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  • 4 months ago

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00:00C'est une pression qui ne cesse de s'accroître. Au Mali, Bamako subit toujours un important blocus djihadiste sur les importations de carburant.
00:07La capitale peut-elle désormais tomber dans leur escarcelle ? C'est l'inquiétude sur place.
00:12Vendredi dernier, les Etats-Unis mais aussi le Royaume-Uni ont annoncé l'évacuation de leur personnel non essentiel ainsi que de leur famille.
00:18Bonjour Wassim. Bonjour. C'est la question que tout le monde se pose. Est-ce que Bamako peut tomber entre les mains des djihadistes ?
00:24Effectivement, c'est la question que tout le monde se pose. Et d'ailleurs, ce qui a suscité beaucoup d'inquiétude,
00:28on va voir une vidéo. C'est une attaque qui a eu lieu à à peu près 20 kilomètres de la capitale.
00:34Et on va regarder peut-être la vidéo. Et c'est une attaque qui s'inscrit dans l'effort du JNIM autour de la capitale malienne
00:41qu'il met sous une vraie pression. Mais à l'heure actuelle, à l'heure où on parle, investir la ville avec Bania Noir au vent
00:47n'est pas possible ni militairement ni politiquement pour le JNIM. Donc ça serait uniquement possible à travers une coalition, disons,
00:55assez large pour rassurer les Bamakois et même ceux qui sont toujours les soutiens de l'actuel régime.
01:04Donc ils travaillent sur cet aspect-là. Donc quelque chose de collégial, une sorte de coalition
01:09qui mènerait éventuellement à une gouvernance islamique commune et qui de fait dissocierait le JNIM de la nébuleuse d'Al-Qaïda
01:18qui inquiète tout le monde.
01:19Est-ce que le JNIM est en train de nouer un dialogue avec d'autres composantes au Mali ?
01:23Donc effectivement, il y a un dialogue qui est entrepris avec des opposants, donc à la junte,
01:30qu'ils soient des opposants politiques, qu'ils soient islamistes ou pas, et qu'ils soient dans la capitale au Mali ou en exil.
01:39Donc ça c'est une certitude. Il y a des discussions qui sont entreprises de part et d'autre,
01:45sauf que c'est une équation à plusieurs inconnues, parce que si l'actuel pouvoir s'effrite de l'intérieur
01:50à cause de la pression économique qu'impose le JNIM, là, à ce moment-là, des scénarios, pardon,
01:58comme celui de Kaboul par exemple, pourraient voir le jour.
02:02Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le pouvoir s'effrite, les militaires se battent entre eux
02:05ou s'effrite pour une raison ou une autre, et ce qui fait qu'il y a un chaos dans la capitale.
02:10Et à ce moment-là, les commandants du JNIM aux abords de la capitale pourraient prendre l'initiative.
02:15Et c'est pour ça que je fais la comparaison avec Kaboul, parce qu'à la base, rappelez-vous,
02:19les talibans ne devaient pas rentrer dans la capitale avant l'évacuation des armées américaines
02:23et suivant un accord avec le pouvoir en place, sauf que le pouvoir est tombé,
02:27des scènes de pillage ont commencé, le chaos était arrivé au cœur de la capitale,
02:32et donc des commandants talibans aux abords de la capitale ont pris l'initiative sans revenir au commandement.
02:38Donc c'est une ventialité qui reste quand même bien réelle, même si, objectivement,
02:43à l'heure où on parle, le JNIM tout seul ne peut pas prendre la capitale.
02:47On parlait tout à l'heure de ce blocus en cours depuis début septembre.
02:50Où en est-on aujourd'hui, Wassim ?
02:52On va regarder sur une carte, on en a déjà parlé, donc ça fait maintenant plus d'un mois
02:56que les routes qu'on va voir sur la carte sont bloquées de manière assez périodique par le JNIM
03:02qui empêchent les convois de passer, des convois de gasoil de passer directement vers Bamako.
03:08Les villes de Caille et de Nuro sont toujours sous blocus.
03:10Les seuls convois qui arrivent à passer de manière assez sporadique, disons,
03:15sont sous escorte militaire qui se fait attaquer elle-même.
03:18Et le fait est aujourd'hui que le carburant, les prix du carburant sont devenus très élevés
03:23dans la capitale Bamako et ça empêche en tout cas la vie de se dérouler normalement dans la capitale.
03:29Donc le blocus continue. On va voir une vidéo par exemple d'une attaque qui a eu lieu sur la route de Sikasso
03:37pour acheminer le gasoil vers Bamako parce que comme vous l'avez vu,
03:41c'est les routes qui mènent vers tous les pays de la région en fait.
03:44Et selon source propre, ça m'a été affirmé que le blocus continue à l'heure où on parle
03:49et que le but du JNIM est toujours de faire chuter le pouvoir des militaires à Bamako.
03:55La situation dans les autres régions ?
03:57Elle est toujours, disons, similaire. Il y a des grandes attaques qui ont eu lieu
04:00comme l'attaque par exemple de Sannes le 14 octobre.
04:04On va voir les images de l'attaque de Sannes.
04:05Donc c'est les locaux de la police qui ont été investis par les djihadistes.
04:09On les voit là à l'image.
04:11Donc qui dit investis dit pris, pillés, armements acheminés sans être inquiétés.
04:18Ça rappelle aussi ce qu'on a vu à Benena. On a aussi les images.
04:22Là où les djihadistes, par exemple, c'est une ville qui est frontalière du Burkina Faso.
04:27On voit les djihadistes passer parmi les civils, passer parmi les bus pour arriver à la caserne
04:34et attaquer la caserne sans que les civils ne fuient.
04:36Et c'est ça qui est important.
04:37Et sans que les civils ne soient attaqués.
04:39Et d'après des sources propres aussi, du moment où les civils ne sont pas impliqués dans l'effort militaire,
04:44il y a une sorte de laisser-faire qui fait aujourd'hui loi dans plusieurs zones du Mali.
04:51Et petit détail très important, le blocus comprenait aussi le blocus d'une compagnie de bus de transport,
04:57la compagnie Diara.
04:59Donc il a fallu que la directrice de cette entreprise s'adresse au Genim
05:03pour que le Genim lève l'interdiction, suivant ses conditions propres.
05:08Donc les femmes doivent être voilées et les bus ne doivent plus transporter de militaires.
05:13Et ce qui vaut pour Diara vaut pour les autres compagnies de transport.
05:18Donc là on voit comment le Genim impose en tout cas ces décisions dans une bonne partie du pays.
05:25Alors on le rappelle, ces derniers jours il y a eu la libération de deux otages émiratis,
05:29d'un otage iranien également.
05:30Et c'est à noter sans communication de la part des autorités militaires maliennes
05:34qui étaient ces otages et est-ce qu'on sait dans quelles conditions ils ont retrouvé leur liberté ?
05:38Donc effectivement sans communication ni émiratis ni maliennes
05:42parce qu'ils veulent garder les choses disons sous les radars.
05:47Mais on sait aujourd'hui que la personne qui a été prise en otage,
05:50en tout cas une des personnes qui a été prise en otage,
05:51c'était Joum Aboul Maktoum Al Maktoum.
05:53C'est un général à la retraite émiratique qui appartient à la famille régnante de Dubaï.
05:58Donc un personnage très important.
06:01Selon des sources locales, certes il avait sa ferme sur zone,
06:04mais il était aussi impliqué dans le commerce de l'or.
06:08Donc ce n'était pas qu'un touriste.
06:10Donc il a été libéré et acheminé en dehors du pays le vendredi 31 octobre.
06:15Il y a eu plusieurs infos contradictoires à ce sujet comme c'est souvent le cas.
06:18Donc plusieurs missiles ont été tentés.
06:20Une à travers la Mauritanie et un intermédiaire connu,
06:23Touareg, Ahmada, Agbibi.
06:25Et une autre à travers l'intermédiaire que Bamako a voulu imposer au Genime.
06:29Les dons ont échoué.
06:30L'amissive qui a réussi ou qui a abouti, en tout cas,
06:33c'est à travers des commerçants et trafiquants connus sur zone.
06:37Roudji et Zemilou, donc c'est des personnages très connus sur zone.
06:39Ce sont eux qui ont pu aligner toutes les conditions qui ont mené à la libération.
06:43Et donc, aujourd'hui, on a la certitude qu'une rançon de 50 millions de dollars a été payée.
06:48C'est énorme.
06:49C'est la première fois qu'une rançon d'une telle ampleur a été versée.
06:55Et 20 tonnes de munitions.
06:57Sauf que les 20 tonnes de munitions, il reste une question.
07:00Certaines sources affirment qu'elles n'ont jamais été acheminées,
07:02qu'elles sont remplacées par 20 millions de dollars en plus des 50.
07:06Mais en tout cas, le fait est aujourd'hui que cette rançon énorme a été payée
07:10pour la libération de ces deux otages émiratis et leurs employés iraniens
07:16en un temps record, donc moins d'un mois.
07:18Et selon des sources propres, encore une fois, il y a eu des libérations de djihadistes
07:23des prisons maliennes, mais ça n'a pas de rapport avec la libération des otages émiratis.
07:28C'est un autre process de négociation avec la junte au pouvoir.
07:32Mais aussi, cette situation pose question sur la présence émiratis sur le continent africain.
07:36Parce qu'une rançon de telle ampleur va évidemment susciter, disons, des envies des alliés
07:45et même des ennemis des émiratis aujourd'hui en Afrique.
07:48Dernière question, Wassim.
07:49Y a-t-il d'autres otages entre les mains du Genime ? Est-ce qu'on le sait ?
07:52Oui, il y a d'autres otages entre les mains du Genime.
07:53Des otages chinois, turcs, indiens, ukrainiens du Donbass qui travaillaient pour Wagner sur passeport russe.
07:58Et des otages égyptiens sont aussi entre les mains du groupe depuis le 28 octobre.
08:04Mais selon des sources propres, leur sort n'a pas été tranché.
08:07Les rumeurs comme quoi une rançon de 5 millions de dollars a été demandée sont fausses.
08:11Ils sont en train de voir, en tout cas le Genime, si ces gens-là, ces égyptiens-là,
08:15travaillaient pour le gouvernement ou pas.
08:16Donc il n'y a pas d'otages occidentaux entre les mains du Genime
08:18parce que c'est la nouvelle, disons, politique du groupe depuis un moment
08:21qui se concentre sur les pays qui soutiennent la junte.
08:25Et ça, c'est important à noter.
08:26Sauf qu'il y a d'autres otages occidentaux sur zone, cette fois avec l'État islamique
08:31comme les pilotes américains qui ont été pris au cœur de la capitale Niamey
08:34et deux femmes, une Autrichienne et une Suisse, prises à Agadez aussi au Niger.
08:39Donc suivant un appel d'offres, disons, entre guillemets, de l'État islamique
08:43qui veut bien prendre les otages que les gens arrivent à lui acheminer.
08:47Et il les détient aujourd'hui tous au Mali, sur le territoire malien, dans la région de Menaka.
08:52Merci pour ce point très complet.
08:54Voici, merci beaucoup.
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