00:00qui s'intéresse à la radicalisation qui serait vraisemblablement de retour et en hausse chez les jeunes.
00:05Oui, les acteurs de la lutte antiterroriste notent depuis le début de l'année
00:09un retour à une tendance à la radicalisation des jeunes chez des mineurs et des jeunes majeurs.
00:17Et j'en veux pour exemple le chiffre sur les six attentats qui ont été déjoués depuis le début de l'année.
00:24Sur ces six attentats, les mises en cause avaient à chaque fois entre 17 et 22 ans.
00:30C'est la fourchette d'âge sur tous ces suspects.
00:33Ça vous montre donc cette jeunesse chez les mises en cause.
00:36Alors d'après les enquêteurs, le problème principal reste la recherche d'ultra-violence à chaque fois.
00:43Le terrorisme n'étant, je cite une source, n'étant que le débouché de cette recherche d'ultra-violence
00:50avec plusieurs hypothèses pour expliquer cette radicalisation chez les jeunes.
00:55Notamment l'effet décompensation après le Covid et après tout ce que cela a pu entraîner chez les jeunes
01:05et notamment chez les jeunes qui souffraient de problèmes mentaux, de solitude.
01:10Justement la santé mentale des jeunes qui est aussi en lien d'après les acteurs de la lutte antiterroriste
01:15avec cette recherche d'ultra-violence et cette fascination pour la propagande djihadiste.
01:20Et enfin, le 7 octobre, les attaques terroristes du 7 octobre menées par le Hamas
01:25ont également été un marqueur, nous disent les sources antiterroristes,
01:29pour renforcer cette fascination pour le djihadisme.
01:34Et nous sommes en ligne, merci Alexandra, avec Jacques Poinas,
01:37ancien chef de l'unité de coordination de la lutte antiterroriste
01:40à la direction générale de la police nationale.
01:43Je vous ferai réagir sur ce que vient nous dire Alexandra,
01:45sur cette radicalisation chez les jeunes.
01:47Mais tout d'abord, on voit que 10 ans après les attentats du 13 novembre,
01:51ces informations qui nous sont parvenues du parquet national antiterroriste,
01:54ce risque de la menace terroriste, quel est-il ?
01:57Est-ce que vous dites qu'il est beaucoup plus haut qu'il y a 10 ans ?
02:01Il est différent, je dirais.
02:03Je crois que nous sommes passés, depuis les dix dernières années,
02:11je dirais de terroristes quasi professionnels,
02:15souvent formés d'abord dans la délinquance de droit commun,
02:20puis dans le terrorisme organisé d'Al-Qaïda ou de Daesh,
02:26à une forme de terrorisme qu'on dit viral,
02:29et qui touche des gens, je dirais un éventail de plus en plus large de personnes,
02:37dans les âges, le sexe et la situation psychologique.
02:43C'est-à-dire que ce terrorisme, qui est quand même idéologique,
02:48touche des gens qui n'ont plus un lien très étroit
02:53avec les idéologues ou les terroristes organisés.
02:57Mais je crois qu'il ne faut pas non plus désidéologiser ce terrorisme.
03:03Parce que ces gens,
03:06qu'ils aient des problèmes psychologiques avérés ou même psychiatriques,
03:11qu'ils soient, je dirais, désocialisés,
03:16qu'il y ait un aspect de vengeance générale contre la société éventuellement,
03:22c'est quand même l'idéologie qui leur donne une espèce de motivation,
03:29de justification qui peut provoquer le passage à l'acte.
03:33– Monsieur Poinas, vous avez entendu ce que nous disait Alexandra
03:36sur la radicalisation chez les jeunes.
03:38Comment on peut lutter contre ce phénomène ?
03:41Et est-ce qu'on a les moyens en France de mettre en place une lutte efficace ?
03:46– Écoutez, le problème de la radicalisation,
03:53évidemment, lorsqu'il s'agit d'une idéologie à base religieuse ou pseudo-religieuse,
03:59le problème est plus précis.
04:03Mais vous savez, dans les années 80,
04:05à l'époque du terrorisme d'extrême-gauche,
04:07qui a été dans certains pays d'Europe,
04:09peut-être un peu moins en France,
04:10mais en Italie ou en Allemagne, extrêmement important,
04:13il y avait déjà d'une radicalisation.
04:17Tout terroriste est quelqu'un qui s'est radicalisé,
04:21en général, en s'appuyant sur une idéologie.
04:27Donc, parfois j'ai un peu de mal à comprendre
04:31pourquoi on s'interroge autant sur ce phénomène de radicalisation aujourd'hui,
04:36alors que dans les terrorismes précédents,
04:38on ne s'interrogeait pas sur ce plan-là.
04:40– Parce qu'il prend aussi beaucoup d'ampleur,
04:41et on le disait, le Covid a fait que le 7 octobre
04:44sont une des raisons aussi qui sont avancées
04:47pour ce que nous dit le parquet national antiterroriste.
04:50– Moi, je pense qu'il faut résister à l'idée
04:53de désidéologiser le terrorisme.
04:57L'idéologie, même lorsqu'elle paraît un peu éloignée
05:02du passage à l'acte,
05:04l'idéologie est quand même derrière.
05:06Donc, c'est avant tout lorsqu'une idéologie perd sa force
05:10que le terrorisme qui peut la soutenir s'arrête.
05:14– Sous-titrage Société Radio-Canada
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