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  • il y a 9 mois
À Ploërmel, dans le Morbihan, les sept salariées d’un centre de radiologie viennent travailler chaque jour depuis plus de cent jours… sans voir un seul patient. En cause : le départ à la retraite, début juin, des deux radiologues de l’établissement, jamais remplacés. Depuis, plus aucun examen ne peut être réalisé, mais le personnel administratif et technique reste tenu de se présenter quotidiennement sur place. Une situation jugée « ubuesque » par le maire de la commune, qui parle d’un « énorme gâchis ». Résultat : des milliers d’habitants se retrouvent sans solution de proximité, le centre hospitalier de Ploërmel étant déjà surchargé — beaucoup doivent désormais parcourir plusieurs dizaines de kilomètres jusqu’à Vannes, Pontivy ou même Brest pour passer leurs examens.

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Transcription
00:00Depuis plus de 100 jours, les salariés d'un centre de radiologie viennent travailler
00:03alors que le centre ne peut plus faire d'examen, faute de médecin.
00:06On est là à attendre que les jours passent.
00:09On aimerait qu'il y ait un radiologue qui puisse permettre la réouverture du cabinet.
00:15On ne demande que ça, remettre nos blouses blanches.
00:17Salut, c'est Robin de BFM. Je suis à Pleau-Hermel dans le Morbihan
00:20et cette situation, pour le moins hubuesque, s'explique assez simplement.
00:24Les deux précédents radiologues sont partis à la retraite au mois de juin
00:27et depuis, ils n'ont pas été remplacés.
00:30Voilà, J-103, qui correspond au nombre de jours que nous sommes au bureau,
00:34sans activité, sans patient, sans radiologue.
00:36Là, je suis en train d'installer mon téléphone pour prendre toute l'équipe en photo.
00:41C'est un petit moment qui est important, ça permet de montrer que nous sommes une équipe soudée.
00:46Ça fera un petit souvenir pour mon album photo. C'est le rituel du matin.
00:49Depuis le 16 juin, plus un seul patient ne peut être accueilli dans le cabinet de radiologie
00:53et pourtant, les salariés, elles, doivent tout de même se présenter chaque jour sur leur lieu de travail.
00:58On fait nos 39 heures semaine, on ouvre tous les matins à 8 heures, on ferme à 17 heures
01:03et puis on lit les jeux de société et puis on discute un petit peu de notre avenir, entre guillemets, s'il y en a un.
01:11Moi, je suis secrétaire médicale depuis 36 ans.
01:14Ici ?
01:15Ici.
01:15Au fil des ans, on se crée aussi une amitié avec les collègues parce qu'on est quand même malgré tout très soudés, c'est une vraie cohésion.
01:24Donc, les cabines des examens.
01:26Nous avons deux salles d'échographie, une salle de mammographie et puis ici, on a une salle de densitométrie osseuse.
01:32Il y a tout pour redémarrer.
01:33Au lendemain d'octobre rose, quand on voit qu'on voyait à peu près 500 mammaux par mois, c'est triste de pouvoir avoir du matériel ici qui ne servait pas en fait.
01:42Conséquence, ce sont des dizaines de milliers d'habitants du secteur qui se retrouvent sans service de radiologie de proximité,
01:47avec aussi un centre hospitalier voisin qui croule sous l'afflux des patients.
01:50Ça inspire de la tristesse. On est obligé de se déplacer à une heure de route.
01:54J'avais des rendez-vous à Brest et puis à Vannes.
01:56Et l'hôpital ne peut pas nous prendre parce qu'ils ont des rendez-vous d'ici trois ans.
01:59Après, il y en a pour trois heures et demie ou quatre heures.
02:01Donc, il faut partir en week-end et puis peser sa mammographie en même temps.
02:05De son côté, la direction d'Anodea, le groupe auquel appartient l'établissement, assure que le cabinet devrait rouvrir sans toutefois communiquer de date.
02:12On a une société qui reste très floue et qui n'envoie pas de perspective de futur.
02:17Donc, il y a quand même une inquiétude de la part des représentants du personnel et de la CFDT.
02:21104 jours sans activité, on paye les salaires et tant mieux pour les salariés et heureusement pour les salariés.
02:27Mais ça n'empêche que l'activité qui était quand même très riche, on avait 120 personnes qui passaient par jour.
02:33On imaginait un petit peu ce qu'on laisse sur la touche.
02:37Pour le maire de la ville, Patrick Ledifong, j'ai pu joindre au téléphone cette situation et je cite un énorme gâchis.
02:42Il tente lui aussi de son côté de trouver une solution.
02:45Le téléphone sonne encore. On a peut-être 10, 20 appels par jour. Les gens se renseignent.
02:50Ils essaient de trouver des rendez-vous aussi. C'est compliqué.
02:54Ici, à Plohermel, tous espèrent le recrutement d'un ou d'une radiologue dans les plus brefs délais.
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