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  • il y a 8 mois

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00:00:00Madame, Monsieur, bonsoir et bienvenue sur le plateau de l'Homme en Question.
00:00:07Nous avons le plaisir d'accueillir ce soir Monsieur Nabil Lahlou.
00:00:11Monsieur Lahlou, merci d'avoir accepté notre invitation et bienvenue sur ce plateau.
00:00:15Comme le veut le principe de cette émission, trois personnes sont là pour tenter de vous cerner, de vous interroger avec moi.
00:00:23Madame Farida Beliazid, cinéaste, Monsieur Mohamed Boualem, cinéaste également.
00:00:30Critique de cinéma et actuellement conseille en communication à la direction des arts au ministère de la Culture.
00:00:37Enfin, notre troisième intervenant, Monsieur Mohamed Benouhoud, représente le public cinéphile, docteur en pharmacie.
00:00:44Vous avez eu, pour votre plaisir, quelques expériences en matière d'audiovisuel.
00:00:49Bienvenue sur ce plateau.
00:00:51Merci.
00:00:511er janvier 1945, c'est votre date de naissance, Fès pour le lieu, où vous faites vos études secondaires au lycée Moulaïdris.
00:01:01Et à l'âge de 18 ans, vous montez à Paris avec l'intention d'y faire des études théâtrales, théâtre auquel vous avez commencé à vous intéresser dès l'âge de 10 ans.
00:01:09Paris donc, vous passez le concours de l'Académie du Théâtre, vous échouez.
00:01:13Au conservatoire, vous échouez.
00:01:16Université du Théâtre des Nations, vous en êtes exclu.
00:01:20École Charles Dulin du TNP, là encore, exclusion.
00:01:23Alors je m'arrête ici pour vous demander si, après cette série d'échecs, vous ne vous êtes pas remis en question.
00:01:29Disons que j'espère que je vais avoir la moyenne à la fin de cette émission, je le souhaite.
00:01:33Continuons donc sur les grandes lignes de votre parcours.
00:01:37Vous fréquentez assidûment les théâtres parisiens et parallèlement, pour subvenir à vos besoins, vous faites une multitude de petits boulots.
00:01:45Nous y reviendrons si vous voulez.
00:01:47Vous passez entre temps quelques mois à Bruxelles et Stockholm, mais là-bas, première tentative de mise en scène théâtrale.
00:01:52Et c'est à Paris que vous passerez mai 68.
00:01:55C'est là-bas aussi que vous écrirez et jouez votre première pièce, Les Milliardaires, coup d'envoi d'une carrière théâtrale qui s'étendra sur 10 ans.
00:02:03Vous écrivez 10 pièces dont Ophélie n'est pas morte, Les Tortues, pour ne citer qu'elle, 10 ans ponctuées de longs séjours à Paris, quelques mois en Algérie, une tournée dans le monde arabe.
00:02:1475, première expérience filmique, c'était avec la RTM.
00:02:17Et là, je vous demanderai quel a été le déclic qui a fait que vous vous êtes intéressé à la pellicule.
00:02:24Je crois que c'était le chômage théâtral, sincèrement.
00:02:27Je ne pouvais plus monter de pièces et je me suis dit je vais essayer de faire du cinéma.
00:02:32J'ai eu la possibilité de faire ce premier film en 1975 comme ce qu'on appelle une émission pilote, puisque je l'ai fait pour la télévision marocaine.
00:02:41Je me rappelle avoir vidé ma maison de tous ces meubles et on n'avait pas beaucoup, rassurez-vous.
00:02:46Et nous étions allés au zoo et nous avons donc tourné ce petit film d'une heure d'après une nouvelle de M. Abdel Palshemi, journaliste et écrivain marocain.
00:02:54Ce film, évidemment, a été bloqué pendant trois ans et il n'a pu voir le jour et les téléspectateurs marocains ne l'ont vu que trois ans plus tard.
00:03:04Et j'en profite pour remercier le ministre qui l'avait autorisé et qui lui-même n'était resté que quelques mois à la tête du département de l'information.
00:03:11Nous continuons si vous voulez bien. 78, votre premier long métrage, le Khan Foudi. 78, 88, cinq films, un tous les deux ans environ.
00:03:22Un parcours, je dirais, original, aussi particulier que l'image que vous véhiculez.
00:03:27Vous n'hésitez pas à dire ce que vous pensez. Votre discours est passionné, un peu trop pour certains, vos prises de position courageuses pour d'autres.
00:03:37Provocateurs, imprévisibles, obstinés, imprévisibles et même culottés.
00:03:44Pour vous, aucun moyen n'est à exclure tant qu'il s'agit de faire un film, d'aller jusqu'au bout de son idée.
00:03:51Alors jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?
00:03:54Je ne suis pas encore allé, je ne suis pas encore arrivé. Ce sont des expériences.
00:03:58Il est vrai que lorsqu'on aime l'art, lorsqu'on aime son métier, lorsqu'on veut mourir pour ce métier,
00:04:05eh bien on est heureux de nous adresser à tous les amis qui nous ouvrent leurs portes.
00:04:10Et c'est comme ça qu'on arrive à faire des choses. Il faut se bagarrer, voilà.
00:04:13À vous, si vous avez quelques questions, peut-être ?
00:04:16Pas pour le moment.
00:04:17Pas encore ? Alors nous allons passer à l'autoportrait que vous avez préparé.
00:04:20Une réponse peut-être à ce portrait, je ne sais pas.
00:04:22Eh bien je parlerai après l'autoportrait si vous le voulez bien.
00:04:27D'accord, on va le voir tout de suite.
00:04:28Avec plaisir.
00:04:32Nabila, c'est vrai ?
00:04:33J'ai eu comment ?
00:04:34Mais tu ne le connais pas, jaloux, va toi, écoutez.
00:04:37Je vais vous dire une chose, moi j'ai travaillé avec lui dans un film, nous étions plusieurs,
00:04:41nous avons joué des rôles d'aristocrate dans un film que nous n'avons jamais vu.
00:04:45Nous avons levé les diéleurs, je me rappelle parfaitement de ça.
00:04:47Mais est-ce qu'il vous a payé ?
00:04:51Euh, payé, payé, euh, non, non, non, non, non, non, payé, non.
00:04:55Il ne paye jamais, il n'a pas d'argent.
00:04:57Il n'a jamais d'argent, il promet de payer, il ne paye pas.
00:05:00Eh maman, maman, il y a Nabila Loup dans le loup en question.
00:05:03T'as entendu ce qu'il a dit, Nabila Loup qui passe dans le loup en question ?
00:05:06Je déteste ce gars, je déteste.
00:05:10Jamais vu, il n'a jamais vu, il n'a jamais vu, il n'a jamais vu.
00:05:13Nabila Loup dans le loup en question, il n'a jamais vu.
00:05:19Alors pourquoi cet autoportrait ?
00:05:21Est-ce que vous avez l'impression que personne ne peut parler mieux de vous que vous ?
00:05:24Non, loin de là.
00:05:25Ou est-ce que vous avez l'impression d'être mal compris ?
00:05:27Non, loin de là, non.
00:05:28Vous savez, vous avez enchaîné cet autoportrait avec le film que j'ai fait en 1975.
00:05:32et en 1975, j'avais fait justement jouer des singes.
00:05:36Et je leur avais donné un dialogue à ces singes
00:05:38et j'ai expliqué que ce film était resté trois ans bloqué.
00:05:43Et moi, je suis toujours fidèle à mes idées,
00:05:45je veux dire à mes souvenirs, quand on dit idées, on dit passion.
00:05:49Et lorsque j'ai pensé à mon autoportrait,
00:05:51je voulais rendre hommage à ces singes
00:05:52qui avaient tourné dans mon film
00:05:54et que je n'avais pas payé, c'est vrai,
00:05:57parce que je leur avais promis des cacahuètes
00:05:58et je n'avais pas les moyens pour le faire.
00:05:59Mais je voulais absolument avoir ce regard de tendresse
00:06:04sur les singes, comme plus tard d'ailleurs,
00:06:06j'ai fait mon film avec un âne, L'âme qui brée,
00:06:09parce que je pense que les hommes,
00:06:12quand ils, je ne veux pas dire quand ils grandissent,
00:06:16mais les hommes parfois deviennent méchants.
00:06:18Alors moi, je voudrais tout simplement dire
00:06:20avec beaucoup de fierté et de modestie
00:06:25que je ne serais peut-être jamais un homme,
00:06:29comme on l'entend.
00:06:30C'est-à-dire que depuis que j'ai atteint
00:06:33la taille de 1m65,
00:06:35j'ai compris que je ne grandirais jamais
00:06:37et que je n'atteindrais jamais la grandeur.
00:06:40Alors je suis fier d'être ce que je suis,
00:06:42mais j'ai toujours dans ma tête l'enfance
00:06:44parce que je trouve que c'est la merveilleuse
00:06:47et fantastique possibilité de vivre,
00:06:50à savoir l'innocence,
00:06:51à travers nos regards, à travers nos yeux.
00:06:53Les hommes, ils font des choses,
00:06:55parfois des bêtises,
00:06:56parfois ils sont fantastiques,
00:06:58mais entre parenthèses,
00:07:01l'humanité a beaucoup, beaucoup évolué
00:07:03grâce aux hommes,
00:07:04mais elle peut aussi disparaître
00:07:06à cause des hommes.
00:07:09Nabil Lahlou, on connaît votre affection
00:07:12toute cinématographique pour les animaux.
00:07:15On sait aussi de quelle manière
00:07:17certaines bêtes très douées
00:07:18se moquent des gens qui les enquêtent.
00:07:23Si votre autoportrait se présentait
00:07:27comme une moquerie,
00:07:30à qui serait-elle destinée ?
00:07:32À moi-même dans ce cas-là.
00:07:33Et je l'accepte avec plaisir.
00:07:35Je ne me moque de personne.
00:07:36C'est vrai que vous ne payez pas vos acteurs ?
00:07:37Pardon ?
00:07:38C'est vrai que vous ne payez pas vos acteurs ?
00:07:40C'est une particularité signée Nabil Lahlou
00:07:42ou c'est propre au cinéma au Maroc ?
00:07:44Je crois que pour parler franc,
00:07:45je suis le mieux qui paye les acteurs
00:07:47le mieux au Maroc
00:07:48et tous les acteurs peuvent le dire.
00:07:49Ça, c'est une vérité.
00:07:50Mais je tiens à dire
00:07:52qu'il y a certains acteurs
00:07:53que je n'ai pas payés
00:07:54ou que je n'ai pas totalement payés
00:07:55parce que je n'avais pas assez de moyens
00:07:58et ils n'étaient pas non plus dans le besoin.
00:08:01Mais tous les acteurs marocains
00:08:02qui sont des artistes fantastiques,
00:08:05qui crèvent la faim,
00:08:06qui essayent de vivre, de survivre,
00:08:08qui parfois sont prêts à tout faire
00:08:10parce qu'il faut vivre,
00:08:11il faut manger,
00:08:12il faut faire manger sa famille.
00:08:14Ben cela, jamais je les oublierai.
00:08:15Mais des hommes,
00:08:16et je dirais, mon cher Benouhoud,
00:08:18vous avez joué dans mon film,
00:08:19je vous ai proposé un cachet
00:08:21de 10 000 dirhams
00:08:22que vous n'avez jamais touchés
00:08:23parce que je sais
00:08:24que vous n'en avez pas besoin,
00:08:25mais je vous paierai,
00:08:26croyez-moi.
00:08:26Non, le sujet n'est pas là.
00:08:27Non, le sujet n'est pas là.
00:08:29Je crois que nous développerons
00:08:30un peu plus tout à l'heure
00:08:31sur la condition de l'artiste,
00:08:33sur les moyens de production
00:08:34de vos films.
00:08:35Je vous en prie.
00:08:35Je vous en prie.
00:08:35Avant de terminer,
00:08:36est-ce que je pourrais poser une question
00:08:37toujours sur le portrait
00:08:38de M. Nabil Lahlou ?
00:08:38Oui, toujours sur le portrait
00:08:39de M. Nabil Lahlou.
00:08:40C'est une question
00:08:41qui m'est passée
00:08:42avant d'arriver ici.
00:08:43J'aurais bien voulu savoir
00:08:43ce qu'aurait fait Nabil Lahlou
00:08:45si aujourd'hui
00:08:45il n'était pas homme de théâtre
00:08:47et cinéaste.
00:08:49Vos ambitions
00:08:49quand vous étiez jeune ?
00:08:50Un autre métier ?
00:08:52Je n'ai pas d'ambition.
00:08:53J'aurais peut-être pu être,
00:08:56je crois, avocat.
00:08:57Je ne voulais pas être avocat.
00:08:58Je pensais qu'avocat,
00:09:00c'était peut-être défendre
00:09:01les êtres humains,
00:09:03mais hélas,
00:09:03même les avocats,
00:09:04ils ne défendent plus.
00:09:05Alors, ça devient
00:09:05des hommes d'affaires aussi.
00:09:07Alors, ce qui fait que
00:09:07peut-être le théâtre
00:09:08me permet d'être avocat
00:09:09sur scène.
00:09:10Vous avez imaginé
00:09:10professeur de philosophie
00:09:12parce que vous aimez transmettre.
00:09:13Je suis désolé,
00:09:14je n'ai même pas mon bac.
00:09:15Alors, voyez-vous,
00:09:16j'ai échoué à tout,
00:09:17vous l'avez remarqué.
00:09:19Vous avez trois enfants
00:09:20d'un premier mariage.
00:09:22Vous êtes remarié aujourd'hui.
00:09:23Vos enfants,
00:09:24ils ont 22, 20 et 15 ans.
00:09:26Ils sont à Paris, je crois.
00:09:28Je vous propose d'entendre
00:09:29l'un d'entre eux
00:09:30un témoignage par téléphone
00:09:32enregistré juste avant
00:09:33cette émission
00:09:34si on pouvait nous l'envoyer.
00:09:36Il a monté toutes ses pièces
00:09:37par sa volonté,
00:09:40par son courage.
00:09:42Il a eu aussi le courage
00:09:43d'être un homme sans compromission,
00:09:45c'est-à-dire un homme
00:09:46qui refuse l'argent
00:09:48pour le talent,
00:09:51qui a donc choisi
00:09:52de vivre pleinement son art.
00:09:54Je peux dire que ça,
00:09:55ça se vérifie aussi à la maison
00:09:57puisque c'était quand même
00:09:59un personnage
00:09:59qui était difficile d'abord,
00:10:01souvent enfermé dans ses pensées
00:10:05ou alors très joyeux,
00:10:08très ouvert,
00:10:08mais ouvert en sachant
00:10:11que c'était un peu une façade
00:10:12qui cachait quelque chose.
00:10:14Il a, disons,
00:10:15une façon de voir les choses
00:10:16qui est assez nette et tranchante.
00:10:21Je crois qu'en fait,
00:10:23il ne se fie qu'à lui-même.
00:10:25Il n'a pas de référence,
00:10:26il n'a pas d'idole.
00:10:28Il compte sur lui-même,
00:10:31sur son intérieur
00:10:32et sa puissance vient de lui-même.
00:10:35Voilà ce que je pourrais dire sur lui.
00:10:37Bon, je...
00:10:38En tout cas,
00:10:39je pense bien à lui
00:10:41et j'espère qu'il va continuer
00:10:43et que d'autres gens
00:10:45penseront aussi à faire la même chose,
00:10:47c'est-à-dire ne pas compter sur les autres
00:10:49mais à compter sur soi.
00:10:50C'est donc votre fils aîné,
00:10:53Shems,
00:10:54il a 22 ans.
00:10:56Pour lui,
00:10:56vous êtes votre propre modèle.
00:11:00Votre fils parle de puissance.
00:11:02Alors moi, j'aimerais savoir
00:11:03comment vous faites
00:11:04pour faire le plein d'énergie, justement.
00:11:06Cette puissance,
00:11:07elle vous vient d'où ?
00:11:08Bon, vous excusez,
00:11:09cette émotion,
00:11:10elle est d'abord due à deux choses.
00:11:11Bon, elle est due, évidemment,
00:11:12à certaines fois que je n'ai pas vu depuis...
00:11:15Et puis,
00:11:16je voudrais quand même en profiter.
00:11:18Bon, je vais un petit peu mélanger les termes,
00:11:19ça n'a pas d'importance.
00:11:21Je ne m'entendais pas
00:11:22que ça allait être aussi fort.
00:11:24Bon, alors,
00:11:27disons que...
00:11:28D'abord, je voudrais rendre hommage
00:11:29à ma mère qui m'a mis au monde
00:11:31et qui était une femme honnête
00:11:32et qui m'a...
00:11:33qui nous a formés, honnêtement.
00:11:36Qui nous a appris tout.
00:11:37On était tout.
00:11:38Une prolétaire.
00:11:39Une prolétaire.
00:11:40Je l'appelle prolétaire.
00:11:41Prolétaire, c'est pas la blouse.
00:11:43Prolétaire.
00:11:44Et puis, je voudrais rendre hommage
00:11:45à ma première femme
00:11:46qui est la mère de mes enfants.
00:11:48Et puis, là, j'ai des larmes
00:11:50parce que hier,
00:11:51ma deuxième femme
00:11:52qui est la comédienne Sophia Adi
00:11:53a perdu sa mère.
00:11:54Alors, tout ça,
00:11:55évidemment, ça s'est accumulé.
00:11:57Je n'ai pas dormi.
00:11:58Et donc, je rends hommage
00:12:00à toutes ces femmes
00:12:01et je dis
00:12:02« Allah rahmik al-Mari ».
00:12:04Voilà.
00:12:05Alors, excusez-moi,
00:12:06je vais essayer de parler de...
00:12:08Vous avez parlé d'énergie, je crois.
00:12:09En vérité,
00:12:11ce n'est pas de l'énergie.
00:12:12Je crois que c'est de la croyance.
00:12:13Quand quelqu'un croit,
00:12:14et peut-être c'est ça l'énergie,
00:12:16c'est la croyance
00:12:16ou la croyance dans l'énergie.
00:12:17Moi, je crois en ce que je fais
00:12:19parce que, disons que
00:12:21je ne cherche pas à faire
00:12:23pour gagner de l'argent.
00:12:24Peut-être que je suis
00:12:25complètement antimatérialiste.
00:12:27Et c'est vrai que je le suis.
00:12:28Quand j'ai de l'argent,
00:12:29je ne sais pas
00:12:30ce qui m'arrive d'en faire.
00:12:31Mais je crois
00:12:34quand on a une idée en tête,
00:12:35il faut la réaliser.
00:12:36Que ce soit au niveau de l'art,
00:12:38que ce soit au niveau de la politique,
00:12:39que ce soit au niveau de tout.
00:12:41Chacun a sa croyance.
00:12:43Et il faut aller jusqu'au bout,
00:12:44c'est tout.
00:12:45Voilà.
00:12:45Excusez-moi, je suis désolé.
00:12:46Madame Zahitay,
00:12:47si vous permettez,
00:12:48je vais réagir un peu sur le portrait.
00:12:49Je crois qu'on n'a pas encore terminé.
00:12:51Non.
00:12:51Je voudrais réagir un peu
00:12:52sur l'émotion du cinéaste
00:12:55M. Nabil Lahlou.
00:12:56Il semblerait qu'à travers
00:12:57le portrait que vous avez fait,
00:12:59il y a des termes durs
00:13:00et je dirais...
00:13:02Ce ne sont pas des termes durs,
00:13:03ce sont des mots
00:13:03qui sont revenus très souvent.
00:13:05Oui, c'est vrai.
00:13:06C'est la vérité.
00:13:06Dans les rencontres que j'ai pu faire
00:13:07en présentant cette émission.
00:13:07C'est ce qui laisse transparaître.
00:13:08C'est ce qui laisse transparaître.
00:13:10Dans l'entourage proche
00:13:10de M. Nabil Lahlou.
00:13:12Mais Nabil Lahlou
00:13:12est un hérisson
00:13:13au cœur tendre, je dirais.
00:13:15Et les personnes
00:13:15qui le connaissent bien,
00:13:17son entourage,
00:13:18savent qu'il a beaucoup de tendresse.
00:13:20Et moi, je trouve
00:13:21qu'il la cache derrière
00:13:22un peu cette agressivité,
00:13:23cette provocation permanente.
00:13:25Et je voulais lui poser une question.
00:13:28Je voulais lui demander
00:13:28pourquoi il n'a jamais fait
00:13:29de film d'amour.
00:13:31Une question qui me vient comme ça,
00:13:32très simplement,
00:13:33en tant que public.
00:13:34Ça va être le prochain.
00:13:37Le prochain.
00:13:38Charme.
00:13:38Moi, je voudrais revenir
00:13:41sur vos enfants
00:13:42parce que vous les avez prénommés
00:13:43Shams,
00:13:45Assad,
00:13:46Anoual,
00:13:47des prénoms pour le moins rares.
00:13:49Est-ce que c'était
00:13:50par souci d'originalité ?
00:13:52Non, pas du tout.
00:13:53C'est par souvenir.
00:13:53J'ai appelé Shams
00:13:55parce que
00:13:57je l'ai appelé 15 jours
00:13:59avant sa naissance.
00:13:59Je me rappelle,
00:14:01j'allais à la maison du Maroc.
00:14:02Tout le monde me dit
00:14:03alors, ça y est.
00:14:04Et à la fin,
00:14:05j'ai dit oui, oui,
00:14:05il est né,
00:14:06ça fait 15 jours.
00:14:07Et je l'ai appelé Shams.
00:14:08Et il n'était pas encore né.
00:14:09C'est 15 jours plus tard
00:14:09qu'il est né.
00:14:11Après, je crois que
00:14:12j'ai appelé ma fille
00:14:13Assad
00:14:14parce que je me suis dit
00:14:15bon, il y a des généraux
00:14:17ou des machins
00:14:17qui s'appellent Assad.
00:14:18J'ai dit pourquoi
00:14:19ça ne serait pas une femme ?
00:14:20Alors donc,
00:14:20j'ai donné ce nom
00:14:22à ma fille qui est Assad.
00:14:23Et puis Anoual,
00:14:24c'est en souvenir
00:14:25à la grande bataille d'Anoual
00:14:27que j'ai donnée à mon fils
00:14:28qui est très blondiné.
00:14:29Il le sait.
00:14:29Il sait qu'il porte le nom
00:14:30de Anoual
00:14:31qui est une bataille
00:14:32qui est quelque chose
00:14:33de fantastique
00:14:34dans l'histoire du Maroc
00:14:36comme toutes les choses fantastiques.
00:14:37Voilà.
00:14:39Alors, votre fils
00:14:40Shams se destine,
00:14:42Mathilde.
00:14:42Il fait des études
00:14:43d'informatique
00:14:44mais il ne va pas
00:14:45très souvent en cours.
00:14:46En tout cas,
00:14:46c'est ce qu'il m'a dit.
00:14:48Il souhaite faire
00:14:49une carrière artistique
00:14:50de la peinture.
00:14:52Alors, est-ce que
00:14:52vous allez l'encourager
00:14:53dans cette voie ?
00:14:54Je n'ai pas besoin.
00:14:55C'est lui qui m'encourage
00:14:56de continuer
00:14:56parce que je n'ai jamais...
00:14:57Moi, j'ai toujours
00:14:58laissé mes enfants
00:14:59faire ce qu'ils ont
00:15:00toujours voulu faire
00:15:01parce qu'on n'a pas
00:15:02le droit d'imposer
00:15:02à un enfant
00:15:03ce qu'il faut faire.
00:15:03Déjà, il se découvre lui-même.
00:15:05On ne m'a jamais dit
00:15:06pourquoi tu fais du théâtre.
00:15:08On m'a dit
00:15:08que tu ne mangeras jamais
00:15:09avec le théâtre.
00:15:10Ça, c'est une autre histoire
00:15:11car on finit toujours
00:15:12par manger
00:15:13grâce au soutien
00:15:14des amis
00:15:14et à tout le monde.
00:15:15Mais non,
00:15:16je laisserai mes enfants
00:15:16faire vraiment
00:15:17ce qu'ils veulent faire
00:15:18parce que c'est comme ça
00:15:18qu'ils pourront s'accomplir.
00:15:19On ne peut pas imposer.
00:15:20Vous auriez souhaité
00:15:21qu'ils fassent du cinéma ?
00:15:22Non.
00:15:23Non ?
00:15:23Moi, je suis ravi
00:15:24qu'ils fassent de la peinture
00:15:25parce que je pensais
00:15:26que mes enfants
00:15:27n'allaient pas être artistes.
00:15:27Moi, ma fille, par exemple,
00:15:28qui a 19 ans,
00:15:29elle a écrit trois romans
00:15:30et elle cherche
00:15:31à les faire éditer.
00:15:33Voilà.
00:15:34Bon, mais donc,
00:15:35ils se lancent
00:15:35suivant leurs sensations,
00:15:37leur envie de vivre,
00:15:38d'assumer leur vie.
00:15:39Puis voilà.
00:15:41Le petit,
00:15:41il aura bientôt 15 ans.
00:15:43Je ne sais pas ce qu'il va...
00:15:44Il est dans l'informatique,
00:15:45lui aussi, d'ailleurs.
00:15:46Mais vous savez,
00:15:46l'informatique,
00:15:47je crois que ça mène
00:15:47vers la philosophie
00:15:48ou quelque chose.
00:15:49C'est bizarre,
00:15:49cette histoire d'informatique
00:15:50parce que c'est étonnant.
00:15:51Ils avaient toujours
00:15:52leur truc d'informatique.
00:15:53L'informatique,
00:15:54et puis t'es un coup,
00:15:54plaf,
00:15:55ils ne peuvent plus
00:15:55supporter les maths,
00:15:56ils ne peuvent plus
00:15:56supporter ça.
00:15:57Ils veulent s'ouvrir
00:15:58sur ce qui est humain.
00:15:59Peut-être qu'il faut
00:15:59humaniser l'informatique.
00:16:00Peut-être que ça existe,
00:16:01je ne sais rien.
00:16:03Qu'est-ce que ça vous fait ?
00:16:04J'aimerais revenir
00:16:05sur votre image,
00:16:06votre look,
00:16:08si je puis me permettre.
00:16:10Vous avez une petite
00:16:10queue de cheval.
00:16:11Qu'est-ce que ça vous fait
00:16:11quand les gens se retournent
00:16:13sur vous dans la rue,
00:16:14soit parce qu'ils vous trouvent
00:16:15un peu original,
00:16:17soit parce qu'ils vous ont reconnu.
00:16:18Qu'est-ce que ça vous fait ?
00:16:19Ça va vous étonner
00:16:21ce que je vais vous dire.
00:16:21Il y a très rarement
00:16:22de personnes qui sont retournées
00:16:23parce que j'ai l'impression
00:16:24que je suis invisible.
00:16:25Je ne sais pas pourquoi.
00:16:27Mais c'est vrai,
00:16:27non, non, vraiment.
00:16:29Je vous assure que c'est vrai.
00:16:30Il y a des moments
00:16:31où quelqu'un vient vraiment
00:16:32te saluer
00:16:33et il prend deux secondes
00:16:35avant de te dire
00:16:36est-ce que tu es
00:16:36monsieur qui fait du cinéma.
00:16:37Moi, ça me fait plaisir.
00:16:38Je dis oui.
00:16:39Je dis enfin,
00:16:39on me reconnaît dans la rue.
00:16:40Mais vraiment,
00:16:41se retourner,
00:16:42vraiment, non.
00:16:43Écoutez, moi,
00:16:43je vous propose tout de suite
00:16:44parce que je suis allée
00:16:45interroger M. Tout le monde
00:16:46dans les rues de Casablanca.
00:16:48Je vous propose
00:16:48d'entendre quelques témoignages.
00:16:51Écoutons.
00:16:53Est-ce que vous connaissez
00:16:54Nabila ?
00:16:55Je connais à travers
00:16:58ses films.
00:16:59Deux ou trois,
00:16:59j'ai vu le...
00:17:01Goumfoudi
00:17:02et puis le gouverneur
00:17:05de l'Ivde-Chakarba
00:17:06que je pense par ça.
00:17:08Nabila,
00:17:09je peux vous lire
00:17:09un seul film
00:17:12rouménien.
00:17:14À part ça,
00:17:16à part ça, rien.
00:17:18C'est Nabila Hlou
00:17:19qui est en question.
00:17:20Nabila Hlou,
00:17:21c'est d'abord
00:17:22un grand ami de langue
00:17:23depuis Paris.
00:17:24Je suis sûr
00:17:24qu'en voyant
00:17:25une petite chose,
00:17:25il va reconnaître la tête.
00:17:27C'est un garçon
00:17:28qui n'est pas très,
00:17:29très, comment dire,
00:17:30très compris
00:17:31parce que d'abord,
00:17:33il a des idées à lui.
00:17:34Il est très,
00:17:34très particulier
00:17:35avec ses idées.
00:17:36Il a sa façon
00:17:36de procéder
00:17:37qui n'est pas celle
00:17:38de tout le monde.
00:17:39Il a son caractère.
00:17:40Je pense que c'est ça
00:17:41qui ne plaît pas beaucoup.
00:17:42Les moyens,
00:17:42il en a un peu plus
00:17:43que les autres
00:17:44parce qu'il a eu la chance
00:17:45d'avoir des amis
00:17:45qui l'ont aidé.
00:17:47Oui,
00:17:47à travers quelques-uns
00:17:48de ses films
00:17:49mais que malheureusement
00:17:50je n'ai pas vu.
00:17:51Nabila Hlou,
00:17:52non,
00:17:52je connais.
00:17:54Vous ne connaissez pas
00:17:55Nabila Hlou ?
00:17:56Oui,
00:17:56je connais.
00:17:57Qu'est-ce que vous savez
00:17:58de Nabila Hlou ?
00:18:00Un célèbre sinastre.
00:18:02Et qu'est-ce qu'il a fait ?
00:18:03Réalisateur
00:18:04du dernier amour
00:18:06quelque chose comme ça.
00:18:07Est-ce que vous connaissez
00:18:07Nabila Hlou ?
00:18:09Nabila Hlou,
00:18:09je l'ai vu
00:18:10de travailler deux hommes
00:18:12et je l'ai vu
00:18:13sur mon atelier.
00:18:14Et qu'est-ce que vous pensez
00:18:16de ce qu'il fait ?
00:18:17J'aime bien ce qu'il fait.
00:18:19J'aimerais bien faire comme lui
00:18:20mais je ne peux pas.
00:18:21Est-ce que vous connaissez
00:18:22Nabila Hlou ?
00:18:23Nabila Hlou,
00:18:24j'ai entendu ce nom.
00:18:25Oui,
00:18:26je connais pas moi.
00:18:27C'est un écrivain marocain.
00:18:29J'ai un ami
00:18:30qui s'appelle Nabila Hlou
00:18:31mais c'est pas un écrivain.
00:18:33Oui,
00:18:33on le connaît.
00:18:34Qu'est-ce que vous connaissez
00:18:35Nabila Hlou ?
00:18:36On le connaît
00:18:37à travers un certain nombre
00:18:38de films
00:18:38qu'elle a réalisés
00:18:39comme
00:18:41comment il s'appelle
00:18:44mais je vous dis
00:18:47on a du mal
00:18:48à comprendre ces films.
00:18:50Mais moi aussi
00:18:51je n'arrive pas
00:18:51à comprendre
00:18:52la finalité
00:18:54ou la mission
00:18:55qu'ils vont nous transmettre.
00:18:57Quel est
00:18:58le message ?
00:19:00Oui,
00:19:01c'est un écrivain
00:19:01c'est ça ?
00:19:03Nabila Hlou
00:19:04ça vous dit rien ?
00:19:04Ah non.
00:19:06Pas du tout.
00:19:08Est-ce que vous connaissez
00:19:08quelqu'un
00:19:09qui s'appelle
00:19:09Nabila Hlou ?
00:19:10Non.
00:19:11Non, encore pas.
00:19:13Alors,
00:19:14qu'est-ce que vous pensez
00:19:14de Nabila Hlou
00:19:15de son travail ?
00:19:16C'est un garçon extraordinaire,
00:19:17il est courageux,
00:19:18il fait du livre,
00:19:19il a déjà fait 5 films,
00:19:21moi je trouve
00:19:21c'est extraordinaire.
00:19:22Faire 5 films au Maroc
00:19:23c'est extraordinaire.
00:19:24Nabila Hlou
00:19:25pas du tout.
00:19:28Ça ne vaut rien ?
00:19:29Rien du tout.
00:19:32Ça ne vous arrange pas ça ?
00:19:35Alors, nous aurons reconnu
00:19:42au passage
00:19:42Hassan Benjiloun
00:19:43réalisateur
00:19:44de La Fête des Autres
00:19:45et vous,
00:19:46ça vous arrange ou pas ?
00:19:48D'abord,
00:19:49il faut respecter
00:19:50les...
00:19:51Je suis ravi
00:19:51vraiment de voir
00:19:53que quand même
00:19:54les gens me connaissent
00:19:55vraiment sincèrement
00:19:56ça me fait plaisir.
00:19:56Est-ce que vous ne le pensez ?
00:19:57Non, non, vraiment
00:19:58parce que j'essaye
00:19:58d'être vraiment
00:19:59le plus discret du monde
00:20:01d'ailleurs je ne sais pas
00:20:03moi je passe dans la rue
00:20:04comme n'importe...
00:20:04Bon là je suis peut-être
00:20:05avec un smoking
00:20:06j'ai l'éclairage sur moi
00:20:07mais dans ma vie privée
00:20:08je suis...
00:20:08Enfin dans ma vie naturelle
00:20:09je suis naturelle bien sûr
00:20:11mais dans ma vie normale
00:20:12je suis dans la rue
00:20:13je suis dans le souk
00:20:14je suis chez les mondains
00:20:16chez tout le monde
00:20:17j'ai ma vie tout à fait normale.
00:20:18Non, je veux dire par là
00:20:19que c'est fantastique
00:20:20quand même
00:20:21qu'on puisse voir
00:20:22sur 12 personnes
00:20:24par exemple
00:20:24la moitié
00:20:25qui a dit oui
00:20:26la moitié qui a dit non
00:20:27et pour moi c'est ça
00:20:28la démocratie
00:20:29voilà 50-50 à peu près.
00:20:31Puis vous avez remarqué
00:20:31il y a des gens
00:20:32qui connaissent
00:20:33Nabil Lahoum
00:20:34qui n'ont pas vu les films
00:20:35il y en a d'autres
00:20:35bon ça leur dit quelque chose
00:20:37ça évoque quelque chose
00:20:38mais bon sans plus
00:20:39et puis il faut dire
00:20:40que vous êtes quelqu'un
00:20:42de très médiatique
00:20:43vous savez vous servir
00:20:45des médias
00:20:47de la presse
00:20:48pourtant vous ne semblez
00:20:49pas beaucoup les porter
00:20:50dans votre coeur
00:20:51ces journalistes
00:20:52certains d'entre eux
00:20:53non plus
00:20:53et moi je vous avouerai
00:20:55quelque chose
00:20:55pour cette émission
00:20:56plusieurs grandes signatures
00:20:59de presse écrite
00:21:00m'ont opposé
00:21:01un refus
00:21:02ferme
00:21:03s'agissant de venir
00:21:04ici ce soir
00:21:05est-ce que vous savez pourquoi ?
00:21:07Pourquoi ils ne sont pas venus ?
00:21:09je ne sais pas
00:21:09je ne sais pas
00:21:09je ne dirai pas
00:21:10d'abord grandes signatures
00:21:11c'est prétentieux
00:21:12que ça veut dire
00:21:13grandes signatures
00:21:13quelques-unes
00:21:14peut-être que
00:21:15non je veux dire
00:21:15c'est d'abord
00:21:16grandes signatures
00:21:17ça ne veut rien dire
00:21:17il faut avoir la modestie
00:21:19de travailler
00:21:20non je voudrais d'abord
00:21:21revenir à
00:21:22à monsieur
00:21:23Hassan Benjloun
00:21:25dont j'ai vu le film
00:21:26à Tunis
00:21:27et je voudrais
00:21:28qu'il fasse son deuxième film
00:21:29parce que nous allons
00:21:31avoir avec nous
00:21:32bientôt un nouveau
00:21:33cinéaste
00:21:33qui a du talent
00:21:34j'espère qu'il sera
00:21:35aidé de tout le coeur
00:21:36maintenant
00:21:37vous savez
00:21:37c'est quoi le journalisme ?
00:21:39nous n'avons pas
00:21:40ce qu'on appelle
00:21:40un journalisme professionnel
00:21:42dans la mesure
00:21:43où nous avons
00:21:44ce qu'on appelle
00:21:44celui qui s'occupe
00:21:45de la critique
00:21:45celui qui s'occupe
00:21:46de cela
00:21:46or en général
00:21:47la plupart du temps
00:21:48le journaliste
00:21:49il est polyvalent
00:21:50donc il fait beaucoup
00:21:51de choses à la fois
00:21:51moi je me rappelle
00:21:52par exemple
00:21:53monsieur
00:21:54je pense Zuffrelu
00:21:55qui est très très gentil
00:21:57a écrit sur Comani
00:21:58le lendemain
00:21:59il avait parlé
00:21:59d'un rat écrasé
00:22:01dans le même journal
00:22:01je vous assure
00:22:02alors comment peut-on
00:22:03quand même parler
00:22:04de professionnel
00:22:05maintenant c'est vrai
00:22:06que des gens
00:22:06se créent dans leur tête
00:22:07des espèces de mythes
00:22:09ou de vodétariats
00:22:11en se disant
00:22:11moi j'ai une signature
00:22:12j'ai une signature
00:22:13tant mieux pour eux
00:22:14très bien
00:22:15or les journalistes
00:22:16on les respecte
00:22:17ils n'ont pas besoin
00:22:18vous n'avez pas toujours
00:22:18été très tendre
00:22:19avec eux
00:22:19au niveau du langage
00:22:20alors je suis désolé
00:22:21moi je respecte les journalistes
00:22:22je respecte les vrais journalistes
00:22:23moi je suis quelqu'un
00:22:24qui est contre
00:22:26ce qu'on appelle
00:22:26le mercenariat
00:22:27ça il n'y a rien à faire
00:22:28moi un journaliste
00:22:29c'est un homme
00:22:30qui doit être comme moi
00:22:31et je suis comme lui
00:22:32on a une passion
00:22:33on a envie de porter
00:22:34quelque chose
00:22:34on a envie d'écrire
00:22:36mais quand il s'agit
00:22:37de mercenariat
00:22:37je suis désolé
00:22:38peut-être que lorsque
00:22:39j'ai un mercenaire devant moi
00:22:41je lui dis en face
00:22:41je m'excuse
00:22:42vous ne pouvez quand même
00:22:43pas nier que
00:22:44la presse vous a fait
00:22:46très très souvent
00:22:46la part belle
00:22:47tous les journaux
00:22:50toutes tendances confondues
00:22:51vous ont très souvent
00:22:52offert un espace
00:22:53une tribune
00:22:54si bien qu'un de mes amis
00:22:56vous a appelé
00:22:57Nabil Elou
00:22:58cinéaste et homme de lettres
00:23:00absolument
00:23:01mais je m'excuse
00:23:01moi je rends hommage
00:23:03et je remercie
00:23:03tous ces hommes
00:23:04et femmes
00:23:05journalistes
00:23:06qui m'ont soutenu
00:23:07dont vous êtes
00:23:09monsieur Boual
00:23:09même si vous n'avez pas aimé
00:23:10mes films
00:23:11et c'est vrai
00:23:11ou certains de mes films
00:23:12et je suis fier de ça
00:23:13moi je vous parle
00:23:15de certains
00:23:15je m'excuse le terme
00:23:16pseudo journaliste
00:23:17et je ne fréquente pas
00:23:18ces gens là
00:23:19je m'excuse
00:23:20c'est tout ce que je veux dire
00:23:21je rends hommage
00:23:22à tous ceux qui m'ont soutenu
00:23:23qui m'ont aidé
00:23:24parce que j'allais les voir
00:23:25ils me comprenaient
00:23:25moi j'ai jamais eu de ma vie
00:23:27une attachée de presse
00:23:27je l'aurais jamais
00:23:28moi c'est moi qui vais
00:23:30taper au port
00:23:31quand j'ai sorti
00:23:32comme a dit
00:23:32je suis allé
00:23:33donc leur dire
00:23:34faites moi des carobusters
00:23:35j'ai pas de quoi les payer
00:23:36ils m'ont soutenu
00:23:37à l'opinion
00:23:38si vous admettez
00:23:40qu'il y a de bons cinéastes
00:23:41il y a quand même
00:23:42de très bons journalistes
00:23:43dans ce pays
00:23:43mais évidemment
00:23:44mais je m'excuse
00:23:44ne confondons pas la question
00:23:46mais voulez-vous
00:23:46que je vous cite les journalistes
00:23:47je suis prêt à vous les citer
00:23:48les meilleurs je vous les cite
00:23:49nous sommes pas là
00:23:50le problème
00:23:50je ne dénigre pas
00:23:52je le rends pas
00:23:53on a l'impression
00:23:54que vous crachez dans la soupe
00:23:55alors que très souvent
00:23:56je crois que la presse
00:23:58je ne fais pas allusion
00:23:59la presse nationale
00:24:00vous a même
00:24:01lorsqu'elle ne vous a pas
00:24:02encensé
00:24:03vous a quand même
00:24:04ouvert ses colonnes
00:24:05pratiquement tous les journalistes
00:24:08ont rendu compte
00:24:09soit en bien
00:24:10soit en mal
00:24:11de votre travail
00:24:12et je pense
00:24:13à mon sens
00:24:14ces gens là
00:24:15n'ont fait que leur travail
00:24:16même si très souvent
00:24:18ça vous a déplu
00:24:19je veux dire
00:24:19mais ça
00:24:20c'est jamais de l'avis
00:24:21je crois ne confondons pas les choses
00:24:22j'ai bien dit
00:24:24que je rends hommage
00:24:24à tous les journalistes
00:24:26qu'ils aimaient mes films
00:24:27ou pas
00:24:27mais moi je parle
00:24:29de ceux qui se mettent en tête
00:24:31des grandes signatures
00:24:32comme elle vient de dire
00:24:33parce que je suis contre
00:24:34le mot grand
00:24:36je m'excuse
00:24:37grand signature
00:24:38soyons modestes
00:24:40est-ce que vous n'avez pas
00:24:41l'impression
00:24:41qu'ils ont eu un peu peur
00:24:43d'engager leur réputation
00:24:45pour vous
00:24:46moi je suis inserviable
00:24:48moi je dialogue
00:24:50moi je ne suis rien
00:24:51moi je suis un petit
00:24:52je le dis
00:24:53venez dialoguer
00:24:54venez éclairer
00:24:55le public marocain
00:24:56venez lui dire
00:24:57ce qui ne va pas
00:24:58dans le cinéma
00:24:58c'est à vous de le dire
00:24:59si moi je le dis
00:25:01on va dire
00:25:01mais il dénigre tout
00:25:02il tape sur tout
00:25:03c'est à vous de venir
00:25:04vous qui écrivez sur le cinéma
00:25:06vous messieurs les
00:25:06qui avez de grandes signatures
00:25:08venez
00:25:08je pense qu'il y aura
00:25:10un nom en question
00:25:11journaliste
00:25:12et c'est là peut-être
00:25:13bon je m'excuse
00:25:14je m'excuse
00:25:15peut-être qu'on m'interprète mal
00:25:16moi je suis désolé
00:25:17je n'insulte personne
00:25:18je ne dénigre rien
00:25:18je pars du principe
00:25:21que le journalisme
00:25:22c'est une croyance
00:25:23et que lorsqu'il se transforme
00:25:25en mercenariat
00:25:26c'est à dire
00:25:26je peux écrire sur toi
00:25:27sans rien voir de toi
00:25:28en disant du bien
00:25:29ou du mal
00:25:30je ne crois pas
00:25:31à ce journalisme
00:25:31je suis désolé
00:25:32voilà
00:25:32nous avons vu vos films
00:25:34et nous allons nous les remémorer
00:25:36brièvement
00:25:37quelques extraits
00:25:38tout de suite
00:25:39donc les extraits
00:25:41de vos 5 films
00:25:42aïe
00:25:50aïe
00:26:04aïe
00:26:08aïe
00:26:09C'est parti !
00:26:39C'est parti !
00:27:09Monsieur le Président, que feriez-vous si votre peuple serait Voltaise ?
00:27:14Monsieur le Président, la presse étrangère pense que vous n'en avez pas pour longtemps.
00:27:27Et c'est pour cette raison que vous avez mis vos milliards aux USA.
00:27:30Madame la Présidente, vous êtes le seul, arrêtez-moi si je me trompe, avec Abdelham Sibahi et bientôt Sual Ben Barka.
00:27:57Avoir fait cinq films dans un pays où, disons-le, le cinéma en est encore, l'industrie cinématographique plutôt, en est encore à ses balbutiements.
00:28:05Alors moi je voudrais reprendre un extrait d'une interview que vous avez donnée il y a quelques mois à un magazine.
00:28:10Je vous cite donc.
00:28:11Pour voir un film, il faut la protection de Dieu, la grâce de Dieu, le talent offert par Dieu.
00:28:17Quant à l'argent nécessaire pour le trouver, il faut se battre, pleurnicher ou mendier, c'est mon cas.
00:28:23Alors comment vous avez fait par exemple pour trouver l'argent, pour financer Comani ?
00:28:28Je sais que vous avez vendu des cassettes. Est-ce que vous pouvez nous expliquer, nous raconter un peu ça ?
00:28:33Comani, c'est le film qui a demandé le plus de moyens.
00:28:35J'ai fait des coffrets de mes quatre premiers films et je voudrais ici en profiter pour remercier tous ceux qui me les ont achetés.
00:28:42Il y en a qui m'ont pris pour 20 000 dirhams, pour 40 000 dirhams, pour 50 000 dirhams et jusqu'à 100 000 dirhams, etc.
00:28:47Donc on a ramassé une grande somme d'argent qu'on a mis dans le film.
00:28:50J'ai contracté deux prêts bancaires que je n'ai pas encore remboursés.
00:28:54Je voudrais rassurer les banquiers que je le ferai, ça c'est sûr et certain.
00:28:58J'ai aussi reçu d'amis, ce que j'appelle le mécénat, qui m'ont donné de l'argent sans rien en contrepartie.
00:29:05Et puis j'ai reçu en argent 20 millions de centimes d'un monsieur, d'un homme gentil qui croit au lard,
00:29:12c'est monsieur Adrien Telkes de Nixdorf Computer.
00:29:16Et tout le monde m'a soutenu, j'ai fait ce film.
00:29:19Les acteurs étaient merveilleux, ce film a été fait grâce à cette solidarité.
00:29:23Et puis quand même, c'est un film que j'ai fait avec une équipe algérienne.
00:29:27C'était une première expérience entre nos deux pays, sur le plan bien sûr privé.
00:29:31Il est ce qu'il est ce film, il est fait, je pense à un autre.
00:29:35Mais pour revenir à votre question, je pense que si on avait donné les moyens à tous les cinéastes marocains,
00:29:42ils auraient fait des films.
00:29:43Parce qu'en vérité, nous sommes en train de vivre un véritable drame.
00:29:47Je pense sur le plan des cinéastes et des artistes.
00:29:50Vous savez quand un artiste qui porte en lui l'enfantement d'un projet,
00:29:56il est enceinte, entre guillemets je le dis, de films et de projets,
00:30:01il est commandeur, il est demandeur, il est mendiant.
00:30:05A la langue il s'use, à la langue il n'a plus d'espoir.
00:30:09Il peut sombrer dans la maladie, il peut sombrer dans l'alcool,
00:30:13il peut sombrer dans le désespoir, il peut avoir tout ça à la fois,
00:30:16et il ne peut plus créer.
00:30:18Et alors, moi je dis bravo à tous ceux qui ont fait un film ou deux, ou trois.
00:30:23Moi j'ai fait cinq, parce que je me suis bagarré.
00:30:27Et je suis sûr que mes confrères se sont aussi bagarrés.
00:30:30Peut-être qu'on m'a dit un des, je pourrais dire des,
00:30:33justement je l'ai reconnu, je me demande,
00:30:35même s'il n'est pas pilote à la Royal Air Maroc, je crois,
00:30:37il est avec moi à Paris.
00:30:37Merci pour la Royal Air Maroc.
00:30:39Je ne sais pas, non, je dis ça comme ça, non.
00:30:42Quoi, vous voulez qu'il vous paye ?
00:30:44Non, non, on leur demandera pas ça.
00:30:45Voilà, non, ce que je veux dire par là, c'est que,
00:30:47je pense qu'il a dit une chose, c'est que, effectivement,
00:30:51j'ai beaucoup d'amis, qui m'aiment, qui me supportent,
00:30:55qui acceptent de m'aider quand je tapote,
00:30:57mais ils savent que ça, je le mets dans un film.
00:30:59Je ne le mets ni dans ma poche, ni dans une maison, ni rien du tout.
00:31:02Je le mets dans un film.
00:31:04Et, en vérité, si j'avais plus d'argent,
00:31:06peut-être que je ferais aussi travailler beaucoup d'artistes,
00:31:08peut-être collaborer avec tous les artistes.
00:31:10Voilà.
00:31:11Pardon, je vais pas.
00:31:14Nabil, je suis un peu mal placée en tant que cinéaste
00:31:16pour poser des questions, car je connais bien les problèmes.
00:31:22Et que c'est vrai que c'est très difficile de dire
00:31:26pourquoi tu n'as pas fait ceci ou pourquoi tu n'as pas fait cela,
00:31:28sachant les difficultés dans lesquelles on travaille.
00:31:32Maintenant, bravo pour avoir fait cinq films.
00:31:38Tous ont quelque chose, c'est toujours Nabil.
00:31:42On reconnaît chaque fois la facture de Nabil à chaque film.
00:31:47Mais, qu'est-ce qui se passe au niveau de la structure cinématographique ?
00:31:56C'est des grands mots.
00:31:57Mais ce que je veux dire, c'est que c'est une technique.
00:31:59Le talent, tu l'as.
00:32:01Je crois que tout le monde est d'accord là-dessus.
00:32:03Des idées, tu en as.
00:32:05De l'énergie, tout ça.
00:32:07Mais il y a toujours...
00:32:08On retrouve un peu les mêmes défauts
00:32:11dans la structuration, disons.
00:32:16C'est des bons moments, avec des temps...
00:32:21Beaucoup de gens disent
00:32:22« Je ne comprends pas vos films ».
00:32:24Je crois que c'est dû à ça, je me trompe peut-être.
00:32:27Mais enfin, pourquoi ce refus ?
00:32:30Est-ce que c'est pour toi un manque de liberté
00:32:33que d'appliquer une technique ?
00:32:35Or, une technique, ça s'apprend.
00:32:38Ce n'est pas...
00:32:41Je veux dire, c'est un refus d'apprendre
00:32:42ou est-ce que c'est un refus d'utiliser ?
00:32:45Qu'est-ce qui se passe ?
00:32:46Madame Félida Bliazid,
00:32:49merci d'être venue de Tanger pour moi.
00:32:51Je vous aime beaucoup.
00:32:53Je vous aime tout court.
00:32:54Vous m'honorez.
00:32:56En vérité, je vais vous dire une chose.
00:32:58Un film, c'est toute une espèce
00:33:01d'entreprise professionnelle.
00:33:04Or, comme moi, je fais mes films.
00:33:05Je suis tout seul.
00:33:07Lorsque j'occupe 15 postes dans un film,
00:33:10je ne peux pas donner un bon film.
00:33:12Même si moi, au fond de moi-même,
00:33:13je pense qu'il a été honnête
00:33:15parce que je me suis bagarré.
00:33:16Je n'ai pas les moyens.
00:33:18Le jour où je travaillerai,
00:33:19où on travaillera tous,
00:33:21parce que nous travaillons tous de la même manière,
00:33:23le jour où nous travaillerons
00:33:24dans les normes professionnelles,
00:33:26peut-être que nous donnerons
00:33:27de grands films bienfaits techniquement,
00:33:29mais peut-être qu'ils n'auront pas d'âme.
00:33:31Peut-être qu'ils n'auront pas d'âme.
00:33:33Donc c'est ça, tu as peur de la technique
00:33:35par rapport à...
00:33:36Non, je n'ai pas peur de la technique.
00:33:37La technique, c'est rien du tout.
00:33:38La technique, je vous assure,
00:33:39ça ne veut rien dire, la technique.
00:33:41Il faut garder son identité.
00:33:44Moi, je crois en ce que j'ai fait.
00:33:46Ils sont peut-être maladroits, ils sont ceux-ci.
00:33:49Mais faisons un voyage
00:33:50à travers toute la cinématographie mondiale.
00:33:54Moi, je suis fier parfois de voir
00:33:56que certains films japonais,
00:33:58comme tu connais,
00:34:00qui maintenant ressortent,
00:34:01avec leurs défauts et tout,
00:34:02parce que c'est une âme là-dedans,
00:34:04il y a l'âme.
00:34:04S'il n'y a pas d'âme,
00:34:06il n'y a rien.
00:34:07Or, faire un film,
00:34:09James Bond faisait des milliards.
00:34:12Est-ce qu'il y a une âme dans tout ça ?
00:34:13Il y a un divertissement bien fait.
00:34:15Or, nous,
00:34:17pas notre problème,
00:34:19nos préoccupations,
00:34:20c'est d'abord qu'on doit s'adresser
00:34:21à notre public.
00:34:23Il est vrai que j'ai une manière
00:34:24de réaliser qui déroute un peu,
00:34:27mais je suis persuadé
00:34:28que si on veut suivre le film,
00:34:30ça ne déroutera pas.
00:34:32Et ça, ça déroute
00:34:33parce que souvent,
00:34:34et là nous allons sûrement
00:34:35aborder ce problème,
00:34:37les salles au Maroc
00:34:38ne sont pas du tout
00:34:40bien équipées
00:34:41au niveau de la projection
00:34:42et du son.
00:34:43C'est vrai, nous allons y revenir,
00:34:45mais il y a quand même
00:34:45une certaine complexité,
00:34:47une certaine ambiguïté
00:34:48dans vos films,
00:34:49plusieurs histoires,
00:34:50plusieurs idées
00:34:51qui s'embriquent
00:34:52les unes aux autres.
00:34:53C'est volontaire ?
00:34:54Vous avez parlé de la technique,
00:34:55bon, il y a un problème
00:34:57de moyens aussi,
00:34:57mais toutes ces idées
00:34:59comme ça dans un même film,
00:35:00comme si à chaque fois,
00:35:01c'était votre dernier film
00:35:02et que vous aviez envie
00:35:03de tout mettre
00:35:04dans ce film.
00:35:06Farida a raison
00:35:07et donc quand elle dit
00:35:09une maîtrise de la technique,
00:35:11en vérité,
00:35:11ce n'est pas une maîtrise
00:35:12de la technique,
00:35:13mais elle a raison
00:35:13dans un certain sens
00:35:14parce que c'est une maîtrise
00:35:16en vérité de la technique
00:35:17du scénario.
00:35:18Voilà, je ne parle même pas
00:35:19de technique machine.
00:35:20J'ai très, très bien compris.
00:35:21Je parle de technique
00:35:22de structure,
00:35:24de la narration,
00:35:26de l'élipse,
00:35:26la transition,
00:35:27des petites choses comme ça
00:35:28qui font que le récit
00:35:29est abordable
00:35:32pour le spectateur.
00:35:33Je l'ai compris.
00:35:34C'est pourquoi je vais en revenir
00:35:36donc à ça
00:35:36parce que c'est très juste.
00:35:38C'est-à-dire que voilà,
00:35:39vous savez,
00:35:40chacun,
00:35:41il a envie,
00:35:41non pas de laisser des œuvres
00:35:43derrière lui,
00:35:44parce que comme a dit
00:35:45un grand philosophe,
00:35:47j'ai oublié son nom,
00:35:48il a dit
00:35:48la gloire,
00:35:49c'est une farce.
00:35:50Non,
00:35:50ce qui est un petit peu terrible,
00:35:53c'est que nous,
00:35:54en tant que créateurs
00:35:55ou artistes créateurs
00:35:56avec toute modestie marocain,
00:35:58on a envie de travailler très vite.
00:36:00Et dans un film,
00:36:01du moins,
00:36:02en ce qui me concerne,
00:36:03j'ai envie de mettre
00:36:03beaucoup d'idées
00:36:04et beaucoup de problèmes
00:36:05à la fois.
00:36:06Parce que,
00:36:06vous l'avez très bien dit,
00:36:07j'ai peur de ne pas pouvoir
00:36:08faire un autre film.
00:36:09Comme me dit quelqu'un
00:36:10ou comme me disent
00:36:11beaucoup de gens,
00:36:13dans ton film,
00:36:13il y a plusieurs films
00:36:14à la fois.
00:36:15Peut-être qu'il faut
00:36:15que j'apprenne justement
00:36:16cette espèce de discipline
00:36:18et de me contenter
00:36:19d'un film.
00:36:20Ils se sont rencontrés,
00:36:22ils sont allés en boîte,
00:36:23ils sont sortis,
00:36:24ils sont allés prendre une glace,
00:36:26ils sont rentrés à la maison,
00:36:27ils ont flirté,
00:36:28après ils sont allés voir les parents,
00:36:29ils se sont mariés,
00:36:30ils ont eu des enfants.
00:36:31Peut-être, peut-être.
00:36:32C'est un bon cinéma.
00:36:34Nabil El-Hlou aussi,
00:36:35s'il vous plaît.
00:36:36Nabil El-Hlou,
00:36:37on a dit ça et là
00:36:38que le cinéma national
00:36:40n'existait pas,
00:36:42qu'il y avait seulement
00:36:43des films marocains.
00:36:44Moi, je serais tentée de dire
00:36:46qu'il n'y a pas
00:36:46de cinéma national.
00:36:48Je le dis en guise de boutade,
00:36:49il n'y a pas de cinéma national.
00:36:51Il n'y a même pas
00:36:52de films marocains.
00:36:53Il y a tout simplement
00:36:54des cinéastes.
00:36:54Je me demande
00:36:55dans quelle mesure
00:36:56le cinéma d'auteur
00:36:58que vous pratiquez
00:36:58dans ce pays
00:36:59n'a pas tué
00:37:01réellement le cinéma.
00:37:07Mon cher,
00:37:09si Mohamed,
00:37:09tu as parfaitement le droit
00:37:10de te poser cette question,
00:37:12mais je pense que
00:37:13si nous voyons l'expérience,
00:37:15par exemple,
00:37:16qu'a eu le courageux
00:37:17le producteur privé
00:37:19Simohamed Bluretti
00:37:20avec Doumou El-Nadam,
00:37:22qui est un film
00:37:23qui a très bien marché commercialement,
00:37:24qui a très très bien marché,
00:37:27c'est-à-dire,
00:37:28il a fait peut-être
00:37:28cent fois plus d'entrées
00:37:29que mes films,
00:37:31pour ce producteur,
00:37:32ça n'a pas été suffisant
00:37:33pour reprendre
00:37:34un deuxième film.
00:37:36Parce que le film marocain,
00:37:37en tout cas,
00:37:38il ne pourra jamais,
00:37:40jamais,
00:37:40rapporter de l'argent,
00:37:42même pas le un dixième
00:37:44de son prix de revient.
00:37:45ce n'est pas que nous faisons
00:37:47des films pour l'étranger,
00:37:48loin de là,
00:37:49mais peut-être qu'un jour
00:37:50l'étranger,
00:37:51quand il aura un regard
00:37:52juste sur nous,
00:37:53il verra qu'il y a
00:37:54des chefs-d'oeuvre chez nous.
00:37:55J'en suis convaincu.
00:37:56Je suis convaincu.
00:37:57Mais l'étranger,
00:37:58il a un regard paternaliste
00:38:00sur notre cinéma.
00:38:02Et tant qu'il a ce regard
00:38:03paternaliste,
00:38:05il ne faut pas lui faire
00:38:06les films qui lui plaisent.
00:38:07Parce que souvent,
00:38:08et on le sait,
00:38:09à travers le Maghreb arabe,
00:38:11beaucoup de gens
00:38:11préparent leurs films
00:38:12pour les festivals et tout ça.
00:38:14Moi, j'ai peut-être
00:38:14la prétention,
00:38:16je le dis en toute modestie,
00:38:17mais je le dis la prétention,
00:38:18de dire à l'étranger,
00:38:19moi, je fais mieux que toi.
00:38:21J'ai cette prétention.
00:38:22Non, mais ce qui est intéressant
00:38:23de savoir, Nabil...
00:38:24Le cinéma n'a pas tué.
00:38:25Le cinéma d'auteur
00:38:26ne peut pas tuer le cinéma.
00:38:27Il est en train,
00:38:28au contraire,
00:38:29d'éduquer un public.
00:38:30Parce que ce n'est pas
00:38:31avec la danse du ventre,
00:38:32avec le divertissement
00:38:33et la violence
00:38:34que nous allons faire un public.
00:38:36Ça, c'est mon point de vue personnel.
00:38:37Mais ceci dit,
00:38:38vu qu'il n'y a pas de production,
00:38:40à savoir,
00:38:40quand il y a un film marocain,
00:38:42il y en a un tous les 3 ans,
00:38:43tous les 2 ans,
00:38:44sauf l'époque
00:38:45où il y a eu
00:38:45presque 2 par an,
00:38:46mais qui étaient faits
00:38:47avec des petits moyens.
00:38:48Donc, c'est ça, le problème.
00:38:50Vous avez bien posé la question.
00:38:52Nous avons des cinéastes,
00:38:53mais nous voulons
00:38:54un cinéma national.
00:38:55Or, avoir un cinéma national,
00:38:56c'est avoir une production
00:38:57d'un minimum
00:38:58de 30 films par an
00:38:59pour permettre à tout le monde
00:39:00de travailler,
00:39:01les techniciens,
00:39:02les acteurs,
00:39:03les artistes,
00:39:03pour que les gens
00:39:04aient leur dignité
00:39:05en tant qu'artistes,
00:39:06ce qui n'est pas le cas.
00:39:07Justement,
00:39:08ce que moi,
00:39:08je trouve irritant,
00:39:10je le dis,
00:39:11je l'ai déjà dit,
00:39:12chaque fois que j'ai vu
00:39:14un de vos films,
00:39:16j'ai eu l'impression
00:39:16que vous passiez
00:39:17à côté de quelque chose
00:39:19d'essentiel.
00:39:20Et j'ai même dit
00:39:21que vous avez du talent,
00:39:22vous êtes doué,
00:39:23parce que vous êtes doué
00:39:24pour rater des chefs-d'oeuvre.
00:39:26C'est vrai que beaucoup
00:39:27de cinéastes
00:39:27ratent des films moyens
00:39:29ou à peine valables.
00:39:31Vous avez le privilège
00:39:32de rater des chefs-d'oeuvre.
00:39:33Mais ce qui est,
00:39:35et je l'ai déjà dit,
00:39:36une fois,
00:39:36ce qui est irritant
00:39:37chez les cinéastes
00:39:38de chez nous,
00:39:40c'est qu'ils font preuve
00:39:41d'un amateurisme
00:39:42absolument incroyable
00:39:46dans la mesure
00:39:47où la plupart du temps,
00:39:49ils ont recours
00:39:49à des non-professionnels
00:39:51pour faire des films
00:39:52qui ont la prétention
00:39:53d'être des films.
00:39:54Et il ne faut pas oublier
00:39:55que le cinéma,
00:39:57c'est un plaisir
00:39:57d'abord et avant tout
00:39:58pour les yeux
00:39:59et pour l'oreille.
00:40:01Or,
00:40:01la plupart des films
00:40:02qu'on voit
00:40:03n'a absolument rien,
00:40:04ne ressemblent en rien
00:40:05à un film.
00:40:08Et il y a des exemples...
00:40:11Alors moi,
00:40:11est-ce que vous vous êtes interrogé
00:40:12sur la portée
00:40:14de votre discours
00:40:14cinématographique justement ?
00:40:16Qu'est-ce qu'être cinéaste
00:40:17dans un pays
00:40:18qui s'appelle le Maroc,
00:40:19qui est le vôtre
00:40:20et qui est le mien ?
00:40:21Je ne me suis jamais posé
00:40:22cette question,
00:40:23je crois,
00:40:23et je ne me la poserai jamais,
00:40:24je crois,
00:40:24sincèrement.
00:40:25Mais pour revenir à ça,
00:40:27vous,
00:40:27enfin toi,
00:40:28excuse-moi,
00:40:29j'adore tutoyer,
00:40:30toi,
00:40:31tu es d'un niveau.
00:40:33Or,
00:40:34lorsque tu trouves
00:40:35que tel film
00:40:35n'a aucune valeur,
00:40:37un autre spectateur
00:40:37d'un autre niveau
00:40:38trouve que c'est un chef-d'oeuvre.
00:40:40Vous savez,
00:40:40l'humanité,
00:40:41il y a des inégalités
00:40:43au niveau de la pensée
00:40:44de tout.
00:40:45Or,
00:40:45on ne peut pas condamner,
00:40:46c'est ça le problème.
00:40:47Le critique,
00:40:47il vient avec des schémas
00:40:48et je ne parle pas
00:40:49de tant qu'héritique
00:40:49loin de là.
00:40:50Et il a un moule
00:40:51dans sa tête,
00:40:52donc il raisonne comme ça.
00:40:53En vérité,
00:40:55le cinéaste,
00:40:55il fait ce qu'il peut.
00:40:56Il a du talent,
00:40:57il a du génie,
00:40:59il a de la technique,
00:41:00il a ceci.
00:41:01Moi,
00:41:01je ne me pose pas
00:41:02la question du discours
00:41:03cinématographique
00:41:03parce que pour moi,
00:41:04c'est de la théorie.
00:41:05Les théoriciens
00:41:06n'ont jamais su visualiser.
00:41:09Ils ne visualiseront jamais.
00:41:11C'est pourquoi j'ai dit
00:41:12jamais je ne serai philosophe
00:41:13parce que les philosophes
00:41:14non plus
00:41:14ne peuvent pas visualiser.
00:41:15Et ça,
00:41:16c'est très important.
00:41:17Je voudrais revenir
00:41:17sur ce que vous avez dit
00:41:18tout à l'heure
00:41:19au niveau de la distribution,
00:41:20donner deux chiffres
00:41:21pour éclairer un peu
00:41:21nos téléspectateurs,
00:41:23dire que de 84 à 88,
00:41:25seulement deux films marocains
00:41:27ont été distribués
00:41:28alors que 613 films américains
00:41:31l'ont été
00:41:31et 285 films français,
00:41:35deux films marocains
00:41:37distribués en quatre ans.
00:41:39Ce n'est pas beaucoup.
00:41:40Trois films plutôt,
00:41:41je crois.
00:41:42De 84 à 88.
00:41:44Ah oui, de 88,
00:41:45pardon,
00:41:45parce que moi,
00:41:45le mien,
00:41:46je l'ai distribué moi-même
00:41:46en 89.
00:41:47Je m'excuse,
00:41:48je suis désolé.
00:41:49Vous savez,
00:41:51le problème,
00:41:52moi j'ai distribué
00:41:53mon film moi-même,
00:41:54j'ai beaucoup d'amis
00:41:54qui sont distributeurs,
00:41:56que je respecte,
00:41:57qui sont cultivés,
00:41:58qui sont adorables,
00:41:59etc.
00:42:00Mais le problème,
00:42:01c'est qu'il est arrivé
00:42:03à un moment donné,
00:42:04on vous dit,
00:42:04bon,
00:42:04le festival du cinéma national,
00:42:06et ça,
00:42:07ça a été vraiment
00:42:07le leitmotiv
00:42:08que je trouvais
00:42:09chez tous les distributeurs,
00:42:10a tué le film marocain.
00:42:13Mais comment peut-on dire ça ?
00:42:14Le festival du cinéma national marocain,
00:42:17c'est-à-dire en 85,
00:42:18le dernier,
00:42:18a tué les films marocains.
00:42:20Non.
00:42:21Bon,
00:42:21ils ont peut-être raison,
00:42:22mais il ne faut pas oublier
00:42:23que les distributeurs,
00:42:25qui sont des gens cultivés,
00:42:26je l'ai dit,
00:42:27je le répète,
00:42:28ils amènent des films.
00:42:29C'est des hommes,
00:42:31je ne veux pas dire des marchands,
00:42:32je vais les insulter loin de là.
00:42:34Ce sont des hommes
00:42:35qui font un commerce.
00:42:37Mais moi,
00:42:37je pense quand même
00:42:38qu'il faut avoir
00:42:39une fierté d'être national.
00:42:41Il ne faut pas être
00:42:42un marchand de soupe comme ça,
00:42:43amener 400 films,
00:42:44mais aider à ce qu'il y ait
00:42:45des films marocains
00:42:46et distribuer-les
00:42:47parce qu'on ne peut s'en sortir.
00:42:49Mettons-nous tous d'accord,
00:42:50tous d'accord,
00:42:50tous ensemble,
00:42:51distributeurs,
00:42:52exploitants,
00:42:52cinéastes,
00:42:53et faisons de sorte
00:42:53que nos films aient des moyens
00:42:54et que les gens aillent
00:42:56les vendre à l'étranger
00:42:56parce que c'est comme ça.
00:42:58On vend la tomate marocaine,
00:42:59on vend la tomate tunisienne.
00:43:00Celui qui a plus de bas goût
00:43:01vendra la tomate marocaine,
00:43:03la tomate tunisienne plus.
00:43:04C'est ça,
00:43:05nous avons fait un produit.
00:43:06Parce que les gens
00:43:06qui achètent,
00:43:08c'est pas des...
00:43:09C'est qu'ils achètent,
00:43:10ils ont besoin d'un produit
00:43:11pour le mettre dans une salle
00:43:11ou pour le mettre dans une télé.
00:43:13C'est peut-être
00:43:13que mes films ne seront pas achetés
00:43:14parce qu'on dira
00:43:15ils sont moches,
00:43:16on ne comprend rien.
00:43:17Mais il faut se battre pour ça.
00:43:19Il faut se donner la main
00:43:20et se battre.
00:43:21C'est vrai que
00:43:21les distributeurs
00:43:23importants de films,
00:43:25on ne va pas leur dire
00:43:26n'importez pas ça,
00:43:27mais moi,
00:43:27je pense qu'il faut y avoir
00:43:28un quota.
00:43:29Il faut avoir un protectionnisme,
00:43:30même si nous ne faisons
00:43:31qu'un film par an.
00:43:32Il faut avoir peut-être...
00:43:33Moi, je suis scandalisé
00:43:35de voir que
00:43:36les cinéastes,
00:43:37les artistes
00:43:38n'existent pas
00:43:39pour les décideurs
00:43:40à quelques rares exceptions
00:43:41et ça me fait beaucoup de peine
00:43:42alors que je pense
00:43:43qu'une nation,
00:43:45une nation ne peut
00:43:46vraiment être
00:43:47vraiment forte
00:43:48qu'avec tous
00:43:49ses intellectuels,
00:43:50ses artistes,
00:43:50ses créateurs, etc.
00:43:52Je prendrai le cas
00:43:53de votre chaîne
00:43:53pour laquelle
00:43:54je suis acquis à 100%.
00:43:56Je suis acquis,
00:43:57je la défendrai
00:43:58parce que vous évoluez.
00:43:59Pour le moment,
00:44:00on vous dit
00:44:00que vous êtes un club vidéo.
00:44:01Mais le jour,
00:44:02il y aura
00:44:02beaucoup de choses
00:44:03il y aura moins
00:44:04de films, etc.
00:44:05Mais moi,
00:44:05je pense que votre chaîne
00:44:06qui est internationale,
00:44:08il faut qu'elle soit
00:44:09d'abord nationale.
00:44:10C'est quand elle aura
00:44:11la dimension nationale
00:44:12qu'elle pourra briller
00:44:13sur le plan international.
00:44:14Et j'y crois, ça.
00:44:15Moi, je crois aussi
00:44:16que je ne veux pas
00:44:17mettre à leur place
00:44:17que les distributeurs
00:44:18doivent entrer
00:44:20dans leurs frais
00:44:21si je ne parlerais pas
00:44:23de qualité des films marocains.
00:44:24Je dirais simplement
00:44:25qu'il faut remplir les salles
00:44:27et que malheureusement
00:44:28les films marocains
00:44:29ne font pas se remplir
00:44:31les salles
00:44:31et qu'il faut gagner de l'argent.
00:44:32C'est un faux discours.
00:44:35C'est un discours
00:44:36qui n'est pas vrai.
00:44:37Et je vais vous dire pourquoi.
00:44:38Lorsque la profession
00:44:39est respectée,
00:44:41lorsque nous avons
00:44:43des gens
00:44:43ou des distributeurs
00:44:45qui sont en même temps
00:44:46qui sont cultivés
00:44:46mais qui ont quand même
00:44:47le sens du cinéma,
00:44:49ils peuvent parfaitement
00:44:50laisser une salle
00:44:51pour passer des films
00:44:52de qualité
00:44:52en essayant
00:44:53de gagner un certain public.
00:44:55C'est une question
00:44:56d'accoutilance.
00:44:57On a dépaysé un public.
00:44:58On avait un public,
00:44:59ce public est parti.
00:44:59On a rempli
00:45:00toutes les salles
00:45:01de Casablanca
00:45:02de 90 films
00:45:03de violences,
00:45:04de karaté,
00:45:05de sexe, etc.
00:45:06C'est un autre public
00:45:07qui va au cinéma.
00:45:08Maintenant,
00:45:09si on a le courage
00:45:10de laver les yeux
00:45:12à nouveau des spectateurs,
00:45:13moi je suis prêt
00:45:14pour que l'État,
00:45:14c'est-à-dire le Centre
00:45:15de Cinématographe Marocain,
00:45:16accorde des aides
00:45:17aux distributeurs marocains
00:45:19qui viendront
00:45:20avec de la qualité
00:45:21parce que c'est comme ça
00:45:22qu'on pourra imposer
00:45:24un vrai ciné international
00:45:26et défendre
00:45:27aussi nos films.
00:45:28Il est vrai
00:45:29que vous amenez
00:45:29un film marocain
00:45:30fait avec très peu
00:45:31de moyens
00:45:31qui traite d'une histoire
00:45:33d'amour ou de ceci
00:45:35alors que
00:45:36nos télévisions
00:45:37n'arrêtent pas
00:45:38de bombarder
00:45:38avec de grands films,
00:45:39les salles
00:45:40ne passent que
00:45:41de grands films
00:45:42et le Marocain
00:45:43il a beau avoir
00:45:44de la tendresse
00:45:44pour le cinéaste marocain,
00:45:46de la fierté pour lui,
00:45:47je parle du spectateur,
00:45:48à la fin il dit
00:45:49il s'ennuie peut-être
00:45:50mais nous ne sommes pas
00:45:51obligés d'imiter
00:45:52les Américains
00:45:53ou les Européens.
00:45:54C'est là où les gens
00:45:55tombent dans le piège.
00:45:56Ah, ils font comme ça,
00:45:57on va faire comme ça.
00:45:58Ce n'est pas vrai.
00:45:58Il faut qu'on ait
00:45:59et qu'on garde
00:46:00notre sensibilité,
00:46:01notre poésie
00:46:01et qu'on ne gagne pas d'argent
00:46:03en tout cas nous les cinéastes.
00:46:05Maintenant les distributeurs
00:46:06il faut qu'ils soient aidés
00:46:06et qu'ils nous ouvrent
00:46:07leurs salles,
00:46:08les exploitants.
00:46:09C'est un bon point de vue.
00:46:10Le ONCF,
00:46:11l'organisme marocain,
00:46:13vend des milliers de tickets
00:46:14à des consommateurs marocains,
00:46:16des usagers marocains.
00:46:18Alors moi je me pose la question
00:46:19de savoir pourquoi
00:46:22les exploitants de salles
00:46:23n'arrivent pas à vendre
00:46:25des milliers de tickets
00:46:26de cinéma
00:46:27à des consommateurs marocains.
00:46:30C'est une question.
00:46:31Oui, absolument.
00:46:32Elle est très simple
00:46:33parce que si par exemple
00:46:34moi on me donne
00:46:35une belle salle,
00:46:36une belle salle
00:46:36et il n'y en a pas
00:46:37à Casablanca.
00:46:38Il n'y en a pas.
00:46:38Il y a de belles salles
00:46:39anciennes.
00:46:40Moi j'aimerais qu'on réinstaurer,
00:46:42comment je pourrais dire,
00:46:45on dirait,
00:46:46restaurer,
00:46:47restaurer,
00:46:47voilà,
00:46:47je cherchais le terme,
00:46:48je cherchais le terme,
00:46:49excusez-moi.
00:46:49Qu'on restaure par exemple
00:46:50ces grandes salles magnifiques
00:46:51qui sont à Casablanca,
00:46:53qu'il y ait du velours,
00:46:54qu'il y ait des tapis,
00:46:56qu'il y ait de la lumière
00:46:56partout
00:46:57et qu'il y ait un film,
00:46:59qu'on fasse un film vidéo
00:47:00avant sur toutes ces salles
00:47:01et que ce film soit projeté
00:47:03sur un écran
00:47:03chaque fois que les spectateurs
00:47:04arrivent
00:47:04pour qu'ils voient
00:47:05dans quel état
00:47:06étaient les salles
00:47:07et comment elles sont maintenant
00:47:08et qu'on leur donne de la qualité
00:47:09et qu'on crée la fête à nouveau.
00:47:11Maintenant dans ces salles-là,
00:47:12nous,
00:47:13en tout cas moi personnellement
00:47:14et avec mes amis,
00:47:15nous sommes prêts
00:47:15à aller taper aux banques,
00:47:17à taper,
00:47:17tenez,
00:47:17achetez-nous pour mille places
00:47:19mais ils vous achèteront
00:47:20tout de suite
00:47:20mais ils iront
00:47:21dans une belle salle.
00:47:22Moi je l'ai fait pour Comanie.
00:47:24Il y avait 4 ou 5 banques
00:47:25qui étaient prêtes
00:47:26à m'acheter mille places chacune
00:47:27mais après quand j'ai vu
00:47:28l'état des sièges,
00:47:30l'état de l'écran,
00:47:31j'ai dit je ne peux pas,
00:47:32je vais insulter ces gens-là
00:47:33qui ont accepté de m'aider
00:47:34et je vous assure que c'est vrai.
00:47:37Je pense que si le film est ennuyé,
00:47:38même si la salle est belle,
00:47:40ça va être difficile
00:47:40d'attirer un public
00:47:41dans ces salles.
00:47:42Non, je parle sur le plan marocain.
00:47:44Même sur le plan marocain.
00:47:45Je ne vais quand même pas
00:47:46vendre des billets
00:47:47pour un film américain.
00:47:48Non, je parle de la production.
00:47:49Oui, sur le plan marocain éventuellement.
00:47:50Le problème est sur le plan marocain,
00:47:52justement,
00:47:53quand on voit des films étrangers,
00:47:56il y a déjà toute une publicité
00:47:57qui est faite d'avance.
00:47:59Oui, la commercialisation de ces...
00:48:00Les films marocains,
00:48:02souvent pas,
00:48:02on ne sait même pas
00:48:03qu'ils sont passés.
00:48:04Qui c'est qui doit s'occuper
00:48:04de cette promotion ?
00:48:06Est-ce que c'est encore le réalisateur ?
00:48:08Hélas, c'est souvent le cas.
00:48:10Parce que sinon,
00:48:11c'est un petit peu comme dans la presse.
00:48:12Bon, on forme des journalistes.
00:48:14Nous avons un institut de journalisme.
00:48:16Comme on a un institut d'art dramatique.
00:48:18Alors, par exemple,
00:48:19vous avez des tas d'organismes
00:48:20qui n'ont même pas
00:48:21de ce qu'on appelle
00:48:21l'attaché de presse.
00:48:23C'est la moindre des choses
00:48:24d'avoir un attaché de presse.
00:48:25Parce que c'est la politesse.
00:48:28La moindre des choses.
00:48:28L'attaché de presse,
00:48:29il se gère beaucoup de choses.
00:48:30Il faudrait qu'il y ait
00:48:30des traditions comme ça.
00:48:31C'est international.
00:48:33C'est tout à fait naturel.
00:48:34La même chose, par exemple,
00:48:35pour l'école qui forme les comédiens.
00:48:36Parfois, ils ne savent pas où aller.
00:48:38Alors qu'il y a des possibilités
00:48:39qu'ils trouvent du travail.
00:48:40Et tout ça, parce que c'est nous,
00:48:41en tant qu'artistes,
00:48:42ou en tant que cinéastes,
00:48:43ou hommes de théâtre,
00:48:44si nous avions des possibilités
00:48:46de travailler,
00:48:46tout le monde travaillerait.
00:48:48Or, c'est chaque fois,
00:48:50chacun qui essaie un petit coup.
00:48:52Voilà.
00:48:53Et ce n'est pas
00:48:54qu'on soit individualiste.
00:48:55Loin de là.
00:48:56On a envie tous d'être ensemble.
00:48:58Tous d'être ensemble.
00:48:59Mais il se trouve
00:48:59qu'on n'a pas les moyens.
00:49:01Moi, j'aimerais bien
00:49:01qu'on puisse avoir
00:49:02une espèce de local,
00:49:04à la manière des Rotariens,
00:49:06peut-être pas tout à fait,
00:49:07pour que tous les artistes
00:49:08se rencontrent,
00:49:09les comédiens,
00:49:10les metteurs en scène,
00:49:11les scénaristes,
00:49:11qu'on soit ensemble,
00:49:12qu'on s'embrasse,
00:49:13qu'on échange des idées,
00:49:14qu'on prenne un café,
00:49:14qu'on discute.
00:49:15Il n'y a rien de tout ça.
00:49:16Alors, le désespoir,
00:49:18il est au café,
00:49:19il est à souci,
00:49:20il va dans les productions étrangères
00:49:22avec toute sa valeur,
00:49:23avec tout son passé de comédien,
00:49:27C'est insupportable.
00:49:29C'est insupportable.
00:49:30C'est insupportable.
00:49:31J'aimerais que nous écoutions,
00:49:33et là, on va parler de production,
00:49:34on n'a pas encore beaucoup parlé,
00:49:36j'aimerais que nous écoutions
00:49:37trois témoignages,
00:49:38trois personnes du métier,
00:49:39un cinéaste,
00:49:41un comédien qui a travaillé
00:49:42avec vous sur scène,
00:49:43et puis un producteur.
00:49:45Alors, je vous propose
00:49:46de les écouter tout de suite.
00:49:50Une pièce de théâtre
00:49:51qui s'appelle Les Tortues,
00:49:53avec plus de 25 comédiens
00:49:55sur scène.
00:49:55Et il a terminé son cycle théâtral
00:49:58avec Chéris Matoury
00:50:00tout seul sur scène.
00:50:02Donc, à partir de là,
00:50:04il pensait peut-être faire
00:50:06le même itinéraire dans le cinéma.
00:50:07Or, le cinéma,
00:50:08c'est beaucoup plus
00:50:09un travail d'équipe.
00:50:12C'est une...
00:50:12C'est une industrie.
00:50:15Évidemment,
00:50:17dans son esprit,
00:50:18c'est tourner un film,
00:50:21il faut s'amuser en le tournant.
00:50:22et autrement,
00:50:24il vaut mieux s'abstenir.
00:50:25C'est un peu sa conception.
00:50:28Mais le cinéma,
00:50:30qui est une écriture différente
00:50:32du théâtre,
00:50:33qui demande la mise en œuvre
00:50:35d'un certain nombre
00:50:36de techniciens,
00:50:39exige peut-être
00:50:40une autre forme
00:50:41d'aborder
00:50:42l'écriture cinématographique.
00:50:45Vous avez vu ces films
00:50:46et est-ce que vous les avez aimés ?
00:50:49Quels sont pour vous
00:50:50les défauts de ces films
00:50:51ou leur qualité ?
00:50:52Est-ce que vous avez aimé ces films ?
00:50:54Non, j'aime ces films
00:50:55dans la mesure où,
00:50:57dans notre société,
00:50:58nous sommes en train
00:50:59de perdre
00:50:59tout le sens de l'humour,
00:51:01du comique, du rire.
00:51:03Et dans les films
00:51:03de Noabil Elou,
00:51:04je ris.
00:51:08Moi, je pense
00:51:09qu'il aurait dû...
00:51:11Si je prends Noabil Elou
00:51:17en tant que cinéaste,
00:51:18je peux le voir
00:51:20sous différentes facettes,
00:51:21en tant que scénariste,
00:51:22en tant que dialoguiste,
00:51:23en tant que metteur en scène,
00:51:25en tant que directeur d'acteur.
00:51:27Mais en tant que scénariste,
00:51:28je pense que Noabil Elou
00:51:29est merveilleux.
00:51:30Dans le métier du cinéma,
00:51:32le scénariste.
00:51:34Moi, en tous les cas,
00:51:35je l'aime bien
00:51:35en tant que scénariste
00:51:36de cinéma.
00:51:38Et je considère
00:51:39que ces scénarios
00:51:40sont écrits
00:51:41filmiques, scénarios,
00:51:43se rapprochent
00:51:44de sa dramaturgie.
00:51:46Mais,
00:51:47en tant que...
00:51:48Enfin, découpage,
00:51:49montage et tout,
00:51:50bien que je ne suis pas spécialiste,
00:51:52je préfère plutôt
00:51:53Noabil Elou,
00:51:54l'homme de théâtre,
00:51:55le metteur en scène de théâtre,
00:51:56que Noabil Elou,
00:51:58le réalisateur
00:51:58ou le metteur en scène de cinéma.
00:52:03Ça ne s'est pas fait
00:52:04parce que Noabil
00:52:05est quelqu'un
00:52:06d'extraordinaire
00:52:08dans tout ce qu'il fait.
00:52:09Il est très rapide,
00:52:10ce n'est pas quelqu'un
00:52:11qui dépose un scénario
00:52:12aujourd'hui,
00:52:12qui en reparle
00:52:13dans six mois.
00:52:15Et, bon,
00:52:16on a commencé
00:52:17à en discuter
00:52:17et Noabil est arrivé
00:52:19un matin dans mon bureau
00:52:20en me disant
00:52:21ça y est,
00:52:21je tourne en 15 jours.
00:52:23Ce n'est pas possible.
00:52:23Je veux dire,
00:52:24il s'agit d'un long métrage.
00:52:25En plus,
00:52:25vous avez vu Comani,
00:52:26donc,
00:52:26c'est comme une grosse entreprise,
00:52:28ce n'est pas un film
00:52:29qu'on tourne
00:52:29dans une grande pièce.
00:52:30Je veux dire,
00:52:31il y a plusieurs décors,
00:52:32il y a beaucoup de figuration,
00:52:34on ne peut pas préparer ça
00:52:35en deux semaines.
00:52:37Il m'a dit,
00:52:37non, non,
00:52:38j'ai une équipe
00:52:39d'opérateurs algériens
00:52:40qui sont très bons,
00:52:41je tourne dans 15 jours,
00:52:42j'ai les autorisations,
00:52:43j'ai quelques accords.
00:52:45Je dis,
00:52:45en 15 jours,
00:52:46je ne peux pas te suivre.
00:52:47Nous viendrons si vous voulez
00:52:50sur les témoignages
00:52:51de messieurs Thésy et Fécacte,
00:52:52mais là,
00:52:53j'aimerais m'arrêter
00:52:53sur celui de monsieur
00:52:54Sarim Fassifiri.
00:52:56Dans vos films,
00:52:56vous faites tout,
00:52:57le scénario,
00:52:58la réalisation,
00:52:59le montage,
00:53:00vous jouez aussi,
00:53:00sauf dans Comani.
00:53:02Et puis,
00:53:02vous êtes producteur,
00:53:03là,
00:53:04vous auriez pu,
00:53:04je crois,
00:53:05dans Comani,
00:53:05vous passer de la production
00:53:06puisque monsieur Fassifiri
00:53:09s'était proposé
00:53:10pour le faire.
00:53:10Alors,
00:53:10qu'est-ce qui s'est passé ?
00:53:12Vous n'êtes pas entendu avec lui ?
00:53:14Proposer,
00:53:15ça m'étonne.
00:53:16Sincèrement,
00:53:16ça m'étonne
00:53:16parce qu'alors-là,
00:53:17j'aurais attendu.
00:53:18Non,
00:53:18non,
00:53:18je crois que
00:53:19il s'est peut-être proposé
00:53:20en disant dans un an
00:53:21quelque chose.
00:53:22Il a raison
00:53:22parce que,
00:53:24vous savez,
00:53:25un film,
00:53:25ça demande beaucoup d'argent
00:53:26et on ne peut pas,
00:53:27quand on veut le faire
00:53:28de la manière,
00:53:29comme j'ai dit tout à l'heure,
00:53:30je ne veux pas me répéter
00:53:30professionnel.
00:53:32Mais,
00:53:32voilà,
00:53:33c'est peut-être ça mon défaut.
00:53:34Quand je vois
00:53:35que je vais passer deux ans
00:53:36à attendre,
00:53:38bon,
00:53:38si j'étais fonctionnaire,
00:53:40si j'avais des rentes
00:53:41à la rigueur,
00:53:42je me dis,
00:53:42bon,
00:53:42de toute façon,
00:53:43j'ai de quoi vivre,
00:53:44etc.
00:53:45Excusez-moi,
00:53:46ce n'est même pas ça
00:53:46ce que je voulais dire.
00:53:47Nabil Lahlou,
00:53:48on dit que pour faire
00:53:49un bon film,
00:53:50il faut premièrement
00:53:51un bon scénario,
00:53:52deuxièmement,
00:53:53un bon scénario,
00:53:54troisièmement,
00:53:55un bon scénario.
00:53:56Or,
00:53:56tout le paradoxe chez vous,
00:53:58c'est que vos textes,
00:53:59que je les ai tous lus,
00:54:01sont d'une puissance très rare,
00:54:03d'une force très rare
00:54:04et ils foisonnent
00:54:06d'idées géniales.
00:54:07Or,
00:54:08quand vous les visualisez,
00:54:11on ne retrouve pas,
00:54:12cette force n'est pas
00:54:14restituée en images.
00:54:16Est-ce que...
00:54:17Je l'ai dit,
00:54:18je l'ai dit,
00:54:19je voulais faire
00:54:19comme Annie
00:54:20avec 8 milliards.
00:54:22Le jour où j'ai donné
00:54:23le premier tour de manivelle,
00:54:24j'ai dit,
00:54:25mesdames et messieurs,
00:54:25c'est un film qui devait
00:54:26être fait avec 10 milliards,
00:54:28j'ai 10 millions de centimes
00:54:29en banque
00:54:29et je vais le faire.
00:54:31Voilà.
00:54:32Et pourtant,
00:54:33le fonds de soutien
00:54:33ne s'y est pas trompé
00:54:35puisque le fonds d'aide
00:54:36au cinéma,
00:54:37qui était auparavant
00:54:39attribué à des cinéastes
00:54:41producteurs,
00:54:42parce qu'ils sont tous
00:54:43producteurs,
00:54:43les cinéastes,
00:54:44mais actuellement
00:54:46est attribué
00:54:48à un texte,
00:54:49il est attribué
00:54:50au scénario.
00:54:51Oui,
00:54:51mais il ne faut pas oublier
00:54:52que mon scénario
00:54:52a été refusé deux fois.
00:54:54Quand j'ai fait ce film,
00:54:55je l'ai déposé,
00:54:55mais non plus,
00:54:56on ne m'a pas donné
00:54:57ce que mon film pouvait
00:54:58du moins prétendre
00:54:59pour payer,
00:55:00bien sûr,
00:55:01tout.
00:55:01Enfin bref,
00:55:02on ne va pas parler de ça
00:55:02parce que ça va faire mesquins
00:55:03de parler,
00:55:04argent,
00:55:04tout ça,
00:55:04c'est stupide.
00:55:05Non,
00:55:05ce que je veux dire,
00:55:06c'est qu'un film,
00:55:06ça demande des moyens.
00:55:07Vous vous plaignez
00:55:07d'un manque d'argent pour moi.
00:55:08Non, mais non,
00:55:09je m'excuse,
00:55:09je veux répondre à ta question.
00:55:11Moi, un film pour moi,
00:55:12c'est des moyens.
00:55:13Et moi, je dis,
00:55:14si je n'ai pas de moyens,
00:55:15je fais mon film quand même.
00:55:16C'est tout ça,
00:55:16ça me regarde,
00:55:17je ne gagne pas d'argent avec ça,
00:55:19je fais un plaisir pour moi,
00:55:20mais je suis fier,
00:55:22je suis vraiment fier
00:55:23de voir comment les spectateurs,
00:55:25je dis bien les spectateurs,
00:55:26c'est-à-dire le commun des mortels,
00:55:28intellectuels,
00:55:30petites peines,
00:55:30adorent mes films.
00:55:31Et c'est ça qui me pousse
00:55:32à continuer à faire des films.
00:55:34Combien d'entrées a fait Kobani ?
00:55:36Kobani, il a dû faire
00:55:37quatre entrées le premier jour.
00:55:39Non, je plaisance,
00:55:40je parlais d'Ophélie.
00:55:41Non, non, c'est vrai,
00:55:41Ophélie, on avait joué
00:55:42devant deux personnes.
00:55:43Je me rappelle devant deux personnes
00:55:45et le deuxième jour
00:55:46devant quatre personnes.
00:55:47Non, je pense que
00:55:48je vais vous dire une chose.
00:55:50Kobani a fait exactement,
00:55:51dans les deux salles de Casablanca,
00:55:53un total de 9000 dirhams de recettes.
00:55:56Pour moi, ma part.
00:55:57Voilà.
00:55:58Quel genre d'institution
00:55:59pourrait-vous vous convenir ?
00:56:01Je n'ai jamais dit ça,
00:56:02je m'excuse.
00:56:02Je crois qu'il faut quand même...
00:56:03C'est comme des films.
00:56:05On n'a rien compris.
00:56:06C'est parce qu'on n'écoute pas
00:56:07des films, on ne les regarde pas.
00:56:08J'ai dit que j'ai refusé
00:56:10les montants parce que
00:56:11je les ai trouvés.
00:56:11Je n'ai jamais parlé
00:56:12des personnes, moi.
00:56:13Je m'excuse.
00:56:14C'est la commission
00:56:14qui vous a attribué.
00:56:15Écoutez, je n'ai pas dit
00:56:17cette commission à...
00:56:18J'ai dit, je refuse
00:56:19ce montant, c'est tout.
00:56:20J'ai le droit quand même.
00:56:21Tu es mon ami
00:56:22et tu me donnes une orange,
00:56:23je dis, je ne la veux pas.
00:56:24Et tu restes mon ami.
00:56:25Abdelham Spahy
00:56:26avait également refusé
00:56:27de la CN, je crois.
00:56:27Je ne sais pas.
00:56:28En tout cas, moi,
00:56:29je suis ravi d'avoir payé
00:56:30une partie.
00:56:31Non, ce que je veux dire
00:56:32tout simplement,
00:56:33c'est qu'on ne refuse...
00:56:35On ne renie pas les gens.
00:56:37Vous savez, le CCM,
00:56:38depuis qu'il existe,
00:56:40tantôt il a essayé
00:56:40de produire, tantôt.
00:56:41Moi, ce que je regrette
00:56:42sincèrement pour la situation
00:56:44actuelle du CCM,
00:56:45pour parler d'une manière
00:56:46très simple et très honnête,
00:56:48il faut que tous les cinéastes
00:56:49se donnent la main
00:56:50et travaillent ensemble.
00:56:52Et le CCM est responsable
00:56:54de ça.
00:56:54Parce que le CCM,
00:56:56si ça l'arrange,
00:56:57il ouvre les portes
00:56:58à tout le monde.
00:56:58Moi, par exemple,
00:57:00quand on me dit
00:57:00que tous les moyens
00:57:01sont allés dans les prestations,
00:57:02les moyens techniques
00:57:03que possède le CCM,
00:57:05tu ne peux pas trouver
00:57:06un trépied ou une caméra
00:57:07parce que, tiens,
00:57:08telle société étrangère
00:57:10est venue filmer,
00:57:10elle avait besoin d'une caméra
00:57:11pour faire peut-être
00:57:12un plan de quoi que ce soit.
00:57:13Moi, j'estime qu'il faut
00:57:14d'abord penser national
00:57:15et aider les artistes nationaux.
00:57:17Moi, je pense que le CCM,
00:57:18l'actuel CCM,
00:57:19et je parle en général
00:57:20de la direction,
00:57:21je ne parle pas des techniciens,
00:57:22je ne parle pas
00:57:24et je ne veux plus rien faire,
00:57:25il faut qu'il prenne une décision
00:57:26pour promouvoir le cinéma marocain,
00:57:28pour coproduire
00:57:29et pour se battre.
00:57:30Je ne veux pas rentrer
00:57:30dans l'état
00:57:31parce que si moi,
00:57:31je dois dire la vérité
00:57:32et ce que je pense,
00:57:33j'estime que l'actuel directeur
00:57:35du CCM,
00:57:37depuis sa nomination,
00:57:38voilà ce que je dis,
00:57:39et je le répète,
00:57:40et je ne mens pas
00:57:42parce que c'est la vérité.
00:57:44Alors, on veut
00:57:44qu'il y ait des hommes
00:57:45pour nous aider
00:57:47à avoir un bon cinéma
00:57:49et pour travailler.
00:57:50On ne peut pas dire valablement
00:57:52qu'il n'a rien fait
00:57:52puisqu'il a promulgué
00:57:54pas mal de textes
00:57:55qui sont en faveur du cinéma
00:57:57et notamment
00:57:59le fonds d'aide
00:58:01Nouvelle Formule
00:58:02dont il s'est débarrassé
00:58:04subtilement,
00:58:05habilement
00:58:05et intelligemment
00:58:06en le plaçant
00:58:07sous la tutelle
00:58:08directe,
00:58:09exclusive
00:58:10des professionnels
00:58:11du cinéma.
00:58:13Et alors qu'avant,
00:58:14on vous donnait
00:58:1520 millions de centimes,
00:58:16maintenant,
00:58:17certains cinéastes
00:58:18ont eu
00:58:19sur la présentation
00:58:20d'un scénario
00:58:21150 millions de centimes.
00:58:23Comme Ferd Gablera
00:58:24et qu'il le mérite.
00:58:26Ce que je veux dire,
00:58:27vous me dites
00:58:28il a fait,
00:58:28il a fait,
00:58:29bien sûr,
00:58:30c'était notre ami
00:58:31et j'espère qu'un jour
00:58:33il sera toujours
00:58:34notre ami.
00:58:35Mais toutes ces propositions,
00:58:36il ne faut pas oublier
00:58:37que c'est la chambre
00:58:38des producteurs
00:58:39qui les a proposées.
00:58:41Je suis absolument désolé
00:58:42parce que nous,
00:58:44depuis que nous nous réunissions
00:58:45en tant que cinéastes,
00:58:46nous ne nous faisions
00:58:46que proposer.
00:58:47et dernièrement,
00:58:49depuis le 7 mai,
00:58:50le président de notre chambre
00:58:51a envoyé une lettre
00:58:53à M. le ministre
00:58:53de l'Information
00:58:54pour lui montrer
00:58:55et démontrer par cette lettre
00:58:57que beaucoup de choses
00:58:58ne vont pas.
00:58:58Comment peut-on admettre
00:58:59que M. le directeur
00:59:00du CCM
00:59:01soit jugé parti ?
00:59:02C'est-à-dire,
00:59:03il dirige un CCM
00:59:04et en même temps,
00:59:05grâce à sa société
00:59:06d'Aoulis
00:59:07et à d'autres sociétés
00:59:07satellites,
00:59:08il prend les marchés
00:59:09et tout ce qui vient
00:59:11au niveau de la prestation
00:59:12de services.
00:59:13Il a peut-être le droit
00:59:14de le faire,
00:59:14mais qu'il ne prenne pas tout.
00:59:16Je suis absolument désolé,
00:59:17et un respect des choses.
00:59:19Moi, je ne me ferais jamais
00:59:20de prestation de services
00:59:20de toute façon.
00:59:21Ça ne m'intéresse pas.
00:59:23Mais j'estime
00:59:23qu'il y a des gens,
00:59:24comme ils le disent,
00:59:25qui sont faits pour ça.
00:59:26C'est-à-dire,
00:59:27c'est pour ça
00:59:27parce que c'est aussi
00:59:28leur passion,
00:59:28parce qu'ils veulent faire
00:59:29des choses.
00:59:30Bien que souvent,
00:59:31certaines productions étrangères
00:59:32ont beaucoup nuits
00:59:33à l'image du Maroc.
00:59:34Qu'on ne nous raconte pas
00:59:35de blagues,
00:59:36qu'on ne dise pas
00:59:36ça rapportant de vie.
00:59:38C'est du baratin,
00:59:39c'est du vent,
00:59:40c'est du mensonge.
00:59:41Et on a dit de vous que...
00:59:43Penses-tu que cela forme des gens ?
00:59:43Pardon ?
00:59:44Penses-tu que cela forme des gens
00:59:46et que ça peut donner
00:59:47des structures ?
00:59:48Ça demande un autre débat.
00:59:51Ça ne peut pas former des gens.
00:59:52Vous savez,
00:59:52je vais vous dire une chose.
00:59:54Mon film,
00:59:54le train de foudre,
00:59:55a été fait par un simple
00:59:56caméraman
00:59:56qui n'a jamais étudié,
00:59:57qui n'a pas de diplôme.
00:59:59Et ce caméraman,
01:00:00c'est Zanati.
01:00:01Il aurait pu continuer
01:00:02à faire de l'image.
01:00:03Il est maintenant
01:00:04dans le magasin
01:00:05pour essuyer les projecteurs.
01:00:06Et lorsqu'il a été invité
01:00:08par M. Suelban Balca
01:00:10qui faisait
01:00:11la bataille des trois rois
01:00:12pour travailler chez lui,
01:00:14il transportait le trépied
01:00:17pendant que les étrangers
01:00:19italiens-russes
01:00:20étaient en train
01:00:20de faire les maîtres
01:00:21et de filmer, etc.
01:00:23Alors que voilà...
01:00:24Pourquoi ?
01:00:25Parce qu'il est fonctionnaire.
01:00:26C'est-à-dire qu'il a peur
01:00:27d'une hiérarchie.
01:00:28Il a peur d'être exclu.
01:00:29Voilà la différence finalement
01:00:30entre le privé,
01:00:32dans un certain sens,
01:00:33parce que moi je suis pour le privé.
01:00:35Le privé, en tout cas,
01:00:36quand il est intelligent,
01:00:36le gars du privé,
01:00:37il te regarde,
01:00:38il dit, ce gars-là,
01:00:39il est ambitieux,
01:00:39mais avec lui je vais gagner.
01:00:41Le fonctionnaire,
01:00:42quand il te regarde,
01:00:42il dit, ce gars-là,
01:00:43il est ambitieux,
01:00:43il risque de prendre ma place.
01:00:45M. Abel Khlo,
01:00:45on a dit de vous
01:00:46et je trouve ça surprenant
01:00:48que vous avez été
01:00:49de toutes les situations,
01:00:51de tous les clans
01:00:52et donc,
01:00:53par la force des choses,
01:00:55vous avez été
01:00:55un des grands bénéficiaires
01:00:57de l'aide,
01:01:00je veux dire,
01:01:00de l'aide
01:01:01que le CCM
01:01:02attribue à certains...
01:01:05parce que j'ai fait 5 films,
01:01:06c'est tout,
01:01:07c'est tout,
01:01:07mais je m'excuse,
01:01:08j'ai déjà écrit un article
01:01:09sur ça
01:01:10et je vais le vous dire,
01:01:11je suis celui
01:01:12qui a eu
01:01:12les primes
01:01:14les plus dérisoires.
01:01:15Je suis celui,
01:01:16et je vais le dire
01:01:16cette fois-ci,
01:01:17sans prétention,
01:01:18on est compris mes films
01:01:19ou pas,
01:01:19je suis celui
01:01:20parmi ceux du Maroc
01:01:21qui ont fait
01:01:21les meilleurs films.
01:01:22Ça, je le dis
01:01:23avec fierté.
01:01:24On est quelques-uns
01:01:25à avoir fait
01:01:25les meilleurs films
01:01:26et mes films,
01:01:26quand ils sont à l'étranger,
01:01:28les gens sont heureux
01:01:29de voir que le Maroc
01:01:30a fait ça.
01:01:31Maintenant, voilà,
01:01:31parce que je me suis énervé.
01:01:32Mais je reviens
01:01:33à ce que je dis.
01:01:33J'ai toujours eu
01:01:34une mauvaise prime.
01:01:36Je m'excuse assez,
01:01:37Mohamed.
01:01:37Ça n'en a rien à votre...
01:01:38Non, non,
01:01:38le problème n'est pas là.
01:01:39Je veux dire,
01:01:40lorsqu'on donne des primes
01:01:40de 50 millions...
01:01:41Moi, je le suis...
01:01:42J'aimerais qu'on donne
01:01:42à tout le monde,
01:01:43qu'on donne 50 millions
01:01:44à des gens
01:01:45dont le film ne sort même pas.
01:01:48C'est injuste.
01:01:50Il faut donner
01:01:51les moyens
01:01:51à ceux
01:01:52qui doivent faire ce cinéma
01:01:53et permettre
01:01:54à notre pays
01:01:55de travailler dans le cinéma.
01:01:56C'est tout.
01:01:57J'aimerais, s'il vous plaît,
01:01:59et nous restons
01:01:59avec le CCM,
01:02:00vous vous êtes adressé
01:02:01lors d'une intervention
01:02:02que nous allons voir
01:02:03tout de suite,
01:02:04une intervention
01:02:04un peu particulière,
01:02:06une conférence de presse.
01:02:07Vous avez fait
01:02:08une intervention
01:02:08un peu particulière
01:02:09lors de laquelle
01:02:09vous vous adressiez
01:02:10à M. Suel Benbarca
01:02:11qui était dans la salle.
01:02:13J'aimerais que nous
01:02:13vous écoutions.
01:02:20Ce que je souhaite,
01:02:21c'est que les films
01:02:21de bonne qualité
01:02:22qui sont des films
01:02:23français en général,
01:02:24il y en a d'autres
01:02:24qui sont japonais,
01:02:25il y en a d'autres
01:02:26de toutes les nationalités
01:02:27puissent bénéficier
01:02:28d'une aide
01:02:28et de distribution
01:02:29comme c'est le cas
01:02:30chez vous en France.
01:02:31Je ne veux pas
01:02:32que ce soit la France
01:02:32qui nous donne ça,
01:02:33mais que ce soit
01:02:34le Maroc qui donne ça.
01:02:36C'est à partir
01:02:36de ce moment-là
01:02:37que nous pouvons arriver
01:02:38à avoir dans notre pays
01:02:40une bonne distribution.
01:02:42Il est primordial aussi
01:02:43que le centre cinématographique
01:02:44marocain s'oppose
01:02:45à toute cette série
01:02:47de films B, Z, X, Y,
01:02:49je ne sais pas comment
01:02:50on pourrait les appeler,
01:02:51qui sont d'une méchanceté
01:02:53visuelle et je dirais même
01:02:55au niveau sociaux ou social,
01:02:57il faut absolument,
01:02:59et je le dis franchement,
01:03:00interdire ce genre de films.
01:03:03Comment un artiste,
01:03:04un créateur
01:03:05qui a eu lui-même
01:03:06beaucoup de mal
01:03:07à s'imposer,
01:03:08à imposer son travail,
01:03:09peut-il parler
01:03:10d'interdire un travail
01:03:12quel qu'il soit ?
01:03:14C'est vrai, c'est vrai.
01:03:15Moi qui suis pour
01:03:16la liberté d'expression,
01:03:17mais je crois que
01:03:18il ne faut pas,
01:03:19vous savez,
01:03:20je vais vous dire une chose,
01:03:20le CCM,
01:03:21il a ce qu'on appelle,
01:03:23je suis contre la censure
01:03:24de toute façon.
01:03:24Mais il y a un visa de contrôle.
01:03:27Alors,
01:03:27c'est quoi un visa de contrôle ?
01:03:28Vous avez un film
01:03:29avec des scènes de nu.
01:03:31Il faut appeler
01:03:31un chat un chat.
01:03:32Il y a quand même
01:03:32une certaine vulgarité
01:03:33assez provocante
01:03:34dans vos films.
01:03:35Laquelle, par exemple ?
01:03:36Laquelle ?
01:03:37Je ne citerai que...
01:03:38Je n'ai jamais été vulgaire
01:03:39dans mes films,
01:03:39je m'excuse.
01:03:40...que Comanie,
01:03:41je parle de vulgarité
01:03:43non pas visuelle,
01:03:44mais verbale.
01:03:46Assez forte parfois.
01:03:46Ça, c'est un autre problème.
01:03:48Ça, c'est un autre problème
01:03:49parce qu'il ne faut pas confondre
01:03:50lorsque les gens
01:03:50dans la rue
01:03:51ou dans leur vie privée
01:03:52utilisent ce langage
01:03:53et dès qu'ils le voient
01:03:54sur scène,
01:03:54ils le refusent
01:03:55parce qu'ils sont eux-mêmes
01:03:56surpris.
01:03:57Ça, c'est un autre problème.
01:03:58Non, ce que je veux dire,
01:03:59je ne veux pas interdire.
01:04:00J'estime que nous n'avons pas
01:04:0110 000 salles au Maroc,
01:04:03nous avons 250 salles
01:04:04dans tout le Maroc.
01:04:05Nous avons à Casablanca
01:04:07peut-être 40 ou 50 salles
01:04:09sur lesquelles il y a peut-être
01:04:103 ou 4 ou 5 ou 6
01:04:12qui sont encore potables.
01:04:13Je ne parle pas
01:04:14de ces petites salles
01:04:14de la corniche
01:04:15où on voit très mal,
01:04:16mais qui sont très bien,
01:04:17propres,
01:04:18avec de beaux fauteuils,
01:04:18avec un écran parfait,
01:04:20mais on voit très mal
01:04:21les films.
01:04:22On a l'impression
01:04:22d'être devant une grande télé.
01:04:23Je ne parle pas de ça.
01:04:24Mais qui sont indispensables
01:04:26aussi comme ça.
01:04:27Absolument.
01:04:28Non, j'estime que quand même
01:04:29nous avons un public,
01:04:30c'est vrai,
01:04:30il y a du chômage,
01:04:31il y a des soucis.
01:04:32Alors si on dit à ce public-là,
01:04:33tiens, voilà du karaté,
01:04:34voilà du sexe,
01:04:35voilà ceci,
01:04:35voilà cela,
01:04:36je suis désolé.
01:04:38Je suis désolé.
01:04:38C'est peut-être pas le mot.
01:04:40Je retire ce que j'ai dit
01:04:41interdire en vérité.
01:04:43Mais je pourrais peut-être
01:04:44dire un autre mot.
01:04:46il faut que les distributeurs
01:04:49refusent d'acheter
01:04:49ce genre de films.
01:04:50Voilà.
01:04:53Écoutez,
01:04:53on arrive pratiquement
01:04:55à la fin de cette émission
01:04:56et moi j'aimerais,
01:04:57pour terminer,
01:04:58avant de vous donner
01:04:59le dernier mot,
01:04:59peut-être une dernière question
01:05:00à nos invités,
01:05:01que nous rendions hommage
01:05:03à un grand monsieur
01:05:04du cinéma,
01:05:05disparu il y a quelques semaines,
01:05:07quelqu'un que vous avez connu.
01:05:09La mort,
01:05:09écriviez-vous sur lui
01:05:11au moment de sa disparition?
01:05:13La mort qui tombe amoureuse
01:05:14de lui en 1984
01:05:15à la sortie de son film
01:05:17Le coiffeur du quartier
01:05:18des pauvres,
01:05:19la mort aura attendu
01:05:20six ans
01:05:21avant que le mariage
01:05:23ne se réalise.
01:05:24Hommage posthume,
01:05:44Mohamed Al-Gaïm nous a quittés
01:05:45à l'âge de 48 ans,
01:05:46nous venons de voir un extrait,
01:05:48l'extrait d'un document
01:05:49qui sera diffusé demain soir
01:05:51à 19h30 sur notre antenne.
01:05:54Mohamed Al-Gaïm a laissé
01:05:55un scénario,
01:05:56son dernier projet,
01:05:58mémoire d'exil,
01:05:59est-ce que vous seriez prêt,
01:06:01vous êtes proposé,
01:06:03pardon,
01:06:03pour le faire,
01:06:04est-ce que vous seriez prêt
01:06:05à donner vie
01:06:07à ce scénario?
01:06:08Non,
01:06:08je ne me suis pas proposé
01:06:10parce que je n'ai pas la prétention.
01:06:10Vous êtes proposé
01:06:11dans un papier que vous avez écrit.
01:06:12J'ai dit qu'il faut lui rendre hommage
01:06:13en réalisant son film,
01:06:14et là je vais vous dire une chose,
01:06:15lorsque Souhaël Banbarqa
01:06:16a eu un accident
01:06:17de brûlure
01:06:19en Guinée.
01:06:21Je suis allé à la radio
01:06:22tout de suite dire
01:06:23il faut qu'on termine
01:06:24le film de Souhaël Banbarqa.
01:06:26Vous savez,
01:06:26l'amitié,
01:06:27le travail,
01:06:27je suis pour.
01:06:28Mais quand on commence vraiment
01:06:29les intérêts,
01:06:32ceci,
01:06:32moi je me retire gentiment.
01:06:33Je ne mélange jamais ça.
01:06:36Si Mohamed Al-Gaïmou,
01:06:37c'est vrai,
01:06:38qu'il repose en paix,
01:06:39ce qu'on souhaite,
01:06:40c'est qu'on puisse tous travailler
01:06:41et lui rendre hommage,
01:06:42mais qu'on ne devienne pas tous
01:06:43des Simo Hamd Al-Gaïmou,
01:06:44je veux dire sur le plan de notre santé.
01:06:46Parce que je dis,
01:06:47on tombe de le désespoir.
01:06:49On tombe vraiment de le désespoir.
01:06:51Et je voudrais que les artistes marocains,
01:06:53tous,
01:06:54artistes,
01:06:54comédiens,
01:06:55metteurs en scène,
01:06:55cinéastes,
01:06:56musiciens,
01:06:57aient la grande dignité
01:06:58de se sentir tout.
01:06:59Voilà.
01:07:00Je voudrais tout simplement dire
01:07:02que lorsqu'on voit le monde actuellement
01:07:06qui peut exploser
01:07:08en une fraction de seconde,
01:07:10je voudrais dire une belle phrase.
01:07:13Cette phrase c'est,
01:07:14je préfère un bouquet de fleurs
01:07:17à un bataillon de chars.
01:07:21C'est le roi du Maroc qui a dit ça
01:07:23et je vous remercie beaucoup.
01:07:24Le temps qui nous a été imparti
01:07:26est pratiquement écoulé.
01:07:27Alors si vous voulez une question,
01:07:28peut-être très brièvement la réponse.
01:07:30ce que je voudrais dire moi,
01:07:32quand j'ai dit
01:07:33que Nabil El-Hilou ratait des chefs-d'oeuvre
01:07:36alors que les gens ratent des films ordinaires,
01:07:38je voulais le dire en guise d'hommage.
01:07:41Et je suis absolument convaincu
01:07:43que Nabil a l'étoffe d'un cinéaste.
01:07:46Il a même l'étoffe d'un grand cinéaste.
01:07:48Il a le mérite d'être un homme de son temps.
01:07:50Il a le mérite de prendre position
01:07:52sur tout ce qui intéresse le cinéma.
01:07:54Alors moi, la dernière question que je lui pose,
01:07:57est-ce qu'il va se décider
01:07:58à nous raconter une histoire
01:08:00au lieu de nous raconter des histoires ?
01:08:04Je ne fais qu'apprendre.
01:08:06Je te promets que je m'appliquerai la prochaine fois.
01:08:08Merci beaucoup.
01:08:08Merci beaucoup d'être venu.
01:08:09J'enchaîne en disant
01:08:11Nabil, c'est à Hollywood on t'appelle.
01:08:13On te dit voilà un contrat vérifique
01:08:14pour faire un film
01:08:16mais à condition que tu deviennes américain
01:08:18et en suivant les normes hollywoodiennes.
01:08:21Qu'est-ce que tu fais ?
01:08:22Vous savez, j'ai été invité en 1984
01:08:24par les Américains
01:08:25pour aller faire un tour là-bas
01:08:26de trois mois.
01:08:28Ils invitaient des gens
01:08:29et ils m'avaient fait remplir,
01:08:30je me rappelle parfaitement un circulaire
01:08:32et on m'avait dit justement
01:08:34qu'attendez-vous de l'Amérique ?
01:08:36J'ai dit que l'Amérique s'arrête de prendre
01:08:38pour le nombril du monde
01:08:40et je n'ai pas voyagé.
01:08:42Non, j'irai, j'irai là-bas
01:08:43si je peux avoir un billet d'avion,
01:08:45si j'ai le temps pour apprendre, pour voir
01:08:47mais je crois qu'il faut avoir sa propre dimension.
01:08:50On est en national,
01:08:52on sera formidable sur le plan international
01:08:53et j'y crois.
01:08:55On doit se battre.
01:08:56Je voudrais remercier tous ces amis
01:08:57qui sont venus là.
01:08:59Merci beaucoup.
01:08:59Merci beaucoup.
01:09:00M. Nabil Lahloo,
01:09:01votre carrière est remplie
01:09:02de films avec des idées torturées.
01:09:06Le public marocain,
01:09:07et votre entourage surtout,
01:09:08c'est que vous êtes un personnage
01:09:09rempli d'humour.
01:09:10À quand un film humoristique
01:09:11pour le public qui a envie de rire ?
01:09:13Tous ces films, il y avait de l'humour,
01:09:14il faut les voir,
01:09:15il faut avoir l'envie de les voir.
01:09:17Il ne faut pas...
01:09:18Tous mes films, il y a de l'humour,
01:09:19vous pouvez rire,
01:09:20vous pouvez trouver tout.
01:09:20Essayez d'avoir le courage de les voir.
01:09:23Le problème, c'est que souvent,
01:09:24les gens ne voient pas et parlent.
01:09:26Il faut apprendre à aimer un film
01:09:28et le voir.
01:09:29Ça viendra.
01:09:30Nous sommes en train de nous assagir tous.
01:09:33Encore mille merci à tous
01:09:34ceux qui sont venus,
01:09:35aussi bien vos amis que les miens.
01:09:37Merci beaucoup.
01:09:37Merci beaucoup.
01:09:38C'est moi qui vous remercie,
01:09:40M. Nabil Lahloo.
01:09:41Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:09:43Madame, Messieurs, bonsoir.
01:09:45Bonsoir.
01:09:46Merci de vous avoir suivis
01:09:47et à très bientôt.
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01:09:55– Sous-titrage ST' 501
01:10:00Merci.
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