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  • il y a 10 mois
Fanny Letier, cofondatrice de GENEO capital entrepreneur, a dédié sa carrière à la lutte contre le chômage. Elle a gravi les échelons de la fonction publique avant de se tourner vers l'investissement dans les PME et ETI.

Elle se remémore au micro de Marie Eloy, créatrice du réseau Femmes de territoires, le modèle qu'à représenté sa grand-mère. « Pour l’enfant que j’étais, c’était formidable de voir cette femme clamer haut et fort son indépendance. » De Science Po, en passant par l'ENA, la Direction générale du Trésor, Bpifrance, puis GENEO capital entrepreneur qu'elle a cofondé en 2019, l'entrepreneuse revient sur son parcours.

Dans cet épisode, le portrait de sa personnalité inspirante : Christine Lagarde, avec qui elle a travaillé.
Transcription
00:00:00Tout le monde a envie de rêver et de toute façon on ne va pas arriver à faire de grandes choses si on ne déplafonne pas le rêve.
00:00:08Les dirigeants qui m'ont impressionnée, c'est d'abord un mental de sportif de haut niveau.
00:00:13C'est vraiment une résilience à toute épreuve, une capacité à regarder l'échec comme un événement apprenant.
00:00:21Une phrase qui m'a marquée à mon égard, c'est
00:00:23« Jamais dans ma vie je n'ai constaté que l'âge puisse être un problème quand on a du talent. »
00:00:30Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans « Elles ont osé » proposé par Les Echos.
00:00:38Elles ont osé et cela a tout changé pour elles et autour d'elles grâce à leur impact.
00:00:43Chaque mois dans ce podcast, notre invitée partage les moments clés de son chemin pour aller toujours plus loin,
00:00:49être à sa juste place, guidée par son envie de contribuer à un monde meilleur.
00:00:54Elle met également en lumière une femme inspirante dont le portrait sera brossé par Eva Aronica,
00:01:00qui est journaliste aux Echos.
00:01:01Merci d'être avec nous pour le premier épisode de cette nouvelle formule qui est désormais filmée et j'en suis ravie.
00:01:07Je suis Marie-Éloi, j'ai fondé des réseaux majeurs d'entrepreneuses en France,
00:01:12accompagnée des organisations vers la mixité.
00:01:15Je suis présidente de Femmes des Territoires, qui est le plus grand réseau de la création d'entreprises pour les femmes.
00:01:20Je suis également conférencière, chroniqueuse aux Echos et autrice du livre « Les femmes sauveront-elles le monde ? » aux éditions Erol.
00:01:28Si comme moi, ces échanges vous donnent des ailes, je vous invite à vous abonner et à partager le podcast sur les réseaux
00:01:34pour inspirer autour de vous le plus grand nombre.
00:01:37Aujourd'hui, je suis très heureuse de recevoir Fanny Laetier, figure clé de l'investissement.
00:01:43Après avoir travaillé à Bercy, au CIRI, le Comité interministériel de restructuration industrielle, et chez BPI France,
00:01:51elle a cofondé Généo Capital Entrepreneurs, entreprises à mission, sociétés d'investissement d'entrepreneurs
00:01:58pour accompagner les PME, les petites et moyennes entreprises, et les ETI, les entreprises de taille intermédiaire des territoires et sur le long terme.
00:02:07Généo Capital Entrepreneurs, c'est une équipe paritaire de 25 personnes, 220 familles et entrepreneuses, entrepreneurs, investisseurs,
00:02:15800 millions d'euros sous gestion, 30 entreprises de croissance accompagnées, et ces 30 entreprises ont acheté en 6 ans 114 sociétés, dont la moitié à l'international.
00:02:27Donc nous allons voir ensemble les moments clés du parcours de Fanny, ses enseignements, et aussi les clés de succès pour elle,
00:02:35comme chez les dirigeantes et les dirigeants qu'elle accompagne.
00:02:39Bonjour Fanny Laetier.
00:02:40Bonjour Marie.
00:02:41Alors je suis ravie de vous accueillir aujourd'hui dans ce podcast.
00:02:44Vous avez grandi dans le nord de la France, dans un petit village qui s'appelle Vormouth, qui n'était pas très loin du mien.
00:02:505000 habitants, avec une mère enseignante et un père géomètre.
00:02:54Et enfin vous étiez plutôt très sage, très scolaire, mais vous aviez une grand-mère qui a forgé votre ambition.
00:03:01Est-ce que vous pouvez partager vos premiers moments clés, c'est à la sortie de l'école, quand vous alliez la rejoindre ?
00:03:07Oui c'est ça, j'ai grandi à l'ombre d'une grand-mère qui s'appelait Thérèse, qui avait perdu son père un peu tôt pendant la guerre.
00:03:17En fait, il a été tiré à vue par un Allemand quand il était sur son tracteur.
00:03:23Et assez vite, elle a dû prendre en main les affaires de la ferme, pour tous ses frères et soeurs.
00:03:27Et puis quand elle s'est mariée, elle a eu l'opportunité, dans l'héritage de mon grand-père, de reprendre en fait un café.
00:03:36Le café du village.
00:03:37C'était le seul café du village ?
00:03:38Non, il y avait beaucoup de café dans le nord à l'époque.
00:03:41C'était le café, alors il y avait un café des sports, mais elle c'était le café politique, à côté de la mairie.
00:03:47Où on voyait se succéder les ouvriers qui partaient à l'usine à Dunkerque, les agriculteurs, après les premiers travaux des champs, avant de retourner pour leur déjeuner.
00:04:00Et puis beaucoup de discussions politiques, beaucoup de fêtes aussi, parce que l'ambiance du nord c'est aussi une ambiance festive.
00:04:07Voilà, les joueurs de cartes.
00:04:08Et c'est vrai que pour l'enfant que j'étais, c'était assez formidable de voir cette femme qui n'avait pas le droit d'avoir un compte bancaire à l'époque,
00:04:17s'être trouvée une façon en fait d'avoir des liquidités pour s'acheter les pantalons qu'elle avait envie de s'acheter.
00:04:23Ça a été une des premières à porter des pantalons.
00:04:26Oui, parce que ça a été interdit jusqu'en 2012, les pantalons en France, de façon légale.
00:04:30Voilà, elle a trouvé le droit de le faire au fond d'elle-même, on va dire, et qui m'a effectivement toujours impressionnée par son courage, par sa bonne humeur.
00:04:42On ne parle pas des problèmes, on avance.
00:04:44Et puis avec des phrases clés, une femme ça doit être indépendante et tant que tu n'as pas essayé, tu ne sais pas.
00:04:50Et donc vous alliez la voir tous les jours après l'école, ça se passait comment ?
00:04:54Oui, c'est ça, j'avais ma mère et ma tante qui étaient toutes les deux institutrices dans l'école du village.
00:05:00Donc à cinq heures, les institutrices buvaient leur bière et moi je buvais mon chouki.
00:05:07Et vous vouliez faire quoi petite famille ?
00:05:10Alors j'ai beaucoup oscillé, mais toujours dans le secteur public en fait, prof de sport.
00:05:17J'étais passionnée de tennis, je courais beaucoup aussi, je faisais pas mal d'athlétisme.
00:05:22Prof de maths ensuite.
00:05:24Et puis progressivement en fait, toute une série de métiers qui pouvaient être utiles à mon pays et qui permettaient de lutter contre le chômage.
00:05:34Ce que j'ai vu au café, c'est la mise à la pré-retraite d'office des ouvriers d'usineurs Sassilor et les conséquences que ça a pu avoir en termes de désespoir social.
00:05:45Vous les voyez en fait le soir, c'est ça ?
00:05:47On les voyait évidemment, se réfugier effectivement dans les conversations, dans les jeux de cartes, mais parfois aussi un peu trop dans l'alcool.
00:05:58Et donc voilà, moi j'ai été assez préservée de ça, j'ai été très chanceuse.
00:06:03J'ai des amis qui ont été un petit peu moins chanceuses, qui ont subi des violences à la maison.
00:06:08Et j'ai toujours eu envie de donner une place à chacun dans la société.
00:06:13Et j'ai assez vite compris que c'est par l'emploi, quel qu'il soit, associatif, coopératif ou classique.
00:06:21Mais c'est par l'emploi quand même au départ qu'on trouve sa place, sa dignité, son insertion.
00:06:27Et avec la certitude que tout est possible, quand vous voyez cette grand-mère, vous êtes en plus en train d'écrire un livre sur elle ?
00:06:33Alors je l'écris, il restera confidentiel, mais je l'écris pour les membres de ma famille,
00:06:40puisque je ne suis pas la seule à avoir bénéficié de toute son énergie, de tous ses bons conseils.
00:06:47Et puis pour mes enfants et les enfants de mes enfants, qui j'espère se souviendront de ce qu'elle nous a légué.
00:06:53Alors votre deuxième moment-clé, Fanny Laetier, c'est à 18 ans.
00:06:58Vous arrivez à Paris pour faire Sciences Po, vous avez eu mention très bien en bac.
00:07:02Et là, c'est un peu déstabilisant, non ?
00:07:05Là, c'est très déstabilisant, puisque moi, j'étais très très bonne élève.
00:07:10J'avais effectivement réussi à rentrer sur admission directe sans passer par la prépa.
00:07:15Et comme je voulais rentrer dans la fonction publique, ça paraissait assez naturel de postuler directement à Sciences Po Paris.
00:07:22Sauf que là, on se retrouve effectivement dans un milieu qu'on ne connaît pas bien, où les gens parlent très bien.
00:07:28Où on peut facilement, pour une jeune fille comme moi, être impressionnée, impressionnable.
00:07:34Et se dire, oh là là, je ne suis pas du tout au niveau.
00:07:37Et donc, alors, beaucoup de solidarité avec tous les non-parisiens.
00:07:41Mes meilleurs amis restent aujourd'hui.
00:07:43Une dizaine de personnes qui, comme moi, étaient venues de Dijon, de Besançon, de Grenoble, de Charleville-Mézières.
00:07:53Et arrivaient à Paris, avaient un petit peu de mal, de peau aussi.
00:07:58Mais carrément, en février, le sentiment que je ne vais pas y arriver.
00:08:03Et donc, une discussion assez fondatrice avec mon prof d'économie.
00:08:08C'est lui qui vous a parlé ou c'est vous ?
00:08:11C'est moi qui suis allée le voir en lui disant, je pense que je ne suis pas au niveau et j'envisage de retourner à Lille, à la fac.
00:08:19Est-ce que les notes n'étaient pas au rendez-vous ou c'était le moral ?
00:08:21Les deux, j'allais dire.
00:08:24L'un allant avec l'autre, en fait, puisque la première année de Sciences Po repose beaucoup sur des exposés oraux.
00:08:31Donc, quand vous n'êtes pas sûr de vous, vous ne faites pas vraiment une bonne prestation à l'Obral.
00:08:37Donc, il faut quand même travailler aussi la confiance en soi et l'estime de soi en plus du fond.
00:08:44Et il m'a dit quelque chose de très chouette qui était de dire qu'en fait, j'étais victime du bluff parisien,
00:08:51que j'étais probablement excellente et en économie la meilleure de ses élèves,
00:08:56mais que j'étais trop jeune et qu'il fallait que je parte, que j'avais vocation à être économiste au FMI.
00:09:03Je m'en souviendrai toujours.
00:09:05Et que moi, j'allais faire une thèse en économie.
00:09:09La vie est longue, ce n'est pas fini.
00:09:11Et donc, il m'a envoyée aux États-Unis.
00:09:13En plein milieu d'année ?
00:09:15À la fin de l'année, il m'a dit, vous allez finir cette année.
00:09:18Et à la fin de cette année, je vous envoie aux États-Unis.
00:09:21On teste des partenariats écoles.
00:09:23Et donc, vous devez partir un an et vieillir un peu, prendre un petit peu en maturité.
00:09:30Quelle chance ce prof ?
00:09:31Une chance extraordinaire, oui, que j'ai eue.
00:09:34D'abord, les profs de Terminal, d'Histoire-Géo et de Philo qui m'ont dit,
00:09:39tu sais, il y a un truc, ça s'appelle Sciences Po, c'est fait pour toi.
00:09:42Et ce prof d'éco qui a fait basculer ma vie parce que c'est vrai qu'un an aux États-Unis...
00:09:48À Baltimore ?
00:09:48À Baltimore, à Johns Hopkins, sur la côte Est, en relations internationales et sciences politiques.
00:09:55Et effectivement, une année édifiante sur le fait qu'en France, on travaille beaucoup le fond et pas assez la forme.
00:10:05Et on travaille aussi beaucoup la connaissance et l'agrégation de connaissances, mais pas du tout l'argumentation et le développement de convictions personnelles.
00:10:15Et donc, j'étais très bonne élève, mais j'avais de convictions sur rien.
00:10:18Et donc, je récitais l'édition par cœur, mais j'argumentais pas.
00:10:26Et donc, voilà, j'ai appris à peut-être aller chercher en moi-même les choses qui me tenaient à cœur, les idées que j'avais envie de défendre.
00:10:33Et puis, aller défendre avec plus de clarté et plus d'impact.
00:10:37Et aussi la perception d'un autre rapport à l'échec quand on est aux États-Unis ?
00:10:40Mais c'était trop tôt pour vous.
00:10:44Non, ce que j'ai vu, c'est qu'effectivement, aux États-Unis, l'échec n'est pas un problème.
00:10:48C'est juste une façon de se réorienter.
00:10:51Et puis, les leçons de l'échec vous rendent plus fort.
00:10:54Alors qu'en France, et on le voit dans plein de domaines, notamment dans le domaine de l'entrepreneuriat.
00:11:00Ah oui, c'est clair.
00:11:01Avec la Notte Banque de France, par exemple, et la logique de la Notte Banque de France.
00:11:05C'est quoi ?
00:11:06Quand vous avez une défaillance d'entreprise, non seulement la note de l'entreprise est dégradée,
00:11:13mais aussi la note du dirigeant.
00:11:15Et ça, c'est quelque chose que je ne peux pas comprendre.
00:11:18Parce que pour moi, un dirigeant qui est passé par cette case-là, en fait, est beaucoup plus fort pour la suite.
00:11:23Ah, je confirme.
00:11:24Donc, non seulement c'est un warrior ou une warrior, mais en plus, il y a beaucoup moins de risques de repasser par des difficultés.
00:11:30Il y a beaucoup plus de prudence, d'expertise et d'expérience.
00:11:33C'est fou qu'on en soit encore là.
00:11:34Voilà.
00:11:34Et donc, après Sciences Po, vous êtes revenue en France, vous finissez Sciences Po, vous faites ensuite l'ENA.
00:11:39Vous êtes très jeune, puisque vous sortez de l'ENA à 22 ans.
00:11:43C'est ça.
00:11:44Et vous arrivez directement à la direction générale du Trésor public.
00:11:49C'était un rêve pour vous de commencer par ça ?
00:11:52Ou en tout cas, ça faisait partie du chemin pour la fonction publique ?
00:11:55Alors, la direction du Trésor, c'était vraiment pour moi le souhait de participer au financement de l'économie.
00:12:05En fait, j'avais mon fil rouge, l'envie de créer des emplois.
00:12:08Qui crée des emplois ? Ce sont les entrepreneurs.
00:12:11Comment aider les entrepreneurs en les faisant grandir ?
00:12:14Comment les aider à grandir ? Eh bien, il faut les financer.
00:12:17Donc, tout ça, c'était conscientisé dans votre tête ?
00:12:19Vous saviez par quel chemin passer ?
00:12:22Oui.
00:12:23Je crois que j'ai ça en moi depuis longtemps.
00:12:27De me dire, si on veut, quelque part, donner une place à chacun dans la société, créer des jobs,
00:12:34il faut que les entreprises fournissent ces jobs.
00:12:37Donc, il faut éviter les défaillances d'un côté.
00:12:39Et ça, je les avais vécues malheureusement dans le Nord.
00:12:42Et c'est pour ça que j'ai postulé au Syrie ensuite.
00:12:45Et puis, il faut les aider à grandir pour qu'elles en créent.
00:12:48Parce qu'il faut aussi offrir à nos jeunes des perspectives d'avenir.
00:12:52Mais c'est un peu le think tank de Bercy qui fait des prévisions macroéconomiques,
00:12:59qui évalue les politiques publiques et qui aussi fait la réglementation,
00:13:06notamment du secteur financier, donc des banques, des assurances, des marchés financiers et des fonds d'investissement.
00:13:12Donc, c'était parfait pour vous, en fait, pour la suite, pour vos ambitions ?
00:13:15Oui, c'était parfait pour moi.
00:13:16C'était à l'époque une toute petite administration de 80 personnes
00:13:20qui, après, a fusionné avec d'autres pour devenir quelque chose de plus gros.
00:13:24Mais c'était une famille aussi à laquelle je reste très attachée.
00:13:28Les anciens du Trésor sont très solidaires.
00:13:31Et puis, il y avait des femmes.
00:13:33Et ça, ça m'avait intriguée.
00:13:35La première question que j'ai posée lors des entretiens exploratoires,
00:13:39pour savoir si j'allais oser postuler,
00:13:42je l'ai posée à une femme extraordinaire qui s'appelle Marianne Barbé-Layani,
00:13:47qui est aujourd'hui dirigeante de l'autorité des marchés financiers,
00:13:51en lui disant « Mais Marianne, est-ce que tu penses qu'une femme peut réussir au Trésor ?
00:13:54Puisque tu penses que je pourrais avoir des enfants ?
00:13:56Est-ce que tu penses que je vais réussir à concilier vie professionnelle, vie pro ? »
00:14:01Vous aviez aussi posé toutes ces questions au démarrage.
00:14:03Oui, parce que j'hésitais avec un juge administratif
00:14:07qui aurait été peut-être plus cool pour une jeune fille de mon âge
00:14:11qui n'avait pas encore de mari, pas encore d'enfant,
00:14:14mais qui avait quand même envie aussi de développer tout ça.
00:14:17Et elle m'a répondu qu'elle était mariée, qu'elle avait plusieurs enfants
00:14:23et qu'elle avait développé ses petits trucs pour arriver à tout concilier.
00:14:28Et d'emblée, j'ai eu une première mentor au Trésor.
00:14:32Et puis, de fil en aiguille, après y être rentrée,
00:14:34j'en ai eu trois ou quatre,
00:14:36qui sont des personnes que je continue à voir
00:14:38et qui m'ont toujours, quelque part, aidée
00:14:41à trouver le bon équilibre
00:14:43et à gérer les différentes contraintes.
00:14:46En tout cas, à vous montrer que c'était possible
00:14:47de prendre cette voie.
00:14:49Absolument.
00:14:49Autre moment clé, c'est votre rencontre avec Christine Lagarde.
00:14:53Comment vous êtes arrivée à travailler avec elle ?
00:14:55Donc, moi, je suis une Européenne convaincue.
00:14:58Je pense que la France est un trop petit pays
00:15:01pour envisager, quelque part, rayonner dans le monde seule.
00:15:05Et donc, que le marché pertinent, en fait, c'est le marché européen.
00:15:09Et que si l'Europe est forte,
00:15:12alors elle réussira à, quelque part, influencer le monde.
00:15:17Parce que son histoire est longue, ses valeurs sont fortes.
00:15:21La vieille Europe, en réalité, projetée à long terme,
00:15:24a beaucoup d'atouts pour réussir.
00:15:27Et donc, en fait, je voulais absolument participer
00:15:29à la présidence française de l'Union européenne.
00:15:31Qui venait d'arriver juillet 2008.
00:15:33Voilà, c'est ça.
00:15:34Parce que 27 États membres, vous calculez.
00:15:36Donc, une présidence, c'est tous les 14 ans.
00:15:38Voilà. Et donc, c'était là où jamais.
00:15:42C'était la chance.
00:15:43C'est ça.
00:15:44Donc, je suis allée voir mon secrétaire général, mon directeur,
00:15:47en disant, mais moi, je veux faire la présidence française
00:15:49de l'Union européenne.
00:15:51J'avais déjà mis un pied dedans,
00:15:53puisque j'étais au bureau Affaires européennes,
00:15:55donc, à Paris.
00:15:57Et effectivement, j'ai pu rentrer dans cette équipe
00:16:00et être aux côtés de Christine Lagarde
00:16:03pendant une présidence qui s'est avérée totalement atypique.
00:16:07Rock'n'roll.
00:16:08On était partis sur des grands sujets de long terme,
00:16:11les projets d'infrastructures européens,
00:16:13les projets d'émissions obligataires européennes, etc.
00:16:15Et on a mis notre copie à la poubelle
00:16:19un mois après le début de la présidence,
00:16:21qui était en juillet, puisqu'au mois d'août,
00:16:23on a eu la chute de Lehman Brothers.
00:16:25Et la crise des subprimes.
00:16:26Et là, ça vous donne une intensité de travail,
00:16:29mais aussi relationnelle,
00:16:31avec votre ministre, qui est complètement dingue,
00:16:33parce qu'il fallait sauver des banques,
00:16:35il fallait sauver des fonds monétaires,
00:16:37il fallait sauver des États,
00:16:39qui étaient sous plan FMI.
00:16:41Il fallait réinjecter de l'argent
00:16:43dans la Banque européenne d'investissement,
00:16:45faire un plan de relance,
00:16:47s'assurer de la stabilité de tout le système financier.
00:16:50Et puis, comme ça ne suffisait pas,
00:16:52on a eu aussi l'affaire Madoff
00:16:54et l'affaire Carviel.
00:16:55Et c'était la même présidence,
00:16:57c'était le même semestre,
00:16:59qui, en plus de tout ça,
00:17:01a jeté en plus un doute
00:17:03sur l'éthique de la finance.
00:17:05Donc, à la fois, il fallait sauver la finance,
00:17:08et en même temps, en fait,
00:17:10on avait ce regard critique
00:17:12sur les pratiques,
00:17:13notamment en matière de rémunération
00:17:15et en matière de déontologie,
00:17:18dans les professions financières.
00:17:20Et vous avez choisi Christine Lagarde
00:17:22comme femme inspirante,
00:17:24qui est présidente aujourd'hui
00:17:25de la Banque centrale européenne.
00:17:27Eva Aronica, qui est journaliste aux Echos,
00:17:29va brosser son portrait.
00:17:30Mais juste avant,
00:17:31est-ce que vous pouvez nous partager
00:17:32vos premiers échanges ?
00:17:34Comment ça se passe
00:17:35quand on rencontre Christine Lagarde ?
00:17:37Alors, moi, je me souviens
00:17:39d'un moment incroyable.
00:17:41Juste avant la présidence,
00:17:43on part de Paris
00:17:45et on se rend à Bruxelles en Thalys.
00:17:48Alors, déjà, c'était super pour moi,
00:17:50parce que tous les autres ministres
00:17:52que j'avais servis
00:17:52se déplaçaient de Paris à Bruxelles
00:17:54en avion, en jet.
00:17:57Et elle, en Thalys.
00:17:57Et elle, en Thalys.
00:17:59Donc, déjà, premier marqueur.
00:18:01Deuxième marqueur,
00:18:03le briefing.
00:18:04Donc, évidemment,
00:18:05elle a ses conseillers autour d'elle.
00:18:08Elle a mon directeur général autour d'elle.
00:18:10Et puis, on parle de la revue
00:18:12des finances publiques françaises
00:18:14que va faire la commission.
00:18:16Et donc, on s'attend quand même
00:18:17à un certain nombre de critiques
00:18:19sur la gestion de nos dépenses publiques,
00:18:21de notre déficit.
00:18:23Et donc, c'est conseillé.
00:18:25Mon directeur général la conseille.
00:18:27Parce qu'elle était à l'époque
00:18:28ministre de l'économie de la France.
00:18:30C'est pour ça.
00:18:31Elle se retourne vers moi
00:18:32et elle me dit
00:18:33vous, vous en pensez quoi ?
00:18:34Alors, moi, concrètement,
00:18:35normalement, j'étais là
00:18:36pour porter le dossier,
00:18:37porter le manteau de mon patron.
00:18:41Et voilà, assurer que tout ça
00:18:43se passe bien en coordination globale.
00:18:46Et je lui dis, mais moi ?
00:18:47Et elle me dit, c'est bien vous
00:18:48qui avez préparé le dossier ?
00:18:49Je lui dis, oui, effectivement.
00:18:51C'est bien vous qui avez rédigé les fiches.
00:18:52Je suppose jusqu'à 2-3 heures du matin.
00:18:55Je lui dis, oui, effectivement.
00:18:56Elle me dit, donc,
00:18:57vous devez avoir un avis.
00:18:58Et donc, je lui ai donné un avis
00:18:59qui était peut-être un peu différent
00:19:02ou en tout cas qui complétait
00:19:03l'avis des conseillers
00:19:05et de mon directeur.
00:19:07Donc là, j'ai vu beaucoup de gens
00:19:08devenir tout rouge.
00:19:10Dans le wagon.
00:19:11Et j'ai vu Christine Lagarde
00:19:12dire merci beaucoup,
00:19:13je le note.
00:19:15Et qui a ressorti une des phrases
00:19:17que j'avais données,
00:19:17pas toutes, hein,
00:19:18mais une des phrases
00:19:19que j'avais données
00:19:20quelques heures plus tard
00:19:22en Conseil des ministres
00:19:23devant ses homologues.
00:19:24Merci Fanny.
00:19:25On va laisser la place à Eva Aronica
00:19:26qui va brosser son portrait.
00:19:28Bonjour Marie.
00:19:29Bonjour Fanny.
00:19:30Elle collectionne les premières.
00:19:31Christine Lagarde
00:19:32est la première femme
00:19:33à la tête du prestigieux
00:19:34cabinet d'avocats
00:19:35Baker McKenzie.
00:19:37Elle est aussi la première
00:19:38à diriger le ministère
00:19:39de l'économie et des finances français
00:19:41et à prendre les règnes du FMI.
00:19:44En 2019,
00:19:45elle est cette fois-ci
00:19:45la deuxième femme
00:19:46à présider
00:19:47la Banque Centrale Européenne,
00:19:49l'institution la plus puissante
00:19:51de la zone euro.
00:19:52Un CV qui en impose donc,
00:19:54pourtant,
00:19:54elle assure n'avoir
00:19:55jamais eu de plan de carrière.
00:19:58Alors,
00:19:58comment a-t-elle pu gravir
00:20:00toutes ses marches
00:20:00avec succès ?
00:20:02Je dirais que la réponse
00:20:02tient à sa personnalité.
00:20:05Pas arrogante,
00:20:06mais fière,
00:20:07dotée d'un talent rare
00:20:08pour les relations humaines,
00:20:09ses qualités de management
00:20:10font l'unanimité
00:20:11et vous nous l'avez raconté.
00:20:12Elle crée de la confiance,
00:20:14permet à chacun
00:20:14d'exprimer son point de vue,
00:20:16trouve des consensus
00:20:17là où d'autres voient
00:20:18des impasses.
00:20:20Elle a aussi un bon sens
00:20:21de la communication
00:20:22avec, comme exemple
00:20:23marquant, je trouve,
00:20:24le jour où,
00:20:25lors d'une conférence
00:20:26de presse,
00:20:27elle affirme sa ligne
00:20:28de conduite
00:20:28par une broche dorée
00:20:30arborée sur sa veste.
00:20:32Ni Faucon,
00:20:33l'oiseau des partisans
00:20:34d'une politique monétaire
00:20:35orthodoxe,
00:20:36ni Colombe,
00:20:37symbole d'une politique
00:20:38monétaire plus souple,
00:20:40elle sera chouette.
00:20:41Elle justifie ce choix
00:20:42pour la sagesse
00:20:43qu'on attribue à la chouette.
00:20:45Cela traduit plus subtilement
00:20:46ce qu'elle a aussi dit.
00:20:48Très clairement,
00:20:48je vais avoir mon propre style,
00:20:51ne faites aucune comparaison.
00:20:53Au-delà d'être celle
00:20:54qui ouvre la voie,
00:20:55elle est aussi celle
00:20:56qui a été au milieu
00:20:57de nombreuses crises.
00:20:58On l'a dit,
00:20:58à peine nommée
00:20:59à Bercy en 2007,
00:21:00elle plonge dans la tempête
00:21:02financière
00:21:02de la crise des subprimes.
00:21:04En 2011,
00:21:05elle a à peine posé
00:21:06ses valises à Washington
00:21:07pour diriger le FMI,
00:21:08que la crise de la dette grecque
00:21:10commence à se propager.
00:21:11Et en 2019,
00:21:13alors qu'elle prend la tête
00:21:14de la BCE,
00:21:15la pandémie de Covid éclate.
00:21:16Pour tout cela,
00:21:17Christine Lagarde
00:21:18est régulièrement classée
00:21:19parmi les femmes
00:21:20les plus influentes
00:21:21et les plus puissantes du monde.
00:21:23Et du haut de ce statut,
00:21:25elle affirme son combat
00:21:26pour l'égalité femmes-hommes.
00:21:28Sur la célèbre crise
00:21:29des subprimes
00:21:30qu'elle connaît bien donc,
00:21:31elle dit et répète
00:21:32« si les Man Brothers
00:21:33avaient été
00:21:34les Man Sisters,
00:21:35ça aurait été différent ».
00:21:36Elle prône sans détour
00:21:37l'instauration de quotas.
00:21:39Elle affirme
00:21:39que les institutions
00:21:40dirigées par des femmes
00:21:42prennent moins de risques financiers.
00:21:43Elle résume
00:21:44« moins de testostérone,
00:21:46moins d'égo,
00:21:46ça aide ».
00:21:47Officier de la Légion d'honneur,
00:21:49commandeur de l'Ordre national
00:21:50du mérite
00:21:50et pas des moindres
00:21:51Grand Prix de l'économie
00:21:52des échos en 2020,
00:21:54Christine Lagarde
00:21:55a tracé un sillon unique.
00:21:57Première souvent,
00:21:58seule parfois,
00:22:00mais déterminée
00:22:01à ouvrir la voie
00:22:02pour que d'autres suivent.
00:22:04Avec cette conviction
00:22:05chevillée au corps,
00:22:06l'égalité
00:22:07n'est pas qu'une question
00:22:07de justice,
00:22:08c'est aussi une question
00:22:09d'efficacité financière.
00:22:11Merci Fanny
00:22:11d'avoir choisi Christine Lagarde
00:22:13en femme inspirante.
00:22:14Quel est le meilleur conseil
00:22:16qu'elle vous ait donné
00:22:16ou en tout cas
00:22:17que vous retenez d'elle ?
00:22:18Alors moi,
00:22:18ce que je retiens
00:22:19de Christine Lagarde,
00:22:20c'est d'abord
00:22:20sa force de travail
00:22:21et donc les dossiers
00:22:23stabilités
00:22:23qu'elle nous rendait,
00:22:25totalement annotés,
00:22:27repris.
00:22:28Elle reprenait
00:22:28chaque phrase,
00:22:29elle s'appropriait
00:22:30les mots
00:22:31pour ses prises de parole.
00:22:32Et donc,
00:22:33je me souviens aussi
00:22:34de ces petites fiches
00:22:36A5
00:22:36en police 24
00:22:39ou 26
00:22:39avec vraiment
00:22:41juste ce qu'il fallait
00:22:42de mots-clés
00:22:43pour pouvoir
00:22:44appuyer son discours
00:22:45et développer
00:22:47son argumentation.
00:22:48Donc,
00:22:48une très grosse bosseuse
00:22:49qui se démarquait
00:22:51en fait
00:22:51des ministres
00:22:54que j'avais pu
00:22:55voir passer.
00:22:56Donc,
00:22:56une très grande bosseuse
00:22:57et puis un conseil
00:22:59ou en tout cas
00:22:59une phrase
00:23:00qui m'a marquée
00:23:00à mon égard,
00:23:01c'est quand
00:23:02j'ai postulé
00:23:04pour diriger
00:23:05le Syrie
00:23:05après la présidence française,
00:23:07je pensais
00:23:08que mon âge
00:23:09serait un problème.
00:23:11J'avais 29 ans
00:23:12et le monde
00:23:13des entreprises
00:23:14en difficulté
00:23:15est plutôt
00:23:15un monde
00:23:16de cheveux gris,
00:23:16d'expérience en fait.
00:23:18Et elle m'a dit
00:23:20mais jamais
00:23:20dans ma vie
00:23:21je n'ai constaté
00:23:22que l'âge
00:23:23puisse être un problème
00:23:24quand on a du talent.
00:23:25Et ce que vous me dites,
00:23:26ça me fait justement
00:23:27penser à un point
00:23:28qu'elle aborde
00:23:30dans quelques interviews
00:23:31où elle explique
00:23:31que le syndrome
00:23:32de l'imposteur
00:23:33dont on parle beaucoup
00:23:33pour les femmes
00:23:34et que beaucoup de femmes
00:23:35ressentent
00:23:35à des hauts postes,
00:23:36elles le ressent
00:23:37elles-mêmes aussi
00:23:37et que ce syndrome
00:23:38de l'imposteur
00:23:39Angela Merkel
00:23:40l'avait aussi
00:23:41et que pour des femmes
00:23:42avoir ce syndrome
00:23:43n'était pas forcément
00:23:43quelque chose
00:23:44de difficile
00:23:45ou de pénalisant
00:23:46mais pouvait aussi
00:23:46être une force
00:23:47puisque nourrissait
00:23:48leurs connaissances
00:23:49et leurs compétences.
00:23:50Ça nourrit
00:23:51leurs compétences,
00:23:52ça nourrit
00:23:52leur pertinence
00:23:54et c'est aussi
00:23:55très apprécié
00:23:57au plan managérial
00:23:58parce que pour
00:23:59tous les fonctionnaires
00:24:00de Bercy,
00:24:01elle reste
00:24:02dans l'imaginaire
00:24:04quelqu'un
00:24:04qui a transformé
00:24:06le travail
00:24:06de ceux
00:24:07qui préparaient
00:24:08les dossiers,
00:24:08quelqu'un
00:24:09qui en a fait
00:24:09quelque chose
00:24:10parce qu'elle
00:24:11les a compris,
00:24:13elle se les est appropriés
00:24:14et elle a porté
00:24:16les positions françaises
00:24:17au plus haut niveau
00:24:18dans le monde,
00:24:19elle a eu de l'impact.
00:24:21Donc en fait,
00:24:22en faisant tout ce travail-là
00:24:23peut-être pour elle-même,
00:24:25elle a considérablement valorisé
00:24:27le travail
00:24:27de ses équipes
00:24:28et je trouve
00:24:28qu'au plan managérial
00:24:30c'est tout à fait remarquable.
00:24:31ça explique sa longévité
00:24:33aussi,
00:24:34elle est restée
00:24:34cinq ans à Bercy,
00:24:36c'est une des ministres
00:24:37qui est restée
00:24:37le plus longtemps
00:24:38si ce n'est le plus longtemps
00:24:39et sa popularité
00:24:42je pense auprès
00:24:43des équipes
00:24:44encore des années
00:24:45après.
00:24:46Merci beaucoup Fanny.
00:24:47Merci Eva
00:24:48pour ce portrait.
00:24:49Fanny,
00:24:49une dernière question
00:24:50sur la présidence française
00:24:51de l'Union européenne.
00:24:53Comment ça se passait
00:24:53parce que vous représentiez
00:24:55finalement la France
00:24:56lors des réunions
00:24:57avec tous les États membres,
00:24:58comment ça se passait
00:24:59pour vous à cette époque
00:25:00vous étiez encore assez jeune
00:25:02d'ailleurs ?
00:25:04La présidence française
00:25:05ça veut dire
00:25:06que le ministre français
00:25:08des Finances
00:25:09préside tous les mois
00:25:11un conseil
00:25:11qu'on appelle
00:25:12le conseil Écofine
00:25:13qui prend des décisions
00:25:15en matière
00:25:16de réglementation financière
00:25:18et en matière
00:25:18de finances publiques
00:25:20qui représentent aussi
00:25:21l'Union européenne
00:25:23au sein du G7
00:25:24au niveau du FMI
00:25:25et pour moi
00:25:27très concrètement
00:25:28ça veut dire
00:25:29que j'étais dans
00:25:29le groupe de Sherpa
00:25:30qu'on appelle
00:25:32les conseillers financiers
00:25:33et donc je présidais
00:25:35des réunions
00:25:36de conseillers financiers
00:25:37j'avais d'autres collègues
00:25:38qui en présidaient d'autres
00:25:39mais sur un certain nombre
00:25:41de thèmes
00:25:42par exemple
00:25:43la réglementation
00:25:44des fonds d'investissement
00:25:45l'encadrement
00:25:46des bonus
00:25:46des traders
00:25:47le renforcement
00:25:50des moyens
00:25:50de la Banque européenne
00:25:52d'investissement
00:25:52sont des sujets
00:25:53sur lesquels
00:25:54j'ai dû coordonner
00:25:55les positions
00:25:56des états membres
00:25:57et puis aussi
00:25:58l'articulation
00:25:59avec le Parlement européen
00:26:01donc ça apprend
00:26:02la négociation complexe
00:26:04parce que dans ces domaines
00:26:05il faut deux tiers
00:26:06des états membres
00:26:07une majorité qualifiée
00:26:09au Parlement européen
00:26:10et l'absence de veto
00:26:12de la Commission européenne
00:26:13donc il faut embarquer
00:26:14tout le monde
00:26:14il faut embarquer
00:26:15tout le monde
00:26:15sur des sujets costauds
00:26:16il faut faire des alliances
00:26:18les alliances changent
00:26:20suivant les sujets
00:26:21j'ai beaucoup observé
00:26:23mes collègues anglais
00:26:24très fort en négociation
00:26:25les anglais
00:26:26j'ai beaucoup effectivement
00:26:28œuvré avec mon collègue allemand
00:26:29parce que quand la France
00:26:30et l'Allemagne sont d'accord
00:26:31évidemment c'est très puissant
00:26:33mais aussi ce qu'on appelle
00:26:35les pays du club med
00:26:36parce qu'on reste quand même
00:26:37très proche
00:26:38de nos amis espagnols
00:26:40italiens, grecs
00:26:41qui suivent souvent nos positions
00:26:43et puis faire des compromis
00:26:45avec des pays
00:26:47qui ont peut-être
00:26:47d'autres cultures
00:26:48d'autres façons de faire
00:26:49ça peut parfois être
00:26:51assez frontal
00:26:53mais à la fin
00:26:54en fait l'objectif
00:26:55c'est quand même
00:26:55que l'Union européenne
00:26:56trouve une position
00:26:57avance
00:26:58et donc
00:26:59c'est des sujets
00:27:00passionnants
00:27:02je me suis fait
00:27:02beaucoup d'amitié
00:27:03à cette occasion
00:27:05et puis voilà
00:27:06je pense que c'est pour ça
00:27:07qu'ensuite
00:27:07on m'a nommée
00:27:09plutôt sur des métiers
00:27:11où l'art de la négociation
00:27:13était très important
00:27:14Justement
00:27:14en matière d'art de négociation
00:27:16qu'est-ce qui fonctionne ?
00:27:17Qu'est-ce que vous avez appris
00:27:18des amis anglais par exemple ?
00:27:20Alors des messages simples
00:27:21qu'on martèle partout
00:27:23auprès de tous les interlocuteurs
00:27:25des alliances fortes
00:27:27Vous avez des alliés d'abord ?
00:27:29Des alliés absolument
00:27:30Vous allez les chercher d'abord ?
00:27:32Il faut aller les chercher
00:27:33il faut forger les positions
00:27:34il faut se dire
00:27:35ok on va y aller
00:27:36on va y aller
00:27:37sur les trois points suivants
00:27:38et on va tous dire
00:27:39la même chose
00:27:40au même moment
00:27:41à tout le monde
00:27:42à tous ceux
00:27:43qui vont se prononcer à la fin
00:27:44et donc voilà
00:27:45les position papers
00:27:46mais surtout en fait
00:27:49le fait de dire
00:27:50bon alors donc
00:27:51l'État
00:27:51les régulateurs
00:27:52les entreprises
00:27:54les associations
00:27:55de consommateurs
00:27:56vont tous dire
00:27:57la même chose
00:27:58et voilà
00:27:58trois points
00:27:59Trois points
00:28:00trois lignes
00:28:01et un petit paragraphe
00:28:02en dessous
00:28:03c'est ça
00:28:03que ça soit simple
00:28:04C'est ça
00:28:04oui oui
00:28:05c'est juste de dire
00:28:06écoutez
00:28:06cette négociation
00:28:08elle est complexe
00:28:09mais en fait
00:28:10les trois enjeux
00:28:11prioritaires et importants
00:28:13sont les trois suivants
00:28:14et donc tout le reste
00:28:15oui ok
00:28:16on fera des
00:28:16bien sûr
00:28:17il y aura des amendements
00:28:18il y aura des sous-amendements
00:28:19si un truc est vraiment
00:28:20très important pour vous
00:28:21on le changera etc
00:28:23mais est-ce qu'on est d'accord
00:28:24sur la base
00:28:25qui sont ces trois points
00:28:27hyper intéressant
00:28:28vous rejoignez ensuite
00:28:29Bercy
00:28:30et vous devenez secrétaire générale
00:28:32du comité interministériel
00:28:33de restructuration industrielle
00:28:35qui s'appelle le CIRI
00:28:36que vous avez mentionné
00:28:36tout à l'heure
00:28:37et qui a pour mission
00:28:38d'aider les entreprises
00:28:40en difficulté
00:28:41comment vous vous êtes retrouvée
00:28:44là ?
00:28:44c'est quelque chose
00:28:45que vous vouliez faire ?
00:28:47comment vous avez réussi
00:28:47à y entrer ?
00:28:50c'était un cri du coeur
00:28:51je pense
00:28:52c'était un peu
00:28:54qui venait de loin
00:28:54en fait
00:28:54voilà
00:28:55bon d'abord
00:28:56le baby blues
00:28:57de la présidence française
00:28:58parce que quand vous avez été
00:28:59dans le feu de l'action
00:29:01aux premières loges
00:29:02pendant six mois
00:29:03et que vous passez la main
00:29:04à vos collègues tchèques
00:29:06puis suédois
00:29:07c'est un peu dur
00:29:08de se retrouver
00:29:09un pays lambda
00:29:11dans l'ensemble des 27
00:29:13donc il y avait un petit peu
00:29:14ce baby blues là
00:29:15et puis on avait fait quand même
00:29:17adopter un nombre record
00:29:18de textes
00:29:19en six mois
00:29:21et puis
00:29:23on est rentré
00:29:25de la crise financière
00:29:26on est passé
00:29:26à la crise économique
00:29:27et voilà
00:29:292008
00:29:29c'est vraiment
00:29:30la crise financière
00:29:312009
00:29:31on rentre dans le dur
00:29:33de la crise économique
00:29:34avec l'accélération
00:29:36des défaillances
00:29:37d'entreprises
00:29:37et ça pour moi
00:29:38c'était pas tolérable
00:29:39je me disais
00:29:40que le chômage
00:29:42allait monter
00:29:43le front national
00:29:44allait progresser
00:29:45c'était quelque chose
00:29:47d'intolérable pour moi
00:29:48et je voulais
00:29:49être acteur
00:29:51faire quelque chose
00:29:52et à ce moment là
00:29:54un ami
00:29:54qui dirigeait le série
00:29:55me dit
00:29:56tu sais
00:29:56je vais partir
00:29:57créer mon fonds
00:29:58d'investissement
00:29:58si tu veux
00:30:00moi je te vois bien là
00:30:01et
00:30:02à ma place
00:30:02et je veux dire
00:30:04c'est lui
00:30:04qui me passe cet appel
00:30:05je trouve ça
00:30:06incroyable
00:30:07comme alignement
00:30:08de planète
00:30:08ça c'est la vie
00:30:09et voilà
00:30:10et je dis à Christine Lagarde
00:30:11et à mon directeur général
00:30:12est juste
00:30:13est-ce que je suis pas trop jeune
00:30:14j'ai 29 ans
00:30:16est-ce que ça va être
00:30:18un problème
00:30:18et d'où cette réponse
00:30:19incroyable
00:30:20de Christine Lagarde
00:30:21qui dit
00:30:21j'ai jamais vu
00:30:22dans ma vie
00:30:23que l'âge
00:30:24soit un critère
00:30:25de sélection
00:30:25et donc
00:30:26c'est incroyable
00:30:28de faire confiance
00:30:29comme ça
00:30:30à une femme
00:30:31jeune
00:30:32dans un monde
00:30:32masculin
00:30:33de cheveux gris
00:30:34et parce que
00:30:35votre première réunion
00:30:35en série
00:30:36c'était un peu ça
00:30:36quand même
00:30:37ah c'était
00:30:38racontez-nous
00:30:39très impressionnant
00:30:41bon
00:30:42mais là
00:30:43j'avais l'habitude
00:30:43des salles bondées
00:30:44là il y avait
00:30:4680 personnes
00:30:48pour la restructuration
00:30:49de la dette
00:30:49d'une entreprise
00:30:50aéronautique
00:30:51qui en plus
00:30:52se trouvait cotée
00:30:53et donc
00:30:54l'AMF
00:30:55avait suspendu
00:30:56le cours de bourse
00:30:56de la société
00:30:58donc l'autorisation
00:30:58des marchés
00:30:59exactement
00:31:00et donc
00:31:02il fallait trouver
00:31:03un accord
00:31:03en quelques jours
00:31:05alors qu'il y avait
00:31:07il y avait
00:31:08plus d'une vingtaine
00:31:10de créanciers
00:31:11différents
00:31:12à mettre d'accord
00:31:13évidemment
00:31:14des concessions
00:31:15à trouver
00:31:15du côté de l'entreprise
00:31:16du côté du management
00:31:17évidemment
00:31:19des actionnaires
00:31:20aussi impliqués
00:31:21dans le sujet
00:31:21et puis
00:31:22dans l'aéronautique
00:31:23on est dans une logique
00:31:24de filière
00:31:25donc des efforts
00:31:25aussi
00:31:26des clients
00:31:27et des fournisseurs
00:31:28donc toutes les parties
00:31:29prenantes
00:31:30qui devaient
00:31:31chacun bouger
00:31:32un tout petit peu
00:31:33pour forger
00:31:34une solution financière
00:31:35d'ensemble
00:31:36qui rassure les banques
00:31:37au point qu'elles soient
00:31:38d'accord
00:31:38pour rééchelonner la dette
00:31:40et la rendre
00:31:40à nouveau soutenable
00:31:42et qu'on puisse
00:31:43effectivement
00:31:44remettre
00:31:45le cours de bourse
00:31:46en activité
00:31:48pour des petits porteurs
00:31:49qui étaient quand même
00:31:50assez inquiets
00:31:51et des syndicats
00:31:52qui étaient en bas
00:31:53de mon bureau
00:31:54en attendant
00:31:55l'issue de la négo
00:31:56donc ça vous met
00:31:57tout de suite
00:31:57dans le bain
00:31:58et comment s'est passée
00:32:00alors la réunion
00:32:01avec les 80 personnes
00:32:02alors la réunion
00:32:04avec les 80 personnes
00:32:05elle était
00:32:06pour le coup
00:32:07pleine de testostérone
00:32:08banquier masculin
00:32:11en colère
00:32:11égale
00:32:13beaucoup
00:32:14beaucoup
00:32:15de cris
00:32:16de claquages
00:32:18de portes
00:32:18certaines banques
00:32:20étaient vraiment
00:32:20ulcérées
00:32:21de la façon
00:32:22dont elles avaient
00:32:23été informées
00:32:24des difficultés
00:32:25de la gravité
00:32:26des difficultés
00:32:28un management
00:32:29un peu
00:32:29un peu désemparé
00:32:30par cette violence
00:32:32même si
00:32:33effectivement
00:32:34conscient
00:32:36des responsabilités
00:32:37qu'ils pouvaient
00:32:38porter
00:32:38mais en même temps
00:32:40il y avait des sujets
00:32:41de marché
00:32:42il y avait des sujets
00:32:42de qualité
00:32:43il y avait des sujets
00:32:44de commande
00:32:45tous les leviers
00:32:46n'étaient pas
00:32:47dans leurs mains
00:32:47non plus
00:32:48et donc
00:32:49c'est comme toujours
00:32:50c'est un ensemble
00:32:51et arriver
00:32:52à faire
00:32:53la part des choses
00:32:54et à faire en sorte
00:32:55que les concessions
00:32:56qui doivent être faites
00:32:57par les uns
00:32:58et par les autres
00:32:59soient faites
00:33:00bon il y avait
00:33:01un très bon
00:33:01administrateur judiciaire
00:33:03c'est une profession
00:33:04qui est quand même
00:33:05remarquable
00:33:06vraiment remarquable
00:33:08on a des administrateurs
00:33:09judiciaires
00:33:10de très haut niveau
00:33:10en France
00:33:11j'ai toujours pu
00:33:12m'appuyer
00:33:13beaucoup sur eux
00:33:14d'ailleurs on reçoit
00:33:16Hélène Bourboulou
00:33:16prochainement
00:33:17dans le podcast
00:33:18voilà
00:33:18meilleure administratrice
00:33:19judiciaire
00:33:20extraordinaire
00:33:20très très bon choix
00:33:22et Hélène qui ne gérait
00:33:23pas ce dossier là
00:33:24mais qui a
00:33:25qui a sorti
00:33:26des sujets
00:33:27très très compliqués
00:33:28lorsque je dirigeais
00:33:29le Syrie
00:33:30on a très bien
00:33:30travaillé ensemble
00:33:31et alors quand on a
00:33:32autant de personnes
00:33:33en colère
00:33:33avec des intérêts
00:33:34conflictuels
00:33:35comment on fait
00:33:36pour arriver à trouver
00:33:37une solution
00:33:37qu'est-ce qui a fonctionné
00:33:39je pense que
00:33:41c'est d'arriver
00:33:43à comprendre
00:33:43que le passage
00:33:44en redressement judiciaire
00:33:46n'est dans l'intérêt
00:33:46de personne
00:33:47et donc de se dire
00:33:50que l'objectif
00:33:52est de retrouver
00:33:54d'analyser
00:33:55comment on en est arrivé là
00:33:56finalement
00:33:58quelles sont les raisons
00:33:59de ces difficultés
00:34:00est-ce qu'elles sont
00:34:02conjoncturelles
00:34:02ou structurelles
00:34:03et pour bâtir
00:34:05un plan de rebond
00:34:06de quoi on dispose
00:34:07d'hommes et de femmes
00:34:08de technologie
00:34:09d'actifs industriels
00:34:11et finalement
00:34:13quelle va être
00:34:14la trajectoire
00:34:15soutenable
00:34:15pour l'entreprise
00:34:16compte tenu
00:34:17de sa capitalisation
00:34:18compte tenu
00:34:19de son endettement
00:34:20et donc de bâtir
00:34:22une compréhension
00:34:23partagée
00:34:24sur la stratégie
00:34:25de la raison
00:34:25de la logique
00:34:26et c'est ça
00:34:26qui va faire entendre
00:34:27la raison à tout le monde
00:34:28c'est ça
00:34:28en tout cas
00:34:28d'essayer de trouver
00:34:29un compromis
00:34:29c'est ça
00:34:30mais surtout
00:34:31ce qu'il faut
00:34:31c'est assurer
00:34:32la crédibilité
00:34:33du plan proposé
00:34:35pour l'avenir
00:34:35parce que l'objectif
00:34:36c'est pas
00:34:37de trouver un accord
00:34:40qui six mois plus tard
00:34:41va s'écrouler
00:34:43de toute façon
00:34:44les tribunaux de commerce
00:34:44demandent une visibilité
00:34:46sur 24 mois
00:34:47et donc en fait
00:34:49il faut trouver
00:34:49un plan de pérennité
00:34:50et finalement
00:34:52en fait
00:34:53rééchelonner
00:34:53ou abandonner
00:34:54une dette
00:34:54pour assurer
00:34:57la sauvegarde
00:34:58peut-être
00:34:58de 70%
00:34:59de cette dette
00:35:01c'est plus intéressant
00:35:02que de passer
00:35:02en redressement judiciaire
00:35:03et de tout perdre
00:35:04de la même façon
00:35:05pour les clients
00:35:06il vaut mieux
00:35:07pérenniser l'entreprise
00:35:08plutôt que d'avoir
00:35:09des problématiques
00:35:10d'approvisionnement
00:35:11quand on parle
00:35:12de morceaux d'avion
00:35:13voilà
00:35:15donc c'est un ensemble
00:35:16de constats partagés
00:35:19d'efforts réciproques
00:35:20et surtout
00:35:22le sentiment
00:35:23que les personnes
00:35:24sortent de la pièce
00:35:25en se disant
00:35:26que oui
00:35:26ils ont fait des efforts
00:35:27mais les efforts
00:35:28sont équitablement répartis
00:35:30la question c'est
00:35:30qu'est-ce que l'équité
00:35:31et ça se détermine
00:35:33au cas par cas
00:35:33quel a été le moment
00:35:35le plus fort pour vous
00:35:36quand vous étiez au Syrie ?
00:35:38le moment le plus fort
00:35:40pour moi
00:35:40c'est quand en fait
00:35:42un dirigeant
00:35:43en fait
00:35:44est tombé dans mes bras
00:35:46en disant
00:35:46moi j'y arrive plus
00:35:48j'y arriverai plus
00:35:49je vous rends les clés
00:35:51faites ce que vous voulez
00:35:52de la boîte
00:35:53et où je lui ai dit
00:35:54vous savez
00:35:55moi je suis un médiateur
00:35:57vous avez mené
00:35:59l'entreprise jusqu'ici
00:36:00pour le coup
00:36:01c'était un vrai accident
00:36:02de parcours
00:36:02c'était un problème logistique
00:36:04un ERP
00:36:05qui avait claqué
00:36:05et donc une désorganisation
00:36:07de l'entreprise
00:36:07et je lui ai dit
00:36:09vous allez y arriver
00:36:11vous allez vous ressaisir
00:36:13et moi je serai à vos côtés
00:36:15pour négocier avec les banques
00:36:16mais c'est vrai
00:36:18que ce jour-là
00:36:19et puis il y en a eu d'autres
00:36:20j'ai quelqu'un
00:36:21qui a fait un incident cardiaque
00:36:22j'ai vu en fait
00:36:24c'est tellement dur
00:36:25ces moments-là
00:36:26comment en fait
00:36:27toute une vie défile
00:36:28devant vos yeux
00:36:29tout le travail
00:36:30d'une vie défile
00:36:31devant vos yeux
00:36:32et toute la pression
00:36:33qu'un dirigeant
00:36:34peut sentir
00:36:35sur ses épaules
00:36:36c'est-à-dire qu'à ce moment-là
00:36:36tout le monde le regarde
00:36:37il faut forcément
00:36:39que ce soit lui
00:36:39qui trouve la solution
00:36:40il est responsable de tout
00:36:42sur les erreurs commises
00:36:44et sur les solutions
00:36:45à trouver
00:36:45c'est un fardeau
00:36:47qui est quand même
00:36:47extrêmement difficile
00:36:48et qui aujourd'hui
00:36:49a nourri mes convictions
00:36:51sur un
00:36:51savoir s'entourer
00:36:54donc vraiment
00:36:55la gouvernance d'entreprise
00:36:58le comité de direction
00:36:59et sur deux
00:37:01vraiment
00:37:02la priorité
00:37:03accordée
00:37:04dans toute analyse
00:37:05sur la qualité
00:37:07du capital humain
00:37:08d'une entreprise
00:37:09ou de la même
00:37:11ou bien plus
00:37:12que le capital financier
00:37:14donc les équipes
00:37:14en fait
00:37:14les équipes
00:37:15par la suite
00:37:15vous faites un passage
00:37:16comme directrice de cabinet
00:37:17adjointe auprès d'Arnaud Montebourg
00:37:19en 2012
00:37:20alors qu'il est
00:37:21ministre de redressement
00:37:22productif
00:37:23et puis vous rejoignez
00:37:24BPI France
00:37:24la banque publique
00:37:26d'investissement
00:37:26pour diriger
00:37:27les équipes
00:37:28d'investissement direct
00:37:29PME
00:37:30donc petites et moyennes entreprises
00:37:31et ETI
00:37:32entreprise de taille
00:37:33intermédiaire
00:37:34et là vous avez
00:37:36une conviction
00:37:36et vous arrivez
00:37:38à la transformer
00:37:40en réalité
00:37:40oui
00:37:42la conviction forte
00:37:44en fait
00:37:44c'est qu'il n'y a pas
00:37:45assez d'ETI
00:37:45en France
00:37:46les ETI
00:37:46c'est à partir de
00:37:4750 millions
00:37:49de chiffres d'affaires
00:37:49250 salariés
00:37:51en fait
00:37:51et jusqu'à
00:37:53alors c'est très large
00:37:541,5 milliard
00:37:55et on est en retard
00:37:57c'est ça par rapport
00:37:58à des pays comme l'Allemagne
00:37:59par exemple
00:37:59et on est en retard
00:38:00sur cette frange là
00:38:01on a à peu près
00:38:036 000 ETI
00:38:04en France
00:38:05suivant les calculs
00:38:07alors que l'Allemagne
00:38:07on a 12 000
00:38:08le Royaume-Uni
00:38:0910 000
00:38:10et même l'Italie
00:38:118 000
00:38:11c'est l'entreprise
00:38:13qui a le plus
00:38:14d'effet d'entraînement
00:38:15sur l'emploi
00:38:16c'est 3%
00:38:17des entreprises françaises
00:38:19c'est un tiers
00:38:20de l'innovation
00:38:21un tiers
00:38:22de l'export
00:38:22un tiers
00:38:23de la valeur ajoutée
00:38:24un tiers
00:38:24des dépenses
00:38:25en R&D
00:38:26et c'est 200%
00:38:28de la création nette
00:38:29d'emplois
00:38:30c'est à dire
00:38:30qu'historiquement
00:38:31en fait
00:38:32les ETI
00:38:33la création d'emplois
00:38:34par les ETI
00:38:35a compensé
00:38:37la destruction
00:38:37d'emplois
00:38:38par les grands groupes
00:38:39et donc
00:38:41c'est un effet
00:38:41d'entraînement
00:38:42considérable
00:38:42aussi pour les territoires
00:38:44les ETI
00:38:44sont des entreprises
00:38:45très ancrées
00:38:46dans leur région
00:38:47et donc
00:38:47un emploi créé
00:38:48dans une ETI
00:38:49c'est 3,5 emplois
00:38:51créés dans l'économie
00:38:52et donc moi
00:38:53je voulais activer
00:38:54ce moteur
00:38:54et faire en sorte
00:38:55que les PME
00:38:56dépassent
00:38:57leur plafond de verre
00:38:59et de PME
00:39:00deviennent ETI
00:39:00et on peut doubler
00:39:02le nombre d'ETI
00:39:03en France
00:39:04si on arrive
00:39:05à accélérer
00:39:06un certain nombre
00:39:06de PME
00:39:07on en a 137 000
00:39:08en trouver 4 000
00:39:10qui passent ETI
00:39:11ça me paraît jouable
00:39:12et donc
00:39:13qu'est-ce que vous faites
00:39:14vous prenez
00:39:14votre bâton
00:39:15de pèlerin
00:39:15vos convictions
00:39:16et donc
00:39:17voilà
00:39:18Nicolas Dufour
00:39:19avec qui j'avais travaillé
00:39:20qui dirige BPI France
00:39:21voilà
00:39:22en cabinet ministériel
00:39:23me dit
00:39:23tu sais
00:39:24si tu veux nous rejoindre
00:39:25les trains
00:39:25ne repasseront pas
00:39:26trois fois
00:39:26donc c'est maintenant
00:39:27et donc je lui dis
00:39:28très bien
00:39:29je saute dans le train
00:39:30et il me dit
00:39:30mais qu'est-ce qui t'intéresse
00:39:32la French Tech
00:39:33le fonds souverain
00:39:33et je lui dis
00:39:34non moi c'est les PME
00:39:35et je lui explique pourquoi
00:39:36et en fait
00:39:37c'était super
00:39:38parce que
00:39:39c'était l'endroit
00:39:40où se faisait
00:39:41la fusion
00:39:42de BPI France
00:39:43entre les entités
00:39:45de la Caisse des dépôts
00:39:46certaines entités
00:39:47du FSI
00:39:48et d'Oseo
00:39:49et donc
00:39:49l'investissement PME
00:39:51en fait
00:39:51c'était aussi
00:39:52un projet
00:39:52de fusion
00:39:53de restructuration
00:39:54c'est au moment
00:39:55de la création
00:39:55de BPI France
00:39:56au moment
00:39:57de la création
00:39:57de BPI France
00:39:58voilà
00:39:58donc moi je suis arrivée
00:40:00en 2013
00:40:01sur ces fonds
00:40:02d'investissement
00:40:03qu'on a tout de suite
00:40:04positionnés avec Nicolas
00:40:05sur le passage
00:40:06de PME
00:40:07à ETI
00:40:08et à côté
00:40:09l'idée
00:40:11vraiment
00:40:11c'était de dire
00:40:12ce qui manque
00:40:13dans les entreprises
00:40:14c'est du capital humain
00:40:15il faut briser
00:40:16la solitude
00:40:17du dirigeant
00:40:18il faut mettre
00:40:19autour de lui
00:40:19des équipes
00:40:20de l'expertise
00:40:21une gouvernance
00:40:22et donc on va créer
00:40:23des accélérateurs
00:40:25il y en a déjà
00:40:26plein pour les start-up
00:40:27nous on va accélérer
00:40:28des PME
00:40:29avec un impact
00:40:30sur l'emploi
00:40:31première promo
00:40:332015
00:40:3460 boîtes
00:40:35au bout de deux ans
00:40:3625% de croissance
00:40:38en moyenne
00:40:39de ces 60 boîtes
00:40:40chiffre d'affaires
00:40:41et emploi
00:40:42et donc on se dit
00:40:44c'est génial
00:40:44on part
00:40:45à Bercy
00:40:46tous les deux
00:40:47on défend le projet
00:40:49auprès du ministre
00:40:50auprès du ministre
00:40:50qui nous dit
00:40:51très bien
00:40:51alors je me suis fait
00:40:53avoir ce jour-là
00:40:54parce qu'il s'en souviendra
00:40:56Nicolas
00:40:57dans un voyage TGV
00:40:59je lui avais dit
00:41:00moi je te propose
00:41:01de lui dire
00:41:021000 boîtes
00:41:03dans les accélérateurs
00:41:04il me dit non
00:41:052000
00:41:06je lui dis
00:41:07bon c'est ambitieux
00:41:08mais je relève le défi
00:41:10et puis on arrive
00:41:12chez le ministre
00:41:13et le ministre
00:41:14me regarde
00:41:15et il dit
00:41:15vous faites
00:41:16ces 4000
00:41:17et il s'était parlé avant
00:41:19les deux
00:41:20et j'ai eu
00:41:22cette commande incroyable
00:41:24de mettre 4000 boîtes
00:41:25dans les accélérateurs
00:41:26et je crois
00:41:26qu'ils sont en train
00:41:27d'y arriver
00:41:27un autre moment clé
00:41:28Fanny Lettier
00:41:30c'est quand vous discutez
00:41:30avec votre ami
00:41:31François Rivolier
00:41:32qui est patron
00:41:33du capital investissement
00:41:34à la Société Générale
00:41:35et vous vous dites quoi
00:41:37vous formentez ensemble
00:41:39un rêve ambitieux
00:41:40François et moi
00:41:42oui
00:41:43on se connaît
00:41:43depuis 2013
00:41:44et c'est vrai
00:41:45qu'il dirigeait
00:41:46une des plus grosses équipes
00:41:47de capital investissement
00:41:48qui était celle
00:41:49de Société Générale
00:41:51Capital Partenaire
00:41:53et il avait testé
00:41:54en fait
00:41:54mes accélérateurs
00:41:55en mettant
00:41:56certaines de ses participations
00:41:58dans les accélérateurs
00:42:00BPI France
00:42:01et on adorait
00:42:02en fait
00:42:03débriefer
00:42:04de ces moments-là
00:42:05et se dire
00:42:05mais comment
00:42:06on peut mieux faire
00:42:07le métier
00:42:08avec une critique
00:42:09des fonds
00:42:09qui est assez forte
00:42:10de dire
00:42:11les fonds
00:42:11c'est court-termiste
00:42:12là où un entrepreneur
00:42:14se projette à 20 ans
00:42:15et bien
00:42:16on ne peut pas raisonner
00:42:17à 3-5 ans
00:42:18surtout dans les ETI
00:42:19c'est ça
00:42:20un fonds
00:42:21c'est très financier
00:42:22or en fait
00:42:23nos problématiques
00:42:23de dirigeants
00:42:24elles sont aussi
00:42:25de se digitaliser
00:42:26de s'internationaliser
00:42:27d'avoir plus d'impact
00:42:29de recruter
00:42:30de fidéliser les talents
00:42:32et donc
00:42:33ça c'est des sujets
00:42:34non financiers
00:42:35mais sur lesquels
00:42:36on a besoin d'aide
00:42:37et donc finalement
00:42:38comment on répond
00:42:39à cette critique
00:42:40et on avait
00:42:42tous les deux
00:42:43en fait préparé
00:42:44en fait
00:42:44pour les plans stratégiques
00:42:46de BPI France
00:42:47et de Société Générale
00:42:49en fait
00:42:49des propositions
00:42:51de fonds
00:42:52Evergreen
00:42:53Entrepreneur
00:42:54Evergreen
00:42:54sans durée de vie
00:42:57limitée
00:42:57toujours vert
00:42:58toujours en capacité
00:43:00de réinvestir
00:43:01et sans
00:43:02limite de temps
00:43:04donc avec des propositions
00:43:05similaires
00:43:06c'est ça
00:43:07et là vous vous dites
00:43:07c'est l'heure
00:43:08d'un déjeuner je crois
00:43:09c'est ça ?
00:43:10c'est ça
00:43:10pour plein de raisons
00:43:11c'était pas possible
00:43:12au sein de grandes organisations
00:43:15qui ont chacun
00:43:16leurs contraintes
00:43:17et donc il me dit
00:43:18pourquoi on ne le crée
00:43:19pas ensemble
00:43:20et là je lui dis
00:43:21tu sais je suis en pleine
00:43:22préparation du marathon
00:43:23de New York
00:43:24et puis j'ai 4000 boîtes
00:43:26à mettre dans les accélérateurs
00:43:27je te reviens
00:43:28dans quelques semaines
00:43:29il faut que je prenne
00:43:30le temps de la réflexion
00:43:31et vous avez un coach
00:43:33pour le marathon justement ?
00:43:35alors j'avais un coach
00:43:36entrepreneur pour le marathon
00:43:37qui m'avait dit
00:43:38toi un jour tu créeras ta boîte
00:43:41il faut que tu prennes du recul
00:43:43je t'emmène au marathon de New York
00:43:45et je lui dis
00:43:46mais moi je suis capable
00:43:47de courir au maximum
00:43:488 km
00:43:49donc je ne vois pas bien
00:43:51comment je cours un marathon
00:43:52et c'était quelques mois plus tard
00:43:54c'est ça ?
00:43:54et c'était quelques mois plus tard
00:43:55c'était novembre 2017
00:43:57et il m'avait fait en fait visualiser
00:44:00alors ça je le recommande vraiment
00:44:01des vidéos en fait
00:44:04où on voit des gens
00:44:05qui passent des lignes d'arrivée
00:44:06qui coupent le ruban
00:44:08qui lèvent les bras
00:44:09qui disent ça y est
00:44:10je suis arrivée etc
00:44:11et il m'avait dit
00:44:13le moment où tu rentreras
00:44:15dans le fameux mur
00:44:16le moment où tes jambes
00:44:17ne te porteront plus
00:44:18et tu te diras
00:44:19je ne vais pas finir ce marathon
00:44:21ce moment là il va arriver
00:44:22je ne sais pas quand pour toi
00:44:24il va arriver
00:44:24mais il arrive à tout le monde
00:44:25alors tu penses à ces vidéos
00:44:27et tu penses en fait
00:44:28au fait que tu vas passer
00:44:29cette ligne d'arrivée
00:44:30pour moi c'est arrivé
00:44:31au 35ème kilomètre
00:44:32et j'ai pensé à Jean-Bernard
00:44:35que je remercie chaleureusement
00:44:37parce que c'est lui
00:44:38qui vous a inscrit au marathon
00:44:39c'est lui qui m'a inscrit au marathon
00:44:41vous étiez d'accord ou pas ?
00:44:42bah je n'ai pas trop eu le choix
00:44:44il m'a dit
00:44:47Fanny c'est bien de coacher
00:44:48des entrepreneurs
00:44:48mais des fois il faut se laisser coacher
00:44:50donc je me suis laissée coacher
00:44:52j'avais mon programme
00:44:53tous les dimanches par mail
00:44:54et les sorties à 6h du matin
00:44:57dans le bois de Vincennes
00:44:58à la frontelle
00:44:59je m'en souviens
00:45:00merci Jean-Bernard
00:45:01mais au 35ème kilomètre
00:45:03j'ai vu un américain
00:45:06lever son panneau
00:45:07avec écrit
00:45:08It's the last damn bridge
00:45:10et je me suis dit
00:45:11ok c'est le dernier pont
00:45:12je vais passer cette ligne d'arrivée
00:45:14je la vois
00:45:15je la visualise
00:45:17et pourquoi à ce moment là
00:45:18je me suis dit aussi
00:45:19et je vais créer la boîte
00:45:20avec François
00:45:21c'était le moment quoi
00:45:22c'était le moment
00:45:23où vous n'avez plus de résistance
00:45:24en fait
00:45:25c'est ça
00:45:25donc il fallait tout à lâcher
00:45:26en même temps
00:45:27oui
00:45:27et donc vous avez créé
00:45:30Génio Capital Entrepreneur
00:45:32qu'est-ce qu'il a de différent
00:45:33par rapport aux fonds
00:45:35ou aux accompagnements
00:45:36existants pour les ETI ?
00:45:38c'est précisément
00:45:39que ça n'est pas un fonds
00:45:40mais une société d'investissement
00:45:42et là est toute la différence
00:45:44il faut pouvoir maîtriser
00:45:48le rapport au temps
00:45:48un entrepreneur
00:45:50ça se projette
00:45:51sur 20 ou 30 ans
00:45:52en tout cas
00:45:53à l'échelle d'une génération
00:45:54à l'issue de laquelle
00:45:56il va transmettre
00:45:57à ses enfants
00:45:58ou à ses cadres
00:45:59ou à un groupe
00:46:01qui pourra emmener
00:46:02l'entreprise plus loin
00:46:04mais c'est pas moins
00:46:05parce que
00:46:07un entrepreneur
00:46:07c'est quelqu'un
00:46:08qui veut laisser une trace
00:46:09une innovation
00:46:11une marque
00:46:12de la création d'emplois
00:46:14dans sa région
00:46:15qui va avoir un impact
00:46:15il a un moteur
00:46:16qui est un moteur d'impact
00:46:18par essence
00:46:19sinon pourquoi
00:46:20il se lèverait le matin
00:46:21pourquoi il se donnerait
00:46:23à fond
00:46:23et donc
00:46:25ces entrepreneurs-là
00:46:27ont besoin
00:46:29d'agilité
00:46:30de flexibilité
00:46:31parce que ça se passe
00:46:32jamais comme prévu
00:46:33ça peut aller
00:46:33beaucoup plus vite
00:46:34et à ce moment-là
00:46:35ils ont besoin
00:46:36de capitaux complémentaires
00:46:37parce que
00:46:38le concurrent
00:46:38qu'on voulait acheter
00:46:39depuis toujours
00:46:40est à vendre
00:46:40et c'est maintenant
00:46:41donc il faut pouvoir l'acheter
00:46:42sinon c'est notre concurrent
00:46:43chinois qui l'achète
00:46:44et puis
00:46:45ça peut ralentir
00:46:47on peut avoir un Covid
00:46:48qui met tout le monde
00:46:49à l'arrêt
00:46:49pendant un an et demi
00:46:50et donc cette agilité
00:46:53elle est nécessaire
00:46:54et elle n'est pas
00:46:55vraiment compatible
00:46:56avec le fonctionnement
00:46:57des fonds d'investissement
00:46:59fermés
00:46:59sur 5 ans
00:47:00en moyenne
00:47:01sur 5 ans
00:47:01et donc en fait
00:47:03comment réaligner
00:47:04les intérêts
00:47:05et se donner
00:47:06la possibilité
00:47:07de stratégie
00:47:08ambitieuse
00:47:09de fabriquer
00:47:10des champions européens
00:47:11à partir de France
00:47:12donc c'est une société
00:47:13d'investissement
00:47:14et dont les équipes
00:47:15en fait
00:47:16sont un tiers
00:47:17financiers
00:47:18évidemment
00:47:19il en faut
00:47:20et c'est très important
00:47:21et ça apporte beaucoup
00:47:22un tiers conseil
00:47:24sur les problématiques
00:47:25de digitalisation
00:47:27de durabilité
00:47:28de financement
00:47:29de performance opérationnelle
00:47:31aussi
00:47:31et puis
00:47:32un tiers
00:47:33réseau business
00:47:34parce que
00:47:35Généo
00:47:37s'appelle
00:47:37Capital Entrepreneur
00:47:39et c'est l'énorme espoir
00:47:40je pense
00:47:40de la finance
00:47:41demain
00:47:41de se dire
00:47:42qu'en fait
00:47:43de plus en plus
00:47:44d'entrepreneurs
00:47:45à succès
00:47:46de familles
00:47:47issues
00:47:48de l'entrepreneuriat
00:47:49investissent
00:47:50dans l'économie
00:47:51pour forger
00:47:52les champions
00:47:52de demain
00:47:53c'est une tendance
00:47:54de fond
00:47:54assez forte
00:47:56dans le financement
00:47:57en fait
00:47:57du capital investissement
00:47:59et chez Généo
00:48:01ça forme
00:48:01une communauté
00:48:02de 220 familles
00:48:04et entrepreneurs
00:48:05qui parce qu'ils ont
00:48:06connu des échecs
00:48:07et aussi
00:48:08parce qu'ils ont
00:48:09fait fortune
00:48:09ensuite
00:48:10et bien
00:48:10ont un réseau business
00:48:12ont une somme
00:48:13d'expérience
00:48:14considérable
00:48:14à apporter
00:48:15à nos entreprises
00:48:16donc c'est 220 familles
00:48:17family office
00:48:18et entrepreneurs
00:48:19qui sont aussi
00:48:20au service
00:48:21des entreprises
00:48:22accompagnées
00:48:23qui les financent
00:48:23mais aussi
00:48:24qui les conseillent
00:48:24et qui les mettent
00:48:25en relation
00:48:25pour développer
00:48:26leur business
00:48:27c'est ça
00:48:27donc une société
00:48:28d'investissement
00:48:29une société
00:48:30de conseil
00:48:31et un réseau business
00:48:32le tout
00:48:33sous un chapeau
00:48:34très long terme
00:48:35vous parlez aussi
00:48:36beaucoup de finances
00:48:36positives
00:48:37en expliquant
00:48:38que les entrepreneurs
00:48:40et entrepreneurs
00:48:40qui sont accompagnés
00:48:41chez vous
00:48:42ont un carnet
00:48:43de croissance
00:48:43alors je veux bien
00:48:44savoir ce que c'est
00:48:44un carnet de croissance
00:48:45un plan d'impact
00:48:46un plan de décarbonation
00:48:48et que généralement
00:48:49le capital
00:48:50est redistribué
00:48:51en tout cas
00:48:51de plus en plus
00:48:52oui la finance positive
00:48:54c'est notre raison d'être
00:48:55depuis le début
00:48:56c'est notre mission
00:48:57depuis qu'on est passé
00:48:58société à mission
00:48:59il y a deux ans
00:49:00et l'objectif
00:49:01c'est de concilier
00:49:02performance
00:49:03essence
00:49:03et pour ça
00:49:04en fait
00:49:05il y a quatre ingrédients
00:49:06nécessaires
00:49:07qui sont dans nos statuts
00:49:08qui sont d'apporter
00:49:10de la sérénité
00:49:10par la maîtrise du temps
00:49:12on en a parlé
00:49:1299 ans
00:49:14chez vous
00:49:14c'est pas 5 ans
00:49:15c'est 99
00:49:1599 ans
00:49:16oui
00:49:17renouvelable
00:49:18du capital humain
00:49:21on en a parlé
00:49:22l'importance
00:49:23en fait
00:49:24d'entourer
00:49:24le dirigeant
00:49:25de ressources humaines
00:49:26et d'expertise
00:49:27aussi
00:49:28le partage
00:49:29de la valeur
00:49:30notamment
00:49:31avec les salariés
00:49:3220% du capital
00:49:33de nos sociétés
00:49:33investies
00:49:34sont détenus
00:49:34par les salariés
00:49:35pour aligner
00:49:36toutes les forces
00:49:37vives
00:49:37sur la création
00:49:38de valeur
00:49:38et puis
00:49:40la transformation
00:49:41des modèles d'affaires
00:49:42vers plus de durabilité
00:49:43comment on fait ça
00:49:45le carnet de croissance
00:49:46c'est finalement
00:49:48en fait
00:49:48le plan d'action
00:49:51opérationnel
00:49:52le plan d'accompagnement
00:49:53qui va accélérer
00:49:55et fiabiliser
00:49:56l'exécution
00:49:57du business plan
00:49:57le rôle d'un investisseur
00:50:00c'est pas de faire
00:50:01à la place du dirigeant
00:50:02le rôle d'un investisseur
00:50:04en fait
00:50:04c'est d'être sans cesse
00:50:05force de proposition
00:50:06pour aider
00:50:07une équipe de dirigeants
00:50:08à laquelle on croit
00:50:09sur une stratégie
00:50:10à laquelle on croit
00:50:12et bien dans son exécution
00:50:13parce que l'art de l'exécution
00:50:15c'est vraiment
00:50:15le plus difficile
00:50:16justement
00:50:17vous avez échangé
00:50:18du coup
00:50:18avec des centaines
00:50:19de dirigeantes
00:50:19et de dirigeants
00:50:20de haut niveau
00:50:21vraiment hors du commun
00:50:23quels sont les points communs
00:50:24qu'est-ce que vous avez remarqué
00:50:26qu'est-ce qui fait
00:50:26que ça fonctionne
00:50:27ou au contraire
00:50:28que
00:50:29ça devient très difficile
00:50:31comme parcours
00:50:32alors les dirigeants
00:50:33qui m'ont impressionné
00:50:35ceux qui sont vraiment
00:50:36capables
00:50:36de grandes choses
00:50:37c'est d'abord
00:50:39un mental de sportif
00:50:40de haut niveau
00:50:41c'est vraiment
00:50:42une résilience
00:50:43à toute épreuve
00:50:44une capacité
00:50:46à regarder l'échec
00:50:48comme
00:50:48un événement apprenant
00:50:51et à passer au-dessus
00:50:53à pivoter
00:50:54à faire autrement
00:50:55sans jamais
00:50:57en fait oublier
00:50:57cette fameuse ligne d'arrivée
00:50:59elle est au bout
00:50:59et on va y arriver
00:51:00et le chemin
00:51:01il n'est pas du tout
00:51:02celui qu'on croit au départ
00:51:03mais c'est pas grave
00:51:04parce qu'on voit
00:51:05la ligne d'arrivée
00:51:06ça c'est le premier grand point
00:51:07vous savez détecter
00:51:07aujourd'hui
00:51:08vous voyez
00:51:09ça se voit dans l'attitude
00:51:10beaucoup
00:51:11vous commencez à challenger
00:51:13un dirigeant
00:51:15et vous voyez très vite
00:51:17en fait celui qui dit
00:51:18ah oui vous avez raison
00:51:19ou qui le dit
00:51:20beaucoup trop vite
00:51:20en fait
00:51:21peut-être qu'on a raison
00:51:22à la fin
00:51:22mais
00:51:22voilà
00:51:24et puis vous voyez
00:51:26celui qui en fait
00:51:27revient en disant
00:51:28c'est intéressant
00:51:28ce que vous dites
00:51:29mais en réalité
00:51:30moi je vois les choses
00:51:31comme ci comme ça
00:51:32on voit assez vite
00:51:33dans les yeux d'un dirigeant
00:51:34dans la façon dont il argumente
00:51:36en fait
00:51:36s'il a finalement
00:51:38au fond de lui
00:51:39cette force tranquille
00:51:40qui fait que
00:51:42de toute façon
00:51:43il arrivera au bout
00:51:44quels que soient les moyens
00:51:45et le deuxième
00:51:46en fait
00:51:46je pense
00:51:47c'est effectivement
00:51:48cette capacité
00:51:49à savoir s'entourer
00:51:51de gens parfois
00:51:52meilleurs que soi
00:51:52et pas avoir peur
00:51:54de recruter des gens
00:51:55meilleurs que soi
00:51:56parce que finalement
00:51:58s'ils assument
00:51:58des fonctions
00:51:59qu'on peut déléguer
00:52:00ça nous permet à nous
00:52:01d'aller un cran plus loin
00:52:03si je recrute un DG
00:52:05pour gérer la France
00:52:06je vais enfin pouvoir
00:52:07internationaliser
00:52:08mon entreprise
00:52:09je vais pouvoir
00:52:10en fait
00:52:11effectivement
00:52:11faire des croissances externes
00:52:13développer l'export
00:52:14parce que
00:52:15j'ai pris quelqu'un
00:52:16qui mince
00:52:17gloups
00:52:17fait mon boulot d'avant
00:52:18il gère les équipes
00:52:20il gère la finance
00:52:20et c'est pas simple
00:52:20de déléguer
00:52:21parfois chez les dirigeants
00:52:22et ça
00:52:23ça c'est la force des grands
00:52:24et vous avez vu
00:52:25des personnes se transformer
00:52:27notamment leur mindset
00:52:30sur ces sujets là
00:52:31au fil des accompagnements
00:52:33ou c'est
00:52:33ou c'est
00:52:34ou c'est vraiment
00:52:35ancré en eux
00:52:36depuis longtemps
00:52:37non on peut toujours changer
00:52:38je crois pas
00:52:39qu'on soit enfermé
00:52:41dans une posture
00:52:42donc ça peut évoluer
00:52:43on peut se laisser coacher
00:52:44la ligne d'arrivée
00:52:47c'est ça qui est pas facile
00:52:48c'est pas facile
00:52:50de se faire coacher
00:52:51ça déstabilise
00:52:53c'est désagréable
00:52:54mais on peut changer
00:52:55et je pense que
00:52:58les accélérateurs
00:53:00de BPI France
00:53:01m'ont montré
00:53:02des trajectoires
00:53:03très fortes
00:53:04de gens
00:53:05qui revenaient
00:53:07quelques jours après
00:53:07et qui disaient
00:53:08mais Fanny
00:53:09mais tu m'as dit ça
00:53:11et en fait
00:53:14ça m'a beaucoup énervée
00:53:15mais en fait
00:53:16j'ai réfléchi
00:53:16et on peut en reparler
00:53:18voilà
00:53:20et puis
00:53:20on va pas faire
00:53:21exactement ça
00:53:22mais on en parle
00:53:23et on voit
00:53:23et peut-être on change
00:53:24quand même
00:53:25et certaines fois
00:53:26vous vous êtes trompée
00:53:27à l'inverse
00:53:27on se trompe tout le temps
00:53:29et puis
00:53:30dans le métier
00:53:31de l'investissement
00:53:32voilà
00:53:33on appelle ça
00:53:35plus généralement
00:53:36capital risque
00:53:37oui
00:53:37on prend des risques
00:53:38et oui
00:53:39on se trompe
00:53:41sur 10 entreprises
00:53:42financées
00:53:43on se trompe
00:53:44quel est le taux accordé
00:53:45d'échec
00:53:46ou de
00:53:46alors ça dépend
00:53:47du domaine
00:53:48dans lequel vous êtes
00:53:49quand vous faites
00:53:50du vrai capital risque
00:53:51au sens
00:53:52vous financez des start-up
00:53:53le taux d'échec
00:53:53est plus élevé
00:53:54en capital
00:53:56en capital développement
00:53:58en fait
00:53:58le taux d'échec
00:53:59est entre
00:54:005 et 10%
00:54:01suivant les équipes
00:54:04donc une entreprise
00:54:05sur 10
00:54:05où on sait que
00:54:06de toute façon
00:54:06ça fait partie
00:54:07du ratio
00:54:09et qu'on n'arrivera pas
00:54:10à faire évoluer
00:54:11c'est ça ?
00:54:12oui
00:54:12mais encore une fois
00:54:13ce sont des statistiques
00:54:14qui s'évaluent
00:54:15globalement
00:54:15sur un très grand nombre
00:54:17d'entreprises
00:54:18mais on est
00:54:19dans la microéconomie
00:54:20un marché
00:54:22peut se renverser
00:54:22une tendance
00:54:23de long terme
00:54:24peut s'inverser
00:54:25un Covid peut arriver
00:54:27un accident industriel
00:54:28aussi
00:54:28et donc voilà
00:54:30il faut se dire
00:54:30que l'échec
00:54:31fait partie du métier
00:54:32et que dans ces cas-là
00:54:34on se retrousse les manches
00:54:35et on bosse
00:54:35donc s'entourer
00:54:37améliorer sa gouvernance
00:54:39avec notamment
00:54:40comité stratégique
00:54:41conseil d'administration
00:54:42etc
00:54:42comité de mission
00:54:43déléguer
00:54:46embaucher des personnes
00:54:47plus fortes que soi
00:54:49se faire coacher
00:54:52visualiser la ligne d'arrivée
00:54:54voilà
00:54:55et un ou deux derniers conseils
00:54:57Fanny ?
00:54:58voir grand
00:54:58voir grand
00:54:59s'autoriser le rêve
00:55:00en France
00:55:02souvent on voit petit
00:55:04et on pense que
00:55:05pitcher un projet petit
00:55:07ça va rassurer les banques
00:55:09rassurer les investisseurs
00:55:10etc
00:55:10mais non en fait
00:55:12c'est quoi la vraie vision ?
00:55:15vous avez envie de rêver aussi en fait ?
00:55:16oui
00:55:17tout le monde a envie de rêver
00:55:18et de toute façon
00:55:20on ne va pas arriver
00:55:20à faire de grandes choses
00:55:22si on ne déplafonne pas le rêve
00:55:23donc
00:55:24donner la vraie vision
00:55:26après on verra
00:55:27ce qu'on met dans un BP
00:55:28à 5 ans
00:55:29mais la vraie vision
00:55:31de long terme
00:55:31il faut l'avoir
00:55:33et souvent
00:55:34on ne s'autorise pas le rêve
00:55:36donc plus que de miser
00:55:37sur des business plans
00:55:39même si c'est
00:55:39une base importante
00:55:41vous misez aussi
00:55:42sur l'équipe
00:55:43et les dirigeants
00:55:45c'est la confiance
00:55:46que vous avez
00:55:47en ces personnes-là
00:55:48qui va compter davantage
00:55:49oui c'est ça
00:55:50et du coup
00:55:51c'est un mélange
00:55:51de deux choses
00:55:52c'est ce que l'équipe
00:55:53a déjà réalisé jusqu'ici
00:55:54et sa capacité
00:55:56effectivement
00:55:57à dire ce qu'elle fait
00:55:58et faire ce qu'elle dit
00:55:59et puis
00:56:00pour la suite
00:56:01en fait
00:56:02c'est la façon
00:56:04dont elle a prévu
00:56:04de s'organiser
00:56:05en termes de délégation
00:56:08en termes de recrutement
00:56:09en termes de gouvernance
00:56:10pour effectivement
00:56:11qu'on pense
00:56:12que le rêve
00:56:13oui
00:56:13peut se transformer
00:56:15en réalité
00:56:15parce que
00:56:16effectivement
00:56:17il y a une organisation
00:56:19il y a une plan d'action
00:56:19qui est crédible
00:56:20juste avant le portrait chinois
00:56:22Fanny Laetier
00:56:22j'ai une question
00:56:23de tout ce que vous avez vécu
00:56:25de tous les petits
00:56:26et grands pas
00:56:26de toutes les montagnes
00:56:28que vous avez gravies
00:56:29qu'est-ce que vous retenez
00:56:30que vous pouvez nous partager
00:56:32comme un apprentissage
00:56:34une force
00:56:35un socle
00:56:36sur lequel vous pouvez
00:56:37vous appuyer
00:56:38pour continuer à avancer
00:56:39un socle sur lequel
00:56:41vous pouvez compter
00:56:42en permanence
00:56:42c'est quoi
00:56:43chez vous
00:56:43oser demander
00:56:46oser aller chercher
00:56:48ce dont on a envie
00:56:50moi je vois
00:56:52beaucoup de gens
00:56:53en France
00:56:54qui se censurent
00:56:55avant même
00:56:56d'avoir exprimé
00:56:57ce qu'elles avaient à dire
00:56:59avant même
00:57:00d'avoir essayé
00:57:01ce qu'elles pensaient
00:57:02rater
00:57:02mais c'est sûr
00:57:03que quand on n'essaye pas
00:57:04il ne se passe rien
00:57:06et ma grand-mère
00:57:07avait cette phrase
00:57:08tant que tu n'as pas essayé
00:57:09tu ne sais pas
00:57:10j'ai pu observer
00:57:12un taux de transformation
00:57:13assez fort
00:57:14de l'ordre de 90%
00:57:15quand j'ai osé
00:57:17si j'ai autant
00:57:20de mentors
00:57:21parce que je ne les ai pas
00:57:21tous cités
00:57:22mais je pourrais citer
00:57:23Ramon Fernandez
00:57:25qui a été un incroyable
00:57:26directeur du Trésor
00:57:27aussi
00:57:28j'ai toujours été chercher
00:57:30René Ricolle
00:57:31ancien médiateur du Crédit
00:57:32un homme extraordinaire
00:57:34ces gens-là
00:57:36j'ai osé leur dire
00:57:37écoutez
00:57:37est-ce que je peux venir
00:57:38vous voir
00:57:39parce que j'ai besoin
00:57:39de conseils
00:57:40vous ne les connaissez pas
00:57:41ils m'ont toujours
00:57:42ouvert la porte
00:57:43je les connaissais
00:57:44dans des positions
00:57:45institutionnelles
00:57:46mais ils m'ont toujours
00:57:48ouvert la porte
00:57:49quand je me suis lancée
00:57:53dans la création
00:57:54de Généo
00:57:55beaucoup de gens
00:57:56m'ont dit
00:57:57t'y arriveras pas
00:57:58puis t'es folle
00:57:58de quitter la fonction publique
00:58:00elle fait sa crise
00:58:00de la quarantaine
00:58:01parce que vous étiez
00:58:02directrice générale
00:58:04directrice exécutive
00:58:05vous étiez numéro 2
00:58:06de BPI France
00:58:06à ce moment-là
00:58:07j'étais au comité exécutif
00:58:08de BPI France
00:58:09et voilà
00:58:11beaucoup de gens
00:58:11m'ont dit
00:58:11mais t'y arriveras pas
00:58:13et cette phrase
00:58:14tant que t'as pas essayé
00:58:15tu sais pas
00:58:16et bien
00:58:17elle m'anime toujours
00:58:19parce que
00:58:19oui
00:58:20parfois je me tromperais
00:58:21parfois j'échouerais
00:58:22mais au moins j'aurais essayé
00:58:24et pour l'instant
00:58:25dans 90% des cas
00:58:26ça a marché
00:58:27Fanny je vais vous demander
00:58:28de regarder la caméra
00:58:29parce que je vais vous poser
00:58:30des questions
00:58:31auxquelles il faut répondre
00:58:32au tac au tac
00:58:33vous êtes prête
00:58:33allez
00:58:34si vous aviez 20 ans
00:58:35aujourd'hui
00:58:35vous ferez quoi ?
00:58:36je me lancerais en politique
00:58:37avez-vous une discipline de vie ?
00:58:40mes cours de pilates
00:58:41à quoi dites-vous non désormais
00:58:42ou à quoi êtes-vous fière
00:58:43d'avoir dit non ?
00:58:44à l'hypocrisie
00:58:45votre pire moment
00:58:46de solitude professionnelle ?
00:58:48ma première prise de parole
00:58:50en public
00:58:50devant 300 entrepreneurs
00:58:52à Dijon
00:58:52j'ai fini
00:58:53complètement
00:58:54en transpiration
00:58:57que souhaiteriez-vous
00:59:00absolument faire
00:59:01dans votre vie ?
00:59:02créer mon fonds de dotation
00:59:03si vous étiez
00:59:04ou si vous aviez
00:59:05un pouvoir magique ?
00:59:06je donnerais le sourire
00:59:07à tous les enfants
00:59:08la musique
00:59:09qui vous donne
00:59:09de l'énergie ?
00:59:10il changeait la vie
00:59:11Jean-Jacques Goldman
00:59:12une passion ?
00:59:14le tennis
00:59:15votre prochaine action
00:59:17pour plus d'égalité ?
00:59:18donc le fonds de dotation
00:59:19de la communauté généo
00:59:21votre mot-clé
00:59:22celui qui vous guide
00:59:23l'envie
00:59:23merci Fanny Létier
00:59:25merci à vous
00:59:26qui nous écoutez
00:59:26ou qui nous regardez
00:59:27un immense merci
00:59:28à Eva Aronica
00:59:30Yves Villaginès
00:59:30Arnaud Legale
00:59:31Adeline Léger
00:59:32Marie Vandevore
00:59:34des Ayacassel
00:59:34des Echos
00:59:35pour l'organisation
00:59:36merci également
00:59:37à Déborah Donnier
00:59:38et Sarah Camille
00:59:39de Podpreneur
00:59:40rendez-vous
00:59:41dans un mois
00:59:42pour un nouveau podcast
00:59:44Elles ont osé
00:59:44d'ici là
00:59:46gardons précieusement
00:59:47en tête
00:59:47cette citation de Goethe
00:59:49qui correspond si bien
00:59:50à l'esprit de ce podcast
00:59:52quoi que tu rêves
00:59:53d'entreprendre
00:59:54commence-le
00:59:55l'audace
00:59:56a du pouvoir
00:59:57du génie
00:59:58de la magie
00:59:58à bientôt
01:00:02Sous-titres par Juanfrance

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