00:00La rubrique Éco, en partenariat avec La Semaine.
00:12Bonjour, la rubrique Éco, mon job et moi, en partenariat avec La Semaine.
00:17Aujourd'hui, je reçois Nadej Risse. Bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Vous êtes la présidente de JVC SAS, joint vulcanisation caoutchouc, et présidente de la CPE Moselle.
00:28Alors, vous dirigez justement cette entreprise depuis presque 30 ans.
00:33Pour commencer, en deux mots, que fait-elle ?
00:36Alors, la société JVC est une société familiale fondée en 1986.
00:40Et nous fabriquons des joints d'étanchéité et des produits anti-feu qui sont fabriqués dans nos ateliers à Peltres.
00:47Donc, une entreprise très industrielle, très tournée vers l'industrie ?
00:51Alors, c'est une petite entreprise au service de l'industrie et qui travaille effectivement exclusivement pour les gros donneurs d'ordre.
00:58On voit quelques exemples en images de vos produits.
01:01Alors, quand on entend joint, le commun des mortels regarde son joint de robinet, pardon d'être un peu trivial.
01:08Et vous êtes capable de faire des joints de beaucoup plus grande taille.
01:11Ah oui, on a... Exactement.
01:14On fabrique plutôt des joints de toute forme, de toute matière et de toute dimension,
01:18exclusivement des produits hors normes.
01:22Et puisque les petites dimensions et puis les produits normés viennent souvent aujourd'hui de pays comme la Chine.
01:30Quelle est, par exemple, la pièce la plus imposante, la plus grande que vous ayez produite ?
01:36Alors, on a fabriqué une grosse manchette qui allait jusqu'à 3 mètres de diamètre et qui devait être posée à 19 mètres de haut.
01:43Mais nous, on ne fabrique que les pièces en atelier et c'est nos clients qui les montent sur les chantiers.
01:48Et vous avez aussi, alors ça remonte un petit peu, vous avez aussi travaillé pour le tunnel sous la manche.
01:52Oui, tout à fait.
01:53Donc, avec vous, on est sûr que c'est bien étanche.
01:55Bien étanche.
01:55Vrai.
01:56L'industrie est donc votre premier secteur d'activité.
02:01Comment se porte justement l'activité de JVC ?
02:04Alors, la société JVC est une petite entreprise, donc on est très agile et on existe depuis longtemps.
02:12Donc, ce qui permet d'avoir quand même un petit peu de réserve, surtout au niveau financier,
02:18puisque aujourd'hui, c'est la grosse difficulté, c'est nos paiements, nos délais de paiement.
02:23Les clients retardent les paiements, donc les trésoreries baissent.
02:28Donc, chez JVC, comme on a eu vraiment, ça a toujours été une gestion en bon père de famille.
02:35Donc, ce côté trésorerie est pour le moment encore maîtrisé.
02:39Mais l'industrie n'est pas très en forme, en particulier sur notre secteur,
02:43puisqu'on ne doit pas oublier qu'on a énormément d'entreprises au service de l'automobile.
02:49Et les décisions qui ont été prises au niveau européen impactent terriblement notre secteur.
02:54Alors, nous allons y revenir lorsque vous mettrez votre casquette de président de la CPE Moselle.
02:59Un dernier point sur JVC. Vous êtes très engagée dans la démarche RSE.
03:04Récemment, vous avez d'ailleurs obtenu le label Moselle Employeur.
03:07C'est important, ça, pour une entreprise familiale de 8 personnes de s'engager dans cette démarche ?
03:13Alors, c'est quelque chose qui est important parce que déjà, nous, on est au service des gros donneurs d'ordre
03:18qui nous imposent quand même certains critères.
03:20Et puis, ça fait partie de notre ADN dans les petites entreprises.
03:24On fait attention à nos déchets, on fait attention à beaucoup de choses.
03:28Et on est très engagé sur le territoire, au niveau de l'économie territoriale.
03:33Et on a engagé cette charte de la RSE avec lui-même en 2018.
03:39Donc, c'est vrai que c'est quelque chose qui nous importe beaucoup
03:42et qu'on travaille au fur et à mesure du temps.
03:44Prenons maintenant votre casquette de présidente de la CPE Moselle.
03:48Vous avez succédé à Fabrice Ginter qui a décidé de se concentrer plutôt sur la Chambre de Commerce et de l'Industrie de la Moselle
03:53et sur ses affaires à titre privé.
03:55Donc, vous êtes arrivée, je n'irai pas par hasard, mais vous y avez pris goût, visiblement,
03:59à cette casquette, comment pourrait-on dire, de syndicaliste des patrons, c'est ça, de représentant de la CPME ?
04:06Alors, la CPME, c'est la Confédération des petites et moyennes entreprises.
04:09Donc, j'en suis la porte-parole puisque j'ai été élue à l'unanimité en octobre 2023.
04:17Et donc, je suis bien en phase.
04:21Et je pense qu'il est important qu'on parle au nom des petites entreprises
04:26parce qu'on est très nombreux.
04:28On représente 99% du tissu économique.
04:32Et il est temps qu'on entende notre voix.
04:35– Quels sont les sujets majeurs que vous portez en ce moment ?
04:39– Alors, en ce moment, on porte beaucoup de sujets
04:41puisque, effectivement, il y a le PLFSS qui est en cours.
04:46– Le projet de loi de finances.
04:47– Voilà, le projet de loi de finances.
04:48– Sécurité sociale.
04:49– On espère qu'il soit adopté pour éviter quand même encore une nouvelle dissolution.
04:54Et puis, on a également le budget.
04:56Donc, effectivement, il y a beaucoup de travaux sur ces deux pans-là.
05:00Et puis, on a, sur le sujet du droit social, du droit fiscal,
05:06on a vraiment des spécialistes sur la CPM national qui travaillent là-dessus.
05:10– Et puis, alors, vous êtes très engagée sur la défense de l'industrie en France
05:15et forcément en Moselle, puisque vous dites sans industrie,
05:18sans production territoriale en France, pas de modèle social.
05:22– Non.
05:23Alors, effectivement, l'industrie est vraiment…
05:26il faut que tout le monde comprenne que la production est vraiment la richesse d'un pays.
05:32Et aujourd'hui, on le voit, on est à moins de 10% du PIB en France sur l'industrie.
05:39C'est donc assez dramatique.
05:41On ne fait que baisser, puisque même si on a parlé de réindustrialisation,
05:45on n'y arrive pas.
05:48On a plus d'industries qui ferment que celles qui ouvrent aujourd'hui.
05:52– Et on a ce problème avec ces petits colis à moins de 150 euros
05:58qui arrivent de Chine en particulier,
06:01où Trump a décidé de mettre 100 dollars de taxes sur les petits colis.
06:05– Sur chaque colis ?
06:06– Sur chaque colis.
06:07Et lui, immédiatement, la baisse du chiffre d'affaires entre les Chinois et les États-Unis
06:15a été de pratiquement 70%.
06:16Donc la Chine serait dirigée vers l'Europe, en particulier la France,
06:23où là, ils ont augmenté de quasiment 30%.
06:25Et donc on a demandé, la CPME demande depuis des mois
06:29à avoir une taxe sur ces petits colis.
06:31Parce qu'aujourd'hui, ce qu'on doit comprendre,
06:35c'est que des produits qui sont importés, qui ne sont pas fabriqués,
06:39ne génèrent pas de charges sociales.
06:41Ce qui veut dire que notre modèle, la France est un modèle quand même
06:46où on peut être fier de cette solidarité,
06:48puisque la sécurité sociale, le chômage,
06:51c'est vraiment, c'est payé par les gens qui travaillent,
06:55par la production en particulier.
06:57Et tout ce qui est importé ne génère pas ces charges sociales.
07:02Donc à un moment donné, on est déjà en déséquilibre aujourd'hui,
07:05mais on risque d'avoir une situation dramatique dans les mois qui vont venir.
07:09Est-ce que vous comprenez néanmoins que les consommateurs
07:12soient plus attentifs au prix qu'au modèle social ?
07:15Quand ils achètent quelque chose, je prends par exemple le modèle de Chine
07:18qui est arrivé à Paris, et certains consommateurs font remarquer,
07:22oui, mais quand on peut trouver un produit pas cher, nous l'achetons.
07:25Alors effectivement, je peux comprendre que le consommateur fait attention à ses achats,
07:30mais aujourd'hui, on se rend compte que le consommateur consomme beaucoup.
07:33Et acheter un pantalon, par exemple, à 5 euros,
07:39forcément, on ne peut qu'imaginer dans quelles conditions ça peut être produit.
07:43Mais pire, c'est que la Chine, aujourd'hui, nous inonde de produits
07:47qui n'ont même pas la vraie valeur, qui sont vendus à perte,
07:52parce qu'ils veulent conquérir l'Europe.
07:55Et ça, il faut qu'on y fasse attention.
07:57Donc, on n'est peut-être pas obligé d'acheter 15 pantalons.
08:00Voilà.
08:01Un message, donc, de pédagogie à faire passer auprès des consommateurs.
08:05Merci beaucoup, Nadège Risse.
08:07L'information continue sur Moselle TV.
08:09A bientôt.
08:10Merci.
08:10La rubrique éco en partenariat avec la semaine.
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