00:00Les années 80 marquent les toutes premières reconnaissances politiques d'un problème structurel dans les quartiers populaires dits des grands ensembles.
00:14Finis les années béton d'après-guerre, apparus pour répondre rapidement aux besoins de logement des ouvriers qui reconstruisent la France,
00:22le ministère de la Ville, créé en 1990, propose les contrats de ville.
00:26La Ville, première expérimentation pour la réorganisation des quartiers populaires.
00:31Ces contrats visent à la coordination des acteurs publics et privés sur des sujets jusqu'ici ignorés, l'emploi, la sécurité et le cadre de vie.
00:40Désormais, l'État et les collectivités territoriales travaillent de pair avec les bailleurs sociaux et les associations.
00:47En 2003 naît l'Agence nationale de rénovation urbaine.
00:51Saint-Etienne, via les quartiers sud-est, est la première ville de France à bénéficier de grands travaux de démolition.
00:57Le quartier Beaulieu-Montchauvet-Lamarandinière amorce sa transformation.
01:02Le programme national de rénovation urbaine à l'échelle nationale a commencé ici, à Saint-Etienne.
01:07Et c'est celui qui aujourd'hui fonctionne, parce que c'est le projet qui a le plus d'antériorité,
01:12mais où aussi il y a eu tout de suite cette forte mobilisation, cette forte motivation sur un quartier qui souffrait de précarité très très importante.
01:21On était sur une zone qui était très dense en termes d'habitat.
01:25On avait une muraille de Chine qui accueillait pratiquement plus de 600 familles,
01:28avec pratiquement 3000 familles, ne serait-ce que sur une barre,
01:32et qui, lorsqu'elle a été démolie, s'est transformée en un hôpital,
01:38et donc garantissant davantage de flux, où les habitants viennent pour venir chercher un service,
01:43et puis voient finalement une image différente du quartier.
01:46En disant, les démolitions et les reconstructions sont nombreuses dans toute la France.
01:51Cinq villes de Saint-Etienne-Métropole sont concernées.
01:53Andrézieux-Boutéon, Laré-Camarie, Rive-de-Gier, Saint-Etienne bien sûr, et le Chambon-Faugerolle.
01:59Sur Romère-Bouchet-Labitat, il y a eu la grande opération de renouvellement urbain,
02:03qu'on peut constater dans le quartier, principalement avec le bailleur Habitat et Métropole.
02:06Anciennement, on dénabita, puisqu'on était sur un bailleur municipal à l'époque,
02:10qui là a fait énormément de restructuration de logements.
02:13Il y a eu aussi, en lien avec l'État, la reconstruction uniquement d'un logement sur deux à l'époque.
02:17La volonté, c'était de faire du qualitatif.
02:19Donc il y a eu vraiment des investissements qualitatifs sur les logements,
02:23pour répondre aux normes d'aujourd'hui, qui ne sont plus les normes des années 60 ou 70,
02:26qui pouvaient être celles du quartier.
02:27De 2000 à 2020 à Saint-Etienne, le programme de rénovation est un succès,
02:31grâce entre autres à la collaboration des nombreux bailleurs sociaux,
02:35qui ont décidé de travailler ensemble pour le relogement des sangs des familles.
02:40On a un niveau de retour de satisfaction des ménages relogés sur le territoire qui est remarquable.
02:45On ne trouve pas partout en France, quand on travaille,
02:48on parle de rénovation urbaine, avec des gros conflits dans certains territoires,
02:53sur les questions de la démolition, parce que les locataires sont...
02:57C'est quand même un... On touche au cœur de vie.
03:00Quand on demande à quelqu'un de partir, pas de son plein gré,
03:03mais parce que nous, on a décidé de démolir, on est dans le dur.
03:06Et dans l'état d'esprit stéphanois, on a su faire quelque chose d'assez...
03:11Pas confortable, parce que ça ne reste pas confortable,
03:15mais en tout cas, le plus qualitatif possible pour l'accompagnement des locataires.
03:19Et cet esprit inter-bailleur, on le retrouve aussi sur d'autres programmes aujourd'hui,
03:24sur la restructuration urbaine.
03:26Là, on est dans un quartier tarantèse, on doit être cinq bailleurs présents,
03:30cinq bailleurs qui travaillent en ce moment, tous ensemble,
03:33sur la réhabilitation de leur patrimoine.
03:35Tout ça, c'est coordonné par la métropole et la ville de Saint-Etienne,
03:38et on travaille de concert.
03:41Pour les habitants, ça fait qu'il y a des travaux partout,
03:43mais quelque part, on va arriver d'ici deux, trois ans,
03:46à un quartier qui aurait été complètement renouvelé,
03:48et avec une intervention massive de tous les bailleurs.
03:51Car oui, les travaux continuent dans les quartiers.
03:54Depuis 2014, la notion de quartier prioritaire de la ville est née,
03:58avec 15 zones identifiées sur Saint-Etienne-Métropole.
04:02Alors, il y a des quartiers prioritaires qui existaient,
04:04qui existent depuis de nombreuses années,
04:06qui sont les grands quartiers historiques de la métropole,
04:08dont les quartiers de tarantèse, les quartiers sud-est,
04:10les quartiers de Montrénaud, la Cotonne,
04:13qui sont des quartiers un peu historiques.
04:14Donc, ces quartiers-là, ils font l'objet de programmes de rénovation urbaine
04:17depuis de nombreuses années, ça prend du temps de sortir un programme structuré
04:21qui ne concerne pas que les bailleurs sociaux,
04:22qui concerne aussi les équipements publics,
04:24les aménagements de voiries, le parc privé,
04:27l'intervention d'autres opérateurs.
04:28Et puis, on a la deuxième partie,
04:30qui est concentrée les efforts de tous les partenaires sur les dernières années,
04:35qui est l'inscription des nouveaux quartiers prioritaires de la ville,
04:38qui a été acté par l'État en 2024.
04:41Et là, on est sur quelques quartiers qui font un peu exception au niveau national,
04:46parce que ce n'était quand même pas l'objectif de l'État
04:48de rajouter des quartiers politiques de la ville.
04:50Et sur la métropole séphanoise,
04:51on a réussi à faire rentrer certains quartiers dans cette géographie prioritaire,
04:55ce qui va nous permettre d'avoir d'autres outils pour travailler
04:58sur une normalisation de ces quartiers,
05:01le fait de retrouver une nouvelle attractivité sur les quartiers en question.
05:04Cinq nouveaux quartiers intègrent donc la géographie prioritaire en 2024,
05:09trois à Saint-Etienne, Solor, Grand-Clos et Montieux,
05:13deux à Firmini, Firmini Vert et l'Ayabamas.
05:16Aujourd'hui, l'inscription au QPV, pour les habitants,
05:19elle a très peu d'impact.
05:21Elle va nous permettre dans l'immédiat d'avoir plus de moyens
05:24sur ce que j'appellerais un peu plus le soft,
05:28la politique de la ville du quotidien,
05:30l'action des associations, notre participation sur le terrain,
05:35parce qu'on bénéficie d'aides de l'État et des collectivités
05:39pour pouvoir être plus présents sur le quotidien
05:42avec des moyens qui restent limités pour les bailleurs sociaux.
05:44Mais du coup, on a des moyens supplémentaires
05:46pour être davantage présents sur les QPV
05:48et on ne les avait pas sur ces quartiers-là.
05:50Donc ça, ils vont le voir.
05:51Par contre, ce qui va nous permettre d'aller plus loin
05:53sur l'intervention lourde sur ces quartiers,
05:57vraiment ce que les habitants pourront voir en termes de services,
06:00en termes de qualité de l'habitat, de performance énergétique,
06:02comme le principe de la politique de la ville,
06:05c'est que la collectivité va être incitée
06:09à concentrer ses aides sur ces quartiers-là
06:11pour vraiment avoir des effets leviers plus forts
06:14que sur des financements de droits communs,
06:16on va pouvoir aller chercher des opérations
06:18d'une envergure plus importante
06:20que si on était resté sur des quartiers,
06:23on va dire, de droits communs, comme tous les autres.
06:26Aujourd'hui, cette classification en zone QPV
06:29concerne donc plus de 58 000 métropolitains,
06:31soit 14,4 % de la population.
06:34Sous-titrage Société Radio-Canada
06:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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