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  • 14 hours ago

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00:00Coup de projecteur aujourd'hui sur ces tycoons de la tech qui financent des start-up avec un objectif, entre autres, modifié génétiquement les embryons humains entre promesses médicales et dérives eugénistes.
00:13Une nouvelle frontière s'ouvre, celle où l'argent et l'algorithme décident de l'ADN de nos enfants.
00:19Dans Tech24, on va faire la lumière sur cette question pour tenter de reprendre, si on le peut encore, notre vie en vain.
00:24Bonjour Guillaume Gralet, merci d'être là.
00:26Bonjour Damien.
00:27La course au bébé sur mesure, c'est ainsi que vous baptisez cette chronique. Cette course a commencé. Ce projet a vu le jour dans la Silicon Valley.
00:34Il vous impressionne et il vous inquiète à la fois. J'ai envie de dire qu'il nous impressionne et il nous inquiète à la fois. Je m'inclus avec vous.
00:39Oui exactement, tout le monde est concerné parce que c'est à la fois fascinant, ça peut avoir certaines bonnes raisons, des raisons thérapeutiques,
00:44mais peut-être qu'on touche peut-être un peu trop vite et c'est ça un peu l'objet de la chronique. Il faut en parler, il faut que l'on soit tous autour de la table pour décider de quoi va être le futur.
00:54Effectivement, c'est une start-up américaine qui s'appelle Préventive qui veut modifier des embryons humains, vous savez grâce à CRISPR, ce sont les ciseaux moléculaires,
01:02pour empêcher la transmission de maladies génétiques graves en présentant cela comme une nouvelle forme de médecine préventive.
01:08Alors la société, elle est financée par plusieurs figures de la tech, on en voit certaines à l'écran, notamment Olivier Mullerin, c'est un ingénieur australien et le mari de Sam Altman.
01:16Sam Altman lui-même, le co-créateur d'Open Air et la maison mère de Tchad GPT, mais aussi d'autres personnalités comme Brian Armstrong qui dirige une entreprise de crypto Coinbase.
01:26La société, elle a été co-fondée par Lucas Harrington, vous savez que c'est le collaborateur de Jennifer Doudna qui a eu le prix Nobel,
01:33le co-réceptionnaire de prix Nobel pour avoir inventé les fameux ciseaux moléculaires CRISPR.
01:37Et l'idée, effectivement, c'est de corriger l'ADN dès le stade de l'embryon avant l'implantation pour éviter des pathologies lourdes chez l'enfant à naître.
01:45Le problème, en tout cas ce qui pose beaucoup de questions, c'est que ces modifications seraient aussi transmissibles aux générations suivantes.
01:51Ça change complètement d'échelle par rapport aux thérapies géniques classiques et c'est pour ça qu'on a envie de se poser beaucoup, beaucoup de questions d'Avia aujourd'hui.
01:59Et celle-ci notamment dans toute cette accélération, où est-ce que s'arrête la médecine, où est-ce que commence l'eugénisme high-tech ?
02:04Oui, d'autant que ce n'est pas la seule société, c'est ça un petit peu qui m'a troublé lorsque j'ai fait les recherches.
02:09On voit beaucoup, beaucoup d'autres entreprises, notamment Orchid. Orchid, ça a été co-créé par Anne Wojcicki, la fondatrice de 2,3 et demi.
02:16Ou encore Brian Armstrong, le même dont on a parlé, qui propose déjà aux parents d'analyser le génome de leurs embryons
02:22pour sélectionner ceux qui présentent le moins de risques et de maladies.
02:25Mais ces entreprises, et c'est là le souci, Nabia, elles revendiquent aussi la capacité d'estimer des traits comme les performances intellectuelles futures.
02:32Genomic, prédiction aussi à suivre, qui veut s'appuyer sur des algorithmes statistiques pour prédire certains traits.
02:40Et là où ça peut faire peur, c'est lorsqu'on va devoir choisir et peut-être vouloir augmenter l'intelligence.
02:45Là, on ne sait pas trop où s'arrête la frontière.
02:48Donc en fait, on fait des bébés sur mesure.
02:49Et ce qui est troublant, c'est qu'on voit se multiplier, justement, Guillaume, les projets aux frontières de l'éthique.
02:54Oui, il y a d'autres sociétés encore. Désolé, il y a beaucoup de noms, mais ça foisonne en ce moment.
02:58Manhattan Genomics ou encore Bootstrap Bio, qui veulent là aussi sélectionner des enfants dotés d'un cœur plus robuste,
03:07un taux de cholestérol plus bas, ou encore des quotients intellectuels plus élevés.
03:14Alors certaines sociétés vont profiter d'une réglementation plus souple dans certains pays, comme c'est le cas dans le Honduras.
03:20Mais moi, celle qui m'attire le plus de l'attention et qui pose peut-être le plus de questions,
03:25elle s'appelle Heliospec Genomics et elle a fait un peu scandale l'année dernière parce qu'elle proposait de vendre des embryons par QI exponentielle,
03:34c'est-à-dire un gros QI à 50 000 dollars pièce.
03:38Donc c'est-à-dire qu'on va non seulement, peut-être, on promet beaucoup de choses,
03:42mais aussi on va peut-être faire le tri entre les humains, ceux qui auront les moyens d'avoir accès à ces progrès et pas les autres.
03:48Et lorsque vous écoutez Michael Christensen, le PDG d'Heliospec Genomics, qui, dans une vidéo filmée à son insu,
03:54a expliqué que tout le monde peut avoir les enfants qu'il veut, avoir des enfants qui ne souffrent pas de maladies,
03:59tout le monde, à condition bien sûr d'en avoir les moyens.
04:01Et cette entreprise, elle s'est appuyée sur les données de UK Biobanks,
04:05c'est une base de données médicales qui regroupe les informations génétiques d'un demi-million de participants aux Britanniques.
04:11Avant d'avoir totalement le tournis, j'ai envie de dire que tous les chercheurs ne sont pas d'accord.
04:14Alors, un tout petit focus sur une chercheuse kenyane qui s'appelle Violette Nahanyou,
04:20et qui, elle, explique qu'il faut le consentement de tout le monde, et surtout faire la lumière,
04:26bref, ne pas aller trop vite, et je trouve que ces réflexions sont intéressantes et doivent être encouragées.
04:31Et elles ne sont pas minoritaires ?
04:33Elles sont un peu minoritaires, en tout cas au niveau de l'argent,
04:36et donc c'est pour ça qu'il faut avoir ce genre de discussion aujourd'hui.
04:39Et que pense le reste du monde, alors, Guillaume, de l'utilisation de ces ciseaux génétiques que vous évoquez ?
04:44Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a différentes régulations dans le monde.
04:47La régulation française, elle est plutôt stricte, mais il y en a d'autres qui sont plus laxistes, j'ai envie de dire.
04:52Vous savez, la Chine, elle avait créé la controverse avec l'annonce, en 2018,
04:56de jumelles génétiquement modifiées par CRISPR.
04:58Le chercheur A. Jiang Kui, il avait ensuite été condamné à trois ans de prison.
05:03En Russie, on s'appuie parfois sur une réglementation un peu laxiste.
05:09Et effectivement, la réglementation européenne est parmi les plus strictes du monde.
05:16Pour l'heure, en tous les cas, c'est souvent cette quête de la jeunesse éternelle,
05:20de la perfection qui recherchait de l'immortalité à la cryogénisation.
05:26C'est ce que vous résumez.
05:27Comment est-ce que ces milliardaires veulent vaincre la mort ?
05:29Ils sont nombreux, d'ailleurs, à tenter de défier la mort.
05:31Oui, c'est ça. C'est-à-dire que c'est un jeu avec la vie, avec la sélection, on l'a vu, l'encouragement.
05:36Et puis aussi, ne jamais vouloir mourir.
05:38Et ni vieillir, d'ailleurs, pour certains.
05:40Ni vieillir, voilà. C'est le cas, par exemple, de Jeff Bezos, le créateur d'Amazon qu'on connaît bien,
05:44qui a investi dans Alto Labs.
05:47C'est une biotech qui veut reprogrammer ni plus ni moins que le rajeunissement de nos cellules.
05:55Il y a d'autres startups, notamment au MIT, où on veut permettre de vitrifier chimiquement notre cerveau jusqu'à la mort.
06:01Mais la plus intéressante, la plus bluffante, et j'ai envie de dire, elle donne vraiment le tournis,
06:05parce que c'est une vidéo qu'elle a partagée.
06:07C'est une entreprise qui s'appelle Bainbridge.
06:09Elle veut, à l'avenir, même si c'est jugé complètement irréalisable aujourd'hui par des scientifiques,
06:14notamment qui sont exprimés dans la revue PubMed Central,
06:18réaliser un système de transplantation de tête entièrement robotisée.
06:22On veut découper la tête d'un patient, d'un donneur, pour greffer la première sur le corps du second.
06:27En réalité, là aussi, on explique que ça doit permettre de lutter contre certaines maladies neurodégénératives
06:32avec le consentement du patient.
06:34Mais on se demande si on ne va pas un peu trop vite.
06:37Et puis, j'ai envie de dire, tout ça, ça nous rappelle un petit peu,
06:40vous savez, les scénarios comme Bienvenue à Gattaca,
06:42où en fait, selon les gènes que l'on avait, on était jugé apte ou pas apte.
06:46Et il y a une lecture que je trouve très intéressante,
06:48que l'on doit au scientifique Jean-François Bouvet, qui s'appelle Bébé à la carte,
06:51qui nous permet de tout remettre en perspective et de décider ensemble de notre avenir.
06:55En garder uniquement le meilleur.
06:56D'où la nécessité d'une gouvernance responsable.
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