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  • il y a 6 semaines
A l’heure du bouleversement climatique, que vont devenir les stations de sports d’hiver de moyenne montagne ? Quel avenir pour tous ceux qui y travaillent ou ceux qui bénéficient des retombées économiques ?

A travers la découverte de divers lieux emblématiques de la Loire et notamment de la station de Chalmazel située dans les Monts du Forez, dont la première remontée mécanique a été construite dans les années 50, ce documentaire part à la rencontre de ceux qui demeurent viscéralement attachés à leur montagne, souvent depuis plusieurs générations, et qui font preuve d’initiatives pour qu’elle reste vivante.

Un film de Véronique Lhorme

Une coproduction
Nomade Productions
TGA Production
TL7 Télévision Loire 7

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Musique
00:29Février 2025, l'hiver s'est installé dans la Loire.
00:33Au sommet des monts du forêt, la station de Chalmazel est la principale station de sport d'hiver de la Loire.
00:40Une véritable institution.
00:4212 kilomètres de pistes de ski alpin s'étendent entre forêts et landes d'altitudes sauvages, les Hauts-de-Chaume.
00:51Ici, des générations entières ont appris à skier et à tomber sur ces pentes familières.
00:59Chalmazel, c'est l'histoire d'un village qui s'est ouvert à un sport.
01:05C'est aussi celle d'hommes et de femmes attachés à leurs montagnes qui ont vu leur vie changer au rythme des saisons.
01:12Mais à l'heure du réchauffement climatique, la neige se fait rare.
01:16Les hivers raccourcissent, les pistes deviennent plus étroites et tout un monde vacille dépendant d'un tourisme hivernal devenu incertain.
01:25Alors, la station de Chalmazel est-elle condamnée un jour à disparaître ?
01:32Verra-t-on bientôt tomber ici les derniers flocons ?
01:35« Bravo ! Bravo ! Bravo ! Bravo ! »
01:54Sous-titrage MFP.
02:24Musique douce
02:55Vu que je suis du poids, c'est toujours un plaisir de revenir vers les saisons.
02:59C'est vrai que c'est une station familiale.
03:03Maintenant, c'est bien.
03:07Notre métier, on va faire tout ce qui est sécurisation et balisage des pistes.
03:13En premier temps, à l'ouverture.
03:15C'est nous les premiers qui montons sur les pistes.
03:18Et on s'assure qu'il n'y ait pas de danger pour les clients.
03:24Là, niveau ski, c'est vrai que c'est un petit peu tendu.
03:27Après, on a connu pire.
03:30La neige n'est pas si mal.
03:33Donc là, on espère tenir le plus longtemps possible.
03:35Les damers font un bon travail aussi.
03:38C'est vrai qu'il y a la neige de culture aussi qui aide pas mal à tenir.
03:43Donc voilà, on verra par la suite.
03:55J'ai appris à skier ici depuis toute petite.
03:58Je pense que j'ai appris à skier avant de savoir marcher.
04:01Et ouais, j'ai fait mes premiers pas sur le ski ici.
04:05J'ai été dans le club de ski de Chalmazel aussi.
04:07Donc ça aide à pratiquer plus souvent.
04:17Je suis vraiment ici par plaisir.
04:19Pour moi, là, je pense que le métier que je fais aujourd'hui,
04:24c'est même pas un métier.
04:25Je me lève, je suis contente d'aller au boulot.
04:28Non, franchement, le cadre au milieu de la nature, de la neige,
04:33franchement, c'est top.
04:37Bien avant de faire rêver les vacanciers,
05:06la neige était souvent vécue dans les campagnes comme une épreuve.
05:10Elle plongeait fermes et villages dans un long isolement hivernal.
05:19Au début du XXe siècle,
05:21la manufacture française d'armes et de cycles de Saint-Étienne
05:24propose des luges, skis et bobslegs.
05:26Dans les années 30, à Chalmazel, des passionnés venus de Rohan
05:33investissent les pentes enneigées de pierre sur haute.
05:36Les jeunes du village se mettent aussi à fabriquer des luges
05:38et des skis artisanaux.
05:40À l'époque, c'était l'hiver, c'était ça.
05:43D'une part, ça permettait de se déplacer dans la neige facilement,
05:47plus facilement qu'à pied.
05:49Et puis, c'était leur seul loisir.
05:52À l'époque, il faut bien savoir que c'était tout des grandes familles dans les fermes
05:55et qu'à l'âge de 10, 12 ans, les enfants,
05:57ils étaient mis dans des fermes pour travailler l'été,
05:59pour ne pas rester dans les jambes des parents.
06:02Et donc, c'était leur loisir.
06:05Et puis, ils avaient goût au ski.
06:06Donc, le goût, je ne sais pas comment, c'était inné.
06:09Ça ne leur a plu, la glisse, tout ça, puis la neige.
06:12Puis, ça a démarré comme ça.
06:13Et surtout, à l'époque, les fermes étaient isolées.
06:16C'était des petites fermes.
06:18Donc, les gens n'étaient pas riches, pas aisés.
06:20La vie difficile.
06:22Ça a permis de les ouvrir un peu sur l'extérieur.
06:25Les gens de la vallée qui venaient, qui étaient un peu plus aisés,
06:27de connaître des gens.
06:28Et puis, de fil en aiguille,
06:30ils se sont, les passionnés,
06:32ils se sont regroupés en club, au départ.
06:49Il y avait...
06:51C'est peut-être là-dessus.
06:55Ça, c'était mon père qui a préparé ça.
06:57J'ai trouvé ça.
07:00Alors, voilà.
07:02Je vais vous lire ce qui est marqué.
07:03Comme ça, j'ai trouvé ça par hasard.
07:06J'ai dit, mais ça, c'est intéressant.
07:07Avant la guerre, quelques illuminés,
07:09revenant de Rouen, avec quelques locaux,
07:12se baladent sur la neige avec deux planches,
07:14en 1943, sous le régime de pétanque.
07:18L'école de Chalmazel a obtenu 50 pertskis.
07:21Donc, l'instituteur est reparti à ses élèves, qui a pris goût à la glisse et aux sorties de l'école.
07:31Là, le président du ski club, à l'époque, c'était Émile Douatran.
07:40Et donc, ils ont créé un club, sous la présidence d'Élo Amarco, comme je disais tout à l'heure.
07:44Voilà, c'était lui le président.
07:46Et l'appui mécanique de Gauchon.
07:49Donc, Gauchon, c'était une usine qui était en dessous de...
07:52Assaïsou Kouzan, donc,
07:54qui a lui donné des appuis pour pouvoir faire ses sorties.
07:58Ils ont installé, voilà, le premier téleski, le téleski de Chapouyou,
08:02que je parlais tout à l'heure, où nous, on était installés.
08:07Et là, en 1945, c'est là que les Rouennais
08:10ont tracé à travers les bois une piste d'un kilomètre,
08:14qui s'appelait la fameuse piste A.
08:16Il y avait la piste A et la piste B,
08:19où de nombreuses compétitions régionales ont eu lieu.
08:22Pour y accéder, il fallait à pied y aller.
08:38Dans les années 50, la création des premières pistes
08:41et du téleski de Chapouyou marque un tournant.
08:45Le village se met à vivre au rythme des sports d'hiver.
08:49Peu à peu, certains habitants décident eux aussi
08:52de se lancer dans l'aventure.
08:55Mes grands-parents, c'est eux qui ont monté la boutique.
08:59C'était à l'époque dans le village de Chelle-Mazelle.
09:01Mon grand-père était menuisier, charpentier et vitrier.
09:04Et en plus, ils ont décidé de faire une location de ski,
09:08avec la station, deux, trois pistes qui se sont montées.
09:11Et c'était dans les années 50.
09:14Je pense que ça a changé leur vie.
09:17Parce qu'on voyait que j'avais l'âme dans le cœur pour faire cette activité.
09:22Et puis vraiment la clientèle, tout ça, le contact avec la clientèle,
09:26vraiment, ils avaient un besoin.
09:28Et puis vraiment, on voit qu'il y a des clients qui venaient, qui revenaient.
09:33Et ça a vraiment été un contact très, très proche.
09:37Très bien, je vous remercie.
09:40Allez, tout à vous.
09:43Mon père, il était skieur depuis le tout début, là.
09:48Donc les années 50.
09:49Et il a fait partie, à l'époque, des équipes qui étaient motivées
09:55pour développer le ski sur le massif, quoi.
09:59Et là, donc, là, vous avez mon père.
10:02Mon père, l'année de ma naissance, en 59.
10:06Il était au championnat de France à Barège.
10:11Donc il partait d'ici.
10:13Il partait tout seul.
10:14Il n'avait pas de matériel.
10:16Parce que toujours pareil, pas d'argent.
10:17Donc bien souvent, les gars des Alpes,
10:20ils prêtaient du matériel pour pas qu'il se fasse mal.
10:25Donc déjà, à l'époque, on peut voir qu'il avait une technique
10:27qui était assez affûtée, quoi.
10:30Et à côté, mon épouse, Anne-Fleur,
10:32qui a fait 10 ans d'équipe de France.
10:34Il a gagné une Coupe du Monde de géant au Canada.
10:39Donc là, c'était encore un autre niveau, là.
10:41Dans les années 60, la piste des Granges voit le jour.
10:50Et avec elle, d'autres initiatives.
10:53Comme il n'y a aucun restaurant au pied des pistes,
10:56les skieurs prennent alors l'habitude de s'arrêter à la ferme de Dinette,
11:00la grand-mère de Florence.
11:01Tout a commencé dans ces pièces, en bas.
11:05Donc les clients rentraient par là.
11:06Il y avait la cuisine de ma grand-mère,
11:08dans laquelle elles faisaient leur premier sandwich,
11:11leur premier casse-croûte.
11:12Ensuite, ici, on a tout l'étage de l'habitation,
11:16on va dire, personnelle,
11:17où il y avait les chambres, les choses comme ça.
11:19Et là, l'ancien galta, donc l'ancien grenier,
11:21que mon grand-père a, après, aménagé pour faire l'auberge.
11:26Les skieurs arrivaient par là.
11:28Donc ils n'arrivaient pas derrière.
11:30Et ils rentraient par là.
11:31Enfin, ils faisaient le tour du bâtiment.
11:33Ils rentraient par la porte de la cour qui est ici.
11:36Et après, c'est tout naturellement,
11:37comme le terrain est très, très en pente,
11:39que mon grand-père avait fait une dalle après
11:41qui amenait jusqu'au chemin qui arrivait derrière l'auberge.
11:44Et donc les skieurs arrivaient
11:46et arrivent toujours d'ici ou d'ici pour venir manger.
11:49Voilà.
11:51C'est le maire, M. Roche et le curé de l'époque
11:57qui sont venus voir mes grands-parents en disant
12:00« Voilà, aujourd'hui, il y a une demande.
12:02Profitez de cette aubaine.
12:03Permettez-vous de... »
12:05Enfin voilà, ils les ont un petit peu poussées.
12:07D'ailleurs, pour la petite histoire,
12:09le curé de l'époque,
12:10puisqu'à l'époque, les curés étaient très, très investis
12:12dans la vie de leur village,
12:15sont allés jusqu'à Lyon avec eux
12:17acheter les casseroles,
12:19acheter la vaisselle,
12:21les aider à faire leur choix,
12:24parce que mes grands-parents allaient à Lyon,
12:25c'était la ville pour eux.
12:28Et donc voilà, ils les ont accompagnés
12:30pour se lancer dans cette aventure.
12:33Donc là, c'est vraiment quand la station a démarré.
12:36Donc il y a eu les premières installations,
12:37c'est-à-dire le Téléski des Granges.
12:39On voit le Téléski qui est là.
12:44Voilà, c'est ce Téléski qui est là.
12:46Le Téléski de Chalmazel.
12:50Et puis, on l'a dans l'âme.
12:52C'est ça, vraiment...
12:53C'est chez nous.
12:54Je ne sais pas comment expliquer.
12:56C'est vraiment...
12:56Chaque fois que j'en parle,
12:57j'en ai...
12:58J'en ai poils qui s'y risent.
13:00C'est vraiment...
13:00C'est quelque chose.
13:01C'est une vie.
13:04Si un jour ça s'arrête,
13:06ça serait bien dommage
13:07parce qu'il y en a qui sont battus
13:09pour vraiment ouvrir la station,
13:13pour les installations.
13:15Il y a eu des personnalités,
13:16il y a eu des gens vraiment...
13:17Donc ça serait dommage
13:20qu'un jour ça s'arrête tout,
13:22qu'il n'y ait plus rien.
13:22Donc...
13:37En 1964,
13:41l'État lance le Plan Neige,
13:43une grande politique
13:44d'aménagement du territoire
13:45destinée à dynamiser
13:47les régions de montagne.
13:49L'objectif ?
13:50Développer l'économie locale
13:51en dotant la montagne
13:53d'infrastructures modernes
13:54capables d'accueillir
13:55un tourisme en plein essor.
13:58À Chalmazel,
13:59la station change d'échelle.
14:01Sous l'impulsion
14:02de plusieurs personnalités,
14:04dont Éloi Marcoux,
14:05président du ski club,
14:07et avec le soutien
14:07du conseil général
14:09présidé par Antoine Pinet,
14:11le village s'équipe
14:12d'installations dignes
14:13des grandes stations.
14:15De nouvelles pistes
14:16sont tracées
14:17sur les pentes
14:17de Pierre-sur-Haute
14:18et l'on inaugure
14:20le téleski des Granges,
14:21long de 1 708 mètres,
14:23le plus long
14:24du massif central.
14:31En 1967,
14:33Chalmazel entre
14:34dans la modernité
14:35avec l'installation
14:36d'un télécabine Poma.
14:38C'est l'un des tout premiers
14:39exemplaires installés en France.
14:42Un symbole d'innovation
14:43et de fierté
14:44pour tout un territoire.
14:45Au-delà de la dynamique
14:52d'aménagement
14:53des stations d'altitude
14:54qui a été fortement promue
14:55par l'État central,
14:57il y a eu toute une dynamique
14:58qui a été rejointe
14:59par les collectivités locales
15:00dans le sillage
15:01de ces stations d'altitude
15:02qui ont voulu,
15:03elles aussi,
15:03avoir accès
15:04à la modernité
15:05et aux nouveaux modes
15:05de production
15:06qui se mettaient en place
15:07dans l'après-guerre,
15:09donc la deuxième moitié
15:10du XXe siècle.
15:11Et il y a effectivement
15:12des collectivités locales,
15:13typiquement dans le cas
15:14de Chalmazel,
15:15le département de la Loire
15:16qui ont fait des choix
15:17d'investissement
15:18dans les remontées mécaniques
15:19et qui ont porté
15:20ces projets
15:21pour contribuer
15:22au développement local
15:24de leur montagne.
15:25Et c'était quelque chose
15:25de symbolique,
15:27de très très important
15:27pour ces territoires
15:28qui ont mis beaucoup de moyens
15:29et effectivement
15:31ces stations qui aujourd'hui
15:32existent encore.
15:43Là, vous avez une photo
15:44de mon père,
15:46l'ancien directeur de l'école,
15:48avec un autre moniteur.
15:50Ils sont en train
15:50de faire passer les étoiles.
15:52C'était à l'époque
15:53du télécabine,
15:54à gauche,
15:56donc vous pouvez voir
15:56que c'était quand même
15:57assez sommaire.
15:59Je ne sais plus l'année,
16:00mais c'est dans les années 70.
16:0210, par là.
16:08Rien ne peut remplacer le ski.
16:10Il n'y a pas un sport
16:11qui peut remplacer le ski
16:12parce que le plaisir
16:13de la glisse,
16:14c'est quelque chose
16:14qu'une fois qu'on l'a,
16:15on ne le retrouve pas ailleurs.
16:16Moi, j'y suis tombé,
16:17oui, parce que l'hiver,
16:19j'étais par là,
16:19donc gamin,
16:20mon père allait skier,
16:22allait donner des cours,
16:23il m'a mis des skis au pied
16:24et puis voilà.
16:26Donc j'ai démarré
16:27il y a 5 ans
16:27et puis voilà.
16:28Après, je me suis débrouillé
16:29plus ou moins tout seul
16:30parce que quand il bossait,
16:31il n'avait pas trop le temps
16:32de s'occuper de moi
16:32et puis après,
16:34comme lui,
16:34je me suis lancé
16:35dans la compète
16:35et à force d'entraînement
16:38et puis de persévérance,
16:39j'ai eu un certain niveau
16:40et puis voilà.
16:41Et puis après,
16:42ça fait boule de neige.
16:43Je suis parti pendant 10 ans
16:45en sport-études
16:45sur Grenoble
16:46de 72 à 80.
16:50J'ai fait des compètes
16:51à un niveau assez élevé
16:53au porte de l'équipe de France.
16:54Je n'étais pas à l'équipe
16:55mais bon,
16:55j'avais un assez bon niveau.
16:58C'est vrai que ça m'a permis
16:59de rencontrer un tas de gens
17:00et de faire un tas de choses
17:02que je n'aurais jamais faites
17:03si j'étais resté là.
17:05Quelque part,
17:06ça m'a bien servi.
17:07Là, il y a les trois directeurs.
17:10À droite, mon père
17:11qui a été directeur de l'école
17:13pendant 22 ans.
17:17Là, ici, c'est moi.
17:18J'ai été directeur de l'école
17:19pendant 25 ans.
17:20Et puis accroupi,
17:21là, c'est Anne-Flaure,
17:22mon épouse,
17:22qui a été directrice
17:23pendant 5 ans
17:24à l'école de ski.
17:26Et puis, on avait
17:26trois autres moniteurs
17:28qui bossaient avec nous.
17:32J'allemazelle,
17:32une école de ski
17:33depuis 1965,
17:34il y en a beaucoup
17:36qui aimeraient les avoir.
17:37mon grand-père
17:43skiait un petit peu,
17:44mais pas énormément non plus.
17:46Mon papa, c'est pareil,
17:47un petit peu,
17:48mais pas énormément.
17:49Et nous, on a,
17:50moi, mon frère, ma soeur,
17:51on a fait de la compétition
17:52de ski.
17:54Nous, notre génération,
17:55on s'est plus impliquée
17:56dans le ski
17:56que mes parents
18:00et mes grands-parents.
18:00Eux, c'était plus
18:01le commerce.
18:02Voilà, c'est ça.
18:03Avec nous,
18:03on était des mordus
18:04un peu du ski.
18:05Et c'est le quotidien,
18:08les enfants apprennent
18:09à skier à l'école.
18:10Depuis tout petit,
18:11moi, j'ai fait,
18:11quand j'étais à l'école,
18:13j'ai fait séance de ski.
18:14À l'époque,
18:14c'était les maîtresses,
18:16il y avait un ou deux moniteurs,
18:17c'était les maîtresses
18:18et nos parents
18:18qui venaient accompagner.
18:20Donc, voilà,
18:21j'avais mon papa,
18:22moi, qui prenait
18:23les skis sur les épaules
18:24et qui partait
18:24à la station accompagnée.
18:28J'ai passé des heures
18:29et des heures
18:30et des heures
18:30et des heures
18:31sur ces pistes,
18:32même quand il restait
18:33qu'un petit bout de piste
18:34tout étroit.
18:35J'en ai passé,
18:36j'ai passé énormément
18:37de temps sur les pistes.
18:40La passion du ski.
18:43Jean Renaud,
18:43chirurgien dentiste
18:44de Saint-Jus-sur-Loire,
18:46est un amoureux de cinéma.
18:48Dans les années 60,
18:50son dessin animé
18:51illustre à merveille
18:52cette nouvelle folie
18:53de la glisse.
18:55Le ski quitte
18:56le cercle des initiés.
18:57il devient joyeux,
18:59populaire,
19:00partagé.
19:02Skier,
19:03c'est célébrer
19:03la vitesse,
19:04la nature,
19:05la liberté retrouvée.
19:07Se sentir vivant
19:08au cœur de l'hiver.
19:11Rien ne remplace
19:12le bonheur
19:13de la glisse.
19:14Et quand la piste
19:15n'est qu'à quelques kilomètres
19:16de chez soi,
19:17c'est une chance,
19:19une évidence.
19:19Sous-titrage MFP.
19:49Alors pour beaucoup
20:15d'enfants de Chalmazel,
20:17la station est devenue
20:18un repère.
20:19il ne quitterait
20:20ces montagnes
20:21pour rien au monde.
20:38Je suis né ici.
20:39C'est mon père
20:39qui avait l'exploitation.
20:41Ils avaient du lait
20:42avec mon grand-père
20:42et mon père
20:43développait la viande.
20:45je suis paysan
20:47à Chalmazel
20:48et puis à mi-temps
20:49à la station
20:50au ski là-haut
20:51en faisant
20:52le trois quarts
20:53des heures
20:54l'hiver
20:54et le reste
20:56des heures
20:56en été
20:57sur l'entretien
20:58du télésiège
20:59et des dameuses.
20:59les veaux se débrouillent
21:02pour boire
21:03tout seuls
21:04et ça demande
21:05moins de temps.
21:07C'est plus simple
21:08à gérer.
21:09Surtout quand
21:10on travaille à côté.
21:11J'ai monté
21:22un peu en cheptel.
21:38Mon père avait
21:39une trentaine
21:40de vaches
21:40et je suis passé
21:42à 50.
21:50L'exploitation,
21:51je simplifie
21:52un peu
21:52pas mal de choses.
21:53Je donne à manger
21:54un peu à volonté
21:55pour être
21:56un peu tranquille
21:57et vu que
21:59la journée,
22:00il n'y a pas de damage,
22:01il n'y a que de l'entretien.
22:03Je peux m'occuper
22:04de mes bêtes
22:04et le soir,
22:06après 5 heures,
22:06je peux remonter
22:07à la station
22:07pour damer.
22:10Au départ,
22:11à 18 ans,
22:11je cherchais du boulot.
22:12Je suis allé en saison
22:13à la station
22:15et puis après,
22:16je suis resté
22:16depuis 2008.
22:17Je fais le damage.
22:20Il y avait
22:21les anciens
22:21qui nous ont montré
22:22un peu
22:23et puis après,
22:24petit à petit,
22:25on a fait
22:25notre chemin.
22:27déjà,
22:41on a des facilités
22:42parce que nous,
22:42on conduit
22:43des tracteurs,
22:44donc on sait un peu
22:44les gabarits,
22:45on connaît un peu
22:46les gabarits
22:47en agricole.
22:48Après,
22:48le damage,
22:49c'est surtout
22:49écarter la neige
22:50des canons,
22:51la répartir un peu
22:51sur toute la piste
22:52pour que les skieurs
22:55aient de la neige
22:56un peu de partout
22:56sur la piste
22:57et puis la remonter
22:59quand les skieurs
23:00la descendent
23:00tous les jours,
23:01on la remonte
23:02et qu'elle soit bien lisse
23:04pour que le lendemain
23:05ce soit propre
23:06à skier
23:07pour les débutants
23:07et pour tout le monde.
23:11Après,
23:11je fais l'entretien
23:12des pistes l'été aussi,
23:13le gyrobrouilleur,
23:14donc je connais
23:14un peu mieux les pistes.
23:16On connaît un peu
23:16les pistes par cœur
23:17l'été,
23:18donc l'hiver,
23:19on sait où prendre la neige
23:20pour la mettre
23:21sur les bosses.
23:23Si je suis tout seul,
23:24il faut 9-10 heures
23:25d'ameuse,
23:27autrement à 2,
23:28en 4-5 heures,
23:29ça se fait bien.
23:37Moi, j'aime bien être seul,
23:40donc je suis bien
23:40fermé dans ma cabine.
23:43Après,
23:44c'est devenu une passion,
23:45parce que
23:46c'était pas ça,
23:48j'étais pas prévu non plus
23:49au départ d'ameur,
23:50donc ça me plaît bien.
23:53On est quand même
23:53un peu responsable
23:54de la qualité des pistes
23:57du lendemain,
23:57donc c'est intéressant aussi.
24:00En plus avec la ferme
24:01et la station,
24:02c'est ma vie,
24:03c'est comme ça.
24:07Difficile d'imaginer
24:23au début des années 50
24:24que Chalmazel
24:25deviendrait un jour
24:26la principale station
24:27de ski de la Loire.
24:30À l'époque,
24:30ce petit village du Faurès
24:32compte à peine
24:32900 habitants.
24:34La vie s'organise
24:35autour de l'exploitation
24:36forestière,
24:37l'élevage bovin
24:38et la production laitière.
24:41Mais peu à peu,
24:42le tourisme hivernal
24:43apporte une bouffée d'air,
24:45un moyen de faire vivre
24:46le territoire
24:47et de garder ses habitants.
24:49C'est une très grande fierté
25:02d'avoir cette station.
25:04on avait demandé aux maîtresses
25:07de choisir quelques textes
25:09pour que nos enfants
25:10puissent participer
25:11à cet anniversaire.
25:14C'est une très grande fierté
25:15d'avoir cette station.
25:17Dès que les monts du forêt
25:18sont enneigés,
25:19on voit,
25:20voilà,
25:20c'est bingo,
25:22il n'y a pas besoin de webcam,
25:23il n'y a pas besoin de publicité.
25:24Ils se lèvent,
25:25ils ouvrent les volets
25:25dans le Rouenais,
25:26ils voient les massifs enneigés,
25:28ils pensent Chalmazel.
25:30Alors,
25:30pour en avoir échangé
25:31avec le maire de Chalmazel,
25:33il me dit,
25:33moi,
25:34sur ma commune,
25:35je n'aurai pas la station,
25:36je n'aurai pas 450 habitants,
25:37j'en aurai 150, 200
25:39comme les copains.
25:50Le fait de cette affluence
25:52de personnes
25:55qui viennent fréquenter la station,
25:56les touristes
25:57qui sont à la journée,
25:58à la semaine,
26:00il y a des retombées économiques
26:01sur nos commerces.
26:02Et aujourd'hui,
26:03ces commerces,
26:04ça représente peut-être
26:0540%
26:07de leur chiffre d'affaires annuel.
26:08Donc,
26:09c'est de l'emploi,
26:10c'est de l'économie
26:11qui est sur le secteur
26:12et sans cette station,
26:14on est amené
26:17à faire quoi ?
26:18À disparaître.
26:25Dans l'esprit des Ligériens,
26:27neige égale
26:28Charles Mazèque.
26:29Quand ils voient de la neige,
26:30ils voient les infos,
26:31ils pensent monter à la station.
26:33Et alors,
26:33on a beaucoup
26:33de personnes
26:35qui ne sont pas des skieurs,
26:38c'est des gens
26:38qui viennent apprendre.
26:39On a eu des bandes de jeunes
26:40qui venaient
26:41de Saint-Étienne
26:42en groupe
26:44pour s'amuser,
26:44pour se faire plaisir,
26:45qui ont pris
26:46des pistes débutantes,
26:48qui sont tombées copieusement.
26:50Mais ils ont passé
26:50une belle journée,
26:51ils se sont amusés
26:51et ils sont repartis
26:52mouillés,
26:54mais heureux.
26:59Les hébergements
27:00sont rares sur la commune.
27:02Au début des années 70,
27:04un village vacances
27:05est construit
27:06à quelques centaines
27:07de mètres
27:07de la station.
27:09Avec plus de 300 lits,
27:10le site tourne
27:11presque 8 mois
27:12sur 12.
27:13Classe de neige
27:14en hiver,
27:14classe rousse
27:15à l'automne.
27:17Mais 30 ans plus tard,
27:19faute de rénovation
27:19et de gestion durable,
27:22il ferme ses portes.
27:25Aujourd'hui,
27:26le site est à l'abandon.
27:28On parle de détruire
27:29les bâtiments
27:30et de laisser la nature
27:32reprendre ses droits.
27:44C'est au début
27:45des années 2000
27:46qu'un nouvel événement
27:47marque l'histoire
27:48de Chalmazel.
27:48Le télécabine Poma
27:51est remplacé
27:51par un télésiège
27:53débrayable 4 places,
27:55le télésiège
27:56des jasseries.
27:57Un investissement lourd,
27:58mais jugé nécessaire
27:59pour maintenir
28:00l'attractivité
28:01de la station
28:01et l'ouvrir
28:02à une fréquentation
28:03toute saison.
28:04et le télésiège
28:17est un appareil,
28:19la pièce maîtresse de la station.
28:22C'est un appareil,
28:23c'est la pièce maîtresse
28:23de la station.
28:24Il a été installé en 2002
28:26parce qu'avant,
28:27on avait un télécabine
28:28Poma à 4 places,
28:30débrayable.
28:31Et bon,
28:32il arrivait à vétu jeter.
28:34Et c'est ça,
28:35l'idée a été mise
28:36de mettre un télésiège.
28:37Il fait 2 kilomètres de long,
28:38il y a 17 pylônes,
28:40106 sièges
28:40et un débit de 1800
28:44pertonneurs, oui.
28:57Il y a de l'entretien,
28:58il y a pas mal d'entretien.
29:00Il y a des contrôles journaliers,
29:02il y a des contrôles à la semaine,
29:03des contrôles au mois.
29:05Il y a beaucoup d'entretien là-dessus.
29:10On en est fiers,
29:22un télésiège comme ça chez nous,
29:23c'est déjà...
29:24C'est bien.
29:26C'est grâce à ça
29:27qu'il y a un peu de popularité
29:29pour la station aussi.
29:31Il y a un télésiège,
29:32on aurait un téléski,
29:33des téléski,
29:34il y a moins de popularité quand même.
29:40Bon, il y a 80 ans
29:52qu'elle existe la station,
29:53oui, oui.
29:54Il y en a qui étaient pour,
29:55d'autres qui étaient contre,
29:55puis bon,
29:56tout le monde sont bien contents
29:57quand même à la sortie
29:58parce que c'est ce qui fait vivre
29:59tout le territoire ici.
30:01Ça, c'était l'évolution,
30:02même regarder dans les Alpes partout,
30:03il y a des stations qui se montaient,
30:04c'était la belle époque à l'époque.
30:10Mes parents avaient une exploitation agricole
30:14et puis bon,
30:15comme je vous dis,
30:15moi, j'habite pas loin là
30:17et en même temps,
30:18bon, j'ai continué un petit peu
30:20l'exploitation agricole.
30:21Bon, c'est une petite ferme,
30:22c'est pas une grosse
30:23et puis j'ai travaillé là
30:24toute ma carrière ici.
30:26J'ai été embauché,
30:27j'avais 17 ans.
30:28Alors bon, pareil,
30:29au début,
30:29on donnait des pierres
30:30et puis après, sensiblement,
30:32j'ai fait de la mécanique,
30:33mécanique, remontée mécanique.
30:35Après, je suis passé
30:36au service d'hommage
30:37et après, je suis resté
30:40au remontée mécanique.
30:50Le climat a changé,
30:51ça, c'est vrai que le climat a changé.
30:52Bon, pour le moment,
30:53il nous reste encore un peu de neige,
30:55mais moins qu'avant.
30:57Mais bon, on a les enneigeurs, là.
31:00On a les enneigeurs,
31:01donc on a encore quelques périodes de froid,
31:03ça fait, c'est ce qui sauve
31:04un peu les meubles aussi, ça.
31:05C'est déjà bien, hein ?
31:08Les hivers sans neige
31:13ont toujours existé.
31:15Entre 1976 et 2005,
31:18c'était une année sur cinq.
31:20D'ici 20 à 30 ans,
31:21ce sera une année sur deux.
31:24Pour y faire face,
31:25Chalmazel s'équipe
31:26dès les années 80
31:27d'une usine à neige
31:28et d'un réseau d'enneigeurs.
31:31Encore faut-il
31:31que l'automne soit assez froid
31:33pour permettre la production
31:34de la neige de culture.
31:37Confrontée à cette fragilité croissante,
31:39la station n'a plus le choix.
31:41Il faut se réinventer.
31:43Diversifier ses activités,
31:45attirer de nouveaux publics,
31:47imaginer une montagne
31:48qui ne se résume plus
31:49à la neige en hiver.
31:51Un défi économique,
31:53mais aussi humain,
31:54qui illustre la résilience
31:56de ces territoires
31:56de moyenne montagne
31:57face aux dérèglements climatiques.
32:05La dame qui tenait le café
32:06à Chalmazel,
32:07elle disait,
32:08avant,
32:09le 1er novembre,
32:11jusqu'à avril, mai,
32:13il y avait de la neige.
32:15Elle disait,
32:15on ne voyait pas l'herbe.
32:17C'est ça ?
32:18On ne voyait pas l'herbe
32:18pendant cinq mois.
32:19Ce qu'on sait,
32:23c'est que s'il y a de la neige,
32:25il y a du monde.
32:26Preuve en est cet hiver,
32:28on a eu très peu de neige
32:29uniquement basée sur Noël.
32:31On fait la saison sur 12 jours.
32:33Ça veut dire qu'en 12 jours,
32:34on a eu un monde terrible.
32:37Après, on sait que la problématique,
32:39c'est gérer le monde,
32:40mais bon, ça,
32:40c'est le problème des stades de neige.
32:42On peut passer de zéro client
32:43à le lendemain à Kubota
32:44à 4 000 personnes ou 5 000.
32:46Je dis toujours stade de neige
32:49parce qu'on n'est pas station.
32:51Parler de station chalmazel,
32:53c'est mentir aux gens
32:53parce que pour être station,
32:55il faut avoir un minimum de lit
32:57par rapport au débit horaire
32:58des remontées mécaniques.
33:00Donc, on reste simplement
33:01un stade de neige,
33:01essentiellement basé
33:02sur l'activité journalière.
33:05Les gens montent à la journée
33:05le matin,
33:06ils redescendent le soir.
33:08Donc, on dépend du climat,
33:10du beau temps ou du mauvais temps
33:11pour l'affluence.
33:12Et puis, voilà.
33:16La question de l'enneigement,
33:19c'est une question
33:20qui est problématique
33:21pour les stations
33:21de manière générale
33:22puisque, déjà par le passé,
33:24c'était très variable
33:25alors que les stations,
33:26elles doivent entretenir
33:27un parc de remontées mécaniques
33:28qui représente
33:28des investissements lourds
33:29qui entraînent des charges
33:31de fonctionnement,
33:32de maintenance
33:32et d'amortissement
33:33qui sont, elles,
33:34relativement fixes
33:35d'une année sur l'autre.
33:36Et cette question,
33:37elle se pose avec d'autant plus
33:38d'acuité
33:38que la neige,
33:40elle est plus variable
33:40en fonction de l'altitude.
33:42C'est-à-dire que
33:42plus on descend en altitude,
33:44moins, finalement,
33:44on a de chances d'avoir de la neige
33:46et cette question,
33:47elle se pose du coup
33:48de manière très, très forte
33:49pour les stations
33:50de moyenne montagne.
33:52Alors, pour y répondre,
33:54on a appris
33:56à produire de la neige
33:57pour compenser
33:58et pour pallier
33:58au déficit d'enneigement naturel
34:00mais en même temps,
34:01produire de la neige,
34:02ça dépend aussi
34:02des conditions météorologiques.
34:04Il faut qu'il fasse
34:04suffisamment froid
34:05pour produire de la neige.
34:07Et donc, il y a un moment donné,
34:08pour les stations
34:08de moyenne montagne,
34:10ça devient une équation
34:10qui est de plus en plus
34:11difficile à tenir
34:12dans le temps long.
34:14Ces hivers sans neige
34:20entraînent chaque année
34:21la fermeture
34:22de stations
34:22de moyenne montagne.
34:24Des recettes
34:25trop incertaines,
34:26des coûts d'entretien
34:27trop élevés.
34:28Pour certaines communes,
34:29poursuivre l'exploitation
34:30de ces équipements
34:31devient un risque financier
34:33trop important.
34:35Alors,
34:35la station de Chalmazel
34:37pourrait-elle un jour
34:38connaître le même sort ?
34:40Difficile pour une petite commune
34:42d'assumer seul
34:43de tels investissements.
34:45Depuis plusieurs années,
34:46le conseil départemental
34:47de la Loire
34:48a dû s'impliquer
34:50dans la gestion
34:50de la station.
34:52On est en charge
34:53de la station de Chalmazel
34:55depuis plus de 20 ans.
34:56Avant, il y avait
34:57une structure
34:59qui alliait à la fois
35:00le département
35:00et la commune.
35:01La commune s'est désengagée
35:02parce que ça coûtait
35:03de plus en plus cher.
35:05Donc, le département
35:05à cette époque-là
35:06a souhaité maintenir
35:08la station
35:08parce que ça correspondait
35:12à mon avis
35:14à un souhait d'élgérien.
35:15Alors, maintenant,
35:16on a de plus en plus
35:19de difficultés
35:20à boucler nos budgets
35:21parce que les hivers
35:22sont difficiles.
35:23Quand on a un bel hiver
35:24avec des recettes,
35:25on a eu des recettes
35:26à 1,2 million,
35:271,3 million,
35:28ça passe bien.
35:30Quand on a des hivers
35:31avec ce qui est un peu
35:32la moyenne maintenant
35:33autour de 700,
35:34750 000 euros,
35:36ça reste encore acceptable
35:37mais il en manque un peu.
35:40Quand on a des hivers
35:40où on fait 300,
35:42400 000 euros
35:42de chiffre à faire
35:43mais il en manque pas.
35:44Donc, le département,
35:45il y a maintenant
35:477, 8 ans,
35:50a décidé chaque année
35:52de mettre une subvention
35:54de fonctionnement
35:55sur la station de Chalmazel
35:56de 1 million d'euros
35:57pour permettre
35:58des investissements,
35:59pour permettre aussi
36:00un développement
36:01notamment sur le 4 saisons.
36:03C'est quelque chose
36:03d'assumé.
36:04Alors, je ne vous dis pas
36:05que ça fait l'unanimité.
36:06On a quand même
36:07dans nos collègues élus
36:09au département de l'Aloire
36:10quelques voix
36:10qui s'élèvent
36:11contre ce choix
36:12en disant
36:12non, il faut arrêter
36:13tout ça, ça ne va plus.
36:16Mais, voilà,
36:17on aura des discussions
36:19entre élus
36:19par rapport à ça
36:20dans les mois,
36:22années à venir.
36:22Aujourd'hui,
36:29le maintien
36:29de l'agriculture
36:30se fait aussi
36:31parce qu'on a
36:33une station de ski
36:33et ça complète
36:34des revenus.
36:35Si on a
36:35ces paysages-là
36:37des hautes chômes,
36:37c'est grâce
36:38à nos agriculteurs,
36:40à l'élevage,
36:40puisque sur Chalmazel
36:41on ne peut que faire
36:42de l'élevage,
36:43élevage de vaches laitières,
36:44de vaches à l'étante
36:45ou de moutons,
36:46mais c'est que de l'élevage.
36:47On ne fera jamais
36:48de la céréale,
36:49là, c'est sur Chalmazel.
36:54Comme dans beaucoup
36:55de stations de moyenne montagne,
36:58il y a effectivement
36:59un attachement assez fort
37:00de la population locale
37:02à la station.
37:02C'est un savoir-faire
37:03qu'ils ont acquis,
37:04dont ils sont porteurs,
37:06avec lequel ils vivent
37:07en fait depuis
37:07de nombreuses années.
37:08Les stations de sport d'hiver,
37:09quand c'est arrivé
37:10dans le paysage
37:10de l'économie rurale,
37:12ça a quand même
37:12été une révolution.
37:13Et la grande question
37:14qu'on peut se poser
37:15aujourd'hui,
37:15c'est dans quelle mesure,
37:17en remettant
37:17en question
37:18le développement
37:18des sports d'hiver,
37:19on ne remet pas
37:20en question
37:21le développement
37:21des autres secteurs économiques,
37:23secteurs économiques
37:23qui pourraient bien
37:24avoir une place critique
37:25en montagne
37:26dans un contexte
37:27de changement climatique
37:27avec un renouvellement
37:28des manières
37:29de vivre et d'habiter
37:30en montagne.
37:38Voilà,
37:38ça, c'est l'auberge
37:40il y a quelques années.
37:43Ça, c'est mes parents.
37:46Donc, ils étaient
37:46derrière le bar.
37:47Tout naturellement,
37:52quand mes parents
37:52sont venus habiter ici,
37:53ils ont repris l'auberge
37:54et voilà,
37:57pendant 40 ans,
37:57mes parents ont tenu
37:58l'auberge
38:00tous les deux.
38:02Et voilà,
38:03et puis moi,
38:03je me suis lancée
38:04dans l'aventure
38:04en 2023.
38:05c'est le poêle
38:11de ma grand-mère
38:11qui date
38:12de 1966
38:13quand ils ont créé
38:14l'auberge
38:15dans l'ancien Galta
38:16et c'est le poêle
38:18qu'a utilisé
38:18ma grand-mère
38:19et ma maman
38:21et moi
38:21pour cuisiner.
38:22Voilà.
38:22C'est une cuisson
38:26plus douce
38:28et c'est cuisiné
38:29au feu de bois.
38:35Quand la station
38:36est ouverte,
38:37j'ai du monde.
38:39Quand la station,
38:40il y a une grosse,
38:41grosse affluence,
38:41on arrive à faire
38:42deux services,
38:43on arrive à faire
38:44120 couverts.
38:46L'hiver dernier
38:47où il n'y a pas eu
38:48énormément de neige,
38:49j'ai été complète
38:50tous les dimanches
38:51parce qu'on a aussi
38:52cette chance
38:52d'être ouvert le dimanche
38:53et qu'il n'y a plus
38:54beaucoup de restaurants
38:54qui sont ouverts le dimanche.
38:56Donc je tourne
38:57mais pas que grâce
38:58à la station.
38:59En été,
39:00on est complète
39:00tous les dimanches aussi.
39:02On a des journées
39:03au mois d'août
39:03où on est complète
39:04tout le mois d'août.
39:05Ça va être grâce
39:06aux randonneurs
39:07qui vont venir se balader
39:08sur Chalemazelle
39:09et puis
39:11sans vouloir
39:12vanter l'auberge
39:15mais grâce à la réputation
39:17d'avant.
39:19Et là d'ailleurs,
39:19quand moi j'ai repris,
39:20on m'a attendu au tournant.
39:22On continue à m'attendre
39:23au tournant.
39:23On attend de voir
39:24comment moi,
39:26comme on dit chez nous,
39:27si je ne vais pas mettre
39:27la cabane sur le chien.
39:28Est-ce qu'il y a
39:29la cocotte sur...
39:32Ah oui, ça c'est sûr.
39:36C'est les casseroles
39:37de ma grand-mère.
39:38Quoi qu'il arrive,
39:39vous pouvez les manger
39:39n'importe où.
39:40Vous n'aurez jamais
39:41la même recette de pâtisseur.
39:44J'ai des confrères
39:45qui le font
39:46avec plus de lait,
39:47d'autres qui vont mettre
39:48de l'ail
39:49autour de leur gamelle
39:50pour donner un goût d'ail.
39:52Donc voilà.
39:53Donc chaque famille
39:54a sa recette
39:55et moi j'ai
39:55celle de ma famille.
39:57Voilà.
39:57J'ai amené des petites nouveautés,
40:04ce qui est normal,
40:05puisque chaque génération
40:06amène sa nouveauté,
40:07amène son lot de changements.
40:09Mais je veux juste garder l'âme.
40:11Donc le pacha,
40:12c'est déjà le pacha,
40:13la charcuterie,
40:13brésée de bœuf,
40:14c'est déjà l'âme de l'auberge.
40:16Et je ne me vois pas demain
40:17l'enlever de ma carte.
40:19Je me vois apporter
40:19d'autres plats,
40:21d'autres choses,
40:22mais surtout pas enlever
40:23ces trois choses.
40:24Ceux qui travaillent
40:39en station en hiver
40:41ne partent pas forcément
40:42faire la saison
40:43en port de mer l'été,
40:45surtout les enfants du pays.
40:47Après quatre mois
40:48passés à Chalmazel
40:49comme pisteuse secouriste,
40:51Laetitia a choisi
40:52de rester ici
40:53d'avril à octobre.
40:54Elle travaille au Moulin des Maçons
40:56en tant que graisseau.
40:58Graisseau, c'est fabriqué
41:00de l'huile, en fait.
41:04Ici, plus particulièrement
41:06de l'huile de colza.
41:08Donc voilà, on ne fait pas que ça,
41:11mais c'est ça,
41:13c'est fabriqué de l'huile.
41:14Le vrai nom, c'est Maître Huillier,
41:16mais on trouve ça un peu
41:18trop pompé au Moulin des Maçons,
41:19alors on a préféré garder
41:20l'ancien mot.
41:24Là, on fait écraser le colza
41:26sous la meule.
41:51Donc la meule va faire quelques tours
41:54pendant 5-10 minutes.
41:57Il n'y a pas vraiment de temps précis.
42:00Et après, ça va donner de la mouture,
42:02ce qu'on appelle.
42:03Ça sera beaucoup plus fin
42:04et après, elle sera prête
42:05à passer à la prochaine étape.
42:07Alors, on fait l'huile de colza grillée,
42:13donc conventionnelle et bio,
42:15huile de noix, huile de noisette
42:17et de l'huile de pépins de courge.
42:18On fait 4 sortes d'huélans.
42:21J'ai trouvé un petit peu par hasard
42:35qu'ils cherchaient quelqu'un
42:36pour les étés.
42:39Donc j'ai fait une première année
42:40l'année dernière
42:41et ça s'est super bien passé.
42:43Donc j'ai voulu revenir
42:45et ils m'ont très bien accueillie.
42:48Donc voilà, c'est pour ça
42:49que je suis revenue avec plaisir aussi
42:50au moulin.
42:53Quand il y a des visites guidées,
42:55les gens, ils sont quand même
42:56assez émerveillés.
42:57Quand ils rentrent dans le moulin,
42:58ils voient toutes ces machines.
43:01Et c'est bien aussi
43:02de faire découvrir
43:02des anciens métiers.
43:04Moi, je suis quand même
43:10très attachée à la région.
43:12C'est vrai que j'ai toute ma famille,
43:15tous mes proches ici
43:16et même les monts du forêt,
43:19on y est bien quand même.
43:20Donc j'aime bien pour l'instant
43:21rester par ici.
43:23Je ne dis pas que je resterai
43:25toute ma vie à Chalmazel
43:26ou aux alentours,
43:27mais pour l'instant,
43:29j'y suis bien
43:30et je pense qu'il faut quand même
43:31découvrir aussi ce qu'il y a ailleurs.
43:34mais moi, je me vois vieillir
43:37en tout cas ici.
44:01Confrontée au manque de neige,
44:03la station de Chalmazel
44:04a engagé depuis plusieurs années
44:06une véritable mutation.
44:08Elle mise désormais sur l'été,
44:10la fraîcheur de la montagne
44:12attirant un nombre croissant
44:13de visiteurs.
44:16Le festival Bike & Form
44:18en est l'illustration.
44:20Plusieurs milliers de vététistes
44:22et de festivaliers
44:23viennent célébrer le sport,
44:25la culture et la gastronomie.
44:28Un autre avenir
44:29est peut-être en train
44:30de s'écrire ici.
44:31Musique
44:33de la fête.
44:34La fête.
44:36Musique
44:46Sous-titrage MFP.
45:16Sous-titrage MFP.
45:46La question, c'est comment est-ce qu'on arrive à négocier le virage et à anticiper ce virage-là,
45:50parce que plus on attend, plus on va arriver fort dans le virage, plus il sera serré à prendre,
45:55et plus la sortie de route, elle risque d'arriver.
45:58Et c'est exactement ce qu'on essaye d'éviter en développant des outils à l'INRAE ou à Météo France,
46:02pour simuler l'évolution de l'enneigement, de manière à donner de la visibilité au territoire,
46:08qu'ils arrivent à se projeter dans ce changement climatique,
46:10ça ne reste pas une épée de Damoclès qui va tomber un jour ou l'autre sans savoir comment ni quand,
46:15et qu'au contraire, on donne la capacité au territoire de se projeter dans leur avenir,
46:20d'anticiper cet avenir et de ne pas rester neutre face au changement climatique.
46:24Il faut qu'en tant que gestionnaire avec le département,
46:33qu'on fasse les bons choix pour cette transition,
46:36puisque dans 10 ou 15 ans, est-ce qu'on aura encore de la neige ?
46:40Comment on transforme les équipements ?
46:41Les équipements qu'on doit investir aujourd'hui doivent être réversibles été aussi.
46:47Donc voilà, on est dans cette démarche-là, on en a conscience, ça prend du temps,
46:51mais voilà, il faut qu'on y aille, on n'a pas le choix, voilà.
46:57On travaille avec Loire-Forêt-Agglomération, qui gère le code de la loge.
47:02Code de la loge, station de Chalmazel, récomplémentaire.
47:06Ski nordique, ski alpin, donc voilà, sur la partie hiver, on se complète bien.
47:11Sur la partie été, il faut qu'on arrive aussi à trouver des passerelles
47:14pour faire en sorte qu'on puisse vendre une offre montagne.
47:17L'idée, c'est d'aller vraiment vers une offre montagne.
47:20On vend la montagne, du forêt, pour que les gens puissent en profiter.
47:24En plus, on va voir le classement des hauts de chaume
47:27comme site patrimonial remarquable.
47:32Donc là aussi, ça apporte des contraintes,
47:34mais ça apporte aussi un éclairage un peu différent.
47:36Une nouvelle page s'écrit à Chalmazel.
47:49Face au réchauffement climatique et à l'incertitude de l'enneigement,
47:54ce site remarquable doit séduire un nouveau public,
47:57au-delà des sports d'hiver.
47:58Ici, l'air se fait plus léger, la fraîcheur apaise
48:04et le regard s'élève vers un paysage qui invite à la contemplation.
48:09Forte de son histoire, Chalmazel cherche à prolonger son aventure autrement.
48:14Ce lieu n'est pas seulement une station.
48:22C'est une émotion, une rencontre entre l'homme et la montagne.
48:25Moi, je suis né un petit peu plus haut que le bon voisin.
48:31Je suis un monsieur de la campagne.
48:33Et oui, je suis attaché à cette station.
48:34J'ai appris à faire du ski ici.
48:36On est venus avec des copains.
48:37On est passé une très belle journée.
48:39Et on ne peut qu'être attaché à cette station.
48:42En plus, c'est un peu de VTT.
48:44Donc quand on est dans des environnements comme ça,
48:46juste que les gens se rendent compte que c'est une chance.
48:49Et alors, demain, qu'est-ce que ça va devenir ?
48:52Je ne sais pas, on est de plus en plus contraints
48:57par les normes environnementales que je comprends, que j'accepte.
49:01Mais je pense qu'il faut garder un petit espace de liberté quand même.
49:04Parce que si on met la montagne sous cloche, je pense que c'est dommage.
49:08Moi, je vais essayer d'arriver à trouver un compromis acceptable.
49:11Il ne faut pas que les gens fassent n'importe quoi.
49:13Il ne faut pas qu'ils dégradent, il ne faut pas qu'ils se traînent des papiers.
49:16Mais je pense que le type de clientèle qu'on a ici,
49:18qui sont des amoureux de la nature, sont plutôt respectueux
49:21et jouent le jeu assez bien.
49:24On a besoin du territoire.
49:26On a besoin du territoire sans le territoire.
49:28On est des élus de passage, très honnêtement.
49:31Aujourd'hui, c'est moi, demain, ce sera un autre.
49:33Mais on a besoin de gens qui sont ancrés sur le territoire
49:36et qui portent, qui défendent aussi cette station
49:38parce que c'est la leur.
49:40C'est celle des Ligériens, mais c'est quand même la leur en proximité.
49:44Donc, c'est important qu'ils soient partie prenante de tout ça.
49:48Chaque automne, la même question revient.
49:50La station ouvrira-t-elle cet hiver ?
49:53D'année en année, la réponse devient plus incertaine.
49:57Dans cette vallée de moyenne montagne,
49:59on guette le froid, on espère la neige.
50:01On s'accroche à un équilibre de plus en plus fragile.
50:06Mais au-delà des chiffres et des bulletins météo,
50:09certains continuent pourtant à y croire,
50:10imaginant un avenir où Chalmazel, d'une façon ou d'une autre,
50:15continue d'exister.
50:17C'est une très grande fierté d'avoir cette station.
50:19C'est la station des Floresiens.
50:21Alors moi, le maire de la commune, bien sûr,
50:22je me battrais pour la station.
50:26Mes deux fils ne veulent pas que ça ferme.
50:28Je leur dis, c'est vous qui verrez.
50:29Mais vous ne forcez pas à reprendre quelque chose
50:31pour me faire plaisir.
50:33Il faut que vous ayez votre cœur à l'intérieur.
50:36Donc on verra dans 20 ans.
50:37Je suis là parce que je trouve ça magnifique.
50:41Après le devenir, on sait très bien
50:43que les stations ont une moyenne montagne,
50:44une basse montagne.
50:45La neige, il y en aura de moins en moins.
50:48Donc il faut se préparer à ce qu'il n'y ait plus de stations.
50:55Normalement, il devrait y avoir une quatrième génération,
50:57si il y a mes enfants.
50:59Vu la situation économique
51:01et qu'il y a de plus en plus de manque de neige,
51:03c'est une question qu'on se pose actuellement.
51:07Est-ce que ça vaut le coup de continuer ?
51:10Oui, on s'y sent bien.
51:13Ce n'est pas démesuré comme les autres stations
51:16qu'on peut voir dans les Alpes.
51:18Là, ça reste sympa.
51:20Ça apporte un peu du bien-être.
51:21Et puis c'est ressourçant quand même, je trouve,
51:23là-haut d'aller se balader même l'été.
51:25Chez moi, je vois la station, je suis à 4 kilomètres.
51:30On regarde toujours pierre sur autre,
51:32c'est le plus haut sommet.
51:34Alors on regarde s'il y a le brouillard ou pas.
51:36Et s'il y a le brouillard, on dit,
51:37la montagne n'est pas belle.
51:39Et puis s'il fait beau, c'est magnifique.

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