00:00C'est exactement ça Christine. En lisant la presse mainstream ce matin, j'ai appris donc qu'un homme décrit comme d'extrême droite, ultra conservateur et même soutien potentiel des dictateurs avait été élu.
00:12Et quand la presse, vous savez, attaque en meute, ça ne peut être que bon signe et donc j'ai voulu un petit peu creuser le sujet et en parler.
00:19Alors leur fébrilité, elle s'explique évidemment par l'avancée inexorable de la droite sans compromis partout dans le monde en ce moment, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, au Japon, on en a parlé il y a quelques semaines et même parfois en Europe comme en Italie, en Pologne ou encore au Portugal.
00:36Alors après deux tentatives infructueuses, José Antonio Cast, le nouveau président chilien, candidat donc de la droite conservatrice, il a été élu président du Chili hier soir avec un score décisif de 58% des voix face à une communiste, Jeannette Jara, lors du second tour des élections.
00:56Alors cette déroute de la gauche, et on va s'y pencher longuement, n'est pas un hasard au Chili, elle sanctionne des décennies de gouvernements progressistes qui ont plongé le pays dans l'insécurité, l'endettement et une immigration massive incontrôlée.
01:10Alors Cast, le nouveau président chilien, il incarne aujourd'hui le sursaut d'un peuple qui est véritablement excédé par les utopies marxistes qui ont ruiné l'économie et qui ont fait exploser l'insécurité.
01:22Alors pour saisir vraiment l'ampleur du triomphe, il faut revisiter l'histoire funeste de la gauche au pouvoir au Chili durant quelques instants.
01:31Tout débute avec un homme, Salvador Allende, le socialiste tenu par les communistes.
01:36Il est élu en 1970 et le mandat a viré au cauchemar économique.
01:42Ces nationalisations forcenées, ces réformes agraires chaotiques, elles ont provoqué une inflation à trois chiffres.
01:48En 1973, des pénuries alimentaires généralisées et des files d'attente interminables pour les biens de base comme le pain et le lait.
01:57Alors ce fiasco, il a culminé en un effondrement total, pavant la voie au coup d'État qu'on connaît de Pinochet en 1973.
02:06Alors après le retour évidemment bienvenu de la démocratie en 1990 avec près de 15 années terribles de dictature,
02:13la gauche elle s'est réinstallée à nouveau sous couvert de la Concertation.
02:18C'est une coalition de centre-gauche qui a dirigé le pays finalement depuis les années 1990 sans discontinu.
02:25Ils ont promis quoi ? Prospérité, stabilité, mais finalement qu'est-ce qu'ils ont légué ?
02:30C'est la grande question qui a été tranchée hier soir.
02:32Une dette publique qui a grimpé, des réformes sociales clientélistes et les premiers signes d'une immigration laxiste qui peu à peu s'est développée.
02:40La présidente Michelle Bachelet par exemple, en particulier lors de son second mandat entre 2014 et 2018,
02:47elle a absolument tout aggravé des lois facilitant l'immigration,
02:51un accueil massif de migrants haïtiens et vénézuéliens qui fuyaient le socialo-communisme de Maduro.
02:57Résultat, c'est une surpopulation urbaine au Chili, une pression sur les services publics et les prémices d'une hausse de la criminalité.
03:05Mais ce n'était pas tout le point d'orgue du désastre.
03:08Il est survenu avec le dernier, le précédent président, Gabriel Boric, élu en 2022 face à Kast,
03:14qui à ce moment-là avait évidemment perdu son élection.
03:17Il avait vendu, Boric, une révolution joyeuse.
03:21C'est intéressant de voir ce terme.
03:22Est-ce que finalement ça s'est concrétisé, cette fameuse révolution joyeuse ?
03:26Son gouvernement, imprégné d'idéologies woke et communistes, a cumulé finalement les échecs.
03:31Une tentative ratée de réformes constitutionnelles visant à affaiblir la propriété privée.
03:36Ça aurait beaucoup plu à Mathieu Boccoté.
03:38Une explosion des dépenses sociales financées par des impôts élevés.
03:42Et une politique frontalière imporeuse qui a attiré plusieurs centaines de milliers d'immigrés,
03:48notamment vénézuéliens, irréguliers, qui étaient donc massifs dans ce pays de 20 millions d'âmes.
03:54Alors sous Boric, l'inflation surtout, elle a flirté.
03:56On sait que l'inflation, c'est un drame en Amérique latine.
03:59Elle a flirté avec les deux chiffres, avec un chômage également près de 9%.
04:03Mais les Chilons, témoins de cette vénézualisation progressive,
04:07hier soir ont donc tranché et ont élu quelqu'un qui met fin finalement à ces modèles de Chavez et de Maduro,
04:14ou encore de Castro, des modèles qui plaisent aujourd'hui à Jean-Luc Mélenchon, soi-disant en passant.
04:20Très intéressant de voir un peu l'évolution et comment on en est arrivé là.
04:24Mais ce qui est intéressant aussi, Éric Tegner, pour nous, en France,
04:29c'est qu'apparemment les principaux arguments de campagne de José Antonio Cast,
04:35c'était quoi ? L'insécurité et l'immigration.
04:39Vous avez parfaitement raison, et c'est ça qui est intéressant, nous Français, Européens,
04:42de voir comment les mêmes thématiques sont reprises et permettent une élection massive.
04:47Alors son message, il était limpide, halte à l'immigration irrégulière,
04:52qui là-bas, comme ici, importe le crime et épuise les ressources.
04:56Aujourd'hui, si on regarde les chiffres au Chili,
04:58les étrangers représentent 8,8% de la population chilienne,
05:021,6 million de personnes, dont 42,6% sont vénézuéliens,
05:08soit environ 680 000 individus.
05:11C'est donc massif.
05:12Alors Cast, le nouveau président chilien, il a promis quoi ?
05:15Un bouclier frontalier, je le cite, implacable,
05:18faisant évidemment penser à son voisin Donald Trump.
05:21Les fermetures des passages, le déploiement massif de drones,
05:25des forces armées et policières,
05:27et évidemment des expulsions massives, encore ce sujet des expulsions.
05:31Face à l'explosion de l'insécurité, il a clamé, je cite,
05:34« une croisade pour la paix, l'ordre et la sécurité »
05:37lors de son meeting final devant 5 000 partisans,
05:41mais protégés par des parois blindés.
05:43Parce que oui, il faut comprendre que le taux d'homicide au Chili,
05:46il est passé de 3,4 pour 100 000 habitants en 2016
05:50à 6,7 en 2023, selon un rapport de la sécurité américaine.
05:55Les électeurs, l'as des gangs et du crime organisé
05:58ont donc hier soir plébiscité la droite.
06:01Éric, en préambule de votre chronique,
06:04vous disiez que la presse française caricaturait le nouveau président chilien.
06:09On l'a entendu un petit peu.
06:10Qu'en est-il concrètement ?
06:11Alors oui, ça c'est vraiment ce qui m'a définitivement convaincu d'en parler.
06:15Je crois qu'autant ce plateau, c'est également arrivé.
06:17Les médias mainstream, ils ont absolument tout tenté pour discréditer.
06:21C'est alors l'AFP déjà, l'AFP qui est au summum de sa gloire.
06:25Dans un tweet du 14 décembre, il le taxe d'ultra-conservateur.
06:30Tandis que Jara, elle est qualifiée de communiste modéré.
06:34Vous ne connaissez pas cette formule de communiste modéré.
06:38Ultra donc pour la droite, modéré pour l'extrême gauche.
06:42Le parti pris, il est évident du côté de l'AFP.
06:44Pour le monde, son élection confirme, je cite,
06:46le virage à l'extrême droite en Amérique du Sud.
06:49L'organe, vous savez, de la bourgeoisie de gauche,
06:52le caricature en nostalgique des dictatures,
06:55ignorant que c'est la gauche qui a engendré la violence actuelle.
06:58Alors Mediapart le dénonce comme xénophobe
07:01pour avoir osé demander à protéger les frontières
07:04et le décrit comme un nostalgique de Pinochet.
07:07On tente de le diaboliser en le peignant
07:09comme un méchant adorateur du régime militaire,
07:12en exhumant son histoire familiale, son père allemand,
07:16son frère ministre également pendant la dictature.
07:19Mais Cast, il s'en est largement distancé.
07:22Sinon, jamais les Chiliens auraient massivement voté pour lui à 58%
07:26alors qu'ils sont traumatisés par cette période de Pinochet.
07:30Alors tout simplement, il prône un Chili libéral économiquement
07:34et ordonné qu'à s'enverser dans l'apologie du passé.
07:37Le Figaro l'écrivait ce matin dans un portrait qui lui était consacré.
07:41L'ex-député, il a imposé son style
07:43et son principal thème de campagne, donc l'insécurité, tout simplement.
07:48Alors notre extrême gauche française, évidemment,
07:51elle n'est pas en reste.
07:52Elle bataille depuis ce matin sur les réseaux sociaux.
07:54Le député LFI, Thomas Porte, s'insurge des félicitations de Macron
07:58envers son homologue.
08:00Une tradition diplomatique pourtant.
08:02Et il tweet même Macron en première ligne
08:04pour féliciter un président fasciste.
08:06Vous savez, tout ce qui est à droite de la gauche,
08:09c'est le fascisme et l'extrême droite.
08:10Clémentine Autain, elle pleure une sinistre nouvelle.
08:14L'extrême droite emporte le Chili.
08:16On peut penser à Clémence Guettet, elle qui s'insurge.
08:18Les peuples latino-américains sont menacés par le fascisme.
08:22Rien de moins.
08:23Pas étonnant, venant des gens dont les modèles sont Chavez et Castro.
08:28Alors après des décennies de gauche dévastatrices,
08:31on a vu les chiffres sur l'insécurité, sur l'économie.
08:33Le Chili, il a donc opté enfin pour la raison.
08:36En somme, l'élection de caste marque la fin du communisme masqué
08:41en progressisme au Chili.
08:43Les médias de gauche, évidemment, ils peuvent s'époumonner.
08:46Ils vont continuer.
08:47Le peuple a parlé.
08:48Ravier Milei et Naïd Bukele ne sont plus seuls en Amérique latine.
Commentaires