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  • il y a 3 jours
Avant la journée Mondiale de lutte contre le Sida, lundi prochain (1er décembre), Montpellier accueille pendant 3 jours le 26e congrès de la Société Française de Lutte contre ce virus.

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Transcription
00:00Premier sur l'actu locale, ici Macaron.
00:06Avant la journée mondiale de lutte contre le SIDA lundi prochain,
00:09en Montpellier accueille au quorum le 26e congrès de la Société Française de Lutte contre le VIH.
00:14Sébastien Garnier, vous recevez le coprésident de ce congrès, spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Montpellier.
00:20Le professeur Alain Mackinson, bonjour.
00:22Bonjour Sébastien Garnier.
00:24La recherche a fait beaucoup de progrès depuis l'apparition du SIDA il y a 45 ans,
00:28mais la maladie est toujours là.
00:30Est-ce que pour commencer, pour planter le décor, vous pouvez nous donner quelques chiffres
00:34de ce que ça représente aujourd'hui le SIDA, à la fois en France et puis dans notre région ?
00:38Alors le SIDA, différencié du VIH, donc je vais vous parler de VIH,
00:42donc c'est des personnes qui vivent avec le virus, des personnes vivant avec le VIH.
00:46Il y a 180 000 personnes vivant avec le VIH en France.
00:49Il y a 5200 nouvelles contaminations par an.
00:53En France, en Occitanie, on est plutôt autour de 270-300 nouvelles infections,
00:59et dans l'Hérault, on est autour d'une centaine.
01:02Donc ce ne sont pas des chiffres impressionnants, dit comme ça,
01:04mais pourtant, voilà, le nombre progresse et on a de quoi être inquiet aussi,
01:09parce qu'en matière de prévention, de subvention, les choses pourraient s'emballer,
01:15parce qu'on n'a pas ce qu'on souhaiterait.
01:17Alors les chiffres progressent, oui et non, c'est-à-dire qu'il y a une diminution
01:20du nombre de nouveaux cas par an chez les hommes qui ont des rapports sexuels entre hommes,
01:25grâce à la prévention, grâce à la mise sous traitement rapide des personnes vivant avec le VIH,
01:30puisque quand ils sont sous traitement antirétroviral, ils ne transmettent plus la maladie,
01:35pas du tout, zéro transmission.
01:37On rappelle ça la PrEP ?
01:38Non, c'est le TASP, c'est le Treatment as Prevention en anglais,
01:42donc c'est le I égale I, indétectable, je n'ai plus de réplication virale, je ne transmets plus.
01:46Par contre, les personnes qui n'ont pas encore acquis le VIH, on n'espère jamais,
01:52on peut leur prévenir en leur proposant, en effet, si on estime qu'ils ont un risque assez élevé d'être exposés,
02:00un traitement préventif qui s'appelle la PrEP.
02:03Et puis on a aussi le dépistage régulier des personnes pour les mettre sous traitement le plus tôt possible.
02:08Donc chez les gays, ça baisse ?
02:09Chez les gays, ça a baissé jusqu'à deux ans maintenant, c'est une courbe plate.
02:13Chez les personnes nées à l'étranger et les personnes les plus précaires, les plus éloignées du soin,
02:18on voit que les chiffres augmentent et ça, c'est inquiétant.
02:21Mais en effet, vous avez raison, on a un petit peu peur pour l'avenir, même très peur.
02:24Déjà, le contexte mondial n'est pas très favorable aux objectifs OMS de contrôle de l'épidémicida dans le monde,
02:33puisque les États-Unis ont diminué nettement les subventions à la prévention et à la prise en charge
02:39des personnes vivant que le voyage dans les pays pauvres.
02:41Et puis on sait que le virus, il voyage, il n'a pas de frontières, lui.
02:44Et on estime que dans six ans, on va être à des millions de cas supplémentaires par rapport à aujourd'hui.
02:49Donc probablement, par ricochet, une augmentation de l'épidémie en France, y compris dans tous les pays riches.
02:55Et l'autre élément, c'est la baisse des subventions auprès des associations
02:59qui font un travail incroyable d'aller vers les personnes les plus éloignées du soin,
03:03les travailleurs, travailleuses du sexe, des gens plus précaires, des migrants, des exilés en difficulté,
03:09qui pensent d'abord à manger, à s'héberger et ensuite à leur santé.
03:13Donc ce travail-là risque d'être un petit peu touché et impacté par la baisse des financements.
03:18Et enfin, il y a un enjeu politique en ce moment avec le vote de la loi sur la sécurité sociale.
03:25Si on remet en question l'AME, notamment l'aide médicale d'État aux personnes les plus démunies que sont les exilés,
03:32on risque d'empêcher justement la prévention et le traitement et d'avoir une réaugmentation.
03:38Et alors, même si aujourd'hui on peut vivre avec le sida, il faut en avoir peur quand même.
03:45On a l'impression aujourd'hui que ça fait plus peur cette maladie.
03:47Ça fait plus peur chez les jeunes, il y a une banalisation un petit peu,
03:51ce qui est à la fois une bonne nouvelle mais aussi du coup une mauvaise nouvelle
03:55puisque du coup on se sent moins concerné par la prévention.
03:59Mais je voulais juste insister déjà, il y a une différence entre sida et VIH.
04:02Le sida c'est le stade ultime de l'infection VIH où il y a des complications.
04:06L'infection VIH c'est la maladie induite par le virus.
04:09Oui parce qu'on peut l'avoir le virus en soi et ne pas s'en rendre compte.
04:12Tout à fait.
04:13C'est d'ailleurs un problème.
04:15Il y a des milliers de personnes qui sont porteuses et qui ne le savent pas.
04:19C'est sûr que les signes sont soit inexistants, soit très très légers.
04:22Donc c'est l'intérêt du dépistage des populations plus exposées que d'autres
04:26au risque d'être infectées sur leur histoire de vie, sur leur parcours,
04:30sur leur orientation sexuelle, sur leur pays d'origine.
04:33On va proposer des dépistages assez réguliers s'il y a prise de risque régulière.
04:38Il faut que tout le monde se fasse dépister ?
04:40Il faut que tout le monde se fasse dépister au cours de leur vie sexuelle une fois
04:43et ensuite après un changement de partenaire par exemple.
04:47Et puis des groupes plus à risque, plus exposés au risque d'être infectés,
04:53on va leur proposer du dépistage régulier et éventuellement le traitement pré-exposition.
04:59Et si on est malheureusement infecté par ce virus, on met ce traitement antirétroviral
05:05qui est très efficace, beaucoup mieux toléré qu'avant,
05:08même s'il y a toujours les stigmatisations sociales qui sont majeures.
05:11Ce n'est pas une maladie légère quand même.
05:12Et ça, ça empêche la transmission.
05:15Et pour ces personnes-là, sur le plan santé sexuelle,
05:18c'est quelque chose d'assez libérateur de savoir qu'on peut avoir des rapports
05:21et on ne va pas engendrer de cas secondaires.
05:25C'est vraiment très important pour ces personnes-là.
05:27L'ensemble de ces éléments vont être soulignés au congrès aujourd'hui.
05:30Le congrès effectivement qui démarre, ça dure trois jours.
05:33Ça dure trois jours.
05:34Au quorum, avec des médecins dont vous êtes,
05:39des associations, on a bien compris l'importance et le rôle des associations.
05:42Merci professeur Alain Mackinson, spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Montpellier
05:48et co-président de ce congrès qui démarre aujourd'hui.
05:51Au quorum, bonne journée.
05:52Merci à vous.
05:53Et comme disait Christophe De Chavanne, sortez couvert.
05:55Ici Hérault, 6h, 9h.
06:01Et on parle...
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