtrice chevronnée. Le sujet la passionne, mais elle est effarée par certains passages du journal.
08:38« Se pourrait-il que Jacques Léventreur en soit véritablement l'auteur ? »
08:42« Je prie pour que quiconque l'ira ses pages et le cœur ne me pardonne. »
08:54« J'essaie de combattre mes pensées. »
08:59« Je parcours les rues jusqu'à l'aube. »
09:04« Je n'ai pas pu frapper. »
09:07« L'écriture dans le journal reflète très bien la manière dont les drogues affectent son esprit. »
09:26« Je savais qu'il fallait trouver des experts pour dater l'encre, pour dater le papier, pour déterminer quand l'encre avait été appliquée sur le papier. »
09:36« Il fallait regarder l'écriture et si possible, retrouver l'écriture de James Maybrick pour les comparer. »
09:43« Parce qu'à ce moment-là, nous saurions qui avait écrit et nous saurions si Jacques Léventreur était James Maybrick. »
09:51Le manuscrit va passer entre les mains de toute une série d'experts.
09:54C'est ici, au laboratoire de l'Université d'Oxford, que l'enquête commence.
09:58Un échantillon du journal est prélevé et est étudié à l'aide d'un microscope à protons.
10:03« J'ai analysé l'encre et le papier. Je n'ai rien trouvé qui puisse prouver que ce n'est pas un journal d'époque victorienne. »
10:25« Cependant, je pense qu'on devrait poursuivre les analyses pour prouver définitivement que c'est bien un journal victorien. »
10:32Le journal retourne ensuite à Londres.
10:37L'écriture est passée au peigne fin par un graphologue qui doit ensuite la comparer à des documents de la main de Maybrick
10:43et aux lettres reçues par la police et signées Jacques Léventreur.
10:53« Nous avons comparé l'écriture du journal avec des exemples connus de l'écriture de Maybrick
10:58et bien sûr avec les lettres de Jacques Léventreur qui ont été publiées par la presse.
11:02Car dans le journal, il dit les avoir écrites. Rien ne correspond à rien.
11:06Mais ce qui est intéressant, c'est qu'en même temps, je poursuivais mes recherches historiques
11:10et que nous commencions à découvrir qu'il y avait des indices.
11:13De petits indices, mais ils étaient là, de l'histoire dans le journal qui n'aurait pas pu être l'œuvre d'un faussaire.
11:19Car jusqu'à maintenant, ils n'avaient pas publié.
11:21Je n'arrête pas de voir des flots de sang jaillir de ces garces.
11:26Je prendrai la première venue et lui montrerai ce qu'est vraiment l'envers.
11:32C'est vraiment l'envers.
11:53Bonjour.
11:54Un des crimes décrits en détail dans le journal est celui de la prostituée Catherine Eddowes.
12:04La garce n'a pas poussé un cri.
12:25J'ai éventré, mon Dieu, et j'ai emporté tout ce que je pouvais avec moi.
12:33On retrouvera près du corps une boîte métallique vide.
12:36Cet objet est mentionné dans le journal de Mebrik.
12:39Cherchait-il des allumettes pour mieux observer son macabre ouvrage ?
12:42Bon sang, la boîte métallique était vide.
12:48Une boîte en métal vide, c'est très important.
12:55Ça n'a jamais été révélé dans la presse.
12:58Personne n'en a parlé jusqu'en 1987 dans un livre publié.
13:02Dans un livre publié en Angleterre.
13:05Si le journal était un faux, en aucune manière le faussaire, en 1888,
13:11aurait pu connaître l'existence de la boîte en métal.
13:15À ce sujet, je dirais tout de suite que la découverte de ce boîtier en métal figure dans un article de la presse publié à l'époque et figure également dans les rapports de police de l'époque.
13:30Il ne s'agit donc pas pour moi d'une preuve concluante apportée au fait que Mebrik serait Jack Levanteur.
13:37L'autre chose intéressante et très importante sur Catherine Eddowes, c'est que dans ses joues étaient taillées deux formes de V qui réunis forment la lettre M.
13:54Cette initiale, M comme Mebrik, apparaît encore dans le meurtre suivant, le meurtre de Mary Jane Kelly.
14:14J'ai lu le récit de ma dernière, la meilleure de toutes. Elle m'a rappelé Penny. Si jeune, pas comme moi.
14:35Contrairement aux autres, Mary Jane Kelly, la cinquième et dernière victime de l'éventreur, n'est âgée que d'une vingtaine d'années.
14:42De plus, elle ressemblait étrangement à Florence, la femme de James Mebrik.
14:46Qu'est-ce que tu as attendu, mon amour ?
14:51Qu'est-ce que tu fais ?
14:55Non, non !
14:57Je n'ai rien laissé de son visage. J'ai dépiauté tout ce que je pouvais et ri pendant que je le faisais.
15:06Récemment, on a découvert dans les archives de Scotland Yard des rapports de police et des rapports de médecins légistes arrivés les premiers sur les lieux
15:17qui indiquent de façon irréfutable qu'un dessin mutilé avait été passé sous la tête de la victime et l'autre près de son pied droit.
15:25Ce qui est en totale contradiction avec ce qui est indiqué dans le journal de Jacques Leventreur.
15:30Je ne crois pas que dans l'état où étaient les témoins, dans l'état où devait être la police quand ils ont vu ce meurtre,
15:37ils aient pu faire un rapport exact sur ce qui s'est passé.
15:40Je ne crois pas non plus que l'assassin, James Maybrick, ait pu se rappeler précisément ce qu'il avait fait dans l'état où il était.
15:59Il y a des photos prises à l'époque où l'on peut clairement voir l'initiale M et juste à côté, avec un microscope, il y a les traces de ce qui reste d'un F, Florence Maybrick.
16:10Je place ceci dans un endroit où on le trouvera. Je prie pour que quiconque l'aira ses pages et le cœur de me pardonner.
16:19Humble serviteur, Jacques Leventreur.
16:27La première fois que j'ai vu le journal, j'étais très sceptique.
16:34J'ai vécu 18 mois avec et j'en suis venu à croire fermement que ce journal n'est en aucune manière un faux.
16:42Et je le crois surtout à cause des preuves qu'il contient.
16:45L'atmosphère, les sentiments qui se dégagent du journal, les mots.
16:50Parce que les experts, disons-le, ne sont pas d'accord les uns avec les autres.
16:54Je sais que c'est un vrai.
16:56Il est probable que la controverse alimentera la chronique pour de nombreuses années à venir.
17:00En ce moment même, les experts pour et contre s'emploient à rechercher de nouveaux éléments à verser au dossier.
17:06Il existe un nombre infini d'indices tout aussi troublant les uns que les autres.
17:10Comme par exemple, la frappante ressemblance entre un des portraits robots établi à l'époque par les inspecteurs de Scotland Yard et la photo de James Mebrick.
17:26Mais malgré toutes les études, malgré toutes les recherches, il n'est pas du tout certain que quiconque soit en mesure de révéler un jour, de manière irréfutable, la véritable identité du légendaire Jacques Léventreur.
17:39Bien, l'enquêterie...
17:41Bien, l'enquêterie...
17:42Bien, l'enquêterie...
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