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  • il y a 4 mois
Un étudiant a été mortellement fauché ce samedi matin sur le boulevard de la Liberté, à Lille (Nord). Après avoir percuté l'étudiant de 19 ans, l'automobiliste, alors engagé dans une course-poursuite avec la police. Il serait un condamné multirécidiviste. Pour Charlotte d'Ornellas, journaliste, «on cherche des excuses plus que des condamnations de l’acte» pour ce genre de profil.

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Transcription
00:00C'est-à-dire que déjà, pour récupérer quelqu'un, il faut le vouloir, il faut vouloir le sortir de la délinquance dans laquelle il est, ce que notre système ne permet pas,
00:07puisqu'en effet, on cherche des excuses plus que des condamnations de l'acte pour tenter de sauver la personne.
00:14Donc déjà, à la base, c'est parce que moi, je ne sais pas, quand je lis le pédigré judiciaire de ce garçon et qu'on m'explique qu'il est condamné pour séquestration, torture, à trois ans de prison, dont deux fermes,
00:27soit il y a torture, soit il y a trois ans de prison, dont deux fermes, c'est vraiment deux informations que je n'arrive pas à lier.
00:35Donc je n'ai pas le dossier entre les mains, encore une fois, c'est pour ça que je reste prudente.
00:38Et surtout, avec cet homme, on me dit qu'il avait une interdiction de conduire, et puis l'année dernière, il a été arrêté au volant d'une voiture, et puis là, ça recommence.
00:47Et en fait, la seule raison pour laquelle on en parle, ce n'est pas juste témoigner que ça existe, enfin en tout cas, je parle pour moi, mais ce n'est pas juste dire que ça existe,
00:54c'est qu'on veut tous, et je pense que c'est légitime, au-delà de notre métier de journaliste, que ça s'arrête.
01:00Moi, en fait, j'écoute cette maman, j'ai juste envie de me taire, je ne sais même plus quoi dire, j'ai honte, je ne sais plus quoi leur dire, en fait.
01:08Et je dis à mes chers confrères qui font des portraits régulièrement, oui, ça m'obsède.
01:13Oui, je suis obsessionnelle avec ce sujet-là, en fait.
01:15Je suis vraiment désolée, et ça devrait obséder tout le monde, en fait, que ça s'arrête.
01:18Que ça s'arrête une bonne fois pour toutes, qu'on ne soit pas d'accord sur la manière dont il faut que ça s'arrête,
01:23je n'ai aucun problème, c'est normal, mais au moins qu'on en parle.
01:28Et par ailleurs, ce que je leur reproche, évidemment, on a tous l'affaire Naël dans la tête.
01:32Évidemment, au moment de parler d'un refus d'obtempérer, ce n'est pas le premier qui se finit en drame comme ça.
01:37À l'époque, beaucoup de gens reprochaient l'interrogation par rapport à la situation en disant,
01:42quoi qu'il arrive, ça ne mérite pas de mourir.
01:44Évidemment, ce que personne ne disait, ni un casier judiciaire, ni la situation, ça ne méritait pas de mourir.
01:50La question, ce n'est pas celle-là.
01:52C'est est-ce que Matisse et les autres, parce qu'il y a d'autres prénoms qu'on pourrait sortir,
01:56eux doivent vivre avec le risque de mourir, parce que d'autres prennent un risque à leur place.
02:02Parce que là, Matisse, il n'en avait pas pris de risque.
02:04En l'occurrence, ce n'était pas lui qui jouait sa vie au volant de cette voiture.
02:08Et ne parler que de l'affaire Naël, et pas des autres, qui éclairent évidemment ce qui se passe dans la tête d'un policier
02:15au moment où il y a un refus d'obtempérer, là, c'est un choix de leur part, pas de la nôtre, de leur part.
02:21C'est eux qui sélectionnent une information pour qu'on ne comprenne pas la situation.
02:24Qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un flic quand il poursuit une voiture pendant trois minutes,
02:28qui roule trop vite, qui manque de renverser deux personnes ?
02:32Il se passe ça, en fait.
02:33Le flic, il imagine qu'il peut se passer ça, en tout cas.
02:35Et bon, il n'y a pas de bonne solution, d'accord.
02:37Mais en l'occurrence, j'aimerais que les gens qui nous expliquaient que Naël ne méritait pas de mourir
02:42crient encore plus fort que Matisse non plus.
02:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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