- il y a 2 mois
Conférence de presse de l’AJP : M. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, député de Seine-et-Marne
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00:18:30Beaucoup de sujets à aborder, évidemment, avec vous lors de cette conférence de presse, à commencer par la séquence budgétaire entre le budget de l'État, dont l'examen se poursuivra d'ici une dizaine de jours, et le budget de la sécurité sociale qui est discuté cette semaine dans l'hémicycle.
00:18:46Dans un moment où on l'a bien vu ces dernières semaines, le Parti socialiste peut dire stop ou encore à tout moment. Vous nous direz quels premiers enseignements vous tirez de ces discussions budgétaires.
00:18:57Juste une question d'abord liée à l'actualité, plutôt une bonne nouvelle, ce qui n'est pas forcément si fréquent, pour lancer la rencontre avec Chantal Didier.
00:19:06Oui, bonjour, Monsieur le Président. Donc, Cécile Keller et Jacques Paris sont à l'ambassade de France à Téhéran, c'est-à-dire en fait sortie de prison, mais pas encore complètement libérée.
00:19:20Est-ce que vous espérez un retour rapide? Est-ce que vous pensez que ça mérite un bon point pour l'exécutif?
00:19:29Bon, si je vous répondais que non, vous seriez surpris.
00:19:36Donc, évidemment, je suis comme tout le monde, heureux pour eux-mêmes, pour leur famille, pour leurs amis, pour leurs proches, pour toutes celles et ceux qui, depuis trois ans, espèrent ce moment.
00:19:48Et c'est vrai que savoir que cette nuit, ils ont dormi enfin sur un vrai lit avec un vrai matelas et qu'ils sont sortis des geôles, des mollins, c'était une immense satisfaction.
00:19:58Bon, évidemment, je comprends aussi qu'ils sont dans une forme de liberté conditionnelle, qu'ils ne sont pas encore de retour en France.
00:20:06Et j'espère, évidemment, comme vous tous, que ce sera rapidement le cas et que leur calvaire va s'interrompre enfin.
00:20:15Et si la question, puisque la question que vous me posez, c'est est ce que c'est un bon point pour l'exécutif?
00:20:19Oui, c'est un bon point pour l'exécutif, pour le corps diplomatique, pour toutes celles et ceux qui ont œuvré à cette libération.
00:20:25Et comme l'a dit Ludovic Faux à l'instant, il y a suffisamment peu de bonnes nouvelles pour que celles-là puissent nous réunir.
00:20:34Les portraits de Cécile Colleur et Jacques Paris sont affichés depuis un moment déjà devant l'Assemblée nationale.
00:20:42La diplomatie est une chose compliquée, mais considérer que le Parlement, au-delà du gouvernement, de l'exécutif, qui, évidemment, a priorité sur ces sujets-là,
00:20:51mais que le Parlement, la diplomatie parlementaire, le rôle, l'influence que peut jouer le Parlement dans ces affaires-là est aussi important.
00:21:01Tout ce qui concourt à la relation entre les États, y compris les pires, est forcément utile.
00:21:12Je vais me faire un défenseur acharné de la diplomatie, mais c'est pourtant ce que je crois.
00:21:18En fait, je pense que plutôt que les coups de menton, le plus sage, c'est effectivement de chercher, même avec les régimes qui nous sont les plus hostiles
00:21:30et avec lesquels nous avons le moins de points communs, il faut maintenir toujours un canal de discussion et être en capacité de négocier.
00:21:40Aussi étrange cela puisse-t-il paraître, c'est une nécessité absolue.
00:21:44C'est même pour ça qu'on a créé la diplomatie. Moi, je préfère la diplomatie au coup de menton.
00:21:52Faudrait-il, selon vous, mettre le portrait de Boalem Salal sur les grilles de l'Assemblée nationale ?
00:22:00Boalem Salal, Jérôme, c'est pas Jérôme, c'est Jean-Luc Gleize, Christophe Gleize.
00:22:04Oui, bien sûr, l'un et l'autre mériteraient d'avoir leur portrait parce que d'ailleurs, quand je circule en France, je vois que leurs portraits sont exposés sur de nombreux édifices municipaux.
00:22:19Et je crois que c'est utile, que c'est aussi un rappel pour nos concitoyens de savoir que nous avons deux compatriotes qui sont retenus
00:22:29et qui le sont pour de mauvaises raisons.
00:22:34Il ne s'agit pas de défendre là celles et ceux qui commettraient des délits dans d'autres pays que le nôtre.
00:22:39Il s'agit de défendre là des gens qui sont emprisonnés pour leurs opinions ou pour ce qui leur est reproché indûment.
00:22:45Donc, évidemment, que leur place est aussi à la fois dans nos cœurs, dans nos esprits et puis parfois sur les grilles de l'Assemblée.
00:22:53On le disait en introduction, on est en pleine séquence budgétaire.
00:22:56Jamais sans doute, ces débats n'ont autant intéressé les médias, les Français.
00:23:02Quel premier bilan vous faites entre l'examen du projet de loi de finances pour l'État qui va reprendre d'ici une dizaine de jours
00:23:09le projet de loi de financement de la sécurité sociale dont l'examen a commencé dans l'hémicycle.
00:23:16C'est quoi ? C'est suffisamment satisfaisant pour que les discussions se poursuivent, mais pas encore satisfaites de ce que vous avez obtenu ?
00:23:27Alors d'abord, parce que je suis devant la presse parlementaire, je veux commencer par dire à quel point je n'ai aucun regret de l'abandon du 49-3.
00:23:36On nous parle d'un budget Frankenstein, ce n'est pas du tout le cas.
00:23:41On a des débats qui se tiennent, qui ne sont pas médiocres, qui opposent des visions.
00:23:46Et ce n'est pas illégitime que dans un pays démocratique, on ait des visions qui s'opposent, parfois durement.
00:23:53Mais c'est utile aussi à la bonne compréhension de ce que peuvent porter les uns et les autres.
00:23:58Et donc je trouve que le débat a de la tenue et qu'il permet à chacun de saisir ce qui oppose aujourd'hui la droite et la gauche.
00:24:09Et déjà, en soi, c'est une première utilité.
00:24:14Je ne regrette pas non plus que pour la première fois, les députés soient députés.
00:24:16Parce que les Français ne le savaient peut-être pas.
00:24:22Mais depuis 1958, la réalité, c'est que le pouvoir est ailleurs et qu'il n'a jamais été au Parlement.
00:24:31Soit la majorité était absolue et le pouvoir pouvait aller jusqu'à contraindre sa propre majorité par le biais du 49-3.
00:24:39Soit il n'y avait pas de majorité et c'était le 49-3 qui s'imposait, obligeant les uns et les autres à se positionner non pas sur le fond, mais sur la stabilité du pays.
00:24:52Je ne crois pas que nous ayons beaucoup gagné.
00:24:54Là, on a un débat qu'il faudra tenir jusqu'au bout.
00:24:57C'est un pari, un pari difficile, exigeant, qui n'a pas encore fait la démonstration absolue parce que nous sommes encore loin de la fin.
00:25:10Mais c'est à la fin du concert qu'on paie les musiciens.
00:25:14Et donc, il faut chercher aussi à faire la pédagogie de ce qu'est le débat parlementaire.
00:25:22Il y a une première lecture à l'Assemblée, il y en aura une au Sénat, il y aura une commission mixte paritaire.
00:25:26Il y aura ensuite soit une CMP conclusive, mais qui ont les conclusions pour être rejetées, soit on aura une nouvelle lecture qui sera ensuite appelée à devenir une lecture définitive pour le dernier passage à l'Assemblée.
00:25:44Et donc, nous sommes au début du chemin.
00:25:48Et la question, c'est de savoir si est-ce qu'on dit stop ou encore.
00:25:52Eh bien, à ce stade, moi, je considère que les acquis de la discussion permettent de continuer.
00:25:57On avait posé un certain nombre d'exigences qui ne sont pas encore toutes satisfaites, loin s'en faut, mais il y a des choses qui ont avancé indéniablement et que nous ne pouvons pas passer par pertes et profits.
00:26:11Depuis que François Bayrou a démissionné ou a été démissionné, les jours fériés ont été sanctuarisés, la réforme de l'assurance chômage qui était imaginée a été abandonnée, nous avons obtenu la suspension de la réforme des retraites,
00:26:33un ISF, certes imparfait, mais a été adopté en première lecture à l'Assemblée et donc le débat pourra se poursuivre puisque la règle de l'entonnoir ne s'appliquera plus sur cet ISF.
00:26:48Nous avons obtenu le dégel du barème de l'impôt sur le revenu, le dégel des pensions de retraite, le dégel des minima sociaux, un milliard de plus pour l'hôpital,
00:27:06ce qui fera que nous répondrons à la demande des soignants qui avaient demandé eux-mêmes un milliard pour l'hôpital.
00:27:12Nous avons obtenu le fait que les malades qui sont en infection longue durée ne verront pas leur revenu fiscalisé.
00:27:21Bon, il reste encore des sujets, mais enfin, ne mégotons pas non plus sur ce qui s'est passé et arrêtons d'avoir aussi la négociation honteuse.
00:27:32Il n'est pas illégitime dans un pays démocratique que des forces opposées puissent à un moment s'accorder sur sa norme de points.
00:27:42Et bien sûr, nous partons d'une copie qui est une copie de droite, qui est la copie à peine modifiée du gouvernement Bérou,
00:27:50mais sur laquelle nous revenons progressivement et je crois que nous pouvons encore avancer.
00:27:55Et les discussions avec l'exécutif comme avec les groupes parlementaires qui constituent l'ex-socle commun vont se prolonger.
00:28:04Et je souhaite qu'elles permettent d'avancer encore parce qu'il y a encore beaucoup de sujets sur lesquels il faut avancer.
00:28:09Merci beaucoup pour l'explication pédagogique parce qu'on voit bien effectivement que pour la première fois sans doute,
00:28:13on a véritablement la construction d'un budget à l'Assemblée nationale au-delà du projet qui a été présenté par le gouvernement.
00:28:20Et c'est sans doute pour ça d'ailleurs qu'à la fois les médias et les Français s'intéressent tant aux débats qui ont lieu aujourd'hui.
00:28:26Mais vous avez décrit ce que vous avez d'ores et déjà obtenu.
00:28:30Est-ce que l'enjeu pour vous aujourd'hui c'est d'obtenir d'abord et avant tout la consolidation de ces acquis dans la suite du processus ?
00:28:37Est-ce que vous avez encore des demandes significatives ?
00:28:43Et est-ce que vous parliez de tout ce processus budgétaire ?
00:28:46La procédure n'est pas sans importance parce que quand on veut faire quelque chose politiquement,
00:28:51on y arrive en général techniquement,
00:28:52mais la façon dont le budget sera adopté ou pas et sa procédure d'application,
00:28:58budget en bonnet du forme, ordonnance, loi spéciale, etc.
00:29:02a aussi un impact sur ce qu'on peut avoir finalement dans ce budget au final.
00:29:07C'est quoi l'enjeu pour vous ?
00:29:08C'est aujourd'hui de gagner encore un certain nombre de choses ou de vraiment consolider ce que vous avez déjà obtenu ?
00:29:14Il faut que le débat se prolonge parce qu'il est méritoire.
00:29:18Et je vais prendre quelques exemples pour me faire comprendre.
00:29:21Nous avons eu un débat sur la taxe Zuckman que je continuerai à défendre
00:29:26parce que je considère que dans un monde où les fortunes se constituent essentiellement d'actifs,
00:29:33il n'est pas logique de dire qu'on se limite au seul revenu
00:29:38et que la fortune n'est pas simplement une fortune immobilière ou des revenus versés.
00:29:45C'est aussi une fortune immobilière sous forme d'action, d'obligation
00:29:48et qu'il est inimaginable de mon point de vue de continuer à demander aux Françaises et aux Français
00:29:56dans leur globalité de faire des efforts quand les très grandes fortunes sont année après année
00:30:03épargnées par les mécanismes d'optimisation.
00:30:05Et ce n'est pas la taxe holding qui me fera changer d'avis.
00:30:10Elle est bien trop faible et en plus amendée par Wauquiez et soutenue ensuite par la droite et l'extrême droite
00:30:16qui permettra de corriger quoi que ce soit.
00:30:19Donc je continuerai à défendre la taxe Zuckman et je pense qu'il y a un acquis du débat aussi,
00:30:25même s'il n'y a pas d'acquis par le vote, il y a un acquis par la conscience que les gens ont développé
00:30:31de ce creusement des inégalités et le débat il sert aussi à ça, à prendre date
00:30:36et à rappeler qu'il y a des sujets qui doivent être martelés pour un jour devenir réalité.
00:30:45Bon, il y a d'abord la fiscalité des plus riches, mais ce qui moi me heurte et me choque,
00:30:51c'est qu'on a à la fois des gens qui disent on ne veut pas plus d'impôts,
00:30:55mais par contre on veut conserver toutes les aides, on ne peut pas gagner au grattage et au tirage.
00:31:01Il y a un moment où il faut que ça s'arrête et où il faut que tout le monde comprenne
00:31:06qu'on ne peut pas être une entreprise qui est une entreprise qui fait des bénéfices importants
00:31:11et qui chaque année reçoit de l'État plus qu'il ne verse à l'État sous la forme d'impôts.
00:31:17Et on pourrait reprendre là tout le rapport sénatorial de Fabien Guay et de son collègue de LR
00:31:22dont j'ai oublié le nom, mais qui est à travers les auditions qu'ils ont réalisées
00:31:27et qui sont souvent spectaculaires. J'ai simplement plusieurs cas en tête,
00:31:32mais enfin je vous donne simplement celui de ST Microélectronique
00:31:35où il nous dit qu'il reçoit près de 500 millions d'euros de l'État,
00:31:42qu'il a un exercice qui est bénéficiaire et il paye 100 000 euros d'impôts.
00:31:48En fait là on se dit, attendez, il y a quelque chose qui ne va pas.
00:31:52En fait ce n'est pas possible de recevoir autant de l'État, de rester si peu
00:31:56et de faire en plus des bénéfices.
00:31:58Donc si c'est pour eux et de distribuer des dividendes importants.
00:32:01Donc là il y a quelque chose qui cloche complètement.
00:32:03Donc une exigence que je porte, c'est par exemple, chaque année vous avez,
00:32:09avec France 2030, vous avez de l'ordre de 10 milliards d'euros
00:32:13qui sont versés aux entreprises. Souvent sous la forme de subventions.
00:32:19Moi il me semble que dans le débat public, il faut porter le fait que
00:32:22quand une entreprise a besoin d'un amorçage, il faut l'accompagner,
00:32:27il faut aider l'innovation, il faut aider les entreprises
00:32:30qui sont les fleurons de demain à émerger.
00:32:34Et souvent elles n'en ont pas les moyens.
00:32:35Donc ça c'est absolument utile, précieux.
00:32:39Mais ça doit être en échange, du moment où elles arrivent à émerger réellement
00:32:47et où elles arrivent à faire des bénéfices, soit elles remboursent,
00:32:51soit l'État rentre au capital de ses entreprises à hauteur de ce qu'on a avancé.
00:32:57Donc avance remboursable ou entrer au capital de ses entreprises.
00:33:02Mais il n'est pas imaginable que les Français, et parmi eux les plus modestes,
00:33:07financent des entreprises qui demain deviennent des fleurons mondiaux
00:33:12et n'en tirent aucun bénéfice.
00:33:15Et ces gens-là disent, ok, le passé on a beaucoup,
00:33:18on remercie factuellement l'État, mais on ne lui rend rien.
00:33:23Ça n'est pas normal, il faut l'exiger.
00:33:26Dans le débat, il faut aussi que nous portions le fait
00:33:28qu'il y a des reculs que nous allons finalement éviter,
00:33:34mais il faudrait aussi qu'il y ait quelques avancées.
00:33:36Et je pense là notamment aux plus jeunes d'entre nous.
00:33:40On a beaucoup parlé des retraites.
00:33:42Et c'est important de parler de celles et ceux
00:33:44qui ont finalement fait de ce pays ce qu'il est
00:33:47et à qui nous devons tant.
00:33:49Mais il faut aussi penser à ceux qui sont les plus jeunes
00:33:52et qui aujourd'hui parfois tirent la langue.
00:33:54Et je rappelle que par le passé, nous avons porté la revendication
00:33:59des repas à 1 euro pour les étudiants,
00:34:01qu'il faudrait aussi revoir la politique des bourses, par exemple.
00:34:08Je pense aussi à ce qui se faisait bien
00:34:12et qui est associé aussi à un soutien au monde culturel.
00:34:15Je pense au Pass Culture dans sa dimension collective
00:34:19qui est aussi un soutien à la création et à un milieu
00:34:23qui est aussi un milieu qui est à la fois notre art de vivre,
00:34:27notre culture, mais aussi un secteur qui génère de l'attractivité.
00:34:35Je pense à toute une série de sujets sur la santé aussi des plus jeunes
00:34:40qui doivent être pris en considération.
00:34:42Et donc, il y a là des avancées aussi que nous devons produire
00:34:45à travers le débat.
00:34:46Et puis, il y a encore des abrasifs, je ne sais pas comment le dire,
00:34:50enfin, en tout cas, des horreurs qui sont maintenues.
00:34:52Je pense, par exemple, au fait qu'on a encore
00:34:57les franchises médicales qui sont maintenues.
00:35:01On a encore un certain nombre de revenus qui sont fiscalisés.
00:35:05On a un certain nombre de sujets qu'il faut maintenant veiller
00:35:09à sortir de ces projets de budget de l'État et de budget de la Sécu
00:35:14et permettre donc de retrouver aussi de la justice fiscale
00:35:21à travers ce que je viens de dire à l'instant.
00:35:24Nicolas.
00:35:25Oui, bonjour, Nicolas Doménac de Chalange.
00:35:29Les Français, semble-t-il, sont très favorables au compromis.
00:35:32Pourtant, plus ça avance, plus ce cheminement chaotique a lieu,
00:35:37et bien, plus il semblerait que ce soit les extrêmes qui en profitent.
00:35:42À en croire les sondages.
00:35:44Donc, est-ce que c'est dû, à votre avis,
00:35:45à l'absence de pédagogie que vous évoquiez ?
00:35:48Ou bien, est-ce que ça pourrait être dû aussi
00:35:51à la menace de censure que vous agitez régulièrement ?
00:35:54Ou bien au blocage qui reste, qui demeure fort, du gouvernement ?
00:35:59Je veux dire, qu'est-ce que ça vous inspire, cette contradiction
00:36:02entre faveur du compromis et le fait que vos extrêmes en profitent
00:36:08et non pas vous ?
00:36:10Culturellement, nous ne sommes pas du tout préparés à cette logique.
00:36:15Par le mode de scrutin, par le débat qui a toujours été un débat
00:36:19opposant les uns aux autres, nous n'avons pas dans notre pays
00:36:22la culture de coalition que connaissent les autres pays européens,
00:36:24et nous ne sommes pas habitués à l'idée d'avoir des majorités relatives.
00:36:30On a toujours connu, au contraire, des majorités absolues
00:36:33et il y a eu deux exceptions, 88 et 2022, puis 2024.
00:36:38Et donc, on a une situation totalement inconnue
00:36:43et avec, pour l'instant, un flou.
00:36:45Parce que moi, ce que je vois, c'est que les gens que j'ai rencontrés
00:36:48au cours de la semaine, ce qu'ils me sont surtout dit,
00:36:50c'est qu'ils ne comprenaient rien.
00:36:51Et c'est pour ça que tout à l'heure, je disais que c'est à la fin du bal
00:36:54qu'on paye les musiciens.
00:36:56Parce que c'est à la fin, quand on aura la copie complète,
00:36:59quand on aura le tableau complet, qu'on pourra en juger.
00:37:03Notre histoire est un peu impressionniste.
00:37:05C'est touche par touche que les choses,
00:37:08que le tableau d'ensemble commence à apparaître.
00:37:10Mais il est difficile à comprendre et à cerner.
00:37:13Et là, on parle de milliards comme d'autres parlent de centimes.
00:37:16Donc, il y a quelque chose de profondément ésotérique
00:37:24pour la plupart de nos concitoyens.
00:37:26Et je le comprends parfaitement.
00:37:27Même pour les députés, c'est parfois compliqué
00:37:28de suivre heure par heure en fonction de ce qui s'est voté ou pas voté.
00:37:33Et donc, à un moment, il faudra une remise à plat
00:37:36qu'il y ait une copie d'ensemble qui soit présentée.
00:37:39Moi, j'aimerais que le gouvernement, y compris,
00:37:41dise quelle est sa propre vision de la copie finale.
00:37:45Ce qui aurait une vertu, c'est que chacun pourrait se positionner
00:37:49par rapport à cette copie finale, la droite, la gauche,
00:37:52et dire je prends, je ne prends pas, à quelles conditions,
00:37:55mais qu'on commence à comprendre ce vers quoi nous nous dirigeons.
00:37:59Parce que pour l'instant, la seule trace qui existe
00:38:02sur la tête des gens, c'est la trace du projet originel.
00:38:05Et donc, ils ont le sentiment, moi, je reçois des courriers
00:38:08tous les jours et par centaines de gens qui me disent
00:38:11oui, mais ma pension de retraite.
00:38:13Et donc, on est obligé de leur répondre.
00:38:14Il faut obliger. On leur répond, mais votre pension de retraite,
00:38:17c'est bon, ça va être dégelé.
00:38:19Donc, c'est fait.
00:38:21Et alors, il y a ceux qui répondent après derrière,
00:38:22ils disent oui, mais enfin, il y a encore l'abattement.
00:38:25L'abattement de 10%, là, ça fait partie des choses
00:38:28qu'il faut encore aller chercher.
00:38:30Mais quand ils comprennent que tout ça va peut-être
00:38:34disparaître de la copie finale, il y a un ouf de soulagement.
00:38:37Et je le comprends.
00:38:38Il y a des gens pour qui, puisqu'on parle de retraités encore,
00:38:42il y a des gens qui se disent, mais là, on est le 5 novembre.
00:38:48Donc, dans un peu plus d'un mois, on sera avec les fêtes de Noël.
00:38:54Et on a des petits-enfants.
00:38:56Et puis, de manière régulière, on aide nos enfants
00:38:58qui sont parfois avec des revenus insuffisants
00:39:02et qui ont du mal à finir leur fin de mois.
00:39:05Donc, est-ce qu'on aura cet argent disponible ?
00:39:07Comment est-ce qu'on fera l'année prochaine ?
00:39:09De quoi on disposera ?
00:39:10C'est très inquiétant pour des gens qui ont des pensions de retraite
00:39:13qui sont des pensions de retraite parfois très faibles.
00:39:19Et donc, quand vous vivez avec 1 500 euros par mois,
00:39:24que vous économisez un peu parce que vous voulez transmettre,
00:39:26parce que vous êtes déjà dans un acte de transmission quotidien
00:39:30avec vos petits-enfants ou vos enfants,
00:39:32savoir que vous allez voir votre pension gelée,
00:39:36que votre abattement va disparaître,
00:39:38ça crée de l'inquiétude et c'est normal.
00:39:40Et donc, tant que tout ça n'a pas été soldé,
00:39:45forcément, tous les démagogues de la Terre
00:39:47viennent expliquer que rien ne se passe,
00:39:51que c'est une horreur, etc.
00:39:52C'est pour ça qu'aujourd'hui, je vous dis qu'il se passe des choses
00:39:55et que c'est important de le valoriser
00:39:57parce que si on ne le valorise pas,
00:39:59forcément, il n'y a qu'inquiétude et elle est légitime.
00:40:04Anita, et puis deux questions de ce côté-là.
00:40:07Vous parlez justement de copie finale.
00:40:10Là, vous nous expliquez tout ce que vous avez obtenu en première lecture.
00:40:14Vous savez très bien que le Sénat va détricoter largement
00:40:17tout ce qui a été adopté en première lecture à l'Assemblée.
00:40:21On parle de compromis.
00:40:23Alors, à quoi êtes-vous prêt pour obtenir un compromis avec le gouvernement ?
00:40:29Alors, d'abord, bien sûr que le Sénat va tout détricoter.
00:40:33Mais là aussi, c'est fait partie de la pédagogie.
00:40:35Parce que je vois bien qu'il y a un moment où on va nous dire
00:40:38« Oh là là, vous n'avez pas encore obtenu tout ce que vous vouliez en première lecture.
00:40:41Et puis, le Sénat détricote le peu que vous avez obtenu.
00:40:44Donc, au fond, tout ça est terminé. »
00:40:47Et c'est là que vous allez, vous, particulièrement en presse parlementaire,
00:40:50avoir un rôle.
00:40:51Parce que si on laisse penser que c'est le Sénat qui a le dernier mot,
00:40:55évidemment, je sais bien, Anita,
00:40:57mais ce que je dis, c'est que dans...
00:41:00Quand même, je ne veux pas dire que nos concitoyens sont ignorants
00:41:04du fonctionnement de nos institutions.
00:41:06Mais enfin, je vois parfois même avec des gens qui sont avec un niveau socioculturel,
00:41:12qui ont fait des études longues, etc.,
00:41:13quand on leur explique le fonctionnement de l'Assemblée et du Sénat,
00:41:15ils sont très, très loin du compte.
00:41:17Et qu'il y a beaucoup qui ne savent pas très bien ce qui se passe.
00:41:19Est-ce qu'il faut qu'il y ait un compromis entre l'Assemblée et le Sénat ?
00:41:22Est-ce qu'il faut que...
00:41:24Personne n'en sait rien.
00:41:25Est-ce que quand Gérard Larcher annonce fièrement
00:41:29qu'il reviendra sur tout ce qu'a fait l'Assemblée,
00:41:31est-ce que ça a une valeur ou est-ce que ça n'en a pas ?
00:41:33Je comprends que les gens se disent « Comment ça marche ?
00:41:35Il faut leur rappeler qu'au fond, nos institutions ont prévu tout ça
00:41:40et que c'est l'Assemblée qui a le dernier mot.
00:41:43Et que le Sénat a un rôle, souvent utile,
00:41:47mais qu'il ne peut pas prétendre avoir le dernier mot.
00:41:51Il ne l'aura pas.
00:41:52Donc tous les compromis qui auront été trouvés
00:41:54et que le Sénat refusera,
00:41:56eh bien, il en sera pour son compte,
00:41:59puisque en réalité, ça reviendra ici.
00:42:01Voilà. Donc ensuite, quels sont les objets de compromis ?
00:42:05Tout ça, je l'ai déjà dit.
00:42:07Moi, ce que je veux, c'est que la copie Bérou soit effacée.
00:42:11En tout cas, tout ce qui relevait des grands irritants.
00:42:15Qu'est-ce que nous avons dit depuis le mois d'août ?
00:42:17Que nous voulions à la fois des recettes nouvelles
00:42:19qui permettent de retirer l'ensemble des irritants
00:42:24ou des abrasifs que les Français vont subir
00:42:28si nous ne le faisons pas.
00:42:30Et garder des marges de manœuvre avec la trajectoire de déficit.
00:42:35Je sais que tout ça est très compliqué,
00:42:37mais en fait, aujourd'hui, la copie initiale du gouvernement,
00:42:40c'est un déficit à 4,7 points de PIB.
00:42:42Enfin, 4,7 points de PIB.
00:42:44Il peut remonter jusqu'à 5 points.
00:42:46Ça fait 10 milliards de plus qu'il faut réutiliser
00:42:49dans la partie 2 du projet de loi de finances,
00:42:51c'est-à-dire les politiques publiques qui doivent être conduites.
00:42:53Si on arrive à cette équation-là
00:42:55et qu'on a l'argent nécessaire pour le faire,
00:42:59on aura déplacé de l'ordre de 20 à 25 milliards
00:43:03par rapport au projet initial.
00:43:06Et honnêtement, on aura plutôt bien travaillé
00:43:09et on aura quelque chose qui ne sera ni un projet de gauche
00:43:13ni un projet de droite,
00:43:14mais qui sera un projet qui permet à la France
00:43:16de continuer à avancer
00:43:18et qui ne pénalise ni les Français
00:43:21ni le monde économique.
00:43:24Et je pense qu'au bout du compte,
00:43:26on pourra considérer que le travail a été correctement fait.
00:43:30Est-ce que nous y parviendrons ?
00:43:31Je n'en sais rien.
00:43:32C'est la raison pour laquelle, en fait,
00:43:34on a toujours dit qu'on pouvait à tout moment voter contre
00:43:38et donc paralyser toute forme d'avancée.
00:43:43Ce n'est pas notre intention.
00:43:44Nous n'avons pas l'intention de tout faire capoter,
00:43:48mais vous l'avez compris aussi,
00:43:50pour que tout cela avance,
00:43:53il faut non seulement notre abstention,
00:43:55mais il faut aussi celle des communistes
00:43:56et celle des écologistes.
00:43:58Et ça, il faut leur poser la question à eux.
00:44:00Mais je le dis aussi,
00:44:02le dilemme que nous aurons en fin de parcours,
00:44:04ce serait de savoir si nous sommes prêts à prendre une copie corrigée
00:44:09qui n'est pas la nôtre,
00:44:10mais qui est une copie que nous avons corrigée
00:44:12ou de rendre la main au gouvernement
00:44:14sur le PLFSS par des ordonnances,
00:44:17sur le PLF par une loi spéciale.
00:44:20Loi spéciale, on reprend le budget de l'an passé,
00:44:22amputé des 10 milliards qui étaient censés être provisoires
00:44:27et donc que le gouvernement ne peut pas remettre
00:44:29dans la copie de la loi spéciale.
00:44:30C'est les 8 milliards de surtax CIS,
00:44:32c'est le milliard de la taxe armateur
00:44:34et c'est le milliard de la contribution différentielle
00:44:37sur les hauts revenus.
00:44:39Donc, une copie qui sera très dégradée
00:44:41par rapport à ce que nous aurons pu obtenir.
00:44:43Et sur le PLFSS, on partira par voie d'ordonnance
00:44:46du projet initial,
00:44:48donc avec tous les gels, avec l'année blanche
00:44:50et on aura en face la copie corrigée
00:44:54qui, je le crois,
00:44:56y compris parce que le Premier ministre l'a acté
00:44:57à notre demande,
00:45:00donc le dégel des pensions
00:45:01et toute une série de sujets
00:45:02sur lesquels nous allons encore continuer à avancer,
00:45:04les franchises, etc.
00:45:05Et donc, ce serait assez curieux
00:45:08que nous choisissions le pire
00:45:11parce que nous n'aimons pas ce gouvernement.
00:45:14Il n'est pas question
00:45:15vous l'avez bien compris,
00:45:17de former une coalition.
00:45:19Ce n'est pas un projet commun
00:45:20avec le gouvernement.
00:45:22Autrement, nous gouvernerions avec lui
00:45:23et nous aurions nous aussi un gyrophare.
00:45:26Il n'est pas question de troquer
00:45:28nos convictions pour des places,
00:45:30mais il n'est pas non plus question
00:45:32de troquer la proie pour l'ombre.
00:45:35Et je le dis aussi,
00:45:36je parle là plutôt à ceux
00:45:38qui à gauche s'inquiètent.
00:45:40Que veulent-ils obtenir
00:45:42à travers le tout ou rien ?
00:45:45Rien.
00:45:46Et donc, moi,
00:45:47plutôt que tout ou rien,
00:45:48je préfère obtenir
00:45:49tout ce que je peux obtenir
00:45:51pour les Françaises et les Français,
00:45:53respecter leurs attentes,
00:45:54faire en sorte qu'ils soient entendus
00:45:56et cheminer jusqu'en 2027,
00:46:00autant qu'il est possible.
00:46:02Si on ne peut pas, on ne peut pas.
00:46:04Si on n'y arrive pas,
00:46:04on n'y arrivera pas.
00:46:05Mais c'est quand même mieux de se dire
00:46:08que nous n'allons pas casser
00:46:10toute forme de peu de croissance
00:46:13qu'il nous reste,
00:46:14que nous allons détricoter
00:46:16ce qu'il reste d'attractivité et d'intérêt.
00:46:21Bon, moi, je souhaite qu'au contraire,
00:46:22on puisse avancer.
00:46:23Et puis, en 2027,
00:46:23il y aura un grand choix.
00:46:25Et ce choix,
00:46:27il sera vraisemblablement
00:46:29entre, d'un côté,
00:46:31la gauche sociale, écologique, démocratique,
00:46:36et de l'autre,
00:46:38l'extrême droite
00:46:39qui a déjà son ticket pour le second tour.
00:46:41Et donc, il faut que nous soyons
00:46:43avec en tête aussi cet objectif
00:46:46qui doit tous nous lier.
00:46:49Notre problème, c'est plus Emmanuel Macron.
00:46:51Il faut arrêter de penser Emmanuel Macron.
00:46:53Emmanuel Macron, c'est fini.
00:46:54Il ne sera pas candidat la prochaine fois.
00:46:57Et s'il l'était, il ne serait pas réélu.
00:46:59Notre problème, maintenant,
00:47:00c'est de se demander
00:47:01si nous allons être le pays suivant
00:47:03dans la liste de ceux
00:47:05qui ont basculé à l'extrême droite.
00:47:06Avec des conséquences immenses
00:47:08pour notre pays,
00:47:09mais pour le continent européen.
00:47:13Si on veut bien encore penser
00:47:14que la France n'est pas simplement
00:47:17un pays moyen
00:47:18qui n'aurait aucune influence
00:47:20sur le reste du monde,
00:47:22la réalité, c'est que si la France
00:47:23bascule à l'extrême droite,
00:47:24vous aurez un jeu de domino
00:47:26qui continuera.
00:47:27Et je ne vais pas faire la liste
00:47:28des pays qui ont déjà basculé.
00:47:31Parce qu'on parle toujours
00:47:32de la Hongrie et de l'Italie.
00:47:34Mais en réalité, il y a toute une série
00:47:36d'élections où l'extrême droite
00:47:37l'a emporté.
00:47:38Et où, par le jeu des coalitions,
00:47:41on a donné un sursis à ces pays.
00:47:44Mais la réalité, c'est que...
00:47:46Et c'est y compris pour ça
00:47:47que la logique des coalitions
00:47:49n'est pas une bonne logique.
00:47:50parce qu'elle finit par donner
00:47:51le sentiment que la seule alternative,
00:47:53c'est l'extrême droite.
00:47:55Mais je vois bien
00:47:56que ce qui nous pend au nez,
00:47:57et donc je préférerais
00:47:59qu'on prenne un peu d'oxygène
00:48:03et que, puisque c'est le vent d'Ouest
00:48:06qui nous a fait beaucoup douter
00:48:08de notre capacité à résister
00:48:10depuis l'élection de Donald Trump,
00:48:12que nous prenions les premiers élans
00:48:16qui nous viennent des Etats-Unis
00:48:18avec les Etats
00:48:20et avec la victoire à New York
00:48:23qui nous redonne aussi espoir,
00:48:25ce n'est pas inéluctable.
00:48:27Nous ne sommes pas condamnés
00:48:28à avoir l'extrême droite gagné.
00:48:30Encore faut-il que, pour cela,
00:48:31nous ayons la solidité,
00:48:35donc la crédibilité,
00:48:37et aussi, parfois,
00:48:39la radicalité nécessaire
00:48:41pour permettre de convaincre
00:48:43nos concitoyens
00:48:44qu'il existe une autre voie
00:48:45que celle des libertariens
00:48:50et autres néolibéraux.
00:48:54Bonjour, M. Fort-Romain Cluzel pour RMC.
00:48:57Vous insistez sur le fait
00:48:58de devoir continuer les négociations
00:49:00autant que possible.
00:49:01Il va tout de même y avoir
00:49:02un vote assez important,
00:49:04probablement dans les prochains jours,
00:49:05sur la partie recette du PLFSS
00:49:07qui devrait arriver
00:49:08d'ici la fin de la semaine.
00:49:10Si cette partie recette est rejetée,
00:49:12est-ce que vous considérez
00:49:13que c'est une rupture
00:49:14dans ces négociations
00:49:15parce que cela signifierait
00:49:16qu'aucun accord et aucun compromis
00:49:18ne seraient possibles à la fin ?
00:49:20Ou bien, quoi qu'il arrive,
00:49:21il faut continuer à discuter
00:49:22jusqu'en décembre
00:49:23et donc exclure toute censure potentielle
00:49:26jusqu'en décembre ?
00:49:27Merci.
00:49:28Là, il faut qu'y compris
00:49:30le fameux socle commun
00:49:33qui n'est plus socle ni commun
00:49:34fasse la démonstration
00:49:36qu'il a envie d'arriver
00:49:37à quelque chose.
00:49:39Parce que nous sommes
00:49:40Grotteret cinquième,
00:49:41nous discutons beaucoup
00:49:42avec le gouvernement.
00:49:45Mais à un moment,
00:49:47c'est aussi ces quatre groupes
00:49:49qui forment la majorité
00:49:51très relative
00:49:52de prendre leurs responsabilités.
00:49:54ne peuvent pas se comporter
00:49:56comme s'ils avaient remparti
00:49:58toutes les élections
00:49:58et comme s'ils étaient
00:50:01les enfants gâtés
00:50:02jusqu'à la fin des temps
00:50:03de la République.
00:50:05Ils gouvernent.
00:50:07C'est déjà pas mal.
00:50:09Ils ont refusé
00:50:11de donner le pouvoir
00:50:12Matignon à la gauche
00:50:14à trois reprises,
00:50:16à quatre reprises maintenant.
00:50:18Bon.
00:50:18Donc, ils ont bien de la chance
00:50:21qu'ils aient en phase 2
00:50:22des interlocuteurs
00:50:23qui sont prêts
00:50:23à accepter
00:50:25que d'autres
00:50:26que la gauche
00:50:27gouvernent.
00:50:29Alors même
00:50:30que nous sommes arrivés
00:50:31en tête du scrutin,
00:50:32même si depuis,
00:50:33la coalition
00:50:34du socle
00:50:35de EPR,
00:50:37Horizon,
00:50:37le Modem et LR
00:50:38est plus nombreuse
00:50:40que la coalition
00:50:41du Nouveau Front Populaire.
00:50:43Mais,
00:50:44malgré tout,
00:50:46il faut quand même
00:50:46qu'ils prennent conscience
00:50:47qu'ils ne sont pas
00:50:49tout seuls.
00:50:50Donc,
00:50:51s'ils ne font
00:50:52aucun effort,
00:50:53s'ils ne suivent
00:50:54même pas les avis
00:50:55du gouvernement,
00:50:56ce que j'ai vu
00:50:57en première lecture
00:50:58sur le PLF,
00:51:00on va dans le mur.
00:51:01Et, effectivement,
00:51:07si la partie 2
00:51:08du PLFSS
00:51:10n'était pas adoptée,
00:51:11la partie recette,
00:51:13ce ne serait pas un très bon signal.
00:51:16Et là,
00:51:17il faudrait vite
00:51:18une intervention
00:51:18de je ne sais pas qui
00:51:20pour expliquer
00:51:20comment les choses
00:51:21peuvent se passer.
00:51:22Et c'est la raison
00:51:22pour laquelle
00:51:23j'appelle le Premier ministre
00:51:24et les ministres concernés
00:51:25concernés
00:51:26à commencer
00:51:27à marteler
00:51:28ce qu'est la copie finale
00:51:29pour eux,
00:51:30pour arrimer
00:51:31leur socle
00:51:32et qu'on arrête
00:51:34cette espèce
00:51:35de concours
00:51:38des faucons
00:51:39de la Macronie
00:51:40qui continue
00:51:41dans un élan
00:51:42de désespoir
00:51:43à être sur la barricade
00:51:45et à chercher
00:51:46à défaire
00:51:48ce que patiemment
00:51:49nous essayons de faire.
00:51:50Il n'y a pas de compromis
00:51:52sans de gens
00:51:52qui sont prêts
00:51:53à faire des compromis.
00:51:55Plusieurs questions.
00:51:56Jean-Michel,
00:51:56ensuite Julien,
00:51:57Frédéric,
00:51:58et j'ai vu Jacques
00:51:58et François aussi.
00:51:59Bonjour Jean-Michel Lamy,
00:52:00nouvel économiste.
00:52:02Qu'est-ce qui reste
00:52:03de rocardien
00:52:04chez vous ?
00:52:05Bon,
00:52:06c'était,
00:52:06chacun se rappelle,
00:52:08pour produire
00:52:08avant de distribuer.
00:52:10Alors ma question
00:52:11elle porte sur la partie 2,
00:52:12les dépenses.
00:52:13Alors ce budget
00:52:14que vous qualifiez
00:52:15de droite,
00:52:16bon,
00:52:16il répertorie
00:52:17l'ensemble des dépenses.
00:52:19Alors je prends
00:52:19simplement retraite,
00:52:21dont Rocard a beaucoup parlé,
00:52:22chacun s'en souvient.
00:52:24La dépense dévolue
00:52:26à la retraite
00:52:26dans le budget
00:52:28de droite,
00:52:30elle est supérieure
00:52:31de 83 milliards d'euros
00:52:33à l'ensemble
00:52:34des crédits ministériels,
00:52:35l'ensemble des crédits ministériels
00:52:37hors dépenses militaires.
00:52:39D'où la question annexe,
00:52:40est-ce que l'EPS
00:52:41est prêt à voter
00:52:43les 57 milliards,
00:52:45je donne un chiffre précis
00:52:45qui est inscrit
00:52:46dans le projet de loi
00:52:47concernant
00:52:49la loi
00:52:49de programmation militaire ?
00:52:53Oui, oui,
00:52:54on a toujours dit
00:52:55qu'on était
00:52:56favorables
00:52:57à accompagner
00:52:58les formes militaires
00:52:59nécessaires.
00:53:01Bon,
00:53:01vous m'interrogez
00:53:02plus largement
00:53:02sur les retraites,
00:53:03est-ce qu'il reste
00:53:04de Rocard en moi ?
00:53:06D'abord,
00:53:06vous faites comme si
00:53:07Michel Rocard
00:53:07était de droite.
00:53:09Non,
00:53:09il était de gauche
00:53:09et on aurait été
00:53:10très surpris
00:53:11pour avoir
00:53:12souvent
00:53:13eu l'occasion
00:53:15d'échanger
00:53:16avec lui.
00:53:17En fait,
00:53:18on s'est souvent
00:53:19trompé sur ce qu'il était.
00:53:20Il était réaliste,
00:53:22mais il était
00:53:22profondément à gauche.
00:53:24Il a commencé
00:53:25avec le PSU.
00:53:26Il n'était pas
00:53:27forcément...
00:53:28Il a été
00:53:29un décolonisateur.
00:53:31Il a été
00:53:32de ceux
00:53:33qui étaient
00:53:34à un temps
00:53:34présentés
00:53:35comme l'extrême-gauche
00:53:36dans ce pays.
00:53:36Il n'était pas
00:53:37un espèce
00:53:38de droitier
00:53:39qui aurait assumé...
00:53:41Bon,
00:53:42en même temps,
00:53:43il savait
00:53:44que ce qui est
00:53:45consenti
00:53:46a infiniment plus
00:53:47de force
00:53:48que ce qui est imposé.
00:53:49C'est la raison
00:53:49pour laquelle
00:53:50il avait une logique
00:53:51qui était celle...
00:53:53Une méthode
00:53:53qui était celle
00:53:53du compromis
00:53:54qui s'est illustré
00:53:55notamment avec
00:53:56les accords
00:53:57de Matignon
00:53:59au moment
00:54:00de la tragédie
00:54:02d'Ouva.
00:54:03Mais ça ne voulait pas dire
00:54:05qu'il renonçait
00:54:05à ce qu'il était.
00:54:06Je pense qu'il l'a prouvé,
00:54:08d'ailleurs,
00:54:08avec la création
00:54:09de la CSG,
00:54:10etc.,
00:54:10qui touche
00:54:11à la fois
00:54:11les revenus
00:54:11du patrimoine,
00:54:16les revenus
00:54:16financiers
00:54:17comme
00:54:18les revenus
00:54:20salariaux.
00:54:21Donc,
00:54:21ce n'était pas
00:54:22un homme de droite.
00:54:24C'était donc
00:54:24de lui,
00:54:25je garde
00:54:25le fait
00:54:26qu'il avait
00:54:27des convictions
00:54:27solidement ancrées
00:54:28à gauche
00:54:28et qu'il espérait
00:54:29un monde
00:54:30où les inégalités
00:54:31soient réduites.
00:54:34Sur les retraites,
00:54:35plus généralement,
00:54:37on a aujourd'hui
00:54:38des retraites
00:54:39qui coûtent
00:54:4014 points de PIB
00:54:41chaque année.
00:54:44Pour parler trivialement,
00:54:46à chaque fois
00:54:47que la France
00:54:47crée 100 euros
00:54:49de richesse,
00:54:50on en prélève
00:54:5114 pour nos aînés.
00:54:52la question
00:54:55qui nous est posée
00:54:56sur cette réforme
00:54:57des retraites
00:54:58qui n'est pas soldée
00:54:59puisque même
00:55:00le gouvernement
00:55:00reconnaît désormais
00:55:01que la réforme
00:55:03borne
00:55:03s'est finie
00:55:04puisqu'il lance
00:55:05même une consultation
00:55:06des partenaires sociaux
00:55:08pour savoir
00:55:09comment est-ce qu'on fait
00:55:09la prochaine réforme.
00:55:11Si on fait
00:55:11la prochaine réforme,
00:55:12c'est bien
00:55:12qu'on veut
00:55:13enterrer
00:55:13celle qui n'a
00:55:14jamais été acceptée
00:55:15ni par le pays
00:55:16ni par l'Assemblée.
00:55:17Je reviens
00:55:19à ces 14 points de PIB.
00:55:20Quand on crée
00:55:21100 euros de richesse,
00:55:22on consacre
00:55:2314 euros
00:55:23à nos aînés.
00:55:26Je propose
00:55:27qu'on fasse
00:55:28un référendum
00:55:29pour demander
00:55:30aux Français
00:55:30s'ils sont prêts
00:55:31à mettre
00:55:3114,50 euros.
00:55:33Je vous parie
00:55:34que les Français
00:55:36toutes générations
00:55:37confondues
00:55:37vous diront
00:55:38qu'ils sont prêts
00:55:39à mettre
00:55:3914,50 euros
00:55:40à chaque fois
00:55:40qu'on crée
00:55:40100 euros de richesse
00:55:41parce qu'il n'est pas
00:55:44insensé
00:55:46de dire
00:55:47que nous sommes fiers
00:55:48d'avoir
00:55:49les retraités
00:55:50les moins pauvres
00:55:51d'Europe
00:55:52et vraisemblablement
00:55:53les moins pauvres
00:55:54du monde.
00:55:55C'est une fierté.
00:55:58Pour moi,
00:55:58je n'ai aucun regret.
00:56:01Je n'ai plus mon père
00:56:02mais j'ai encore ma mère.
00:56:04Je suis heureux
00:56:05de voir
00:56:06qu'elle n'est pas
00:56:09en train
00:56:09à 85 ans
00:56:11de se demander
00:56:12si elle doit faire
00:56:12des ménages.
00:56:14D'abord,
00:56:14je ne vois pas très bien
00:56:15comment elle le ferait.
00:56:16Mais je suis heureux
00:56:18de voir
00:56:18qu'on n'a pas
00:56:19des gens
00:56:20qui sont obligés
00:56:22de cumuler retraite
00:56:23avec emploi
00:56:24par centaines de milliers
00:56:25parce que
00:56:26je le vois
00:56:29dans d'autres pays
00:56:29et franchement
00:56:31quand on voit
00:56:33parfois
00:56:33quand même
00:56:34malgré tout
00:56:35des gens
00:56:35qui sont des retraités
00:56:36très pauvres
00:56:36et quand vous voyez
00:56:37une personne âgée
00:56:38qui fait les poubelles
00:56:39dans la rue
00:56:39à Paris,
00:56:41est-ce qu'on est fiers
00:56:42de ça ?
00:56:43Mais moi,
00:56:43j'ai honte.
00:56:43on est un pays
00:56:45du G7,
00:56:46on est parmi
00:56:46les sept puissances
00:56:47économiques
00:56:48les plus riches
00:56:49du monde
00:56:49et on a des vieux
00:56:50qui font les poubelles ?
00:56:53Ben,
00:56:54c'est pas possible.
00:56:55Donc,
00:56:56voilà,
00:56:56je suis partisan
00:56:58d'un système
00:56:59qui permette
00:57:00effectivement
00:57:01de trouver
00:57:01parfois
00:57:02l'argent
00:57:03là où il se trouve
00:57:03et quand même,
00:57:05enfin,
00:57:06je reviens
00:57:07à la taxe Zuckman.
00:57:09Quand vous avez,
00:57:11c'est le moment
00:57:11Bernard Arnault,
00:57:13enfin,
00:57:14quand vous avez
00:57:14Bernard Arnault
00:57:15qui en une journée
00:57:16arrive à gagner
00:57:1619 milliards de dollars
00:57:18et qu'on dit
00:57:20que là-dessus
00:57:20on peut rien prélever
00:57:21parce que c'est pas liquide,
00:57:22bon,
00:57:23d'accord,
00:57:23ça va bien un peu
00:57:24mais enfin,
00:57:24c'est pas possible
00:57:26non plus.
00:57:28Quand vous savez
00:57:29en plus,
00:57:30alors,
00:57:30on est en train
00:57:31d'y revenir
00:57:31progressivement
00:57:32y compris dans ce projet
00:57:33de budget
00:57:33mais quand vous savez
00:57:34que ces gens-là
00:57:35en réalité,
00:57:36vous expliquent
00:57:36qu'ils ne possèdent rien.
00:57:37L'hôtel particulier,
00:57:38mais il n'est pas à moi,
00:57:39il est à la holding.
00:57:40Le jet,
00:57:41ah,
00:57:41il n'est pas à moi,
00:57:41il est à la holding.
00:57:43Le yacht,
00:57:44mais il n'est pas à moi,
00:57:45il est à la holding.
00:57:46Et vous savez quoi,
00:57:47en plus,
00:57:48pour mes dépenses courantes,
00:57:50ben,
00:57:50je suis obligé d'emprunter
00:57:51parce que ces gens
00:57:52empruntent de l'argent
00:57:53parce qu'ils préfèrent
00:57:54emprunter à la banque
00:57:56à des taux
00:57:56qui sont des taux préférentiels
00:57:57parce que la banque,
00:57:58elle,
00:57:58elle sait qu'ils ont
00:57:59une fortune derrière
00:58:00et qu'ils n'auront
00:58:01jamais de problème
00:58:01pour rembourser.
00:58:02Mais parfois,
00:58:03il vaut mieux
00:58:03emprunter à des taux
00:58:05qui sont des taux
00:58:06très faibles
00:58:07plutôt que d'avoir
00:58:08à payer des impôts
00:58:09sur des revenus
00:58:10qu'on serait obligé
00:58:11de déclarer.
00:58:12Et vous trouvez
00:58:12que c'est normal ?
00:58:15Et pendant ce temps-là,
00:58:15il faudrait faire
00:58:16les poches des retraités ?
00:58:18Ben,
00:58:18franchement,
00:58:19moi,
00:58:20il y a quelque chose
00:58:20qui m'indigne.
00:58:21Enfin,
00:58:21je trouve ça profondément
00:58:23injuste
00:58:23et même,
00:58:24pour tout vous dire,
00:58:25dégueulasse.
00:58:26Donc,
00:58:27je pense que,
00:58:28oui,
00:58:29nous pouvons encore faire
00:58:30et que,
00:58:31dans un pays comme le nôtre,
00:58:32on devrait s'honorer
00:58:33de ne pas,
00:58:35voilà,
00:58:35d'aller chercher l'argent
00:58:37partout où il se trouve
00:58:38et faire en sorte
00:58:40que tout le monde
00:58:41puisse vivre.
00:58:42Je ne demande pas
00:58:43à ce qu'on soit
00:58:44dans l'égalitarisme,
00:58:45comme on nous reproche souvent.
00:58:47Tant mieux
00:58:47s'il y a des riches.
00:58:48Moi,
00:58:48je n'ai pas de plaisir
00:58:50particulier
00:58:51à dire qu'il faut
00:58:51leur prendre
00:58:52un peu d'argent.
00:58:54Mais enfin,
00:58:54la taxe Zuckman,
00:58:552%,
00:58:56taxe différentielle,
00:58:57c'est-à-dire que
00:58:58ce n'est même pas
00:58:582% de leur patrimoine,
00:59:00c'est tout ce qu'ils n'ont
00:59:01pas payé par ailleurs.
00:59:04C'est-à-dire que
00:59:04si,
00:59:05par l'impôt sur le revenu,
00:59:06par l'impôt sur les dividendes,
00:59:07etc.,
00:59:08ils ne sont pas arrivés
00:59:09à l'équivalent
00:59:09de 2% de leur patrimoine,
00:59:11on leur prélève
00:59:12la différence
00:59:12par la taxe Zuckman.
00:59:14Ce qui fait d'ailleurs
00:59:14que certains ont dit
00:59:15qu'elles ne rapportaient
00:59:16pas 20 milliards,
00:59:17même pas 15,
00:59:18mais qu'elles en rapportaient 5.
00:59:20J'aurais tellement aimé
00:59:21qu'on dise
00:59:21puisque ça n'en rapporte
00:59:22que 5,
00:59:22allons-y.
00:59:24Mais ça,
00:59:25c'est trop.
00:59:26Mais ce n'est pas possible.
00:59:27Et pendant ce temps-là,
00:59:28je reviens à ce que je disais
00:59:28tout à l'heure,
00:59:29les entreprises,
00:59:30quand elles ont besoin d'aide,
00:59:31elles savent où est le guichet,
00:59:33elles savent où frapper.
00:59:35Et ce sont tous les Français
00:59:36qui remboursent en ce moment
00:59:37la dette Covid.
00:59:38Et la dette Covid,
00:59:40c'est beaucoup d'aide
00:59:40aux entreprises.
00:59:41Et c'était normal
00:59:42qu'on les aide.
00:59:42On avait intérêt à le faire.
00:59:44Moi, je ne suis pas
00:59:45anti-entreprise,
00:59:46je ne suis pas anti-riche,
00:59:47mais je suis pour qu'il y ait
00:59:48quelque chose de juste
00:59:49qui se passe.
00:59:50C'est-à-dire que quand les gens
00:59:51reviennent à bonne fortune,
00:59:52ils remboursent,
00:59:53ils payent à leur tour,
00:59:54ils sont patriotes,
00:59:55ils font en sorte que
00:59:56dans un moment
00:59:58qui est un moment
00:59:59où vous venez de parler
01:00:00de l'effort de défense,
01:00:01quand la patrie est en danger,
01:00:04tout appartient à la patrie.
01:00:05Vous connaissez la formule,
01:00:06elle n'est pas de moelle
01:00:07et de danton.
01:00:07Et bien, je pense que
01:00:09il y a quelque chose
01:00:10qui devrait faire déclic.
01:00:12Moi, j'aurais la chance
01:00:15d'être milliardaire,
01:00:15je pense que
01:00:16je serais
01:00:17l'une de ses grandes fortunes.
01:00:19Je ferais dans la philanthropie
01:00:20comme les Américains,
01:00:21je dirais,
01:00:22écoutez,
01:00:23j'ai un patrimoine
01:00:24qui est gigantesque,
01:00:25c'est simple,
01:00:26il vous faut quoi cette année ?
01:00:27Il vous faut 15 milliards ?
01:00:29Ok, cadeau.
01:00:30Voilà.
01:00:31Parce que franchement,
01:00:31c'est ce qu'ils devraient faire.
01:00:32Ils ne devraient même pas
01:00:33attendre qu'on l'arrivait.
01:00:34Ils devraient chercher cet argent
01:00:35et certainement pas
01:00:36aller actionner le MEDEF
01:00:37pour qu'ils disent
01:00:38vous vous rendez compte,
01:00:38c'est affreux ce qui nous arrive.
01:00:40Là, j'entends que le MEDEF
01:00:41râle sur le Dutreil,
01:00:42sur le pacte d'Utreil,
01:00:44mais c'est affreux
01:00:45d'en rendre ça.
01:00:47Le pacte d'Utreil,
01:00:48c'est quand même
01:00:49jamais que la transmission
01:00:50de génération en génération
01:00:52d'un patrie...
01:00:54Avec le pacte d'Utreil,
01:00:56les héritiers
01:00:57des grandes fortunes
01:00:58payent 5%
01:00:59sur les successions,
01:01:005%,
01:01:01mais vous vous rendez compte
01:01:02où sont passés les libéraux ?
01:01:05Moi, j'avais un souvenir
01:01:06que les libéraux,
01:01:06ils disaient que c'était
01:01:07au mérite et à l'effort
01:01:08qu'on était rémunérés.
01:01:10Mais là, ce n'est pas
01:01:10le mérite et l'effort,
01:01:11c'est l'héritage.
01:01:11Donc, je comprends
01:01:13qu'il faille transmettre
01:01:14des entreprises,
01:01:15qu'on ne les démembre pas,
01:01:15etc.
01:01:16Donc, je ne dis pas
01:01:16qu'il faut tout faire péter.
01:01:18Mais je dis que même
01:01:19que quand on cherche
01:01:20à revenir sur le Dutreil,
01:01:21au moins pour qu'il y ait
01:01:22une partie de ce patrimoine
01:01:24qui soit correctement
01:01:26donc prélevé, en fait,
01:01:31ou qu'on en prenne une partie,
01:01:34qui soit assujettie à l'impôt,
01:01:35ce n'est quand même
01:01:36pas une folie.
01:01:37Et là, je me dis,
01:01:39mais peut-être que les vrais libéraux
01:01:44ne sont pas là où on le croit
01:01:45et qu'en fait, l'héritage,
01:01:47enfin, retrouver les travaux
01:01:48de Piketty, etc.,
01:01:49dans ce pays, désormais,
01:01:51on n'est pas riche par ses efforts,
01:01:53on est riche parce qu'on a
01:01:54hérité de quelqu'un.
01:01:56Est-ce que c'est juste ?
01:01:56Non, ce n'est pas juste.
01:01:57Et d'ailleurs,
01:01:58vous avez des nombres
01:01:58d'héritiers qui ont montré
01:02:00qu'ils n'étaient pas tout à fait
01:02:01à la hauteur de ce qu'avaient été
01:02:02leurs ascendants.
01:02:04Et souvent, c'est à cause d'eux
01:02:06qu'on a perdu derrière
01:02:07un certain nombre de parts de marché
01:02:09et puis qu'on a fini par vendre
01:02:11ses patrimoines à d'autres.
01:02:12Donc, voilà,
01:02:15il faut qu'on fasse des efforts.
01:02:17Julien et puis Frédéric.
01:02:19Oui, bonjour, Julien Lécuyer,
01:02:20la Voix du Nord.
01:02:22Olivier Faure,
01:02:22vous en avez parlé,
01:02:24mais très fugacement,
01:02:25de l'élection de Zoran Mamdani
01:02:28à New York.
01:02:29Alors, on a vu un peu la manière
01:02:30dont la gauche,
01:02:31ces derniers temps,
01:02:32que ce soit les Insoumis
01:02:33qui ont envoyé des observateurs
01:02:35sur place et qui,
01:02:36depuis l'élection,
01:02:39revendiquent quasiment
01:02:40la victoire de Mamdani
01:02:41et s'en inspirent,
01:02:42disant que c'est la voie
01:02:43toute tracée pour la gauche
01:02:44en France,
01:02:45voire même disent que
01:02:46ça a tendance à délégitimer
01:02:49votre ligne,
01:02:50celle du Parti Socialiste,
01:02:52justement,
01:02:53en faveur plutôt
01:02:54de leur ligne plus radicale.
01:02:56Vous, quelle leçon
01:02:57vous tirez de la campagne
01:02:58du nouveau maire de New York ?
01:03:01Est-ce que vous y voyez
01:03:02une voie possible
01:03:04qui pourrait se retranscrire
01:03:05en France ?
01:03:07Et comment vous considérez
01:03:08la façon dont les LFI
01:03:10s'approprient,
01:03:12d'une certaine manière,
01:03:13la victoire de Mamdani ?
01:03:15Il suffit de regarder son programme.
01:03:21Sur quoi s'est-il fait élire ?
01:03:23Et d'ailleurs,
01:03:24comment se revendique-t-il ?
01:03:26Il se revendique comme socialiste.
01:03:29Alors, socialiste,
01:03:31c'est la mode américaine.
01:03:34Oui, mais c'est pas insoumis.
01:03:37En fait,
01:03:38qu'est-ce qu'il a dit ?
01:03:39Il a dit « Je veux faire
01:03:40le blocage des loyers
01:03:42dans une zone tendue,
01:03:46New York. »
01:03:47Ça vous rappelle rien ?
01:03:50C'est sous François Hollande
01:03:51que ça s'est passé.
01:03:53Franchement,
01:03:54c'était...
01:03:56Voilà.
01:03:57Je n'ai pas le souvenir
01:03:58qu'on ait classé
01:04:00François Hollande
01:04:02à l'extrême gauche.
01:04:02Quand il dit
01:04:06qu'il veut des services publics
01:04:07qui fonctionnent
01:04:07et qui soient accessibles à tous,
01:04:10les crèches,
01:04:12les transports, etc.
01:04:14Mais regardez en France
01:04:16quelles sont les villes,
01:04:19les départements,
01:04:21les régions
01:04:21qui mettent en œuvre
01:04:23la politique
01:04:23que Zoran Mandani
01:04:29veut mettre en place
01:04:32à New York.
01:04:34Vous regarderez,
01:04:35vous verrez,
01:04:36ce sont toutes des communes,
01:04:38des départements
01:04:38ou des régions socialistes.
01:04:42Donc,
01:04:43je me sens parfaitement
01:04:44en phase
01:04:44avec ce qu'il fait.
01:04:45Moi, je suis pour
01:04:46la défense des services publics
01:04:47qui est,
01:04:48selon la formule consacrée,
01:04:49le patrimoine
01:04:50de ceux qui n'en ont pas.
01:04:52Faire en sorte
01:04:52que toute une série
01:04:54d'inégalités
01:04:55soit corrigée
01:04:56justement
01:04:56par l'accès
01:04:58aux soins,
01:04:59l'accès
01:04:59à la culture,
01:05:01l'accès
01:05:01à l'éducation,
01:05:03l'accès
01:05:04à la mobilité,
01:05:05l'accès
01:05:05au logement,
01:05:06tout ça,
01:05:07c'est ce que nous portons.
01:05:09Et je n'ai pas
01:05:10l'impression
01:05:11d'être en décalage
01:05:12par rapport à ce qu'il fait.
01:05:15Et par rapport
01:05:17à l'imposition
01:05:17des plus riches,
01:05:19je n'ai pas l'impression
01:05:21d'être en décalage
01:05:21non plus.
01:05:22et donc
01:05:23c'est toujours pareil.
01:05:25Il faut comparer
01:05:26ce qui est comparable
01:05:27et donc
01:05:28qu'on regarde
01:05:29il est vécu
01:05:32comme une aile
01:05:32radicale aux Etats-Unis
01:05:34mais l'aile radicale
01:05:35aux Etats-Unis
01:05:35en France
01:05:36c'est le PS.
01:05:39Non mais
01:05:39franchement,
01:05:41je pense que
01:05:42si on faisait
01:05:43aux Etats-Unis
01:05:44tout ce que nous avons fait
01:05:45depuis
01:05:461905,
01:05:47mais
01:05:49il se tirerait des balles.
01:05:52D'ailleurs,
01:05:53beaucoup d'Américains
01:05:53pensent qu'on est
01:05:54dans un Etat socialiste.
01:05:56Oui,
01:05:56ils pensent qu'on est
01:05:57dans un Etat socialiste
01:05:58et pour eux
01:05:59l'Etat-providence
01:06:00est la prochaine cible.
01:06:02Je vous renvoie
01:06:03à un discours
01:06:04que je vous demande
01:06:04vraiment à toutes et tous
01:06:05de lire
01:06:06parce qu'il est édifiant
01:06:07sur ce qu'est
01:06:08la pensée
01:06:09des libertariens.
01:06:11Milley a été
01:06:11à Davos
01:06:12en février dernier
01:06:14ou en janvier dernier
01:06:14je ne sais plus
01:06:14à comment ça s'aburre.
01:06:16Elle lisait le discours
01:06:17intégralement
01:06:18et vous verrez
01:06:18que sa cible
01:06:20ce n'est pas
01:06:22la gauche radicale
01:06:24qui ne gouverne nulle part
01:06:25en réalité
01:06:26en Europe
01:06:27mais c'est nous
01:06:29sa cible
01:06:29parce que
01:06:31nous sommes
01:06:31c'est déjà trop
01:06:32et tout ça
01:06:33est englobé
01:06:33dans une espèce
01:06:34d'enveloppe
01:06:35globale
01:06:36qui les appelle
01:06:37le wokisme
01:06:39mais le wokisme
01:06:41c'est l'Etat-providence.
01:06:42Il faut lire Milley
01:06:43en fait
01:06:43tout est dit
01:06:45en fait
01:06:45il n'y a pas besoin
01:06:46d'aller lire
01:06:46Peter Thiel
01:06:50et autres
01:06:50fous furieux
01:06:52américains
01:06:53il suffit
01:06:54de lire
01:06:55en fait
01:06:55Milley à Davos
01:06:57il est devant
01:06:58une assemblée
01:06:58de gens
01:06:59très bien
01:07:01avec
01:07:01qui sont censés
01:07:03être l'élite mondiale
01:07:05de la finance
01:07:06des entreprises
01:07:07politiques
01:07:08etc.
01:07:09et il leur dit
01:07:09très tranquillement
01:07:11qu'il faut
01:07:12en finir
01:07:13avec l'Etat-providence
01:07:14voilà
01:07:14donc moi je me bats
01:07:16pour l'Etat-providence
01:07:16et je me bats
01:07:18avec Zoran Mandani
01:07:19pour que justement
01:07:20l'Etat-providence
01:07:21puisse voir le jour
01:07:22y compris dans des endroits
01:07:23où il n'a jamais vu le jour
01:07:24donc aux Etats-Unis
01:07:26Frédéric
01:07:27je voudrais vous relancer
01:07:29sur ce que vous venez de dire
01:07:30sur Zoran Mandani
01:07:31vous dites que vous n'êtes pas
01:07:32en décalage avec ce qu'il dit
01:07:33je suppose que vous êtes
01:07:34quand même en décalage
01:07:35avec certains de ses discours
01:07:36qui ont des relents
01:07:37antisémites
01:07:38alors je ne sais pas
01:07:40à quel discours
01:07:41vous faites référence
01:07:41on voit ça
01:07:42sur internet
01:07:43il y a des extraits
01:07:44de ses discours
01:07:45qui ont des relents
01:07:46antisémites
01:07:47vous voulez retrouver
01:07:49ces paroles ?
01:07:50moi je l'ai vu
01:07:51il y a quelques jours
01:07:52alors je ne suis pas
01:07:53tous les jours
01:07:54la campagne new-yorkaise
01:07:57vous avez compris
01:07:58qu'on était occupé
01:07:59à autre chose
01:07:59mais je l'ai vu
01:08:01dire exactement le contraire
01:08:03en disant
01:08:04qu'il fallait
01:08:05il était devant
01:08:05la communauté juive
01:08:06alors une partie d'entre elles
01:08:08j'imagine
01:08:08où il expliquait
01:08:09que son combat
01:08:10était le combat
01:08:11contre l'antisémitisme
01:08:13et qu'il ne laisserait
01:08:13jamais
01:08:14quiconque
01:08:16s'en prendre
01:08:18aux juifs
01:08:18new-yorkais
01:08:19qui sont
01:08:21ses concitoyens
01:08:23etc
01:08:23et si
01:08:24de manière générale
01:08:26je veux le dire
01:08:28de manière définitive
01:08:29l'antisémitisme
01:08:31est un poison
01:08:33qui est insupportable
01:08:35et que
01:08:37nous ne pouvons
01:08:39tolérer
01:08:39à aucun moment
01:08:41de quiconque
01:08:42point à la ligne
01:08:44voilà
01:08:44c'est pas possible
01:08:45et la gauche française
01:08:47elle s'est aussi
01:08:50caractérisée
01:08:51par ce combat là
01:08:53avec l'affaire Dreyfus
01:08:55et depuis
01:08:55nous n'avons
01:08:56jamais
01:08:57omis
01:09:01un seul rendez-vous
01:09:02dans la lutte
01:09:02contre l'antisémitisme
01:09:03et donc
01:09:04je ne sais pas
01:09:06ce qu'il a pu dire
01:09:06mais enfin
01:09:07moi ce que j'ai lu
01:09:08dans ces derniers jours
01:09:09c'est qu'il était
01:09:10lui-même
01:09:11engueillant cette lutte là
01:09:12et je crois
01:09:13que c'est un impératif
01:09:14dans un moment
01:09:15où les tensions
01:09:17au Projet-Orient
01:09:18ont
01:09:20aggravé
01:09:23l'antisémitisme
01:09:25et donné le sentiment
01:09:27qu'il y avait
01:09:27une correspondance
01:09:28entre ce que pouvait faire
01:09:29le gouvernement israélien
01:09:31et ce que pouvaient penser
01:09:32les juifs du monde entier
01:09:34et évidemment
01:09:35cette espèce d'amalgame
01:09:37est totalement
01:09:38idiot
01:09:41dangereux
01:09:43et un poison lent
01:09:45qui mine
01:09:46toutes les démocraties
01:09:47on a légèrement
01:09:48dépassé le temps
01:09:49qui nous était imparti
01:09:49mais si vous permettez
01:09:50il y a encore 2-3 questions
01:09:51qu'on va prendre
01:09:52si on peut dépasser
01:09:53un petit peu
01:09:53François, Jacques
01:09:55et puis Arthur
01:09:55pour terminer
01:09:56je reviens en raison politique
01:09:57le Premier ministre
01:09:58a parlé plusieurs fois
01:09:59d'une réforme
01:10:01de la décentralisation
01:10:02pour éviter
01:10:04les doublons
01:10:06etc
01:10:06est-ce que vous pensez
01:10:08que ça peut se faire
01:10:09rapidement
01:10:11et deuxièmement
01:10:13est-ce que vous avez
01:10:14vous-même un projet
01:10:16sur la simplification
01:10:18administrative
01:10:19alors
01:10:22est-ce que ça peut se faire
01:10:23rapidement
01:10:23j'ai du mal à y croire
01:10:25que ça puisse se faire
01:10:27dans
01:10:28ce qu'il reste
01:10:29de la législature
01:10:30est-ce que c'est
01:10:33est-ce que c'est une réflexion
01:10:34malgré tout
01:10:34qu'il faut entamer
01:10:35collectivement
01:10:37je le crois
01:10:39est-ce que nous avons
01:10:42nous-mêmes une réflexion
01:10:42à ce sujet
01:10:43oui
01:10:43et nous la présenterons
01:10:47au début de l'année prochaine
01:10:48puisque le parti socialiste
01:10:51s'est engagé
01:10:51dans une démarche
01:10:53de redéfinition
01:10:54de son propre projet
01:10:58et qu'on présenteront
01:10:59vraisemblablement
01:11:01en début de l'année prochaine
01:11:02donc oui
01:11:04je crois que c'est
01:11:05un impératif
01:11:06et que
01:11:07souvent
01:11:08les collectivités
01:11:10font mieux
01:11:11que l'état
01:11:12sur un certain nombre
01:11:12de domaines
01:11:13et que
01:11:14on parle souvent
01:11:16des doublons
01:11:16entre les collectivités
01:11:17il y a aussi
01:11:18des doublons inutiles
01:11:19entre l'état
01:11:20et les collectivités
01:11:21et que
01:11:21il y a la matière
01:11:23à économie structurelle
01:11:24Jacques
01:11:26vous entendre
01:11:27depuis tout à l'heure
01:11:28on a bien compris
01:11:29que vous n'étiez pas
01:11:30prêt à censurer
01:11:31mais comme tout va si vite
01:11:32en ce moment en politique
01:11:33on ne sait jamais
01:11:34ça peut changer
01:11:35de jour en jour
01:11:36de minute en minute
01:11:36admettons que vous censuriez
01:11:38ça veut dire
01:11:39qu'il y a une élection
01:11:40anticipée
01:11:41et cette élection
01:11:42certains disent
01:11:43que vous la craignez
01:11:44pourquoi ?
01:11:45parce qu'il n'y aura plus
01:11:46le nouveau front populaire
01:11:48vous vous rappelez
01:11:49que grâce au nouveau
01:11:50front populaire
01:11:51vous êtes passé
01:11:51de 26 élus
01:11:53à plus de 60 élus
01:11:55alors je vous pose la question
01:11:57est-ce que vous craignez
01:11:58cette élection
01:11:59ou est-ce que
01:12:00le parti socialiste
01:12:01est prêt
01:12:01à ses candidats
01:12:02et sait où il va les mettre
01:12:03dans quelle circonscription ?
01:12:07bon d'abord j'ai dit
01:12:08que je ne recherchais pas
01:12:09la dissolution
01:12:10ça ne veut pas dire
01:12:11qu'elle n'interviendra pas
01:12:13effectivement
01:12:13s'il y a un accident de parcours
01:12:15et si on voit
01:12:16que d'un seul coup
01:12:16toutes les portes se referment
01:12:18et qu'on n'arrive pas
01:12:19à avoir
01:12:20les recettes suffisantes
01:12:22pour corriger
01:12:23tout ce que
01:12:25le projet de loi de finance
01:12:27et de financement
01:12:28de la sécurité sociale
01:12:28contiennent
01:12:30peut-être qu'on arrivera
01:12:31à la censure
01:12:32et qu'on a
01:12:33c'est pas une menace
01:12:33mais c'est une réalité
01:12:35c'est que
01:12:35moi je ne connais pas
01:12:36la copie finale
01:12:37donc
01:12:38forcément
01:12:39je reste prudent
01:12:41est-ce que je crains
01:12:42la dissolution ?
01:12:43mais non
01:12:44non seulement
01:12:45je ne la crains pas
01:12:46mais même
01:12:46j'aurais dû la souhaiter
01:12:48pourquoi ?
01:12:50parce que
01:12:51alors
01:12:51je parle là d'un point de vue
01:12:52puisque vous m'interrogez
01:12:53sur un point de vue partisan
01:12:54parce que
01:12:55toutes les projections
01:12:56qui sont faites
01:12:57montrent que
01:12:58le parti socialiste
01:13:00aurait gagné des sièges
01:13:01dans une dissolution
01:13:02donc on a plutôt
01:13:04intérêt à ça
01:13:05est-ce que
01:13:06le pays a intérêt ?
01:13:08je ne le pense pas
01:13:09et surtout
01:13:10il n'y a pas que nous
01:13:12dans la vie
01:13:12et que
01:13:13nous aurions gagné
01:13:14des sièges
01:13:15mais
01:13:15dans les projections
01:13:17qui sont faites
01:13:17l'extrême droite
01:13:18en aurait gagné
01:13:18beaucoup plus que nous
01:13:19donc
01:13:19quel est l'intérêt
01:13:21de revenir
01:13:22avec un parlement
01:13:23qui serait
01:13:23plus à l'extrême droite
01:13:25avec lequel
01:13:26on aurait
01:13:27encore moins
01:13:28de capacité
01:13:29à négocier
01:13:31et
01:13:32donc
01:13:33tout ça
01:13:34relève
01:13:35un peu
01:13:36de l'étrangeté
01:13:38pour moi
01:13:38mais
01:13:39je n'en ai pas peur
01:13:40et franchement
01:13:41je ne suis pas inquiet
01:13:43sur l'état
01:13:45de nos forces
01:13:46à l'issue
01:13:46de cette dissolution
01:13:48simplement
01:13:49avoir demain
01:13:5010 ou 15 députés
01:13:53de plus
01:13:54bon
01:13:55je serais content
01:13:56pour les 10 ou 15
01:13:56supplémentaires
01:13:57et je viendrai vous voir
01:13:58en disant
01:13:59vous vous rendez compte
01:13:59on a progressé
01:14:00enfin le pays
01:14:01n'aura pas beaucoup
01:14:01progressé non plus
01:14:02et donc
01:14:03j'essaye de me placer
01:14:04à un niveau
01:14:05qui n'est pas simplement
01:14:06celui d'un chef de parti
01:14:08mais de quelqu'un
01:14:09qui a une part
01:14:10de la responsabilité
01:14:11de ce pays
01:14:11dans un moment
01:14:12où il n'y a pas
01:14:12de majorité absolue
01:14:13donc
01:14:14traditionnellement
01:14:15quand on est dans l'opposition
01:14:16on s'oppose
01:14:17et puis on ne se pose pas de questions
01:14:18donc on vote
01:14:19voilà
01:14:19et on fait
01:14:20on fait du rentre dedans
01:14:21en ce moment
01:14:23comme il n'y a pas de majorité
01:14:24d'une certaine façon
01:14:26il faut qu'il y ait
01:14:27une autre façon
01:14:29de s'opposer
01:14:29et j'essaye de l'illustrer
01:14:31c'est pas simple
01:14:33c'est pas toujours compris
01:14:34parfois même
01:14:36je vois
01:14:38des éditoriaux
01:14:40qui se suivent
01:14:40et qui ne se ressemblent pas
01:14:42un jour je suis traité
01:14:43de quasi bolchevik
01:14:45le lendemain
01:14:46de collabo
01:14:47enfin je ne sais plus très bien
01:14:48où moi-même me situer
01:14:49heureusement que
01:14:51je ne me regarde pas
01:14:53uniquement à travers
01:14:54votre miroir
01:14:55parce que parfois
01:14:56je me sens tellement déformé
01:14:58que je ne me reconnais plus
01:15:00mais ce matin
01:15:02il y a un journal
01:15:02que je ne l'ai pas cité
01:15:03mais qui est un journal
01:15:05qu'on classe plutôt à gauche
01:15:08où vous avez
01:15:09un éditorial
01:15:10en haut de la page
01:15:11qui dit
01:15:12la socialiste ça suffit
01:15:13il faut peut-être arrêter
01:15:14de discuter
01:15:16et il faut toper
01:15:17et dans le même journal
01:15:20l'autre éditorialiste
01:15:21qui
01:15:22donc dans l'autre moitié de la page
01:15:24dit aux socialistes
01:15:25il serait temps de censurer
01:15:26ben
01:15:27voilà
01:15:29c'est un peu le problème
01:15:30c'est que
01:15:30dans un moment
01:15:32de grande confusion
01:15:33tout peut être dit
01:15:36et c'est vrai que je reviens
01:15:37à cette histoire
01:15:38c'est à la fin du bal
01:15:39qu'on paye les musiciens
01:15:41et donc
01:15:42il est nécessaire
01:15:43de comprendre
01:15:45peut-être
01:15:45avant la fin du bal
01:15:46quel est l'ère
01:15:48que l'on va jouer
01:15:49mais
01:15:51malgré tout
01:15:52il faut aussi
01:15:54dans un moment
01:15:55qui est devenu
01:15:55un moment très parlementaire
01:15:56accepter l'idée
01:15:57que la copie
01:15:58elle n'est pas
01:15:59la copie initiale
01:16:01du gouvernement
01:16:02qu'elle n'est pas
01:16:03non plus la copie
01:16:03de la première lecture
01:16:04elle n'est pas la copie
01:16:05du sénat
01:16:06elle est la copie
01:16:07qui arrivera
01:16:08en lecture définitive
01:16:09et il reste encore
01:16:10un peu de trajet
01:16:11pour la commenter
01:16:13voilà
01:16:14et
01:16:14si vous pouviez
01:16:16c'est la seule
01:16:18demande que je vous fais
01:16:19non pas
01:16:20dire que nous sommes
01:16:21formidables
01:16:22ça c'est trop dur
01:16:23mais
01:16:23pour vous je veux dire
01:16:25mais en revanche
01:16:27expliquer
01:16:27que
01:16:28ce qu'est un débat
01:16:31parlementaire
01:16:31et comment ça fonctionne
01:16:33ça aiderait un peu
01:16:34parce que
01:16:35là
01:16:35je crains
01:16:37qu'on ne soit
01:16:38dans une forme
01:16:40de
01:16:40de grand flou
01:16:44qui n'aide pas
01:16:45et comme tout à l'heure
01:16:46je crois que c'était
01:16:48Dominac
01:16:50qui le disait
01:16:51quand on ne comprend pas
01:16:53il n'y a plus que la démagogie
01:16:56qui l'emporte
01:16:56et je ne crois pas
01:16:58que nous ayons besoin
01:16:58de plus de démagogie
01:16:59dans ce pays
01:16:59dernière question avec Arthur
01:17:01bonjour Arthur
01:17:02pour l'effet
01:17:03il y a des débats
01:17:05dans un délicieux
01:17:06on comprend
01:17:07il y a aussi
01:17:07beaucoup d'éducation
01:17:08dans un peu plus
01:17:08comment il y a
01:17:09beaucoup d'éducation
01:17:09en commun
01:17:10comment se passe
01:17:11cette discussion
01:17:12avec quelle relation
01:17:13de travail
01:17:14est-ce que
01:17:15vous êtes surpris
01:17:16que ça se passe
01:17:16aussi bien
01:17:17et est-ce que
01:17:18c'est pas
01:17:19ce déclos
01:17:19qui est en train
01:17:20de jouer
01:17:21il n'y a pas
01:17:24de huis clos
01:17:24c'est que tout est
01:17:25transparent
01:17:25en fait
01:17:26j'ai entendu
01:17:27pendant des semaines
01:17:28entières
01:17:28les insoumis
01:17:30qui expliquaient
01:17:31qu'il y avait
01:17:31un espèce
01:17:32d'accord secret
01:17:33et que même
01:17:35Jérôme Mélenchon
01:17:35a même dit
01:17:36qu'on avait
01:17:36changé d'alliance
01:17:37la belle affaire
01:17:38est-ce que
01:17:39vous avez observé
01:17:40un deal
01:17:41ou même
01:17:43un changement
01:17:44d'alliance
01:17:44non
01:17:45il y a une gauche
01:17:46une droite
01:17:47et nous nous parlons
01:17:48parce que
01:17:49nous savons
01:17:50qu'à un moment
01:17:51il faut trouver
01:17:51un budget
01:17:51pour la France
01:17:52est-ce que ça veut dire
01:17:53qu'on est devenu
01:17:55macroniste
01:17:56ou eux
01:17:56qui sont devenus
01:17:56socialistes
01:17:57je rassure
01:17:58tous ceux
01:17:58qui pourraient
01:17:59s'inquiéter
01:18:00à droite
01:18:00ou à gauche
01:18:01on est resté
01:18:02les mêmes
01:18:02simplement
01:18:04on peut rester
01:18:05les mêmes
01:18:05tout en ayant
01:18:06conscience
01:18:07que quelque chose
01:18:07de plus grand
01:18:08que nous se joue
01:18:08et c'est ce qu'on est
01:18:10en train d'essayer
01:18:10de faire en ce moment
01:18:11est-ce qu'on va
01:18:12aboutir à la fin
01:18:12je vous l'ai dit
01:18:13je n'en sais rien
01:18:14je ferai tout
01:18:16pour ça
01:18:16parce que je considère
01:18:18que c'est notre
01:18:19c'est notre devoir
01:18:21et il y a même
01:18:22une part de devoir moral
01:18:24dans cette affaire
01:18:24mais ça ne veut pas dire
01:18:27qu'on est copains
01:18:28comme cochons
01:18:28on ne va pas partir
01:18:29en vacances ensemble
01:18:29et moi je ne connaissais pas
01:18:32Sébastien Lecornu
01:18:33avant qu'il devienne
01:18:34premier ministre
01:18:35la relation
01:18:37est fluide
01:18:39au sens où
01:18:40quand on a besoin
01:18:41de se parler
01:18:42on se parle
01:18:43ce qui est déjà
01:18:44un changement
01:18:45par rapport
01:18:46à ce qu'était
01:18:46la situation précédente
01:18:48mais pour l'instant
01:18:50on n'a pas abouti
01:18:51non plus
01:18:51et moi je lui dis
01:18:52à chaque fois
01:18:53ce que je vous ai dit là
01:18:54je vous dis
01:18:55je voudrais
01:18:56que la copie
01:18:57soit conforme
01:18:58à ce que j'espère
01:18:59qui ne serait pas ma copie
01:19:01mais qui serait une copie
01:19:01que je pourrais
01:19:02accepter
01:19:03et lui me répond
01:19:06oh là là
01:19:06mais oui
01:19:07moi je suis de droite
01:19:08donc en fait
01:19:09ce que tu demandes
01:19:10ce n'est pas vraiment
01:19:11ce que je peux accepter
01:19:12moi
01:19:12et puis mes copains
01:19:13etc
01:19:13donc on se parle
01:19:16et puis on avance
01:19:16et on verra à la fin
01:19:18mais il n'y a pas
01:19:20d'idyle particulière
01:19:21il n'y a pas
01:19:22enfin je vois bien
01:19:23que tout le monde
01:19:23veut toujours
01:19:24faire du storytelling
01:19:27et romancer
01:19:29ce qui est
01:19:30un dialogue normal
01:19:33dans une démocratie
01:19:34merci Olivier Faure
01:19:37de nous avoir accordé
01:19:38plus d'une heure
01:19:38au milieu de cette séquence
01:19:40budgétaire
01:19:40à la fois dense
01:19:42et décisive
01:19:43et on suivra bien sûr
01:19:44la suite du processus
01:19:45en essayant de l'expliquer
01:19:46le mieux possible
01:19:47bon après-midi à tous
01:19:48merci à vous
01:20:18merci à vous
01:20:21merci à vous
01:20:22merci à vous
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