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00:00On passe à notre invité culture ce soir et c'est une voix évidemment que vous connaissez très bien, les spectateurs de France 24,
00:08mais c'est en tant qu'écrivain qu'il nous rejoint. Philomé Robert signe son deuxième roman, mais son troisième livre,
00:13qui mêle grande histoire et récit intime, Port-au-Prince, Cotonou, un écho sans retour chez Carib Edition, je le montre ici,
00:20qui suit le parcours de deux Haïtiens plutôt âgés, partis du Bénin dans les années 60, appelés à servir les jeunes Etats africains.
00:27Un texte qui interroge les liens profonds entre Haïti et le continent africain, entre mémoire, diaspora et utopie en exil.
00:35Philomé Robert, c'est nous qui sommes chez toi, donc bienvenue chez toi, dans le journal de l'Afrique, ça nous fait plaisir toujours de te recevoir.
00:43Bonsoir chère Fatima Tha, merci beaucoup.
00:45Ça me fait plaisir. Alors avant de parler du livre, j'aimerais interroger d'abord ton rapport à l'Afrique,
00:51en tant qu'écrivain, haïtien, journaliste sur une chaîne internationale, quel est ton rapport à l'Afrique ?
00:58C'est un rapport complexe, un rapport pluriel, un rapport singulier, mais un beau rapport, un rapport charnel.
01:05J'ai découvert le continent il y a dix ans maintenant, par le Sénégal, un pays que tu connais bien.
01:12Et depuis, ça n'a pas arrêté parce que je n'ai pas cessé de me balader un peu partout en allant à la rencontre de ceux et celles qui nous ressemblent finalement
01:24et avec qui on peut faire communauté parfois, même si les différences sont énormes.
01:29Mais à chaque fois, je découvre, quel que soit le pays, que ce soit en Afrique de l'Ouest, en Afrique centrale, en Afrique de l'Est, en Afrique australe,
01:36je découvre un endroit qui me charme énormément et qui m'inspire aussi.
01:42Voilà pourquoi ça m'a permis de sortir ce deuxième roman, après vagabondage éphémère, où il était déjà question d'Afrique.
01:50Et cette expression que Haïti est la fille aînée de l'Afrique, finalement, est-ce que c'est quelque chose qui est réel,
01:56qu'on ressent en tant qu'Haïtien quand on arrive en Afrique ?
01:58On va laisser ça aux romanciers et aux poètes.
02:01Bon d'accord, ok.
02:02C'est une blague.
02:02Mais effectivement, Haïti est la fille aînée de l'Afrique.
02:05L'histoire le rappelle sans arrêt.
02:08On a un patrimoine commun.
02:10Moi, j'ai souvenir de quelques sons que j'ai pu entendre à Conakry il y a quelques années.
02:16C'était exactement la même sonorité que moi j'entendais en Haïti quand j'étais plus jeune.
02:21Ça n'a pas énormément évolué.
02:22Ce n'est pas pour rien non plus qu'on parle des Haïtiens comme étant des nègres et des négresses de Guinée.
02:27Donc il y a ce patrimoine-là.
02:28Forcément, quand on est en Afrique, on se sent chez soi.
02:31D'accord.
02:31Alors, parlons du livre à présent.
02:34Ce roman ravive la mémoire des Haïtiens venus participer à la construction des jeunes États indépendants africains.
02:40Pourquoi ce pan de l'histoire reste si peu connu ?
02:43Je ne sais pas.
02:44En tous les cas, j'ai voulu, moi, aller dans le sillage de témoignages que j'ai pu entendre directement de la part de compatriotes qui vivent en France et qui ont vécu cette aventure.
02:54D'ailleurs, le livre, je le dédie à deux personnalités de la communauté haïtienne qui sont parties aux Haïrs dans les années 60, comme on disait à l'époque, pour travailler en tant qu'ATG.
03:07Et le docteur Daniel Talleyrand et le docteur Fritz-Pierre.
03:11Le docteur Daniel Talleyrand a été doyen de la faculté de médecine de Lubumbashi.
03:15Le docteur Pierre a été un grand professionnel en tant que vétérinaire.
03:18Et puis, il y a tous ces professionnels qui étaient médecins, donc, qui étaient ingénieurs agronomes, qui étaient cadres administratifs et qui ont formé, effectivement, ces premières générations post-indépendantes.
03:31Aujourd'hui encore, j'ai des amis qui me disent qu'ils ont eu, dans leur jeunesse, à Brazzaville ou à Kinshasa, des professeurs haïtiens.
03:39J'ai rencontré Mohamed Bougarsar, il n'y a pas longtemps, au Bénin, il y a quelques jours, au Salon du Livre, qui m'a raconté que l'un des plus grands présentateurs de télévision au Sénégal était haïtien.
03:50Et donc, l'ancienne présidente de la Cour constitutionnelle du Bénin, Madame Mouassou, était haïtienne.
03:56Aujourd'hui encore, il y a quelques petites diasporas haïtiennes un peu partout, en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Sénégal.
04:01Bref, c'est une histoire qui se sait, mais qui n'a pas beaucoup été racontée.
04:06Voilà pourquoi j'ai décidé de le faire sur le prisme du roman.
04:09Alors, le prisme du roman, c'est un couple vieillissant.
04:12Léon, c'est Nortiliac, c'est Titi.
04:16Contrairement à son âge, elle est d'un certain âge, d'ailleurs, contrairement à ce nom.
04:19C'est au cœur du roman, ce couple vieillissant qui incarne à la fois l'élan de départ et l'enracinement africain.
04:26Est-ce une trajectoire, donc on a expliqué que, sans en vouloir en faire un roman historique,
04:31vous avez voulu quand même faire une synthèse de trajectoires réelles.
04:36Au fond, qu'est-ce que vous avez voulu dire aussi avec ce roman ?
04:39C'est une petite fresque déjà, parce que l'histoire démarre à la fin de la première occupation américaine d'Haïti.
04:44Vous savez que les États-Unis d'Amérique du Nord ont occupé Haïti entre 1915 et 1934.
04:50Et Léon, c'est Nortiliac, se rencontrent à la fin de la première occupation américaine.
04:54Ils sont adolescents, ils se rencontrent à la faveur de quelques festivités patriotiques.
04:59Dans un lieu qui n'existait pas.
05:01Exactement.
05:02Et à partir de là, ils sont guidés par un personnage très fantase,
05:06qui se révélera finalement dans toute sa splendeur, le fameux Michelet d'Antor.
05:12Et puis après, il a fallu qu'ils fassent des études.
05:15Il a fallu, après qu'ils partent, ils partent sur Duvalier.
05:19François, ils partent d'abord par le Zahir.
05:23Et puis après, l'aventure continue pour beaucoup d'entre eux.
05:26Il y a une quantité d'autres personnages.
05:28Ce que j'ai voulu raconter, c'est mettre cette histoire au bout du jour finalement.
05:32Pour que les jeunes Africains en fassent connaissance.
05:35Pour que les jeunes Haïtiens fassent connaissance.
05:37Pour aussi rappeler que finalement, aujourd'hui, Haïti a un énorme besoin de ressources humaines.
05:41Et que par un retour de l'histoire, allez, rêvons un peu, le roman est fait pour ça.
05:45Les Africains pourraient aller là.
05:46Peut-être que, éventuellement, par la suite, pourquoi pas, un peu renvoyer l'ascenseur.
05:51Ah ben, je trouve ça formidable.
05:52Peut-être qu'on va vous entendre pour conclure.
05:54Parce que je trouve que vous avez une langue assez magnifique.
05:57Je le dis d'autant plus facilement qu'il travaille chez nous.
05:59Il est très énervant.
06:00Grand journaliste et très grand écrivain.
06:02Peut-être quelques mots du texte.
06:04On va se quitter avec ça.
06:05Peut-être l'insipide du livre, rapidement.
06:07Et c'était donc ça, l'Afrique.
06:11Un souffle, une baffe magistrale, la baffe.
06:14Quelque chose de profondément organique.
06:16Mais passé le saisissement, on en redemande.
06:20Commence alors une équipée mémorable.
06:22L'un de ces sauts vertigineux dont on se relève transformés à vie.
06:27À vie.
06:27Merci beaucoup, Philomé Robert.
06:29C'est la fin de ce journal.
06:30Merci à tous ceux qui nous ont suivis partout dans le monde.
06:32De Port-au-Prince, à Cotonou, en passant par Paris, Dakar.
06:36Et j'en passe, et j'en passe, c'est des meilleurs.
06:38Merci.
06:39Restez avec nous, car l'actualité continue sur France 24.
06:41Et Philomé, vous le retrouvez tous les week-ends sur France 24, le matin.
06:44À 6h.
06:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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