- il y a 9 mois
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00:0010h, 11h30, Culture Média, Thomas Hill.
00:03Merci beaucoup d'être avec nous pour la suite de Culture Média.
00:06Nous a rejoint dans ce studio Sacha Nocovitch pour parler sport.
00:10Salut Sacha.
00:11Et ça tombe bien que vous soyez là, Sacha, parce que j'ai la chance de recevoir ce matin
00:15l'un des plus grands sportifs français.
00:18Alors c'est simple, dès l'âge de 24 ans, il avait atteint tous ses objectifs sportifs.
00:23Il avait tout gagné.
00:24Alors qu'est-ce qu'il a fait ?
00:25Eh bien il a regagné.
00:27Et qu'est-ce qu'il a fait ensuite ?
00:28Il a regagné.
00:29Triple champion olympique, quadruple champion du monde et d'Europe,
00:33élu meilleur handballeur du monde en 2007, 2014, 2016.
00:38Bonjour Nicolas Karabatic.
00:39Bonjour Thomas.
00:40Et merci beaucoup d'être avec nous.
00:42Est-ce que j'ai oublié un truc dans votre palmarès de fou ?
00:44Un truc qui compte pour vous ou pas ?
00:46Parce que la liste est longue.
00:48Possiblement, mais quand on se...
00:49Acteur, acteur, il a été acteur.
00:51Ah oui, dans quoi vous avez joué ?
00:54Très bonne question.
00:56Mais c'était un méchant avec son frère.
00:58Ils faisaient très très peur les deux.
01:00Non, non, non.
01:00C'était un autre truc.
01:01Ça c'était une sorte de petit teaser qu'on avait tourné en vue de peut-être faire un film.
01:09Là je jouais avec mon frère, un méchant Hugo.
01:12Et avec d'autres coéquipiers, on avait bien rigolé.
01:15Et non, j'avais fait un vrai film sur le sport.
01:18Et ça a moins marqué que votre carrière.
01:21Ça m'a moins marqué que ma carrière.
01:23Vous avez mis fin à cette carrière à l'âge de 40 ans, c'était il y a un an maintenant.
01:27Un an que vous avez mis à profit pour écrire avec Basile Debure votre autobiographie « Ma plus belle victoire ».
01:33Un livre qui ne s'ouvre pas sur une de ces très nombreuses victoires,
01:38mais sur le jour où vous avez perdu pied, le 29 octobre 2022, à l'entraînement.
01:43Tout d'un coup, vous vous sentez très mal, vous perdez l'équilibre.
01:46Vous avez en fait les symptômes d'une commotion cérébrale, sauf que vous n'avez pas eu de choc.
01:51Et alors les médecins vous font faire des tests sans trouver d'explication sur votre état de santé.
01:55Ils ne comprenaient pas ?
01:57Oui, ce n'est pas qu'ils ne comprenaient pas.
01:59C'est qu'ils disaient qu'il y a tous les symptômes d'une commotion,
02:01donc c'est sûrement une commotion et ça va passer.
02:07On a des petits protocoles qu'on ne maîtrise pas trop,
02:10mais il faut laisser du temps et on va y aller doucement.
02:13Et moi de mon côté, ce qui avait fait ma force jusque-là, mon mental à toute épreuve,
02:18il se mettait à tourner en rond.
02:20Je me disais, mais pourquoi ça m'arrive ?
02:22Ce n'est pas logique, il n'y a pas eu de coup.
02:24Ok, je suis fatigué, c'est une période où on a beaucoup de matchs, on enchaîne.
02:27Et c'était aussi à 37 ans, pour moi, un moment où je commençais à réfléchir à l'après,
02:31à ce que j'allais faire, à la suite,
02:32quelle allait être ma deuxième vie.
02:34Et donc je me disais, ce n'est pas logique.
02:37Avec mon esprit cartésien, je ne trouvais pas la logique, la faille et la solution.
02:41Et donc je me mettais à tourner, je ne comprenais pas.
02:43Et vous restez dans votre lit pendant des jours entiers ?
02:46Oui, je suis sur le canapé chez moi, état semi-dépressif,
02:50j'ai des enfants qui courent, qui s'amusent dans le salon,
02:53je leur dis de rentrer dans leur chambre parce que je ne peux pas,
02:55le bruit me gêne, la vision, je vois double,
02:59je n'ai pas d'énergie, je suis à plat et je ne comprends pas ce qui m'arrive.
03:03Et c'est un vieil ami de la famille, Jérôme,
03:05qui va vous aider à redémarrer le système.
03:08Il vous dit que vous êtes à plat énergétiquement
03:10et que vous devriez aller marcher en forêt.
03:13Ça, c'est un conseil qu'on ne vous avait jamais donné,
03:15mais ça a marché.
03:16C'est un conseil que je n'ai jamais reçu.
03:18Comme j'en parlais tout à l'heure,
03:20je suis plutôt logique et cartésien.
03:22Et là, je me mets à faire des trucs un peu louches,
03:25pour moi, pour mon système.
03:27Donc, il me dit, non, non, c'est ce qui t'arrive,
03:29tu es à plat énergétiquement, tu es déconnecté de la nature.
03:32Donc, pour moi, jusque-là, la nature, même si j'aimais bien,
03:36les gens que je regardais sur les réseaux faire des câlins aux arbres
03:39ou chanter dans la nature, ils me faisaient marrer.
03:42Et donc, je me suis dit, de toute façon,
03:43il n'y a personne qui a de solution, qui m'aide.
03:45Moi, je ne comprends pas.
03:47Vas-y, fonce, fais ça, essaye.
03:49Vous êtes allé dans la forêt à côté de chez vous ?
03:51Oui, à côté de chez vous.
03:51Je venais de déménager un an avant,
03:53il y avait une forêt à côté.
03:54Je me suis dit, voilà, c'est peut-être un signe, vas-y.
03:57Et donc, je suis allé, j'ai appris à le faire en pleine conscience,
03:59donc à respirer, à me concentrer sur ma respiration.
04:02J'ai commencé à lire des livres pour calmer, justement, ce mental,
04:05comme je le disais, qui avait été ma force.
04:07Et là, d'apprendre, au contraire, c'est plus une force.
04:09C'est lui qui commence à creuser ton trou
04:11et à faire en sorte que tu n'arrives pas à remonter la pente
04:14et donc à le calmer, à me concentrer sur la respiration,
04:17à apprendre à méditer, plein de choses comme ça.
04:20À faire un câlin aux arbres.
04:21À faire un câlin aux arbres.
04:21Donc, je me suis dit, il ne m'a pas dit de faire ça, Jérôme,
04:24mais j'ai croisé un arbre.
04:25J'ai croisé un arbre dans la forêt.
04:27Il y a eu un bon feeling.
04:28Oui, il y avait un bon feeling.
04:29Il y avait un numéro au-dessus.
04:30Il y avait le numéro 44 qui est mon numéro.
04:32Je me suis dit, c'est fou quand même.
04:33Encore un signe.
04:34Ça, c'est dingue.
04:35Ben, vas-y, fais-le.
04:37Et voilà, j'ai commencé comme ça.
04:39Et j'ai fait ça pendant une semaine, deux semaines.
04:41Et petit à petit, je suis revenu.
04:42Je suis revenu super en forme.
04:44Vous êtes marié avec cet arbre ?
04:46Je ne me suis pas marié avec cet arbre.
04:47Il m'a fait sa demande.
04:49J'ai réfléchi.
04:50Puis finalement, Jérôme, ma compagne, était un peu jalouse.
04:53Donc, j'ai fait ma demande cette année.
04:55Et puis, vous avez fini par revenir sur le terrain.
04:57Donc, la Karvatich, vous avez l'impression,
04:59quand vous revenez d'ailleurs sur le terrain,
05:01que c'est même une nouvelle personne qui joue.
05:03Oui, j'ai l'impression même, une nouvelle personne.
05:05Et surtout, même pas forcément sur le terrain,
05:08même en dehors, j'ai l'impression
05:09qu'il y a eu un avant et un après cet événement.
05:13Je suis devenu une nouvelle personne.
05:16Je me suis beaucoup plus ouvert aux autres.
05:19Cet épisode m'a permis aussi de commencer à...
05:21J'ai commencé à travailler sur moi, sur mon histoire,
05:24sur mes émotions, comprendre mes émotions,
05:26comprendre mes blessures physiques,
05:28ma relation à mes parents, à mon papa,
05:31pour qui, voilà, qui était lié,
05:33qui était décédé en 2011.
05:34Mais j'ai fait ma carrière en grande partie
05:36pour lui, pour rechercher son amour.
05:39Donc, j'ai commencé à revisiter plein de choses comme ça
05:40et comprendre pas mal de choses aussi
05:43sur mon histoire, sur mes émotions,
05:45comme j'en parlais, sur mon mental,
05:48sur les objectifs que je m'étais fixés.
05:50Donc, ça a été assez fou.
05:51Ça m'a ouvert un champ de...
05:53Et comme je suis quelqu'un de curieux, en plus,
05:55je me suis jeté là-dedans.
05:56Et vous revenez sur tout ça,
05:58justement, dans votre autobiographie.
06:00Alors, on peut dire, Nicolas Karabatic,
06:02que vous êtes né dans le Hande,
06:03en ex-Yougoslavie,
06:05d'où le cas à Nicolas,
06:07et d'où le Karabatic,
06:08qui se prononce Karabatic.
06:09Votre père, c'est un grand joueur de handball
06:12au poste de gardien.
06:13Il va être recruté comme joueur
06:15et entraîneur dans un club alsacien,
06:16alors que vous êtes encore tout bébé.
06:18Et à l'âge de 4 ans,
06:19vous rejoignez votre père en France.
06:21Mais vos premiers vrais souvenirs,
06:24ça date de la période
06:24où il devient votre entraîneur,
06:26en fait, vers 8 ans.
06:28Alors, votre père,
06:28il ne vous pousse pas forcément
06:29à faire du hande,
06:31mais vous allez à tous ses matchs.
06:32Vous le suivez,
06:33vous adorez jouer avec lui.
06:34Et surtout, vous écrivez
06:36« Je n'ai plus qu'une seule idée en tête,
06:38une mission qui ne me quittera jamais,
06:40qu'il m'aime ».
06:41En fait, on a l'impression
06:43que vous l'avez rejoint
06:44dans sa passion du hande
06:45pour qu'il vous aime.
06:47Oui.
06:49Donc, comme vous l'avez dit,
06:50il est...
06:51Moi, je suis né en 84,
06:52en ex-Yougoslavie,
06:53à Niche,
06:54et lui, il jouait là-bas
06:54et il est parti jouer en France,
06:56se faire une expérience à l'étranger,
06:58à l'époque du régime communiste de Tito,
06:59qui l'autorisait.
07:00Et donc, il est parti jouer à Strasbourg.
07:02Et on l'a rejoint
07:03quatre ans après avec ma mère.
07:05Définitivement,
07:06ma mère terminait ses études de médecine.
07:07Donc, j'ai grandi
07:08mes premières années sans mon père.
07:10Et...
07:10Il y a eu un manque, oui.
07:11Et donc, je pense
07:12qu'il y a eu un manque, forcément.
07:13Et derrière,
07:14quand on est descendu vivre...
07:14Mon frère est né après,
07:15entre-temps, à Strasbourg, en 88.
07:17On est descendu vivre
07:17à côté de Montpellier,
07:19à Frontignan,
07:20en 92.
07:22Et là, à ce moment-là,
07:24ça a coïncidé.
07:25C'était mon prof de sport à l'école.
07:27C'était mon entraîneur
07:28dans mon club de hand.
07:30Et il faisait toutes les catégories
07:31jusqu'au senior.
07:33Et c'était mon papa à la maison,
07:34bien sûr.
07:35Donc, je l'ai eu
07:35en figure tutéaire
07:37tout le temps à mes côtés.
07:38Et je pense que,
07:40consciemment,
07:40j'ai voulu rechercher son amour,
07:41alors qu'il me démontrait déjà
07:43énormément d'amour.
07:44Mais voilà,
07:44c'est quelque chose
07:45d'inconscient que j'avais
07:46au fond de moi.
07:47Et à partir de là,
07:48j'ai eu cette révélation,
07:50ce mode de vie.
07:52Je veux être le meilleur.
07:53Ce n'est pas je veux,
07:54c'est je vais être le meilleur.
07:55C'était une certitude dans mon esprit,
07:57ce qui est assez fou.
07:58Une détermination de dingue.
07:59Il faut dire que votre père aussi,
08:00il était assez costaud quand même
08:01comme entraîneur.
08:02Il avait un drôle de dicton
08:03quand vous aviez le malheur
08:04de vous plaindre ou de pleurer.
08:06Il vous disait...
08:07Oui.
08:08Celle-là, j'ai hésité.
08:09J'en ai beaucoup parlé avec Basile.
08:10J'adore cette phrase.
08:11J'en ai beaucoup parlé avec Basile.
08:12Je lui ai dit,
08:12je ne suis pas sûr qu'on la mette dans l'île.
08:14Elle peut être mal interprétée.
08:15Il m'a dit,
08:16mais non, elle est géniale et tout.
08:17Je dis,
08:17c'est quand même chaud.
08:18Mon père, quand je me faisais mal,
08:20il me disait que je pleurais.
08:22C'était pour m'habituer
08:22à ne pas me plaindre.
08:25Pendant la guerre,
08:26je pense que c'était la guerre ottomane,
08:28les Turcs se sont fait couper la tête
08:30et ils n'ont pas pleuré.
08:31On a coupé la tête aux Turcs
08:32et ils n'ont pas pleuré.
08:33Ah ouais ?
08:34À l'étang, il vous dit ça ?
08:35C'est ça, du goût, avant.
08:37Et ça a fonctionné.
08:38Donc là, moi, en pleurant,
08:39ils ne pouvaient pas,
08:41ils étaient morts.
08:41Et là, ils se marraient.
08:43Donc, ils faisaient diversion.
08:45Et en même temps,
08:45c'est un truc qui m'est rentré en tête.
08:48Et je m'en suis rendu compte,
08:49après coup,
08:49qu'ils m'ont distillé énormément de mantras
08:51qui m'ont suivi.
08:53Et que mon mental s'en est emparé.
08:55Par exemple, sur la douleur,
08:56avec mon mental,
08:57je n'arrivais pas à la contrôler,
08:59mais je n'étais pas douillé.
09:01Et c'est en partie grâce à ça
09:02que vous avez tout gagné.
09:03Ma plus belle victoire,
09:04c'est chez Flammarion,
09:05c'est signé Nicolas Karabatic.
09:07On va continuer à en parler
09:08dans cette émission
09:09parce que, certes,
09:10vous avez tout gagné,
09:11mais ce que j'ai trouvé très fort
09:12aussi dans votre livre,
09:13c'est que vous parlez
09:14des pages plus compliquées
09:15de votre histoire.
09:16On en parle dans un instant
09:17sur Europe 1.
09:19Vous écoutez Culture Média
09:20sur Europe 1,
09:2110h-11h30
09:22avec Thomas Hill.
09:23Ce matin,
09:23Thomas, vous recevez
09:24Nicolas Karabatic,
09:25l'un des plus grands
09:26sportifs français
09:26pour son autobiographie
09:28Ma plus belle victoire
09:29qui est disponible
09:30aux éditions Flammarion.
09:32Et on a peut-être retrouvé
09:33le film dans lequel joue
09:34Nicolas Karabatic.
09:35Nicolas, est-ce que c'était
09:36avec Chantal Lobby,
09:37Gérard Depardieu
09:38et Mehdi Sadoun ?
09:39Exactement.
09:40Et cette comédie
09:40s'appelle la Dream Team.
09:42Il faut la revoir
09:43avec Nicolas Karabatic.
09:44C'était dur à retenir.
09:45Non, je comprends.
09:47C'était pas dur à retenir
09:48mais ma mémoire est foireuse
09:51et je suis tellement triste
09:52de ne pas m'en être souvenu.
09:54Non mais c'est une bonne
09:54comédie française en plus.
09:55C'est une bonne comédie
09:56et surtout je me suis retrouvé
09:57à tourner une scène
09:58avec Chantal Lobby
10:00et Mehdi Sadoun.
10:01C'était incroyable.
10:03Je me suis retrouvé
10:03dans un univers
10:04qui n'était pas du tout le mien.
10:06Et j'ai fait un autre truc
10:06de ouf l'année dernière
10:08juste après Légio.
10:09J'ai chanté sur scène
10:11à l'Accor Arena
10:12avec Pascal Obispo
10:13pour l'émission
10:14Nagui, Taratata.
10:15Ah ouais !
10:16Donc ça c'était incroyable.
10:17Vous avez chanté quoi ?
10:18Allumer le feu
10:19de Johnny Bon.
10:20Allez, on vous écoute.
10:23Là, je ne sais pas
10:24si vous avez des bons ingéçons
10:25parce que je pense
10:26qu'ils ont dû modifier ma voix.
10:27Ils ont dû corriger un peu.
10:28Je ne suis pas connu
10:29pour être un bon chanteur.
10:30Même si j'aime chanter
10:30et j'aime la chanson,
10:31je ne suis pas connu
10:31pour être un bon chanteur.
10:32Mais il s'est lâché Nicolas,
10:33c'est rare.
10:34Je me suis lâché.
10:35Il était plutôt réservé
10:36mais là, il s'est complètement lâché.
10:38On revient au Hande
10:40parce que vous racontez aussi
10:41dans votre livre,
10:42certes il y a eu ce déclic
10:43de votre père
10:44qui vous a donné envie
10:45d'aimer ce sport
10:46et puis il y a aussi
10:471992,
10:48les Barjots,
10:49l'équipe de France de Hande
10:51qui est médaillée
10:51au JO de Barcelone.
10:52C'est l'équipe
10:53de Jackson Richardson,
10:54Eric Quintin.
10:55C'est la première fois
10:56qu'une équipe de France
10:57gagne un titre olympique.
10:59C'est quelque chose d'énorme
11:01mais pour vous
11:01c'est un peu un déclic ?
11:03Là, sur Barcelone,
11:04ils sont médaillés de bronze
11:05et c'est deux ans après,
11:08en 1995,
11:09où ils sont champions du monde
11:10et c'est le premier titre
11:11de champion du monde
11:12pour un sport co-français
11:13avec cette génération
11:13des Barjots
11:14où c'est vraiment des Barjots.
11:15C'est le début du professionnalisme
11:17et il y a ce côté bon vivant,
11:20ils se font des couleurs.
11:22En 1995 pour la finale,
11:25ils se font tous
11:25une coupe de cheveux
11:27où à la tondeuse
11:28ils se gravent des trucs
11:28derrière leur tête.
11:29T'en as un,
11:30c'est le signe Adidas,
11:31l'autre c'est le nom
11:31d'un bar où il va.
11:34Des fous quoi.
11:35Mais en même temps,
11:36ça lance l'épopée
11:38du hand français.
11:39Moi je suis tout petit
11:39quand je vois ça.
11:40Je vois les matchs,
11:41je commence à lire les magazines,
11:42on ne voit pas trop
11:43de hand à la télé.
11:44Il y a Jackson aussi
11:45qui commence à devenir
11:46une star,
11:46un meilleur joueur au monde
11:47et ils me font rêver.
11:48Et alors vous,
11:49vous y allez franchement,
11:50vous commencez à jouer,
11:51vous êtes un prodige du hand,
11:53un très précoce,
11:54vous jouez avec des garçons
11:54qui ont 4 ans
11:55de plus que vous.
11:56À 14 ans,
11:57vous jouez avec les 18 ans.
11:59Et vous le dites,
12:00je veux devenir
12:01le meilleur joueur au monde.
12:03Quand vous entrez
12:04au sport études à Nîmes,
12:05on vous surnomme
12:06Féno.
12:07C'est votre surnom,
12:08le phénomène.
12:09L'année d'après,
12:10vous êtes recruté
12:10à Montpellier
12:11avec 2 ans d'avance
12:12sur les autres joueurs.
12:13Et c'est là
12:13que vous prenez vraiment
12:15goût à cet entraînement
12:16quasi militaire.
12:18J'ai découvert ça aussi
12:19dans votre livre.
12:20la muscu
12:22énorme
12:23que vous êtes obligé
12:23de faire.
12:23Vous devenez un guerrier,
12:24en fait.
12:25Oui,
12:26je ne sais pas
12:28que je deviens un guerrier,
12:28c'est que je me vois
12:29comme un guerrier,
12:32comme quelqu'un
12:32en mission
12:33avec un objectif
12:35hyper élevé.
12:36Et tout ce que je peux faire
12:38et qui m'aidera
12:39dans la mission,
12:39je me mets à l'aimer.
12:40Donc la musculation,
12:41la course,
12:42je fais des étirements,
12:43alors que ce n'est pas
12:44encore l'époque Instagram.
12:46Aujourd'hui,
12:46on voit tous les athlètes
12:48faire tout ce travail
12:49de l'ombre et tout le monde
12:50s'y met et tout le monde
12:51comprend que c'est important.
12:52C'est une époque
12:52où il n'y a pas de réseau,
12:53où c'est juste mon père
12:54qui m'a dit
12:55qu'il faut aussi tirer,
12:56c'est important.
12:57Et donc je me mets
12:57à faire tout ça,
12:59à faire de la musculation,
13:00à courir,
13:00à prendre des coups
13:02sur le terrain,
13:03à aimer ça,
13:04à avoir un peu
13:05ce côté robot.
13:06Et ce goût de la souffrance
13:08quand même,
13:08il y a quand même
13:08un truc comme ça.
13:09Oui,
13:09un petit goût de la souffrance.
13:10Quand on est athlète
13:11de haut niveau,
13:12surtout dans des sports
13:13de contact,
13:14il faut d'une certaine manière
13:15aimer aller à la limite,
13:18aimer la souffrance
13:19parce que c'est de la souffrance
13:20physique d'une certaine manière.
13:22Mais pour moi,
13:24ça ne l'était pas
13:24parce que c'est pas ce que j'ai aimé.
13:25Et puis il y a la récompense
13:26des victoires derrière.
13:27Et puis à 18 ans,
13:28vous signez votre premier contrat pro,
13:30Nicolas Karabatic,
13:31et là c'est parti
13:31pour une carrière
13:32où vous allez écoeurer
13:33méthodiquement vos adversaires
13:35dans différents clubs,
13:36Montpellier,
13:37Kiel en Allemagne,
13:38Aix,
13:38un passage par l'équipe
13:39qui vous faisait rêver,
13:40petit le FC Barcelone
13:42et puis le PSG
13:43enfin pour neuf saisons.
13:45Et presque tout au long
13:46de votre carrière,
13:47à quelques années près,
13:48où que vous soyez,
13:49votre équipe remporte
13:50au minimum
13:50le championnat national.
13:51Ça c'était le tarif.
13:53Oui,
13:54le championnat national
13:55sur 23 saisons,
13:5722 fois à remporter.
13:58Donc ça c'est une stat
13:59assez folle.
14:00La seule fois
14:00où ça n'a pas été le cas,
14:01c'était après l'affaire
14:02des paris où je suis parti
14:03à Aix-en-Provence.
14:04C'est ça.
14:04Mais le club était censé
14:06descendre
14:07et on l'a sauvé
14:08de la descente.
14:09Oui,
14:09et vous avez été élu
14:10meilleur joueur quand même
14:11de la saison.
14:12Et donc au final,
14:12l'émotion qu'il y a eu
14:13derrière ce 23ème,
14:15enfin ce titre que je n'ai pas eu,
14:17elle était tellement forte.
14:17C'est plus fort d'être maintenu
14:19que de gagner le championnat.
14:20C'est plus fort d'être maintenu
14:21que de gagner le championnat
14:22ou parfois que de le gagner
14:23facilement
14:24parce qu'il y a eu
14:25certaines saisons
14:25où on l'a gagnée
14:26avec un peu d'avance.
14:27Et donc c'est vrai
14:27que l'émotion n'est pas la même.
14:28Et vous le disiez,
14:29c'était juste après
14:30l'affaire des paris
14:31sur lesquels vous avez
14:32le courage,
14:32l'honnêteté aussi intellectuelle
14:33de revenir dans ce livre.
14:36Des paris sportifs truqués
14:37en 2012,
14:38c'était évident pour vous
14:39d'évoquer cette affaire
14:40ou vous avez hésité ?
14:42Non,
14:43je n'ai pas hésité
14:44parce que
14:45la manière dont je l'aborde
14:47et en fait
14:48ce que je voulais
14:49que soit ce livre,
14:51c'est un peu
14:51c'est une transmission,
14:53c'est d'expliquer
14:54de quelle manière
14:56j'ai vécu ma carrière,
14:57les bons moments
14:58et les moments difficiles
14:59et comment ils m'ont servi
15:00pour ne pas baisser les bras,
15:03pour revenir encore plus fort,
15:05pour dépasser ces événements
15:06et comment ils m'ont constitué
15:09et comment je les regarde
15:09maintenant avec
15:10quelques années après,
15:12avec la distance
15:13et la manière dont
15:15aujourd'hui je le regarde
15:16où je me dis
15:17si ce n'était pas arrivé
15:18je n'en serais pas là
15:19aujourd'hui.
15:21Donc de me dire
15:21que le mental
15:22et la manière
15:23dont on voit les choses
15:23on peut les voir
15:24de plein de manières différentes
15:25on peut se dire
15:26voilà c'est terrible
15:28ce qui m'est arrivé
15:28et rester là-dedans
15:29et me dire
15:30je suis une victime
15:31et je m'en plains
15:31constamment
15:32et ça je me suis rendu compte
15:34que ça pouvait bouffer
15:34ou alors de me dire
15:36non en fait
15:36c'est un moment
15:37ça a été difficile
15:38mais tu as appris
15:38énormément de choses
15:39sur ton ego
15:39sur ton entourage
15:42sur tes amis
15:43sur plein de thèmes
15:44et tu en as fait
15:45quelque chose
15:46de positif
15:47pour toi au final.
15:48Ma plus belle victoire
15:49de Nicolas Karabatic
15:51c'est chez Flammarion
15:52on va continuer
15:53à en parler
15:53tout au long
15:54de cette émission
15:55et puis
15:55on va parler sport
15:56dans un instant
15:57avec vous
15:58Ossach Anokovic
15:58qu'est-ce que vous avez
15:59prévu ce matin ?
15:59On a un dieu du stade
16:00et bien moi j'ai des vieux
16:01du stade
16:02vous allez voir ça
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