00:00Les vraies voix Sud Radio
00:02Et c'est ce mordant, un français dans une attaque terroriste qui s'est ciblée la communauté juive à Sydney.
00:09Un drame Cécile, un père de famille et son fils ont tiré hier sur la foule qui célébrait la fête juive de Hanouka sur une plage mythique de Sydney.
00:18Le premier ministre australien a dénoncé un acte d'antisémitisme maléfique.
00:23Franck Taboule, vous êtes président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France de Toulouse.
00:28Bonsoir.
00:30Bonsoir, monsieur.
00:31Bonsoir.
00:32Que ressentez-vous après cet attentat une fois de plus terrifiant et maléfique comme l'a dit le premier ministre australien ?
00:40Que voulez-vous que nous ressentions ?
00:41Une forme de lassitude mêlée à une immense tristesse.
00:45C'est une fête en général que l'on qualifie de fête pour les enfants.
00:48D'ailleurs elle est par le calendrier très proche de celle de Noël.
00:52On allume une bougie chaque jour où chaque jour il y a un cadeau pour les enfants.
00:55Et donc il devait y avoir beaucoup d'enfants qui ont été victimes ou physiquement ou psychologiquement en voyant ces scènes d'horreur, ces gens courir sur cette plage.
01:05Et donc c'est un sentiment de déjà-vu en particulier pour nous à Toulouse.
01:12Donc voilà, on est très malheureux.
01:14Les personnes plus âgées pleurent devant leur écran de télé.
01:17Ils sont tristes.
01:18Ils se demandent où ils vont aller.
01:20Parce que pour eux, l'Australie, ça sonne tellement loin que c'est un pays qui est connu pour être un pays dangereux.
01:26Et même là-bas, même l'islamisme radical frappe.
01:33Et c'est effrayant.
01:35C'est effrayant et c'est terriblement triste.
01:37Ça fait beaucoup quand même pour une toute petite communauté dans le monde.
01:40Je crois qu'il n'y a même pas 100 000 juifs en Australie.
01:44Ça fait beaucoup quoi.
01:45C'est lourd à porter.
01:46Face à cet épouvantable crime collectif, est-ce que, comment dire, vous avez éprouvé comme moi un sentiment de reconnaissance infinie devant ce héros de religion musulmane qui avait deux enfants,
02:04qui vendait des légumes et qui a été d'un courage extraordinaire.
02:10Ça ne compense pas, bien sûr, la tragédie, mais ça montre à quel point ils font du mal aux musulmans eux-mêmes.
02:18Non, vous savez, M. Bigère, je ne veux pas retenir la religion de la personne.
02:24C'est un être humain qui s'est comporté comme un être humain.
02:26Ce n'est pas parce qu'il y a des barbares qu'on doit s'émerveiller devant les actes que je qualifierais de presque naturels d'un être humain qui a senti qu'il avait là une possibilité de mettre un terme à cette barbarie.
02:38Et il ne s'est pas posé lui-même la question de savoir si celui qui était en train de tirer était de religion musulmane ou pas.
02:44Et puis, de la même façon que nous ferions une sorte de racisme à l'envers, si nous nous intéressions à la religion des héros, je dirais, des temps modernes,
02:51qui simplement tentent, quand ils le peuvent, de mettre un terme à un acte absolument barbare.
02:56Moi, je ne fais pas d'amalgame entre ceux qui sont de telle ou telle religion quand ils commettent un attentat comme celui-là.
03:03Je connais l'adversaire. Nous devons lutter tous ensemble contre l'adversaire.
03:06C'est une version radicale de l'islam. Ce ne sont pas les musulmans.
03:11Monsieur le Président, est-ce que vous sentez quand même d'être soutenu par les populations ?
03:17Alors, je sais que c'est très compliqué parce que beaucoup ont peur, mais dans cette dérive et dans ces drames quotidiens,
03:24il y a quand même une majorité de gens qui vous soutiennent.
03:26Il y a une majorité de gens qui ont conscience, je pense, après tout ce que nous avons traversé en France,
03:32avec Charlie, avec Nice, avec Sara Tora, l'hyper cachère, il y a une majorité de gens qui savent que nous avons un adversaire commun
03:39et que hier, il a frappé la communauté juive, mais avant-hier, il avait frappé un journal, etc.
03:45Donc, ceux qui ont conscience, qui ne font pas l'autruche, qui ont réalisé en réalité le défi qui était face aux nations occidentales
03:55par rapport à cette dérive de l'islam qu'est l'islamisme radical, ceux-là sont de notre côté,
04:00parce qu'ils savent pertinemment que nous avons été victimes hier et qu'ils le seront peut-être demain.
04:05Donc, je pense que cette partie-là de la population qui a une conscience politique plus éveillée sur ces questions-là est de notre côté.
04:11Et il y a ceux, les idéologues, qui ont une vision beaucoup plus altérée de la réalité ou qui poursuivent un objectif politique,
04:20vous savez très bien à qui je pense, et qui, eux, préfèrent ne pas voir la réalité de cette menace
04:25parce que ça desservirait leurs intérêts, leurs calculs.
04:29Mais cela se trompe parce qu'ils seront autant que nous les premières victimes
04:33lorsque ces gens-là prendront plus de place et plus de pouvoir dans les démocraties occidentales.
04:39Vous savez, quand on regarde ce que la Belgique est en train de devenir, ce que les Pays-Bas...
04:43Vous savez, hier, il y avait également un allumage de Hanoukka à Amsterdam.
04:47Les Juifs ont été pris pour cible. Ce n'est pas la première fois.
04:49Il y a eu une chasse aux Juifs avec des Juifs jetés dans le canal à Amsterdam il y a quelques mois.
04:54Dans un match de football.
04:56En marge d'un match de football de l'Ajax contre un club israélien.
05:00Absolument. Donc, vous savez, si l'Europe ne prend pas conscience de ce défi,
05:03la bataille sera perdue et les Juifs n'auront été que, comme à chaque fois dans l'histoire,
05:10les premiers annonciateurs d'une grande bascule.
05:16Bruno Pommard, on a très peu de temps entre nous.
05:18Oui, juste en continuité de ce que dit le Président.
05:21Effectivement, on a entendu d'ailleurs une déclaration, puisqu'il ne l'a pas dit ouvertement.
05:23Mais moi, je le dis, j'ai pas de soucis.
05:24Très rapidement, parce qu'on a très peu de temps.
05:25Mélenchon qui dit que c'est du terrorisme antisémite de masse.
05:29Il n'a pas dit terrorisme islamiste.
05:31C'est pour dire qu'une fois, ces gens-là sont encore dans une doctrine
05:34qui soutient, quelque part, indirectement, ce qui se passe.
05:38C'est terrible.
05:39Mais évidemment, il y a une absence de nommer les choses.
05:43Il faut nommer les choses si on veut pouvoir le combattre.
05:46Et ça ne les arrange pas qu'on nomme les choses.
05:49Donc, si vous voulez, comment peut-on mener une bataille
05:52si on n'identifie pas son ennemi ?
05:54Et effectivement, comme je le disais tout à l'heure,
05:56il faut vraiment distinguer les choses.
05:58Surtout ne pas tomber dans l'amalgame.
05:59Parce que beaucoup, beaucoup de...
06:01Vous savez, au moment où je vous parle, je suis au Maroc.
06:03Et au Maroc, il y a des sapins de Noël partout.
06:05Il y a des décorations de Noël.
06:07C'est bizarre quand même.
06:08On ne se pose pas cette question-là.
06:09C'est vrai.
06:10Au Maroc, toutes ces communautés vivent paisiblement.
06:13Donc, il ne faut pas créer d'amalgame.
06:14Il faut identifier l'ennemi.
06:16Mais surtout, pour mieux le combattre, il ne faut pas l'amalgamer.
06:19Parce que beaucoup de musulmans dans ce pays, comme ailleurs,
06:21ne se reconnaissent pas dans cette version radicale
06:23qui exclut les autres religions
06:25ou qui les traite comme des sous-populations
06:28qui méritent d'être tuées si elles résistent.
06:30Merci en tout cas.
06:31Merci à vous.
06:32Il y aura peut-être de nouveau une grande marche
06:34à Paris, un peu partout en France aussi.
06:37Merci beaucoup, Franck Touboul, d'avoir accepté notre invitation.
06:39Vous êtes président du CRIF de Toulouse.
06:41Merci à vous.
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