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00:00Générique
00:00Bienvenue dans le débat. Faut-il rétablir le service militaire en France ?
00:09Emmanuel Macron a tranché pour un service national volontaire de 10 mois avec l'objectif de mobiliser 50 000 jeunes en 2035.
00:17Il sera purement militaire, censé répondre aux besoins des armées face aux menaces russes et aux risques accrus de guerre.
00:24Ce service national sera lancé progressivement dès l'été prochain.
00:27Depuis quelques années, de nombreux pays européens rétablissent un service militaire.
00:32La guerre en Ukraine semble l'accélérer.
00:34On va revenir sur les propositions du président français.
00:37Un service national volontaire est-ce efficace ?
00:39Comment la France s'inscrit-elle dans une démarche européenne de rétablissement du service militaire ?
00:43De quelles menaces parle-t-on ? Comment les évaluer ?
00:46On va poser ces questions à mes invités.
00:47Michel Goya est avec nous ce soir. Bonsoir.
00:49Vous êtes ancien officier des troupes de marine et historien de théorie du combattant.
00:55Ça, c'est votre dernier livre et c'est aux éditions Perrin.
00:59En face de vous, le sénateur Olivier Cadic. Bonsoir.
01:02Sénateur groupe Union Centriste, également vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
01:07Bienvenue à vous.
01:08Merci.
01:08Nous avons ce soir Christelle Craplet.
01:12Christelle Craplet. Bonsoir.
01:15Directrice opinionne chez Ipsos BVA. Opinion d'ailleurs en français.
01:20Merci d'être là .
01:21Richard Verlitt avec nous ce soir.
01:23Bonsoir Richard.
01:23Bonsoir Stéphanie.
01:24On sera pour le quotidien Swissblick.
01:26Cet Amérique qui nous déteste, c'est votre livre Richard et c'est aux éditions Révi Quattard.
01:32Bienvenue encore une fois dans le débat.
01:34Emmanuel Macron a relancé le service national.
01:38Le chef de l'État l'a annoncé dans un discours au sein de la 27ème brigade d'infanterie de Montagne de Vars.
01:45C'est en Isère et c'était au pied du massif du Vercors.
01:50Un service militaire pour les jeunes majeurs volontaires qui seront formés au maniement des armes.
01:57Objectif, renforcer l'armée française dès l'année prochaine.
02:01Dans ce monde incertain, où la force prime sur le droit, notre nation n'a le droit ni à la peur, ni à la panique, ni à l'impréparation.
02:15Alors les jeunes sont-ils prêts à devenir soldats le temps d'un service ?
02:19Nous avons posé la question ce matin à des étudiants parisiens.
02:22On irait bien les faire parce qu'il y a les côtés sportifs, ça en parle énormément.
02:26J'avoue que moi non.
02:27Pourquoi ?
02:27Parce que j'ai d'autres projets dans la vie.
02:29S'il y en avait un obligatoire, j'irais sans trop rechigner parce que si tout le monde y va, il faut quand même se soutenir et faire une unité.
02:39Mais sinon, volontaire, je ne sais pas si j'irais.
02:41Concrètement, le nouveau service national s'adresse essentiellement aux jeunes majeurs, 18 ou 19 ans,
02:48qui devront s'engager pour 10 mois et pour une solde de 800 euros mensuels minimum, nourris, logés.
02:55Le dispositif remplacera le service national universel, lancé par Emmanuel Macron en 2017.
03:00Mais cette fois, il s'agira bien d'un service militaire.
03:05De quoi rappeler quelques souvenirs à ces anciens conscrits rencontrés à Amiens.
03:08J'ai donné 19 mois de ma jeunesse pour mon pays.
03:12Ça permet de voir l'intérêt général, de ne pas voir que son problème.
03:20Ça devrait être pour tout le monde, pas seulement sur la base du volontariat.
03:23Le président table sur 3000 jeunes engagés dès l'année prochaine pour effectuer des missions en France,
03:28comme les rondes de l'opération Sentinelle par exemple.
03:31En revanche, pas d'opération extérieure à l'étranger.
03:35Alors, une bonne initiative ou pas, Michel Goyard ?
03:37Là , comme ça, d'emblée.
03:40Écoutez, je pense que, oui, c'est bien.
03:43Il y aura un rapport coût-efficacité qui est convenable.
03:46Maintenant, efficacité, on l'a vu déjà , qui sera un peu limitée par le fait que ces gens-là ,
03:51ces jeunes ne pourront pas être engagés à une opération extérieure.
03:53Ils feront d'autres missions au territoire.
03:55Donc, ils vont renforcer effectivement les armées pour un coût qui est relativement modéré.
03:59Et maintenant, voilà , ça concernera dans tous les cas de figure quelques milliers de jeunes sur une population,
04:08sur une classe d'âge qui en fait au moins 600 000.
04:11Donc, c'est trop peu ?
04:12Ça ne va pas changer la phase des armées, ça ne va pas changer la phase de la société française,
04:15mais c'est plutôt une bonne idée.
04:17Au point de départ, le fait que ça soit volontaire ?
04:20Oui. Alors, le problème, c'est qu'il y a déjà des gens qui font un service militaire volontaire,
04:25ça s'appelle des engagés.
04:26Et qu'ils sont, accessoirement, vous pouvez vous engager pour deux ans dans l'armée de terre,
04:32c'est court, au bout de six mois, enfin, pendant les premiers mois,
04:36si ça ne vous intéresse pas, vous dire, ok, ça ne m'intéresse pas.
04:38Au passage, je ne l'ai pas posé la question.
04:40Si ces volontaires initiaux, au bout d'un mois, disent,
04:43finalement, je ne suis pas si volontaire que ça, qu'est-ce qui se passe ?
04:46On ne sait pas. Enfin, moi, je ne sais pas, en tout cas.
04:48Ça se reste des modalités.
04:49Voilà . Non, mais je veux dire, il y a d'autres.
04:50Vous pouvez être réserviste opérationnel, vous avez d'autres formes de services volontaires.
04:54Vous dites que ça existait déjà ?
04:56Oui.
04:57Ça, c'est ce volontariat, ce service national.
05:00Déjà , tous nos soldats actuels, tous les gens qui portent l'uniforme sont des volontaires.
05:04Il faut quand même le rappeler.
05:05Donc, on étend un petit peu le...
05:06Donc, on est à un dispositif supplémentaire qui s'ajoute.
05:10Bon, très bien, ça peut aider.
05:12Mais je doute fort qu'on aille jusqu'Ã haut.
05:1540 000, espérer dans 10 ans, c'est beaucoup.
05:19Alors, 40 000, oui, pour le coup, ça serait un apport important.
05:24C'est l'objectif.
05:26En amont, d'abord, quand même faire quelques travaux d'infrastructure et quelques dépenses.
05:30Mais si on arrive à ça, effectivement, bon, OK, c'est un plus.
05:35C'est un plus pour les armées.
05:37Mais à mon avis, ça va être compliqué.
05:38Olivier Cadic, votre réaction, donc, sur ce service national volontaire.
05:44Je pense que le président de la République prépare la nation à une évolution de l'analyse de notre environnement.
05:55Il l'a très bien dit.
05:57On est face à un conflit potentiel.
06:00Et donc, il faut que tout le monde s'enligne.
06:04Et donc, il faut quoi ? Changer les états d'esprit ?
06:08C'est une des actions qui va permettre de commencer à faire réfléchir.
06:12Après, au Parlement, nous, on contrôle l'action du gouvernement.
06:15À partir du moment où le président et le gouvernement mettent en place quelque chose comme ça,
06:19il faut voir le comment.
06:20Et le diable se cache dans les détails.
06:22Ça commence par la journée, l'ex-JDC, avec la journée de préparation.
06:27Donc, il va falloir voir comment ça s'organise.
06:29Parce que là , ça veut dire que c'est tous les Français, tous les jeunes Français qui vont passer par cette journée.
06:33Donc, avant de dire qu'on ne va en garder que quelques-uns,
06:36on va déjà commencer par un goulot où tout le monde doit passer dans cette journée.
06:41Et par exemple, les Français de l'étranger, ils sont là aussi.
06:43Moi, je représente les Français de l'étranger.
06:45Eh bien, la JDC n'existe plus à l'étranger.
06:48Donc, il va falloir régler quelques modalités.
06:50Donc, il y a un certain nombre de questions qui vont se poser très vite.
06:52Et ça va être intéressant.
06:53Mais aujourd'hui, la volonté, c'est effectivement qu'on soit tous ensemble.
06:58Et ce qui est sorti la semaine dernière, la brochure « Tous responsables ».
07:02Parce que ce n'est pas que les jeunes.
07:04C'est toute la communauté française qui doit se poser les questions et se préparer.
07:08Richard Verlier, on peut dire que c'est européen.
07:10Il n'y a pas qu'en France qu'on parle du retour du service militaire.
07:13Et vous qui êtes suisse.
07:14D'ailleurs, en Suisse, on n'est jamais revenu sur ce service militaire obligatoire.
07:20Voir pour les hommes, pour les jeunes hommes.
07:22Absolument.
07:22Et volontaire pour les femmes.
07:24Volontaire pour les femmes.
07:25Pourquoi la Suisse ne l'a-t-elle pas suspendu comme la plupart des P.A.?
07:26D'abord, l'armée suisse.
07:29L'armée suisse est un modèle, je dirais, à mon avis unique, si je ne me trompe pas, dans le monde.
07:34Puisque c'est une armée de milices.
07:35C'est-à -dire que vous n'avez de professionnels que l'encadrement, les officiers, et les métiers spécialisés.
07:41Évidemment, les pilotes d'avion, par exemple.
07:43Et tout le reste des effectifs, ce sont des gens, des jeunes, qui sortent de leur entreprise pendant une période de trois mois,
07:51pendant un certain nombre d'années, qui vont rejoindre les casernes, qui deviennent militaires et qui ensuite retournent à leur état normal.
07:59C'est ce qu'on appelle l'armée de milices.
08:00C'est un modèle quand même tout à fait particulier, ce qui fait que si vous, Stéphanie, vous allez prendre le train, par exemple, un vendredi à Genève ou à Lausanne,
08:08vous croiserez des jeunes gens en uniforme avec leur fusil d'assaut, mais sans le chargeur, puisque le chargeur reste à la caserne.
08:15Et ils gardent leur fusil.
08:16Pourquoi on l'a gardé ?
08:17Pourquoi on l'a gardé ? Pour deux raisons qui ramènent un peu à ce que dit Emmanuel Macron aujourd'hui.
08:21D'abord parce qu'il y a la conviction en Suisse que c'est le lien entre l'armée et la nation.
08:25La Suisse, c'est un pays, vous savez, le mythe du pays en armes.
08:29Eh bien, c'est à travers cette armée de milices.
08:32La deuxième raison, c'est parce qu'il y a la conviction que ce creuset national, ce creuset helvétique de toute une classe, de génération, de toute une génération,
08:43permet le brassage social et permet aussi de traiter un certain nombre de sujets sociaux.
08:47Sauf qu'on a pu le garder parce que, pardon, on a les moyens de le garder, qu'on a eu les finances pour ça.
08:52Si vous demandez leur avis aux officiers de l'armée suisse, ils vous diront que ce n'est pas le modèle idéal pour défendre le pays.
08:59Mais je rappelle que la Suisse est un pays neutre, que par conséquent elle n'intervient sur aucun théâtre extérieur.
09:04Et donc on peut dire qu'on a une armée formatée pour le type de défense qu'on veut avoir.
09:10Sauf que c'est de moins en moins vrai.
09:11Parce qu'encore une fois, quand vous parlez aux officiers, ils vont vous dire que l'enjeu de demain,
09:15même pour la Suisse, petit pays neutre au cœur de l'Europe, ce sera la technologie.
09:18Ce seront donc des métiers militaires extrêmement sophistiqués que vous ne pouvez pas confier à un militien de base.
09:24Christelle Crapelet, dans un sondage Ipsos, finalement c'est un plébiscite du côté des Français.
09:3086% des Français souhaitent le retour du service militaire.
09:33Alors oui, on a une majorité de Français qui sont pour le retour du service militaire volontaire.
09:41Et effectivement, on a une approbation qui est surtout forte chez les plus âgés.
09:45C'est quand même plus modéré chez les plus jeunes qui sont un peu plus divisés sur la question.
09:51Mais globalement, et on avait déjà posé une question similaire en parlant même du service militaire obligatoire en mars dernier,
09:57où on avait aussi une majorité de Français, alors un peu moins élevée quand même, qui marquait son approbation.
10:02Globalement, on a le sentiment, quand on prend toute la population, que c'est quelque chose qui va dans le bon sens,
10:08a fortiori là si c'est volontaire, et qui répond sans doute à cette volonté de remobiliser la population autour des enjeux de nation, de patrie,
10:18et notamment dans un contexte un peu complexe qui est le nôtre aujourd'hui.
10:20C'est le cas Michel Goya, ça remobilise la nation que de créer un service national volontaire ?
10:27Parce qu'on disait beaucoup ça à l'époque où le service militaire existait, on parlait de la mixité justement pendant les classes.
10:34Est-ce que ça existe toujours ça ?
10:36Alors d'abord, je pense qu'on a un petit peu fantasmé quand même sur un certain nombre de choses,
10:40parce que accessoirement, c'est pas tellement mesurable, où toutes les enquêtes qu'on a faites,
10:44en réalité, montraient qu'on ne savait pas très bien quels effets vrais, est-ce que la nation était plus patriote après le service ou avant ?
10:53En fait, on ne voit pas beaucoup de différence. Est-ce qu'il y a un brassage social ?
10:56Pourquoi est-ce qu'il y a cette réputation-là , le service militaire ?
10:58Oui, c'est des vertus. Alors, elles ne sont pas complètement intents, je ne dis pas que ce n'était pas vrai.
11:02Moi, j'ai fait six ans de ma vie dans des régiments de conscrits,
11:06où je n'ai pu noter d'ailleurs que le brassage social, ce n'était pas tant que ça,
11:11où vous aviez dans une classe d'âge, déjà , bon, les filles ne faisaient pas,
11:14les garçons, il y avait un tiers qui ne le faisaient pas du tout,
11:17et parmi les deux qui restaient, il y avait ceux qui pouvaient avoir un poste privilégié.
11:22Je rappelle qu'Ã la fin du service national, certains faisaient leur service dans des entreprises,
11:25par exemple, ou des choses comme ça. Et puis, je retrouvais, moi, dans mon régiment d'infanterie,
11:29finalement, les moins diplômés qui portaient un sac à dos et qui se tapaient en plus le service le plus difficile.
11:34Alors là , le fait d'incorporer les femmes, peut-être qu'aussi, ça change un peu les choses ?
11:38Ce qui change surtout, c'est une question de volume. C'est-à -dire que maintenant, très concrètement,
11:43si on voulait rétablir un service national universel, obligatoire, on se retrouve avec au moins 600 000 jeunes à incorporer.
11:52Et qu'est-ce qu'on fait de 600 000 ? Ça demande des investissements colossaux, colossaux.
11:57Il faut tout reconstituer, parce qu'ils demandent à démonter les infrastructures,
12:00donc il faut reconstituer des équipements, etc. Il faut reconstituer des régiments, des conscrits.
12:04Il faut tout refaire. C'est énorme. C'est énorme. Et après, la question se pose, pourquoi faire ?
12:08– Oui, et on n'en est pas là . On est encore loin. – Non, non. Mais donc, cette solution, elle est souvent…
12:13Je termine juste là -dessus. C'est-à -dire qu'il y a deux sujets, en réalité, quand on parle du service national ou du service militaire.
12:19Il y a un côté, voilà , il y a ses vertus. Ça sert à faire… C'est un gros service civique, si vous voulez.
12:25Et puis, il y a l'aspect purement militaire, pratique, en disant qu'il faut que ça serve à défendre les intérêts de la France.
12:31C'est pas… Les deux choses ne sont pas forcément vues par les mêmes personnes et ne sont pas forcément, d'ailleurs, totalement compatibles.
12:39Et donc, voilà , quand on parle de ce sujet, il y a toujours ces deux éléments qui doivent interférer.
12:43– Olivier Caddy qui sont… On les met ensemble, ces deux éléments, ça doit créer, recréer un sentiment patriotique de rétablir…
12:51Bon, là , on en est, effectivement, un service national volontaire, mais tout de même, est-ce que ça va créer du patriotisme ?
12:57Ou est-ce que c'est uniquement l'objectif de se défendre ?
13:01– C'est intéressant par rapport à la Suisse, puisque nous avons des jeunes franco-suisses qui vivent en Suisse.
13:08Et donc, ils ont le choix de se considérer Suisse ou Français à 18 ans.
13:12Et s'ils se déclarent Suisse, plus Suisse, alors, donc, ils vont faire leur service.
13:17Eh bien, 9 sur 10 se déclarent Français.
13:20Donc, ça vous donne une sorte de sondage grandeur nature, en réalité.
13:25Donc, on voit bien, effectivement, que ça n'est pas si facile que ça.
13:29Et je pense que le président de la République a vraiment raison, de toute façon, de commencer en disant
13:32« Il faut que ce soit vraiment volontaire. Le cadré, c'est 10 mois, un mois de classe, 9 mois en opération. »
13:40Et donc, vraiment, c'est une sorte d'initiation pour voir aussi comment ça répond.
13:47Parce que je vous dis, déjà , la journée d'appel, enfin, la JDC, l'ex-JDC, déjà , ça demande une certaine organisation.
13:55Il faut voir jusqu'où ça va, qui vraiment va être concerné.
13:59Mais c'est très intéressant parce que ça va nous donner des informations sur l'état exact de notre jeune population,
14:06de connaître son appétence, son envie, justement, quel est son niveau d'envie de participer à un effort collectif.
14:13Et déjà , ça, ça va nous donner des données qui vont nous permettre peut-être de planifier.
14:17Parce que, comme l'a très bien justement dit Michel Goya, l'effort est tellement énorme que, de toute façon,
14:22ça prendrait du temps à se planifier, à se programmer en termes budgétaires.
14:26Donc, on ne peut pas décider comme ça d'un claquement de doigts.
14:29Certains pays d'Europe n'ont jamais abandonné la conscription, on vient de le dire.
14:32Autriche, Chypre, Danemark, Estonie, Finlande, Grèce, en voilà d'autres.
14:35Les pays baltes ont été les premiers à franchir le pas de la réintroduction du service militaire.
14:40On fait un tour d'Europe en images avec Julien Cheïda.
14:42Aux frontières de la Russie, les Etats baltes et la Finlande peuvent compter sur la présence des forces de l'OTAN.
14:51Mais pour faire face à la menace russe, la Lettonie a pris la décision de rétablir un service militaire obligatoire en 2023,
14:58rejoignant ainsi la position de ses voisins alliés.
15:01Seuls six pays de l'Union Européenne ont conservé un service militaire obligatoire au cours des dernières décennies,
15:08comme la Finlande ou la Grèce.
15:10Au Danemark, il est même devenu obligatoire pour les femmes.
15:14A 18 ans, les jeunes du pays qui doivent effectuer leur service militaire sont choisis par tirage au sort, en fonction des besoins de l'armée.
15:22Quatre pays de l'Union ont fait le choix de réinstaurer un service militaire obligatoire.
15:26Dernier exemple en date en Croatie.
15:29Le mois dernier, le Parlement a approuvé le rétablissement d'un service obligatoire pour les hommes de deux mois à partir de 2026.
15:35Mais dans l'Union Européenne, la grande majorité des États membres ont abandonné le service militaire,
15:41même si des projets de rétablissement existent dans certains pays.
15:44Au total, 17 États sur 27 n'ont jamais eu ou ont suspendu leur service militaire,
15:50Ã commencer par la Belgique en 1995 jusqu'Ã l'Allemagne en 2011.
15:54Parmi cette majorité, plusieurs États ont déjà décidé de réinstaurer un service militaire volontaire.
16:01C'est le cas de la Bulgarie et des Pays-Bas.
16:03Ils seront rejoints par la Belgique et la Roumanie l'an prochain.
16:08Richard, puis l'Allemagne aussi se présente à un service militaire volontaire là aussi.
16:14Et on sait que la population allemande n'est pas forcément totalement favorable d'ailleurs à un service national.
16:18En l'occurrence, le SPD, lui, peut être plus pacifiste.
16:21D'abord, en Allemagne, il y a quand même une révolution culturelle.
16:24Déjà , la première révolution culturelle qui est en train de vivre l'Allemagne,
16:27c'est celle de consacrer un montant très important d'argent à sa défense.
16:32100 milliards d'euros qui ont été mis sur la table, c'est très important.
16:35L'armée allemande, maintenant, elle se vit comme une armée à part entière,
16:40ce qui pendant très longtemps n'a pas été le cas.
16:42Et les jeunes Allemands qui avaient été élevés dans un certain culte du pacifisme
16:47découvrent ce qu'est la guerre et ce qu'est la menace.
16:49Mais que d'autres pays européens pensent à rétablir le service militaire,
16:54c'est assez logique parce que tous les pays européens ont les mêmes problèmes.
16:58Ils ont un problème faire face à la menace
17:00et donc avec la nécessité d'avoir des troupes extrêmement bien préparées
17:05qui puissent intervenir éventuellement aux confins de l'Union européenne
17:08tandis que d'autres garderaient les installations sur le plan domestique.
17:12Et puis le deuxième défi, c'est un effet de masse, tout simplement.
17:15Si vous voulez dissuader un potentiel ennemi, vous devez au niveau européen
17:20démontrer que vous avez un potentiel de force capable, disponible, suffisant.
17:26Donc je ne suis pas étonné que tous ces pays songent à le faire.
17:29J'ajoute que dans ces pays, vous avez aussi des pays neutres comme l'Autriche par exemple.
17:33Et quand vous êtes un pays neutre, par définition, vous avez besoin d'un service militaire obligatoire
17:37puisque votre armée, c'est une armée défensive.
17:39Il y a moins de raisons d'avoir une armée professionnelle qu'on puisse projeter à l'étranger.
17:43Alors quelle est la menace ? La guerre en Ukraine semble être à l'origine de l'accélération
17:46du rétablissement du service militaire dans les pays européens.
17:49On va écouter Fabien Mondon, le chef d'état-major des armées.
17:53C'était au Congrès des maires jeudi dernier.
17:55Ses propos ont fait polémique. On l'écoute.
17:57Ce qu'il nous manque, et c'est là que vous avez un rôle majeur, c'est la force d'âme
18:04pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est.
18:10Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce
18:18qu'il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront
18:25à de la production de défense, par exemple.
18:29Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque.
18:35Michel Gauil a beaucoup de polémiques après cette déclaration.
18:38Il a rectifié d'ailleurs en disant nous devons renforcer le pacte armée-nation,
18:41mais il faut tout de suite supprimer l'idée confuse qu'on va envoyer nos jeunes en Ukraine.
18:45Aujourd'hui, Emmanuel Macron l'a dit, les volontaires serviront exclusivement
18:48sur le territoire national. Donc ça veut dire clairement,
18:51ils ne seront pas envoyés en Ukraine.
18:53Je précise une chose d'abord, c'est que vous avez 20 000 jeunes volontaires
18:57chaque année qui viennent pour s'engager. Et ces jeunes-là ,
19:01ce sont des enfants de la France aussi qui sont envoyés pour aller prendre
19:05des risques en opération extérieure. Alors maintenant, oui, il y a une tradition
19:08en France et dans un certain nombre de pays maintenant de ne pas engager
19:10les conscrits hors des frontières, hors de la défense des frontières.
19:15Pour être très concret, ça date de l'expédition de Madagascar en 1895
19:18où on avait envoyé des soldats appelés faire cette expédition.
19:21Ils sont tous morts de maladie. Et donc on l'a dit, c'est fini.
19:24La France, les territoires français et les frontières.
19:27Et on n'a pas bougé de cette ligne, sauf pendant les deux guerres mondiales,
19:31évidemment, et pendant la guerre d'Algérie.
19:34Mais avec ce problème particulier quand même, c'est que pour la défense de la France,
19:39maintenant, il se fera au loin en réalité.
19:42Et là , il y a un vrai dilemme. C'est-à -dire que pendant la guerre froide,
19:45vous aviez 20 000 soldats en Allemagne, en Allemagne français,
19:50qui était en Allemagne, dont une majorité de conscrits, d'appelés,
19:52c'était pour défendre la frontière.
19:54Maintenant, si on doit se battre, si on va faire une guerre à grande échelle,
19:58à haute intensité comme on dit, ce sera très loin des frontières.
20:02Donc ce sera dans les pays baltes, ce sera pour défendre un allié.
20:05Face à la menace russe.
20:07Face à la menace russe.
20:07Oui, alors qu'il faut dissuader.
20:08En réalité, l'idée, ce n'est pas du tout d'aller faire la guerre à la Russie,
20:11c'est de dissuader la Russie d'attaquer un pays allié.
20:13Et pour ça, il faut être fort.
20:14Mais donc la question se pose, qui on l'envoie là -bas ?
20:18Si on n'envoie pas des soldats appelés, il y a un gros problème.
20:24C'est-à -dire que là , on ne conserve que des soldats professionnels.
20:27Et est-ce que ça, c'est un problème ?
20:29Oui, ça.
20:29D'envoyer des soldats professionnels ?
20:31En soi, non.
20:31Au passage, d'ailleurs, on fait la guerre depuis quand même un certain nombre d'années.
20:34Et puis, vous n'avez pas très loin d'ici, vous avez le parc André-Citroen,
20:37vous avez les noms des 600 soldats français qui sont morts dans les opérations extérieures,
20:40morts pour la France dans les opérations extérieures, ces enfants de France.
20:43Oui, donc ça veut bien dire qu'on enverrait l'armée professionnelle au Pays-Balte.
20:48Ils ont fait ça la menace aussi, effectivement.
20:50Ils y sont.
20:51Ils y sont.
20:52Ils y sont postés là -bas.
20:53Il y a 300 soldats français qui sont en Estonie.
20:55Et en revanche, ceux qui font partie de ce service national volontaire,
20:58eux, restent sur le territoire national, enfin pour l'instant.
21:01Oui, alors bon, si...
21:02Vous trouvez ça ?
21:03Ça n'a pas l'air de vous satisfaire.
21:05Non, ça ne me satisfait pas du tout.
21:07Mais pourquoi ?
21:07Mais non, mais soit on est soldat complètement, soit on n'est pas soldat à moitié.
21:11Si on est soldat, c'est pour être...
21:13Voilà , vous avez le statut de soldat, vous êtes représentant de la France
21:15destiné à prendre des risques pour défendre les intérêts de la France.
21:18Voilà .
21:19Eh bien, vous le faites partout, vous le faites complètement.
21:22Et donc, vous allez prendre des risques.
21:23Et s'il faut envoyer des soldats appelés en Estonie,
21:26eh bien, on met en région.
21:27Les Allemands, ils vont envoyer une brigade complète de plusieurs milliers d'hommes en Lituanie.
21:31Et ça aussi, c'est une vraie révolution.
21:32Défendre notre pays.
21:32Donc, une brigade...
21:33De plusieurs milliers d'hommes.
21:35Je ne sais pas très bien.
21:36Ah, mais c'est une brigade formée.
21:38Je ne sais pas exactement qui vont envoyer.
21:40Mais c'est une vraie question.
21:41Mais là , c'est un vrai dilemme militaire.
21:43Si vous aviez reformé complètement le service militaire complet avec ces 600 000 jeunes,
21:48alors qu'ils arrivent dans les armées, on fait des régiments,
21:50d'un seul coup, une armée qui actuellement fait 200 000,
21:53vous rentrez à 800 000, là , une armée hyper puissante.
21:56Mais si ces forces-là , elles ne bougent pas du territoire national,
21:59alors que ce territoire national ne sera pas envahi,
22:02en fait, c'est beaucoup de ressources consacrées à quelque chose qui ne servira pas véritablement.
22:06Monsieur le Sénateur, alors, votre réaction à ça,
22:09le fait que, justement, Olivier Macron ait bien dit que ce service national volontaire
22:13ne concernait que le territoire français.
22:16Mais aujourd'hui, si vous voulez, moi, ça fait 9 ans maintenant au Sénat
22:18que je suis en charge de tout ce qui est cybersécurité, cyberdéfense.
22:22On nous fait une guerre, déjà aujourd'hui, dans le domaine de la cyber,
22:25et on manque cruellement de bras dans ce domaine.
22:28Et donc, aujourd'hui, on a vraiment une nécessité de se renforcer.
22:35Et la guerre, aujourd'hui, elle est actuelle.
22:37On se fait attaquer nos infrastructures, nos hôpitaux.
22:41On se fait piller toutes nos données.
22:43Donc ça, c'est la fameuse guerre hybride.
22:45Et donc, ça, ça fait partie de la guerre hybride.
22:48Mais il y a aussi tout ce qui est désinformation.
22:49Quand je vois comment on fonctionne à Taïwan et comment, nous, on fonctionne,
22:53on attend tout de fonctionnaires, eh bien, on a besoin que la société civile soit organisée.
22:58Et c'est une merveilleuse opportunité, justement, d'éduquer les citoyens
23:03à lutter contre la désinformation, à être acteur de la réponse,
23:08puisqu'il est nécessaire.
23:09On a besoin de tout le monde.
23:11On a besoin que tout le monde soit responsable.
23:12Donc, le fait qu'ils soient cantonnés au territoire national...
23:15Eh bien, justement, ils pourront être des acteurs...
23:17Ils auront des missions liées...
23:18Dès aujourd'hui, potentiellement, on va en discuter,
23:21parce qu'on a de grosses pertes, aujourd'hui, dans le domaine de la cyber.
23:26On a de grosses faiblesses.
23:27On a besoin, vraiment, de gens qui comprennent ce qui est en train de se passer.
23:31On a besoin d'un chef, aussi, dans le domaine de la cyber, qu'on n'a pas.
23:35Donc, on a besoin d'un vrai responsable.
23:36Et aujourd'hui, cet outil peut nous aider, justement, à créer des vocations.
23:41Donc, voilà , ça serait d'autres types de...
23:43Oui, donc, c'est une mission de défense du territoire national.
23:47Donc, c'est pas... Attention, c'est pas complètement inutile.
23:49Maintenant, il y a des trucs qui s'appellent les réserves, les réservistes.
23:52Si on a besoin d'être renforcés, pourquoi on n'augmente pas, simplement,
23:54le nombre de réservistes ?
23:57Voilà , là , on aura des gens volontaires, également,
23:59qui arrivent avec leurs compétences civiles, en particulier,
24:02qui viendront renforcer les armées quand on en a besoin.
24:03C'est le concept, en fait, qui ne vous convient pas vraiment,
24:06ce service national volontaire.
24:08Un mot, peut-être, aussi, sur ce qu'en disent les Français, Christelle.
24:11Est-ce qu'ils se sentent protégés en France ?
24:13Que disent les sondages ?
24:15Il y a une inquiétude, quand même, qui est forte à l'égard de la guerre en Ukraine,
24:18et surtout à l'égard de ses potentielles répercussions en France.
24:21Et, effectivement, quand on teste un peu certaines idées
24:23d'aller au-delà de ce service militaire volontaire sur le territoire français,
24:28on voit quand même beaucoup plus de réticences.
24:30On a testé la réaction à ces propos rapportés de l'État-major
24:33sur le fait d'accepter de perdre ses enfants.
24:35On voit que les deux tiers des Français les jugent excessifs.
24:38Ils considèrent qu'on inquiète inutilement les Français
24:40et que, voilà , c'est pas forcément faire preuve de fermeté.
24:43Et quand on les interroge sur l'hypothèse
24:46d'envoyer des troupes militaires françaises sur le sol ukrainien,
24:49là , on a une nette majorité de Français qui s'y opposent, 70%.
24:51Donc, on voit bien une forme de jugement un peu ambivalent,
24:55avec à la fois une inquiétude à l'égard de la situation,
24:57une volonté de faire preuve de fermeté,
24:59et en même temps, quand on pose les choses de façon un peu plus concrète,
25:03une forme de réticence, d'un engagement un peu plus fort
25:05de personnel français, que ce soit sur le sol ukrainien,
25:08ou de l'idée de revenir à cette idée
25:10qu'on peut mourir à la guerre, qui fait peur.
25:13Richard Verdi, est-ce que c'est peut-être lié aussi au fait
25:15que cette menace russe reste encore un peu abstraite,
25:18surtout pour des pays qui sont encore loin,
25:19enfin, la France est loin, physiquement, de la Russie,
25:23en Pologne, c'est très différent,
25:24dans les Pays-Baltes, c'est très différent,
25:25cette menace, ils la ressentent littéralement tous les jours.
25:28Est-ce que c'est ça, c'est la différence ?
25:30Je pense que d'abord, vis-Ã -vis de l'Ukraine,
25:32il y a une interrogation au sein de la population française,
25:35et qui est légitime, sur le bien fondé ou pas
25:38de défendre l'Ukraine,
25:40et éventuellement, le bien fondé ou pas
25:41d'aller combattre en Ukraine,
25:43même si la question n'est pas posée.
25:44D'ailleurs, Emmanuel Macron l'a dit clairement,
25:46s'il y avait un déploiement de troupes en Ukraine,
25:48ce ne seraient pas des troupes de combat,
25:49ce seraient des troupes de soutien.
25:50Mais il y a une partie de la population française
25:52qui, depuis le début, exprime son désaccord
25:54avec le soutien à l'Ukraine.
25:56Je crois qu'il ne faut pas l'oublier.
25:57C'est une réalité, donc il n'est pas très étonnant
25:59qu'à un moment donné, dans les sondages,
26:01vous ayez des gens qui disent
26:02on ne va pas mourir pour l'Ukraine.
26:04Le deuxième élément, c'est que
26:07ces appelés, puisqu'il faut bien les appeler
26:10en tant que tels, ces volontaires
26:11qui se retrouveront dans ce service
26:13qui sera militaire,
26:15mais qui ne les amènera pas à être déployés
26:18à l'extérieur,
26:19ils vont se trouver quand même
26:20dans une position difficile
26:21parce que parmi eux,
26:23vous en aurez peut-être
26:23qui seraient volontaires pour davantage.
26:25C'est-Ã -dire qu'ils se porteront volontaires
26:27pour les dix mois,
26:28mais ils aimeraient participer
26:29à des opérations,
26:30disons, plus guerrières,
26:32entre guillemets.
26:33Qu'est-ce que vous allez leur répondre
26:34Ã cela ?
26:36Si en plus, ils sont compétents,
26:37puisque je crois,
26:39moi j'ai entendu dire sur des plateaux
26:40qu'en six mois,
26:41vous pouvez avoir formé un bon soldat.
26:43Vous pouvez avoir formé un soldat.
26:44Qu'est-ce que vous allez répondre ?
26:46Sans doute, la réponse va être
26:47eh bien, engagez-vous.
26:48Vous suivez votre engagement.
26:50Donc, je pense qu'il faut voir aussi,
26:52Ã mon avis,
26:53ce service volontaire
26:54comme un sas d'entrée plus progressif
26:56dans la carrière militaire
26:58pour renforcer l'effectif des armées.
27:00Mais à ce moment-là ,
27:01vous butez sur un autre obstacle,
27:02c'est que si l'effectif des armées
27:03se renforce,
27:04ça va coûter encore plus cher.
27:06Donc, Ã la fin,
27:07il y aura quand même
27:07une réalité budgétaire
27:09et il faudra s'y confronter.
27:11Cette réalité budgétaire,
27:12monsieur le sénateur,
27:13effectivement, on voit très bien
27:14qu'on est plutôt
27:15dans des temps de disette
27:16aujourd'hui en France.
27:17Très compliqué, d'ailleurs,
27:18de boucler le budget,
27:19comme vous le savez.
27:20Donc, ces crédits,
27:22ces 2,3 milliards,
27:24me semble-t-il,
27:24simplement,
27:25ce service national volontaire,
27:27est-ce qu'ils vont être
27:27retirés du budget ?
27:29Il va y avoir
27:29une sorte d'astuce utilisée
27:31pour qu'il puisse y avoir
27:32une augmentation
27:33de ces dépenses militaires,
27:35quoi qu'il arrive ?
27:36Déjà , ça veut dire
27:37qu'on aurait un budget,
27:39donc c'est déjà un progrès.
27:41Justement, si on n'a pas
27:42le budget,
27:43qu'est-ce qu'il se passait
27:43avec ces dépenses militaires ?
27:44Ce ne sera pas
27:45notre seul problème.
27:47Mais le chef d'état-major
27:48des armées a dit
27:49quelque chose
27:49de très important.
27:50D'ailleurs, il a parlé
27:51de ça en termes de budget.
27:53C'est aussi une question
27:53de priorité.
27:55Il faut voir, justement,
27:57les choses avec peut-être
27:59un regard différent aujourd'hui.
28:01La menace,
28:02chacun la voit arriver.
28:03et les moyens
28:05que nous consacrons
28:06à la défense
28:06sont très faibles.
28:0857%,
28:0957 euros sur 100
28:11est consacré
28:13Ã notre protection sociale
28:14sous différentes formes.
28:17Et donc,
28:17ce qui fait
28:18qu'on a très, très peu
28:19de moyens.
28:20L'idée, c'est d'augmenter.
28:22Oui, mais si notre pays
28:23est attaqué demain,
28:24à ce moment-là ,
28:26la question de la protection sociale
28:28ne se posera plus
28:29en termes vraiment de priorité
28:30et ce sera vraiment
28:31la défense de notre pays.
28:31Donc là , vous opposez
28:32l'un et l'autre.
28:33Non, non, ce que je veux dire,
28:34c'est qu'il faut comprendre
28:36que nous devons faire
28:38des efforts collectifs.
28:39Quand on sort la plaquette
28:40tous responsables,
28:41ça veut dire qu'il faut
28:42que tout le monde comprenne
28:43qu'on a un rôle à jouer
28:44et donc qu'on doit être ensemble
28:46pour se confronter
28:47Ã la menace
28:48et pour faire en sorte
28:50que si on est plus fort
28:52en face de nous,
28:54la personne qui est tentée
28:55de nous attaquer
28:55ne le fera pas.
28:57Mais le Premier ministre
28:58avait l'air de dire
28:58que tout ce qui était régalien
29:00allait peut-être sortir...
29:01Est-ce qu'il va y avoir
29:01une astuce, justement,
29:02s'il n'y a pas de budget
29:03pour que de toute façon
29:04les crédits militaires
29:05soient votés,
29:05cette augmentation
29:06des crédits militaires ?
29:07Écoutez,
29:08avec des astuces,
29:09on arrive à régler les choses,
29:11c'est très bien.
29:12Pour moi,
29:12ce qui est important...
29:13Non, mais ce qui est important,
29:15c'est que chacun comprenne
29:16qu'il va falloir évoluer
29:18dans nos critères de priorité
29:20et qu'aujourd'hui,
29:22le monde a changé
29:23et que quand,
29:24à une époque,
29:25le Premier ministre Fabius
29:26disait qu'on va toucher
29:27les dividendes de la paix,
29:29eh bien aujourd'hui,
29:30il va falloir investir
29:31pour pouvoir rester en paix.
29:34Michel Goya,
29:35justement,
29:36sur cette menace russe,
29:37donc on a parlé
29:38de cette guerre hybride,
29:39manifestement,
29:39on n'est pas encore
29:40tout à fait prêts.
29:41Elle existe depuis un moment maintenant.
29:43Est-ce qu'on progresse d'ailleurs
29:44face à cette menace
29:45de guerre hybride ?
29:46C'est-Ã -dire,
29:47on voit bien des drones
29:48qui survolent
29:49différents pays européens,
29:50du sabotage de voies ferrées,
29:53ça sert en Pologne.
29:53D'abord,
29:54je n'utilise jamais
29:55ce terme de guerre
29:56parce que justement,
29:57pour moi,
29:57c'est sous le seuil de la guerre.
29:59On peut s'affronter
29:59sous le seuil
30:00de la guerre ouverte
30:01très largement.
30:02Donc vous ne dites pas
30:03guerre hybride, vous ?
30:03Non, je n'utilise pas
30:04le terme guerre hybride.
30:05Affrontement hybride,
30:05confrontation,
30:06tout ce que vous voulez.
30:07Mais la guerre,
30:07c'est vraiment autre chose.
30:08C'est vraiment un affrontement
30:09violent, violent,
30:10à grande échelle.
30:12On est en guerre,
30:12il ne faut quand même pas l'oublier,
30:13elle est toujours en guerre
30:14contre des organisations djihadistes,
30:15par exemple.
30:16Donc la défense du territoire national,
30:18ça passe aussi
30:18défense contre les attentats.
30:20Je rappelle qu'on a modifié
30:21notre politique de défense.
30:23On a arrêté, en gros,
30:24de diminuer notre effort de défense
30:26Ã la suite des attentats
30:27en France de 2015.
30:28Et cette guerre, elle continue.
30:29Donc il faut continuer
30:30à protéger aussi
30:31le territoire et les Français
30:32de cet ennemi.
30:34LÃ , pour le coup,
30:35c'est un vrai ennemi
30:35qui est déjà en guerre contre nous.
30:36Donc ça, ça continue.
30:37Ensuite, vous avez la menace.
30:39La menace russe,
30:39pour l'instant,
30:40la Russie n'est pas un ennemi,
30:41c'est un adversaire
30:42qui peut nous attaquer
30:44de plein de façons
30:44qui ont déjà été évoquées
30:45et qui le font.
30:46Les cyberattaques,
30:47ça va de l'influence,
30:49des jeux d'influence
30:50jusqu'aux même,
30:51jusqu'aux assassinats,
30:52même des actions
30:52qui peuvent être plus violentes.
30:54Donc ça, il faut lutter contre ça,
30:55il faut se protéger contre ça.
30:56Et ensuite, il faut préparer
30:57et dissuader surtout
30:58le passage au seuil de la guerre.
31:00Et ce passage au seuil
31:01de la guerre ouverte,
31:02encore une fois,
31:03il ne se passera pas
31:04tout de suite,
31:05au moins sur le théâtre national.
31:06Même s'il peut être attaqué,
31:08il faut dissuader la Russie
31:11d'attaquer les Pays-Baltes
31:12ou d'attaquer l'Apollion
31:13ou d'attaquer un pays de l'Est.
31:14Parce que ça serait ça
31:15le point de départ
31:15d'une entrée en guerre
31:17contre la Russie.
31:17Si on parle d'un scénario,
31:19très clairement,
31:19Michel Goya,
31:20ça veut dire par exemple
31:21un drone russe
31:22qui abat un avion français
31:23ou un drone russe
31:24qui abat un avion balte.
31:26Et là , c'est une agression
31:27qui se transforma en guerre
31:29contre la Russie ?
31:29Non, pas forcément.
31:30Ça peut rester au stade
31:30de l'accrochage.
31:32Ça commence.
31:32Vous savez,
31:33un avion russe a pénétré
31:35dans le ciel turc en 2015.
31:37Il a été abattu.
31:38Il a été abattu.
31:38Bon, voilà ,
31:39c'est resté à ce stade
31:40de l'accrochage.
31:40Il n'y a pas eu de guerre
31:41entre la Russie et la Turquie.
31:43Le groupe Wagner russe
31:44a attaqué une position
31:45américaine en Syrie.
31:46Ils ont été complètement détruits.
31:48Il y a une centaine de Russes
31:49qui ont été tués
31:49par des Américains
31:50Ã cette occasion.
31:51Ça n'a pas déclenché
31:52une guerre entre les États-Unis
31:53et la Russie.
31:53Donc, on peut rester un temps
31:54Ã cet accrochage.
31:56Donc, le vrai scénario,
31:56c'est la Russie attaque
31:58d'un seul coup massivement
31:59les pays baltes
32:00ou la Estolie.
32:01Bon, voilà .
32:02Accessoirement,
32:02ce sont des pays alliés.
32:04Et donc, nous, la France...
32:04Au sein de l'OTAN ?
32:05Au sein de l'OTAN
32:06et de l'Union européenne,
32:07il ne faut pas oublier.
32:08Et donc, nous,
32:08quelle est notre position ?
32:09De la même façon que,
32:11je rappelle que,
32:12en 1990,
32:13vous avez l'Irak
32:14qui attaque le Koweït
32:15et la France,
32:16comme plein d'autres pays,
32:17disent,
32:17OK, c'est intolérable
32:18et nous allons nous battre
32:19pour rétablir
32:22le droit international
32:23et libérer le Koweït.
32:25Au passage,
32:26personne, à l'époque,
32:28c'était quelque chose
32:28qui avait été admis.
32:29Pourtant, on anticipait
32:30des centaines de morts
32:31dans les rangs français.
32:33Et c'était quelque chose
32:33qui était admis
32:34à ce moment-là .
32:34Et pourtant,
32:35on était un peu
32:35dans cette configuration
32:36d'aller combattre au loin
32:38pour défendre un allié
32:39ou pour défendre
32:40le droit international, etc.
32:41Mais ça n'a pas été le cas
32:41pour la deuxième guerre d'Irak ?
32:43Ah non, mais ça,
32:44c'était un autre contexte.
32:45Heureusement,
32:45nous ne nous sommes pas allés.
32:46Mais là ,
32:47c'est ça le scénario
32:48sur lequel il faut se préparer,
32:50le scénario de guerre
32:50sur lequel on se prépare
32:53en réalité.
32:53Non pas pour la faire,
32:55mais pour la dissuader.
32:57Même chose
32:57dans tous les pays européens.
32:59On parle comme ça,
33:00on s'éterbe,
33:01que ce soit en Allemagne,
33:02que ce soit en Italie
33:03d'ailleurs aussi.
33:04Oui, parce que
33:05à quoi est-on confronté ?
33:07On est confronté
33:07Ã une menace
33:08que l'on voit se dessiner,
33:11mais dont on ne connaît pas
33:12exactement les contours
33:13au moment où éventuellement
33:15l'affrontement viendra.
33:16Donc, toute la difficulté
33:17pour l'ensemble des pays européens,
33:19c'est de mettre en place
33:20des structures de défense
33:22Ã la fois
33:23qui puissent se connecter
33:24les unes aux autres.
33:25C'est tout l'enjeu.
33:26On n'en a pas parlé
33:26de la mobilité
33:27du Schengen militaire,
33:29c'est-à -dire l'idée
33:30de faire en sorte
33:30que les troupes
33:31puissent aller
33:32d'un pays à un autre
33:33et se rendre rapidement
33:34sur le point de confrontation
33:36qui pourrait être,
33:36par exemple,
33:37la frontière des Pays-Baltes.
33:38Deuxième élément,
33:39c'est avoir une force
33:40suffisamment dissuasive
33:42tant du point de vue
33:43du matériel,
33:44là , a priori,
33:44c'est déjà le cas,
33:46que du point de vue humain
33:47pour que la Russie,
33:48si on parle d'elle,
33:50n'intervienne pas.
33:51C'est tout ça
33:51qui est en jeu
33:52et il est clair que maintenant,
33:53il faut le faire
33:53au niveau européen.
33:55Alors, est-ce que,
33:56et ça, c'est une autre question,
33:57les services militaires
33:59nationaux aujourd'hui,
34:01est-ce qu'ils peuvent
34:01être intégrés
34:02d'une manière ou d'une autre
34:03à une logique européenne ?
34:04Moi, je pense
34:05qu'à un moment donné,
34:06il serait assez logique
34:07que se mettre en place
34:08une forme de réserve européenne,
34:10si ce n'est un service
34:11militaire européen,
34:12pour que les armées
34:13s'habituent à travailler ensemble,
34:15non seulement au niveau
34:16du matériel,
34:17ça, c'est déjà le cas,
34:18mais aussi au niveau
34:19des effectifs volontaires.
34:21Un service européen
34:21sans armée européenne ?
34:23Eh bien, peut-être,
34:24ça pourrait être le prémice
34:25d'une armée européenne.
34:26Je sais que c'est un sujet
34:26pour beaucoup de pays tabous,
34:28mais est-ce qu'à un moment donné,
34:29on ne va pas progressivement
34:30y arriver ?
34:31Olivier Cadic,
34:32cette idée ?
34:33Le phénomène de la guerre
34:34telle que je l'entends
34:36peut être une vision
34:39un peu, pour moi,
34:41dépassée.
34:41La guerre,
34:42vous avez la guerre commerciale,
34:44vous avez la guerre cyber,
34:45vous avez la guerre informationnelle,
34:46vous avez aujourd'hui
34:47des attaques
34:47qui menacent nos satellites
34:49et on sait très bien
34:49que si on rentrait
34:50dans un conflit,
34:51la première chose
34:52qu'on cherchera à faire,
34:52c'est à nous immobiliser
34:54tous nos satellites
34:56pour tuer
34:57toutes nos communications.
34:58Donc, on est confronté
34:59aujourd'hui déjÃ
35:00Ã une guerre de fait
35:02et est-ce que la France
35:04serait capable,
35:05comme l'a fait la Roumanie,
35:07d'interrompre une élection
35:08présidentielle
35:08après le premier tour
35:09parce qu'il y a une manipulation
35:10informationnelle,
35:12donc une véritable attaque
35:13puisque une façon
35:14de gagner la guerre,
35:15c'est de faire en sorte
35:15que le dirigeant
35:16du pays visé
35:18serve vos intérêts.
35:20Et donc,
35:20c'est très exactement
35:21ce à quoi nous sommes
35:21confrontés aujourd'hui,
35:23pas que la France,
35:24tous les pays,
35:25toutes les démocraties.
35:26Et donc, nous avons
35:26aujourd'hui
35:27Ã mener vraiment
35:30une réflexion
35:30et à faire en sorte
35:32que tout le monde
35:32se rende compte
35:33de ce qu'il se passe
35:33et qu'aujourd'hui,
35:35c'est l'État justifie
35:37que vraiment on mobilise
35:39le plus largement possible
35:40et ça commence par ça,
35:42par une journée d'appel
35:43où tout le monde
35:44peut se déclarer
35:46intéressé ou pas
35:47et monter progressivement
35:49en capacité
35:50pour, hélas,
35:52peut-être,
35:52être confronté
35:53Ã une guerre militaire
35:54telle qu'elle est décrite,
35:56mais malheureusement,
35:57j'aimerais pouvoir dire
35:59que cette guerre militaire
36:01n'arrivera jamais,
36:02mais ça n'est que
36:03le stade ultime
36:04et on peut parler
36:05d'escarmouche
36:06parce que quand on parle
36:07effectivement
36:07de ces accrochages,
36:09ces escarmouche,
36:09ça a toujours existé,
36:12on peut,
36:12ça peut,
36:13Ã tout moment,
36:14il faut le savoir,
36:15Ã tout moment,
36:16on peut avoir
36:17un scénario d'escalade,
36:18nous avons un scénario
36:18d'escalade,
36:19nous l'avons actuellement
36:20dans l'Indo-Pacifique
36:21et donc tout peut aller
36:22très vite aujourd'hui
36:23et il faut vraiment
36:24se préparer
36:25et que tout le monde
36:26soit conscient
36:26de la gravité
36:27de la situation.
36:28Christelle Crappelet,
36:28est-ce que les Français,
36:29justement,
36:30comment envisagent-ils
36:32cette menace ?
36:34Je ne suis pas sûre
36:34qu'ils aient à l'esprit
36:35l'ampleur
36:36de toutes les divises,
36:37de toutes les spécificités
36:38que vous mentionnez.
36:39Alors,
36:39les tentatives d'ingérence
36:40de la Russie
36:42sur l'Union Européenne,
36:43ça, ils commencent à le percevoir.
36:44Oui, ils le perçoivent.
36:45D'ailleurs,
36:45on l'a dans l'enquête,
36:46c'est 7 Français sur 10
36:47qui sont acquis
36:48à ce sujet-là .
36:48Donc,
36:48ils comprennent bien
36:49que tout ne se joue pas
36:50seulement sur le plan militaire
36:51et qu'il y a d'autres formes
36:52de menaces.
36:53Après,
36:53tout ça reste assez diffus
36:54pour eux.
36:55Il y a un climat
36:56d'angoisse générale
36:57généré par le contexte
36:59qui est certain.
37:00Mais on va dire
37:00que beaucoup de Français
37:01sont quand même focalisés
37:02aujourd'hui
37:02sur des préoccupations
37:03très nationales,
37:04très concrètes,
37:05très économiques
37:06et sociales.
37:07Quand on fait
37:07nos questions
37:08sur c'est quoi
37:09vos principaux sujets
37:10de préoccupation,
37:10ce n'est pas la guerre,
37:11c'est le pouvoir d'achat,
37:13les inégalités sociales.
37:14L'un n'est pas exclusif
37:15de l'autre.
37:16Mais c'est,
37:17voilà ,
37:17aujourd'hui,
37:17on a des Français
37:18qui sont encore focalisés
37:19essentiellement
37:20sur ces thématiques-lÃ
37:21et pour qui,
37:22on va dire,
37:22le contexte international
37:23est source d'inquiétude
37:25mais sans en maîtriser
37:26totalement
37:26tous les tenants
37:27et les aboutissants.
37:28Michel Goya,
37:29quand Boris Pistorius,
37:31le chef de la défense
37:33allemand,
37:34dit que dans un an,
37:35il y aura une guerre
37:35contre la Russie,
37:36et qu'en pensez-vous ?
37:37Non,
37:38il dit que c'est possible.
37:39C'est possible.
37:40Mais il parle d'un an
37:41alors qu'on parlait
37:41plutôt de 3-4 ans.
37:43Les prévisions
37:43qui concernent le futur
37:44sont les plus difficiles.
37:46Mais non,
37:47il se trouve,
37:48oui,
37:48qu'il y aura
37:48une fenêtre
37:49de vulnérabilité,
37:51contestablement,
37:52après la guerre
37:53en Ukraine.
37:54On se retrouvera
37:55avec une armée
37:55russe puissante.
37:58Un dirigeant,
37:58Poutine,
37:59qui est actuellement
38:00le dirigeant
38:00qui a déclenché
38:01le plus d'agressions
38:02des pays voisins
38:03au moins depuis 1945
38:04et donc il n'y a pas
38:05de raison
38:06qui s'arrête là .
38:08C'est comme un cambrioleur
38:08qui a fait
38:105 cambriolages
38:11et qui se retrouve
38:12dans la nature.
38:13Est-ce qu'il va être
38:13touché par la grâce
38:14et dire oh c'est mal
38:14ou est-ce qu'il va recommencer ?
38:16Il faut peut-être
38:17anticiper qu'il recommence.
38:18Donc on est dans ce contexte
38:19avec un élément
38:20en paramètre
38:20qui est très important,
38:22c'est le flou
38:23sur l'aide américaine,
38:26sur l'allié américain.
38:28Et donc on a un peu
38:29le sentiment
38:29qu'on se retrouve
38:30un petit peu seul
38:30face à une menace
38:32qui est très importante
38:33dans les années à venir.
38:34Donc l'Europe peut-elle
38:34se passer des Etats-Unis
38:35pour se défendre
38:36contre la Russie ?
38:37Il doit apprendre
38:38en tout cas
38:38Ã se passer
38:39des Etats-Unis,
38:40ça c'est évident.
38:42Concrètement,
38:42elle peut le faire
38:42même si...
38:44Mais pour beaucoup,
38:46il faudra se déshabituer,
38:47il faudra se sevrer
38:47de la protection américaine.
38:50Est-ce qu'on a les moyens
38:50finalement
38:51de pouvoir
38:52de se défendre
38:53véritablement ?
38:55Les moyens financiers
38:57parce que 2,3 milliards
38:58ça serait juste
38:59pour ce service national
39:00volontaire,
39:00il en faut beaucoup plus.
39:022% du PIB,
39:03c'était ça,
39:04ça c'est l'objectif.
39:05On y est au 2% ?
39:07Oui, c'est 3%
39:09voire 5%.
39:105%, ça c'est l'objectif.
39:11Donc là ,
39:12pour le coup,
39:12on n'y est pas.
39:123%, voilà ,
39:13déjà le premier objectif.
39:16Non mais,
39:17encore une fois,
39:18c'est juste
39:18une question de priorité.
39:20Je pense que les Français
39:21sont attachés à la paix.
39:23Je ne crois pas
39:23qu'ils aient envie
39:24de faire la guerre.
39:25Et donc c'est bien de ça
39:26dont il est question,
39:27c'est d'avoir la paix,
39:28de préserver la paix.
39:29Et pour préserver la paix,
39:31il faut montrer
39:32Ã M. Poutine
39:33que nous ne sommes pas faibles
39:35et qu'il n'a aucune chance
39:37de gagner
39:38s'il s'en prend à nous.
39:39Par contre,
39:39si on apparaît comme faible,
39:41et bien sûr,
39:42ça nous renforce,
39:43d'autant plus,
39:44et c'est beaucoup plus crédible.
39:45Et quand on parlait
39:46justement des forces en Estonie,
39:47je suis allé sur l'opération Lynx,
39:49où donc nous avons
39:50nos forces positionnées
39:51avec les Britanniques,
39:53avec les Allemands,
39:55nous sommes juste
39:55à quelques kilomètres
39:56de la frontière russe.
39:58Et qu'est-ce que nous observons ?
40:00Nous observons que côté russe,
40:02ils commencent à s'organiser,
40:03ils sont en train
40:04de construire des casernes,
40:05des baraquements.
40:06On voit qu'ils se préparent
40:08pour pouvoir accueillir
40:09des troupes.
40:10Pour l'instant,
40:10ils ne les ont pas
40:11parce qu'ils sont occupés
40:12sur un autre front,
40:13mais on voit tout de suite
40:13qu'ils sont en train
40:14de créer les infrastructures
40:16pour pouvoir se préparer
40:17Ã la phase suivante.
40:19Et ça,
40:19on en est tous conscients.
40:21C'est pour ça qu'il faut,
40:22et le président de la République
40:22a raison de nous dire,
40:25il faut absolument se préparer,
40:26il faut montrer
40:27que nous sommes en capacité
40:29d'anticiper
40:30pour que l'envie
40:31de nous attaquer
40:32disparaisse.
40:33La dissuasion nucléaire
40:34ne suffit plus ?
40:35Non, mais la dissuasion nucléaire
40:36n'a jamais suffi complètement.
40:38Elle a protégé
40:39pendant longtemps.
40:40Non, mais la dissuasion nucléaire
40:41protège d'une attaque nucléaire.
40:44C'est-Ã -dire que,
40:44voilà ,
40:45ça protège
40:46de toute menace nucléaire
40:47parce que celui
40:48qui nous menace
40:48et qui nous attaque nucléairement
40:49sera frappé
40:50de la même façon en retour.
40:52Donc, évidemment,
40:52ça calme un peu les ardeurs.
40:53Ça, on en est à peu près certain
40:55et c'est déjà énorme.
40:55Ensuite, ça peut protéger
40:58ce qu'on appelle
40:58les intérêts vitaux.
41:00C'est-Ã -dire que si la France
41:01vraiment est menacée
41:02complètement dans son existence,
41:04même d'une autre manière
41:05que nucléaire,
41:06oui, peut-être que là ,
41:06oui, à ce moment-là ,
41:07on utilisera le nucléaire.
41:09Et donc, là aussi,
41:10ça va refroidir
41:11peut-être un peu les ardeurs.
41:12Mais pour le reste,
41:13si les Russes
41:15attaquent l'Estonie,
41:16on ne va pas attaquer
41:18la Russie nucléairement.
41:20Pour ça,
41:21il faut être clair là -dessus,
41:21même si on essaie
41:22de maintenir un certain flou
41:23sur les intérêts européens.
41:24Non, il faut être clair là -dessus.
41:25On ne va pas attaquer la Russie,
41:27sachant que la Russie
41:27riposterait également
41:28de la même façon sur nous.
41:30Et donc, qu'est-ce qu'il faut ?
41:31Il faut dissuader conventionnellement.
41:32Ça commence par ça.
41:33La dissuasion,
41:34elle est générale,
41:34elle est globale.
41:35Ce n'est pas que nucléaire.
41:36C'est des moyens aussi
41:37conventionnels forts.
41:39Ça permet de...
41:40Et puis,
41:41on revient un peu
41:41Ã ce que disait
41:42le général Mandon.
41:43La dissuasion,
41:44c'est des moyens, certes,
41:45mais c'est aussi une crédibilité.
41:47C'est-Ã -dire,
41:47OK, il faut persuader
41:49l'adversaire éventuel,
41:51l'ennemi éventuel,
41:52qu'on ira.
41:53On utilisera ces moyens
41:55et puis on ira.
41:55On ira au combat.
41:56On prendra des risques.
41:57En tout cas,
41:58même des risques très élevés.
42:00Et ça, oui,
42:01il faut construire.
42:02Pour l'instant,
42:03on est un petit peu faible
42:03dans certains domaines conventionnels.
42:05On va le dire comme ça.
42:06On l'a bien compris.
42:07Merci, Michel Goya.
42:08Merci à vous, Olivier Cadic.
42:10Merci, Christelle Crappelet.
42:12Richard Verli nous a touté
42:13il y a quelques instants.
42:14Merci beaucoup
42:14d'avoir participé
42:15à cette émission.
42:16Alors, ce qu'on pouvait dire
42:16sur ce service national volontaire
42:19annoncé par Emmanuel Macron
42:20aujourd'hui.
42:22Restez avec nous.
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