00:00Bah oui, parce qu'à toute l'année on court, on court, on court, on a parfois l'impression de passer un peu à côté de choses qui font du bien, de choses un peu essentielles, de la beauté du monde qui nous entoure.
00:09Et bien justement, Vincent Munier est là pour nous aider à rectifier le tir extrait.
00:15C'est quoi ton meilleur souvenir ?
00:17C'est comme j'ai vu pour la première fois le Grand Tetra.
00:23En 50 ans, j'assiste à sa disparition.
00:26Tu penses qu'on va revoir le Tetra ?
00:28On a des chances de les entendre.
00:30Mais de les voir, c'est moins sûr.
00:39Les plus jeunes vont dire « je suis choqué ! »
00:42Parce que ces images, elles sont vraiment magnifiques.
00:45La photographie est extraordinaire.
00:47Il est photographe justement à Vincent Munier à la base.
00:49C'est pour ça qu'il a de si belles images et cette notion aussi jolie.
00:53Il avait déjà œuvré sur la panthère des neiges.
00:55Souvenez-vous, c'était en 2021.
00:57Aux côtés de Sylvain Tesson, film pour lequel il avait reçu l'année suivante,
01:01le César du meilleur film documentaire, 626 000 spectateurs au Bourg-Sophie.
01:05C'est un succès surprise.
01:06Personne ne s'y attendait à ça.
01:07Exactement.
01:08Mais tout ça lui a ouvert des portes.
01:10Il en parle à Claire Fleury.
01:12C'est très dur d'émouvoir avec juste une photo.
01:15Je suis souvent ému devant une peinture ou quoi.
01:17Mais devant une photo, c'est tellement dur.
01:19C'est vrai que j'utilise le succès de la panthère
01:21pour ramener cette proposition assez osée par son rythme partout au cinéma.
01:27Parce que la panthère m'a mis un pied dans le cinéma.
01:30Et chez le cinéma, il n'y a pas mieux pour transmettre des émotions.
01:35Et la beauté de la nature, on l'a compris, c'est aussi une histoire de transmission, Philippe.
01:39Oui, notamment à travers ce film, puisque le champ des forêts nous entraîne dans les Vosges,
01:44là où il a grandi, Vincent, auprès de son papa, qui s'appelle Michel,
01:48qui est donc dans le film, qui est naturaliste
01:50et qui lui a appris à aimer la nature, à s'imprégner de tout cet univers,
01:55à l'observer aussi ses huit ans de tournage dans cette région qu'il connaît par cœur.
02:00Et donc, il fait vivre tous ses instants un peu magiques.
02:04Les bruits même sont extrêmement bien représentés, l'image, etc.
02:09Et donc, ce savoir-faire, il le transmet aujourd'hui, là aussi dans le film,
02:12à Simon, le fils de Vincent, transmission, donc qui est hommage appuyé au papa et grand-père.
02:18C'était le bon moment, avant qu'il soit trop tard,
02:23de partager tout ce qu'il m'a enseigné, parce que je lui dois tout, franchement.
02:29Il m'a ouvert les yeux là-dessus.
02:31Moi, j'ai eu un déclic à l'âge de 12 ans, à l'âge de mon fils dans le film, finalement.
02:34C'est pour ça qu'il est dedans aussi.
02:35C'est presque une déclaration d'amour, mais presque envers mon père.
02:39J'ai vraiment eu beaucoup de chance.
02:41Il y a quand même aussi une arrière-pensée, Philippe,
02:43c'est la sensibilisation à la cause environnementale, bien sûr.
02:45Oui, bien sûr, c'est obligatoire dans ce genre de documentaire,
02:48le réchauffement climatique, et en particulier un animal qui disparaît,
02:51un animal totem, le plus grand oiseau forestier d'Europe.
02:54Ça s'appelle le grand tétra, impossible de ne pas vouloir sensibiliser
02:59quand on est derrière la caméra.
03:01Cette campagne qu'on mornifie, il faut se battre pour y ramener de la vie.
03:08Et ça, on peut.
03:09Autant le réchauffement climatique, on est un peu dépassé.
03:12Autant de ramener du vivant, là, on l'a enlevé de notre faute.
03:15C'est possible, il y a des résultats.
03:18Donc, ce film, il a une vocation à aider à ça, quoi.
03:23Allez, ça fait du bien pour les fêtes de Noël.
03:25Il n'y a plus un bruit.
03:26Le chant des forêts, Vincent Minet, dans les salles de Macron.
03:28Il n'y a plus un bruit.
Commentaires