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  • 7 weeks ago

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00:00Musique
00:00Dépression, anxiété, addiction ou encore anorexie.
00:22Dès le début, il faut tirer la sonnette d'alarme, aller voir un médecin et bien s'entourer.
00:26Les trois quarts des troubles psychiques, dont certains graves et chroniques, se déclarent avant 25 ans.
00:35J'avais réalisé que j'allais me taper ça toute ma vie et ça, ça, ça m'a mis un coup moral énorme.
00:40Aujourd'hui, un jeune sur trois souffre d'un problème de santé mentale et la situation se dégrade.
00:48On va trouver des 9, 10, 11 ans qui sont dans un mal-être absolument terrifiant.
00:52Longtemps tabou, le voile se lève sur la maladie mentale.
00:59Gros plan sur la jeunesse.
01:01Dans ma jeunesse ou au collège, par exemple, où j'étais encore adolescent, je commençais un petit peu à faire l'école bussonnière.
01:22Je commençais un petit peu à fumer avec des gens.
01:24Ce décalage, il était déjà le reflet d'un mallet, c'est-à-dire que je me disais, je ne vois pas où ça mène le bac, je ne vois pas où ça mène les études.
01:30Et en fait, in fine, je ne vois pas où ça mène la vie.
01:32À peine 23 ans et déjà de longues années enfermée dans les tourments de sa tête.
01:43Aujourd'hui étudiant, musicien amateur et heureux en amour, Arnaud revient de loin.
01:52Quelque part aux alentours des 16 ans, 16 ans et demi, tout s'est arrêté.
01:56Je n'allais plus en cours, je me suis enfermé dans ma chambre, volet fermé, je ne mangeais plus.
01:59Donc là, c'était vraiment la dépression, la manière dont je l'ai vécue, c'était vraiment, j'attendais la mort en fait.
02:08Quelques années plus tard, Arnaud mélange médicaments et alcool, jusqu'à l'overdose.
02:14Quand j'ai une crise suicidaire, c'est une décompensation, ça aussi c'est un point important, c'est que c'est vraiment une décompensation psy.
02:20Ça veut dire que c'est quelque chose de fulgurant qui va durer un moment très court.
02:23C'est un espèce de gros décroche psy où je vais déjà très mal.
02:28D'un coup, il y a une espèce de fausse démariane et en fait, je vais tellement mal que d'un coup, je me dis, j'en ai marre, c'est le moment.
02:35En février 2025, une autre tentative de suicide le conduit plusieurs semaines en hôpital psychiatrique.
02:43Il en ressort avec un diagnostic.
02:46Arnaud est bipolaire.
02:47Ça explique énormément de choses sur moi, sur ce que je ressens depuis des années, sur mes tentatives de suicide.
02:53Ça explique tellement de choses que sur le coup, je me dis, mais en fait, enfin quoi.
03:00Alternance de phases d'exaltation et de tristesse, cette maladie mentale se déclare généralement entre 15 et 25 ans.
03:07Je me sens léger aussi parce que j'assimile le fait que la pose d'un diagnostic, ça doit probablement déboucher aussi sur des soins après, sur le fait de pouvoir traiter tout ça.
03:18Arnaud suit désormais un traitement qui le stabilise.
03:22Il construit aussi son équilibre chaque semaine avec son psychothérapeute.
03:27« Bonjour. Merci. »
03:34Guy Benamozig a fondé et dirige l'Avita depuis 10 ans.
03:38Cette association propose des consultations gratuites aux jeunes de 13 à 25 ans.
03:43« On appelle dans ce milieu-là l'âge de tous les dangers parce que c'est les métamorphoses, c'est les transformations, c'est les quêtes d'identité.
03:52Alors on s'aperçoit en fait qu'on descend l'âge et on va trouver des 9, 10, 11 ans qui sont dans un mal-être absolument terrifiant. »
04:02La santé mentale des jeunes s'est détériorée depuis la pandémie de Covid-19 et ses confinements.
04:09« On est confronté à des crises, naturellement en dehors de la pandémie.
04:14C'est aussi tout ce qui a à voir avec le climat, avec les sentiments qu'une guerre peut se préparer aussi.
04:23Donc il y a une ambiance quand même qui va en tous les cas avoir des incidences chez les enfants, chez les adolescents qui, déjà, qui sont fragiles.
04:31Donc on va majorer leurs troubles. »
04:36Les troubles psychiques se multiplient particulièrement chez les jeunes filles.
04:47« On faisait extrêmement beaucoup de mal à aller à l'école.
04:51Et du coup, on a décidé de faire le CNED.
04:54Comme ça, au moins, ça a mérité de devoir, tous les jours, avoir un stress quotidien pour aller à l'école. »
04:59Alice, 14 ans, ne souhaite pas montrer son visage.
05:02« Depuis la rentrée de septembre, cette très bonne élève de 3e suit des cours à distance après des années de calvaire au collège. »
05:12« Oui, oui, ça va. »
05:13« Tu fais quoi aujourd'hui ? »
05:15« Là, aujourd'hui, je fais de l'azété. »
05:16« Ok. Bon, si tu as besoin, tu m'appelles ? »
05:19« Oui, parfait. À toutes. »
05:20« À toutes. »
05:22Alice souffre de refus scolaire anxieux, plus connu sous le nom de phobie scolaire.
05:27Ce trouble touche de plus en plus d'adolescents.
05:30« Le matin, avant de partir, c'était très, très dur.
05:35Tellement je ne voulais pas y aller, parce que vraiment, pour moi, le collège s'est vraiment associé à l'enfer.
05:41Je me mettais à avoir mal au ventre, envie de vomir.
05:44Et comme quelque chose qui me prenait la gorge.
05:48Et j'avais beaucoup de mal à respirer.
05:51Et j'avais du mal à parler, la tête qui tournait. »
05:55Comme la moitié des élèves atteints de phobie scolaire, Alice a été victime de harcèlement.
06:01Prise violemment pour cible dès la sixième par des filles de son collège.
06:05« Par exemple, des fois, elle se mettait en plein milieu de la cour.
06:08Elle se moquait de moi, elle m'insultait.
06:11Après, elle faisait aussi des rumeurs comme quoi je faisais des trucs dans une sorte de secte.
06:18Enfin, elle faisait vraiment des rumeurs qui étaient extrêmement fausses, mais qui, du coup, faisaient peur aux gens.
06:24Une fois, j'étais sur un banc avec une copine en train de travailler.
06:27Et elles sont arrivées, elles ont pris mon cahier, elles m'ont jeté par terre.
06:32Elles ont pris mes trousses, elles ont tout vidé par terre, tout écrasé. »
06:37Alice a souvent trouvé refuge à l'infirmerie du collège, en proie aux crises d'angoisse.
06:43Son trouble anxieux a laissé sa mère désemparée.
06:46« Au début, quand elle m'a dit qu'elle ne voulait pas retourner à l'école, j'ai pris ça un peu comme un caprice.
06:52Je lui ai dit « Non, non, ce n'est pas possible, tu ne peux pas ne pas aller à l'école parce que tu as mal au ventre. »
06:56J'ai fini par changer d'avis parce que, en fait, j'ai vu quand même qu'il y avait une répercussion sur elle.
07:01C'était quand même une petite fille joyeuse, vivante, qui avait envie de faire plein de choses.
07:06Et en fait, je la voyais se renfermer de plus en plus.
07:07On se rendait compte que même les choses du quotidien où, normalement, il n'y avait pas de soucis,
07:12elle se sentait angoissée.
07:13Et le fait d'aller faire des courses, tout ça, le fait de sortir de la maison, ça commençait à devenir compliqué.
07:17Et là, je me suis dit « Il y a quand même quelque chose, ce n'est pas possible, en fait. »
07:22Céline change sa fille de collège, mais le harcèlement et la phobie scolaire continuent.
07:27Elle cherche un suivi médical et se heurte au manque de spécialistes.
07:31En France, le nombre de pédopsychiatres a chuté de 34 % en 12 ans.
07:39Un quart des départements n'en compte aucun.
07:43Pour avoir un rendez-vous pédopsychiatre, par ici, c'était très compliqué parce qu'il n'y a pas grand monde.
07:48Et en fait, les délais sont extrêmement longs.
07:50J'avais fait un dossier en janvier pour avoir un suivi là, juste à côté de la maison.
07:54Et j'ai eu une réponse au mois de juillet.
07:56Donc entre-temps, moi, j'avais essayé d'avoir un rendez-vous sur des sites médicaux où on peut avoir des rendez-vous en visio.
08:03Il faut vraiment être à l'affût, y regarder tous les jours, même plusieurs fois par jour.
08:07Mais c'est de la visio, en fait. En présentiel, c'est impossible. Il n'y a rien aux alentours, en fait.
08:13Alice a aussi développé une hémétophobie, une peur irrationnelle de vomir.
08:19Elle s'interdit certains aliments.
08:26En France, les troubles des conduites alimentaires touchent un adolescent sur quatre, essentiellement des filles.
08:35Depuis le collège où je me suis toujours trouvée trop grosse, je me comparais énormément aux autres jeunes filles de mon âge.
08:42Sur les formes, la taille des cuisses, la menseur du ventre, tout ça.
08:47C'est à 16 ans que les complexes d'adolescentes de Capucine prennent une tournure pathologique.
08:55Elles sombrent dans l'anorexie mentale.
08:59Dès le début, j'ai commencé à enlever tout ce qui avait comme masque tiers grasse.
09:05Ensuite, j'ai mangé plus que des légumes pendant quasiment trois ans.
09:09Je ne me sentais absolument pas bien dans ma tête et surtout, j'avais des méthodes compensatoires.
09:16Ça pouvait être des prises de laxatives, des vomissements, du sport à l'excès, tout ça.
09:21Entre 16 et 19 ans, Capucine est hospitalisée quatre fois.
09:27Elle descend jusqu'à 31 kilos pour 1,59 m.
09:31Sa vision de son corps est déformée.
09:35Elle souffre alors de dysmorphophobie.
09:36Quand je faisais 31 kilos, je me voyais encore grosse alors qu'on voyait mes hôtes partout.
09:44Et quand je vois des photos, maintenant, c'est horrible.
09:46Mais à ce moment-là, mon corps, il y avait une distorsion du réel en fait.
09:52Et dans le miroir, ce n'était absolument pas la réalité que je voyais.
09:57Des événements de vie difficiles et une personnalité perfectionniste sont un terrain propice à l'anorexie.
10:03Une fois la maladie déclenchée, un outil très prisé des jeunes peut les enfermer dans une spirale.
10:12Les réseaux sociaux.
10:15Là, on voit qu'elle met sa taille et son poids qui sont très faibles.
10:191,75 m pour 44 kilos.
10:22Au pic de la maladie, Capucine voit des femmes mettre en scène leur maigreur et leur alimentation.
10:27Et plus elle regarde ses vidéos, plus l'algorithme lui en propose.
10:35Donc là, c'est une fille qui montre déjà le total de calories qu'elle mange dans la journée.
10:39Donc c'est 900.
10:41Donc c'est très peu, sachant que nos besoins, ils sont à 2000 calories.
10:46Donc déjà, elle ne fait pas de vrais repas.
10:48Elle mange des chewing-gums pour couper sa faim.
10:51La minceur extrême, érigée en idéal de beauté.
10:56Sur les réseaux sociaux, ce qui est beaucoup mis en avant, c'est la maigreur parce que c'est extrêmement valorisé par la société.
11:03Et donc elles reçoivent beaucoup de compliments, de jeunes filles qui veulent être comme elles, tout ça.
11:08Aujourd'hui, Capucine va beaucoup mieux.
11:10Son hospitalisation très récente lui a permis de reprendre 15 kilos en 4 mois.
11:18Mais le spectre de l'anorexie plane toujours sur la famille.
11:22La question des repas reste tendue.
11:25Et elle peut nommer qu'elle n'a pas du tout confiance en nous sur la question des repas.
11:29On doit respecter parfaitement les quantités de la recette qu'elle aura contrôlées avant.
11:35Et au final, elle est à côté de nous pour vérifier qu'on n'ajoute surtout pas de matière grasse.
11:39L'anorexie est la maladie mentale la plus mortelle.
11:44Près d'une personne sur dix qui en souffre en décède.
11:48En général, l'issue, c'est soit la crise cardiaque, soit le suicide.
11:53Donc effectivement, c'est pas...
11:55On a mis longtemps à mesurer l'urgence de la situation.
11:59La mère de Capucine a rejoint une association de soutien aux victimes de troubles alimentaires.
12:14L'entraide pour mieux affronter les preuves
12:17et aider son enfant à trouver le chemin de l'apaisement.
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