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  • il y a 6 semaines
Sébastien Tellier est l'invité de Mehdi Maïzi dans l'émission “À la régulière”. Compositeur, interprète et acteur, il construit depuis plus de vingt ans une œuvre singulière : un univers où les synthés deviennent des animaux mythologiques, où l’absurde flirte avec la poésie et où chaque morceau ouvre une nouvelle zone d’exploration. Figure incontournable de la musique française, il revient aujourd’hui avec plusieurs projets très attendus : la BO d’Animal Totem, le nouveau film de Benoît Delépine — en salles le 10 décembre — mais aussi son prochain album Kiss The Beast, attendu le 30 janvier 2026, ainsi qu’une grande tournée à venir.

Retrouvez "À la régulière" sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

Catégorie

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Musique
Transcription
00:00Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans À la Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:15Et ce soir, on reçoit un artiste qui depuis plus de 20 ans réussit à exploiter à la fois un pilier de la musique française
00:21et un homme qui semble vivre dans sa propre dimension.
00:24Sébastien Tellier est avec nous.
00:26Sébastien Tellier, c'est un paysage sonore à lui tout seul, un peu de sensualité.
00:30Électrique, une pointe d'absurde, beaucoup de poésie et cette manière très singulière de faire de la musique
00:34un territoire d'exploration totale où tout peut arriver.
00:38Et justement, il arrive avec beaucoup d'actualité.
00:41D'abord, cette bande originale du film Animal Totem de Benoît Deslépines
00:44qui sort en salle ce mercredi 10 décembre.
00:46Une BO à son image, libre, hypnotique et un peu sauvage.
00:50Ensuite, un nouvel album prévu pour le 30 janvier, Kiss the Beast,
00:53qui s'annonce comme une nouvelle plongée dans sa psyché.
00:56Et puis forcément, la tournée 2026, Rouen, Nancy, Lille, Marseille et surtout l'Olympia.
01:01Enfin surtout, c'est important en tout cas, les 16 et 17 mars.
01:05Deux dates qui promettent des cérémonies plus que des concerts
01:07parce qu'un live de Sébastien Tellier ressemble toujours à un rituel atypique
01:10où l'on ressort plus lumineux qu'en entrant.
01:13Alors ce soir, on va parler musique, vision, cinéma, bêtes intérieures,
01:17synthé, liberté et métamorphose.
01:18On est avec Sébastien Tellier jusqu'à 23h à la régulière.
01:22France Inter
01:23À la régulière
01:27Medimizing
01:31Bonsoir Sébastien.
01:33Bonsoir.
01:34Comment ça va ?
01:35Ça va très bien.
01:36Eh bien, pareillement.
01:37Je suis très heureux de te recevoir.
01:39Et alors, je me permets un petit aparté personnel.
01:41C'est qu'en lisant mon introduction et en voyant la ville de Rouen,
01:44je viens de me rappeler que la seule fois de ma vie où je suis allé à Rouen,
01:46eh bien, tu jouais et tu faisais des répétitions, je crois, devant la cathédrale de Rouen.
01:50Et il y a une photo sur mon Instagram de toi qui fait des balances vers 14h, un truc comme ça.
01:54Et j'avais posté ça sur mon Instagram.
01:56Wouah, c'est super !
01:58Je te partage cette information.
01:59Ouais, mais Rouen, pas très loin.
02:01Pas très loin, t'as joué à Rouen, je mens pas.
02:03Non, j'ai joué à Rouen, ouais, ouais.
02:04J'y retourne bientôt d'ailleurs pour la fin des répétitions de la tournée.
02:09Ça se passera justement à Rouen.
02:11Et je crois que le premier concert de cette tournée est à Rouen, justement.
02:14Ah voilà, donc il y a un lien avec cette ville.
02:16Alors, je l'ai dit, tu es là pour plusieurs choses, notamment Animal Totem et la B.O. du film.
02:23Comment ça s'est passé ?
02:24T'avais déjà travaillé avec Benoît Délépine sur Saint-Amour.
02:28Comment ça s'est passé, cette nouvelle collaboration avec lui ?
02:30Est-ce que c'était une évidence ?
02:31Est-ce que ça a été un nouveau défi, un challenge ?
02:33Comment t'as abordé ça ?
02:35Déjà, ça commence par un texto.
02:37Je reçois un texto sur mon téléphone.
02:39Et Sébastien, comment ça va et tout ?
02:41Je vais bientôt faire un film.
02:43J'adorerais que tu fasses la musique et tout.
02:45Je dis, bon, je réponds, super, ça m'intéresse.
02:48Et puis là, on se rejoint toujours dans le même café, parce qu'on a fait quand même plusieurs choses ensemble.
02:52Un café de la rue Colin Cour dans le 18e.
02:54Et puis, là, il me raconte ce qu'il compte faire.
02:58Donc, il me raconte un petit peu, là en l'occurrence pour Animal Totem, il m'a raconté un petit peu le film.
03:03Et puis, il me raconte les grandes lignes.
03:07Tu ne l'as pas vu encore, de toute façon, le film ?
03:09Si je l'ai vu, j'étais à la projection, comment on appelle ça ?
03:14Des gens qui ont participé au film.
03:17Ça s'appelait Projection Pro, j'imagine.
03:20Et donc, il me raconte.
03:23Mais pour moi, c'est le moment le plus important, ce premier rendez-vous, quand il me raconte un peu l'histoire, l'ambiance, tout ça.
03:30Parce que finalement, pendant que Benoît me parle, j'imagine déjà ce que pourrait être la musique.
03:36C'est vraiment là que je commence à travailler, quoi, finalement.
03:42Et après, je reçois le scénario.
03:45Et là, ça me permet d'un peu plus me plonger dans le film encore.
03:50Mais finalement, le vrai truc que je retiens, le vrai guide de toute la musique, c'est ce premier rendez-vous.
03:56On en parle assez librement, finalement, sans rentrer dans les détails.
04:00Alors, je dis, tu avais déjà travaillé avec lui sur Saint-Amour et la BO ressemblait à ça.
04:36C'est intéressant parce qu'en écoutant ça, ça m'a presque même rappelé des BO pour Kubrick.
04:55J'ai même presque pensé à Orange Mécanique, à Barry Lyndon.
04:58Est-ce que c'était une inspiration ou pas du tout ?
05:00Est-ce que c'est vraiment le film qui t'inspire et ce qui est raconté dans le film ?
05:04C'est un mélange de tout ça.
05:05En fait, dans la musique de film, j'ai vraiment des héros.
05:08Il y a Wendy Carlos, il y a Michel Legrand, il y a François Deroubet, il y a Delerue.
05:13J'en ai un bon paquet de héros dans la musique de film.
05:16Et il se trouve que mon père, qui m'a appris les rudiments de la musique, était aussi très fan de musique de film.
05:22Enfin, il l'est toujours.
05:23Et le premier morceau qu'il m'a appris, c'était un morceau de Deroubet.
05:28C'est le thème Clara 1939, qui était la musique du film Le Vieux Fusil.
05:33Et donc, dès mes premiers pas dans la musique...
05:37C'est via des B.O. en fait.
05:39Oui, il y avait beaucoup de B.O.
05:40Alors, quand ce n'était pas des B.O., c'était Pink Floyd.
05:43Et puis tout le reste, c'était des B.O.
05:45Et donc, pour moi, c'était naturel.
05:48Ça faisait vraiment partie de mes fondements.
05:52Mais je veux dire, sans même y réfléchir ou quoi que ce soit.
05:55Et je me suis toujours, quand je me suis lancé dans la musique, que j'ai commencé avec mes premiers contrats et tout ça.
06:06Pour moi, je me voyais surtout comme un compositeur.
06:10C'était un mélange.
06:11À la fois, j'allais sortir mes disques et à la fois, j'allais faire des musiques de film.
06:14Pour moi, c'était complètement naturel.
06:17Alors, sur le dernier film, Animal Totem, la B.O., elle ressemble à ça.
06:55Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'évidemment, on reconnaît Sébastien Tellier, évidemment.
06:59Mais c'est différent de ce qu'on a entendu juste avant.
07:02C'est différent de tes albums.
07:03C'est différent de la B.O. de Steck, de celle de Narco.
07:06Dans quelle mesure aussi, ces projets-là sont aussi des formes de cours de récréation pour toi ?
07:11Voilà, c'est vrai que moi, le terme est parfaitement choisi parce que j'adore m'amuser quand je fais des B.O.
07:16Et finalement, je m'amuse aussi à utiliser, entre guillemets, d'autres musiciens qui j'ai pas l'habitude de travailler.
07:26Ça, j'aime beaucoup.
07:27Des instruments que j'ai pas trop l'habitude d'utiliser aussi.
07:31Par exemple, cette dernière B.O. pour Benoît, j'utilise beaucoup la basse fretless.
07:35J'ai pas vraiment beaucoup fait ça avant.
07:40Et puis, ça me permet de découvrir plein de choses.
07:46En fait, c'est marrant parce que quand je fais une B.O., je découvre plein de choses avec des musiciens différents.
07:50En fait, dès qu'on rencontre un musicien de haut niveau, on apprend forcément un truc.
07:55Alors, ça peut être tout et n'importe quoi.
07:57Et donc, c'est des phases d'excitation immenses aussi.
08:02Parce qu'il faut savoir que ce qu'il y a de génial aussi, c'est quand on reçoit le film vierge de musique.
08:13Et qu'on se dit que là, tout est possible.
08:16En plus, comme Benoît, Animal Totem, c'est un film très libre.
08:19Et d'ailleurs, comme tous ses films, j'ai l'impression que je peux tout me permettre.
08:25Il n'y a pas d'interdit.
08:26Donc, je me sens hyper libre.
08:28Donc, ça me galvanise pour encore essayer plus de trucs.
08:33Un flûtiste que je ne connais pas.
08:36Ça peut tout, n'importe quoi.
08:37Les percussions et tout et tout.
08:40Donc, c'est vraiment un truc de découverte qui est très, très excitant.
08:45Alors, je crois que tu as souvent dit que tu étais fan notamment de Brian de Palma.
08:49Moi aussi, mais qui, heureusement, qui ne l'est pas.
08:52J'ai envie de te poser une question.
08:53Si tu avais pu faire la BO, d'un de Palma, tu choisirais lequel ?
08:59J'irais peut-être body double, ce genre de truc.
09:01Parce que, bon, Los Angeles, tout ça, l'architecture, c'est glamour, c'est sexy, c'est intéressant, c'est son.
09:11C'était vraiment l'occasion de mettre des belles nappes de synthé et tout ça.
09:14Il y avait vraiment, ouais, ouais, non, ça, oui, j'adorais faire le mix de ce film-là.
09:19Il y a plein, mais généralement, en fait, quand je vois un film, même quand je suis dans mon lit, que je suis fatigué, je me disais, ah, j'aurais bien aimé faire la musique.
09:27Ok, en général, c'est ça que je ressens quand je vois un film.
09:29Bon, l'autre actualité, on l'a dit, c'est la sortie de ton album le 30 janvier prochain.
09:33Et il y a un morceau qui est déjà sorti.
09:35C'est, entre autres, il n'y en a pas qu'un, mais c'est Thrill of the Night avec Slater et Nile Rodgers.
09:38Et avant de lancer ce morceau, car on va prendre le plaisir, on va l'écouter, je suis obligé de te poser une question de fan.
09:45Comment c'était de travailler avec Nile Rodgers ?
09:47Parce que tu as eu l'occasion de travailler avec des gens extrêmement prestigieux, des gens très talentueux.
09:52Nile Rodgers, quand même, fait partie des monstres sacrés de la musique.
09:57Quelle expérience c'était ?
09:58Alors déjà, je pense que c'est vraiment le mec le plus sympa que j'ai rencontré de toute ma vie.
10:02Il est extrêmement gentil, extrêmement ouvert, il ne ramène pas du tout les trucs à lui.
10:10Il est vraiment dans un truc hyper smooth, hyper doux, un mec fabuleux.
10:15Et puis moi aussi, je suis vraiment un grand fan parce qu'il a su transformer complètement la musique de la nuit, la musique de la fête et tout ça.
10:24Et puis c'est vrai que j'avais cette chanson, Thrill of the Night, j'étais déjà pas mal content.
10:28Elle est produite aussi par Oscar Walter qui produit The Weeknd, etc.
10:33Et Sébastien qui produit Charles Gainsbourg et plein d'autres fantastiques.
10:37Et donc j'avais ça, mais il me manquait une petite gourmandise, la cerise sur le gâteau.
10:42Moi j'adore les forêts noires, il me manquait l'équivalent de la cerise alcoolisée, un truc un peu comme ça.
10:48Et puis comme je connaissais Nile, et surtout ma femme Amandine le connaît très bien, ils s'entendent très bien, ils s'envoient souvent des messages et tout ça.
10:53C'est ma femme qui me dit « mais ça serait pas Nile qui manquerait quand même sur le morceau ? »
10:58Je lui dis « ah bah oui, bien sûr que c'est ça qui manque au morceau, pour qu'il soit vraiment parfait ! »
11:03Et donc elle me dit « bon je lui envoie un message » et puis lui comme il est extrêmement sympa, il lui a dit oui tout de suite.
11:09Et donc après voilà, on s'est vu aussi pas mal parce qu'on était ambassadeur de la même grande maison de couture en même temps.
11:15Donc on en a fait des dîners, des voyages, des trucs, je le connaissais quand même relativement bien.
11:20Enfin pas hyper bien.
11:21Non mais vous avez une relation en tout cas.
11:22Voilà, voilà, complètement.
11:23Et puis, et donc voilà, et donc malheureusement j'ai pas pu faire, alors je veux pas tuer le mythe, mais j'étais pas avec lui en studio, il m'a envoyé ses guitares de Londres ou de New York, je me souviens plus malheureusement.
11:35Mais ce qui était formidable c'est qu'il m'a envoyé des choix.
11:37Il m'a pas envoyé une guitare, il m'a envoyé six guitares, il m'a dit vraiment tu fais ce que tu veux avec, prends les passages que t'aimes et tout ça.
11:44Et donc c'était merveilleux parce que j'ai pu vraiment, comme je le dis souvent, étudier ses guitares, c'est-à-dire les écouter une à une en solo, très très très très très longtemps.
11:53Et c'était hyper jouissif de se sentir aussi proche de lui.
11:56C'est-à-dire que quand on reçoit la piste de guitare, c'est vraiment, on a l'impression qu'il joue à côté de l'oreille.
12:00C'était vraiment fascinant et c'est étrange d'ailleurs parce qu'il fait de la musique généralement très festive mais il y met de la profondeur.
12:11C'est ça qui est absolument admirable.
12:13Je propose qu'on écoute donc ce morceau, ça s'appelle Thrill of the Night, extrait donc de l'album Kiss the Beast qui sortira le 30 janvier prochain.
12:21Sébastien Tellier, Slater et Nile Rodgers en guise de cerise alcoolisée au-dessus de la forêt noire.
12:28Et ça c'est parfait, tout simplement.
12:58Sous-titrage Société Radio-Canada
13:30C'est parti !
14:00C'est parti !
14:30C'est parti !
15:00C'était Thrill of the Night, morceau donc de Sébastien Tellier, extrait de l'album Kiss the Beast qui sortira le 30 janvier prochain.
15:09France Inter, Medi Maizy, à la régulière.
15:15Sébastien, tu es avec nous ce soir jusqu'à 23h et quand on regarde ta discographie, il y a eu beaucoup de choses, beaucoup d'albums, parfois effectivement des expériences, des albums faits avec certains producteurs, le temps d'un projet.
15:27Et puis aussi il y a des morceau qui te collent à la peau forcément, notamment un morceau qui s'appelle la ritournelle et qui est évidemment lié pour toujours et à jamais à Sébastien Tellier.
15:37Alors, ce morceau dont on te parle évidemment, je sais depuis des années, deux questions en une.
15:59Est-ce que tu en as un peu marre ? Et surtout quand il sort à l'époque, est-ce que tu es capable d'imaginer l'impact qu'il va avoir pour toi, pour ta carrière et le fait qu'il va autant te coller à la peau finalement ?
16:10Parce que c'est des morceaux qui justement traversent les générations. Est-ce que tu te rends compte de ça quand ça sort ?
16:16Alors quand ça sort, pas du tout. C'est-à-dire déjà je le fais, je le compose sans réfléchir. Ensuite, tout d'un coup je découvre l'Afrobeat, j'apprends de Tony Allen, le batteur habite à la Défense.
16:30J'étais là, bon, l'infanteur de l'Afrobeat habite à la Défense.
16:32Qui est une légende évidemment de la musique lui aussi, qui nous a quittés d'ailleurs. Mais voilà, c'est ça l'histoire, c'est que tu es aussi accompagné d'un autre grand producteur sur ce morceau.
16:40Et donc voilà, et puis donc j'ai le morceau un peu comme ça, tiens j'ai besoin d'une batterie sur le morceau, donc comme j'apprends qu'il habite pas loin de chez moi, je le fais avec lui, tout ça, ça donne ça.
16:52Puis finalement, les choses se sont passées hyper naturellement pour faire ce morceau, sans aucune réflexion particulière finalement, à part essayer de faire de la bonne musique.
17:01Et puis, et voilà, après, je voyais quand même, notamment avec Philips Dart qui a mixé le morceau, qui n'est plus là non plus, qu'il était tellement excité.
17:10Lui par contre, il a mis quatre jours à mixer le morceau, mais parce que aussi je l'avais enregistré moi-même, c'est-à-dire c'est moi qui plaçais les micros, c'est moi qui...
17:16Donc c'était un peu fait de briquet de broc, donc c'est vrai que ça lui a pris du temps de rafistoler un peu tout ça.
17:21Et puis voilà, et après, donc le morceau est sorti, mais je voyais...
17:25Enfin, le petit indice que j'ai eu, c'est que ça passait, il y avait une émission sur la radio anglaise, sur la BBC tout simplement, il y avait toujours une émission le dimanche matin.
17:35Et tous les dimanches matin, cette émission qui était très, très écoutée se finissait par la ritournelle.
17:41Et donc là, ça a fait vraiment connaître bien le morceau, mais surtout en Angleterre finalement.
17:45Et après, c'était, comme on dit en politique, le ruissellement.
17:48Et donc, ça a ruisselé en France et aux US.
17:53Et donc là, je me suis dit, ah bah quand même cool, mais j'étais pas, à l'époque, j'étais pas du tout dans la logique d'essayer d'analyser les résultats ou l'impact.
18:03Et puis, il y avait pas encore les réseaux sociaux et tout, donc je pouvais croiser éventuellement après des concerts, des gens qui disaient, ah j'adore la ritournelle, ou parfois croiser quelqu'un dans la rue.
18:11Mais c'était pas un truc, c'était pas au quotidien, c'était de temps en temps, on me disait, donc je me rendais pas trop compte.
18:17Et puis après, aussi le morceau a été beaucoup acheté par des films, des pubs, et tout, et tout.
18:22Donc je me suis dit, non, quel intérêt, parce que, attention, là, c'était des torrents de trucs.
18:27Et puis, et maintenant, donc 20 ans après, je vois quand même qu'il y a beaucoup de gens qui sont attachés à ce morceau,
18:34et qui passent, qui s'accompagnent de ce morceau pour des moments importants de la vie, comme des mariages, des baptêmes, des trucs comme ça.
18:41Donc je me dis, ah bah c'est chouette, parce que s'ils utilisent ce morceau à des moments comme ça, c'est qu'il doit avoir une force, un peu, une...
18:49Il doit avoir une bienveillance qui doit transparaître, j'imagine, de ce morceau.
18:55Et ça, je suis hyper content d'avoir réussi à faire ça, même si je ne l'ai pas fait exprès.
18:59Est-ce que c'est aussi un morceau comme ça, à l'époque, qui te permet de te dire, ben, ça va peut-être être ça ma vie,
19:03peut-être que je vais être musicien professionnel, parce que c'est aussi un premier succès, donc de l'argent, des rencontres,
19:09je sais, tu parles de publicité, est-ce que ce sont aussi des choses comme ça, qui te permettent de conscientiser un peu les choses,
19:14de te dire, peut-être que je vais pas uniquement être un producteur, parce qu'au début, tu disais ça, tu disais,
19:17moi, finalement, je me voyais plus comme un compositeur, peut-être dans l'ombre, et que là, en fait, tu deviens quelqu'un
19:21qui est potentiellement dans le domaine public, en tout cas, quelqu'un qui va être connu.
19:25Est-ce que c'est là où tu commences à conscientiser ça ?
19:28Ben, j'avais quand même déjà... J'ai toujours eu envie d'être connu, c'est-à-dire des petits...
19:33En fait, j'ai écouté... J'avais une compile sur cassette à la maison, et sur cette compile, il y avait une chanson de Christophe
19:41qui s'appelle « Succès fou », et j'ai écouté cette chanson.
19:44Et vraiment, c'était là où je me projetais le mieux, quoi.
19:48Avec les filles, j'ai un succès fou, je mettrai mes gants blancs, c'est mon style différent.
19:54Il y avait un truc qui m'a... Je me suis... C'est comme si un peu j'étais né sur cette chanson, je ne sais pas pourquoi j'ai...
20:00Elle m'a totalement invité, et je l'ai écouté beaucoup, beaucoup, parce que je n'avais pas beaucoup de cassettes, finalement.
20:07Donc, on écoutait souvent les mêmes trucs. Et donc, j'avais envie d'être connu déjà, mais c'est vrai que je me disais peut-être que je ne savais pas comment trop...
20:15Avec la musique, bien sûr, mais est-ce que ça allait effectivement être juste en tant que compositeur ?
20:19Je ne me voyais pas du tout à l'époque en tant que chanteur. J'avais un premier album presque entièrement instrumental.
20:25Donc, là, oui, je me suis dit, si ça se trouve, je suis chanteur, mais en n'ayant aucune technique de voix, rien, enfin...
20:35Et finalement, mais comme souvent aussi, j'ai l'impression, dans l'art, il faut quand même pas mal savoir se laisser porter.
20:44Et il faut vraiment oublier, je veux dire, tous les plans qu'on avait fait.
20:49C'est vraiment important de savoir changer complètement sur un coup de truc, sur une envie, sur des pulsions, sur des coups de chance ou même sur des coups de malchance.
20:57Mais il faut vraiment savoir se laisser porter, quoi. Donc, quand il y a eu le retournel, tout simplement, je me suis laissé porter.
21:03Je me suis juste laissé aller là où elle m'emmenait, quoi.
21:07Sébastien Tellier est notre invité jusqu'à 23h.
21:09Et on l'a dit, l'actualité, c'est aussi Kiss the Beast, donc ce nouvel album qui sortira le 30 janvier prochain.
21:23Alors, on est un peu en amont, mais c'est bien de pouvoir en parler. C'est assez cool, d'ailleurs, je suis en remercie, parce que souvent, tu sais, on peut pas...
21:29On parle... Il y a des promotions uniquement la semaine de sortie de l'album. Je trouve ça cool aussi, que les gens puissent vivre un peu avant et puis longtemps après, surtout.
21:35Qu'est-ce qui représente pour toi ce nouvel album ?
21:39Ce nouvel album, paradoxalement, c'est comme si c'était mon premier album. C'est vraiment l'album de toutes les premières fois.
21:46C'est la première fois qu'il y a autant de musiciens sur un de mes albums. Il y a certains morceaux, je crois qu'on est jusqu'à 150, si on prend en compte tous les gens de l'orchestre, tous les violons, etc.
21:59C'est la première fois que je travaille avec autant de producteurs. Oscar Holter, Victor Lehmann, Sébastien, Daniel Stryker, l'Australien d'Emmanuel Jogernot, etc.
22:12J'ai écrit des textes aussi, en partie avec ma femme, alors que d'habitude, j'ai toujours été extrêmement protecteur avec tout ça.
22:22Tu as même souvent dit, je crois, que tu avais un peu presque, pas deux vies, mais un peu, celle en tant qu'artiste musicien et puis celle de la vraie vie, de la vie privée.
22:30Donc tu avais tendance à ne pas mélanger effectivement les deux.
22:33Ce qu'il y a, c'est que ça ne marchait pas du tout. Je ne peux pas me permettre, dans la musique, il faut être excessif, il faut être égoïste, il faut être auto-centré.
22:43Sinon, on n'arrive pas à faire de la bonne musique. Il faut être comme ça, c'est un état d'esprit, il n'y a pas vraiment le choix.
22:49Mais à la maison, on ne peut pas être comme ça. Un père comme ça, ce serait absolument abominable.
22:53On est juste un horrible père ou un horrible époux. Ça existe.
22:56Je me suis toujours dit, oh là là, s'il y a bien un truc où il ne faut pas que je me loupe, c'est la vie de famille.
23:05Je me suis toujours mis ça, vraiment comme, je peux avoir fait n'importe quoi, nanana, Dieu sait que j'ai fait n'importe quoi.
23:11Mais je me suis dit, oh là, une fois que je serai père, là, je vais vraiment me tenir à un carreau, en tout cas à la maison.
23:15Et donc, ça, je l'ai fait.
23:17Mais ça, c'est formidable aussi, parce que ce que je ne comprenais pas avant, c'est que finalement, être un artiste, entre guillemets, 24 heures sur 24,
23:25c'est épuisant, là, d'être en représentation, d'essayer de charmer la séduction, etc.
23:30C'est épuisant, tandis que là, finalement, se payer des tranches de soi-même, c'est génial.
23:37Ou le week-end, finalement, maintenant j'ai une maison de campagne, le seul truc, c'est se dire, est-ce qu'on fait des Faritas ?
23:43Est-ce qu'on fait des Bologniennes ? C'est super.
23:45Aller en survêtement au supermarché, bon voilà, c'est merveilleux.
23:48Donc, j'ai ces deux trucs, ces deux trucs totalement opposés, mais qui s'équilibrent bien.
23:53Et je me sens plus reposé qu'avant, finalement.
23:55Est-ce que tu penses que tous les grands artistes, les plus grands, sont forcément des gens un peu odieux ?
24:00Il y a un côté odieux, parce que si on veut taper fort, il faut être perfectionniste.
24:05Et quand on est perfectionniste, on est odieux.
24:06Parce qu'à un moment, on veut que la mèche tombe comme ça, pas comme ça.
24:10On veut que le clip, on voyait un petit peu plus de...
24:13Que la lumière un peu plus chaude, donc voilà.
24:15Après, le mec qui fait les violons, bah ouais, mais non.
24:17Mais la fin, il faudrait que ce soit en contradiction, justement, avec les parles.
24:20On est obligé toujours de faire des réflexions à tout le monde, parce que jusqu'à obtenir ce qu'on veut.
24:26Et ça, c'est sûr qu'il y a un petit côté odieux.
24:29Mais aussi, il faut le dire avec le...
24:32Moi, ce que je fais maintenant, quand j'ai un truc négatif à dire,
24:35je le dis avec le sourire.
24:37Et donc, évidemment, tout passe mieux avec un sourire.
24:40Mais c'est vrai, et surtout, c'est pas forcément odieux, c'est surtout être égocentrant.
24:45Il faut vraiment s'écouter, écouter ses sentiments, être à l'écoute vraiment de sa vie intérieure.
24:51C'est très, très important.
24:52Et il faut aussi plein de temps seul, parce que la musique, c'est pas que d'appuyer sur un clavier ou gratter une guitare.
24:59C'est beaucoup de réflexion aussi.
25:01C'est pas...
25:02Parce qu'une chanson, même si c'est une chanson instrumentale, il faut avoir des trucs à dire.
25:07Il faut avoir un point de vue sur le monde, il faut se forger un truc solide à partager.
25:14Donc, tout ça, il faut prendre du temps pour soi.
25:18C'est quand même un mec qui passerait, je sais pas, 8 heures par jour ou ce pas, quoi.
25:21Alors, sur l'album, il y a des collaborations, et notamment une avec Kid Cudi.
25:25Et grâce à toi, je crois qu'on peut écouter quelques secondes de ce morceau qui s'appelle Amnesia, ce soir.
25:31Donc, Sébastien Tellier et Kid Cudi, tout de suite, quelques secondes de ce morceau.
25:37Alors, là encore, comment ça s'est passé ?
26:02Parce que t'as aussi travaillé avec des gens très différents dans ta carrière, qui viennent de genres différents,
26:08que t'as toujours réussi à ramener aussi, toi, dans ton univers.
26:11Comment Kid Cudi, qui, je crois, est assez régulièrement à Paris, désormais,
26:15peut-être que c'est comme ça que vous vous êtes rencontrés, je ne sais pas,
26:16mais comment tu l'as fait intervenir dans cet album ?
26:19En fait, Kid Cudi m'envoie des messages sur Instagram que je ne vois pas.
26:23C'est-à-dire, je ne sais pas, je ne suis pas très fort, il faut dire avec tout ça.
26:25Je le fais quand même souvent, j'aime regarder les photos, j'adore regarder surtout.
26:31En fait, ce que j'adore, c'est les musiciens amateurs qui jouent encore mieux que les professionnels.
26:37Ça, je trouve ça, les mecs dans leur salon qui démontent tout à la guitare et tout, à la basse et tout.
26:41J'adore ça.
26:42Enfin bon, bref, moi, je regarde des trucs comme ça.
26:44Je ne savais même pas qu'il y avait des commentaires.
26:46Et donc, une fois, je l'ai déjà raconté, mais ma femme n'a plus de batterie dans son portable,
26:49donc elle me demande mon iPad.
26:51Et puis, je file l'iPad, donc là, elle fait un petit peu Instagram,
26:54mais avec mon Insta, pour ceux qui connaissent Insta.
26:57Et donc, elle voit qu'il n'y a pas des commentaires, des messages.
27:01Et donc, elle voit que Kid Cudi, ça fait plein de fois qu'il m'envoie des messages et tout.
27:07Donc, elle me dit, Kid Cudi, ça envoie des messages.
27:09Et ça ne me surprend pas totalement parce que j'avais déjà vu une vidéo de lui
27:15chanter une de mes chansons en voiture à Los Angeles,
27:18que ça, et fredonner une de mes chansons qui s'appelle Look.
27:21Enfin, bon, bref, donc je m'étais dit, bon.
27:24Donc là, il me dit, ouais, j'aimerais bien qu'on travaille ensemble et tout.
27:27Et peu de temps après, donc là, je finis par lui répondre, forcément.
27:30Et là, peu de temps après, il me dit, écoute, je vais sampler un de tes morceaux qui s'appelle Roche.
27:35Je rêve de biarrer de son été.
27:37Voilà, je vais le sampler.
27:38Donc, il sample mon morceau.
27:40Il en fait un super morceau.
27:42Et puis là, ce morceau est pris par ce grand jeu vidéo qui est Fortnite pour un event Fortnite.
27:49Donc, ça a duré quand même quelques semaines, etc.
27:51Et là, j'étais hyper content parce que justement, c'est une période où je jouais énormément à Fortnite avec mon fils.
27:56Et donc, on était fous de joie, quoi.
27:59Donc, moi, si tu veux, Kid Cudi, je le connaissais depuis longtemps, depuis son tube.
28:04Day and Night à l'époque.
28:05Ouais, voilà, peut-être il y a 10 ans, je dirais.
28:07Un peu plus même.
28:08Ouais, peut-être un peu plus.
28:09Et en plus, je le connaissais parce que, si tu veux, Kid Cudi, il est très marquant.
28:14Parce que, si tu veux, dans tout cet univers des rappeurs US, c'est le seul qui soit un petit peu art contemporain.
28:22Tu vois, il a ce côté, il a cette douceur, il a cette application, il a ce truc.
28:28On chantait déjà un truc avec lui, quoi.
28:30Il n'était pas comme les autres rappeurs.
28:32Ce n'est pas juste que des chaînes en or et je roule sur le corps avec une lambeau.
28:37Il y avait un truc plus doux, quoi.
28:40C'est un sien des rappeurs qui est très vulnérable, qui a ramené de la vulnérabilité dans le rap.
28:44Kid Cudi est très connu pour ça aussi.
28:46Mais totalement.
28:47Voilà, c'est pour ça que je me sentais un peu en contact avec lui.
28:49Et donc, après avoir fait ce morceau sur Fortnite et tout, là, on se dit vraiment, je lui dis, quand est-ce que tu es à Paris ?
28:57Donc, voilà, il me dit, écoute, la semaine prochaine, je suis à Paris.
29:00Donc, moi, sachant qu'il venait à Paris, j'ai tout préparé, mais à fond, parce que c'est quand même très impressionnant aussi de bosser avec des stars US.
29:07Il y a un truc, j'avais pas mal la pression.
29:10Bien qu'il soit très gentil, qu'il ne mette absolument pas la pression, enfin, je l'avais.
29:13Et donc, moi, j'ai prévu mon truc tout porcelaine.
29:17Mon cœur s'éveille, je vois, je vois pour la première fois.
29:21J'ai vraiment fait une petite mélodie à la française et tout ça.
29:25Et lui, je lui ai réservé des partes plus sinueuses, des trucs où je sentais qu'il allait être à l'aise pour chanter.
29:32Donc, moi, je suis venu avec une partie hyper étudiée, hyper construite, hyper composée et écrite.
29:36Et puis, ça m'a pris des semaines.
29:39Et puis, je suis venu, il a écouté ça, je lui disais, la chanson s'appelle Amnésia.
29:44Donc, on ne sait pas si je parle de cigarette magique ou d'une femme.
29:47Il y a ce truc, ça, ce thème lui a beaucoup parlé.
29:50Donc, et juste, il s'est mis derrière le micro et il a chanté la chanson, mais d'une traite.
29:53Il n'a même pas écrit les paroles.
29:56Juste, il l'a fait, il a performé.
29:58Et donc, c'est ça que j'aime bien dans ce morceau.
30:00C'est parce qu'on sent comme ça, elle crée une forme de raz-de-marée parce que, justement, c'est la rencontre de vraiment deux trucs totalement opposés, pour le coup.
30:12D'un truc hyper construit et d'un truc improvisé.
30:15Donc, c'est hyper bien cette improvisation sur un truc et que toute la musique derrière soit hyper construite.
30:21C'est ça, pour moi, qui fait la force du morceau.
30:24Ça donnait donc le morceau Amnésia qui sera disponible le 30 janvier.
30:27Mais tu disais que Kit Kedi avait samplé le morceau Roche, qui est un morceau que moi aussi j'adore,
30:33qui est aussi un des morceaux qui sera éternellement lié à toi.
30:37Et donc, j'avais envie qu'on écoute Roche parce que j'adore cet album et j'adore ce morceau.
30:42Sébastien Tellier, Roche, tout de suite.
34:56mais avec une sincérité totale, la BO de Dune est presque un album concept, on y trouve
35:00un thème principal qui pourrait être joué dans un stade, des ambiances quasi New Age
35:03et même un morceau final, prophétie-thème, co-écrit avec Brian Eno.
35:26Ce qui est intéressant, c'est que Toto ne cherche pas à faire du cinéma, ils apportent
35:31leur ADN de groupe, on entend le film comme un disque rock de science-fiction, un objet
35:34pleinement ancré dans les années 80, mais qui, paradoxalement, a vieilli avec élégance.
35:39Et aujourd'hui, alors que Hans Zimmer a réinventé l'univers sonore de Dune pour les films de
35:42Denis Villeneuve, beaucoup redécouvrent à quel point Toto avait osé une direction audacieuse,
35:48un space opéra joué comme un concert.
35:56Alors Sébastien, est-ce que tu as vu ce film, le Dune de David Lynch ? Est-ce que
36:14tu t'en souviens ? Est-ce que cette BO, tu l'as un peu en tête ?
36:19Totalement, c'est-à-dire pour moi, je suis né en 1975, j'ai 50 ans, donc le film a dû
36:25arriver pile, je devais pile le cœur de cible, pas pour la dimension philosophique, mais
36:30pour le film grand spectacle, et moi, ce que j'adorais, mais bien sûr, c'était les
36:35vers géants, les vers souterrains, quand on les devinait, qu'on voyait le sable bouger,
36:41la terre tremblait et tout, j'adorais ça, c'était bien, ça m'a bien emmené loin et
36:48tout.
36:48Après Toto, moi, j'adore déjà Toto, j'adore, après c'est vrai que c'est la réunion
36:54de tous les plus grands icos de l'époque, les plus grands requins de studio de LA qui
36:59font un groupe ensemble.
37:00Donc forcément, ça te parle, oui.
37:03Mais la prod, elle est énorme, les voix aussi, tout est hyper bien traité, c'est tellement
37:10fluide, c'est tellement précis, c'est vraiment des productions, ce sont des petits bijoux
37:15à chaque fois.
37:15Alors, quatre ans plus tard, un autre musicien va littéralement révolutionner la manière
37:19de concevoir une bande originale, c'est Peter Gabriel.
37:23Quand Martin Scorsese lui confie la musique de la dernière Tentation du Christ, Gabriel
37:27est déjà une star mondiale, mais il se passionne depuis longtemps pour les instruments et les
37:31rythmes du monde entier.
37:32Alors la BO qu'il va livrer, Passion, est un tournant absolument majeur dans l'histoire
37:36de la musique de film.
37:45D'abord parce que Peter Gabriel n'accepte pas l'idée d'un simple habillage sonore.
38:04Il veut créer un langage musical hybride qui ne cherche pas à imiter la musique du Moyen-Orient
38:07de manière folklorique, mais a inventé un son spirituel, intemporel.
38:12Il réunit donc des musiciens du monde entier, mélange des percussions africaines, des flûtes
38:15arméniennes, des cordes arabes, des chants soufis, et il traite tout ça avec des techniques
38:19de studio ultra-moderne pour l'époque.
38:21Résultat, une musique qui fait dialoguer tradition et innovation, sacrée et profane,
38:26une musique qui ne décrit pas un lieu, mais qui transporte ailleurs.
38:49Et alors la BO, contrairement un peu au film, devient un classique instantané.
38:52Elle influence à la world music, ce qu'on appelait avant la world music, le new age,
38:56la musique ambiante.
38:57Et beaucoup de compositeurs diront par l'insulte que Passion a changé leur manière de penser
39:01à un film.
39:01Scorsese lui-même le reconnaît, sans Gabriel, son film n'aurait pas cette dimension mystique.
39:06Ici, le musicien ne s'adapte pas au cinéma, il oblige le cinéma à entrer dans son univers.
39:22Alors est-ce que tu as vu ? Alors ça c'est un film, d'ailleurs il y a un documentaire excellent,
39:47on a déjà parlé ici sur Scorsese, qui est sur Apple TV+, qui retrace toute sa carrière.
39:51Il parle notamment de cet épisode-là qui était compliqué dans sa carrière.
39:54Est-ce que tu te souviens de ce moment-là, de ce film, de cette BO, Peter Gabriel, est-ce
39:58que ça te parle ?
39:59Moi je me souviens de la sortie du film, je me souviens que ça avait fait tout un foin.
40:03Oui.
40:03Mais moi je ne sais pas, ce n'était pas le Scorsese que j'attendais.
40:08Moi j'aimais les mecs qui montaient dans les belles bagnoles, ce genre de truc.
40:10Oui, toi tu voulais les affranchis toi.
40:11Voilà quoi, donc j'adorais, que j'adore encore.
40:13C'est extraordinaire, bien sûr.
40:15Et là ça me semblait compliqué.
40:17En fait même la musique de Peter Gabriel, là je l'écoute le soir, je me disais,
40:21Ah ouais, mais parce que moi j'étais trop jeune pour comprendre, c'est un délire d'adulte ce truc.
40:30Oui, oui, oui.
40:30Ce n'est pas ce qu'on attend d'un film de Scorsese quand on est en 89 et qu'on est un jeune homme.
40:36Voilà, et même pour amener de l'émotion, on se dit Peter Gabriel, le fait qu'il y ait autant d'instruments,
40:41autant d'éléments, des trucs historiques, tout ça, on se dit mais pourquoi se compliquer la tâche à ce point-là ?
40:47Mais avec le temps, maintenant je comprends, parce que c'est aussi une histoire de créer quelque chose d'unique, tout simplement, et de passionné.
40:55Mais là, ça m'a donné envie, je me suis dit tiens, je vais peut-être me le re-regarder.
41:00Mais je crois que j'avais essayé, étant jeune, je me souviens d'une VHS traînant quelque part, mais je n'ai jamais réussi à aller au bout.
41:09Alors, justement, parce qu'on parle aussi de toi, de tes goûts, et c'est intéressant parce que tu sais, je voulais te poser des questions du type,
41:15des questions qu'on pose parfois aux artistes.
41:17Oui, si tu dois avoir un plaisir coupable, qu'est-ce que tu écoutes et que tu as un peu honte ?
41:21Et en fait, j'ai l'impression que toi, justement, il n'y a pas de honte chez toi, puisque je regardais une interview et tu disais que oui, tu assumais tout.
41:26Aussi bien ton amour pour des chansons de Michel Sardou que pour Michael Jackson.
41:29Tu as un peu ce truc-là, j'ai l'impression que tu as une pop culture, en tout cas une culture qui est très large et surtout qui est la tienne,
41:35et il n'y a pas de plaisir coupable chez toi. Tu assumes tous tes goûts.
41:37Oui, c'est vrai que moi, ce qu'il y a, c'est que je détesterais finalement être l'esclave du bon goût, parce que le bon goût, ok, c'est chouette,
41:46puis ça fait partie d'un bon lifestyle et puis il faut savoir y aller quand il faut quand même.
41:53Donc voilà, être emprisonné là-dedans, je n'aimerais pas, mais surtout, après moi, dans ce que je propose, why not, que du bon goût,
42:00enfin, ce n'est pas ce que je fais, mais je pourrais à la limite choisir ça, mais surtout dans mes goûts à la maison,
42:06je n'ai pas envie d'être quelqu'un qui est là, ah non, ce n'est pas de bon goût.
42:10Non, justement, j'ai envie de m'éclater, j'ai envie de triper.
42:13Donc, c'est vrai que, et aussi, c'est que la musique aussi, justement, c'est vraiment, enfin, je ne vais pas rentrer dans un truc comme ça,
42:21mais c'est vraiment un art d'ouverture, enfin, il faut s'ouvrir, si on veut avancer en musique, on ne peut pas rester bloqué sur un truc précis.
42:30Moi, je m'ennuierais, si j'étais fan de heavy metal, j'adore, j'adore Metallica, mais je ne pourrais pas écouter que ça.
42:38Il y a des gens qui écoutent un seul style de musique.
42:39Moi, c'est absolument impossible et je trouve qu'il y a tellement de talents différents qui existent qu'autant en profiter pleinement sans honte.
42:48Et sur cette histoire, tu sais, de bon goût, parce que toi aussi, mine de rien, tu fais partie de ces quelques artistes français qui, notamment, tu sais, sont quand même connus à l'international,
42:57ont des chroniques dans Pitchfork, tu sais, mine de rien, qui est donc un magazine extrêmement crédible, référent, qui donne des notes aux albums.
43:07C'est quand même quelque chose de particulier, des notes qui sont regardées.
43:10Et mine de rien, toi, tu fais aussi partie de cette caste d'artistes, je n'aime pas ce terme-là, mais tu sais, vous n'êtes pas nombreux.
43:16Est-ce qu'à un moment, tu as pu dire, bon, attention, là, il y a eu des étiquettes sur toi, des French Touch 3.0, des choses comme ça.
43:23On vous met, on t'a mis aussi parfois à côté, dans un mouvement qui n'était pas forcément le tien, même si des gens que tu connaissais.
43:28Est-ce que parfois, tu as pu sentir un peu cette pression-là de, ah, bah oui, en fait, c'est un artiste, bon goût, en tout cas, on attend quelque chose de lui.
43:35Alors que toi, parfois, tu avais envie d'être plus libre que ça.
43:37Moi, franchement, ça ne m'a jamais mis la pression.
43:40Ça m'a vachement apporté.
43:41C'est-à-dire, par exemple, faire des disques qui soient considérés comme, justement, un peu classieux, qui vont aller dans ce genre de truc Pitchfork, etc.
43:51Ça fait aussi que j'ai, comme on dit dans le métier, j'ai un beau public.
43:58C'est-à-dire, je vois mes concerts, je vois que c'est des gens qui semblent être vraiment passionnés de musique.
44:05J'ai beaucoup, je ne sais pas ce que ça vaut, mais dans mon public, je vois qu'il y a beaucoup de chirurgiens, des mecs comme ça, des architectes.
44:13Je ne sais pas, il y a un truc un peu comme ça, un peu classe.
44:16Et ça, je trouve que c'est vraiment pas mal.
44:17Parce qu'autant, effectivement, à la maison, j'aime tout écouter.
44:22Par contre, quand je fais un concert, je n'ai pas spécialement envie d'un côté faite du village.
44:28Je préfère être dans un truc un peu plus noble, un peu plus élégant, comme ça.
44:35Mais ça n'empêche qu'une fois que je rentre à la maison, je peux très bien.
44:39En ce moment, il y a une chanson que j'écoute beaucoup, qui est un roman d'amitié de Elsa et Glenn Medeos.
44:45Bon, je l'écoute pleinement.
44:47Et si des amis passent à la maison, je ne vais pas faire semblant que je ne l'écoute pas, je la laisse tourner.
44:52Bon, je pense qu'on écoute un morceau ensemble.
44:54Je ne sais pas si tu connais un artiste américain qui s'appelle Montébouker.
44:58Ah non ?
44:58Eh bien, écoute, je suis très heureux de te le faire découvrir.
45:01Il a sorti un album qui s'appelle Noise Meaning, entre parenthèses.
45:04Il y a notamment ce morceau avec Mereba qui s'appelle B2B.
45:07Et je propose qu'on l'écoute tout de suite dans l'émission.
45:10À l'heure régulière, Mehdi Maizy sur France Inter.
47:16Le morceau s'appelle B2B.
47:20L'artiste s'appelle Montébouker et c'est extrait de l'album Noise Meaning.
47:26France Inter
47:27Mehdi Maizy
47:29À la régulière
47:32Et on est avec Sébastien Tellier jusqu'à 23h. Sébastien, tu m'as envoyé des recommandations.
47:39Oui ! Et des belles recommandations. Et notamment des morceaux.
47:43Et je pense notamment à un morceau qui s'appelle UFO.
47:45Un morceau avec une rencontre de personnes assez géniales.
47:48C'est génial parce qu'il y a dessus on a Phoenix, DJ Falcon et Alan Brax.
47:53I don't believe in miracles
47:56But I do believe in UFO
48:01So what ?
48:05Alors pourquoi ce morceau ?
48:19J'aime bien, il me fait rêver, il me transporte.
48:22J'adore les voix aériennes, les chœurs.
48:27Et en plus des chœurs tout retravaillés, un peu distendus on va dire, par le sample.
48:35Il y a une sorte de truc un peu comme ça.
48:37J'aime beaucoup, ça me rappelle en fait le tout premier album de Phoenix.
48:42Ils étaient très comme ça, très obsédés par ce genre de son.
48:47J'adore DJ Falcon.
48:50Je trouve que c'est un bon mélange.
48:52C'est vraiment une chanson que j'écoute beaucoup en ce moment.
48:56Elle m'apaise profondément.
48:58Est-ce que c'est ce que tu cherches en premier lieu quand tu écoutes de la musique ?
49:00Ça va être transporté ?
49:01J'aime bien être transporté.
49:02C'est vrai que moi si je devais dire, si je devais définir ma musique,
49:06disons ça serait romantico-planant.
49:09Et ce que j'aime bien chez les autres artistes, c'est quand ils me donnent ça justement.
49:13J'aime bien planer, c'est le plus important.
49:15Mais même dans la vie, j'aime bien que ce soit une cabane, un château, un bateau, n'importe.
49:22J'ai envie que ça me fasse voyager.
49:24Et en même temps, j'ai envie d'être touché.
49:27Donc le voyage et l'émotion.
49:30Outre Sébastien Tellier, qui est l'artiste le plus romantico-planant selon toi ?
49:35Romantico-planant, il y a Christopher Cross qui le fait très bien.
49:41Il y a pas mal de mecs qui le font super bien.
49:44Et puis il y a toute la grosse pop anglo-saxonne des années 80.
49:48Finalement, il y en a beaucoup du...
49:49Ce qu'on appelle aussi le yacht rock.
49:52Oui.
49:53Voilà, ou le soft rock.
49:55Puis aussi...
49:57Ah si, il y a plein de groupes genre Soft Machine.
49:59Oui, il y en a plein, il y en a plein.
50:01Alors, c'était Christopher Cross.
50:02Écoutons un extrait de Sailing.
50:04Et alors, tu as aussi envoyé des recommandations des séries.
50:28Et alors, moi j'adore.
50:29Puisque généralement, quand on nous envoie des séries, on nous envoie White Lotus, Séverance.
50:35Alors, tu as envoyé Séverance.
50:36Mais surtout, tu as envoyé Madame Esservie.
50:38Oui.
50:39Et oui.
50:40Ben oui.
50:40Et oui.
50:41Madame Esservie.
50:41Et je trouve ça formidable.
50:42Mais moi, j'adorais cette série.
50:43Alors, le générique, il est fabuleux.
50:45Absolument.
50:46Alors, comment il s'appelle le mec déjà ?
50:48Richard.
50:50Je ne peux pas t'aider.
50:50Sur le générique de Madame Esservie, je ne peux pas t'aider.
50:52C'est l'association de deux jazzmans de LA, mais qui étaient vraiment des torpilleurs de l'époque, qui assuraient plein de trucs.
50:58Ils n'ont pas fait que ça, ils en ont fait plein d'autres.
51:01Et j'adore parce que justement, je trouve que vraiment le générique de Madame Esservie est extrêmement bien produit.
51:07C'est vraiment l'organisation, les flûtes, la guitare, la basse.
51:11C'est parfait quoi.
51:12C'est vraiment un petit chef d'oeuvre le truc.
51:14Et puis, moi j'adore l'automne.
51:16C'est ma saison, c'est l'automne.
51:18J'adore ça.
51:19Et là, dans le générique, ils sont en camionnette, ils partent de Brooklyn pour aller plus en banlieue un peu lointaine.
51:26Mais c'est l'automne.
51:27Et ce van qui roule avec les feuilles mortes aux US, après la petite barrière blanche avec la jolie maison blanche.
51:36Je ne sais pas, ça me parlait grave.
51:38Et c'est vrai que j'aimais bien regarder.
51:41C'était tous les soirs, je rentrais de l'école et puis en même temps que le dîner, je regardais ça.
51:45Et puis, mais maintenant, c'est vrai que si je regarde un épisode de Madame et Servie, carrément, je suis ému aux larmes.
51:53Parce que l'enfance, c'est ça en fait.
51:54Il y a quelque chose de nocelgique.
51:56C'est Madeleine de Proust, tout ce qu'on voudra, enfin tout ce genre de truc.
51:59Mais je suis bouleversé quoi.
52:01Et alors Samantha et machin.
52:03Et c'est tout ce truc là.
52:05Et j'adore aussi, j'adore ce genre de déco.
52:08On la retrouve souvent dans les studios de musique.
52:10C'est ces intérieurs ricains avec de la pierre.
52:13Tu vois, mais cette pierre là, quoi, un peu bien organisée, c'est pas de la vraie vieille pierre médiévale.
52:20C'est de la pierre d'aujourd'hui, un peu factice.
52:23Et j'adore ça.
52:24Et dans le studio de Philippe Zard, là où j'enregistre pratiquement tout ce que je fais, à Motorbass, il y a cette pierre là.
52:31Et à chaque fois que je suis en studio, là-bas, je dis, je suis dans Madame et Servie.
52:36Ok, donc ça t'arrive encore de pouvoir retomber sur des épisodes ou d'en relancer en tout cas ?
52:41Ah ouais, si, si, parfois sur YouTube, je me refais un épisode ou deux, ouais.
52:44Mais je me fais pas la nuit dessus parce que je suis trop...
52:48Ouais, ça te prend.
52:49Ouais, ça me prend trop.
52:51Sébastien, on a parlé d'énormément de choses ce soir.
52:55Mais tout de suite, c'est l'heure de la question qui tue.
52:57Alors, j'ai lu que mine de rien, cet album qui arrive, c'est aussi une autre version de la masculinité.
53:09Par contre, on sent, toi aussi, que tu as quelque part, un petit peu, je crois, tué un peu certaines de tes idoles viriles du passé.
53:16Je crois que tu as grandi, comme beaucoup d'entre nous, avec certaines idoles, Lino Ventura, Lekintiste ou Schwarzenegger en tout cas,
53:23une version de ce qui devait être peut-être un homme à l'époque.
53:27Et je crois que tu n'as plus cette vision aujourd'hui.
53:29Donc, pour toi, aujourd'hui, en décembre 2025, je ne sais même plus quel jour on est,
53:34qui est pour toi la version ultime d'un homme viril en 2025 ?
53:39Un homme viril...
53:41En tout cas, de ce que toi, tu vois comme quelque chose de viril aujourd'hui.
53:45Déjà, j'imagine un homme sincère, qu'il soit pas dans un jeu de dupes,
53:53enfin, qu'il soit sincère sur ce qu'il ressent, sur ce qu'il exprime.
54:00Aussi, j'imagine quelqu'un qui ose plonger dans l'inconnu, ce genre de truc.
54:04Et puis, j'imagine surtout, peut-être même avant tout, de la douceur et du romantisme.
54:10C'est ça qui est chouette, c'est le romantisme, c'est quand même...
54:14Alors, c'est vrai que moi, je suis un peu obsédé par, comme ça, la grandeur du passé,
54:20mais pas le passé d'il y a 50 ans, un passé d'il y a très longtemps,
54:25avec des châteaux, avec des chevaliers, des trucs comme ça.
54:28Et le côté romanesque des choses me plaît énormément.
54:32Donc, être romantique, je pense vraiment, c'est ce qu'il y a de plus important.
54:38Mais aussi, je prends souvent l'exemple d'une sorte de tsunami,
54:41c'est-à-dire très puissant, mais qui ne fait pas de vagues, quoi.
54:44Enfin, quand il n'est pas encore arrivé sur la Terre.
54:46Donc, ce serait une forme de chevalier...
54:48Mike, le chevalier.
54:50Non, lui, en plus, c'est un tout petit garçon tout mignon.
54:52Ouais, non, je ne sais pas.
54:54Ouais, une sorte de chevalier, mais hyper bienveillant,
54:58pas du tout va-t'en-guerre, quoi.
54:59Très bien.
55:00C'est peut-être un personnage pour un prochain film de Bono Delépine, ça.
55:02J'ai un peu envie de voir ça.
55:03Ah oui, mais ça collerait tout à fait à son immense talent, c'est clair.
55:07Il y a quelque chose à faire.
55:08Bon, Sébastien, merci beaucoup.
55:09Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui.
55:12On rappelle donc que tu composes la BO de Animal Totem,
55:15le film de Bono Delépine qui sort ce mercredi, dans les salles.
55:20Et puis, évidemment, il y aura l'album Kiss de Bisse
55:23qui sortira le 30 janvier prochain.
55:25Merci beaucoup.
55:26Merci d'avoir été là aujourd'hui.
55:27C'était vraiment un plaisir.
55:29Et merci, évidemment, à toutes les personnes
55:30qui ont participé à la fabrication de cette émission.
55:33Une émission préparée par Alexia Lacour et Redouane Tella,
55:35réalisée par Guillaume Giraud.
55:37La programmation musicale est signée Jean-Baptiste Odibert.
55:39À la technique, ce soir, c'était Gaspard Guy Bourget
55:41et Jules Benveniste.
55:43Merci aux équipes web et vidéo.
55:45Demain, nous aurons Clara Luciani dans cette émission.
55:48Pour découvrir, redécouvrir nos émissions,
55:50abonnez-vous sur l'application Radio France.
55:52Après le journal, vous avez rendez-vous avec Fabrice Drouel
55:55pour Affaires sensibles.
55:57À demain, même heure, à la régulière.
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