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  • 7 weeks ago
Transcript
00:00Alors, on s'attelle au dossier avec vous, Karim. Le chemin, il faut le rappeler, d'abord, avant toute chose, a été long, très long, même ce ménorvuche aussi, avant cette rencontre à Washington, censée être déterminante. On y va avec beaucoup de précautions.
00:13Beaucoup, beaucoup de précautions parce qu'il y a énormément d'incertitudes. Long parce qu'il y a eu une multitude de déclarations, d'accords, de signatures, d'accords.
00:21Il faut remonter quelques mois en arrière, 8 mois en arrière, le 25 avril dernier, le 25 avril 2005, Kinshasa et Kigali signaient déjà une déclaration de principe, un document qui devait en quelque sorte fixer les périmètres des négociations
00:38et surtout mettre en avant un objectif crucial, mettre un terme à un conflit, ce qui est alimenté depuis des années et qui alimente une instabilité chronique,
00:49des affrontements à répétition dans le nord et dans le sud Kivu. Tout ça a finalement abouti le 27 juin dernier, après des discussions très difficiles
00:59et déjà en présence de Donald Trump, à un accord qu'on a d'abord présenté comme un accord de paix avant qu'on nous explique que finalement, ce n'était pas encore un accord de paix,
01:08qu'il fallait encore développer un second volet qui consistait en une intégration économique qui, là, allait enfin garantir la paix.
01:17Et puis finalement, il y a encore besoin de signer un document supplémentaire, cette fois-ci à Washington.
01:25Alors la succession de ces accords, de ces signatures, eh bien montre à quel point le chemin est long et compliqué et que signer un document ne garantit en rien la paix dans cette région du monde.
01:37Les belligéants qu'on va voir entrer en scène assez vite à l'écran, est-ce qu'ils sont vraiment prêts à sceller une paix durable aujourd'hui ?
01:44Alors quand on voit la tonalité de ces dernières semaines, on a bien le sentiment que les deux hommes n'arrivent pas du tout avec un rameau d'olivier entre les mains pour cette réunion.
01:54Félix Tshisekedi et Paul Kagame se méfient énormément l'un de l'autre.
02:00Ces dernières semaines, le Rwanda a encore accusé Kinshasa de refuser de mettre en œuvre les mécanismes de paix qui existent déjà.
02:08Il y a une semaine, Paul Kagame semblait extrêmement sceptique en expliquant qu'on est encore loin de la fin.
02:15Et surtout cette phrase qui alimente particulièrement une analyse pessimiste de ce qui se passe, il a dit
02:22qu'il y a eu déjà des accords que Kinshasa n'a pas respectés.
02:27Une façon de dire que signer un document ne garantit en rien la paix.
02:31On a vu côté congolais expliquer qu'il n'y aura pas de paix possible tant que les Rwandais n'auront pas à retirer leurs hommes, quelques 4000 soldats.
02:41Du côté des Rwandais, on veut qu'on neutralise une force qui s'appelle les FDLR et qui soutient les combattants congolais.
02:50Le Rwanda les accuse d'avoir été impliqués dans des crimes, dans les génocides qui ont frappé les Tutsis en 1994.
02:58D'ailleurs, on voit bien la tension extrême qui existe dans la façon dont les deux hommes sont reçus à Washington
03:05puisqu'ils sont reçus séparément par Donald Trump et qu'ils sont aussi, en quelque sorte, cornaqués par d'autres dirigeants africains
03:14qui sont là comme des témoins, mais aussi des garants.
03:18La confiance entre la République démocratique du Congo et le Rwanda est quasi nulle.
03:23Et sur le terrain, les combats continuent, des combats qui n'ont jamais cessé.
03:27Et ce qui est assez inquiétant, c'est que cette dynamique que les Américains ont voulu mettre en place sur le chemin de la paix,
03:34elle a aussi un pendant du côté du Qatar qui, eux aussi, ont mis en œuvre un certain nombre de dispositifs,
03:41notamment un mécanisme pour surveiller justement un cessez-le-feu.
03:47Ce mécanisme est quasiment inutile.
03:50Les combats continuent.
03:52Et clairement, cette signature aujourd'hui ne garantit en rien un retour de la paix.
03:57Voilà, une signature qui se fera à l'Institut ou à l'Américain pour la paix.
04:00On l'a vu tout à l'heure, ce bâtiment à Washington où figure d'ailleurs en grand le nom de Donald Trump.
04:06Certains se demandent peut-être que vient faire Donald Trump dans ce dossier aujourd'hui ?
04:09Pourquoi mettre autant d'énergie dans le règlement de ce conflit ?
04:11Alors, il y a un élément que vous venez d'évoquer.
04:13Donald Trump a rebaptisé ce bâtiment avec son nom.
04:17Le bâtiment est donc paré de son nom.
04:20Tout à l'heure, on évoquait en préambule avec Benoît le fait qu'il va recevoir peut-être un prix,
04:25un prix de la paix pour ce tirage au sort de la Coupe du Monde.
04:28Il y a une obsession de Donald Trump pour apparaître comme un homme de paix.
04:33Il répète régulièrement qu'il a déjà réglé un certain nombre de conflits à travers la planète,
04:38entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, entre l'Inde et le Pakistan, entre Israël et le Hamas, entre Israël et l'Iran.
04:43Et aujourd'hui, il veut ajouter à cette longue liste la paix entre la République démocratique du Congo
04:50et son voisin qui, depuis des années, sont en guerre.
04:56Et donc aujourd'hui, Donald Trump est habité par cette volonté-là.
04:59Mais il n'y a pas que ça parce qu'évidemment, il y a des considérations économiques et stratégiques.
05:05Donald Trump veut faire du business.
05:07Et en parallèle avec cet accord, il a voulu mettre en place un deal avec la République démocratique du Congo
05:14pour avoir accès à un certain nombre de minerais rares.
05:17On l'a brièvement évoqué dans le sujet tout à l'heure.
05:20Notamment du beryllium, qui est stratégique pour l'industrie aérospatiale.
05:25Du niobium, qui est utilisé notamment dans le secteur de la défense, le coltan, les terres rares.
05:31Et puis pour tenter de reprendre pied face aux Chinois qui sont omniprésents dans la région.
05:36Eh bien, il suffit de regarder un peu les chiffres.
05:39La Chine détient des parts dans 15 des 19 projets de cuivre et de cobalt du pays
05:45et contrôle 80% de la production de cobalt.
05:49Donc cette volonté de faire signer la paix, évidemment,
05:52elle a un pendant économique et stratégique pour les Américains,
05:55quasiment comme à chaque fois avec Donald Trump.
05:58Merci.
05:59Merci.
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