L'agence de Biomédecine reconnaît des chiffres encourageants concernant les dons de gamètes. Cette année, 1.000 candidats et candidates ont fait des dons. C'est deux fois plus qu'en 2024.
00:00Oui tout à fait, cette campagne a porté ses fruits, fête des parents, le nom de cette campagne.
00:05Mais à la veille de la révision des lois biotiques, la question se pose maintenant de la rémunération éventuellement des donneurs de spermatozoïdes et d'ovocytes.
00:15Parce que là on voit les chiffres, c'est incroyable, plus de 10 600 femmes qui patientent en moyenne 17 mois, c'est énorme.
00:20Tout à fait, on a ouvert à l'ensemble des femmes, des femmes seules qui souhaitent procréer, des femmes qui sont en couple avec un homme ou avec une femme.
00:27Et donc on a eu un afflux important de demandes, ce qui explique...
00:32Voilà, cet engouement, sauf que pour le moment, on le voit, c'est gratuit, volontaire et anonyme.
00:38Est-ce qu'on pourrait en France imaginer cette rémunération qui existe dans d'autres pays ?
00:42Qui existe effectivement en Espagne. On doit distinguer, je pense, la gratuité.
00:47Aujourd'hui les textes nous parlent, et souvent on parle de gratuité du don, de manière générale, pas que pour les gamètes.
00:52Et moi je voudrais distinguer ce matin avec la vénalité, c'est-à-dire s'enrichir, vraiment en faire une activité professionnelle, gagner sa vie grâce au don.
01:01On n'est pas sur ce point-là aujourd'hui.
01:02Non, c'est plutôt sur une compensation d'ailleurs.
01:04Tout à fait.
01:04Pour les femmes, pour qui c'est quand même un peu prenant d'aller donner des gamètes ?
01:09C'est une contrainte, et physiquement pour les femmes, il y a un enjeu de stimulation ovarienne, de ponction ovarienne, donc c'est assez douloureux.
01:17Les femmes qui le font, c'est d'une grande générosité corporelle, mais c'est aussi un coût économique pour les donneurs et les donneuses aujourd'hui,
01:24puisqu'il n'y a pas d'indemnisation qui vient reconnaître leur effort et leur générosité.
01:28Donc c'est cette question qui se pose, avec toujours les grands principes qui se maintiennent, celui du consentement bien sûr.
01:33Et puis l'anonymat, vous ne pouvez pas choisir en France votre donneur ou votre donneuse de gamètes,
01:39mais on doit rappeler que depuis 2021, en revanche, les enfants vont progressivement avoir accès,
01:45et c'est le cas pleinement cette année, à l'identité de la personne qui a permis leur naissance, leur conception.
01:51Alors est-ce qu'on peut rappeler, Alicia, les conditions pour donner ces gamètes en France aujourd'hui ?
01:57Rappelons-les effectivement, parce que c'est important que les personnes qui souhaitent donner leurs gamètes connaissent les conditions,
02:03l'âge tout d'abord, 18 ans, à partir de votre majorité, vous pouvez être donneur et donneuse,
02:08même si vous n'avez pas vous-même conçu un enfant.
02:11Donc ça, ça ouvre quand même le champ.
02:14En revanche, pour les femmes, vous ne pourrez donner vos gamètes que jusqu'à 37 ans,
02:17et pour les hommes, jusqu'à 44 ans.
02:19Il y a aussi des conditions qui sont liées à votre santé, donc il y aura un examen sur ce point.
02:24Et puis vous ne pouvez pas permettre de contribuer à plus de 10 projets parentaux,
02:28donc pas plus de 10 enfants qui peuvent naître suite à vos dons de gamètes.
02:31Donc on oublie le film Starbuck, dont je vous recommande évidemment le visionnage ce week-end
02:36pour rester dans cette thématique, en version québécoise.
02:40Et vous ne pourrez donc pas repeupler la planète,
02:43mais vous pourrez sans doute contribuer à un projet parental, et c'est très important.
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