00:00Sur Maéva, on sait très peu de choses, on en sait encore moins sur les deux autres personnes pour le moment.
00:06Maéva est donc une jeune femme de 27 ans qui a été en relation épistolaire avec Salah Abdeslam depuis sa détention,
00:13relation pistolère qui a manifestement évolué.
00:18Alors ce n'est pas rare du tout, c'est un phénomène extrêmement connu.
00:21Beaucoup, même des tueurs en série, des violeurs, etc., reçoivent des lettres admiratrices.
00:27C'est malheureusement un phénomène qui est connu dans les prisons.
00:33Donc c'est comme ça que leur relation s'est nouée.
00:35Mais je voudrais revenir sur les faits eux-mêmes.
00:39Giscard d'Estaing avait dit, le président Giscard d'Estaing avait dit un jour que la seule peine prévue par le code pédale en France,
00:45à l'époque il y avait la peine de mort évidemment, mais c'était la détention.
00:48Et qu'elle devait se dérouler dans des conditions de dignité.
00:52Et une partie du problème est là.
00:54On ne peut pas, comme je l'ai entendu dire, il devrait être traité de manière inhumaine.
00:59Salah Abdeslam est détenu, il est condamné à la prison à vie incompressible,
01:03il ne sortira clairement jamais de prison.
01:05Des terroristes qui sont détenus pour des faits moins graves, comme Carlos,
01:08ou comme Fouad Salé pour les attentats de 1986 à Paris, sont en prison depuis 40 ans.
01:16Ça dit bien que Salah Abdeslam, avec 135 morts à son actif, ne sortira pas de prison.
01:21Alors qu'il ait eu un ordinateur, on peut en discuter, mais le problème n'est pas là.
01:25Effectivement, le problème, c'est qu'il n'y a pas eu de surveillance suffisante pour empêcher l'activation des ports USB.
01:31Et deuxièmement, bien entendu, l'introduction de la clé USB.
01:36Ça, c'est gravissime.
01:37Le fait, c'est un DPS Abdeslam, c'est-à-dire un détenu particulièrement signalé,
01:43ce qui veut dire qu'il est sujet, même avant l'existence des quartiers de haute sécurité,
01:47il était sujet à des conditions de détention très particulières, avec changement régulier de cellules,
01:52une fouille au moins une fois par mois, c'est manifestement insuffisant, je parle de la cellule,
01:57des fouilles aléatoires au corps, y compris avec mise à nu.
02:02Donc il y avait une série de mesures qui étaient prises, mais qui manifestement n'ont pas fonctionné.
02:06Donc il y a eu un dysfonctionnement.
02:07Et je voudrais revenir également sur la question de la déradicalisation.
02:11Il faut arrêter avec la déradicalisation.
02:13On a maintenant un recul de 25 ans sur les détenus islamistes en Europe et ailleurs dans le monde, d'ailleurs.
02:21Je parle du monde démocratique.
02:22Il n'y a pas de cas de déradicalisation.
02:24Ça ne fonctionne pas.
02:26Et ça ne fonctionnera encore pas dans le cas de Salah Abdeslam, pour une raison très simple.
02:31Salah Abdeslam, c'est un homme jeune.
02:33Il avait 25 ou 27 ans au moment de son arrestation.
02:37Il sait qu'il finira ses jours en prison.
02:39Il sait que sa vie est terminée.
02:41S'il ne se rédit pas de plus en plus dans ses convictions, même si au début elles étaient assez floues,
02:49quelle sera la justification qu'il pourra se donner à lui-même pour cette vie qui n'en est plus vraiment une ?
02:57Donc, Salah Abdeslam, la radicalisation en général ne marche pas et elle ne fonctionnera certainement pas dans le cas de Salah Abdeslam.
03:06Pour lui, se radicaliser, c'est presque une question de survie.
03:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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