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  • il y a 4 heures
Je ne vais pas voter la suspension d'une réforme dont je pense qu'elle était nécessaire", déclare ce dimanche l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne au sujet de la réforme des retraites. "C'est une réforme qui porte mon nom, donc je ne souhaite pas participer au vote sur cette réforme", ajoute-t-elle, invitée de "Questions politiques" sur France Inter, franceinfoTV et Le Monde.

Dans le cadre du débat budgétaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a concédé aux socialistes une suspension de la réforme des retraites jusqu'en 2028. Elle a été votée par les députés puis retirée par les sénateurs, avant un nouveau passage du texte devant les députés.

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Transcription
00:00Générique
00:00Bonjour à toutes et à toutes, bienvenue dans Questions politiques.
00:14La parole de notre invitée est rare, ministre de tous les gouvernements depuis 2017 et ancienne première ministre.
00:20Elle reste dans les mémoires comme cette chef de gouvernement qui avançait entre compromis et 49-3.
00:26Elle incarne aussi la réforme des retraites de 2023, celle qui repousse l'âge de départ à 64 ans.
00:31Et pourtant, c'est elle la première qui, début octobre, a proposé de faire tomber ce totem en posant sur la table la suspension
00:39comme une possibilité pour éviter au gouvernement Lecornu la censure.
00:44Alors pas de Marocains pour elle dans l'équipe Lecornu 2, la voici donc depuis 15 jours de retour à l'Assemblée
00:50comme députée ensemble pour la République.
00:52Quel scénario voit-elle pour le budget ? Est-ce que ça peut mal se terminer ?
00:56Et quel rôle aimerait-elle jouer désormais sur la scène politique et dans le parti dirigé par Gabriel Attal ?
01:02Elisabeth Borne est notre invitée.
01:04Nous sommes en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé
01:07et en partenariat avec le journal Le Monde jusqu'à 13h.
01:12France Inter
01:12Question politique
01:15Alexandra Bensey
01:17Bonjour et bienvenue Elisabeth Borne.
01:20Bonjour.
01:21Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:22A mes côtés pour vous interviewer, je les salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions.
01:27Bonjour Alix.
01:28Bonjour Alexandra, bonjour à tous.
01:29Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait d'une femme en politique.
01:32Oui, Elisabeth Borne, c'est un parcours hors du commun, c'est un tempérament, des attaques aussi.
01:37Et une question, est-ce qu'on fait moins de cadeaux aux femmes en politique ?
01:40On attend avec impatience votre réponse, Elisabeth Borne.
01:43Abel Mestre du journal Le Monde est avec nous en plateau.
01:45Bonjour Abel.
01:46Bonjour Alexandra, bonjour à toutes et à tous.
01:48Avec vous ce midi, on sera déjà en 2027 pour parler d'une question essentielle avec une ancienne ministre de l'éducation.
01:54Oui, on parlera de l'école, est-ce que c'est encore le creuset de la République ?
01:57Mais d'abord Elisabeth Borne, quelques minutes d'actu entre quatre yeux.
02:01Alors pour le budget, le calendrier se resserre.
02:05Le projet de loi de finances de la sécurité sociale revient mardi dans l'hémicycle.
02:08Le vote est prévu une semaine plus tard.
02:10Il reste dix jours pour trouver un compromis.
02:12Quel est votre degré d'inquiétude ?
02:15Écoutez, on n'a pas le choix.
02:16Je pense que moi, tous les Français que je croise, les élus locaux, les chefs d'entreprise, les artisans, les commerçants, les agriculteurs,
02:25souhaitent qu'on sorte de l'incertitude actuelle, de cette instabilité
02:30et que notre pays puisse avoir un budget qui leur donne de la lisibilité, de la visibilité.
02:36Donc il faut trouver un compromis.
02:37Il faut trouver un compromis.
02:38Ce matin, dans le Parisien, Boris Vallaud, le patron des députés socialistes, rappelle leurs exigences.
02:45Demain, les socialistes seront reçus à Matignon.
02:48La suspension de la réforme des retraites, pas d'année blanche, pas de doublement des franchises médicales.
02:54Le compromis jusqu'où ?
02:55Certains trouvent que la liste de ces demandes socialistes s'allonge chaque jour un peu plus.
03:00Alors, je pense que de notre côté, en tout cas pour ma part, j'ai pu marquer, y compris en évoquant la possibilité d'un débat sur la suspension de la réforme des retraites,
03:12qu'on était ouvert au compromis.
03:13Et un compromis, par définition, ça veut dire qu'on n'a pas toutes ces exigences, qu'on accepte des choses avec lesquelles on n'est pas nécessairement d'accord.
03:23Et vous voyez, je pense qu'après la première lecture du budget de la sécurité sociale, du budget de l'État,
03:31desquels finalement chacun a pu poser ses exigences, ses objectifs,
03:37il s'agit aujourd'hui de se mettre autour de la table et de trouver un compromis global sur le budget de la sécurité sociale et sur le budget de l'État.
03:46Donc, je pense que c'est ce qui doit se faire maintenant dans les tout prochains jours.
03:49Mais à quel prix ? Est-ce que, par exemple, le cadre, c'est moins de 5% de déficit ?
03:54Est-ce qu'à vos yeux, si le compromis mène à plus de 5%, c'est acceptable ?
03:58C'est le prix à payer pour la stabilité ?
04:00Enfin, je pense que ce n'est pas envisageable de continuer à creuser le déficit.
04:06On sait que ça conduit à augmenter la dette et donc à obéir l'avenir de notre pays.
04:11On est parti à 4,7% de déficit.
04:14Le Premier ministre a dit qu'il fallait rester sous les 5%.
04:18Je pense que chacun peut comprendre que c'est l'intérêt de notre pays.
04:21Donc, vous voyez, très clairement, on est ouvert au compromis.
04:24On entend les demandes de justice fiscale.
04:27Mais en même temps, on a aussi des objectifs clairs.
04:30Ne pas taxer l'outil de travail, encourager l'innovation.
04:35Voilà, encourager l'innovation, la création d'emplois, d'activités.
04:38C'est ce qui permet aussi de préparer l'avenir de notre pays.
04:42Et puis, il faut réduire le déficit.
04:44On sera à 5,4% cette année.
04:47Il faut poursuivre une trajectoire de réduction de notre déficit.
04:50On n'a pas le choix.
04:51Mais donc, alors, sur ce que disent les socialistes,
04:53pas d'année blanche, pas de doublement des franchises médicales.
04:55Vous dites, là, ça ne sera pas...
04:57Je pense qu'il faut voir maintenant la copie globale et regarder comment on peut tenir cet objectif de déficit.
05:05Ce n'est pas quelque chose qui est obsessionnel et par principe.
05:08On voit très bien que si toutes les ressources du pays passent à payer les intérêts de la dette,
05:15c'est autant de ressources en moins pour pouvoir préparer l'avenir de notre pays,
05:20pour investir dans la recherche, dans la défense, dans l'éducation.
05:24Donc, il faut qu'on garde des marges de manœuvre et c'est ce à quoi correspond ce déficit à moins de 5%.
05:29À ce stade, ça vous paraît impensable que les socialistes ne votent pas ce budget ?
05:34Enfin, moi, je ne vais pas me prononcer pour les socialistes.
05:36Ce que je note, c'est qu'il y a heureusement une majorité de députés à l'Assemblée nationale,
05:42de la droite républicaine aux partis socialistes,
05:45qui sont conscients de la nécessité d'avoir un budget avant la fin de l'année.
05:51Le rapporteur LR, lui, Philippe Juvin, dit qu'il a très envie, à ce stade,
05:55de ne pas voter le budget de la Sécurité sociale.
05:58Et il encourage fortement le Premier ministre à utiliser l'arme constitutionnelle du 49-3.
06:04C'est une petite musique qui revient, on l'a aussi entendu dans la bouche de François Hollande.
06:07Il ne faut pas se priver de cet outil.
06:09Alors, vous, vous l'avez utilisé 22 fois, le 49-3.
06:12Est-ce que, si tout paraît cuit, à la mi-décembre, Sébastien Lecornu ne doit pas écarter cette hypothèse ?
06:18D'abord, on était dans un autre contexte.
06:21Vous savez, finalement, si on prend un peu de recul, il y a deux façons pour adopter un budget.
06:27Soit il y a plus de députés qui sont prêts à voter pour que de députés qui sont prêts à voter contre.
06:34Soit il y a moins de députés qui veulent censurer le gouvernement que de députés qui sont prêts à s'abstenir.
06:42Voilà, je pense que le premier point, c'est quelle est la copie d'ensemble ?
06:47Quelle est la vision d'ensemble pour le budget de la Sécurité sociale et pour le budget de l'État ?
06:53Puis ensuite, moi, je vais vous dire, les gens que je croise, franchement, ils s'en fichent.
06:57Enfin, on est à longueur de journée, on entend sur les plateaux...
07:00Non, mais ils s'en fichent de quoi ?
07:01Ils s'en fichent de la méthode.
07:04Enfin, ce qu'ils veulent, c'est qu'on ait un budget.
07:07Donc, ça veut dire que le 49-3, vous pensez que c'était une bêtise de s'en priver ?
07:12Le Premier ministre a répondu à une demande d'Olivier Faure de ne pas recourir au 49-3.
07:17Là encore, c'était un moment critique pour le pays, le même que celui pendant lequel j'ai dit qu'il fallait ouvrir ce débat sur la suspension de la réforme des retraites.
07:27Vous savez, le gouvernement de Sébastien Lecornu avait démissionné moins de 24 heures après sa nomination.
07:33On entendait des appels à la dissolution, à la démission du président de la République.
07:38Il y avait des exigences qui ont été posées.
07:40C'est dans ce contexte que Sébastien Lecornu a fait cette ouverture qui correspondait à une demande d'Olivier Faure du Parti Socialiste.
07:47Mais si la situation change, ma question, c'est vraiment si la situation change.
07:51Si, en effet, le paysage change un peu tous les jours.
07:54Si dans 15 jours, vous constatez que vous êtes dans l'impasse, est-ce que vous, Elisabeth Borne, députée EPR, vous dites qu'il ne faudrait pas se priver du 49-3 ?
08:01C'est vraiment ça la question ?
08:02C'est le choix du gouvernement.
08:05Et évidemment, en discutant avec les groupes de l'Assemblée nationale, moi, ce que je vous dis, c'est que ça me paraît essentiel qu'on ait un budget pour le pays.
08:14Il y a différentes façons d'y parvenir.
08:16Et ça fait partie des discussions qu'il faut que le Premier ministre ait avec les différents groupes représentés à l'Assemblée nationale.
08:22Quand même, Elisabeth Borne, une question sur cette suspension de la réforme des retraites.
08:26Le texte porte votre nom. Est-ce que vous voterez la mise au frigo sans état d'âme ?
08:31Non, moi, j'ai dit que j'étais ouverte à ce que le débat ait lieu.
08:35Et vous voyez, je l'ai fait parce qu'il se trouve que depuis la dissolution de 2024, la configuration de l'Assemblée nationale a changé.
08:42En fait, on a une majorité de députés aujourd'hui qui est contre la réforme des retraites.
08:49Par ailleurs, c'est un peu compliqué parce que vous voyez, ça arrive souvent que les oppositions soient contre une réforme.
08:54Par exemple, la gauche était contre la réforme portée par Eric Woerth en 2010.
09:00Pour autant, quand ils sont arrivés aux responsabilités, ils ne l'ont pas remise en cause.
09:05Et là, on a des oppositions qui sont par ailleurs, on va espérer, irréconciliables entre la gauche et le Rassemblement national,
09:14mais qui sont contre la réforme des retraites.
09:16Voilà, donc il faut en tenir compte.
09:18S'ils veulent voter la suspension, ils votent la suspension.
09:21Moi, évidemment, je ne vais pas voter la suspension d'une réforme dont je pense qu'elle était nécessaire.
09:26Donc, vous, quel sera votre choix ?
09:29Vous savez, vous l'avez dit, vous venez de le dire, c'est une réforme qui porte mon nom.
09:33Donc moi, je ne souhaite pas participer au vote sur cette réforme.
09:37On ouvre la discussion à Abel Mestre et à Alix Bouillaguet.
09:40Comment avoir un budget M149,3 à Abel Mestre ?
09:43L'an dernier, le gouvernement a utilisé la loi spéciale.
09:46Oui, donc ce dispositif qui permet de gagner du temps, d'avoir trois mois où on reconduit l'exercice en cours.
09:52Ça n'est pas avoir un budget.
09:53C'est gagner du temps en attendant d'avoir un budget.
09:58Exactement, ça a un coût.
09:5911 milliards a dit Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics.
10:02Mais politiquement, ça permet aussi au gouvernement de continuer à discuter avec le Parti socialiste
10:06pour éventuellement arriver à un accord et à faire passer le budget.
10:10Est-ce que c'est ça la bonne solution ?
10:11Est-ce que c'est ce vers quoi il faut tendre la loi spéciale pour s'offrir un peu de temps ?
10:17C'est gagner du temps.
10:19C'est gagner du temps et ça a un prix, vous l'avez dit vous-même.
10:23Je pense que peut-être les Français, après ce qu'on a vécu l'an dernier,
10:29ont pu constater que le pays continue à tourner.
10:32Mais pendant ce temps-là, le pays ne peut pas prendre des décisions nouvelles.
10:38On ne peut pas faire des investissements.
10:41Donc ça veut dire qu'on ne peut pas engager les forces supplémentaires qui est prévue en termes de défense.
10:46On ne peut pas recruter les policiers, les gendarmes, les magistrats, les greffiers.
10:53Et quand on voit aujourd'hui la situation sur le narcotrafic, sur l'insécurité,
10:59on voit ce que ça veut dire pour notre pays de ne pas pouvoir renforcer notre justice, nos forces de sécurité.
11:05Il y a un point qui paraît important tant qu'ancienne ministre de l'Éducation nationale.
11:10C'est que vous savez, on doit préparer une carte scolaire.
11:13Pour préparer une carte scolaire, c'est quelque chose qui parle beaucoup dans les territoires ruraux.
11:17Est-ce qu'on va fermer des classes ou est-ce qu'on ne va pas fermer des classes ?
11:20Si vous n'avez pas de budget, vous ne savez pas combien de postes sont supprimés.
11:23La carte scolaire, elle se prépare au début d'année.
11:25C'est un décalage de trois mois.
11:26Ce n'est pas non plus pas de budget à l'éternel.
11:28La carte scolaire, ça se prépare à l'avance, ça déclenche la mobilité des professeurs.
11:35Vous dites que ça n'est pas souhaitable, mais est-ce que c'est une solution ?
11:39C'est un pisalet et ça ne règle pas le problème.
11:42À la fin, il faut bien trouver un chemin pour avoir un budget.
11:46Plus on le trouve tôt et meilleur c'est pour notre pays.
11:49Il y a aussi un principe de réalité.
11:51Cette petite musique de la loi spéciale, on l'entend de plus en plus.
11:55Après tout, si on regarde l'Espagne, l'Espagne devrait reconduire pour la troisième fois
12:02le budget de l'année précédente, une forme de loi spéciale.
12:06Et l'Espagne ne s'en porte pas plus mal.
12:08Est-ce que ce serait un drame ?
12:09François Bayrou l'a fait l'année dernière.
12:11Est-ce que ça a été un drame ?
12:13Alors, ça n'est pas un drame quelques semaines.
12:15Je vous dis, ça pose des difficultés, ça empêche d'agir.
12:20Et par ailleurs, ça doit être extrêmement temporaire.
12:23Mais moi, je n'ai pas envie de me résoudre au fait qu'on n'arrive pas à adopter un budget
12:28avant la fin de l'année.
12:30Vous savez, on va être amené à voter le 9 décembre sur le budget de la Sécurité sociale.
12:34J'espère bien que ce budget pourra être adopté.
12:37Et puis, pour les députés qui peuvent être amenés à faire des concessions
12:41pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale,
12:46évidemment, c'est important de savoir ce qui va se passer sur le budget de l'État.
12:50On ne fait pas des concessions sans avoir une vision d'ensemble.
12:53Est-ce que si le budget de la Sécurité sociale est adopté,
12:56c'est un bon signe pour le budget de l'État ?
12:58C'est une première étape, mais il en faut une autre, le budget de l'État.
13:02Elisabeth Borne, je reviens sur la réforme des retraites.
13:04La suspension, vous avez dit, je ne participerai pas au vote d'un texte qui porte mon nom.
13:09Au-delà de ça, est-ce que suspendre, ça ne fait pas tomber un totem,
13:13mais ça n'érige pas un nouveau tabou ?
13:15Je m'explique.
13:15Est-ce qu'une fois qu'on aura suspendu la réforme des retraites,
13:19il ne sera pas bien difficile pour n'importe quel candidat
13:21de se prononcer pour un allongement de l'âge actif,
13:24un recul de l'âge de départ dans son programme ?
13:27Vous savez, je pense que de toute façon, ça sera un sujet de la prochaine présidentielle.
13:33Il y a des propositions qui sont sur la table,
13:35notamment Gabriel Attal a proposé de revenir au système universel
13:40auquel, moi je crois forcément, je l'ai porté avec conviction dans le premier quinquennat.
13:45La réforme à points ?
13:45La réforme à points, qui peut être une réforme en euros,
13:49c'est ce que propose Gabriel Attal.
13:50Avec une part de capitalisation, ça c'est une bonne idée, les Français sont prêts.
13:54Je pense qu'on peut ouvrir toutes les hypothèses.
13:58On voit que c'est un sujet qui crispe beaucoup.
14:00Moi, je note que le CDE, qui a publié un rapport, nous dit
14:04qu'il n'y a pas de chemin, il faut bien assurer,
14:07quelle que soit la voie qu'on prend,
14:10même si on doit aller vers une retraite par capitalisation,
14:13c'est une réponse dans 40 ans.
14:15Donc, dans l'immédiat, ça ne dispense pas d'assurer l'équilibre
14:19du système de retraite par répartition.
14:21Donc, vous partagez la mesure de Gabriel Attal ?
14:25Vous trouvez que c'est une bonne idée de gommer toute référence à l'âge légal,
14:30d'être sur la durée de cotisation et d'introduire une part de capitalisation ?
14:33Je pense que ce qu'il faut dire de façon transparente aux Français,
14:37c'est qu'il n'y a pas de baguette magique qui dispense,
14:42pour assurer l'équilibre du système de retraite,
14:45que ceux qui le peuvent travaillent plus longtemps.
14:47Vous ne répondez pas tout à fait à la question sur la capitalisation ?
14:51C'est une bonne idée ?
14:51La capitalisation, ça peut être une réponse en plus,
14:54c'est une réponse pour dans 40 ans.
14:56Ça ne dispense pas d'assurer l'équilibre du système de retraite par répartition,
15:01et il n'y a pas d'autre voie que de demander à ceux qui le peuvent
15:05de travailler plus longtemps.
15:06Sauf que cette suspension que vous avez vous-même soulevée,
15:10elle va totalement à rebours de notre démographie,
15:14elle va à rebours de ce qui se passe partout ailleurs en Europe.
15:17Est-ce que ce n'est pas totalement déraisonnable ?
15:19Je pense, je dis, qu'il faut qu'on puisse avoir ce débat sur le fait
15:24qu'il n'y a pas de garantie possible sur la pérennité de notre système de retraite par répartition,
15:30sans que ceux qui le peuvent, et j'insiste sur ce point,
15:33travaillent plus longtemps.
15:34Donc évidemment, on ne va pas demander à des gens qui ont commencé à travailler très tôt
15:39de travailler aussi longtemps, aussi tard, pardon,
15:44que ceux qui ont commencé à travailler plus tard.
15:46On ne doit pas demander à ceux qui ont des métiers difficiles,
15:50qui font qu'ils ont des problèmes d'usure professionnelle,
15:54de travailler aussi longtemps ou aussi tard que les autres.
15:59C'est quelque chose que moi j'ai pris en compte dans la réforme de 2023,
16:02puisque vous savez que 4 Français sur 10 n'a pas à travailler,
16:06ou n'aura pas, ou n'auraient pas à travailler jusqu'à 64 ans.
16:10Mais on sait qu'il y a des angles morts.
16:11Et c'est toute la discussion qui avait eu lieu dans le cadre du conclave.
16:14On n'était pas obligé de suspendre la réforme ?
16:16Ah mais moi, je pense qu'on aurait pu déboucher,
16:19si chacun avait pris sur soi, et je pense notamment au MEDEF,
16:24au moment de la discussion du conclave,
16:27pour trouver un chemin avec les syndicats,
16:30en particulier la CFDT qui avait fait des propositions,
16:33notamment pour mieux prendre en compte
16:35ce qu'on appelle les facteurs de pénibilité
16:38qui ne se sont pas pris en compte aujourd'hui.
16:40Vous voyez des postures pénibles,
16:41quand vous êtes carreleur,
16:43que vous travaillez toute la journée à genoux,
16:47vous avez, c'est légitime,
16:48vous pouvez ne pas travailler aussi longtemps que les autres.
16:52Quand vous avez des vibrations,
16:55quand vous avez des ports de charge lourdes,
16:56je regrette naturellement qu'on n'ait pas pu déboucher à l'époque,
17:01parce que c'est évidemment des attentes légitimes
17:04de la part de ceux qui exercent ces métiers pénibles.
17:06Vous savez, je pense qu'une des réponses,
17:08et c'était quelque chose...
17:10L'article, malheureusement, a été censuré dans la loi de 2023
17:14parce qu'il n'emportait pas de dépenses.
17:16Mais de dire que quand on est dans ce genre de métier,
17:18on doit se voir proposer une reconversion,
17:22un aménagement de son poste de travail,
17:24je pense que c'est quelque chose, évidemment, de nécessaire.
17:27Et je regrette naturellement que ce conclave n'ait pas débouché.
17:31À propos des responsabilités, Elisabeth Borne,
17:33quand même, vous avez été de tous les gouvernements depuis 2017.
17:36Vous avez été chef du gouvernement de 2022 à 2024.
17:40Bruno Le Maire dit qu'il vous a écrit ses premières notes d'alerte
17:43sur les finances publiques dès l'automne 2022.
17:46Aujourd'hui, si on est dans cette situation-là,
17:49quel degré de responsabilité acceptez-vous de prendre ?
17:52Et est-ce que c'est un échec du macronisme ?
17:54Alors, je ne vais pas ouvrir un débat avec Bruno Le Maire.
17:57On a eu l'occasion de s'expliquer.
17:59En 2022, le déficit et les rentrées fiscales,
18:02le déficit est moins important et les rentrées fiscales
18:05plus importantes que prévues, comme ça a été le cas en 2021.
18:09Moi, j'ai reçu un courrier de Bruno Le Maire mi-décembre 2023,
18:13alertant sur le manque de recettes
18:17ou l'écart par rapport aux recettes qui étaient prévues.
18:20Quand vous êtes informé à la fin de l'année
18:22qu'il y a un problème sur l'année écoulée,
18:24vous n'avez pas beaucoup de marge de manœuvre.
18:27A fortiori, quand en plus, vous quittez le gouvernement,
18:29vous quittez votre fonction le 8 janvier suivant.
18:32Bon, alors, ça c'est vous, votre responsabilité.
18:36Là, on a votre réponse.
18:37Mais si on est dans cette situation-là,
18:39quel est le degré de responsabilité ?
18:41Est-ce que ce dérapage ne vient pas de la politique économique
18:43depuis 2017 ?
18:46Je pense qu'il faut aussi qu'on prenne un peu de recul
18:49sur ce qui s'est passé ces dernières années.
18:51Je rappelle qu'on avait commencé par sortir
18:54de la procédure pour déficit excessif,
18:57qu'on a eu la crise des gilets jaunes,
18:58la crise Covid, la guerre en Ukraine,
19:01qu'on a eu la crise inflationniste,
19:02la crise énergétique.
19:04Et je pense que les Français ont apprécié
19:07les entreprises, les citoyens,
19:10d'être protégés pendant toutes ces crises.
19:13Évidemment, il fallait sortir de ce quoi qu'il en coûte.
19:16Et puis, ensuite, il y a...
19:18Ça n'explique pas tout.
19:19Les économistes disent que, en fait,
19:20le problème vient aussi largement de ce choix
19:23de baisser la fiscalité.
19:26C'est un choix de politique économique ?
19:27Non, mais on peut avoir ce débat.
19:30Vous voyez, on a eu en 2022 plus de recettes
19:34qu'on attendait malgré la baisse des taux.
19:38Et ensuite, en 2023 et en 2024,
19:41on a eu l'effet inverse.
19:42Mais je pense qu'il faut arriver à bien comprendre
19:45ce qui s'est produit pendant ces années.
19:47Je pense qu'aujourd'hui,
19:48on n'a pas réellement les explications.
19:50En tout cas, je pense qu'il n'y a pas le choix.
19:53Il faut naturellement redresser
19:54notre trajectoire de finances publiques,
19:57baisser notre déficit.
19:58Et ça renvoie à ce qu'on évoquait au départ.
20:00Alors, une question d'Alex Bouillaguet,
20:01avant de passer au sondage
20:03qui a électrifié le paysage politique.
20:05Pour financer ce budget,
20:08les socialistes ont déposé un amendement
20:10sur un emprunt forcé.
20:12Donc, c'est un emprunt obligatoire.
20:14Ce serait un emprunt obligatoire
20:15pour les 20 000 foyers les plus riches.
20:17Des sommes bloquées par l'État jusqu'en 2029,
20:20fléchées a priori peut-être vers la défense.
20:23Est-ce que pour vous,
20:24c'est un impôt déguisé ?
20:26C'est une saisie sur patrimoine ?
20:28Ou c'est une contribution légitime ?
20:31Moi, je dois dire que je ne comprends pas
20:33cette proposition.
20:35Pourquoi ?
20:36Roland Lescure, le ministre de l'Économie,
20:39a eu l'occasion de le dire.
20:40Aujourd'hui, la France n'a pas de problème
20:42pour se financer.
20:43Donc, il ne s'agit pas d'avoir
20:45des emprunts obligatoires.
20:49Je pense que ça ne répond pas
20:50à la situation du pays.
20:52Et un emprunt volontaire ?
20:53Ce serait plus acceptable ?
20:54S'il peut y avoir des contributions
20:55et en plus sans intérêt
20:57de la part d'un certain nombre
20:59de personnes ou de grandes entreprises,
21:01pourquoi pas ?
21:01Je ne suis pas très sûr
21:02qu'on déclenche forcément
21:04un grand enthousiasme.
21:06Par patriotisme ?
21:07Je pense qu'il faut tout à fait
21:11permettre à ceux qui le souhaitent
21:12de prêter de l'argent
21:14sans intérêt à l'État
21:15pour financer des politiques importantes.
21:17Vous voyez bien la manœuvre aussi.
21:19Les socialistes n'ont pas eu
21:20l'attaque Zuckmann.
21:21C'est une manière pour les socialistes
21:22de reprendre la main.
21:24Moi, je ne vais pas faire l'enquête
21:26sur l'origine de cette disposition.
21:28Moi, je vous dis,
21:29je ne crois pas que ça réponde
21:30à la situation aux besoins de notre pays.
21:32Allez, on passe à la politique.
21:33Et si le premier tour de la présidentielle
21:36avait lieu aujourd'hui,
21:36c'est le sondage Odoxa
21:38qui a électrisé le monde politique.
21:41Jordan Bardella,
21:42le candidat du Rassemblement National,
21:43serait élu président de la République
21:45au second tour,
21:47quel que soit le scénario,
21:48que le candidat du bloc central
21:50s'appelle Édouard Philippe
21:51ou Gabriel Attal.
21:53Elisabeth Borne,
21:54vous allez me dire qu'on est
21:54à 18 mois de la présidentielle,
21:56vous allez me dire que ça n'est qu'un sondage,
21:57mais on aimerait quand même
21:58entendre votre analyse.
21:59Alors, je vous dis en effet
22:01qu'un sondage ne fait pas une élection
22:03à fortiori
22:04à 18 mois
22:06de l'élection présidentielle.
22:09Je pense qu'effectivement,
22:10dans le contexte actuel,
22:12tout contribue
22:13à faire monter
22:14le Rassemblement National.
22:16Moi, je suis dans une circonscription,
22:18vous savez,
22:19rurale,
22:19où naturellement,
22:21le Rassemblement National
22:23fait des scores importants,
22:2535% pour mon adversaire
22:28lors de la dernière législative.
22:30Et on voit bien
22:31qu'il y a des sujets de fond,
22:33des gens qui ont des difficultés
22:35à vivre,
22:36qui trouvent que
22:36quand ils travaillent,
22:38finalement,
22:40la vie n'est pas simple,
22:41que tout est compliqué
22:42dans le monde rural,
22:43se déplacer,
22:45accéder à des services publics.
22:46Et puis,
22:46il n'y a que le Rassemblement National
22:47qui a des solutions ?
22:48Bien sûr que non.
22:49Bien sûr que non.
22:50Donc,
22:50je crois qu'il faut
22:51naturellement répondre,
22:53apporter des réponses
22:54plus rapides,
22:56travailler avec,
22:57naturellement,
22:57les collectivités locales
22:59qui sont en proximité
23:00et qui peuvent apporter
23:01des réponses.
23:01Et puis,
23:02ce qui alimente aussi
23:03le Rassemblement National,
23:04c'est l'inquiétude.
23:06Et aujourd'hui,
23:06c'est vrai que le contexte
23:07à la fois international
23:09et national,
23:11évidemment,
23:12concourt à cette inquiétude
23:13de nos concitoyens.
23:14Mais je pense qu'il y a
23:15un point supplémentaire,
23:16aussi,
23:17qui peut faire monter
23:18les extrêmes,
23:19c'est qu'aujourd'hui,
23:20on a un morcellement
23:22de la classe politique
23:24entre les extrêmes.
23:26Et moi,
23:26j'entends des gens
23:27qui me disent
23:27« vous nous poussez
23:28dans les bras
23:28du Rassemblement National
23:29à force de ne pas mettre
23:31d'ordre dans votre camp ».
23:32Justement.
23:32Je pense que c'est
23:33une priorité.
23:34Vous savez,
23:35moi,
23:35je me suis engagée
23:36en 2017
23:37et j'avais une vie
23:38avant de m'engager
23:39en politique.
23:40Je me suis engagée
23:41parce que je crois
23:42fondamentalement
23:43à la nécessité
23:45de cette force centrale
23:46dans laquelle
23:47je me suis engagée.
23:47Justement,
23:47Madame Borne,
23:48sur le bloc central,
23:49la force centrale,
23:50comme vous l'appelez,
23:51on voit que personne
23:52n'incarne vraiment
23:52la continuité du macronisme.
23:54On a l'impression
23:54que ce camp politique
23:56est condamné
23:57à l'échec
23:58au premier tour.
23:58Est-ce que c'est
24:00le constat
24:00que vous faites aussi
24:01ou est-ce que vous pensez
24:01qu'il y a un rebond possible
24:03avec un processus
24:05de primaire,
24:05par exemple,
24:06qui pourrait faire sortir
24:07quelqu'un du lot
24:08et rassembler les voix
24:09et éviter la dispersion ?
24:11Moi, je pense en tout cas
24:12qu'il faut impérativement
24:13que cette famille politique
24:15se structure.
24:17Cette famille politique...
24:18Mais à qui parlez-vous ?
24:19Pour moi...
24:20Quand vous dites
24:20qu'il n'y a pas d'ordre
24:21dans le camp,
24:21c'est ce qu'on me renvoie ?
24:22Pour moi,
24:22elle va du centre-gauche
24:24à la droite modérée.
24:26Vous savez, j'entends...
24:26Alors, donc,
24:26ça veut dire,
24:27si on traduit centre-gauche,
24:28est-ce que vous allez
24:29jusqu'à Raphaël Glucksmann ?
24:30Est-ce que vous allez
24:31jusqu'à Bruno Rotaillot ?
24:34Ça serait ça,
24:34votre amplitude ?
24:36Alors, en tout cas,
24:37quand j'entends certains
24:38qui proposent d'aller
24:39de Gérald Darmanin
24:40à Sarah Knafow,
24:41moi, je ne me reconnais pas.
24:43Ça, c'est Laurent Wauquiez.
24:44Et je suppose
24:44que Gérald Darmanin
24:45ne sait pas très bien
24:46ce qu'il fait
24:46dans cette hypothèse de primaire
24:48parce que je ne pense pas
24:49que plus que moi,
24:52il partage la vision
24:53et les valeurs
24:54de Sarah Knafow.
24:55Donc, je dis d'abord,
24:57commençons par nous parler,
25:00par nous rassembler
25:01dans cette famille politique
25:03qui va du centre-gauche
25:04à la droite modérée.
25:05Et je pense que
25:06ce qui est important,
25:07c'est de se rappeler
25:08ce que l'on partage
25:09dans cette famille politique.
25:10Édouard Philippe,
25:10ce n'est pas le candidat naturel ?
25:12Enfin, manifestement,
25:14d'autres candidats
25:15ne le considèrent pas,
25:16vous voyez.
25:17Donc, je pense qu'il faut déjà
25:18qu'on commence par se parler
25:19et puis de se redire
25:22les principes qu'on a en commun.
25:24Les principes qu'on a en commun...
25:25On vous entend,
25:26Elisabeth Vorde,
25:26mais moi, je ne comprends pas
25:27ce que vous me dites, en fait.
25:29Donc, si personne ne se détache,
25:31imaginons,
25:32l'élection a lieu dit
25:33on voit bien
25:33ce qui se passe aujourd'hui.
25:35Édouard Philippe,
25:36il a un trou d'air.
25:36Gabriel Attali,
25:37il se dit pourquoi pas.
25:38Gérald Darmanin est là aussi.
25:40Il y a Raphaël Glucksmann
25:40qui essaye de pousser.
25:42Donc, clairement,
25:43est-ce que vous dites
25:43dès maintenant,
25:44parce que ça va filer
25:45assez vite quand même
25:46l'élection,
25:47est-ce qu'il faut un départage ?
25:48Est-ce qu'il faut une primaire ?
25:49Donc, de Raphaël Glucksmann
25:51à Bruno Retailleau.
25:52Est-ce que ça pourrait être ça ?
25:54On aimerait
25:55que vous metiez des noms.
25:56Non, mais je suis certaine...
25:57Je suis certaine...
25:57Vous savez,
25:58on ne va pas...
25:59On va en avoir
25:59la fin de l'émission
26:01si on commence à lister
26:02tous ceux qui s'imaginent
26:03candidats à la prochaine présidentielle.
26:06Donc, du coup,
26:06moi, je dis qu'il faut
26:08que tout le monde se parle
26:09et qu'on voit
26:10comment on s'organise
26:11pour ne pas arriver divisé
26:13à cette prochaine élection.
26:14Donc, vous dites
26:14une primaire,
26:15pourquoi pas ?
26:16Je ne pense pas
26:17que Bruno Retailleau,
26:18vous voyez,
26:18envisage...
26:19De faire une primaire
26:20avec le bloc central.
26:21Avec le bloc central.
26:22Donc, vous dites...
26:23Et réciproquement,
26:24je dirais,
26:24pour ce qu'il me concerne.
26:24Et si ça ne marche pas,
26:26on fera une primaire.
26:27Mais vous, par exemple,
26:28votre candidat,
26:29ce serait qui ?
26:30Non, mais attendez.
26:31Enfin, vous voyez,
26:31je pense qu'à la fin,
26:32si on ne se rappelle plus,
26:34d'abord,
26:34pourquoi on se bat ?
26:35Pourquoi on s'est engagé
26:36en politique ?
26:37Quels sont les principes
26:38que l'on défend ?
26:39Moi, je crois que l'Europe
26:41est une solution
26:41pour notre pays
26:42dans les désordres
26:44géopolitiques mondiaux.
26:46Moi, je crois
26:47à l'initiative.
26:48Je crois à la nécessité
26:49de créer de l'activité.
26:51Moi, je crois
26:51à une politique ferme
26:53en termes de sécurité,
26:54de respect de l'autorité,
26:55de lutte contre l'immigration,
26:57mais dans le respect
26:58des valeurs fondamentales
27:01de notre démocratie.
27:02C'est un programme ?
27:02Est-ce que vous pourriez
27:03être candidate, vous,
27:04après tout,
27:04pour la présidentielle ?
27:05Vous voyez,
27:05je ne vais pas vous dire ça
27:06aujourd'hui.
27:08Je crois que d'abord,
27:09rappelons-nous
27:10ce qu'on porte.
27:10Et l'État est trop à droite,
27:11le macronisme
27:12depuis 2017 ?
27:14Moi, je pense
27:15qu'on a porté
27:17au départ
27:18une vision
27:19qui était,
27:20effectivement,
27:21ça s'appelait
27:21libérer, protéger
27:22à l'époque.
27:23Et donc,
27:23c'était soutenir
27:24l'activité économique,
27:26la création d'emplois,
27:27l'innovation.
27:28Et c'était lutter
27:29contre les inégalités
27:30à la racine.
27:31Sans doute,
27:32quand moi je vois
27:33la fracturation du pays,
27:35le fait qu'aujourd'hui,
27:37beaucoup de personnes
27:38se disent qu'elles n'ont
27:38pas leur chance,
27:40qu'elles ne croient pas
27:41qu'elles peuvent réussir,
27:42sur ce plan-là,
27:44je pense qu'il faut
27:44remettre le sujet
27:45sur le métier
27:46et que chacun
27:47se dise que,
27:49dans notre pays,
27:50par son talent,
27:50par son travail,
27:51il peut réussir.
27:51Pourquoi ne pas privilégier,
27:52par exemple,
27:53un dialogue avec le centre-gauche
27:54qui, on le voit
27:55autour de Raphaël Glucksmann,
27:56mais pas que,
27:57aussi autour de François Hollande,
27:58Carole Delga,
27:59de certaines personnalités
27:59du Parti Socialiste,
28:00veulent vraiment
28:01se désarimer
28:03de l'influence
28:04de la France insoumise ?
28:05Est-ce que ce n'est pas là,
28:06aussi,
28:07pour votre camp,
28:09la voie de sortie ?
28:12Ce que je constate aujourd'hui,
28:14c'est que chacun se dit
28:15qu'il faudra bien
28:16qu'on arrive unis,
28:17ou en tout cas,
28:18qu'il n'y ait pas
28:18une multiplicité
28:19de candidats
28:20dans cet espace
28:22du centre-gauche
28:23à la droite modérée,
28:24mais que chacun considère
28:25qu'il faut d'abord
28:26se rassembler autour de lui.
28:28D'ailleurs...
28:28Alors,
28:28ça ne permet pas
28:29beaucoup d'avancer.
28:30Donc, moi,
28:30je dis vraiment
28:31qu'il faut qu'on prenne conscience
28:33de la gravité
28:34de la situation,
28:35qu'on accepte
28:35de se parler
28:36et de pouvoir
28:37travailler ensemble
28:39sur la base
28:39de principes
28:40qui mériteront
28:41d'être rappelés.
28:41D'ailleurs,
28:42le duel qu'on peut...
28:43Alors, évidemment,
28:44à 18 mois,
28:44encore une fois,
28:45avec toutes les préventions
28:45que ça comporte,
28:47mais on peut prévoir
28:48éventuellement
28:48un second tour
28:50Mélenchon-Bardella.
28:51Est-ce que dans ce cadre-là,
28:53vous voteriez
28:54Jean-Luc Mélenchon ?
28:55Je vais vous dire,
28:56moi, je ferai tout.
28:56Je ferai tout.
28:57Et franchement,
28:58si je m'engage
28:59en politique,
29:00et on ne peut pas dire
29:01que ce soit forcément
29:02tous les jours
29:03extraordinaires,
29:05ce qui se passe,
29:05par exemple,
29:06à l'Assemblée nationale,
29:07si je m'engage
29:08en politique,
29:09c'est pour éviter
29:10que les Français
29:11soient confrontés
29:12à ce choix impossible
29:13entre Jean-Luc Mélenchon
29:14et Marine Le Pen
29:16ou Jordan Bardella.
29:17Mais là,
29:17vous ne répondez pas
29:17s'il y a entre Mélenchon,
29:20Bardella ou Le Pen,
29:21vous choisissez Mélenchon ?
29:22Je refuse
29:22de me placer
29:23dans cette possibilité.
29:24Non, moi,
29:24je suis incapable
29:25de voter pour Jean-Luc Mélenchon,
29:26dont je pense
29:27qu'il fait beaucoup de mal
29:27à notre pays
29:28et que, par ailleurs,
29:29il contribue
29:30à faire monter
29:30le Rassemblement national.
29:31Avant la présidentielle,
29:33il y a les municipales.
29:35Un mot concrètement
29:36sur Paris.
29:37Renaissance ne présente
29:38pas de candidat,
29:39mais soutient
29:40Pierre-Yves Bournazel,
29:41qui est issu
29:42d'Horizon de l'Édouard Philippe.
29:44Sauf que ça n'a
29:45quand même pas empêché
29:46plusieurs personnalités
29:47macronistes
29:48de soutenir
29:49Rachida Diatic,
29:50il y a des moindres,
29:50parce qu'il y a des ministres
29:51parmi eux,
29:52Benjamin Haddad,
29:52Aurore Berger,
29:54ou le député
29:55Sylvain Maillard,
29:55qui est l'ancien patron
29:56du groupe Renaissance
29:58à l'Assemblée nationale.
29:59Pourquoi est-ce que le parti
30:01ne s'est pas rangé
30:02tout simplement
30:03derrière Rachida Dati
30:04dès le départ ?
30:05Vous avez vu
30:06qu'il y a eu
30:07des discussions
30:07au sein du parti
30:10qui,
30:12avec les responsables,
30:14les différents responsables
30:15des arrondissements
30:16parisiens,
30:17a choisi
30:18de soutenir
30:19Pierre-Yves Bournazel.
30:19Vous le soutenez aussi ?
30:20Vous le soutenez aussi,
30:22vous, Elisabeth Borne ?
30:22Moi, je vais vous dire,
30:23je vote à Vire,
30:24dans le Calvados,
30:26et en fait,
30:27je n'ai pas envie
30:28du tout de m'appliquer
30:29sur les municipales.
30:30Vous avez un regard.
30:31Est-ce que vous votez
30:32plutôt Pierre-Yves Bournazel,
30:33Horizon,
30:34ou Rachida Dati ?
30:36Oui, vous avez un poste
30:36suffisamment important
30:37chez EPR
30:38et chez Renaissance
30:39pour nous dire.
30:40En fait,
30:40je ne me suis pas exprimé
30:41et je n'ai même pas regardé
30:43à ce stade les programmes.
30:44Moi, je suis focalisé
30:45sur le budget.
30:46Vous faites un petit refus
30:47d'obstacles,
30:47Elisabeth Borne,
30:48Oui, non, je n'ai pas envie
30:48de me prononcer sur le sujet.
30:50Je n'ai pas envie
30:50de me prononcer sur le sujet.
30:52Je pense qu'il y a 65 millions
30:53de Français
30:54qui ne sont pas concernés
30:55par le sujet.
30:55Donc, vous ne ferez pas
30:56campagne à Paris
30:57pour soutenir le candidat
30:59Renaissance ?
30:59Je vous confirme
30:59que je ne ferez pas
31:00campagne à Paris.
31:02C'est une réponse.
31:06Quand se terminera
31:07la guerre d'agression
31:08de la Russie en Ukraine,
31:09lundi,
31:09le Premier ministre ukrainien
31:11sera à Paris.
31:12Volodymyr Zelensky
31:12reçu par Emmanuel Macron,
31:14le chef de l'État,
31:15a annoncé cette semaine
31:16un service militaire
31:17volontaire pour les jeunes Français.
31:20Là où nous soutenions
31:22l'ambition d'un service
31:23national universel
31:24pour conforter la cohésion
31:25au sein d'une classe d'âge,
31:28l'accélération des crises,
31:30le durcissement des menaces
31:31me conduisent à proposer
31:33aujourd'hui
31:33un service national
31:35purement militaire
31:36qui, sans être universel,
31:40peut engager
31:40toute une génération.
31:42enterrement du SNU
31:47qui visait les 15-17 ans.
31:48Là, on passe
31:49au service militaire
31:50volontaire rémunéré
31:51de 10 mois
31:51pour les majeurs.
31:53Objectif,
31:5310 000 jeunes par an
31:54en 2030.
31:55Elisabeth Borne,
31:56à l'Assemblée nationale,
31:57vous faites partie
31:57de la Commission
31:57des Affaires étrangères.
31:59Dites-nous à vos yeux
32:00ce service militaire,
32:01c'est une nécessité,
32:03c'est au bon niveau,
32:04c'est une bonne réponse
32:04face à la menace ?
32:06Alors, vous savez,
32:07moi, j'ai fait mon service militaire.
32:08Où ça ?
32:10J'ai fait mon service militaire.
32:11Vous êtes polytechnicienne ?
32:12Voilà, je suis polytechnicienne.
32:14J'ai fait mon service militaire
32:15à La Courtine,
32:16à Montargis
32:16et à Satori.
32:18Et j'ai trouvé vraiment...
32:20Moi, j'ai énormément appris
32:21au cours de cette période.
32:23Et je pense qu'à un moment
32:26où on a besoin
32:27de renforcer
32:29l'esprit de défense
32:30dans le pays,
32:31la force morale du pays,
32:32je pense que c'est
32:33une très bonne chose
32:34de proposer
32:35ce service national
32:37sur la base du volontariat.
32:39C'est une façon
32:40de renforcer le lien
32:42entre l'armée
32:44et la nation.
32:45C'est aussi une façon
32:46de renforcer
32:47notre capacité
32:48à faire face
32:50aux menaces
32:50qui sont de plus en plus
32:51fortes autour de nous.
32:52On dit que le service militaire
32:54doit être le creuset
32:55de la cohésion sociale.
32:57Est-ce qu'il n'y a pas
32:57un risque
32:58que seuls les jeunes
32:59en rupture
33:01soient volontaires
33:01et que ça accentue
33:03encore un peu plus
33:04le fossé
33:04entre les différentes
33:06catégories sociales ?
33:07Ce qu'on a observé
33:08sur le service national
33:10universel,
33:11c'est plutôt
33:11que c'était souvent
33:13des enfants
33:14de familles
33:15qui étaient concernés,
33:16des gendarmes,
33:18des militaires.
33:18Sauf que là,
33:19c'est dix mois,
33:19c'est autre chose.
33:20C'est dix mois.
33:21Non, non,
33:21mais moi,
33:22je suis vraiment convaincu
33:24qu'il y a beaucoup
33:26de jeunes Français
33:27qui cherchent un engagement
33:30et qui sont prêts
33:32à consacrer dix mois
33:34de leur vie
33:35pour se préparer
33:36à renforcer
33:38nos capacités
33:39de défense
33:40dans un contexte
33:42où les menaces
33:43n'ont jamais été
33:44aussi fortes.
33:443 000 recrues prévues
33:45dans l'immédiat.
33:46Dans l'immédiat,
33:46c'est peu.
33:47Est-ce qu'il n'aurait pas
33:48fallu prévoir
33:48un plan plus ambitieux
33:51pour justement
33:51répondre à cette envie
33:53de patriarité ?
33:54Vous avez vu,
33:54le plan,
33:55il est ambitieux.
33:56Naturellement,
33:56on ne va pas
33:57du jour au lendemain
33:58passer à 50 000
34:01volontaires,
34:01mais c'est ce qui est visé
34:03et à une échéance
34:04qui est finalement
34:05assez proche
34:06de 2035.
34:07Donc je pense
34:08qu'il faut monter
34:09en puissance
34:10et je vous dis,
34:11je pense que c'est vraiment
34:12une très bonne chose.
34:13Je crois que tous les jeunes
34:15qui, par exemple,
34:17aujourd'hui,
34:18font le service militaire
34:19adapté
34:20qui existe
34:21dans nos territoires
34:22d'outre-mer,
34:23vous disent qu'ils apprennent
34:23beaucoup.
34:24Ils apprennent,
34:25y compris, par exemple,
34:26des valeurs de solidarité.
34:27Quand vous faites une marche,
34:29que votre copain
34:31n'arrive plus
34:32à porter son sac,
34:33il faut tous arriver ensemble,
34:35donc vous portez son sac.
34:36Et ce n'est pas forcément,
34:37il n'y a pas beaucoup
34:38d'endroits
34:38où on apprend ça.
34:39Et on peut apprendre ça,
34:41notamment,
34:42quand on fait un service
34:43militaire adapté
34:45et demain,
34:45un service national.
34:46Un petit mot rapidement
34:47sur le coût.
34:48À terme,
34:49c'est 50 000 recrues
34:51avec un coût
34:52d'environ 2 milliards,
34:54estimé à 2 milliards.
34:55Est-ce qu'on a les moyens
34:55de cette politique aujourd'hui ?
34:57Je veux dire,
34:57on a besoin
34:58de renforcer
34:59notre capacité de défense
35:01et ça y participe.
35:03Et donc,
35:04voilà,
35:04je pense qu'on a
35:05une trajectoire.
35:06Là aussi,
35:07on parlait du budget,
35:08évidemment,
35:09il faut que cette trajectoire
35:10et ces moyens
35:10soient votés
35:12par le Parlement.
35:13Mais c'est une des composantes
35:15qui nous permet
35:15de renforcer
35:16notre capacité
35:17à faire face
35:18aux menaces.
35:19Elisabeth Borne,
35:19avec ce service,
35:20les jeunes ne vont pas
35:21être envoyés à l'étranger.
35:22Pour l'instant,
35:23on parle vraiment de...
35:23Je crois que ça a été
35:24très clairement dit
35:25par le président de la République.
35:26Mais comment est-ce que
35:28vous avez reçu,
35:28vous,
35:29les paroles du chef
35:29d'état-major des armées
35:31Mandon
35:32sur le fait que la France,
35:34les Français,
35:34devaient accepter
35:35de perdre des enfants ?
35:37Ça a pu choquer.
35:38Est-ce que vous le comprenez ?
35:40Alors, je vais vous dire,
35:41moi, ce qui m'a choqué,
35:42c'est les réactions
35:42aux propos du général Mandon.
35:45Parce qu'il se trouve
35:45qu'en tant que Premier ministre,
35:47je l'ai côtoyé naturellement
35:50puisqu'il était le chef
35:52de l'état-major particulier
35:53du président de la République.
35:54Je peux vous assurer
35:55que ce n'est pas quelqu'un
35:56de va-t'en-guerre
35:57et ce n'est pas quelqu'un
35:58qui parle à la légère.
35:59Et c'est quelqu'un
36:00qui commande des femmes
36:02et des hommes
36:03qui risquent leur vie
36:04pour nous protéger.
36:05Donc, voilà,
36:07je trouve très choquant
36:09de tourner en dérision
36:10ou de critiquer
36:11ces propos.
36:13Alarmant,
36:13des propos alarmants.
36:14Chaque jour,
36:15il y a des femmes
36:17et des hommes
36:18qui,
36:20dans nos armées,
36:21risquent leur vie
36:22sur des théâtres
36:23d'opérations
36:24pour nous protéger.
36:25Mais ce sont des professionnels,
36:25Isabelle Dornblas,
36:26qui a pu faire réagir
36:27les gens.
36:27Je pense que le général,
36:28nous ne déformons pas
36:29ces propos.
36:30Il parle des soldats
36:31qui risquent leur vie
36:33pour défendre notre pays,
36:34de la nécessité
36:35de renforcer
36:37notre force morale,
36:38notre esprit de défense
36:39et d'être conscient
36:40de ça,
36:40de ce qui se joue.
36:42Vous voyez,
36:42il y a eu des heures noires
36:43dans notre histoire.
36:45Il y a eu Munich
36:45en 1938
36:46et on sait les conséquences
36:47que ça a eues.
36:48Donc,
36:49de se dire
36:49qu'on est prêt
36:50à se battre
36:51pour défendre nos libertés,
36:52je pense que c'est important.
36:54Elisabeth Borne,
36:55vous êtes l'invité
36:55de Questions politiques.
36:56On va tenter
36:57de mieux vous connaître
36:58aujourd'hui.
36:59Questions politiques
37:00sur France Inter.
37:03Et Alex Bouillaguet
37:04est notre spécialiste
37:05des biographies
37:06et des archives.
37:09Et peut-être
37:10je voudrais dédier
37:12cette nomination
37:14à toutes les petites filles
37:15en leur disant
37:17allez au bout
37:18de vos rêves
37:19et rien
37:20ne doit freiner
37:21le combat
37:22pour la place
37:23des femmes
37:24dans notre société.
37:25On vous entend
37:27Elisabeth Borne
37:28c'était lors
37:28de la passation
37:29de pouvoir
37:29avec Jean Castex
37:31nous sommes le 16 mai
37:322022
37:33et vous
37:33pupille de la nation
37:35à 11 ans
37:35devenez la seconde femme
37:37de la 5ème république
37:38à entrer à Matignon.
37:39Alors vous allez
37:40très vite
37:41être comparée
37:42à la première
37:42à Edith Cresson
37:44on va vous reprocher
37:45votre côté cassant
37:46austère
37:47rigide
37:47vos colères aussi
37:48est-ce que
37:49ce traitement-là
37:50est réservé
37:51en particulier
37:51aux femmes
37:52en politique ?
37:54Moi je suis convaincue
37:55qu'il y a beaucoup
37:55de sexisme
37:56en politique
37:57pas qu'en politique
37:59mais ça fait partie
38:00des univers
38:01dans lesquels
38:02je ne dis pas
38:03tous les hommes
38:04mais un certain
38:05nombre d'hommes
38:06se disent que
38:07c'est un univers
38:08compétitif
38:09et donc si on commence
38:10par éliminer
38:10la moitié de l'humanité
38:11déjà on a avancé.
38:14Donc vous dites
38:15oui
38:15c'est compliqué
38:16d'être à Matignon
38:17en tant que femme
38:19et que depuis
38:21Edith Cresson
38:21finalement on n'a pas
38:22beaucoup plus
38:22c'est compliqué
38:23moi je discute
38:24souvent avec
38:25des femmes
38:25élues locales
38:26on ne leur propose
38:27pas beaucoup
38:28de prendre des responsabilités
38:29dans les conseils
38:30municipaux
38:30il y a la parité
38:32sur les listes
38:33pour les municipales
38:35mais pas du tout
38:36il n'y a pas du tout
38:36la parité
38:37sur les maires
38:38et quand on leur propose
38:39des postes d'adjoints
38:40en général
38:41c'est plutôt
38:42à la petite enfance
38:43qu'aux travaux
38:43ou aux finances
38:44donc bien sûr
38:45il y a du sexisme
38:46en politique
38:46et il faut continuer
38:47à se battre
38:48pour que les femmes
38:49aient toute leur place.
38:50Vous avez un parcours
38:51hors pair
38:52on l'a dit
38:53vous êtes polytechnicienne
38:54préfète
38:54vous avez été patronne
38:56de la RATP
38:56vous avez été plusieurs fois
38:58ministre
38:59lorsque vous étiez à Matignon
39:01il se disait pourtant
39:02d'Emmanuel Macron
39:03il décide
39:04elle l'exécute
39:05est-ce que vous ne regrettez pas
39:07d'avoir été
39:08la bonne élève
39:09loyale
39:10résiliente
39:10celle qui encaisse
39:11Olivier Marlex
39:13qui était chef
39:14du groupe parlementaire
39:15des républicains
39:16lorsque vous étiez
39:17premier ministre
39:17et que vous avez
39:18rencontré à de nombreuses reprises
39:20et qui est mort récemment
39:22se demande
39:23dans son livre posthume
39:24s'il ne vous a pas manqué
39:25une petite pointe
39:27de roublardise
39:27alors je pense
39:29qu'il mentionne plutôt
39:30les attaques
39:31dont je pouvais faire l'objet
39:32et pas ma relation
39:34au président de la république
39:35moi je pense que la loyauté
39:36c'est quelque chose
39:37d'important en politique
39:38ça ne m'a jamais empêché
39:39de dire ce que je pensais
39:41au président de la république
39:41et vous voyez
39:42vous avez évoqué le fait
39:44que j'ai eu une vie
39:45avant de m'engager
39:45en politique
39:46donc moi je me suis engagé
39:47pour des convictions
39:48et je défends mes convictions
39:49et je les ai toujours défendues
39:50face au président de la république
39:52moi je ne suis pas là
39:53pour exécuter
39:54ce qu'on pourrait me demander
39:55je suis là pour porter
39:56des convictions
39:57En 2019
39:59vous avez été
40:00donc ministre
40:00de la transition écologique
40:01et vous acceptez
40:03de défendre
40:03un amendement favorable
40:04à l'huile de palme
40:05parce que le premier ministre
40:07de l'époque
40:07Edouard Philippe
40:08vous le demande
40:09pas du tout
40:09non non pas du tout
40:10l'amendement a été adopté
40:12et je me suis battu
40:13pour qu'on ait
40:13une deuxième délibération
40:15oui mais enfin
40:16non non
40:16il se trouve que je n'étais pas
40:18au banc
40:18au moment où cet amendement
40:19est passé
40:19et moi j'ai demandé
40:21qu'on ait une deuxième délibération
40:22donc vous avez une deuxième délibération
40:23quatre ans plus tard
40:25vous la femme de gauche
40:27vous êtes passée
40:28par les cabinets
40:29de Lionel et Jospin
40:30de Ségolène Royal
40:31de Bertrand Delanoë
40:33vous acceptez
40:34de mettre votre nom
40:35sur la réforme des retraites
40:36d'Emmanuel Macron
40:37donc il porte à 64 ans
40:38l'âge de départ
40:39à la retraite
40:40est-ce que là
40:40vous ne vous êtes pas dit
40:41je relis quand même
40:42un peu mes principes
40:43un peu mes valeurs
40:44celle de femme de gauche
40:47engagée à gauche
40:48non non mais d'abord
40:48je ne suis plus une femme de gauche
40:49et je pense que
40:50si vous demandez à la gauche
40:51si je fais partie de la gauche
40:52ils vous diront que non
40:53vous ne vous sentez plus
40:54jamais de gauche ?
40:55non moi je me sens au centre
40:56je me sens au centre
40:57et je vous ai dit
40:58je crois à un certain nombre
40:59de choses
41:00je crois à l'Europe
41:02je crois à la liberté
41:05d'entreprendre
41:06je crois aussi
41:07à la nécessité de lutter
41:08contre les déterminismes
41:09contre gauche et d'encore
41:10là vous êtes en train
41:12au centre
41:12excusez-moi
41:13mais je vous écoute
41:13vous êtes en train
41:14de présenter
41:15une éventuelle
41:16je ne sais pas
41:16la présidentielle
41:18c'est quelque chose
41:19qui vous parle
41:21parce que
41:21c'est comme si
41:23vous vouliez rassembler
41:23je vous fais part
41:24de mes convictions
41:25et je pense que
41:26s'il n'y en a pas
41:27de convictions
41:27il peut y avoir
41:28d'autres motivations
41:29pour faire de la politique
41:30il se trouve que
41:31moi j'ai eu une vie
41:32je vous dis avant
41:33et que si je m'engage
41:34en politique
41:34c'est parce que
41:35j'ai des convictions
41:36donc je vous fais part
41:37de mes convictions
41:37mais ça veut dire
41:38que là
41:39parlons à venir
41:40vous vous projetez comment
41:42plutôt
41:43de manière très concrète
41:44encore en politique
41:45et pourquoi pas
41:46participer à une primaire
41:47dans le cadre de 2027
41:48ou
41:49c'est la petite musique
41:50qu'on entend
41:51ces derniers temps
41:52prendre la présidence
41:53de la cour des comptes
41:54puisque le poste
41:55va bientôt se libérer
41:56non ça ne m'intéresse pas
41:57du tout
41:58vous l'avez dit
41:59moi vous savez
42:00j'ai été préfète de région
42:02j'ai été patronne
42:03d'une entreprise
42:04formidable
42:05qui est la RATP
42:06et il se trouve
42:08que ce qui m'intéresse
42:09aujourd'hui
42:10c'est de pouvoir
42:12contribuer
42:13à construire
42:14une offre politique
42:16dont je pense
42:17qu'elle est la bonne
42:18pour notre pays
42:18et d'éviter
42:19ce scénario
42:21dont je refuse
42:23de dire
42:23de penser qu'il est
42:24inéluctable
42:25d'un affrontement
42:26entre les extrêmes
42:27qui serait délétère
42:29pour notre pays
42:29donc les deux pieds
42:30en politique
42:31jusqu'en 2027
42:33absolument
42:33Elisabeth Borne
42:35à la mi-octobre
42:36vous avez dit
42:37vous parliez de Cap
42:38à la mi-octobre
42:39vous aviez dit
42:39de Sébastien Lecornu
42:40que vous ne voyez pas
42:41très bien
42:41ce qu'il voulait
42:43ou pouvait porter
42:43est-ce que vous y voyez
42:44plus clair aujourd'hui ?
42:46ça vous fait rire
42:47j'ai pas eu l'occasion
42:48d'en rediscuter
42:49avec lui
42:50je crois pas
42:51qu'on soit tous
42:52très éclairés
42:53sur le point d'arrivée
42:55dans les débats budgétaires
42:56voilà
42:57et moi je me sens
42:58plutôt plus à l'aise
42:58vous voyez
42:59à l'extérieur
42:59du gouvernement
43:00ça me permet
43:01de dire ce que je pense
43:02donc voilà
43:03je suis très à l'aise
43:04dans cette position
43:05donc vous ne voyez pas
43:06bien le cap actuel
43:08non mais je pense
43:08que la situation politique
43:10à l'Assemblée nationale
43:11est évidemment
43:12extrêmement compliquée
43:14et il faut composer avec
43:15comme tous les invités
43:17de questions politiques
43:17nous vous avons demandé
43:18de venir ce dimanche
43:19avec une carte blanche
43:20et vous avez choisi
43:21de faire un gros plan
43:23sur l'égalité des chances
43:24qu'est-ce qui vous paraît
43:26important de dire
43:27sur l'égalité des chances
43:28c'est l'ascenseur social
43:30qui est en panne ?
43:32oui mais alors
43:32vous voyez
43:33c'est au cœur
43:35de mon engagement politique
43:36l'égalité des chances
43:37vous l'avez mentionné
43:38ça a un lien
43:39avec mon histoire personnelle
43:40donc vous l'avez dit
43:41moi je suis
43:42la fille
43:43d'un apatrite
43:45d'origine russe
43:46déportée
43:47parce que juif
43:48est résistant
43:48qui s'est suicidé
43:49quand j'avais 11 ans
43:51ma mère s'est retrouvée
43:52sans ressources
43:53heureusement
43:53j'ai été pupille de la nation
43:55j'ai eu une bourse
43:56et j'ai pu poursuivre
43:58mes études
43:58et j'ai été encouragée
43:59par mes professeurs
44:00c'est comme ça
44:01que je suis rentrée
44:01à Polytechnique
44:02et que j'ai eu la suite
44:03de mon parcours
44:04mais malheureusement
44:05ce type de parcours
44:06aujourd'hui
44:07c'est une exception
44:08et moi je pense
44:09qu'il est absolument
44:10et par ailleurs
44:11on sait qu'on est
44:12dans un des pays
44:13qui est le plus marqué
44:14par le déterminisme social
44:16donc selon vos origines
44:17selon l'endroit
44:18où vous habitez
44:19selon votre milieu social
44:21selon que vous soyez
44:22une fille
44:22ou un garçon
44:23vous n'avez pas
44:24les mêmes chances
44:25mais qu'est-ce qu'on a raté
44:25puisqu'on est aussi
44:26ce pays
44:27qui redistribue énormément
44:28donc qu'est-ce qu'on rate
44:29pour l'égalité des chances
44:29ah mais il ne s'agit pas
44:30de redistribuer
44:31vous savez
44:31c'est pour ça
44:32que moi je crois beaucoup
44:33à l'idée
44:34de s'attaquer
44:35aux inégalités
44:36à la racine
44:37et de permettre
44:38à chacun
44:39de construire
44:41sa vie
44:41de construire
44:42son propre parcours
44:43de réussite
44:44et ça veut dire
44:45mais ça passe par quoi
44:46très concrètement
44:46ça passe très concrètement
44:48d'abord par le fait
44:49d'aider chaque jeune
44:52à découvrir
44:53les talents
44:54qu'il a en lui
44:55par le fait
44:57de prendre confiance
44:58en lui
44:58par lui donner
44:59le goût
44:59du travail
45:00de l'effort
45:01de lui permettre
45:03aussi
45:04quand il fait
45:04des choix d'orientation
45:05d'avoir de l'ambition
45:07et ensuite
45:08de le soutenir
45:08et c'est pour ça
45:09que dans ce que j'ai pu faire
45:11en tant que ministre
45:12et première ministre
45:13vous voyez
45:13moi j'ai soutenu
45:14par exemple
45:15le développement
45:16de l'apprentissage
45:17dont je pense que
45:18ça mérite de le dire
45:19on parle pas beaucoup
45:19des succès
45:20mais qui est un formidable
45:21alors ça coûte très très cher
45:22mais c'est un succès
45:23oui c'est un succès
45:24c'est une des raisons
45:24du dérapage
45:25mais un succès
45:26j'ai porté le plan
45:28d'avoir un taux d'emploi
45:29des jeunes
45:30plus bas que partout
45:31en Europe
45:31je peux vous dire
45:32on fait pas des économies
45:33j'ai porté le plan
45:35un jeune
45:35une solution
45:36au sortir de la crise
45:37Covid
45:37qui a permis
45:38à des millions
45:38de jeunes
45:39de rebondir
45:40je me suis battu
45:41pour qu'on ait
45:42une véritable politique
45:43d'orientation
45:44c'est le plan avenir
45:46que j'avais présenté
45:47comme ministre
45:48de l'éducation nationale
45:50et puis je pense
45:50que c'est aussi important
45:52qu'il y ait des nouvelles chances
45:53tout au long de la vie
45:54c'est pour ça
45:54que je me suis battu
45:55pour qu'on modernise
45:56le dispositif
45:57de validation
45:58des acquis
45:58de l'expérience
45:59et que
46:00dans la suite
46:02de Muriel Pénicaud
46:03j'ai porté
46:04le compte personnel
46:04de formation
46:05pour se former
46:06tout au long de la vie
46:06donc je pense
46:07que c'est essentiel
46:08parce que vous voyez
46:09ce constat
46:12qu'on peut faire
46:13qu'on n'a pas
46:13les mêmes chances
46:14ça nourrit
46:15beaucoup de rancœurs
46:15ça nourrit
46:16un sentiment
46:16d'injustice
46:17ça heurte
46:20notre cohésion nationale
46:21et puis par ailleurs
46:22notre pays
46:23se prive
46:24d'une partie
46:25de ses talents
46:25et donc du coup
46:26il s'affaiblit
46:27donc moi je pense
46:28que c'est fondamental
46:29et que peut faire l'école
46:30est-ce qu'elle est encore
46:31le creuset fertile
46:33pour les enfants
46:34de la république
46:35qu'elle a été
46:35c'est justement
46:36le débat de 2027
46:38qu'Abelmestre
46:38souhaite aborder avec vous
46:40oui l'école
46:40qui a un sujet
46:41au cœur
46:42de toutes les politiques
46:43mais qui est rarement abordée
46:44lors des élections présidentielles
46:45il y a une semaine
46:47la convention citoyenne
46:48sur les temps de l'enfant
46:49rendait ses conclusions
46:50notamment sur la semaine
46:51de 5 jours
46:52des cours
46:53qui commencent plus tard
46:53pour le collège
46:54une nouvelle organisation
46:55des journées
46:56etc
46:56mais elles ont été accueillies
46:58dans une indifférence politique
46:59assez frappante
47:01les participants
47:02à la convention
47:02d'ailleurs
47:02ne sont pas écoutés
47:03qu'est-ce qu'il faut retenir
47:05de ces travaux
47:06est-ce qu'il faut revenir
47:07sur le rythme scolaire
47:08envisager un grand
47:08bing bang
47:09de l'école
47:11alors d'abord
47:12je pense que c'est important
47:13qu'on rende hommage
47:14au travail
47:15qui a pu être mené
47:16par les citoyens
47:17qui ont mis l'accent
47:18sur un point important
47:20la nécessité
47:21de prendre en compte
47:23les rythmes
47:23de l'enfant
47:24et pas simplement
47:26d'imposer aux enfants
47:27les rythmes
47:28qui sont finalement
47:30les plus commodes
47:30pour tous les autres
47:31après moi je ne vous cache pas
47:33que j'ai des interrogations
47:34sur le fait que
47:35je pense qu'il faut
47:37que les rythmes
47:38des enfants
47:39soient aussi compatibles
47:40avec le niveau
47:42qu'on attend
47:42de la part des enfants
47:44qu'on puisse faire
47:44le programme
47:45alors ça peut paraître
47:46assez basique
47:47mais je pense que
47:48c'est important
47:49et puis naturellement
47:50les propositions
47:51elles ont un impact
47:52très important
47:53sur tous les acteurs
47:54de l'école
47:55sur les collectivités
47:56et donc elles mériteront
47:57d'être concertées
47:58mais en tout cas
47:58moi je partage
47:59tout à fait le fait
48:00que cette question
48:02de la façon
48:02dont on forme
48:04nos jeunes
48:05et donc toutes les questions
48:07qui relèvent
48:08de l'éducation nationale
48:10de l'enseignement supérieur
48:12et de la recherche
48:12pour moi
48:12elles sont fondamentales
48:13c'est préparer l'avenir
48:14de notre pays
48:15je crois
48:16un grand ministère
48:17comme celui
48:18que j'ai eu l'honneur
48:19de diriger
48:19donc qui regroupe
48:21éducation nationale
48:22enseignement supérieur
48:23et recherche
48:23qui a pour vocation
48:25de d'abord
48:26former des citoyens
48:27éclairés
48:28capables de discernement
48:29et c'est pas rien
48:30dans le monde
48:30dans lequel on est
48:31mais qui a aussi
48:32pour vocation
48:32de préparer
48:34les compétences
48:34dont notre pays
48:35a besoin
48:36et qui permettent
48:36à chaque jeune
48:37de réussir
48:37et j'ai évoqué
48:39quand on a parlé
48:40d'égalité des chances
48:41ce que ça suppose
48:42qu'on puisse faire
48:43pour permettre
48:43à chacun
48:44de trouver sa voie
48:45de réussite
48:45pourtant vous parlez
48:46de former des citoyens
48:48la mission
48:49d'éclairer
48:50les jeunes
48:51à leur future
48:52mission de citoyen
48:53mais en avril
48:53vous disiez
48:54qu'il fallait se préparer
48:54aussi
48:55depuis la maternelle
48:56à réfléchir
48:57de comment se projeter
48:58dans une formation
48:58et un métier
48:59est-ce qu'il n'y a pas
48:59une contradiction
48:59dans vos propos
49:00est-ce qu'on peut former
49:02à la fois
49:03est-ce qu'on forme
49:03des travailleurs
49:03ou des citoyens
49:04du coup il faut former
49:05nos jeunes
49:06pour qu'ils ne tombent
49:07pas dans les fake news
49:08j'ai jamais dit
49:09évidemment qu'il fallait
49:09choisir un métier
49:10en maternelle
49:11j'ai dit
49:12vous savez
49:13qu'il faut faire
49:14très attention
49:15chez les jeunes
49:17enfants aussi
49:18au fait que
49:19quelques paroles
49:20peuvent casser
49:21votre confiance
49:22peuvent casser
49:23votre ambition
49:24et donc
49:24c'était plutôt
49:25dans le sens
49:25de la méritocratie
49:26républicaine
49:26en tout cas
49:28vous voyez
49:28je pense que
49:29évidemment
49:29il faut
49:31en premier lieu
49:34et peut-être
49:35moi je voudrais
49:35insister sur ce point
49:36parce que
49:37quand on parle
49:37d'école
49:37je trouve qu'on
49:38n'en parle pas assez
49:39le premier point
49:41c'est d'être
49:42de pouvoir
49:43restaurer
49:43un climat
49:45au sein
49:45de nos écoles
49:46de nos établissements
49:47qui soit propice
49:49aux apprentissages
49:50et ce qui m'a frappé
49:52au cours de ces 10 mois
49:53c'est à dire
49:54c'est d'avoir plus de respect
49:55pour les enseignants
49:56absolument
49:56mais vous voyez
49:57c'est que l'école
49:58elle prend
49:59en pleine face
50:00tous les maux
50:01de notre société
50:01les problèmes
50:02de santé mentale
50:03moi je me suis déplacée
50:05à Nantes
50:06parce qu'un jeune
50:07avait poignardé
50:08de 57 coups de couteau
50:10une de ses camarades
50:11l'école
50:13elle prend aussi
50:14de plein fouet
50:15la banalisation
50:16de la violence
50:17la circulation
50:17des armes blanches
50:18et là encore
50:20j'ai dû me déplacer
50:21à Nogent
50:22parce qu'un jeune
50:22devant 5 gendarmes
50:24avait tué
50:25une surveillante
50:26l'école
50:26elle prend de plein fouet
50:28les failles
50:29de notre aide sociale
50:30à l'enfance
50:30c'est le jeune
50:32qui a agressé
50:33une professeure
50:34et qui s'est ensuite
50:35suicidé
50:36dans le haut
50:37on demande beaucoup
50:37à l'éducation
50:37mais justement
50:38il manque de moyens
50:39parce que c'est peut-être
50:40encore le projet
50:41ce que disent les professeurs
50:42oui mais vous voyez
50:43je pense que c'est important
50:44qu'on se dise
50:45que l'école
50:47elle ne peut pas régler
50:48tous les problèmes
50:48toute seule
50:49elle a besoin
50:50qu'on fasse PAC
50:51autour de l'école
50:52on a besoin des parents
50:53parce qu'on peut expliquer
50:54qu'on fait la pause numérique
50:56portable en pause
50:57à l'école
50:57si le jeune
50:58quand il rentre chez lui
50:59il est 5h sur un écran
51:01on n'a rien gagné
51:02on a besoin
51:03des collectivités
51:04notamment de travailler
51:05avec les départements
51:06qui sont en charge
51:07de la protection de l'enfance
51:09on a besoin
51:09des préfets
51:10des forces de l'ordre
51:10pour assurer la sécurité
51:12il faut réunir
51:12tous ces acteurs
51:13autour d'une table
51:13il faut absolument
51:14qu'on se mobilise tous
51:16parce que vous savez
51:17parfois j'entends dire
51:18il n'y a pas d'autorité
51:20à l'école
51:20que font les professeurs
51:21les professeurs
51:22je peux vous assurer
51:23qu'ils font le maximum
51:24pour essayer d'avoir
51:25de la discipline
51:26pour avoir un climat calme
51:28on ne peut pas leur demander
51:28et vous voyez
51:29il faut que les parents
51:31qui sont les premiers éducateurs
51:32comment on fait pour convaincre les parents
51:33de s'investir plus
51:34près de leurs enfants ?
51:36alors moi je pense
51:37que les parents
51:38d'abord
51:38il peut y avoir des parents
51:40qui ne savent pas
51:41apprendre les règles
51:42de la vie en société
51:43à leurs enfants
51:44et dans ce cas là
51:45ça pose la question
51:46de tous les dispositifs
51:47de soutien à la parentalité
51:48puis il y a des parents
51:49qui au lieu
51:50de venir en appui
51:52du professeur
51:53contestent ses décisions
51:54ben là je pense
51:55qu'il faut des sanctions
51:56donc je pense que vraiment
51:58le premier sujet
51:59c'est d'embarquer les parents
52:00dans l'éducation des enfants
52:02et puis je vous le dis
52:03et puis on a aussi
52:04des jeunes
52:05qui peuvent être
52:05très perturbateurs
52:07dans les écoles
52:08ensuite on peut les
52:09prononcer des exclusions
52:11temporaires
52:12ou définitives
52:13mais s'il n'y a pas
52:14une structure
52:14avec le ministère de la justice
52:16la protection
52:17judiciaire de la jeunesse
52:17que vous aviez proposé
52:18avec Eric Dupond-Moretti
52:19à l'époque
52:19juste après les émeutes
52:20de 2023
52:21oui puis on a lancé
52:22avec Gérald Darmanin
52:23une inspection
52:24de nos deux ministres
52:26conjointes
52:27pour recenser
52:28les structures
52:28qui peuvent accueillir
52:29les jeunes
52:29mais vous voyez
52:30je pense que c'est fondamental
52:31en premier lieu
52:32il faut créer
52:34un climat
52:34qui permet
52:35les apprentissages
52:36à l'école
52:37et puis naturellement
52:38il faut élever
52:38le niveau de nos élèves
52:39mais ça ça renvoie
52:40à d'autres mesures
52:41une question d'actualité
52:43sur l'école
52:44interdire le portable
52:46au lycée
52:46c'est ce que souhaite
52:47faire Emmanuel Macron
52:48est-ce que vous pensez
52:49que c'est utile
52:50et surtout réaliste
52:51comment on fait ?
52:53alors moi j'ai demandé
52:54la généralisation
52:55de l'interdiction
52:57du portable
52:57effective
52:58au collège
52:59on peut avoir
53:00l'ambition
53:00de continuer au lycée
53:01je pense qu'au lycée
53:03on a des jeunes
53:03plus âgés
53:04par définition
53:05et que
53:06ces mesures
53:07qui se mettent en oeuvre
53:09dans un certain nombre
53:09de lycées
53:10notamment
53:10la présidente de région
53:12Valérie Pécresse
53:13est très engagée
53:13et propose
53:14notamment des casiers
53:15des pochettes
53:16les professeurs disent
53:17que c'est très compliqué
53:17tout ça
53:18c'est réaliste ou pas ?
53:20en tout cas
53:20je pense que ça mérite
53:21d'être discuté
53:22vous voyez
53:22quand on a des jeunes
53:23qui sont au lycée
53:24ils ont plus de maturité
53:26que ceux qui sont au collège
53:27par définition
53:27et que c'est aussi important
53:29d'associer
53:30les représentants
53:32de la vie lycéenne
53:32pour discuter
53:33de la bonne façon de faire
53:34Elisabeth Borne
53:35plus que quelques minutes
53:36avant la fin de cette émission
53:37si vous voulez bien
53:38on bascule sur le vrai ou faux
53:39ça va vite
53:41vous me répondez par vrai ou faux
53:42depuis septembre
53:43certains avantages à vie
53:44des anciens premiers ministres
53:46ont été supprimés
53:46on peut encore aller plus loin
53:48vrai ou faux ?
53:50vrai ou faux ?
53:51écoutez
53:52on peut tout supprimer
53:53allons-y
53:54l'ancienne premier ministre
53:55qui le dit
53:56vous parlez tous les jours
53:57à une intelligence artificielle
53:58vrai ou faux ?
53:59faux
54:00vous auriez aimé
54:01être ministre de la défense
54:02vrai ou faux ?
54:03faux
54:03le journal d'un prisonnier
54:05c'est le livre de Nicolas Sarkozy
54:06qui sort le 10 décembre
54:07sur son incarcération
54:09vous l'achèterez
54:10vrai ou faux ?
54:11non pas sûr
54:11vous avez horreur du 49-3
54:13vrai ou faux ?
54:15on a un certain sens
54:16oui bien sûr
54:17Gabriel Attal serait un bon candidat
54:19pour le bloc central
54:19en 2027
54:20vrai ou faux ?
54:21vous avez vu que le sujet
54:22est compliqué
54:23il fait partie
54:24de ses potentiels
54:25bons candidats
54:26Sébastien Lecornu
54:27fait partie des potentiels
54:28bons candidats
54:29vrai ou faux ?
54:31pourquoi pas
54:31vous voyez là
54:32on en a déjà une longue liste
54:33donc allons-y
54:34Elisabeth Borne
54:35fait partie des potentiels
54:36bons candidats
54:36vrai ou faux ?
54:37vous vous préparez
54:38écoutez
54:39vous voyez
54:39je crois que ce débat
54:40il est un peu ridicule
54:41déjà
54:42demandons-nous
54:43comment on résiste
54:44à la montée des extrêmes
54:45et rassemblons-nous
54:47pour avoir une chance
54:48de l'emporter
54:48Elisabeth Borne
54:50ancienne première ministre
54:51merci d'avoir participé
54:52à questions politiques
54:53à toutes et à tous
54:54un excellent dimanche
54:55rendez-vous la semaine prochaine

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