- il y a 6 semaines
La semaine du 24 février 2025, Dan Added pointait à la 520e place mondiale. A ce moment, l'Alsacien était bien loin de penser aux tournois du Grand Chelem. Pourtant, neuf mois plus tard, Added a assuré sa place en qualifs de l'Open d'Australie 2026, son tout premier Majeur à l'étranger. L'actuel 201e mondial, monté jusqu'à la 194e place mi-novembre, revient de loin. Le joueur de 26 ans a dû lutter contre une dépression en 2024 et de sérieux doutes quant à la suite de sa carrière jusqu'en mars 2025. Inquiet, finalement victime du syndrome de l'imposteur, Dan Added a finalement pu compter sur son entourage et un travail avec une psychologue pour remonter la pente petit à petit et enfin récolter les fruits de son travail. Entre mars et la fin de saison, il a décroché sa première victoire contre un Top 100, quatre de ses cinq meilleures victoires, trois finales en Challenger et deux titres… Une réussite inspirante. INTERVIEW.
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00:00Alors Dan, déjà, tout simplement, comment ça va et comment tu te sens après ta belle
00:07saison 2025 ? Ça va bien, merci. Effectivement, belle saison. Je me sens fier, je me sens heureux,
00:15fatigué aussi, puisque j'ai joué énormément de matchs. J'ai joué plus de 100 matchs en simple,
00:20ce qui ne m'est jamais arrivé, je pense, depuis que j'avais 14 ans. Donc voilà, c'est un mélange
00:26de sensations, mais je me suis rarement senti aussi bien, ça c'est sûr. En plus, tu commences l'année
00:33au-delà du top 500, tu finis 201, qualifié pour l'Open d'Australie. Tu imaginais ça au fond de toi
00:42ou c'est la surprise totale finalement à la fin de l'année ? C'était mon objectif de faire en fait
00:49une saison complète et de me dire que si j'arrivais à faire une année complète, je pouvais essayer de
00:53viser l'Australie. Maintenant, j'avoue que quand ça devait être fin mars, je me retrouve 520. Je ne me
01:01suis pas vraiment visualisé en Australie. Je me visualisais plus arrêté 6 mois, enfin pas arrêté,
01:08mais on va dire en faire moins 3 ou 6 mois après qu'en Australie, ça c'est sûr. Mais au final,
01:16voilà, tout s'est aligné quand il fallait après une discussion avec mon entraîneur où pour la première
01:21fois depuis très longtemps, je lui faisais part un peu de mes doutes. Il m'avait dit si j'étais toi,
01:25je pousserais encore un peu parce que je sens que t'es pas loin. Et après ça, j'ai enchaîné sur une
01:30série de 18 victoires d'affilée. Et puis du coup, j'ai repris la confiance, j'ai repris l'envie,
01:35j'ai rejoué des tours un peu plus sympas. Et puis à partir de cet été aussi, j'ai repassé un cap,
01:39je pense, qui m'a ouvert de nouveau la porte des challengers et plus. Et puis j'ai enchaîné les bonnes
01:44victoires. Mon niveau est monté et voilà, là je suis rentré dans le top 200. Je ne sais pas combien je suis aujourd'hui,
01:50mais je sais que pour l'Australie, en tout cas, j'étais 194 pour faire le cut. Donc voilà,
01:56je suis très content de tout ça. J'ai vu que tu parlais de tes doutes, j'ai vu que tu avais
02:01parlé un peu de dépression. Là, tu nous disais que tu avais pensé réduire la cadence. Est-ce que
02:07tu en étais au point de te demander si tu n'allais pas faire CNGT, peut-être Interclub comme certains
02:13font pour vivre du tennis et finalement ne plus être sur le circuit ? C'était ça qui commençait à venir
02:17dans ta tête ? Non, CNGT, ça n'a jamais été dans ma tête. Pour moi, en fait, si je jouais au tennis,
02:24c'était pour jouer au plus haut niveau. Sinon, ça ne m'intéressait pas. Après, effectivement,
02:31j'ai eu une année 2024 très compliquée. J'ai eu des périodes plus sombres, on va dire, mais j'étais
02:40quand même conscient que je n'étais pas arrivé au bout de ce que je voulais faire et donc j'ai essayé de
02:45me donner les moyens pour rebondir. J'ai changé de coach en septembre l'année dernière et donc je me
02:49suis dit que je me laisse vraiment du temps pour voir ce que ça va donner et voir où ça me mène.
02:56J'avais l'impression de faire les choses bien. Je sentais que j'évoluais, mais les résultats ne venaient pas.
03:00En fait, on a démarré en septembre et on est arrivé à la mi-mars et ce n'était pas terrible. C'était
03:07pas terrible et donc c'est là où je lui ai fait part de mes doutes en lui disant, mais si je fais tout
03:12bien pour ça, je n'ai pas envie en fait parce que c'est trop dur, c'est trop de sacrifices, c'est trop
03:19d'investissements personnels pour si peu de résultats et c'est là où lui m'a convaincu de continuer un
03:26petit peu. Au final, une semaine après, il y a tout qui a tourné dans mon sens. Mais en fait,
03:31j'étais plus dans l'optique de me dire voilà, je sens que je peux encore y arriver, mais par contre là,
03:39l'investissement que je mets, je n'ai pas assez de retour sur investissement et je sens que je ne suis
03:45pas capable de tenir ça encore six mois, un an sans résultat. Donc c'était plus ça en fait. C'était
03:51d'abord, je m'étais dit je vais en faire moins. Je vais voir si peut-être en en faisant un peu moins,
03:55ça va me libérer et me dégager aussi un peu de pression. Mais au final, je savais au fond de moi que
04:01ce n'était pas du tout la bonne chose à faire puisque à partir du moment où tu en fais moins,
04:04c'est sûr que tu ne peux pas performer. Et donc mon entraîneur a su trouver les mots
04:08juste pour me garder motivé. Et la chance que j'ai eue, c'est que la semaine d'après,
04:13tout s'est très bien passé. Donc en fait, ça m'a juste prouvé que ce que je faisais depuis
04:17septembre l'année dernière, c'était bien et qu'il fallait que je continue comme ça. Et en fait,
04:22c'était vraiment mon leitmotiv toute l'année. C'était de me dire que tout ce que je faisais était bien,
04:26qu'il fallait que je me fasse confiance, qu'il fallait surtout que je fasse confiance aux personnes qui m'entourent.
04:30et c'est la première fois de ma vie, je pense, où j'ai réussi un peu à lâcher prise et à faire
04:37confiance sans trop réfléchir par rapport à ce qu'on me disait, etc. Et voilà, ça m'a vachement réussi.
04:42Et tout en faisant très attention et en me disant qu'en fait, tout ce que j'étais en train de
04:47construire était quand même très fragile. Et du coup, en prenant en compte, en étant conscient que
04:54tout ça reste fragile, ça me permet d'y mettre beaucoup d'attention, beaucoup d'intention aussi.
04:59Et je pense que c'est comme ça que ça peut durer au final.
05:02Le côté dépression, tu nous parlais de tes doutes, le manque de résultats. Est-ce que l'aspect financier
05:10se mélangeait à ça en disant « je ne gagne pas assez ma vie, à un moment donné, ça va être difficile » ? Est-ce que ça
05:17pèse aussi, ça va peser sur tes épaules ? En fait, la dépression, c'était plus sur une période où
05:24j'étais encore bien classé. Et c'est ça qui est un peu paradoxal, c'est que c'était la première fois
05:28où je touchais un peu du doigt les plus grandes échéances. Et je ne sais pas pourquoi, mais c'était
05:33trop dur à gérer pour moi. Je ne me sentais pas à ma place alors que je gagnais correctement ma vie,
05:39pour le coup. Mais je ne me sentais pas, je sentais que je n'avais pas les épaules, en fait. Et donc,
05:43ça a été très compliqué à gérer. Et au final, au final, évidemment, en redescendant au classement,
05:50les revenus ont commencé à chuter. Mais j'avais quand même ce matelas de sécurité que je m'étais
05:55créé. Donc, ça me permettait de perdre, entre guillemets, un peu d'argent. Ça ne me posait pas
06:02forcément de problème, puisque je m'étais dit au moins, si je fais ça, si je fais les choses bien,
06:07je n'aurai pas de regrets. Alors, c'est sûr qu'il fallait que ça reste raisonnable. Et c'est pour ça qu'au
06:12bout de 6-7 mois, je me suis dit, mais là, je ne vais pas continuer un an comme ça, parce que du coup,
06:15c'est bête et je n'ai pas envie de cramer tout ce que j'ai gagné, pour le coup. Mais bon, je savais
06:21que, par exemple, en hiver, je savais que j'allais avoir les matchs par équipe, que ça allait compenser
06:25éventuellement. Et donc, voilà, je m'étais autorisé certaines choses, on va dire. Maintenant,
06:31c'est vrai que ce n'est pas forcément un sujet qui est arrivé quand mes doutes ont surgit,
06:40on va dire. Je n'étais pas forcément dans cette problématique-là.
06:46Et justement, comment tu l'expliques ? Est-ce que tu as trouvé un peu les raisons de ces
06:51doutes et du fait que tu avais du mal à te sentir à ta place ? Parce que le classement
06:55fait que finalement, à un moment, tu es au niveau. Mathématiquement, c'est ce qu'on
07:00te dit. Mais toi, comment tu expliques que tu ne ressentais pas ça, je ne sais pas, quand
07:04tu étais en tchal, peut-être, ou dans certains bons tournois ?
07:08En fait, le switch a été assez rapide, puisque en 2023, j'avais bien joué sur le
07:14début de saison, donc ça m'a ouvert des portes. Je suis arrivé en challenger et en fait,
07:18je gagnais très peu de matchs. Je gagnais beaucoup moins de matchs qu'avant et j'ai un
07:23petit peu paniqué, on va dire. Donc c'était des semaines qui étaient longues, parce qu'en
07:26double, je jouais très bien. J'ai gagné beaucoup double cette année-là, donc du coup,
07:30je partais souvent le samedi et je finissais les samedis d'après, mais qu'en double pendant
07:34une grosse partie de la semaine. Donc voilà, c'était dur de me voir aussi briller en double
07:39et pas en simple. Et en fait, au bout d'un moment, je m'étais juste dit que je ne gagne
07:44pas assez de matchs en challenger, je ne suis pas à ma place. Et après ça, j'ai commencé
07:49à avoir mal au coude. Donc j'ai quand même poussé sur la fin de saison, j'ai forcé
07:54dessus, je me suis fissuré le tendon ici à l'intérieur. Donc j'ai quand même joué
08:00pas mal de temps dessus. Donc évidemment, avec un tendon fissuré, une tendinite, etc.,
08:04c'est compliqué de performer à ce niveau-là. Et puis, je n'ai pas bien préparé ma saison
08:09d'après, puisque j'étais un peu en panique avec mon coude, etc. J'ai eu une injection,
08:14donc du coup, j'ai dû arrêter le sport pendant deux semaines. Enfin, c'était compliqué,
08:17j'ai changé de matériel, donc du coup, des sensations complètement différentes. Je
08:20suis allé trop vite en temps droit, j'ai perdu directement des matchs et je suis arrivé
08:25sur une période où j'avais beaucoup de points à défendre. Et là, ça a été un
08:29petit peu la panique parce que je regardais le classement un peu potentiel que je pouvais
08:33avoir. Et en fait, à partir du moment où j'ai vu que je pouvais redescendre, je crois
08:37que c'était 380, un truc comme ça, dans ma tête, c'était impossible de me revoir,
08:42de me voir redescendre à ce classement-là. Et en fait, ça a été vraiment la panique.
08:47La panique, et pour moi, dans ma tête, c'était si tu redescends, t'es nul, tout le monde va te…
08:52voilà, plus personne ne sera fière de toi, etc. Et donc, ça a été très, très compliqué.
08:58Et en fait, je n'arrivais pas à l'accepter, tout simplement. Et au moment où j'ai compris
09:05que ça allait trop loin, que c'était devenu trop dur, en fait, pour moi, en premier lieu,
09:10et puis, du coup, que ça impactait beaucoup trop les personnes autour de moi, j'ai déjà,
09:14dans un premier temps, pris un peu les dispositions nécessaires. J'ai commencé à travailler
09:17avec une psychologue qui m'a, dans un premier temps, sensibilisé sur le fait que c'était
09:23pas honteux, que c'était normal et que mon premier gros travail, c'était d'accepter.
09:28Et voilà, on a remonté la pente petit à petit. Et puis après, mon entraîneur qui est vachement
09:33branché sur la partie mentale, acceptation, etc., m'a fait un bien, mais ce n'est même
09:39pas énorme. C'est stratosphérique, quoi. Franchement, donc voilà, au final, ça s'est
09:46passé un petit peu comme ça.
09:47Et c'est quoi le plus brutal ? Est-ce que ce sont des séries de défaites ? Ou alors,
09:51c'est de checker le classement presque de manière maladive et guetter les dégringolades
09:58comme ça ? Est-ce que finalement, ça, ce n'est pas encore plus brutal que les défaites
10:02en elles-mêmes ?
10:04Ben, si tu le fais à chaque fois avant et que c'est vraiment que dans la prévision
10:08du négatif, je pense que c'est plus brutal parce qu'en fait, c'est un scénario que
10:14tu imagines. Alors, j'essayais de ne pas trop regarder, mais à chaque semaine, je regardais
10:19mon classement et en fait, je descendais un petit peu quand même pour faire une espèce
10:24de simulation. Donc, au bout d'un moment, quand j'ai compris que ça me faisait limite
10:28trop de mal, j'ai arrêté. Je me souviens, le jour où j'ai vraiment perdu mes pas mal
10:32de points, quand j'avais fait une finale à Saint-Brieuc l'année d'avant, je n'ai
10:36même pas regardé le classement en fait. Et c'est ce que j'ai fait aussi cette année
10:40en fait. Quand je sentais que mes résultats n'étaient pas terribles, je ne mettais plus
10:44les pieds en fait sur l'application pour voir les classements, etc. Parce que je le faisais
10:50passer vraiment en second plan. Et c'est ce que je n'ai pas su faire avant, savoir se
10:57concentrer sur soi plutôt que sur un classement, sur des chiffres. Mais malheureusement, c'est
11:02aussi le problème et c'est là où j'avais faux aussi. C'est que pour moi, en fait, avant,
11:08j'étais résumé qu'à mon classement. J'étais pour moi en tant que, mais pas qu'en tant
11:13que joueur, en tant que personne aussi. C'est-à-dire qu'en fait, pour moi, si j'étais bien
11:16classé, j'allais être intéressant. Si je n'étais pas bien classé, tout le monde
11:20allait s'en foutre. Et quand je dis tout le monde, je parle aussi de mes proches, des
11:24plus proches, à savoir ma famille, etc. Et en fait, j'ai complètement oublié de me
11:29construire en tant que personne à cette période-là, ou plutôt de me développer en tant que personne.
11:34Et ça, j'en ai vraiment pris conscience cette année au final, qu'au-delà du joueur
11:42que je suis, j'ai envie de me développer en tout premier lieu en tant que personne,
11:47puisque déjà, d'une part, le tennis, ça ne va pas me tenir toute ma vie. Donc, il
11:51va forcément falloir que j'ai des choses à raconter ou des choses à faire après,
11:55ou même pendant, notamment pendant, au final. Et que voilà, le classement change toutes
12:00les semaines. Donc, en fait, tu ne peux rien y faire. C'est-à-dire que c'est un peu comme
12:03la bourse. Tu vas monter, descendre, monter, descendre. Ça fait partie du jeu. Et si je suis entouré
12:09de personne qui ne me juge que par mon classement, c'est que ce n'est pas les bonnes personnes
12:12pour moi.
12:14Donc, finalement, ça s'est plutôt bien passé. Tu as décroché ta première victoire contre
12:18un top 100 cette année. Tu dois avoir eu tes quatre plus belles victoires sur tes cinq
12:25plus belles victoires. Je crois que quatre viennent de cette saison. Trois finales en tchal.
12:33Comment tu expliques ça ? Est-ce que, justement, par rapport à ce que tu venais de dire,
12:36c'est purement mental, une sorte de déclic ? C'est un mot qu'on utilise un peu à tort
12:41et à travers. Mais pour le coup, tu as l'impression que, dans ton cas, c'est vraiment ça ?
12:46En fait, c'est un… Je ne dirais pas forcément un déclic, mais c'est plus la mise en place
12:52de choses petit à petit qui font qu'on est arrivé sur la fin de saison où les choses
12:55étaient bien calées. C'est-à-dire que j'ai fait d'énormes progrès sur l'aspect
13:01mental, mais vraiment énorme, que ce soit sur la fin de saison dernière. J'ai commencé
13:05à le construire sur la fin de saison dernière et sur le début de cette saison, ce qui
13:09m'a permis de remporter trois tournois d'affilée en mars et avril sur les futurs. Mais je
13:14ne brillais pas, je ne jouais pas très bien, mais je m'en sortais avec la tête, avec la
13:17stabilité, mais ça restait encore inconstant. Et je disais à mon entraîneur, je disais
13:22je joue mieux, je gagne, c'est bien, mais il y a toujours des sautes de concentration.
13:26Et donc, pour aller plus haut, ça va être compliqué parce que je ne tiens pas mon niveau
13:29aussi longtemps que j'aimerais. Et donc, petit à petit, on a continué de travailler
13:33et les résultats étaient stables. Comme je l'ai dit, j'ai fait énormément de
13:37matchs, j'ai fait plus de 100 matchs en simple, donc du coup, je me suis habitué
13:40aussi à enchaîner les victoires, à enchaîner les matchs, à toujours garder aussi en tête
13:45mon objectif final, c'est à chaque fois d'aller au bout, en tout cas le plus loin possible
13:49dans le tournoi, donc ne pas m'arrêter à juste une victoire, une seule victoire.
13:53Et voilà, au final, en été, en fait, je suis arrivé, j'ai commencé à enchaîner les
13:57victoires de nouveau et je me sentais de plus en plus stable. Et donc, j'ai pris confiance
14:00aussi en ma stabilité. J'ai gagné beaucoup, beaucoup plus de matchs en 2-7 contre des
14:05bons joueurs aussi, ce qui m'a prouvé que j'arrivais à tenir ma constance et ma
14:09concentration depuis longtemps. Et voilà, en fait, je me suis assez vite senti à ma place
14:15cette fois-ci sur les tournois Challenger, etc. Et voilà, j'ai eu aussi un peu de réussite,
14:21il faut le dire, à Saint-Tropez. J'ai eu un peu de réussite. Je suis allé en finale avec
14:25un VO de Stan Wawrinka en demi. Donc, ça m'a quasiment assuré mon Australis,
14:30qui m'a aussi pas mal libéré sur la fin de saison, qui a simplifié ma programmation,
14:33puisque je me suis aligné que sur des Challenger. Je savais que j'avais tout à gagner. Et voilà,
14:39au final, plus j'ai avancé sur la fin de saison, mieux je jouais aussi. J'ai fait des très bons matchs.
14:44À Metz, je suis arrivé à l'arrache la veille au soir et puis j'ai battu mon premier top 100 le
14:52lendemain. Et voilà, ça a été, je pense aussi, c'est un super signe de gagner contre un top 100
14:58dans ma région. À côté de Strasbourg, il y avait ma famille, etc. En revenant, en sauvant pas balle de
15:04match, mais mon adversaire qui sert pour le match au troisième et je finis par gagner 7-6. Donc,
15:09en fait, je trouve que cette fin de saison, c'est la juste récompense de tout le travail que j'ai mis
15:16en place depuis un an et qui fait que les choses sont en train de bien se mettre en place et qui
15:23font de moi un meilleur joueur. Encore au milieu de cette année, je trouvais que je jouais pas mieux
15:29qu'avant, mais juste que je gérais mieux ce qui se passait à l'intérieur de moi, ce qui me permettait
15:34de mieux gérer les situations importantes pendant les matchs. Donc, j'ai gagné plus de matchs un petit
15:39peu charnière, on va dire, par rapport à avant. Autant cette fin de saison, je trouve que mon niveau s'est
15:45élevé. Je suis monté d'un cran à un niveau. Et donc, combiné à cette gestion interne qui est
15:51meilleure, du coup, ça fait que, tout simplement, je suis devenu un meilleur joueur.
15:56Et puis, ça fait que tu vas goûter à l'Open Australie. Donc, après Roland Garros 2023, ça va être ton
16:01premier grand chelem à l'étranger. Comment tu l'appréhendes et ça représente quoi pour toi,
16:09tout simplement, d'aller découvrir ce tournoi ?
16:12Ben, beaucoup de fierté, puisqu'au final, j'en parlais hier avec un ami. La dernière fois que je suis à l'Australie,
16:18c'était pour jouer les juniors. C'était en 2017. Si on m'avait dit, le jour où je prends l'avion pour
16:23rentrer en France, si on m'avait dit, la prochaine fois que tu reviens, c'est en 2026, je n'aurais pas
16:29forcément cru. Je n'aurais pas forcément tenu non plus. Puisque moi, dans ma tête, je me suis dit, bon,
16:36dans trois ans, je suis de retour. Le manque de lucidité quand on est jeune, je pense aussi. Mais du coup,
16:42c'est beaucoup de fierté parce que d'avoir tenu, d'avoir lutté, d'avoir cherché et trouvé les solutions
16:50aussi. Maintenant, je sais que, comme j'ai dit avant, je sais que ça reste hyper fragile. Donc potentiellement,
16:57ça peut être la dernière fois aussi, j'en suis conscient. Et dans cette optique-là,
17:03pour l'instant, je ne ressens aucune pression, que de l'excitation. Ça va être une super découverte.
17:10J'ai envie de profiter le plus possible. J'ai envie de donner le meilleur de moi-même sur le cours.
17:16Maintenant, on verra aussi en temps et en heure comment je me sens. Mais vraiment, je vais essayer
17:22de, sur ma période foncière, etc., voilà, de me construire, d'essayer de devenir encore meilleur
17:29si je peux, mais sans me mettre de pression puisque, en fait, c'est que du bonus. Je sais que là,
17:35ce que je vais vivre les prochains mois, c'est que du plus. Il y a un an et demi, j'avais envie
17:41d'arrêter le tennis. Donc voilà, maintenant, je vais me retrouver en Australie. J'ai qu'une envie,
17:48c'est de profiter, de donner le meilleur de moi et puis de voir où ça me mène avec évidemment
17:54des objectifs sportifs. Je n'y vais pas juste pour faire la figuration. J'ai envie de me qualifier,
17:59ça c'est certain. Mais je pense que la pression, je ne pense pas qu'elle sera très importante.
18:06Et bon, en conclusion, ce serait quoi une année 2026 de rêve pour toi ?
18:11Ça serait déjà de jouer les quatre grands chelems. Ça serait de jouer le tableau à Roland.
18:19Et j'ai envie de dire de continuer, en fait, à me développer en tant qu'homme, en tant que personne,
18:32comme je l'ai fait cette année et la santé de mes proches.
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