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  • il y a 2 mois
Comédie
Acteurs principaux Louis Jouvet
Marcel Vallée
Simone Héliard

Sujet du Film :
À la pension Muche, Topaze est un instituteur chahuté par ses élèves qui exploitent sa naïveté. Sur les murs de sa classe s'affichent des sentences définitives comme « L'argent ne fait pas le bonheur » ou « Bien mal acquis ne profite jamais » . Il enseigne et applique rigoureusement ces principes, refusant d'augmenter les notes d'un élève contre rétribution pour contenter une mère influente dans la pension, se mettant ainsi à dos le directeur. Cela contrarie aussi grandement ses espoirs d'avenir avec Ernestine, la fille du directeur dont il est secrètement amoureux. Appliquant une méthode de séduction d'Ernestine désastreuse conseillée maladroitement par un collègue, il déclenche un scandale qui le fait licencier sur-le-champ.

Topaze, par un concours de circonstances, est alors engagé par Régis Castel-Bénac, un politicien véreux arrondissant ses fins de mois par le détournement de marchés publics. Manipulé par Suzy, la cocotte entretenue par Castel-Bénac, il est entraîné malgré lui dans des affaires louches et va petit à petit abandonner ses principes de droiture. Il se rend compte que la vie dans les affaires est bien différente de celle qu'enseignaient ses cours de morale...
Transcription
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00:09:44Non, je te jure que si je te donne 150, je suis de ma poche.
00:09:47Eh ben, vous êtes là pour ça, hein ?
00:09:49Oh, comme si elle met une chambre.
00:09:56Monsieur Cordier, vous croyez-vous, je suis une classe publique.
00:10:05Cet après-midi, c'est deux heures et demie à trois heures et demie, composition de morale.
00:10:09Inscrivez, je vous prie, la date de ce concours sur vos cahiers individuels.
00:10:35Toutefois, auparavant, je veux parler à l'un d'entre vous.
00:10:38A celui qui, depuis quelques jours, trouve la no-classe par une musique inopportunée.
00:10:43Pour la dernière fois, je le prie de ne pas recommencer aujourd'hui cette petite plaisanterie.
00:10:48Que je lui pardonne bien volontiers.
00:10:51Je suis d'ailleurs certain qu'il aura compris et que je n'aurais pas fait appel en vain à son sens moral.
00:11:00Bien, désormais, j'ai les mains libres.
00:11:02Pour nous préparer à la composition de morale,
00:11:17nous allons aujourd'hui, oralement, faire une révision générale.
00:11:20Pour réussir, j'enlève, c'est-à-dire pour y occuper une situation qui corresponde à son mérite,
00:11:31que faut-il être ?
00:11:32Et lève, tranche, bobine.
00:11:36Alors, réfléchissez, ne vous t'oubliez pas.
00:11:43Il faut être au... au...
00:11:46A rime.
00:11:46A rime.
00:11:50Zéro, essayez-vous.
00:11:52Il faut être honnête.
00:11:54Par exemple, toute entreprise malhonnête est vouée à un échec certain.
00:11:58Voyons quelques exemples de cette vérité.
00:12:01Des exemples prouvent que le mal reçoit toujours une punition immédiate
00:12:08et que s'écarter du droit chemin, c'est tomber dans un gouffre sans fond.
00:12:18Supposons que, par extraordinaire, un malhonnête homme réussit à s'enrichir.
00:12:22Représentons-nous cet homme, jouissant d'un luxe mal gagné.
00:12:26Il est admirablement voulif.
00:12:28De la caisse aït sur lui.
00:12:29Il a de plus une servante qui nous fait de la cuisine
00:12:32et un domestique spécialiste pour conduire son automobile.
00:12:38Mais cet homme n'a pas d'amis.
00:12:41Ceux qui l'ont connu savent que sa fortune n'est point légitime.
00:12:46On le fuit comme un petit ferré.
00:12:48Alors, que fait-il ?
00:12:51Il se déménage.
00:12:53Peut-être.
00:12:54Mais qu'arrivera-t-il dans sa nouvelle résidence ?
00:12:57Ça s'arrangera.
00:12:57Non, non, monsieur Durand-Vittor.
00:13:01Ça ne s'arrangera pas.
00:13:02Parce que quoi qu'il fasse et où qu'il aille, il n'aura jamais l'approbation de sa con...
00:13:07De sa con...
00:13:08De sa con...
00:13:08De sa con...
00:13:09De sa con...
00:13:09Monsieur Pitard-Verniol.
00:13:11De sa concierge.
00:13:14Monsieur Pitard-Verniol, si vous aviez un peu réfléchi, vous auriez évité un zéro qui va porter à votre moyenne un coût sensible.
00:13:21Non, monsieur.
00:13:22Ce malhonnêtant n'aura jamais l'approbation de sa conscience.
00:13:25Et finalement, il distribuera toute sa fortune aux pauvres parce qu'il leur a compris que...
00:13:30Viens à la vie ne profite jamais.
00:13:36Et que...
00:13:38Non, non, ne fait pas le bonheur.
00:13:40Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non
00:14:10Topaz, c'est le moment.
00:14:13Le moment de quoi ?
00:14:15Elle se poudre.
00:14:17Elle lit des poètes.
00:14:18Elle vient de me demander si je ne t'avais pas vue.
00:14:23Vas-y, Topaz.
00:14:25Vas-y, Topaz.
00:14:26Ton affaire est cuite.
00:14:28Vas-y, bon Dieu.
00:14:30Allons, grand amoureux timide.
00:14:33Allons.
00:14:36Me laisse parler ton cœur.
00:14:38Le grand jeu.
00:14:46Je veille sur vous.
00:15:01Mme Mus, voici vos devoirs corrigés.
00:15:03Merci, mon cher Topaz.
00:15:05Vous êtes le plus galant des collègues.
00:15:06Mme Mus, c'est avec une émotion profonde que j'ai corrigé cette voie-là parce que je vous aime.
00:15:11M. Topaz, je vous en prie.
00:15:13Je vous aime non pas d'une passion perverse et déshonorante,
00:15:16mais d'un amour honnête et profond et pour tout dire conjugale.
00:15:19Laissez-moi vous dire.
00:15:20Laissez-moi vous dire.
00:15:21Eh bien, elle a eu la petite réaction prévue et elle n'a pas plu au secours.
00:15:48Je crois que j'ai une émotion.
00:15:51Divine culeur.
00:15:55M. Topaz, M. le directeur vous demande d'urgence.
00:16:02Repris.
00:16:02Mon cher collaborateur, Mme la baronne Picard-Berniole, qui a trois enfants dans notre maison,
00:16:21et à laquelle j'ai de grandes habitations,
00:16:24a désiré vous demander pour le jeune âgé nord qui est dans votre soeur du leçon particulière.
00:16:28L'enfant vous apprécie à tel point qu'il en a envie comme d'une friandise ou d'un jouet.
00:16:33C'est entendu, madame.
00:16:34Je vais vous dire tout de suite quels sont mes heures de liberté.
00:16:36Demain, demain.
00:16:36Je désirerai d'abord vous entretenir d'une affaire qui me tient au cœur.
00:16:39Oh, une baguette qui sera prance-more-tifiée.
00:16:42Oui, je viens de recevoir les notes trimestrielles de mon fils
00:16:46et je n'ai pas osé montrer ce bulletin à son père.
00:16:51J'ai déjà expliqué à madame la baronne
00:16:54qu'il y eut sans doute une erreur de la part du secrétaire qui recopie vos notes.
00:17:00Je ne crois pas, M. le directeur, car je n'ai pas de secrétaire.
00:17:03Je vous répète que madame la baronne,
00:17:05qui vient vous demander des leçons particulières,
00:17:08ne doit pas pouvoir se tromper.
00:17:12Pourtant, ces notes sont bien celles que j'ai données à l'élève.
00:17:13Histoire zéro, français zéro, calcul un quart, moral zéro.
00:17:18Allons, M. Tepard, regardez de plus près,
00:17:21avec toute votre perspicacité.
00:17:24Choisissez-vous, c'est bon, on pourra faire le calcul de la moyenne.
00:17:27Chacun peut se tromper.
00:17:29Errare humanumest, persévérare diabolicum.
00:17:35Bien volontiers, ce ne sera pas long.
00:17:37Vous me disiez, madame la baronne,
00:17:39que M. l'inspecteur d'académie aide vos amis.
00:17:42Ils dînent chez moi ce soir.
00:17:45M. l'inspecteur, justement, me disait
00:17:48que cette année, il aurait voulu discerner les palmes à notre ami Tepard.
00:17:53Oh, M. Tepard devant son ruban à la première occasion.
00:17:56Je le lui promets.
00:17:58Cette nouvelle est pour moi plus que vous ne pensez, madame.
00:18:00Vous avez trouvé l'erreur.
00:18:02Il n'y a pas d'erreur.
00:18:03Allons, allons.
00:18:04Soyez logique avec vos maires.
00:18:06Vous croyez, madame la baronne,
00:18:08quand elle vous dit que vous aurez les palmes,
00:18:09et vous ne la croyez pas quand elle vous affirme qu'il y a eu une erreur.
00:18:14Il ne peut pas y avoir d'erreur.
00:18:15Peter Vergnol est le dernier part.
00:18:17C'est un fait.
00:18:17Un fait inexplicable.
00:18:20Merci, madame, mais je me cherche très bien de vous l'expliquer.
00:18:22Cet enfant est en pleine croissance.
00:18:25Physiquement, il oscille entre deux états très nettement caractérisés.
00:18:28Tantôt, il bavarde, il fait tâter des sous dans ses poches,
00:18:31il ricane sans motif et jette des boules puantes.
00:18:35C'est ce que j'appellerais la période active.
00:18:36Le deuxième état est aussi net.
00:18:39Une sorte de dépression.
00:18:41À ces moments-là, il a les yeux grands ouverts.
00:18:43Mais en réalité, les yeux grands ouverts, il dort.
00:18:46Il dort ?
00:18:47Il dort.
00:18:48Il dort.
00:18:49Madame, j'ai parlé dans son intérêt.
00:18:51Je suis sûre que ma franchise lui sera utile.
00:18:54Allons, monsieur Topard, je crois que vous feriez mieux de retrouver l'erreur.
00:18:57Non, non, laissez parler, monsieur Topard.
00:18:59Regardez bien votre fils, madame.
00:19:00Il a le faciède terreux, les oreilles décollées,
00:19:02les lèvres pâles, le regard incertain.
00:19:04Il a probablement des végétations.
00:19:07Ou peut-être le ver solitaire.
00:19:09Ou peut-être une hérédité chargée.
00:19:12Ou peut-être les trois à la fois.
00:19:15Mais qu'est-ce que c'est que ce galveau aux deux, mal embouché ?
00:19:18Je te bats, j'entends, madame la baronne.
00:19:19Ce pion galeux qui se permet de juger les pitards vergnoles.
00:19:24Si mon office a été dernier, c'est que la composition a été truquée.
00:19:27Je le croyais.
00:19:28Madame, c'est la première fois que j'entre en mettre en guille de ma profité.
00:19:31C'est entière, madame, c'est entière.
00:19:32Et ça couvra pas les palmes.
00:19:35Si ce diffamateur professionnel doit demeurer dans cette maison,
00:19:38je vous retire mes droits à faire séance de nantes.
00:19:43Madame la baronne, madame la baronne, madame la baronne.
00:19:49Monsieur, margez de rattraper cette dame avant qu'elle ait quitté cette maison
00:19:53et le présentez-lui vos excuses.
00:19:55Sinon, votre cas d'air ici sera clairement compromis.
00:19:56J'y cours, monsieur l'acteur, j'y cours.
00:19:59Ben allez, allez donc !
00:20:05Maman !
00:20:08Non, non, non, c'est mon appel. Ce soir, ce soir.
00:20:11Madame la baronne, madame la baronne.
00:20:14Monsieur le directeur, je désirerais vous demander un conseil.
00:20:17Je crois que le moment est bien choisi.
00:20:20Je vous écoute.
00:20:20J'ai un ami, jeune, bien fait de sa personne,
00:20:24et dont l'avenir me paraît certain.
00:20:27Cet ami est amoureux d'une jeune fille,
00:20:29qui de son côté n'est pas indifférente au charme de mon ami,
00:20:32puisqu'elle lui a donné des encouragements très nets.
00:20:35Eh bien ?
00:20:35Ah, voilà.
00:20:37Mon ami est lieutenant.
00:20:39Le père de la jeune fille est général.
00:20:41Comment sera-t-il reçu s'il tente une démarche ?
00:20:45Le général, est-il un homme de cœur ?
00:20:47Oh oui, il a un cœur de général.
00:20:49Que votre ami présente sa demande,
00:20:51il sera reçu à bras ouverts, du moins, je le crois.
00:20:54Eh bien, le général, c'est vous.
00:20:56Le lieutenant, c'est Topaz et la jeune fille.
00:20:59C'est la toute gracieuse mademoiselle Luch.
00:21:02Et vous dites qu'elle lui a donné des encouragements nets,
00:21:05mais discrets et dignes d'une jeune fille de bonne famille.
00:21:09Bref, c'est une idylle.
00:21:11Que puis-je dire à Topaz ?
00:21:13À propos, croyez-vous que l'électricité soit un fluide gratuit ?
00:21:18Et dans quel sens ?
00:21:19Hier, en quittant votre classe,
00:21:21vous avez négligé d'éteindre les quatre lampes.
00:21:23Elle voulait être encore ce matin...
00:21:25J'ai nué d'éteindre de ma main.
00:21:27Puisque vous me demandiez un conseil,
00:21:28je vais vous donner celui-ci.
00:21:29Vous feriez mieux de vous occuper de votre métier
00:21:31que de faire l'entremetteur bénévole
00:21:33et de jouer les valets de comédie.
00:21:35Monsieur le directeur, il n'y a pas de monsieur le directeur.
00:21:38Eh, madame ?
00:21:39Non, monsieur.
00:21:39Et quant à ce bulletin d'hypocrite ?
00:21:43Voilà ce que j'en fais.
00:21:46Attends! Attends!
00:21:49Attends! Attends!
00:21:55Attends! Attends!
00:22:10Que se passe?
00:22:12Cette dame refuse de m'entendre tant que je n'aurais pas retrouvé cette erreur.
00:22:16Je ne peux pourtant pas inventer une erreur.
00:22:18Taisez-vous, monsieur.
00:22:19Monsieur, vous êtes à honte de cette maison.
00:22:21Monsieur le docteur, vous donnez un cachet de mes leçons gratuites pour déconsidérer l'enseignement.
00:22:25Vous refusez de reconnaître une erreur quand c'est un parent d'élèves qui l'exige.
00:22:28Vous truquez les compositions.
00:22:29Monsieur le docteur, pour congles, vous ajoutez à la satise et à la mauvaise foi la lubricité la plus scandaleuse.
00:22:35Ici même, dans cette classe, sous les yeux de nos élèves épouvantés,
00:22:39n'avez-vous pas essayé de déshéroner ma fille ?
00:22:41C'est pas réserve pour cette maison que je ne ferai pas envoyer la police.
00:22:44Pensez à la caisse immédiatement.
00:22:46A partir de 7 minutes, vous n'appartenez plus à cette maison.
00:22:49Sortez !
00:23:11C'est la journée des malentendus.
00:23:38C'est la journée des malentendus.
00:23:44C'est la journée des malentendus.
00:23:47C'est parti.
00:24:17...
00:24:47Elle sera 800, ces balayeuses.
00:24:59C'est combien utile, là?
00:25:01C'est quoi, j'allais le dire.
00:25:03Dites donc, votre ami, monsieur de Berville, est bien en retard, hein?
00:25:07Moi, votre âge, je ne suis pas inquiète.
00:25:09Pourquoi?
00:25:10Parce que l'adjudication pour les balayeuses aura lieu demain,
00:25:12et que votre homme de paille n'a pas encore signé.
00:25:14Oh, homme de paille!
00:25:15Oh, homme de paille!
00:25:17Oh, Berville n'a pas votre homme de paille, peut-être, non?
00:25:19Alors?
00:25:20Pourquoi n'a-t-il pas signé?
00:25:21Parce que depuis quinze jours, il n'avait pas mal l'écharpe.
00:25:24Ou un retour de manivelle, je crois.
00:25:32Allô?
00:25:34Oui?
00:25:36Bonjour, ami.
00:25:38Alors, ce bobo, c'est guéri?
00:25:40Oui, presque.
00:25:44Le décollement de l'holicrane est en bonne voie,
00:25:47et les ligaments de la face interne paraissent suffisamment resserrés.
00:25:50Alors, vous pouvez signer.
00:25:51Mais je ferai tout mon possible.
00:25:53J'arrive.
00:25:54Eh ben, tu vois, il vient signer un temps.
00:25:57Oui, au dernier moment.
00:25:58Et à quelles conditions?
00:25:595%, comme d'habitude.
00:26:01Oui, compte là-dessus.
00:26:02Moi, si j'étais à sa place, tu ne couperais pas de 35%, tu sais.
00:26:05Oh, si ce petit voyou m'a fait ce plat!
00:26:12Excusez-moi, madame.
00:26:14Il me souvient que vous m'avez demandé s'il ne me serait pas possible
00:26:16de donner à M. Gaston deux heures de leçon par jour.
00:26:19Oui, oui, en effet.
00:26:20Eh bien, madame, aujourd'hui, je suis tout prêt à accepter.
00:26:23Ah oui?
00:26:24C'est que maintenant, c'est impossible.
00:26:26Le père de Gaston sera de passage ici demain.
00:26:29Et il emmène l'enfant.
00:26:30Ah, je la regrette, madame.
00:26:32Parce qu'à partir d'aujourd'hui, j'ai beaucoup plus de loisirs.
00:26:35M. Muche a réduit votre emploi du temps?
00:26:38Oui, il l'a réduit. En fait, il l'a même réduit à rien.
00:26:42Ah, la bonne heure!
00:26:44Bonjour, chère madame. Est-ce que Résil, c'est là?
00:26:45Oui, oui, il vous a rencontré.
00:26:46Alors, M. Muche, vous faites qu'on a rien fait?
00:26:51C'est-à-dire qu'il a réduit mon traitement dans les mêmes proportions.
00:26:54C'est tout de suite qu'il vous a remercié.
00:26:56Même pas, il m'a mis à la porte.
00:26:58Oui, il y a eu une suite invraisemblable de malentendus.
00:27:03Euh, dois-je tout de même donner sa dernière leçon à M. Gaston?
00:27:08Oui, bien oui, l'affaire à l'eau.
00:27:13Je vais lui faire une petite dictée d'adieu.
00:27:15C'est ça.
00:27:16C'est ça.
00:27:21Rose!
00:27:24Portez ceci au professeur.
00:27:27M. de Berville est toujours avec monsieur?
00:27:29Oui, madame.
00:27:30Viens.
00:27:32Viens, sois de céramique.
00:27:34On n'a pas non plus.
00:27:35Je pensais vous rencontrer au concert pour les chœurs de la chabelle Tixine.
00:27:47Oh, je ne savais pas que j'avais pas.
00:27:49La pureté de ces voix, j'en ai pleuré par honneur.
00:27:53Et vous avez manqué frégal, chère Ramy.
00:27:55Malheureusement, chère Ramy, je m'étais démanché le lécrane et distendu les ligaments.
00:27:59Oh, sacré fondu, margoulin, René Garlin.
00:28:07Gras et chaquettes sous mes pieds comme un putois.
00:28:11Un homme comme moi.
00:28:12Mais voyons, mais qu'avez-vous, chère Ramy?
00:28:13100 000 francs.
00:28:14C'est pour les balaigueuses.
00:28:15Je me demande 100 000 francs.
00:28:17Mais pourquoi?
00:28:18Dans la paire du chauffage centrale des écoles, vous aviez 5 %.
00:28:21Oui, j'avais 5 %.
00:28:22Mais si vous me permettez le mot, j'avais une poire.
00:28:24Oh, une poire qui a touché 45 000 francs.
00:28:26Et lui, il vit 150.
00:28:28Je pense qu'au Paris.
00:28:29Mon Dieu, monsieur.
00:28:30Mais qui est-ce des conseillers municipaux?
00:28:32C'est vous ou c'est moi?
00:28:33Oui, ensemble, dans toutes ces affaires.
00:28:35Vous faites que prêtez votre note.
00:28:36Surtout si l'on songe au nom que je porte.
00:28:38Je m'appelle Roger de Berville.
00:28:39De plus, je suis depuis hier un présorier du cercle de la rue du Sac.
00:28:43Ce qui prouve que j'ai une réputation solidement établie de probité.
00:28:46Eh bien, moi, j'ai connu des gens d'une probité formidable.
00:28:49Qui marchait à 4 %.
00:28:51Ah, c'était donc ça le bras en écharpe.
00:28:55Une manoeuvre scélérate pour préparer un chantage odieux.
00:28:59Mais c'est puant, monsieur.
00:29:00C'est puant.
00:29:01Envoyons, Régis!
00:29:02Non, mais est-ce que vous me prenez pour un nouveau-né?
00:29:04Vous pensez bien que j'ai fait ça avant vous, hein?
00:29:06Dans ce cas, mon cher, vous connaissez parfaitement la force de ma position.
00:29:09Comme il faut que le dossier soit déposé ce soir avant 6 heures.
00:29:11Jeune homme, si vous vous manque quelque chose, il ne se rend pas le culot.
00:29:13Vous n'aurez rien du tout.
00:29:14Mais attendez, Régis!
00:29:15Voyons, on pourrait peut-être...
00:29:16Mais non, mais non!
00:29:17Je pourrais en face d'un fou.
00:29:18J'ai mieux renoncé à la paix.
00:29:20Je ferai annuler le crédit.
00:29:22Et la ville se passera de balayeuse.
00:29:24Parce que ce jeune homme est un mauvais citoyen.
00:29:26Ah, monsieur!
00:29:27Alors, Roger.
00:29:28Mais...
00:29:29Si vous aviez un peu de coeur,
00:29:30c'est qu'un homme, un électeur,
00:29:32il s'efforce à des besoins dégradantes
00:29:34quand le machinisme nous permet de le remplacer par une voiture propre,
00:29:37efficace et l'aspect coquin.
00:29:39Ce pourrons-nous, messieurs?
00:29:40Qu'il nous répète tout son discours du conseil municipal.
00:29:42Alors, si vous riez de ces choses-là, adieu, monsieur.
00:29:44Mais voyons, vous croissez pas pour si peu de choses et...
00:29:46Madame, je suis un élu du peuple.
00:29:48Ce Marc-Boulin ne respecte pas ma personne.
00:29:50Il respecte au moins ma fonction.
00:29:52Mais écoutez, voyons...
00:29:53Non, non, non, c'est fini, c'est fini!
00:29:55Ils foutent le camp.
00:29:56Non!
00:29:57Monsieur, dans votre famille, on fout le camp.
00:29:59Dans la mienne, on prend congé.
00:30:06Mais...
00:30:08J'aimerais mieux boire...
00:30:11J'aimerais mieux boire...
00:30:13de l'eau de votre fontaine...
00:30:19de l'eau de votre fontaine...
00:30:23que du lait...
00:30:26que du lait...
00:30:28de vos vaches.
00:30:30Mais vous connaissez pourtant d'autres, après?
00:30:31Non, voyons!
00:30:32Ah, c'est donc loin de remettre l'étrier.
00:30:33L'étrier, il est à Madagascar.
00:30:35Hein?
00:30:36On lui a donné une très belle chaîne de montagnes.
00:30:37Du côté de Tananarive, il est parti là-bas...
00:30:39pour la vendre aux gens qui l'habitent.
00:30:41Mais alors, qui, qui? Malaval?
00:30:43Oh, tu l'es brûlée.
00:30:44Fernet, hein, Fernet, peut-être?
00:30:45Trop cher.
00:30:46Depuis que je l'ai fait décorer, il me demande 50%.
00:30:48Et Faubé?
00:30:50Ah, Faubé!
00:30:51Tiens, Faubé!
00:30:52Parce qu'elle rêve!
00:30:53Quel bon garçon, celui-là!
00:30:54Un collaborateur dévoué et adroit!
00:30:57Quelle probité!
00:30:5996-0, vous savez.
00:31:00Non!
00:31:01Plus maintenant.
00:31:02Quoi?
00:31:03Il est en prison.
00:31:04Oh, la la la!
00:31:05Mais il faut t'en sortir!
00:31:07En fait, ça doit pas être très difficile de trouver quelqu'un, voyons.
00:31:10Ah, bon ami!
00:31:11On voit bien que vous n'avez pas étudié la question.
00:31:13Mais si, mais si.
00:31:14Il faut trouver quelqu'un qui fasse honnêtement des affaires malhonnêtes.
00:31:17Voyons des mots d'innocence, ça nous fera la bouche fraîche.
00:31:20Il nous faut quelqu'un qui fasse à la manière d'avant-guerre des affaires d'après-guerre.
00:31:24Alors, un parent, quelqu'un sur qui on aurait un moyen d'action,
00:31:28comme l'honneur du nom, le sentiment de la famille,
00:31:31l'amant de ta soeur, si il en avait qu'un.
00:31:34C'est ton frère.
00:31:35Tu n'avais pas ce petit casier judiciaire.
00:31:37C'est ton père.
00:31:38Si on pouvait savoir qui c'est.
00:31:41Si je trouvais quelqu'un, combien lui donnerais-tu?
00:31:43T'as une idée?
00:31:44Peut-être.
00:31:45J'irais jusqu'à 50 000 pour les balayeurs.
00:31:48Et pour l'agent?
00:31:4910%?
00:31:50Celui auquel je pense, acceptez moins.
00:31:52Tu te donneras la différence?
00:31:55Oui.
00:31:56Ça m'a dit ton idée.
00:31:58Ça parle, le professeur de Gaston.
00:31:59Quoi?
00:32:00Ce malheureux barbeux en chapeau melon.
00:32:02M. Rémi, il ne faudrait pas pouvoir attraper les 150 000 francs des balayeurs,
00:32:05nous lancer dans une dangereuse improvisation.
00:32:07C'est pas une improvisation, nous avons surlu un moyen d'action.
00:32:09Lequel?
00:32:10Moi.
00:32:11Moi.
00:32:12Moi?
00:32:13En deux mots, je traduis tout ce que je voudrais.
00:32:15Il finira n'importe quoi, les yeux fermés.
00:32:17Il peut toujours le voir?
00:32:19Oui.
00:32:20Dis au professeur que je l'attends au salon.
00:32:23Tout de suite, n'est-ce pas?
00:32:24Bien, madame.
00:32:28Madame vous demande immédiatement.
00:32:30M. Rémi, permettez-moi de vous présenter M. Stoppage dont nous venons le parler.
00:32:36Monsieur, je suis extrêmement honoré.
00:32:38L'honneur est pour moi, monsieur.
00:32:39Asseyez-vous donc, M. Stoppage.
00:32:41Vous allez prendre quelque chose avec nous ou n'est pas?
00:32:43Je viens de parler de votre cas à M. Castelverniac.
00:32:46Qui est de l'honneur ?
00:32:47C'est de l'honneur.
00:32:48Je ne sais pas.
00:32:49C'est de l'honneur.
00:32:50C'est de l'honneur.
00:32:51Je ne sais pas.
00:32:52C'est de l'honneur.
00:32:53C'est de l'honneur.
00:32:54C'est de l'honneur.
00:32:55C'est de l'honneur.
00:32:56C'est de l'honneur.
00:32:57C'est de l'honneur.
00:32:58C'est de l'honneur.
00:32:59Est-ce que je verrai qu'il n'ouvre pas?
00:33:01Je viens de parler de votre cas à M. Castelverniac,
00:33:05qui est tout disposé à s'occuper de vous.
00:33:07Monsieur, je vous en suis bien connaissant.
00:33:09Et pour ne l'est beaucoup à rester dans l'enseignement?
00:33:12Moi, oui, madame.
00:33:14Ah, pourquoi?
00:33:15C'est une profession très considérée,
00:33:17peu fatiguante et assez lucrative.
00:33:19Assez lucrative.
00:33:20Port bien, port bien.
00:33:22Port bien.
00:33:23Oh!
00:33:24C'est fort, ça va.
00:33:26Qu'est-ce que vous comptez gagner en donnant des leçons?
00:33:30Je connais des professeurs libres qui se font jusqu'à 1200 francs.
00:33:33Par mois?
00:33:34Oui, madame.
00:33:35Il est vrai que quand on est professeur,
00:33:37n'est-ce pas, on a des frais de tenue,
00:33:38puisqu'on est appelé à converser avec les personnes de la meilleure société.
00:33:41Mais quand on gagne 1200 francs...
00:33:43C'est évidemment très beau.
00:33:45La situation que monsieur va peut-être vous offrir
00:33:48vous permettrait de gagner davantage.
00:33:50Il ne s'agit pas de leçons.
00:33:52Non.
00:33:53Vous voulez-vous me permettre de vous regarder un instant?
00:33:56Mais c'est tout naturel, monsieur.
00:33:57Oui.
00:34:03Dites-moi, vous avez de la famille?
00:34:06Et là, sinon, je suis salomande, oui, tout seul.
00:34:08Bravo, c'est parfait.
00:34:10Enfin, je voulais dire, c'est bien triste.
00:34:13Enfin, c'est le destin.
00:34:15Mais c'est en fonction de quelle nature sont-elles?
00:34:18Eh bien, mon cher Topaz.
00:34:20Qu'est-ce que vous appelez mon cher Topaz?
00:34:22C'est un grand honneur pour moi, monsieur.
00:34:24Eh bien, mon cher Topaz, je vais ouvrir une nouvelle agence d'affaires.
00:34:26Et comme je suis très occupé en ce moment,
00:34:29j'ai besoin d'un homme de confiance.
00:34:32L'agence portera son nom.
00:34:34Il en sera, en somme, le véritable directeur.
00:34:36Eh bien, voilà le poste que monsieur vous destine.
00:34:39Madame, cette confiance m'honore,
00:34:41mais je crains que vous ayez une trop bonne idée de mes capacités.
00:34:43Alors, vous avez signé.
00:34:45Naturellement.
00:34:46Je ne dis pas que j'ai une jolie signature,
00:34:48mais elle est très difficile à imiter.
00:34:49Aucun de mes élèves n'y a jamais réussi.
00:34:51Vous signerez à ma place, voilà tout.
00:34:54Que pensez-vous de cette proposition?
00:34:56C'est la plus belle chance de ma vie,
00:34:58et c'est à vous que je la dois, madame.
00:35:00Alors, il peut signer pour les valayeurs?
00:35:03Ah, me voilà déjà en pays inconnu.
00:35:06Eh bien, je vais commencer par vous donner une petite signature.
00:35:10Euh...
00:35:15Par...
00:35:20Par...
00:35:21Oui?
00:35:31Il y en a l'ordre de monsieur Topaz, la somme de 5200 francs?
00:35:34Pourquoi?
00:35:35Bah, votre commission sur l'affaire est en mois d'avance.
00:35:395200 francs?
00:35:41Oh, les affaires, c'est inouï.
00:35:43À votre tour maintenant, s'en est.
00:35:47Signez ici,
00:35:48et inscrivez sous votre nom, agent d'affaires.
00:35:56Monsieur, madame, c'est avec une émotion profonde
00:35:58et une définitive gratitude que je vous donne cette signature.
00:36:06Et puis ?
00:36:08Pour le moment, il ne faut que signer et vous taire.
00:36:11Vous taire ?
00:36:12Oui, en affaire, la première qualité, c'est la discrétion.
00:36:14Très important, secret, professionnel.
00:36:17Comme pour un médecin ?
00:36:18Exactement.
00:36:19Allons, reprenez votre chèque.
00:36:23Merci.
00:36:24Et à tout à l'heure, mon cher directeur,
00:36:25attendez-moi quelques instants,
00:36:26j'ai encore quelques petites signatures à vous demander.
00:36:30Pardon.
00:36:31Monsieur, vous m'excusez, je vous en laisse, madame,
00:36:33pendant quelques instants.
00:36:34Bien volontiers.
00:36:35Comment, comment bien volontiers ?
00:36:36C'est-à-dire que...
00:36:37Oui, oui, oui, ça va, ça va.
00:36:39Venez, chère Anne, venez.
00:36:43Il est inouï.
00:36:44C'est un directeur, mon cher directeur.
00:37:01Ah, les affaires.
00:37:17Ah, les affaires.
00:37:18Madame, c'est monsieur de Berdille.
00:37:40Vous n'y sommes pas ?
00:37:43Nous n'y sommes plus.
00:37:44Ils avaient tort de congédiés.
00:37:46Bien, madame.
00:37:49Vous aimez la peinture ?
00:37:51J'en suis curieux.
00:37:53Vous êtes marchand de tableaux ?
00:37:54Non.
00:37:55Je suis dans les affaires.
00:37:57C'est moi aussi.
00:37:59Vous êtes des amis de Castelverniach ?
00:38:00Je suis simplement son collaborateur.
00:38:11C'est-à-dire que c'est vous qui faites les balayeuses ?
00:38:14Monsieur, en l'affaire, la première qualité, c'est la discrétion.
00:38:17Surtout dans des affaires comme celle-là.
00:38:20Pensez si je le connais, le coup des balayeuses.
00:38:22Je connais même un monsieur qui l'aurait fait
00:38:23s'il avait consenti à travailler au rabais,
00:38:26comme vous, comme moi.
00:38:28Au rabais.
00:38:30Cette fois, je puis vous renseigner
00:38:31puisqu'il s'agit de moi-même.
00:38:35Voyez.
00:38:385200.
00:38:40Vous rigolez, vous ?
00:38:41Un peu.
00:38:45Vous avez tort de faire de la dignité
00:38:46devant un homme qui vous reverra sans doute
00:38:48quelques jours en correctionnel.
00:38:51Monsieur, vous me donnez l'impression
00:38:52de parler de cette affaire
00:38:53comme si elle n'était pas rigoureusement honnête.
00:38:56D'où sortez-vous ?
00:38:58De l'enseignement.
00:38:59Oh malheur, j'aurais dû m'en douter.
00:39:01Monsieur, je vous somme de vous expliquer.
00:39:03De toutes les canailleries
00:39:04que cette vieille fripouille de Castelvergnac a monté,
00:39:07l'affaire des balayeuses
00:39:08est celle qui présente les plus grands dangers.
00:39:14Madame n'est pas là,
00:39:15ni monsieur Castelvergnac.
00:39:16C'est bon.
00:39:17Je m'en doutais.
00:39:17Ah non, monsieur.
00:39:22On ne diffume pas ainsi les gens
00:39:23sans apporter de précision.
00:39:25Des précisions.
00:39:28Une seconde.
00:39:35Salut.
00:39:36Voilà quelques dossiers.
00:39:38Et si l'enseignement
00:39:39vous a pas totalement détruit,
00:39:41vous aurez vite fait de comprendre.
00:39:42Ah, il me plaît beau.
00:39:51C'est le type même de...
00:39:53de la brutique.
00:39:55Tu vas déposer le dossier des balayeuses ?
00:39:57Oui, je l'ai fait porter par le chauffeur.
00:39:59Maintenant,
00:40:02l'affaire est réglée.
00:40:05Mais c'est de la prévarication.
00:40:08La forme la plus honteuse du vol.
00:40:12Capaz.
00:40:14Capaz du courage.
00:40:17Ton devoir
00:40:17est tout tracé.
00:40:24Madame, savez-vous
00:40:25qui est monsieur Castelvergnac ?
00:40:27C'est l'écran, c'est...
00:40:28Madame, ignorez-vous
00:40:30ce que je viens d'apprendre ?
00:40:31Cet homme qui jouit de votre confiance,
00:40:33que vous en aurez de votre amitié,
00:40:34cet homme est un malin des hommes, hein ?
00:40:37Monsieur Capaz,
00:40:38changez de ce que vous dites.
00:40:39Madame, écoutez bien
00:40:40les mots que je prononce.
00:40:42Monsieur Castelvergnac
00:40:43est un prévaricateur.
00:40:45Il est donc juste et nécessaire
00:40:46que cet homme soit mis en prison.
00:40:48J'ai bien l'honneur
00:40:49de vous saluer.
00:40:51Où allez-vous ?
00:40:52Je vais chez monsieur le procureur
00:40:54de la République.
00:40:58Et là-dessus,
00:40:59il rentrera pas vouloir.
00:41:00Eh bien, ma chère amie,
00:41:01on peut dire que vous avez
00:41:02vu la main heureuse.
00:41:03Comment c'est vous
00:41:03qui avez choisi cet halluciné ?
00:41:06Oui.
00:41:08Laisse-moi faire.
00:41:16Monsieur Capaz,
00:41:17voulez-vous me perdre ?
00:41:18Vous.
00:41:19Votre fort est donc lié aux cieux.
00:41:20Oui.
00:41:20Vous.
00:41:24Écoutez-moi.
00:41:27Je vous écoute, madame.
00:41:32Quand j'ai connu Castelvergnac,
00:41:35je n'étais encore qu'une enfant.
00:41:37Il fréquentait la maison de mon père,
00:41:39dont il devint l'exécuteur testamentaire.
00:41:43Quand je me suis trouvée seule au monde,
00:41:45je me suis tournée vers lui.
00:41:47Enfin, vous me compromettez, n'est-ce pas ?
00:41:49Je vois ça très bien.
00:41:51De temps en temps,
00:41:52il me faisait signer des papiers
00:41:53que je signais sans savoir,
00:41:55comme vous, tout à l'heure.
00:41:57Et quand j'ai compris,
00:41:59il était trop tard.
00:42:01Je pouvais le perdre.
00:42:03Je ne pouvais plus me sauver.
00:42:06Quel tribunal aurait cru à ma bonne foi ?
00:42:09Mais madame, il aurait suffi
00:42:10de raconter ce tout lourou roman
00:42:12comme vous venez de me le raconter.
00:42:13L'accent de la vérité ne trompe pas.
00:42:15Vous m'avez cru complice ?
00:42:17Oh non, non, pas complice.
00:42:19Victime.
00:42:22Excusez-moi.
00:42:23Et voilà bien les drames secrets du grand monde.
00:42:26Excusez-moi, madame,
00:42:27c'est vu tout à l'heure
00:42:27qui m'avait jetée dans ses griffes.
00:42:29Mais vous n'avez pas compris ?
00:42:31Que peut faire une femme seule
00:42:33si je sens au pouvoir
00:42:35d'un homme redoutable ?
00:42:39C'est vrai.
00:42:43Cherchez à l'appui.
00:42:45Et vous m'avez choisi, moi ?
00:42:46Moi ?
00:42:47Je me suis trompée.
00:42:49Non, non, madame.
00:42:50Qu'attendez-vous de moi ?
00:42:51D'abord le silence.
00:42:53Si vous parlez,
00:42:54je suis ruinée, déshonorée, perdue.
00:42:57C'est bien.
00:42:59Je me tairai.
00:43:00Et puis, il faut rester près de moi.
00:43:06J'ai tant besoin de vous.
00:43:08Oui, oui, madame.
00:43:10Je vais rester près de vous.
00:43:15Écoutez, mon plan est simple, efficace.
00:43:18Il faut faire un bon visage à Castelverniac.
00:43:21Oui, oui, le secondé dans ses affaires.
00:43:23Et quand vous jugerez
00:43:25que vous pouvez frapper
00:43:26sans m'atteindre,
00:43:28alors vous frapperez.
00:43:30Oh, ce débat est cornelien.
00:43:34Quel cafour.
00:43:35Il le faut.
00:43:37Mon salut est à ce prix.
00:43:40Si la première fois que je le rencontrais,
00:43:43je lui donnais la main.
00:43:44Faut le faire.
00:43:45Ah oui, mais ça n'est pas assez.
00:43:46Et si je lui rendais ses papiers ?
00:43:50Excellent.
00:43:53Il faut les lui rendre signés.
00:43:55Mais oui.
00:43:58Votre signature endormira sa méfiance.
00:44:05Signé.
00:44:08Achat de huit maisons à la rue Jameau
00:44:10pour les revendre à la ville.
00:44:12Qui doit exproprier pour élargir la rue.
00:44:14Pour moi.
00:44:18Ah, c'est difficile.
00:44:20Pour moi.
00:44:24Ici.
00:44:37Celui-ci.
00:44:38Celui-ci.
00:44:44Celui-ci.
00:45:14Sous-titrage FR ?
00:45:44Sous-titrage FR ?
00:46:14Bonjour, M. le directeur.
00:46:18Bonjour.
00:46:29Je voudrais demander quelque chose à M. le directeur.
00:46:33Demandez ?
00:46:34Est-ce que M. le directeur nous permettrait de faire apporter un piano ?
00:46:38Un piano ici, pour quoi faire ?
00:46:40Nous le mettrions dans la pièce où travaille Henriette.
00:46:43Elle s'ennuie.
00:46:44Alors, si on pouvait faire un peu de musique, ça la distrairait ?
00:46:48Évidemment, la musique est une distraction.
00:46:50Mademoiselle, s'il était seul, je vous accorderais peut-être cette autorisation.
00:46:54Mais mon associé, M. Castelverniac, s'y opposera certainement.
00:46:57Il a vu d'un fait mauvais oeil les jeux que j'ai tolérés.
00:47:01Cartes, dominos, jaquets.
00:47:05De quoi part, il ne veut pas admettre la présence de ces jeunes gens qui viennent parfois vous tenir compagnie ?
00:47:12Alors, qu'est-ce que nous allons faire ?
00:47:14Attendre que je vous donne du travail.
00:47:16Nous allons avoir du travail.
00:47:17Du travail ?
00:47:19Il est probable que la semaine prochaine, je vous ferai copier une lettre.
00:47:23Par exemple, alors, est-ce que vous voyez ?
00:47:25Mademoiselle, si je vous donne l'ordre de copier une lettre, vous la copierrez.
00:47:28À ça, vous prenez dans ma beauté pour de la faiblesse ?
00:47:30Non, mademoiselle.
00:47:32Sachez que le grand belourd cache une main de fer.
00:47:34Si vous avez de mauvais esprit, je vous briserai.
00:47:41Mademoiselle, je viens de vous parler un peu durement. Ne m'en veuillez pas.
00:47:45Les affaires sont les affaires.
00:47:49Les affaires sont les affaires.
00:48:19Allo ?
00:48:29Quoi ?
00:48:31Oh, madame, qu'est-ce qu'il y a ?
00:48:35Il y a que l'œil était dans la tombe et il ne regardait qu'un.
00:48:41Eh bien, madame, l'œil est là.
00:48:43Oui, l'œil est là.
00:48:45Bon, bon, bon, je m'habille et je vais vous voir.
00:48:48C'est ça.
00:48:49Il y a deux qui m'ont planté cela.
00:49:08Mais regardez ma terrasse, monsieur le conseiller.
00:49:11Plus personne.
00:49:11Pour arranger ça, adressez-vous à l'ingénieur Topaz, hein ?
00:49:21Il est très intelligent.
00:49:23Merci, monsieur le conseiller.
00:49:26Merci.
00:49:39Monsieur, Topaz est sorti, monsieur.
00:49:41Quel journal ?
00:49:43La conscience publique, bien, monsieur ?
00:49:45Je ne sais pas s'il pourra me recevoir.
00:49:50Un journaliste, naturellement.
00:50:00Bonjour, madame.
00:50:01Qu'est-ce qu'il y a ?
00:50:08Mais c'est moi, Suzy.
00:50:12Je ne sais pas ce qu'il y a-t-il.
00:50:17Il y a d'abord, madame, que je sais tout.
00:50:19Il y a 42 jours exactement que je suis entrée dans cette maison.
00:50:22Et depuis 23 jours, je sais que vous vous moquez de moi.
00:50:24Car le 7 mai à 7h du soir, vous m'aviez invité à dîner.
00:50:28J'attendais dans le salon, lorsqu'à travers une porte vitrée,
00:50:31j'entendis une conversation effroyable, hideuse et pleine de sens pour moi.
00:50:36Madame, monsieur Castelvernier disait,
00:50:38« Chéri, pourquoi as-tu invité le sympathique idiot ? »
00:50:40Le sympathique idiot, c'était moi.
00:50:43Quant au mot « chéri », il m'a suffisamment identifié
00:50:45sur la nature de vos relations avec cet homme.
00:50:50Et après ?
00:50:51Vous m'avez attiré dans un guet-apens.
00:50:54Selon ce que m'a dit Régis,
00:50:55vous avez gagné plus de 30 000 francs dans un mois.
00:50:59De quoi vous plaignez-vous ?
00:51:01De ma confiance.
00:51:02Monsieur Lalonde, tranquille.
00:51:04Mais c'est vrai, Sopar,
00:51:06en ce moment, vous êtes malade.
00:51:08Voulez-vous passer quelques semaines à la campagne ?
00:51:10Je vais expliquer la chose à Régis.
00:51:11Non, non, madame, je reste ici, j'attends.
00:51:13J'attends ce qui doit arriver.
00:51:16Vous nous auriez dénoncé ?
00:51:17Hélas, je n'en aurais même plus le courage.
00:51:20Et puis, vous dénoncez, vous.
00:51:22Pourquoi pas, moi ?
00:51:24Mais, madame, je vous aime.
00:51:25Je vous aime et je vous hais à la fois.
00:51:28Et je sais pourquoi je vous hais.
00:51:30Mais j'ignore pourquoi je vous aime.
00:51:34Il y a longtemps que j'attendais cette fête.
00:51:37Je me demandais avec une certaine inquiétude
00:51:39ce que vous feriez.
00:51:40Vous le voyez, madame, j'ai maigri.
00:51:42C'est tout ce que j'ai pu faire.
00:51:43Ah, mon pauvre ami, si vous saviez comme parfois, j'en regrette.
00:51:54Mais non, vous ne regrettez rien.
00:51:55Vous avez obtenu ce que vous désiriez.
00:51:58Un homme de paille, commode, timide et soumis à celui que vous aimez.
00:52:02Car vous l'aimez, n'est-ce pas ?
00:52:04Mais non, je ne l'aime pas.
00:52:05Ah, je suis content que vous ne l'aimiez pas.
00:52:08Alors, pourquoi êtes-vous à lui ?
00:52:12Parce qu'il veut faire une vie en Europe.
00:52:14En Europe ?
00:52:15Mais vous êtes une femme vénale, une femme entretenue.
00:52:17Toutes les femmes sont entretenues.
00:52:19Que je souhaite un mari ou un amant, la différence est-elle si grande ?
00:52:22Pourtant, l'argent ne fait pas le bonheur.
00:52:26Non, mais il l'achète à ceux qui le font.
00:52:30Vous êtes là ?
00:52:32Oui, vous attendez.
00:52:33Bonjour, chère amie.
00:52:34Je parle.
00:52:35Bonjour, monsieur Tepard.
00:52:36Bonjour, monsieur le conseiller.
00:52:37Dites-moi, monsieur Robisoulet, le propriétaire de la grande brasserie suisse,
00:52:45j'aurai certainement aujourd'hui vous parler de sa veste pasienne.
00:52:49Est-ce que cette veste pasienne relatera de son établissement positivement inhabitable
00:52:53et la clientèle s'en va ?
00:52:55Robisoulet m'a donc demandé la suppression de ses dédicules.
00:52:58Je lui ai dit que, personnellement, je n'avais pas le temps de m'en occuper,
00:53:00mais que s'il s'adressait à Muskotopas, ses dédicules seraient certainement supprimés.
00:53:04Vous lui direz que vous sorgez de la chose, mais que vous avez des frais
00:53:08et que vous exigez avant toute démarche une somme de 10 000 francs.
00:53:12Mais de quel prétexte puis-je colorer cette demande ?
00:53:15Vous n'avez rien à colorer.
00:53:16Vous lui demanderez 10 000 francs.
00:53:18Comme ça, il vous les donnera sans difficulté.
00:53:21Alors je ferai démolir la veste pasienne.
00:53:23Je la ferai transporter en face, devant le café Bertillon.
00:53:27Et que dira monsieur Bertillon ?
00:53:29Il viendra lui aussi, vous apporter 10 000 francs.
00:53:32Alors après Bertillon, il y en aura d'autres.
00:53:35Avant que cette édicule ait fait le tour de l'arrondissement,
00:53:38nous aurons embauché plus de 300 000 francs.
00:53:40C'est une affaire sûre, pratique et même amusante.
00:53:44Ce truc pas, c'est rigolo ?
00:53:45Si, monsieur le conseiller.
00:53:49Moi, plus moi, patron. Allez, mais...
00:53:51Oui, patron.
00:53:51C'est le directeur, c'est d'urgence.
00:54:21Qu'est-ce que je fais ?
00:54:27L'arrêt du destin.
00:54:29Quoi ?
00:54:30Que le vôtre s'accomplisse et je ne fuirai pas devant le mien.
00:54:34Voici d'abord une lettre.
00:54:37Toc Paz, il y a de l'eau dans le cadre.
00:54:40Une lettre de l'île.
00:54:42Et ceci ?
00:54:46Ça vous inquiète ?
00:54:49Oui, monsieur. Parce qu'il y a encore autre chose.
00:54:51Hier matin, devant la porte, en face, la plaque de cuivre,
00:54:53des gens se sont arrêtés.
00:54:55Un groupe s'est formé qui bientôt devint une foule.
00:54:57Ils ont crié, montez le poing.
00:54:59Mais vous les avez vus ?
00:55:00Oui, madame, je les ai vus, je les ai entendus.
00:55:01La société m'a frappé. Il est temps de fuir.
00:55:04Ils criaient, c'est indigne.
00:55:05Allez chercher la police.
00:55:07Et puis, où ?
00:55:10Ah, ah.
00:55:12Assez.
00:55:21Qu'est-ce que c'est ?
00:55:32Demande pardon, excuse.
00:55:34Ah, non.
00:55:35Mais c'est votre employée.
00:55:50Elle se met à la fenêtre et puis elle montre ses jambes.
00:55:52Ça, ça a commencé hier, ça.
00:55:54Alors moi, j'ai fait mon rapport au commissaire de police.
00:55:56Mais il m'a dit pas de gaffe.
00:55:57C'est le bureau de monsieur l'ingénieur Topal, celui des balayeuses.
00:56:01Une femme à la fenêtre, c'est sûrement de la publicité américaine.
00:56:05Seulement, alors aujourd'hui, ça recommence.
00:56:06Alors non, j'ai compris.
00:56:08C'est une femme qui boit.
00:56:09Alors je suis venu vous avertir.
00:56:11Je vous remercie bien vivement, monsieur l'agent.
00:56:13Vous pouvez l'en conduire.
00:56:14Bien.
00:56:14Ah, ah, ah, ah, ah.
00:56:27Je vais vous préparer les pièces à signer.
00:56:34Bien, monsieur le conseiller.
00:56:40Enfin.
00:56:52C'est le plaisir de parler à monsieur Topal.
00:56:53Oui, monsieur, en quoi puissent-vous servir ?
00:56:56Pour en rien, monsieur, mais pas pour vous demander votre appui,
00:56:58mais pour vous offrir le mien que je suis ici aujourd'hui.
00:57:02Vous avez dû lire dans une feuille un écho qui contient une allusion assez nette
00:57:07à des affaires que vous avez traitées.
00:57:09Oui, monsieur, encore que je n'ai pas été révoqué pour une affaire de meurtre.
00:57:12Il faut bien accorder un peu de fantaisie au journaliste.
00:57:15Il n'en est pas moins vrai que vous avez fourni à la ville des balayeuses dites système Topal
00:57:20et que vous n'êtes dans cette affaire que le prêtre nom de monsieur Castel Vragna.
00:57:23Le directeur de ce journal a fait lui-même une enquête des plus sérieuses
00:57:29et le numéro de demain doit révéler toute la combinaison à ses lecteurs.
00:57:34C'est ce numéro que je vous apporte.
00:57:38Avec ma photographie ?
00:57:41Le premier devoir de la presse est de dénoncer les abus.
00:57:45Vous n'avez rien à me dire ?
00:57:56Non, monsieur.
00:58:00Quoi dire ?
00:58:01Je connais très bien monsieur Vernitil, je suis le directeur de ce journal.
00:58:05Ne me chargeriez-vous pas d'une commission pour lui ?
00:58:08Dites-lui qu'il a raison et qu'il fait son devoir.
00:58:10Bon, voyons monsieur réfléchissez, l'honneur est ce que nous avons le plus précieux.
00:58:16Il vaut tous les sacrifices.
00:58:18Vernitil, il n'est pas d'une bruit.
00:58:20Certains gestes pourraient le toucher.
00:58:24Bravo.
00:58:25Vous buvez bien ce qu'il vous reste à faire.
00:58:27Messieurs, je n'ose vous comprendre.
00:58:29Osez monsieur, osez.
00:58:30Et vous croyez que si j'ai fait ce geste, ce numéro ne paraîtra pas ?
00:58:40Ah ça, je vous donne ma parole d'honneur, que c'est un enterrement de première classe.
00:58:44De première classe ?
00:58:45Alors, un peu de bonne volonté.
00:58:49Et vous écoutez-vous.
00:58:50Tout de suite ?
00:58:51Bah voilà, plutôt sera le mieux.
00:58:53Devant vous ?
00:58:54Eh oui, parle-le.
00:58:57Qu'est-ce que c'est ?
00:58:58Cet homme a surpris nos secrets, il exige que je me tue sous tes yeux.
00:59:09Sans blague.
00:59:11Mais non, mais non, je voulais.
00:59:13Combien ?
00:59:1425 000.
00:59:15Comment monsieur ?
00:59:18Excusez-moi frère, chère Alix.
00:59:23Est-ce que Verniquel sait que je suis dans le cours ?
00:59:26Oui, mais il m'avait dit de m'adresser à monsieur Temprin.
00:59:29Il n'est pas bête.
00:59:32Allô ?
00:59:34Foulez-vous me demander la conscience publique, monsieur Verniquel.
00:59:38Verniquel.
00:59:41Dites-moi, vénérable vieillard, il y a longtemps que vous faites du chantage ?
00:59:46Oh, je me prenais vous pour un députant.
00:59:48J'ai commencé avec Panama.
00:59:51Ça, c'était du beau travail.
00:59:52On voyait des gens très bien.
00:59:53J'en ai fait une quarantaine et s'en entendant seulement un mot broussier.
00:59:56Et pourtant, il n'y avait pas encore le physique.
01:00:01Allô ?
01:00:02Oui ?
01:00:03Oui ?
01:00:03Bonjour, Verniquel.
01:00:05Comment allez-vous ?
01:00:06Dites-moi, j'ai dans mon bureau un vénérable vieillard qui vient de votre part au sujet d'une petite affaire.
01:00:15Oui, je le trouve un peu cher.
01:00:17Oh oui, petite diminution, hein.
01:00:20Ah non.
01:00:23Ah non, non, c'est encore trop cher, ça.
01:00:26Combien je vous offre ?
01:00:27Cinq fois.
01:00:29Bon.
01:00:30Eh oui, sans sous.
01:00:31Mais non, mais non, ne raccrochez pas sur des menaces ridicules.
01:00:34Je voulais vous raconter une petite histoire.
01:00:38Vous avez sans doute entendu parler d'un jeune apprenti imprimeur qui s'enfuit de Melun en novembre 1894 en emportant la caisse de son patron.
01:00:49N'est-ce pas que c'est sérieux ?
01:00:50Comment ?
01:00:55Ah, c'était un malentendu.
01:00:58Oui, une vieille amitié, mais je pense bien, mon gars.
01:01:02Mais oui, mais oui.
01:01:03Mais petit Victor, va bien ?
01:01:06Bon, c'est un stage-là qui est le plus intéressant, ben.
01:01:09Oui, et bien entendu.
01:01:11Les amis qui sont chez vous, hein.
01:01:13Et à bientôt.
01:01:14Au revoir, cher ami.
01:01:16Au revoir.
01:01:16C'est réglé.
01:01:21Il faut en bien réglé, monsieur.
01:01:23Mes compliments.
01:01:24Oui.
01:01:25Et puis, je vous demande une petite faveur.
01:01:28Oui.
01:01:29Voulez-vous me permettre de copier la suite de la fiche verniquelle ?
01:01:32Vénérable Victor, je vous trouve un peu culotté.
01:01:36Ah, ben, dans ce qu'on en parle tout.
01:01:38Messieurs.
01:01:39Moi, un conseil.
01:01:43Je vous demanderai de bien vouloir sortir à reculons.
01:01:46Eh, pourquoi ?
01:01:47Parce que si vous me tournez le dos, je ne pourrai pas m'empêcher de vous botter le derrière.
01:01:51Ah, fort bien, monsieur.
01:01:54Fort bien.
01:01:56Je...
01:01:57Je...
01:01:58Je...
01:01:59Je...
01:01:59Je...
01:02:00Et voilà.
01:02:07Et voilà.
01:02:10Eh bien, chaque fois qu'un de ces oiseaux-là s'en présentera, il pidons de revenir quand je serai là.
01:02:18Je vous verrai fin le déjeuner.
01:02:19Je vous verrai fin le déjeuner.
01:02:49Alors, vraiment ?
01:03:03Rien n'a espéré de ce qu'on se passe ?
01:03:05Oh, non, non, non.
01:03:05Non, non, non, ma chère amie.
01:03:07Il devient complètement impossible.
01:03:10La seule chose à faire, c'est de nous débarrasser de lui le plus discrètement du monde.
01:03:16Ah, oui.
01:03:19Entrez.
01:03:29Je recevrai.
01:03:30Mon cher ami, je suis absolument enchanté.
01:03:40Bonjour, monsieur le directeur.
01:03:41Et j'ai essayé plusieurs fois de vous rendre visite.
01:03:44Mais vainement, vous êtes maintenant dans les affaires.
01:03:47Et quelles affaires ?
01:03:48On vous en a parlé.
01:03:50Naturellement.
01:03:50Et tous les matins, j'ai une émotion bien douce.
01:03:52Par la suite de mon bureau, je vois passer de trois malayeurs.
01:03:55Et sur les trois capos, étincelle votre nom.
01:03:57Eh bien, mon cher ami, quand elle passe, je salue.
01:04:01Monsieur le directeur, il n'y a pas de quoi saluer.
01:04:03Vous le pouvez défendre à vos amis d'être fiers pour vous.
01:04:05Hier, en plein conseil de discipline,
01:04:08quand j'ai annoncé à vos collègues que j'avais résolu de vous offrir la présidence de la distribution des tris,
01:04:13Moi, président ?
01:04:14Mais oui !
01:04:16Vous feriez un discours charmant, avec une petite pointe d'émotion.
01:04:20Dis-moi, je l'espère.
01:04:21Monsieur le directeur, il y a eu entre nous un graphe malentendu,
01:04:24mais je vous sais un homme intègre et je vous dois la vérité.
01:04:27Monsieur le directeur, je ne suis plus un honnêtement.
01:04:30Je ne suis que le prétentant d'un pré-véricateur.
01:04:33L'ontent, l'ontent.
01:04:35Mais puisque je vous le dis...
01:04:36Mais on dit tant de choses, mon cher.
01:04:39Vous cédez à ce goût du paradoxe qui, d'ailleurs, a toujours fait le charme de votre conversation.
01:04:46Il est pourtant facile de voir que je n'ai pas inventé les balayeurs.
01:04:51Beaucoup de gens doivent le comprendre et le dire.
01:04:53Eh bien, qui vienne me le dire à moi ?
01:04:55Je dirais que j'ai vu, mais je veux,
01:04:58les esquisses et les plans que vous traciez sans cesse sur le tableau noir de votre classe.
01:05:03Vous les avez vus ?
01:05:05J'en suis à peu près certain.
01:05:05Mais en tout cas, j'ai pu en témoigner où et quand vous voudrez.
01:05:11Et maintenant, écoutez-moi.
01:05:15Je suis père, mon cher topard.
01:05:18Et père malheureux.
01:05:20Mademoiselle Muche est malade ?
01:05:23Pecœur.
01:05:25Il faut voir un spécialiste.
01:05:27Mais il est devant moi.
01:05:28Oui, à l'époque récente où vous étiez le nord de la pension Muche.
01:05:32Vous passiez le long des couloirs pensifs,
01:05:34perdus dans des spéculations scientifiques qui vous empêchaient de regarder à vos pieds
01:05:38et d'y voir le cœur de cette pauvre enfant.
01:05:42Mais depuis votre départ,
01:05:45son attitude me brise le cœur.
01:05:48Elle s'est lentement amégrie.
01:05:49Et puis,
01:05:52qui est ?
01:05:53Elle m'a tout...
01:05:55Oh non, non, non, non.
01:05:57Je vous avais demandé la main de votre fille et vous m'avez mise à la porte.
01:06:00Vous m'avez demandé la main de ma fille ?
01:06:01Oui.
01:06:02Je vous l'accorde.
01:06:03Bonjour.
01:06:14Bonjour, mademoiselle.
01:06:15Je suis contente.
01:06:16Je savais bien que tout finirait par s'arranger.
01:06:18Mademoiselle,
01:06:19il est exact qu'un jour,
01:06:20j'ai demandé votre main à votre père.
01:06:22Il refusa.
01:06:23Depuis, je n'ai eu ni l'occasion,
01:06:25ni le désir de renouveler cette démarche.
01:06:29Henri, Henri.
01:06:30Je m'appelle Albert.
01:06:32Ah.
01:06:33Oh, Albert.
01:06:38Non, laissez-moi.
01:06:40Nous sommes seuls.
01:06:42N'abusez pas.
01:06:43Mademoiselle,
01:06:44cette comédie est inutile.
01:06:46Je ne suis pas un idiot.
01:06:50Veuillez reconduire, mademoiselle.
01:06:53Vous me chassez ?
01:06:55Gouja.
01:07:00Alors ça, c'est plus possible.
01:07:01Laissez-moi vous expliquer.
01:07:02Non, non, ne m'expliquez rien.
01:07:05C'est inutile.
01:07:06Je crois qu'il est préférable de nous séparer.
01:07:14C'est d'abord un petit cadeau d'adieu.
01:07:16Qu'est-ce que c'est ?
01:07:17Les palmes que Régis a demandé pour vous.
01:07:20Mais que je les ai officiellement ?
01:07:22Tout ce qu'il y a de plus officiel.
01:07:24Oui, voyons, vous verrez votre nom demain dans la promotion.
01:07:26Et maintenant, qu'est-ce que vous diriez d'un chantier petit poste de professeur au collège Doran, par exemple ?
01:07:37Non, patron, non.
01:07:38Merci.
01:07:38Vous n'allez pas me demander une indemnité.
01:07:43Pas de chantage avec moi, hein ?
01:07:45Si vous avez envie de quelque chose, dites-le moi, je vous le donnerai en toute amitié.
01:07:49Allez-y, allez.
01:07:51Je veux rester ici.
01:07:53Pourquoi ?
01:07:53Pour faire mes preuves, bon.
01:07:56Il me semble qu'elles sont déjà faites.
01:07:58Non, non, patron.
01:08:00Jusqu'ici, j'ignorais certaines choses que j'entends voir.
01:08:05La vie n'est peut-être pas ce que je croyais.
01:08:08C'est peut-être vous qui avez raison.
01:08:10Après tout.
01:08:14Allô ?
01:08:15Un monsieur qui désire me voir ? Quel monsieur ?
01:08:18Ah, ah.
01:08:19Monsieur Robisoulet.
01:08:21Un instant, je vous rappelle.
01:08:23Vous voulez-vous que j'essaye de le recevoir ?
01:08:25C'est quoi bon ?
01:08:26On veut gratter une belle affaire ?
01:08:28Oui.
01:08:28Régis, essayez encore cette fois.
01:08:33Soit.
01:08:34Vous me téléphonerez le résultat chez Maxime, à 8h.
01:08:38Au nid, c'est ravie.
01:08:39Oui, le procureur doit nous attendre.
01:08:41Le procureur, pourquoi faire le procureur ?
01:08:42Ben, pour dîner, parle-le.
01:08:44Voyons.
01:08:53Le ministre de l'Instruction publique, à M. Albert Topaz, pour services exceptionnels.
01:09:01Faites entrer, M. Robisoulet.
01:09:24Sous-titrage Société Radio-Canada
01:09:26Sous-titrage Société Radio-Canada
01:09:27Sous-titrage Société Radio-Canada
01:09:57Sous-titrage Société Radio-Canada
01:10:27Non, je ne sais pas, je vous fais peur.
01:10:28Je n'ai pas peur de lui.
01:10:30Non ?
01:10:30Il n'a plus peur de moi, c'est un fait.
01:10:354h30, et je lui avais dit que je gagnerais à 2h, le jour de notre règlement de compte mensuel.
01:10:39Je ne vous dérange pas ?
01:10:41Est-ce que vous pouvez me demander ?
01:10:42Je préférerais que vous n'ayez pas l'air d'avoir attendu ce monsieur.
01:10:45Vous seriez bien content si je m'en allais.
01:10:47Non, non, non, pas si bête, mon cher.
01:10:49Comment pas si bête ?
01:10:51Vous espérez peut-être me cacher l'affaire du Maroc ?
01:10:54Quelle affaire du Maroc, pardon ?
01:10:55Je te jure, je ne comprends pas.
01:10:57Ouais, ouais, vous ignorez sans doute que vous faites une affaire de concession de terrain au Maroc.
01:11:00Première nouvelle ?
01:11:01Qui vous a dit ça ?
01:11:02Si vous croyez que je n'ai pas eu la carte avec un tracé au crayon bleu.
01:11:06Elle ne l'aime pas remarquer.
01:11:07Alors, voulez-vous me dire pourquoi il vous déplairait que j'assiste à ce règlement de compte ?
01:11:12C'est très simple.
01:11:14Le patron s'est devenu un peu fier depuis qu'il a réussi certaines affaires.
01:11:18Il se prend un peu au sérieux.
01:11:19C'est votre faute d'ailleurs.
01:11:20Ma faute ?
01:11:21Vous l'avez poussé à changer d'existence.
01:11:22Mais dans notre intérêt ?
01:11:23Et vous avez fait pire.
01:11:25Qu'est-ce que j'ai fait ?
01:11:26Vous l'avez appris à manger.
01:11:28Maintenant, parveleux.
01:11:29Il a l'intelligence et l'énergie d'un homme bien nourri.
01:11:32C'est exactement l'histoire du chimpanzé de ma mère.
01:11:35Quand elle l'a acheté, il était maigre.
01:11:37Il pevait la misère.
01:11:38Mais je n'ai jamais vu un singe aussi affectueux.
01:11:40On lui a donné des noix de coco.
01:11:41On l'a gavé de banane.
01:11:42Il est devenu fort comme un turc.
01:11:45Il a cassé la gueule à la bonne.
01:11:46Il a fallu appeler les pompiers.
01:11:48Oh, mais je voulais faire sentir les rênes.
01:11:49Est-ce que c'est que ce niddeux qui se permet de nous faire attendre ?
01:11:53Un misérable pion.
01:12:04Je vais vous dire qu'il est quatre ans trois quarts.
01:12:12Je me suis ici depuis deux heures.
01:12:15Une seconde, vous t'en mettez.
01:12:24Eh bien, je suis charmé de vous voir.
01:12:25De quoi s'agit-il ?
01:12:26Mais du règlement de compte pour le dernier mois.
01:12:28Oui, nous en haut, je vous dirai ensuite ma façon de penser.
01:12:32Je serai charmé de la connaître.
01:12:33Je vous dois pour le mois de juillet une somme de 84 042 francs.
01:12:39C'est exact.
01:12:41Ces chiffres concordent avec les miens.
01:12:43L'affaire du Maroc, est-elle comprise ?
01:12:45Oui, mais qu'est-ce que c'est que cette affaire du Maroc ?
01:12:47Personnelle.
01:12:48Comment ça ?
01:12:49C'est-à-dire qu'elle ne vous regarde pas.
01:12:50Comment ?
01:12:51Laissez-moi parler, je vous prie.
01:12:53Asseyez-vous.
01:12:56Je me suis direct.
01:13:01Je vais vous soumettre un petit calcul.
01:13:03Cette agence vous a rapporté en quatre mois 800 000 francs de bénéfices nets.
01:13:07Dans le bureau, vous avez coûté 20 000 francs pour le bail et 50 000 francs pour l'immeublement.
01:13:12En tout, 70 000.
01:13:14Comparaison à l'instant ces deux chiffres, 800 000 et 70 000.
01:13:17Je ne vois pas l'intérêt de cette comparaison.
01:13:20Cette comparaison prouve que vous avez fait une excellente affaire, même si elle s'arrêtait aujourd'hui.
01:13:24Pourquoi s'arrêtera-t-elle ?
01:13:27Parce que j'ai l'intention de garder ce bureau pour travailler à mon compte.
01:13:32Ne tramite pas, c'est un humoriste.
01:13:35Mais voyons, voyons, monsieur Topaz, vous ne parlez pas sérieusement.
01:13:38Madame, à l'affaire, je ne plaisante jamais.
01:13:40Je suis propriétaire de l'agence.
01:13:41Le bail est à mon nom.
01:13:42Mais...
01:13:43Ce serait un simple vol.
01:13:45Alors et c'est-vous donc au tribunal ?
01:13:47Oh !
01:13:49J'ai déjà vu des crapules.
01:13:51On n'est jamais vu l'eau si froide, non, c'est nique ?
01:13:53Oui, pas de flatterie, ça ne prend pas.
01:13:55Topaz, réfléchissez.
01:13:58Sans moi, vous seriez encore à l'attention mûche.
01:14:00C'est moi qui vous ai tout appris.
01:14:02Mais vous avez encaché 800 000 francs.
01:14:05Jamais un élève ne m'a rapporté ça.
01:14:07Allez, je vous donne 10%.
01:14:09Mais non, mais non, mais non, mais non, mon cher Régis.
01:14:11Je me suis permis de vous juger, vous n'êtes pas intéressant.
01:14:13Vous êtes un escroc.
01:14:15De petite race.
01:14:16Vous manquez d'inverture.
01:14:18Casse balayeuse, 30 plaques d'égout, le jeu n'en vaut pas la chandelle.
01:14:21Et quant aux spéculations dans le genre de celle de la piscotière à roulettes,
01:14:25ce ne sont plus les affaires.
01:14:26C'est de la poésie toute pure.
01:14:28Ça y est ?
01:14:29C'est le coup du chimpanzé ?
01:14:31Vous êtes un bandit, monsieur.
01:14:32Je sais tout ce que vous trouvez à dire.
01:14:34Allez, vous n'êtes pas un homme.
01:14:35Oh, fou, madame.
01:14:36Taisez-vous.
01:14:37Car je me demande que vous n'êtes pas sa complice.
01:14:39Hein ?
01:14:40Avouez-le, c'est vous qui faites le coup.
01:14:42Il y a longtemps que je suis fixé.
01:14:43Vous n'auront pas donné assez d'argent depuis deux ans.
01:14:45Que vulgarité !
01:14:46Que vulgarité ?
01:14:47Mais quand je vous ai connu, vous portiez du lapin.
01:14:49Grosier personnelle !
01:14:50Mais non, si vous voulez crier, je vous prie d'aller faire ça, alors que chez moi.
01:14:52Comment ?
01:14:53Elle se taillait ses chapeaux dans les vieux feutres de son père.
01:14:56Je vous défends de parler sur ce ton à une femme.
01:14:58Allez-vous-en.
01:14:58Comment ?
01:14:59Sortez, monsieur.
01:15:03Je pourrais abuser de ma force physique.
01:15:07Je ne suis pas un portefeuble.
01:15:08C'est vous qui le dites ?
01:15:10Ça part chez le procureur.
01:15:12Ça fait un vrai.
01:15:19Ces quelques secondes d'autorité peuvent vous coûter cher.
01:15:22Parce que tout de même, derrière cette agence, il y avait Régis.
01:15:25Désormais, il y aura moins.
01:15:28Qu'est-ce que vous allez faire tout seul ?
01:15:30Depuis trois mois, chère madame, j'ai beaucoup travaillé pour moi.
01:15:32Et j'ai gagné pas mal d'argent.
01:15:34Lorsque le Maroc va donner...
01:15:35C'est sérieux, le Maroc ?
01:15:37Rien de plus sérieux.
01:15:38Concession de 5000 hectares.
01:15:404000 parts de fondateur pour moi.
01:15:42Mais vous travaillez donc avec des ministres ?
01:15:43Pas encore.
01:15:45Un sénateur, un banquier, un boucher et la première danseuse du caïd des Béni-Mélal.
01:15:52Ce n'est d'ailleurs pas une affaire malhonnête.
01:15:54Elle comporte des pots de vin comme toutes les affaires coloniales,
01:15:57mais légalement, le coût est régulier.
01:15:59Et j'ai d'autres choses en vue.
01:16:00Décidément, vous êtes bien changé.
01:16:14À mon avantage.
01:16:17Peut-être, mais pas au mien.
01:16:20En dépouillant Régis, vous me dépouillez.
01:16:21J'avais des intérêts dans cet agent.
01:16:23Il ne tient qu'à vous de les conserver.
01:16:25D'ailleurs, j'ai encore besoin de vos conseils.
01:16:28Qu'espérez-vous ?
01:16:30Dites-le.
01:16:31Espérez.
01:16:33Vous m'avez vu trop pauvre et trop nié.
01:16:34Je serai toujours le sympathique idiot.
01:16:37Sympathique ?
01:16:37Mais idiot.
01:16:40Si sympathique.
01:16:54Vous me quittez ?
01:16:56Il le faut.
01:16:56J'ai des comptes à régler.
01:17:02Bon, des comptes financiers.
01:17:06Il faut que j'ai de recours soit net.
01:17:08Dès que je serai seule, je vous préviendrai.
01:17:22À moi.
01:17:23Le faire ça.
01:17:25À moi.
01:17:28Bon, je serai toujours.
01:17:30M. le directeur vous attend.
01:17:39T'en parle.
01:17:40T'en parle.
01:17:41T'en parle.
01:17:42Ah, tu as coupé.
01:17:44Je suis bien content de te voir.
01:17:46Ah, c'est un plaisir que tu aurais dû plus tôt si je n'avais pas trouvé cinq ou six fois portes de bois.
01:17:50Tédaquilo me répondait toujours, monsieur le directeur n'est pas là.
01:17:54J'avais même fini par m'imaginer que tu ne voulais pas me recevoir.
01:17:57T'as mis les yeux.
01:17:57Surtout que j'ai quelque chose de très important à te dire.
01:18:02Dis-le.
01:18:02Voilà.
01:18:03Ce que j'ai à te dire est très grave, puisqu'il s'agit de ta réputation.
01:18:09Dis-le.
01:18:12Voilà.
01:18:13Mon vieux topaz, ça me fait de la peine de te le dire.
01:18:15Mais devant moi, on a parlé de ton associé comme d'un politicien taré.
01:18:20Et même un parfait honnête homme m'a laissé entendre que tu ne l'ignorais pas.
01:18:24Et que tu faisais des affaires douteuses.
01:18:26Douteuses.
01:18:27Oui, oui, douteuses.
01:18:27Tiens.
01:18:28D'ailleurs, voici un écho qui m'a été remis par ce parfait honnête homme.
01:18:31Parfait honnête homme.
01:18:32Et qui a paru dans un journal des plus sérieux.
01:18:34Des plus sérieux.
01:18:36Écoute, je suis venu t'avertir, mon vieux topaz.
01:18:38Alors, regarde de près les affaires que tu traites avec ce monsieur.
01:18:42Et d'autre part, écris aux journaux pour les détromper.
01:18:45Mon vieux tamis, je te remercie.
01:18:52Mais toutes les affaires que j'ai faites jusqu'ici n'étaient pas le moins du monde douteux.
01:18:56C'était de simples tripotages.
01:18:58Quoi ?
01:18:59Basé sur le trafic d'influence, la corruption de fonctionnaires et la prévarication.
01:19:07Sacré topaz.
01:19:09Oui, tu veux me donner une leçon.
01:19:11J'avoue que je l'ai méritée, mais que veux-tu ?
01:19:13On m'avait dit ça avec ton assurance et ce journal-là.
01:19:16J'ai presque failli te croire.
01:19:17Mais il faut me croire.
01:19:18Si la société était bien faite, je serais en prison.
01:19:20Alors, c'est donc vrai ? Tu es devenu malhonnête ?
01:19:25Oui.
01:19:27Je puis dire que pendant 12 ans, de toutes mes forces, de toute ma foi, j'ai accompli ma tâche de mon mieux avec le désir d'être utile.
01:19:32Pendant 10 ans, on m'a donné 850 francs par mois.
01:19:35Et un jour, l'honnête mûche m'a mis à la porte parce que je n'avais pas compris qu'il me demandait une injustice.
01:19:41Ça ne se passera pas comme ça.
01:19:51Je t'expliquerai quelques jours comment mon destin m'a conduite ici et comment j'ai été amené à faire, malgré moi, plusieurs affaires illégales.
01:19:57Mais sache qu'au moment où j'attendais avec angoisse le châtiment, on m'a donné la récompense que mon humble dévouement n'avait jamais pu obtenir.
01:20:04Les palmes...
01:20:05Ah, tu les as ?
01:20:06Oui.
01:20:08Et toi ?
01:20:09Pas encore.
01:20:10Tu vois, mon pauvre ami, je suis sorti du droit chemin et je suis riche et respecté.
01:20:14Sophisme ! Tu es respecté parce qu'on ignore ton indignité.
01:20:18C'est pas vrai.
01:20:20Ce parfait honnêt homme qui t'a renseigné, je parie que c'est le mûche.
01:20:22Oui, et si tu l'entendais s'exprimer sur ton compte, tu rougirais.
01:20:25Eh bien, ce parfait honnêt homme est venu me voir.
01:20:27Je lui ai dit la vérité.
01:20:29Il m'a offert en faux témoignage la main de sa fille et la présidence de la distribution des primes.
01:20:32La présidence ? Mais pourquoi ?
01:20:34Mais parce que j'ai de l'argent.
01:20:35Ah, mais oui, pauvre enfant que tu es.
01:20:38Ce journal champion de la morale ne voulait que 25 000 francs.
01:20:42Ah, l'argent, tu n'en connais pas la valeur.
01:20:44Il peut tout.
01:20:45Si je veux une maison moderne, une fosse d'invisible, mon éloge dans les journaux ou une femme dans mon lit,
01:20:50il ne faut qu'en ouvrir ce coffre-fort et dire ce petit mot.
01:20:53Combien ?
01:20:54Tamise, malgré moi, malgré mon cœur, j'ai appris la grande leçon.
01:20:58Tamise, les hommes ne sont pas bons.
01:21:01Voilà la force qui gouverne le monde.
01:21:04Il est heureux que tu ne sois plus dans l'enseignement.
01:21:06Mais non, mais non, les plaisirs matériels sont les plus bas.
01:21:09Encore une blague bien consolante.
01:21:12Et pourtant, le progrès, ceux qui l'ont permis, ce sont les gens à grosse tête.
01:21:17Les gens comme toi.
01:21:18Tu sais bien que je n'ai jamais rien inventé.
01:21:20Je le sais bien.
01:21:21Tu n'es pas de ceux qui nourrissent la flamme, mais tu la protèges de tes pauvres mains.
01:21:26Et j'ai la rage au cœur de les voir pleines d'engelures.
01:21:29Parce que tu n'as jamais pu te payer ces gants de peau grise fourrés de lapins
01:21:32que tu regardes depuis trois ans à l'adventure d'un magasin.
01:21:37C'est vrai.
01:21:38Mais ils coûtent soixante francs.
01:21:39Je ne peux pourtant pas les voler.
01:21:40Mais c'est à toi qu'on les vole, puisque tu les mérites et que tu ne les as pas.
01:21:43Toutes ces théories, je vois très bien d'où elles viennent.
01:21:59Topaz, si tu n'es pas complètement pourri, fais un effort.
01:22:03Allons, quitte cette femme qui t'a perdue.
01:22:05Par, viens tout de suite avec moi.
01:22:06Mon bon ami, ce n'est pas moi qu'il faut sauver, c'est toi.
01:22:10Veux-tu quitter la pension, Mûche ?
01:22:11D.
01:22:13Veux-tu venir travailler avec moi ?
01:22:15D.
01:22:16Quand tu feras des affaires honnêtes.
01:22:22Allo, c'est vous, mon cher Topaz ?
01:22:25Je vous attends.
01:22:28Oui, oui, oui, je viens. Je viens. Je viens.
01:22:32Tu m'excuses ?
01:22:33Je t'excuse.
01:22:40À bientôt.
01:22:43À demain.
01:22:45À demain.
01:23:01À demain.
01:23:01Allo, oui ?
01:23:11Oui, M. le ministre.
01:23:13Non, M. le directeur est sorti.
01:23:16Bien.
01:23:17Bien, M. le ministre.
01:23:18Qui est le secrétaire de M. le directeur ?
01:23:31Il n'en a pas.
01:23:32Ah, il n'a pas de secrétaire.
01:23:35OK.
01:23:38Il n'a pas de secrétaire.
01:23:44Dites-moi, au sujet de cette affaire du Maroc.
01:23:47Oui ?
01:23:48Vous m'aviez bien dit 5 000 hectares, n'est-ce pas ?
01:23:515 000 hectares.
01:23:53Et puis des carrières de marbre.
01:23:55Du porphyre.
01:23:57Des phosphates.
01:24:00Des oliviers.
01:24:01Des oliviers.
01:24:05Des moutons.
01:24:09Moutons.
01:24:13C'est-à-dire qu'il n'y a pas qu'un mouton.
01:24:16Il y a plusieurs moutons.
01:24:18C'est-à-dire qu'il n'y a pas qu'un mouton.
01:24:48De la ville.
01:24:51C'est-à-dire qu'il n'y a pas qu'un mouton.
01:24:57C'est-à-dire qu'il n'y a pas qu'un mouton.
01:25:09Merci.
01:25:39Merci.
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