- il y a 2 mois
À LA UNE / Coup de tonnerre à l'Assemblée : premier texte du RN adopté !
À l'occasion de sa niche parlementaire, le Rassemblement national a réussi, pour la première fois de son histoire, à faire adopter un texte dont il était à l'origine. Avec le vote de l'UDR d'Eric Ciotti, des Républicains et d'une partie des centristes, le parti d'extrême droite a acté une résolution visant à dénoncer l'accord franco?algérien du 27 décembre 1968. Cet accord organise les conditions de circulation, de séjour et d'emploi des ressortissants algériens en France. Bien que la résolution n'ait pas de valeur législative, Marine Le Pen demande désormais au gouvernement de suspendre cette convention entre les deux pays. La gauche dénonce, elle, l'absence de Gabriel Attal et d'une partie de son groupe « Ensemble pour la République » pour le vote, ce qui a conduit à l'adoption de justesse de la résolution, à 185 voix contre 184. Les célébrations ont cependant été courtes puisque la proposition de loi du RN sur le délit de séjour irrégulier a été rejetée dans l'après-midi. « C'est une journée qu'on peut qualifier d'historique pour le RN », s'est félicitée Marine Le Pen, jeudi 30 octobre 2025. Ce vote inédit en faveur d'un texte émanant de l'extrême-droite témoigne-t-il de la fin du cordon sanitaire anti-RN à l'Assemblée ?
Invités :
-Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion à l'Institut de sondage Ipsos-BVA
-Lou Fritel, journaliste politique à « Paris Match »
-Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP
Les chroniques :
« Le mot du jour » : COMPROMIS par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » : Viser la Lune, ça ne fait pas peur ! par Laurent Guimier
LA QUESTION QUI FÂCHE / Le budget est-il devenu « invotable » ?
Plus le débat parlementaire progresse, plus le budget s'éloigne du projet initial du gouvernement de Sébastien Lecornu. Dans l'attente du débat vendredi 31 octobre sur l'article 3 et la taxe Zucman, les députés de tous bords ont fait adopter de nombreux amendements fiscaux : élargissement du champ d'application de l'impôt sur les bénéfices des multinationales, taxe exceptionnelle sur les superdividendes... Le camp présidentiel et la droite dénoncent la multiplication de ces amendements. « La justice fiscale a laissé place à la surenchère fiscale », affirme le ministre de l'économie Roland Lescure, tandis que Bruno Retailleau pointe du doigt une « folie fiscale ». En partie adoptés grâce à une alliance inédite entre la gauche et le Rassemblement National, ces multiples amendements fiscaux empêcheront-ils la validation du texte final du Projet de Loi de Finances 2026 ?
Invités :
-Laurent Baumel, député socialiste d'Indre-et-Loire
-François Jolivet, député « Horizons et indépendants » d'Indre
-Corentin Le Fur, député « Droite Républicaine » des Côtes-d'Armor
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementa
À l'occasion de sa niche parlementaire, le Rassemblement national a réussi, pour la première fois de son histoire, à faire adopter un texte dont il était à l'origine. Avec le vote de l'UDR d'Eric Ciotti, des Républicains et d'une partie des centristes, le parti d'extrême droite a acté une résolution visant à dénoncer l'accord franco?algérien du 27 décembre 1968. Cet accord organise les conditions de circulation, de séjour et d'emploi des ressortissants algériens en France. Bien que la résolution n'ait pas de valeur législative, Marine Le Pen demande désormais au gouvernement de suspendre cette convention entre les deux pays. La gauche dénonce, elle, l'absence de Gabriel Attal et d'une partie de son groupe « Ensemble pour la République » pour le vote, ce qui a conduit à l'adoption de justesse de la résolution, à 185 voix contre 184. Les célébrations ont cependant été courtes puisque la proposition de loi du RN sur le délit de séjour irrégulier a été rejetée dans l'après-midi. « C'est une journée qu'on peut qualifier d'historique pour le RN », s'est félicitée Marine Le Pen, jeudi 30 octobre 2025. Ce vote inédit en faveur d'un texte émanant de l'extrême-droite témoigne-t-il de la fin du cordon sanitaire anti-RN à l'Assemblée ?
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-Lou Fritel, journaliste politique à « Paris Match »
-Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP
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LA QUESTION QUI FÂCHE / Le budget est-il devenu « invotable » ?
Plus le débat parlementaire progresse, plus le budget s'éloigne du projet initial du gouvernement de Sébastien Lecornu. Dans l'attente du débat vendredi 31 octobre sur l'article 3 et la taxe Zucman, les députés de tous bords ont fait adopter de nombreux amendements fiscaux : élargissement du champ d'application de l'impôt sur les bénéfices des multinationales, taxe exceptionnelle sur les superdividendes... Le camp présidentiel et la droite dénoncent la multiplication de ces amendements. « La justice fiscale a laissé place à la surenchère fiscale », affirme le ministre de l'économie Roland Lescure, tandis que Bruno Retailleau pointe du doigt une « folie fiscale ». En partie adoptés grâce à une alliance inédite entre la gauche et le Rassemblement National, ces multiples amendements fiscaux empêcheront-ils la validation du texte final du Projet de Loi de Finances 2026 ?
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-François Jolivet, député « Horizons et indépendants » d'Indre
-Corentin Le Fur, député « Droite Républicaine » des Côtes-d'Armor
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00:00:00Musique
00:00:01Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP Canal 8.
00:00:28Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage et de débat en direct de l'Assemblée Nationale
00:00:33avec tout d'abord à mes côtés ce soir la sémiologue Mariette Darigrand.
00:00:36Bonsoir Mariette.
00:00:38Soir Adeline.
00:00:38Et Laurent Guimier.
00:00:39Bonsoir Laurent.
00:00:40Bonsoir Adeline.
00:00:40Vous allez bien tous les deux ?
00:00:41Très très bien.
00:00:42Alors c'est parti pour le sommaire de Chaque Voix Compte avec à la une ce soir.
00:00:46Coup de tonnerre à l'Assemblée Nationale où pour la première fois de son histoire,
00:00:50le RN est parvenu à faire voter l'un de ses textes.
00:00:54En l'occurrence, la proposition de résolution visant à dénoncer l'accord franco-algérien de 1968.
00:01:00Que dire de ce moment RN ?
00:01:03Eh bien nous allons en parler avec Stéphane Zumsteg,
00:01:05directeur du département politique et opinion de l'Institut de sondage Ipsos BVA.
00:01:09Bonsoir Stéphane.
00:01:10Bonsoir.
00:01:10Et merci d'être là aux côtés de Elsa Mondingava, journaliste parlementaire à LCP.
00:01:15Bonsoir Elsa.
00:01:15Bonsoir.
00:01:16Et Lou Frittel, journaliste à Paris Match, spécialiste des droites.
00:01:20Merci d'être là.
00:01:21Lou, merci à tous les trois.
00:01:22À suivre à 20h, quelle histoire avec Laurent Guimier.
00:01:25Oui et ce soir je vous emmène à 380 000 km d'ici, sur la Lune.
00:01:29La conquête de la Lune, c'est l'autre grand match entre les Chinois et les Américains.
00:01:34Et c'est une histoire politique passionnante.
00:01:36Dans la deuxième partie de chaque voix compte, retour sur le plancher des vaches avec la question qui fâche,
00:01:42le budget est-il devenu invotable ?
00:01:44Les députés vont débattre demain dans l'hémicycle de la fameuse taxe Zuckman,
00:01:49point d'orgue d'un débat budgétaire qui, selon de nombreux observateurs, a totalement dérapé.
00:01:55Eh bien nous en débattrons avec Laurent Baumel, député socialiste d'Indre-et-Loire,
00:01:58Corentin Le Fur, député droite républicaine des Côtes d'Armor,
00:02:02et François Jolivet, député horizon de l'Indre.
00:02:04Et tout cela vous inspire le mot du jour, Mariette.
00:02:07Oui, alors pour une fois, ce n'est pas un mot que je vais défendre,
00:02:10c'est un mot que je vais mettre à la poubelle, Adeline.
00:02:12C'est compromis.
00:02:13On attend vos explications, Mariette.
00:02:15Et on attend aussi vos questions et vos réflexions,
00:02:18en flashant le QR code qui s'affiche ici.
00:02:21À 20h30, on a rendez-vous avec Marco Pommier pour Bourbon Express,
00:02:24le journal de l'Assemblée nationale.
00:02:25Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:27Installez-vous confortablement.
00:02:28Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:29Elle avait le sourire ce matin, Marine Le Pen.
00:02:40Elle a même parlé d'un jour historique pour son parti.
00:02:45Pour 185, contre 184, l'Assemblée nationale a adopté...
00:02:50L'Assemblée nationale a adopté à 11h02 un texte du RN.
00:02:56Ça n'était jamais arrivé.
00:02:58Le texte en question, c'est une proposition de résolution
00:03:00qui vise à dénoncer l'accord franco-algérien de 1968.
00:03:04Alors avant d'y revenir en détail,
00:03:06je voulais d'abord vous poser la question à tous les trois de but en blanc.
00:03:08Est-ce vraiment, comme le dit Marine Le Pen, un jour historique, Elsa ?
00:03:12Alors je dirais plutôt victoire politique, parce qu'on y reviendra,
00:03:15mais historique, c'est peut-être encore un peu tôt
00:03:17et c'est une victoire qui n'aura pas forcément beaucoup d'effets.
00:03:21Mais oui, victoire politique aujourd'hui pour Marine Le Pen et ses troupes.
00:03:23Stéphane Zoumseg ?
00:03:24Oui, victoire politique, mais qui dénote aussi deux choses.
00:03:26La droitisation et de la classe politique.
00:03:28Je ne parle pas de l'opinion, on parlera peut-être de l'opinion plus tard,
00:03:30mais les LR ont voté massivement aussi avec le Rassemblement national,
00:03:34ce texte du Rassemblement national.
00:03:36Effet nouveau, ce qui appartenait il y a encore quelques semaines à la Macronie,
00:03:39le groupe Horizon a aussi voté majoritairement un texte du RN.
00:03:42Ça en dit aussi long sur la déliquescence
00:03:44de ce qu'il reste aujourd'hui de la Macronie.
00:03:45Lou Frittel, d'un point de vue,
00:03:47droitier sur les droites en général,
00:03:50moi je dirais que c'est historique dans la mesure
00:03:52où Marine Le Pen déjà ne se revendique pas de droite,
00:03:54mais contre cette définition,
00:03:57elle attire des électeurs de droite,
00:03:58elle ambitionne de remplacer LR,
00:04:01et donc c'est vrai que pour moi, honnêtement,
00:04:03c'est l'union des droites, une coalition des droites
00:04:06qu'on a vu naître à l'Assemblée aujourd'hui.
00:04:08Donc le texte est passé, chaque voix compte,
00:04:10on le répète tous les soirs, mais quelle voix en l'occurrence ?
00:04:12Eh bien vous allez voir que le texte a été adopté
00:04:14à une voix près.
00:04:15Deux minutes pour comprendre, signée Valérie Brochard ce soir.
00:04:18Sur les bancs du Rassemblement National,
00:04:28on exulte.
00:04:29185 voix contre 184,
00:04:35la résolution proposée par le Rassemblement National
00:04:38visant à dénoncer l'accord franco-algérien de 1968
00:04:43a été adoptée à une voix près.
00:04:46Une première que Marine Le Pen est venue célébrer devant les caméras.
00:04:50C'est évidemment une journée qu'on peut qualifier d'historique
00:04:55pour le Rassemblement National.
00:04:57Et très objectivement, je vois que la gauche est mauvaise perdante
00:05:02puisqu'elle multiplie les hurlements, les insultes, les diffamations,
00:05:06les rappels au règlement.
00:05:07Ce que la gauche ne digère pas, c'est l'absence de Gabriel Attal et ses troupes.
00:05:12Sur 92 membres, seuls 30 élus du groupe Ensemble pour la République
00:05:16qui ont voté contre le texte.
00:05:18Alors, la présidente des élus écologistes lance un avis de recherche.
00:05:23Où est Gabriel Attal ? Où sont les députés macronistes ?
00:05:26Ce qu'on vient vivre dans l'hémicycle, c'est inacceptable, c'est insupportable.
00:05:30L'absence des macronistes a donné une victoire au Rassemblement National
00:05:33sur un texte raciste, sur un texte qui remet en cause nos relations
00:05:37entre la France et l'Algérie.
00:05:39Le texte du RN exige l'abrogation de l'accord
00:05:42qui offre aux Algériens des clauses spécifiques en matière d'immigration
00:05:45et deux séjours en France.
00:05:47Des dispositions que les groupes Horizons et la droite républicaine
00:05:50souhaitent aussi abolir.
00:05:52La fin du cordon sanitaire pour le patron du groupe UDR.
00:05:55Je salue bien sûr le vote de l'alliance RN-UDR
00:06:01mais aussi de tous les députés qui se soient joints à nous.
00:06:05Ils ont voté en cohérence avec ceux qu'ils ont toujours dit.
00:06:08On voit bien que les lignes bougent.
00:06:09Un vote symbolique, politique, mais contrairement aux lois,
00:06:14les résolutions n'ont pas de valeur contraignante.
00:06:17Il appartient dorénavant au gouvernement, s'il le souhaite, d'engager l'abrogation.
00:06:21Alors avant toute chose, Elsa Mondingava, avant toute chose,
00:06:24pour que les téléspectateurs comprennent bien,
00:06:26il faut expliquer que le RN avait donc droit aujourd'hui à sa niche parlementaire.
00:06:31C'est la première de la session.
00:06:33Et le RN étant le groupe qui a le plus de députés,
00:06:35c'est lui qui a le droit de défendre la première niche.
00:06:37Exactement. Pour chaque session, chaque groupe a une journée
00:06:42où c'est lui qui maîtrise l'ordre du jour à l'Assemblée.
00:06:44C'est-à-dire que c'est lui qui va décider d'inscrire des propositions de loi,
00:06:47des propositions de résolution.
00:06:49Alors au début, le RN avait inscrit deux textes.
00:06:52Les deux premiers textes, pardon, c'était un texte pour faciliter les démarches
00:06:55quand on est en situation de handicap, un autre sur les frais bancaires.
00:06:58Donc c'était des textes très concernants qui parlent au français.
00:07:01Et puis, changement de braquet mardi, il décide finalement de redéplacer ces textes
00:07:06et de mettre deux textes plus politiques, plus polémiques au début.
00:07:09Celui sur les accords entre la France et l'Algérie.
00:07:11Puis un, on y reviendra sur le rétablissement du séjour irrégulier.
00:07:14Marine Le Pen, elle n'y croyait pas tellement
00:07:16puisque hier, elle était invitée de la presse parlementaire
00:07:19et elle avait déjà l'argumentaire de dire
00:07:21« Oui, il y a une majorité pour les dénoncer, c'est d'accord,
00:07:23mais vous allez voir, dans l'hémicycle, le sectarisme va l'emporter, etc. »
00:07:28Je pense que c'était les premiers surpris.
00:07:30Et on peut voir sur les images les premiers ravis de cette victoire.
00:07:33Alors, il se trouve que ce matin, avant le vote,
00:07:35on avait tous une interrogation sur la présence dans l'hémicycle de tous les députés.
00:07:39On pensait que certains se feraient porter pâle
00:07:41parce que d'abord, il y a la fatigue du débat budgétaire
00:07:43et puis parce que, pour ne pas avoir à se prononcer.
00:07:46Est-ce que ça a été le cas ?
00:07:48Alors, ce calendrier, en fait, a joué de manière différente
00:07:52pour les uns ou pour les autres.
00:07:53Le fait que hier, c'était le budget, que demain, c'est le budget
00:07:55avec la fameuse taxe Zuckmann,
00:07:57certains députés en ont profité pour rester.
00:07:59On voit notamment que les députés de droite étaient très mobilisés.
00:08:02D'autres députés ont plutôt profité de cette journée
00:08:05en se disant, bon, c'est un peu relâche aujourd'hui.
00:08:08On va en profiter pour souffler.
00:08:09Et donc, on voit bien que, surtout, quand ça se joue à une voix près,
00:08:12que tout le monde regarde, évidemment, le scrutin
00:08:14et va voir qui a voté dans quel sens, qui a manqué.
00:08:19Et on y reviendra peut-être.
00:08:20Alors, justement, Marine Le Pen, on l'entendait,
00:08:22elle a dénoncé l'incohérence des groupes qui ont voté contre.
00:08:25Pourquoi ?
00:08:25Alors, là, pour le coup, il y a eu plutôt une cohérence
00:08:30de la part des groupes de droite et d'horizon.
00:08:33Chez le Rassemblement national, on dit
00:08:35que la majorité des plateaux télé s'est retrouvée à l'Assemblée,
00:08:38qu'il y a eu une cohérence, etc.
00:08:39Ce qui est le point, c'est le groupe de Gabriel Attal,
00:08:41le groupe Ensemble pour la République,
00:08:43qui est défavorable, mais qui a voté contre.
00:08:46Mais il n'était que 30 à voter contre.
00:08:48Et alors, où était Gabriel Attal au moment du vote ?
00:08:51Il avait piscine ?
00:08:52Alors, il était à une conférence sur le tourisme.
00:08:55Dans son équipe, on dit qu'effectivement,
00:08:56c'était un événement prévu de longue date,
00:08:59que l'ordre avait changé aussi dans la niche parlementaire
00:09:02et que, du coup, c'était difficile de s'adapter au dernier moment.
00:09:05Et puis, on dit, voilà, que c'est difficile de savoir
00:09:07quelle voie a manqué.
00:09:09C'est un peu facile de dire, c'est celle de Gabriel Attal.
00:09:11Il y a d'autres députés qui n'étaient pas présents.
00:09:13Et surtout, et nous le disait Stéphane également,
00:09:16ce qu'on dit, c'est attention, le fait politique,
00:09:17que ce n'est pas Gabriel Attal n'était pas là.
00:09:19C'est qu'il y a des députés horizon, notamment,
00:09:22qui ont franchi le Rubicon et qui ont, pour une fois, dit
00:09:25oui, on va voter.
00:09:27Et eux, en toute connaissance de cause,
00:09:29ont donné une victoire au Rassemblement national.
00:09:30Stéphane Zumsteg, vous avez, vous aussi, observé
00:09:32les différents votes qui ont permis au RN
00:09:34de faire adopter ce projet de résolution.
00:09:37Il y a eu, pour vous, des surprises ?
00:09:39La surprise est le caractère massif, me semble-t-il,
00:09:41du vote des LR, moins surprenant,
00:09:44mais des votes aussi des députés horizon.
00:09:46Votre massif en faveur du texte présenté par le RN.
00:09:49Vous, vous pensiez qu'il n'irait pas jusqu'à voter pour vous ?
00:09:51Vous avez différents moyens, vous pouvez vous abstenir aussi.
00:09:53Vous pouvez trouver un argument, vous pouvez très bien
00:09:55ou ne pas venir aussi.
00:09:56Alors, ça, ça reste aussi contestable,
00:09:58parce que vous parliez à l'instant de la politique
00:09:59de la chaise vide de deux tiers des députés Renaissance.
00:10:02– Effectivement, on est à un moment où on est en train
00:10:04d'étudier le budget, où c'est de longue haleine.
00:10:07Objectivement, il n'y avait pas de nécessité à être là aujourd'hui.
00:10:10– Il n'y avait pas de nécessité.
00:10:10Malgré tout, c'est un piège qui a été tendu
00:10:12par le RN au reste de la droite et au centre aussi.
00:10:15Et le RN ramasse la mise, et les autres parties
00:10:17en sortent un petit peu discréditées auprès d'une partie
00:10:20de leur opinion.
00:10:21Peut-être pas l'électorat LR qui comprend le vote de ces députés.
00:10:24Je pense que le cœur électoral d'horizon
00:10:27n'appréciera pas forcément le fait
00:10:29que les députés proches d'Édouard Philippe
00:10:30aient voté avec le RN.
00:10:32Quant à l'absentéisme de deux tiers des députés Renaissance,
00:10:36je comprends parfaitement ce que vous dites
00:10:37sur la nécessité parfois d'aller en circonscription, bien sûr.
00:10:40Mais il y a aussi, je pense, de la lâcheté
00:10:41et surtout une sorte de manque de professionnalisme,
00:10:43presque d'amateurisme de la part de deux tiers,
00:10:46deux tiers du groupe Renaissance.
00:10:48Ils ont 90 députés à peu près, deux tiers n'étaient pas là.
00:10:50Enfin, ça en dit long.
00:10:51Je parlais de déliquescence tout à l'heure.
00:10:52Je pense qu'on a affaire à un groupe parlementaire
00:10:54qui ne sait plus où il habite,
00:10:55des députés qui ne savent plus où il habite,
00:10:57qui ne savent plus quoi faire,
00:10:58y compris quand il s'agit de voter ou de ne pas voter
00:11:00des textes présentés par le RN.
00:11:02C'est votre analyse aussi, Lou ?
00:11:04Je dirais surtout, je suis d'accord sur la partie absentéisme,
00:11:07mais moi sur la partie présentielle,
00:11:09le fait d'être là aujourd'hui et de voter de cette façon-là,
00:11:12Édouard Philippe, il s'était déjà prononcé effectivement
00:11:13contre les accords franco-algériens,
00:11:15c'est un signe qui est volontairement envoyé.
00:11:19Que le texte passe ou non,
00:11:21c'est un signe volontairement envoyé.
00:11:22Quand on regarde aussi par exemple sur le texte
00:11:24sur le délit de séjour irrégulier qui n'est pas passé finalement,
00:11:27ils ont aussi voté ensemble.
00:11:29Donc c'est clairement...
00:11:30Édouard Philippe, depuis quelques semaines, observez-le,
00:11:32il a une nouvelle stratégie.
00:11:34Il est sorti de sa stratégie du silence.
00:11:36Il demande la démission du président de la République.
00:11:38Le bruit et la fureur, version bloc central.
00:11:41Version soft, version jupé, disons.
00:11:44Mais il y a un changement de stratégie.
00:11:46Il se dit aussi que c'est parce que certains sondages
00:11:49qui ont pu être commandés ces derniers temps,
00:11:51en vue des municipales au Havre,
00:11:53ne sont pas forcément très bons, en tout cas assez indécis.
00:11:56Et donc ça pousserait aussi Édouard Philippe
00:11:57à peut-être essayer de mettre en avant un nouveau corpus.
00:12:02Et ça en fait partie de ce corpus.
00:12:04Alors on dit donc que ce projet de résolution
00:12:06a été adopté à une voix près.
00:12:08Certains ont relevé quelque chose peut-être d'anecdotique,
00:12:11mais d'amusant.
00:12:12C'est Sébastien Chenu qui présidait la séance.
00:12:13En général, le président de séance ne vote pas.
00:12:17En général, mais...
00:12:18Là, il a voté.
00:12:19Il a voté.
00:12:20Alors certains disent, voilà, il y a la voix manquante
00:12:22et puis cette fameuse voix.
00:12:23C'est la voix en plus.
00:12:24Moi, on me raconte aussi qu'un député LR
00:12:26est rentré en courant pour voter
00:12:28et que son vote a été pris à la dernière seconde.
00:12:31Donc il est persuadé que c'est peut-être son vote
00:12:32qui a changé les choses.
00:12:34Le président de séance a le droit de voter.
00:12:36Ils ont d'ailleurs au perchoir un bouton
00:12:38où ils peuvent voter.
00:12:39C'est vrai qu'actuellement,
00:12:40généralement, ils ne s'en servent pas.
00:12:42Mais il y a Elbrun-Pivet,
00:12:43parfois, sur des textes importants
00:12:44ou des textes marqueurs.
00:12:45Elle le fait.
00:12:46Donc il n'y a pas d'interdiction de le faire.
00:12:47Mais effectivement,
00:12:49peut-être que Sébastien Chenu
00:12:50pourra dire à sa patronne
00:12:51que c'est grâce à lui, aujourd'hui,
00:12:53ce qui s'est passé.
00:12:53Stéphane Zumstek parlait,
00:12:55il y a quelques minutes,
00:12:56de pièges tendus par l'ERN
00:12:59aux autres députés.
00:12:59Des pièges, il y en avait d'autres
00:13:00puisque l'ERN défendait,
00:13:02au cours de cette journée
00:13:03de niche parlementaire,
00:13:04six autres textes.
00:13:06La niche continue jusqu'à minuit.
00:13:07Clément Perrouot,
00:13:08vous suivez les débats
00:13:09depuis la salle des quatre colonnes.
00:13:11Vous êtes en direct avec nous.
00:13:13Où en est-on, Clément ?
00:13:15Alors, pour le moment, Adeline,
00:13:16pas d'autre victoire
00:13:17pour le Rassemblement national.
00:13:18Depuis l'épisode retentissant de ce matin,
00:13:21un autre texte a été voté.
00:13:23Eh bien, il a été rejeté
00:13:25par les parlementaires.
00:13:26C'était une proposition de loi
00:13:27qui voulait rétablir
00:13:29le délit de séjour irrégulier.
00:13:31En ce moment,
00:13:32les députés sont en train
00:13:33d'étudier une autre proposition
00:13:35de loi du Rassemblement national.
00:13:37Elle porte sur une obligation
00:13:38de l'étiquetage
00:13:39sur la provenance
00:13:40des denrées alimentaires.
00:13:42Il y a un certain suspense
00:13:43parce que c'est un texte
00:13:45finalement relativement consensuel.
00:13:47On est assez loin
00:13:47des fondamentaux
00:13:48du Rassemblement national,
00:13:50notamment l'immigration.
00:13:51Et c'est bien la stratégie du RN
00:13:53de proposer des textes
00:13:54plutôt consensuels
00:13:55lors de sa niche parlementaire.
00:13:57Les textes qui doivent suivre
00:13:58sont dans la même optique.
00:14:00Il y aura, par exemple,
00:14:01un texte sur la gratuité
00:14:02des parkings dans les hôpitaux.
00:14:04Ensuite, ce sera sur la suppression
00:14:06de certains frais bancaires.
00:14:08A noter que les députés
00:14:09ont jusqu'à minuit pour voter.
00:14:10C'est la règle
00:14:11dans les niches parlementaires.
00:14:12Elles s'arrêtent à minuit
00:14:13et tous les textes
00:14:14qui n'auront pas été étudiés avant
00:14:16passeront à la trappe.
00:14:17Merci Clément Perrault.
00:14:19Vous intervenez à tout moment
00:14:20s'il y a un changement
00:14:22dans l'évolution des débats
00:14:23sur cette niche parlementaire du RN.
00:14:26Clément a évoqué
00:14:27les différents textes
00:14:27qui sont mis au débat
00:14:29dans cette niche parlementaire.
00:14:31Les frais bancaires.
00:14:32Les frais bancaires, au départ,
00:14:33ça émane d'un député communiste
00:14:34qui avait déposé
00:14:35cette proposition en avril
00:14:37mais ça n'avait pas abouti.
00:14:39Les fouilles de cartables
00:14:40à l'entrée des établissements scolaires,
00:14:41ça c'était une proposition
00:14:42qui venait du Sénat.
00:14:43Stéphane Zumstek,
00:14:44vous parliez tout à l'heure
00:14:45des pièges tendus par le RN.
00:14:47S'inspirer des autres
00:14:49pour mieux servir sa stratégie.
00:14:51C'est ça ce que fait le RN
00:14:52aujourd'hui aussi ?
00:14:53C'est ce que fait Marine Le Pen
00:14:54depuis qu'elle a repris le parti
00:14:55qu'elle a remplacé son père.
00:14:57De toute façon, regardez,
00:14:58ne serait-ce qu'un élément fondamental
00:14:59dans la vie de ce parti politique
00:15:00du Front National
00:15:01plus du Rassemblement National
00:15:01se mettre à parler
00:15:02beaucoup plus de problématiques sociales,
00:15:04de problématiques territoriales.
00:15:05Ce n'était pas le cas avant.
00:15:06Il y a 20 ans, il y a 30 ans,
00:15:08de quoi parlait Jean-Marie Le Pen ?
00:15:09D'immigration.
00:15:10D'immigration et des immigrés
00:15:11qui volaient le travail des Français.
00:15:12Ça se résumait à ça, le programme.
00:15:13Ça n'empêchait pas d'obtenir
00:15:14à l'époque des scores importants
00:15:17qui n'ont rien à voir évidemment
00:15:18avec le niveau électoral
00:15:19du Rassemblement National.
00:15:21Mais bien sûr qu'il propose des textes.
00:15:24Je pense que le RN n'a pas compris
00:15:25au début, dès 2022
00:15:26et ensuite après les législatives
00:15:28anticipées de 2024,
00:15:29pourquoi ces motions de censure
00:15:31étaient refusées par la gauche.
00:15:33Ça ne marchait pas.
00:15:35La gauche ne voulait voter
00:15:36que des motions de censure de gauche
00:15:38puisqu'il n'y en avait pas.
00:15:39Et maintenant du centre,
00:15:40le RN a fini par adapter
00:15:41sa position
00:15:42parce que là encore,
00:15:44il s'agit d'un cordon sanitaire.
00:15:45Ce cordon sanitaire,
00:15:46il a sauté depuis bien longtemps.
00:15:48On en a une manifestation concrète
00:15:49aujourd'hui.
00:15:50Quand je parlais de piège,
00:15:51c'est certes la première fois
00:15:54qu'un texte de loi proposé
00:15:55par le RN et voté,
00:15:57vous évoquiez la fouille des cartables,
00:15:59les frais bancaires.
00:16:00Mais ce n'est pas ça.
00:16:01Ce n'est pas juste un texte.
00:16:02C'est un texte sur les rapports
00:16:04avec l'Algérie,
00:16:05totalement en lien avec l'immigration.
00:16:06Ça renvoie aux OQTF,
00:16:07ça renvoie à Bruno Retailleau,
00:16:09ça renvoie à la demande de sévérité,
00:16:11à la remise en cause
00:16:12d'un certain nombre de principes
00:16:13liés à l'immigration.
00:16:14Tout ce que, par exemple,
00:16:15Bruno Retailleau n'a pas réussi à faire,
00:16:17dans l'esprit des Français en tout cas,
00:16:18et dans l'esprit des responsables
00:16:19du Rassemblement national,
00:16:20le Rassemblement national,
00:16:23par ce vote,
00:16:24a réussi à faire la démonstration
00:16:25de son utilité.
00:16:26Le traité ne sera pas remis en cause
00:16:28pour toutes les raisons.
00:16:28Oui, c'est ce qu'il faut préciser,
00:16:29vous le disiez,
00:16:30c'est symbolique.
00:16:31Oui, mais c'est important.
00:16:32C'est le RN qui aura fait voter ce texte,
00:16:34ce ne sera pas Bruno Retailleau
00:16:35ou l'aile droite de la Macronie.
00:16:37D'ailleurs, sur ce point,
00:16:39très spécifiquement,
00:16:40dans la boucle des sénateurs LR aujourd'hui,
00:16:42ça souriait jaune
00:16:44parce qu'effectivement,
00:16:45il y en a qui ont dit
00:16:46mais ce texte, c'est Bruno Retailleau,
00:16:48enfin, c'est nous qui aurions dû le déposer,
00:16:49c'est Bruno Retailleau
00:16:50qui a toujours été en première ligne.
00:16:53Et même, certains disaient
00:16:54qu'il n'y avait pas assez de députés LR
00:16:56pour le voter
00:16:56parce que beaucoup étaient absents.
00:16:58Effectivement, mais juste pour revenir aussi
00:17:00sur les raisons qui ont fait
00:17:01que ce texte a été remonté
00:17:02par le Rassemblement national,
00:17:04c'est parce qu'ils ont été assez surpris.
00:17:05En commission, il a été adopté.
00:17:07Et c'est pour ça qu'ils se sont,
00:17:09au lieu de laisser le temps filer
00:17:10avec d'autres textes,
00:17:11ils ont préféré le mettre tout de suite en haut
00:17:13et en plus faire une belle entrée en matière
00:17:16plutôt que de laisser d'autres avant.
00:17:18Mais on est bien d'accord, Elsa,
00:17:19que ce texte, même s'il est voté,
00:17:21ne va avoir aucune conséquence.
00:17:22Non, une proposition de résolution,
00:17:24ce n'est pas contraignant.
00:17:25Je rappelle qu'il y a une proposition
00:17:26de résolution communiste
00:17:27qui avait été adoptée
00:17:28pour revenir sur l'âge légal.
00:17:30C'était bien d'avant
00:17:31les discussions sur la suspension
00:17:32de la réforme des retraites,
00:17:33donc pas du tout.
00:17:34En revanche, ça oblige,
00:17:35là, Sébastien Lecornu, par exemple,
00:17:36le Premier ministre,
00:17:37à dire oui, il faut le renégocier,
00:17:39à s'exprimer là-dessus.
00:17:40Et ça donne une victoire
00:17:42au Rassemblement national,
00:17:43ce qui est très difficile.
00:17:44On discute avec beaucoup de députés.
00:17:46Ils disent avec Marine Le Pen,
00:17:46ce qui est compliqué à l'Assemblée,
00:17:48c'est que face, elle gagne, pile, tu perds.
00:17:50C'est-à-dire qu'en fait,
00:17:51ils sont gagnants dans les deux cas.
00:17:53Le texte est refusé.
00:17:54Regardez tous les sectaires
00:17:55qui, sur les plateaux,
00:17:56disent quelque chose.
00:17:57Dans l'Assemblée,
00:17:58votent autre chose, etc.
00:17:59Et si elle gagne,
00:18:00elle dit, regardez,
00:18:01nos idées gagnent du terrain.
00:18:02Marine Le Pen,
00:18:03je pense qu'elle avait préparé
00:18:04et désiré l'argumentaire
00:18:06en cas de défaite.
00:18:06Il était déjà écrit à l'avance.
00:18:10Et l'argumentaire en cas de victoire,
00:18:11mais à chaque fois,
00:18:12elle donne le sentiment
00:18:13d'avoir préparé les deux options,
00:18:15de se préparer peut-être davantage,
00:18:17puisque sur la précédente
00:18:18journée d'initiative parlementaire
00:18:19du Rassemblement national,
00:18:21beaucoup avaient dit justement
00:18:22qu'il y a eu beaucoup d'amateurisme.
00:18:23Ils ne s'étaient pas préparés
00:18:24comme il fallait.
00:18:24Ils étaient tombés dans tous les pièges.
00:18:26Bon, là, on voit que...
00:18:27Ils apprennent.
00:18:28Ils apprennent.
00:18:28En tout cas, juste piège ou pas,
00:18:31les Républicains ont publié
00:18:32un communiqué,
00:18:33il y a une heure,
00:18:34signé par Bruno Retailleau,
00:18:36demandant au président de la République
00:18:37de bouger sur ces accords.
00:18:39Donc, entraîné par cette résolution du RN,
00:18:41il se passe quelque chose
00:18:42de politique très important,
00:18:44puisque le président de l'EHR lui-même,
00:18:46dans le sillage de Marine Le Pen,
00:18:48saisit le président de la République.
00:18:49Mais à contre-temps.
00:18:50Ben oui, il est obligé.
00:18:52Il subit...
00:18:53Oui, parce que le premier
00:18:54à avoir demandé ça,
00:18:55c'était Jordan Bardella,
00:18:56ce matin, juste après le vote.
00:18:57Il avait publié un message sur X
00:18:59pour dire à Emmanuel Macron
00:19:00et au gouvernement,
00:19:01maintenant, vous devez bouger.
00:19:02Il faut aussi se rendre compte
00:19:03que dans l'esprit
00:19:04des responsables politiques,
00:19:05depuis 2024,
00:19:062022 déjà, mais 2024,
00:19:08commence vraiment à s'installer
00:19:10l'idée qu'on n'aura plus jamais,
00:19:12ou en tout cas avant longtemps,
00:19:13de majorité absolue.
00:19:14Donc, il va falloir commencer
00:19:15à penser en fonction de textes
00:19:17et de thématiques communes.
00:19:18Et c'est exactement
00:19:19ce qui se passe aujourd'hui
00:19:20avec l'union qui a pu être formée,
00:19:25avec Horizon notamment.
00:19:25– Est-ce qu'on est là
00:19:27dans la préfiguration
00:19:28de ce que serait
00:19:29une future union des droites ?
00:19:31Même si Marine Le Pen,
00:19:32elle n'est pas très à l'aise
00:19:33avec cette idée
00:19:34d'union des droites,
00:19:35Stéphane Zumstek.
00:19:35– Marine Le Pen,
00:19:36elle considère que...
00:19:37– On ne veut pas.
00:19:38– L'avenir électoral de son parti
00:19:39et la capacité de son parti
00:19:40à prendre le pouvoir,
00:19:41qu'il s'agisse d'élections législatives,
00:19:42voire d'une élection présidentielle,
00:19:44c'est d'accueillir
00:19:45et de récupérer en plus
00:19:46de gens venant
00:19:47de milieux populaires,
00:19:48c'est-à-dire des gens
00:19:49qui ne votent pas pour la droite,
00:19:50pour le centre droit en général.
00:19:51Quand vous regardez
00:19:52la sociologie des votes,
00:19:54plus personne parmi
00:19:55les milieux populaires
00:19:56ne vote pour des candidats
00:19:57Macronistes à des législatives
00:19:58ou pour des candidats LR.
00:19:59Donc elle, son idée,
00:20:00c'est de se dire
00:20:01si on s'enferme
00:20:01dans cette stratégie
00:20:02de l'union des droites,
00:20:03eh bien on va se priver
00:20:04de ces 15 ou de ces 20%
00:20:06de Français
00:20:06qui nous manquent
00:20:07pour gagner un second tour.
00:20:08Bien sûr que le RN
00:20:09est le parti le plus puissant
00:20:10aujourd'hui en France,
00:20:11un tiers de l'électorat,
00:20:12mais il faut 50%
00:20:13pour gagner notamment
00:20:13une élection présidentielle
00:20:15et elle pense que les réserves
00:20:16se trouvent au sein
00:20:18des abstentionnistes,
00:20:19au sein de gens
00:20:19qui ont voté longtemps à gauche,
00:20:21les milieux populaires,
00:20:21mais les milieux populaires
00:20:22ne votent pas beaucoup
00:20:22ou plus beaucoup,
00:20:23en tout cas pour la gauche.
00:20:24C'est ça sa stratégie à elle d'ailleurs.
00:20:26Quand elle parle,
00:20:26je parlais tout à l'heure
00:20:27de fractures territoriales,
00:20:28de fractures sociales,
00:20:29de pouvoir d'achat,
00:20:30elle parle bien moins
00:20:30qu'il y a 10 ans
00:20:31d'immigration ou d'identité.
00:20:33C'est ça son calcul.
00:20:34Après sur l'union des droites,
00:20:36je comprends la stratégie du RN
00:20:37qui de toute façon
00:20:37vous le disiez à l'instant
00:20:38et gagnant à tous les coups
00:20:39qu'ils perdent de peu
00:20:40ou qu'ils gagnent,
00:20:40c'est à chaque fois symboliquement
00:20:41la preuve selon ses responsables
00:20:44que c'est un parti différent,
00:20:45que c'est le seul parti
00:20:46à s'occuper des vraies
00:20:47préoccupations des Français.
00:20:48Après pour la stratégie
00:20:49du reste de la droite
00:20:50de rallier le RN,
00:20:52mais personnellement,
00:20:53peut-être quelque chose m'échappe,
00:20:54mais je n'en vois pas
00:20:55l'intérêt pour les Républicains
00:20:57notamment qui se feraient
00:20:58de toute façon dévorés
00:20:59par le RN.
00:21:00Quand vous voyez le rapport
00:21:01de force aujourd'hui
00:21:02entre les RN et le RN,
00:21:04il ne pèse qu'une part
00:21:07marginale de l'électorat
00:21:09de droite ou d'extrême droite.
00:21:12Que l'électorat du LR
00:21:14se soit droitisé,
00:21:15radicalisé sur les questions
00:21:16d'identité,
00:21:16sur les questions d'immigration,
00:21:17c'est une chose,
00:21:18mais en pur pragmatisme,
00:21:19en pur pragmatisme électoral
00:21:21et en pur pragmatisme politique,
00:21:23rallié à un moment donné,
00:21:24notamment lors d'élections législatives
00:21:26ou à un second tour
00:21:26d'une élection présidentielle,
00:21:27l'extrême droite,
00:21:28le RN,
00:21:29vous êtes condamné à mourir
00:21:31puisque vous êtes aussi
00:21:31pris en étau avec une autre droite,
00:21:33celle d'Edouard Philippe,
00:21:34avec le centre-droit,
00:21:35centre-droit qui vote aussi
00:21:36maintenant pour le RN.
00:21:37Vous disparaissez.
00:21:38C'est un peu ce qui s'est passé
00:21:39en Italie.
00:21:40C'est vrai qu'on se demande
00:21:41ce que veulent les Français.
00:21:43Et il se trouve que c'est le titre
00:21:44du livre de Jordan Bardella
00:21:46qui est en pleine promo
00:21:47depuis hier.
00:21:48Il s'est lancé même
00:21:49dans une tournée de dédicaces.
00:21:51Il était hier à Bruy-la-Bussière.
00:21:53C'est dans le Pas-de-Calais.
00:21:54Terre, RN par excellence.
00:21:56Et c'est Clément Perrault
00:21:56et Isabelle Lyon
00:21:57qui l'ont suivi sur place.
00:21:59Reportage.
00:21:59Une terre estampillée,
00:22:07Rassemblement national.
00:22:09Bruer la buissière
00:22:10dans l'ancien bassin minier
00:22:11du Pas-de-Calais.
00:22:12À la nuit tombée,
00:22:13malgré la pluie,
00:22:14il y a foule devant
00:22:15l'espace culturel de la ville.
00:22:17Jordan Bardella
00:22:17vient dédicacer son nouveau livre.
00:22:19Ses supporters en sont convaincus
00:22:21le RN n'a jamais été aussi fort
00:22:23et aussi proche du pouvoir.
00:22:25Il faut que la dissolution passe
00:22:27et puis là,
00:22:28on pourra être prêts
00:22:29à gouverner la France
00:22:30avec le Rennes en tête,
00:22:32on va dire.
00:22:33Les gens n'ont plus peur
00:22:34d'en parler.
00:22:35De toute façon,
00:22:36vu la situation actuelle,
00:22:38je pense qu'il n'y a que le RN
00:22:40qui va pouvoir redresser le pays.
00:22:43Dans la salle,
00:22:45pleine à craquer,
00:22:46Jordan Bardella
00:22:46enchaîne les signatures.
00:22:49Ici, certains l'imaginent
00:22:50déjà à Matignon.
00:22:51Bonsoir.
00:22:52Bonsoir, monsieur le ministère.
00:22:53Ça va bien ?
00:22:54Ça va bien et vous ?
00:22:55Les plus jeunes lui apportent
00:22:58des bonbons pour Halloween.
00:22:59Un air évident de campagne électorale,
00:23:02loin des tourments
00:23:03qui agitent les débats parlementaires.
00:23:05Le RN se verrait bien sortir
00:23:07gagnant de la période
00:23:08d'instabilité politique.
00:23:10Je pense que nous pouvons avoir
00:23:12une majorité absolue
00:23:13à l'Assemblée nationale.
00:23:13Je pense que si demain,
00:23:14il y a des élections législatives
00:23:15anticipées,
00:23:16nous pouvons avoir une majorité.
00:23:17La politique,
00:23:18c'est une affaire de vagues.
00:23:19Il y a beaucoup de Français
00:23:20qui en ont ras-le-bol
00:23:22des politiques qui sont menées
00:23:23depuis 30 ans,
00:23:24qui veulent tourner la page.
00:23:24Nous faisons campagne,
00:23:26nous faisons connaître
00:23:27les propositions
00:23:28et le projet
00:23:29que nous portons pour le pays.
00:23:30Sauf que cette campagne
00:23:31que Jordan Bardella
00:23:32comme Marine Le Pen
00:23:33persiste à poursuivre
00:23:34se fait un peu dans le vide.
00:23:36La dissolution
00:23:37qu'ils appellent de leur vœu
00:23:38n'a pas eu lieu pour l'instant.
00:23:39De même,
00:23:40le front républicain
00:23:41que le RN avait sous-estimé
00:23:43aux dernières législatives
00:23:44n'a peut-être pas disparu
00:23:45du paysage,
00:23:46y compris sur ces terres.
00:23:54Un peu plus tôt,
00:23:55ces manifestants anti-RN
00:23:57ont répondu à l'appel
00:23:58de l'opposition municipale
00:24:00de Bruet-la-Buissière.
00:24:02La ville est administrée
00:24:03par le parti.
00:24:04Leurs idées s'opposent
00:24:06en effet aux valeurs
00:24:08de fraternité
00:24:09dans notre pays,
00:24:10de liberté.
00:24:11Ils veulent diviser
00:24:12plutôt qu'unir,
00:24:14donc je pense que c'est
00:24:15bien un parti différent.
00:24:17Vive la France !
00:24:18Vive Jordan !
00:24:20On ne lâche rien !
00:24:22Allons enfants
00:24:23de la patrie !
00:24:26Le jour de gloire
00:24:27est arrivé !
00:24:29Malgré son entreprise
00:24:30de notabilité
00:24:31et son assise
00:24:32dans certains territoires,
00:24:33le RN reste un parti clivant.
00:24:36Des obstacles
00:24:37se dressent encore
00:24:37sur sa route.
00:24:42C'est intéressant
00:24:43ce qu'on voit
00:24:43dans ce reportage,
00:24:44Stéphane Zumstek,
00:24:45parce que c'est exactement
00:24:46ce qui apparaît
00:24:47dans l'étude Ipsos-BVA
00:24:49que vous avez publiée
00:24:49il y a une huitaine de jours,
00:24:52enquête intitulée
00:24:53« Les fractures françaises ».
00:24:54Il y a un chiffre
00:24:55qui interpelle
00:24:55dans cette enquête,
00:24:56c'est que 47% des Français
00:24:58pensent que le RN
00:24:59est capable
00:24:59de gouverner le pays.
00:25:01Oui.
00:25:02Et en même temps,
00:25:02un Français sur deux
00:25:04juge encore
00:25:04le parti comme raciste
00:25:05et dangereux.
00:25:06Mais c'est...
00:25:07D'abord,
00:25:08je veux parler du premier chiffre
00:25:09qui est évidemment
00:25:09le plus remarquable,
00:25:11quelque part le plus exceptionnel,
00:25:1247%.
00:25:13Il y a près d'un Français
00:25:14sur deux aujourd'hui
00:25:15qui considère
00:25:15que le RN serait capable
00:25:17de diriger le parti,
00:25:18le pays.
00:25:19Rappelez-vous,
00:25:19il y a encore 10 ans,
00:25:20il y a 15 ans,
00:25:21ce qu'on disait...
00:25:22Même en un an,
00:25:22c'est plus 3 points sur un an.
00:25:23Oui, plus 3 points
00:25:23et c'était 25% en 2017
00:25:26lors de l'élection
00:25:27d'Emmanuel Macron.
00:25:2725-47,
00:25:28il y a presque deux fois plus
00:25:30de Français
00:25:30qui pensent ça aujourd'hui.
00:25:31Rappelez-vous ce qu'on disait
00:25:32du vote FN puis RN
00:25:33il n'y a pas si longtemps que ça.
00:25:34C'était un vote,
00:25:35coup de gueule,
00:25:36une sorte de bras d'honneur
00:25:37envoyé par les électeurs
00:25:38au reste des partis politiques,
00:25:39un vote d'avertissement.
00:25:40Aujourd'hui,
00:25:41c'est devenu évidemment
00:25:41un vote d'adhésion.
00:25:42Mais on se disait toujours
00:25:43de toute façon,
00:25:43au dernier moment,
00:25:44il y aura ce plafond de verre,
00:25:45le RN n'est pas capable,
00:25:46n'a pas le personnel politique,
00:25:48n'a pas le programme
00:25:49suffisamment raisonnable
00:25:50pour gouverner.
00:25:51C'est fini.
00:25:51Aujourd'hui,
00:25:52quand vous testez,
00:25:52parce que cet item,
00:25:53cette capacité
00:25:54à gouverner le pays,
00:25:55nous l'avons posé
00:25:55pour tous les partis politiques
00:25:56dans cette enquête fracture,
00:25:58c'est le Rassemblement National
00:25:58qui apparaît aujourd'hui
00:25:59comme le parti
00:26:00le plus capable de gouverner.
00:26:02Il y a un autre élément,
00:26:02c'est aussi le parti
00:26:03qui apparaît
00:26:04comme la formation
00:26:06la plus proche
00:26:07des préoccupations des Français.
00:26:08Vous voyez bien,
00:26:09je parlais tout à l'heure
00:26:09de l'immigration,
00:26:10on va au-delà de l'immigration,
00:26:11il y a aussi le pouvoir d'achat,
00:26:12il y a aussi les déserts médicaux,
00:26:13il y a aussi les déserts territoriaux.
00:26:14Le RN aujourd'hui parle
00:26:14des frais bancaires,
00:26:15de la gratuité des parkings,
00:26:16des hôpitaux.
00:26:17Mais bien sûr,
00:26:17et le RN est de plus en plus crédible.
00:26:19Après, c'est un parti
00:26:20qui continue de cliver,
00:26:21bien évidemment,
00:26:21vous avez raison aussi
00:26:22de le souligner,
00:26:23mais tous les partis politiques
00:26:24clivent aujourd'hui.
00:26:25Et ce dont a bénéficié
00:26:26dans sa politique
00:26:28de respectabilité récente
00:26:31de ces dix dernières années
00:26:32de Rassemblement National,
00:26:33c'est qu'il y a quelque chose
00:26:34qui joue en sa faveur,
00:26:35c'est qu'il y a un parti
00:26:36qui fait plus peur que lui,
00:26:37c'est la France insoumise.
00:26:38Ce n'est plus...
00:26:39Le Rassemblement National
00:26:40n'est plus le parti dangereux
00:26:42par excellence pour la démocratie.
00:26:43Il y a un autre parti
00:26:43qui est, dans l'esprit des Français,
00:26:45bien évidemment,
00:26:46toujours plus dangereux.
00:26:47Il y a eu un deuxième élément
00:26:48qui a aussi beaucoup contribué
00:26:49au fait que le RN
00:26:51devienne de plus en plus,
00:26:52mais pas totalement,
00:26:53mais quand même de plus en plus
00:26:54un parti comme les autres,
00:26:55c'est l'irruption en 2022
00:26:56lors de l'élection présidentielle
00:26:57d'Éric Zemmour.
00:26:58D'un coup,
00:26:58les Français découvrent
00:27:00quelqu'un, un candidat
00:27:01qui est encore plus à droite
00:27:02que le Rassemblement National.
00:27:03Donc, à partir du moment
00:27:04où vous n'êtes plus
00:27:04le parti le plus à droite,
00:27:05vous n'êtes plus,
00:27:06dans l'esprit des Français
00:27:07toujours,
00:27:08le parti le plus extrémiste.
00:27:09Et si vous n'êtes plus
00:27:09le parti le plus extrémiste,
00:27:10eh bien, vous n'êtes plus
00:27:11un parti extrémiste.
00:27:12Donc, tous ces éléments
00:27:13ont, au-delà de la stratégie
00:27:15gagnante de Marine Le Pen,
00:27:16ça, c'est une réalité.
00:27:17Elle a joué un coup
00:27:18et elle a réussi
00:27:19ces 10, 12 dernières années
00:27:21à changer totalement
00:27:23l'image du parti.
00:27:24Mais il y a aussi eu
00:27:24des éléments politiques,
00:27:26les outrances
00:27:27ou les prétendus outrances
00:27:28selon ce que l'on pense
00:27:28de la France insoumise
00:27:29et de Jean-Luc Mélenchon.
00:27:30Et l'arrivée d'Éric Zemmour,
00:27:31de plus en plus,
00:27:32de Rassemblement National
00:27:32devient un parti
00:27:33comme les autres.
00:27:34Il fait toujours un peu peur,
00:27:35mais beaucoup moins peur
00:27:36qu'autrefois
00:27:36et pas plus peur
00:27:37que les autres.
00:27:38Et d'ailleurs,
00:27:38on l'observe aussi,
00:27:39et Elsa,
00:27:40vous êtes très bien placée
00:27:40pour en parler,
00:27:41on l'observe aussi
00:27:42en ce moment
00:27:42dans l'hémicycle,
00:27:44il y a ce débat budgétaire.
00:27:46Sébastien Lecornu a dit
00:27:47nous proposons,
00:27:48vous débattez,
00:27:49nous voterons.
00:27:50Et le RN participe
00:27:51au débat parlementaire.
00:27:52Et le RN a réussi
00:27:53à faire adopter
00:27:54aussi des amendements,
00:27:56un amendement
00:27:56sur les rachats d'actions,
00:27:58un amendement
00:27:58pour faire rembourser
00:27:59certains crédits
00:28:00par les entreprises
00:28:00quand elles délocalisent.
00:28:02Alors après,
00:28:02moi j'ai trouvé quand même
00:28:03que dans la séquence
00:28:04depuis François Bayrou,
00:28:07le RN était redevenu
00:28:08assez,
00:28:09voilà,
00:28:09un peu bruyant
00:28:10dans l'hémicycle.
00:28:11On a eu une prise de parole
00:28:12de Sébastien Chenu
00:28:13assez remarquée
00:28:13quand il a moqué
00:28:15Marisol Touraine,
00:28:17etc.
00:28:17Où là,
00:28:18on s'est dit
00:28:18la respectabilité,
00:28:19la stratégie de la cravate,
00:28:21ça va bien un temps,
00:28:21mais on a le sentiment
00:28:22que le RN aussi,
00:28:23et c'est d'ailleurs
00:28:24ce qu'il nous explique,
00:28:25la base du RN,
00:28:26tous les jours
00:28:27quand ils les croisent
00:28:27en circonscription,
00:28:29il faut les dégager,
00:28:30ils ont un discours
00:28:31très dur
00:28:31contre les autres politiques.
00:28:32Donc le RN est constamment
00:28:34en train de jouer
00:28:35la respectabilité
00:28:36de temps en temps,
00:28:37mais aussi le bazar,
00:28:39là je trouve que c'était
00:28:40quand même assez flagrant
00:28:41quand Marine Le Pen a dit
00:28:42à partir de maintenant
00:28:43je censure tout,
00:28:44tout, tout,
00:28:44plus de négociations possibles,
00:28:45etc.
00:28:46Donc elle est tout le temps
00:28:48en train de gérer
00:28:49un peu respectabilité
00:28:50et en même temps
00:28:51se rappeler que sa base à elle,
00:28:53elle ne veut pas forcément
00:28:54que du respect
00:28:55dans l'hémicycle,
00:28:56elle veut aussi que,
00:28:57voilà,
00:28:57que ça faille,
00:28:58il faut exister,
00:28:59il faut exister,
00:29:00il faut des bons mots,
00:29:01voilà.
00:29:02Nous ?
00:29:02En plus c'est un parti
00:29:03anti-système,
00:29:04c'est un parti vraiment...
00:29:05Un pied dedans,
00:29:05un pied dehors.
00:29:06Oui,
00:29:06et puis honnêtement,
00:29:08depuis 2022,
00:29:09ils étaient 89,
00:29:10puis 88,
00:29:11ils n'étaient pas assez
00:29:11pour vraiment peser
00:29:12sur les textes législatifs,
00:29:14ils ont mangé leur chapeau
00:29:14pendant deux ans,
00:29:16autant vous dire
00:29:16que l'an dernier,
00:29:17quand il était question
00:29:18du budget,
00:29:19le soir et les week-ends,
00:29:21vous alliez à l'Assemblée nationale,
00:29:23vous tombiez sur des députés RN,
00:29:24ils étaient furieux de ce qui se passait,
00:29:29on sentait qu'il y avait une haine
00:29:30qui montait,
00:29:32mais qui était en fait due à une frustration
00:29:33contenue pendant deux ans,
00:29:35donc la censure déjà a fait redescendre un peu tout ça,
00:29:38et là,
00:29:39oui,
00:29:40avec leurs alliés,
00:29:41ils sont 139,
00:29:42c'est le groupe principal dans l'hémicycle.
00:29:45Et je vous indique qu'à l'instant,
00:29:48le texte qui voulait rendre systématique
00:29:51la mention de l'origine des denrées alimentaires
00:29:53sur les étiquettes
00:29:53vient d'être rejeté
00:29:55par l'Assemblée nationale,
00:29:57par les députés,
00:29:59c'est le dernier vote là à l'instant,
00:30:00il y en a d'autres encore,
00:30:01jusqu'à minuit.
00:30:02Une autre question,
00:30:03Lou Frittel,
00:30:05il se trouve qu'il y avait des législatives
00:30:07anticipées aux Pays-Bas hier,
00:30:10est-ce que le résultat de ces législatives
00:30:12doit faire réfléchir le Rassemblement national ?
00:30:15Gerd Wilders,
00:30:16que l'on donnait grand favori,
00:30:17termine finalement au coude à coude
00:30:19avec le parti progressiste,
00:30:20et il va perdre 11 sièges,
00:30:23et ne deviendra pas Premier ministre.
00:30:25Alors déjà,
00:30:26Gerd Wilders a réussi à rentrer
00:30:28dans une coalition avant,
00:30:29et n'a pas réussi à imposer ses vues
00:30:31sur l'immigration.
00:30:32Donc de ce point de vue là,
00:30:33c'est un échec.
00:30:34Il paye ça.
00:30:35Mais c'est une chose,
00:30:36c'est plutôt l'absence de porosité,
00:30:39ou en tout cas une porosité contenue
00:30:41entre la droite traditionnelle
00:30:43et ce parti populiste nationaliste
00:30:46qui est très proche sociologiquement
00:30:49et en termes d'idéologie
00:30:50de celui de Marine Le Pen.
00:30:52Ce n'est pas un parti spécialement très libéral,
00:30:55c'est un parti qui a réussi aussi
00:30:56à capter la grogne des agriculteurs.
00:30:59Je vous rappelle qu'il y a eu
00:30:59des gros mouvements agricoles
00:31:01d'ampleur en 2019-2020
00:31:03aux Pays-Bas.
00:31:04C'est peu ou prou ce qui s'est passé
00:31:06chez nous il y a deux ans,
00:31:07et Marine Le Pen a su aussi
00:31:09capter cette colère-là.
00:31:11Pour Marine Le Pen,
00:31:12ça peut être un avertissement
00:31:13sur une chose,
00:31:14c'est que le cordon sanitaire existe,
00:31:16il existe en Europe aussi,
00:31:18et d'ailleurs,
00:31:18Gerd Wilters fait partie
00:31:19de son groupe au Parlement européen,
00:31:21les Patriotes pour l'Europe,
00:31:22et les Patriotes pour l'Europe
00:31:23n'arrivent pas à faire voter
00:31:25des textes,
00:31:26ils sont encore tenus
00:31:27loin de la prise de décision.
00:31:29Et juste une toute dernière chose
00:31:30pour rebondir sur ce que vous disiez,
00:31:33par rapport à cette question
00:31:34d'alliance ou pas alliance, etc.
00:31:37Marine Le Pen,
00:31:38si elle ne parle pas non plus de droite,
00:31:40c'est parce que, pour elle,
00:31:41la seule élection qui compte,
00:31:43c'est celle de la présidentielle.
00:31:45Or, l'union des droites
00:31:45n'est une stratégie
00:31:46que si vous vous placez
00:31:47dans la perspective de législative,
00:31:49et en fait,
00:31:50des modèles qui sont partout en Europe,
00:31:52c'est-à-dire parlementaires,
00:31:53mais le nôtre n'est pas
00:31:54un modèle parlementaire,
00:31:55c'est un modèle semi-parlementaire.
00:31:56C'est pour ça aussi
00:31:57qu'elle évite de parler de droite
00:31:58et qu'elle essaie d'élargir.
00:32:00Mais Elsa et Stéphane,
00:32:02vous êtes d'accord ce soir
00:32:03pour dire qu'une digue
00:32:04a quand même sauté aujourd'hui ?
00:32:06Oui, tout à fait.
00:32:07Puisque, assumer,
00:32:08les députés horizon,
00:32:09les députés de la droite républicaine
00:32:10ne se sont pas cachés.
00:32:11Ils ont assumé leur vote
00:32:12après sur les plateaux, etc.
00:32:14Donc, oui.
00:32:16Bien sûr, oui.
00:32:16Une de plus,
00:32:17ce n'est pas la première.
00:32:18On en a tous les 15 jours.
00:32:20Il n'y a pas longtemps,
00:32:21Laurent Wauquiez,
00:32:21pour ne citer que lui,
00:32:22mais on pourrait citer d'autres personnes,
00:32:23disait qu'il ne censurait pas,
00:32:24a priori,
00:32:25un gouvernement socialiste
00:32:26ou un gouvernement national.
00:32:28Ça aussi,
00:32:29on en avait un petit peu parlé,
00:32:30mais pas tant que ça.
00:32:30Vous aviez pour la première fois
00:32:31un représentant de la droite républicaine
00:32:33disant,
00:32:33s'il y a une majorité étriquée,
00:32:35une majorité relative
00:32:36avec des députés RN,
00:32:37nous ne s'en serons pas,
00:32:38a priori.
00:32:39Ça aussi,
00:32:39c'était un aimant important.
00:32:41J'insiste,
00:32:42cette victoire symbolique,
00:32:43c'est surtout parce que ça porte
00:32:44sur un texte lié
00:32:45à l'immigration.
00:32:46On filigrane,
00:32:47c'est les relations
00:32:48entre la France et l'Algérie.
00:32:50Eh bien,
00:32:50merci à tous les trois
00:32:51d'être venus ce soir
00:32:52sur le plateau
00:32:53de Chaque Voix Compte.
00:32:54Dans un instant,
00:32:55c'est la question qui fâche.
00:32:57On va reparler du budget,
00:32:58les amis.
00:32:59C'était une pause aujourd'hui
00:33:00pour la niche parlementaire du RN,
00:33:02mais demain,
00:33:02le marathon budgétaire
00:33:04reprend avec au menu,
00:33:06attention,
00:33:06la taxe Zuckmann.
00:33:08Nous allons en débattre
00:33:09dans un instant
00:33:09avec nos trois prochains invités.
00:33:10On va se demander
00:33:11si le budget n'est pas devenu invotable
00:33:13depuis le début
00:33:14de ces débats budgétaires.
00:33:17En attendant,
00:33:18c'est quelle histoire ?
00:33:19Et c'est Laurent Kimmier.
00:33:19Vous avez remarqué,
00:33:28ce soir,
00:33:28Laurent est un peu dans la Lune.
00:33:30Oui,
00:33:30je suis dans la Lune,
00:33:31Adeline,
00:33:31je le confesse,
00:33:32parce qu'il ne se passe plus
00:33:33un jour
00:33:34sans que le retour
00:33:36des humains sur la Lune
00:33:37ne soit dans l'actualité.
00:33:39Ce matin,
00:33:39par exemple,
00:33:40à Pékin,
00:33:42regardez cette photo,
00:33:43trois hommes
00:33:44sont présentés
00:33:45à la presse.
00:33:46Ils vont rejoindre
00:33:47la station spatiale chinoise.
00:33:48Ils décollent demain soir.
00:33:50Un seul objectif
00:33:50de cette station spatiale
00:33:52et de ce programme,
00:33:52retourner sur la Lune
00:33:53avant 2030.
00:33:55D'ailleurs,
00:33:552029 serait préférable
00:33:57côté chinois
00:33:57parce que ce sera
00:33:58les 80 ans
00:33:59de la République populaire de Chine.
00:34:01Et puis surtout,
00:34:02ils veulent débarquer
00:34:03sur la Lune
00:34:03avant les Américains
00:34:05où là,
00:34:05Donald Trump aimerait bien
00:34:06que ça soit
00:34:07avant 2028,
00:34:08avant la fin
00:34:09de son mandat.
00:34:10Et d'ailleurs,
00:34:11je crois que c'est très symbolique
00:34:12que cette annonce
00:34:12se soit faite
00:34:13alors qu'à quelques kilomètres
00:34:16de là,
00:34:17en Corée du Sud,
00:34:18Trump exige Jinping,
00:34:19se serre la main,
00:34:20mais n'ont évidemment
00:34:21officiellement
00:34:22pas du tout
00:34:23parlé de cette course
00:34:24à la Lune.
00:34:25Je pense qu'il ne fallait
00:34:25pas gâcher l'ambiance.
00:34:27Mais alors,
00:34:27pourquoi est-ce que
00:34:28la conquête de la Lune
00:34:29et puis la conquête
00:34:29de la planète Mars aussi,
00:34:31pourquoi est-ce que
00:34:31ces conquêtes
00:34:32semblent toujours autant
00:34:33obséder les grands
00:34:34de ce monde ?
00:34:35Parce qu'aujourd'hui,
00:34:35comme il y a 50 ans,
00:34:36la conquête de l'espace
00:34:37est le graal
00:34:38de la communication politique.
00:34:40Il y a tout dedans.
00:34:41L'affirmation de la puissance,
00:34:43le moyen de belles
00:34:43punchlines politiques
00:34:45et en plus,
00:34:45beaucoup d'humains,
00:34:46beaucoup d'émotions,
00:34:47l'étoffe des héros.
00:34:48Le plus bel exemple
00:34:49de ce cocktail narratif magique,
00:34:52c'est le discours
00:34:52qui a tout lancé.
00:34:54Kennedy,
00:34:5512 septembre 1962.
00:34:56Regardez.
00:35:24Vous l'avez vu Adeline,
00:35:26il y a bien mon cocktail.
00:35:27La puissance,
00:35:27nous serons les premiers
00:35:28à aller sur la Lune.
00:35:29La punchline,
00:35:30on n'y va pas
00:35:30parce que c'est facile
00:35:32mais parce que c'est compliqué.
00:35:34Mariette,
00:35:34c'est du Kennedy pur sucre.
00:35:36Et puis l'émotion
00:35:37dans la voix du président
00:35:38et qui est palpable
00:35:38dans la foule.
00:35:39Et alors Donald Trump,
00:35:41comment est-ce que lui
00:35:41s'y prend pour entretenir
00:35:43ce mythe lunaire ?
00:35:44Alors Trump ne promet pas
00:35:45la Lune,
00:35:45il promet Mars
00:35:46lors de son discours
00:35:48d'investiture
00:35:48en janvier dernier.
00:35:50Mais avec au fond,
00:35:50vous allez le voir,
00:35:51les mêmes ingrédients.
00:35:52And we will pursue
00:35:55our manifest destiny
00:35:56into the stars
00:35:57launching American astronauts
00:35:59to plant the stars
00:36:01and stripes
00:36:02on the planet Mars.
00:36:04Vous l'avez entendu Adeline,
00:36:15destinée manifeste,
00:36:16c'est la colonne vertébrale
00:36:17de l'histoire américaine
00:36:19depuis le milieu du 19ème.
00:36:20Cette doctrine qui dit,
00:36:21en gros, en substance,
00:36:23les Etats-Unis ont le droit
00:36:24ou même le devoir
00:36:25de conquérir l'Ouest,
00:36:27puis la planète
00:36:27et maintenant les étoiles.
00:36:29Nos trois ingrédients sont là,
00:36:30la puissance,
00:36:32la punchline,
00:36:32planter le drapeau américain
00:36:34sur la planète Mars
00:36:35et puis l'émotion
00:36:36parce qu'on a vu
00:36:36des gens se lever.
00:36:38D'ailleurs,
00:36:38Joe Biden et Kamala Harris
00:36:39applaudissent à ce moment-là
00:36:41le discours du président.
00:36:42Mais on a aussi vu,
00:36:43Laurent,
00:36:44le milliardaire Elon Musk
00:36:45qui participe
00:36:46à cette course à l'espace.
00:36:47Et lui qui bouge bien,
00:36:49il est très très content.
00:36:50Alors, c'est vrai que depuis,
00:36:51ils se sont fâchés tous les deux.
00:36:52Ce qui d'ailleurs ravit les Chinois,
00:36:54il faut le savoir,
00:36:54parce qu'à force de se taper dessus
00:36:56entre Américains,
00:36:57entre la NASA et SpaceX,
00:36:58eh bien le match est en train
00:36:59de tourner à l'avantage de Pékin.
00:37:01Ce n'est pas moi qui le dit,
00:37:02ce pronostic,
00:37:03c'est Thomas Pesquet lui-même
00:37:04qui le formule
00:37:05dans Paris Match cette semaine.
00:37:07Il raconte comment il se prépare
00:37:08dans le cadre du programme
00:37:09côté américain.
00:37:11Mais regardez ce qu'il dit
00:37:11sur cette bataille.
00:37:13C'est très intéressant.
00:37:14Il le dit,
00:37:14quand Trump et Musk
00:37:15s'embrouillent sur X,
00:37:16les conséquences sont assez directes
00:37:18sur le programme spatial.
00:37:20Les Américains sont obsédés
00:37:21par cette rivalité
00:37:22avec les Chinois.
00:37:24Bizarrement,
00:37:24c'est un peu ça
00:37:25qui va protéger le programme.
00:37:26Bon, mais au-delà
00:37:27de commenter le match
00:37:28entre les Chinois et les Américains,
00:37:29Thomas Pesquet,
00:37:30est-ce qu'il a une chance
00:37:31d'être notre Neil Armstrong à nous ?
00:37:33Alors, il fait campagne.
00:37:34C'est comme un homme politique.
00:37:35Il fait campagne
00:37:36dans le concert de ce programme
00:37:39et de cette conquête spatiale.
00:37:40Il y a beaucoup de candidats
00:37:41pour être l'un des trois représentants
00:37:42de l'Europe sur la Lune.
00:37:44Il y aura trois fauteuils
00:37:44dans le vaisseau
00:37:45pour les Européens.
00:37:46La France est l'un des trois
00:37:47plus gros bailleurs de fond
00:37:48de notre continent.
00:37:50Et Pesquet le dit lui-même.
00:37:51Ça comptera au moment
00:37:52d'attribuer les places
00:37:53dans le vaisseau.
00:37:54Voyez que je reste
00:37:55très terre-à-terre, Adeline.
00:37:56On a marché sur la thune
00:37:58avec vous.
00:37:58C'est toujours comme ça.
00:38:00L'argent, toujours l'argent.
00:38:01Elle est imbattable.
00:38:03Merci.
00:38:03Laurent, on passe
00:38:04à la question qui fâche.
00:38:05Et j'accueille sur le plateau
00:38:14de chaque voix compte
00:38:15Laurent Baumel,
00:38:16député PS d'Indre-et-Loire.
00:38:17Bonsoir.
00:38:18Merci d'être là
00:38:18aux côtés de François Jolivet,
00:38:20député Horizon de l'Indre.
00:38:21Et Corentin Le Fur,
00:38:22député LR des Côtes d'Armor.
00:38:24Bonsoir à tous les trois.
00:38:25Merci d'être là
00:38:26sur le plateau
00:38:26de chaque voix compte.
00:38:27Le marathon budgétaire
00:38:29a donc fait une pause
00:38:30aujourd'hui
00:38:30pour la niche parlementaire
00:38:31du RN
00:38:32dont on vient de parler
00:38:33dans l'émission.
00:38:34Je voulais d'ailleurs
00:38:34vous demander
00:38:35vous avez fait quoi
00:38:35vous aujourd'hui
00:38:36de cette pause
00:38:36dans le marathon budgétaire ?
00:38:39Préparer les amendements
00:38:40et les discussions
00:38:41de demain
00:38:41et la suite de la discussion.
00:38:43Réunion sur le logement.
00:38:45Moi j'étais dans l'hémicycle.
00:38:47Vous avez voté ?
00:38:48Cet après-midi, oui.
00:38:49Les débats budgétaires
00:38:51qui reprennent demain
00:38:51avec ce qui est considéré
00:38:53comme l'acmé
00:38:54de ce moment parlementaire,
00:38:56l'examen de l'article 3
00:38:57du projet de loi de finances
00:38:59qui contient les amendements
00:39:01sur la fameuse taxe Zuckman.
00:39:03C'est Maïté Frémont
00:39:03qui pose ce soir
00:39:04à la question qui fâche.
00:39:08Bravo, bravo
00:39:09de continuer
00:39:09le suicide budgétaire
00:39:10toujours dans la même direction.
00:39:12Il se passe du spiritisme
00:39:13dans cette salle.
00:39:14On entend des voix
00:39:15qui viennent des couloirs
00:39:17de Bercy,
00:39:17de Matignon.
00:39:18C'est incroyable.
00:39:19Je pense qu'il va falloir
00:39:20maintenant vous faire soigner.
00:39:21Il vous plaît.
00:39:22S'il vous plaît.
00:39:23Je vois bien qu'ici
00:39:25certains groupes
00:39:26ne veulent pas
00:39:26que la France ait un budget.
00:39:27Dans la question
00:39:28qui fâche ce soir,
00:39:30un peu de bruit
00:39:31et de fureur
00:39:31pour le budget
00:39:32mais pas que.
00:39:34On est loin du théâtre
00:39:36et du chahut
00:39:36des débats sans enjeu
00:39:38parce que condamnés
00:39:39comme avant
00:39:40au court-circuit
00:39:41du 49-3
00:39:41comme si ces députés
00:39:43qui n'ont jamais eu
00:39:44autant de pouvoir
00:39:44sous la Vème République
00:39:45avaient enfin décidé
00:39:47de s'en saisir.
00:39:48Scrutés par les observateurs
00:39:49de la vie politique,
00:39:50les parlementaires au travail
00:39:52tentent tant bien que mal
00:39:53de gravir des montagnes
00:39:55de plus en plus hautes.
00:39:57L'édito avec Mathieu Jolivet
00:39:58ce matin
00:39:59et plutôt que sur le fond
00:40:00on va revenir sur la forme
00:40:01des débats budgétaires
00:40:02à l'Assemblée.
00:40:03Mathieu,
00:40:03ce que vous nous dites
00:40:03c'est qu'ils s'enlisent
00:40:04ces débats
00:40:05qu'on prend du retard
00:40:06et que leur tourne.
00:40:07Sur la forme,
00:40:08un marathon budgétaire
00:40:09trop lent
00:40:10mais sur le fond.
00:40:12Ça ne ressemble à rien.
00:40:13Ça ressemble à un marché,
00:40:14à un espèce de troc,
00:40:16des patates
00:40:16contre des haricots,
00:40:18contre des poireaux
00:40:19et puis chacun est content.
00:40:21Toutes les deux heures
00:40:22il y a une nouvelle personne,
00:40:23un nouveau groupe
00:40:23qui est content
00:40:24mais on n'y comprend plus rien.
00:40:25Les observateurs
00:40:26de la vie politique
00:40:27sont-ils à la traîne
00:40:28sur le jeu
00:40:29du parlementarisme
00:40:30ou est-ce un budget
00:40:32sans queue ni tête ?
00:40:34Le vote surprise
00:40:34du Rassemblement National
00:40:35d'un amendement
00:40:36et les filles
00:40:37qui a porté
00:40:37à 26 milliards
00:40:39un impôt supplémentaire
00:40:40sur les entreprises
00:40:42les multinationales.
00:40:44Ça,
00:40:44ça a pour effet
00:40:45de rendre totalement invotables
00:40:46pour les macronistes
00:40:47leur propre budget.
00:40:49Quand bien même
00:40:49ils voudraient le voter.
00:40:50Alors y aura-t-il
00:40:51un accord au bout du chemin ?
00:40:53Le point d'orgue
00:40:54des débats arrive demain
00:40:55avec la taxe Zuckmann.
00:40:57Vous suivez ça
00:40:58minute par minute.
00:40:59On en est où ce matin ?
00:41:00C'est la folie fiscale.
00:41:01La folie.
00:41:02Jamais vu ça.
00:41:02Je pense que là
00:41:03il est urgent
00:41:03que l'examen échoue
00:41:04au Parlement
00:41:05pour en revenir exclusivement
00:41:06à la version initiale
00:41:08déposée par le gouvernement.
00:41:09Alors la question
00:41:09qui fâche ce soir
00:41:11la voici.
00:41:12Ce budget
00:41:12est-il devenu invotable ?
00:41:16Alors j'ai face à moi
00:41:17trois députés
00:41:17qui ont participé
00:41:18donc à ce débat budgétaire.
00:41:20Suicide budgétaire,
00:41:21folie fiscale,
00:41:22massacre,
00:41:23budget sans cognité.
00:41:24Voilà quelques-unes
00:41:24des expressions
00:41:25que l'on vient d'entendre.
00:41:26Est-ce que vous vous dites
00:41:27ce soir
00:41:27que vous avez engendré
00:41:28un monstre
00:41:29ou que finalement
00:41:30c'est le jeu
00:41:30du parlementarisme ?
00:41:34N'hésitez pas
00:41:35à vous lancer.
00:41:36Allez,
00:41:36Corentin Le Fur.
00:41:37Alors non,
00:41:38en clair,
00:41:39sur le budget invotable,
00:41:40depuis cette taxe
00:41:41à 26 milliards,
00:41:41oui,
00:41:42il est invotable.
00:41:43Ce n'est plus
00:41:43du matraquage fiscal,
00:41:44là c'est de la
00:41:44stulvateuse fiscale.
00:41:46Et déjà qu'il y avait
00:41:47des choses qui ne nous allaient
00:41:48pas dans ce budget,
00:41:48mais là c'est en effet
00:41:49pas possible.
00:41:50En revanche,
00:41:51le cheminement continue
00:41:53et il faudra compter
00:41:53sur le Sénat
00:41:54pour l'améliorer
00:41:55dans une version
00:41:56plus acceptable.
00:41:57Vous dites,
00:41:58comme Nicolas Dose
00:41:59qu'on vient d'entendre
00:41:59dans son édito sur LCI,
00:42:01qu'il est urgent
00:42:01que ce texte
00:42:02finisse par partir au Sénat.
00:42:04Non,
00:42:04on a la suite des débats
00:42:05et on ne doit pas les négliger
00:42:06parce qu'il y a encore
00:42:07beaucoup de questions
00:42:08qui sont extrêmement importantes
00:42:09pour les Français,
00:42:10pour le pouvoir
00:42:10d'achat des Français,
00:42:11de la France qui travaille,
00:42:12des classes moyennes.
00:42:13Donc on ne peut pas
00:42:13occulter ces débats.
00:42:15Mais on ne peut pas faire
00:42:16comme si on n'avait pas
00:42:16eu une taxe nouvelle
00:42:17extrêmement prohibitive.
00:42:19Est-ce que vous aussi,
00:42:21vous vous êtes dit,
00:42:22mardi soir,
00:42:23quand il y a eu
00:42:23cet amendement Coquerel
00:42:24qui a été voté,
00:42:27à la surprise,
00:42:27parce qu'il y a eu
00:42:28les voix du RN
00:42:29qui sont venues
00:42:29permettre l'adoption
00:42:31de cet amendement,
00:42:32est-ce que vous vous êtes dit
00:42:33que c'est là
00:42:34que ça a dérapé ?
00:42:35Est-ce que c'est le moment,
00:42:37comme vous venez de le dire,
00:42:38Corentin Le Fur,
00:42:39et je m'adresse
00:42:40à François Jolivet,
00:42:41est-ce que c'est là
00:42:43que c'est parti en vrille,
00:42:45pardonnez-moi l'expression,
00:42:46mais jusqu'à mardi,
00:42:47on se disait
00:42:47que ce sont des débats
00:42:47de bonne tenue,
00:42:49le parlementarisme
00:42:50est à l'œuvre ?
00:42:51Si vous voulez,
00:42:53ce que je retiens
00:42:53de ces quelques jours
00:42:55de débats en hémicycle,
00:42:56c'est que j'ai l'impression
00:42:57que les chefs d'entreprise
00:42:58sont devenus
00:42:58les ennemis de la France.
00:43:00Parce qu'il y a
00:43:02beaucoup de litanies
00:43:02de textes
00:43:03qui arrivent
00:43:04et d'amendements
00:43:04qui ajoutent
00:43:05et qui ajoutent
00:43:05et qui ajoutent.
00:43:07Et là,
00:43:08vous disiez,
00:43:09madame,
00:43:10tout à l'heure,
00:43:12finalement,
00:43:13est-ce que ce texte
00:43:14est encore votable ?
00:43:16Les parlementaires
00:43:17ont le pouvoir
00:43:18puisqu'il n'y a pas
00:43:18de 49-3,
00:43:20mais la ministre
00:43:20de Montchalin
00:43:21a bien expliqué
00:43:22quelles étaient
00:43:23les conséquences,
00:43:23d'une part,
00:43:24et surtout que
00:43:25ces 25 milliards
00:43:26ne feraient même pas
00:43:2625 euros.
00:43:29Puisque lorsqu'on
00:43:30ne respecte pas
00:43:31les traités bilatéraux,
00:43:32eh bien,
00:43:33la France perd.
00:43:34et en fait,
00:43:35je crois que c'est
00:43:36plutôt un coup
00:43:36d'esbrouf.
00:43:37Et je ne pense pas
00:43:38qu'il faut donner
00:43:38une ombre plus grande
00:43:39à ce vote,
00:43:41comme d'ailleurs
00:43:42à d'autres,
00:43:43même que ce matin.
00:43:44Et voilà,
00:43:46j'ai le sentiment profond
00:43:47que ce que doivent
00:43:48retenir les Français,
00:43:49c'est que ceux
00:43:50qui donnent du travail
00:43:52à 30 millions
00:43:52de personnes chez nous,
00:43:54aujourd'hui,
00:43:54vont être plus taxés.
00:43:55Et je mets de côté
00:43:56cet impôt
00:43:57à 25 milliards.
00:43:59Laurent Baumel,
00:43:59sur cette taxe universelle
00:44:01sur les multinationales
00:44:03votées avant hier soir,
00:44:03qui est donc censé
00:44:04rapporter 25,
00:44:0526 milliards,
00:44:06c'est intéressant,
00:44:07ce que disait
00:44:07Philippe Brun ce matin
00:44:08dans Libération,
00:44:09je ne sais pas
00:44:09si vous l'avez lu,
00:44:11c'est un amendement
00:44:11qu'on dépose nous-mêmes
00:44:12depuis des années,
00:44:13on le soutient par principe,
00:44:15mais en réalité,
00:44:16il est inopérant,
00:44:17car il est contraire
00:44:17à 121 conventions fiscales.
00:44:19On l'a voté
00:44:20pour ouvrir le débat.
00:44:21Alors, d'abord,
00:44:23je voudrais vous dire
00:44:23une chose,
00:44:24je suis là ce soir
00:44:25sur votre plateau
00:44:25en présence de collègues
00:44:27de droite
00:44:28et je pourrais moi aussi
00:44:29à mon tour
00:44:29vous expliquer
00:44:30que ça manque
00:44:31de justice fiscale
00:44:32dans ce budget.
00:44:32Mais vous êtes là pour ça,
00:44:33c'est pour ça que vous êtes là.
00:44:36On a eu ces débats
00:44:36pendant des milliers d'heures,
00:44:37on va les avoir à nouveau
00:44:38demain
00:44:39dans une théâtralisation totale
00:44:40avec d'un côté
00:44:42les partisans
00:44:42de la justice fiscale
00:44:43et de l'autre
00:44:44les dénonciateurs
00:44:45de la folie fiscale.
00:44:47Très bien,
00:44:48on peut continuer
00:44:49comme ça
00:44:49pendant des heures
00:44:50et des heures
00:44:50mais à un moment donné
00:44:51la question à laquelle
00:44:51on est confronté
00:44:52c'est est-ce qu'on est capable
00:44:54dans ce pays aujourd'hui
00:44:55de comprendre
00:44:56que le pluralisme politique
00:44:58fait qu'il n'y a pas
00:44:58de majorité,
00:44:59que personne ne peut imposer
00:45:00son point de vue à personne
00:45:01et que si on veut
00:45:02que ce budget soit à la fin
00:45:03le budget du pays
00:45:04il va falloir que tout le monde
00:45:05fasse des concessions sérieuses.
00:45:07Sérieuses.
00:45:08C'est-à-dire qu'il va falloir
00:45:09que tout le monde ait à la fin
00:45:10dans ce budget
00:45:10des choses qui ne lui plaisent pas
00:45:11et qu'il arrête
00:45:13de les dénoncer.
00:45:14Parce que moi,
00:45:15je suis de gauche
00:45:16mais je sais que la droite existe.
00:45:18Voilà.
00:45:18Et les gens de droite
00:45:19doivent comprendre
00:45:20que la gauche existe.
00:45:21Alors est-ce que
00:45:22François-Jean-Evec
00:45:23ou Rantin Le Fur
00:45:23est-ce que vous avez conscience
00:45:24que la gauche existe ?
00:45:25Bien évidemment.
00:45:26Bon alors tout le monde
00:45:27est d'accord sur ce point.
00:45:27Nous sommes des voisins
00:45:28donc on se met bien.
00:45:30Et on travaille ensemble
00:45:31sur les territoires.
00:45:31On travaille ensemble.
00:45:31Sur les territoires on travaille.
00:45:33Indre-et-Loire et Indre.
00:45:34Voilà.
00:45:34Je rappelle les deux circonscriptions.
00:45:36On est tous conscients
00:45:36de la réalité de ce Parlement.
00:45:37Personne n'a de majorité.
00:45:39C'est une réalité.
00:45:40Oui mais quand on entend
00:45:41les économistes,
00:45:42les observateurs du débat
00:45:43dire mais en fait
00:45:45vous êtes partis
00:45:45dans un massacre budgétaire,
00:45:47dans une folie fiscale
00:45:48qui n'a plus ni que ni tête.
00:45:49Mais ça c'est un point de vue
00:45:49dans le débat.
00:45:51C'est un point de vue
00:45:51vous pensez ?
00:45:52Oui.
00:45:52Ce n'est pas un point de vue objectif.
00:45:54Nicolas Doss
00:45:54ce n'est pas quelqu'un d'objectif madame.
00:45:56Il n'est pas que lui.
00:45:58Non mais bien sûr
00:45:58c'est un éditorialiste
00:45:59qui a le droit
00:45:59d'avoir son point de vue.
00:46:00Mais c'est un point de vue.
00:46:02Et donc à un moment donné
00:46:02la question ce n'est pas
00:46:03de répéter à l'infini.
00:46:05On est dans une société
00:46:06où finalement chacun
00:46:07est dans son couloir,
00:46:08parle à ses bases militantes,
00:46:09à ses troupes,
00:46:10à ses sympathisants,
00:46:11répète en boucle
00:46:12son point de vue
00:46:13mais on atteint les limites là.
00:46:15C'est-à-dire que la semaine prochaine
00:46:16si on continue comme ça
00:46:17le pays n'a pas de budget
00:46:19et on retourne aux urnes.
00:46:20Et on retourne aux urnes
00:46:21dans une situation
00:46:22où probablement
00:46:23on aura le même résultat
00:46:24à la fin.
00:46:25C'est-à-dire de nouveau
00:46:26un Parlement ingouvernable.
00:46:28Donc il va falloir
00:46:28qu'on trouve un compromis
00:46:29c'est-à-dire qu'il faut
00:46:30que les gens de gauche
00:46:31acceptent l'idée
00:46:31que ce budget ne sera pas
00:46:32un budget,
00:46:33ne sera pas leur budget.
00:46:35Mais il va falloir
00:46:35que les gens de droite
00:46:36comprennent aussi
00:46:37que ce budget ne sera pas
00:46:38leur budget.
00:46:39Donc demain,
00:46:39il va falloir que ça avance
00:46:41sur la taxation des patrimoines.
00:46:42Et si on veut sortir la taxe,
00:46:44Philippe Brun a raison,
00:46:45si on veut sortir
00:46:45la taxe-attaque du budget,
00:46:47ça veut dire que d'autres choses
00:46:48vont devoir entrer...
00:46:49La taxe-attaque,
00:46:49c'est l'amendement
00:46:50porté par Éric Coquerel
00:46:51mardi soir,
00:46:52l'amendement sur les 26 milliards
00:46:54pour les multinationales.
00:46:54Si le gouvernement
00:46:54et ceux qui le soutiennent
00:46:55veulent la sortir,
00:46:56ce que je peux comprendre,
00:46:57il va falloir que d'autres choses
00:46:58rentrent dans ce budget.
00:47:00C'est aussi simple que ça.
00:47:01Laurent Baumel,
00:47:02vous venez de prononcer
00:47:02le mot
00:47:03que ne supporte plus
00:47:05d'entendre
00:47:05Mariette d'Arré-Grand.
00:47:06Mariette d'Arré-Grand,
00:47:07elle est sémiologue.
00:47:08Elle interroge
00:47:09le sens des mots.
00:47:09Et Mariette, ce soir,
00:47:11ce mot de compromis,
00:47:12vous n'en pouvez plus ?
00:47:13J'en peux plus,
00:47:14mais ça me fond le cœur
00:47:15de le dire
00:47:16parce que c'est un très,
00:47:17très beau mot,
00:47:17compromis, évidemment.
00:47:19C'est un mot ancien
00:47:20dans notre langue.
00:47:22Mais là, il a été abîmé.
00:47:23Je crois qu'il faut le mettre
00:47:24à la poubelle.
00:47:24On va voir pourquoi.
00:47:26Mais il commence
00:47:28dans l'ancien français juridique.
00:47:30Il y avait ce qu'on a appelé
00:47:31des gens
00:47:32qui se mettaient
00:47:33ensemble,
00:47:34c'est-à-dire coum,
00:47:35ça veut dire vraiment ensemble,
00:47:36et se promettaient quelque chose.
00:47:38C'est un engagement fort
00:47:39qui est pris devant un tiers.
00:47:40Alors, ça peut être un maire,
00:47:42ça peut être un juge.
00:47:43On a ça encore aujourd'hui,
00:47:44Adeline,
00:47:45quand on fait, par exemple,
00:47:45un compromis de vente.
00:47:47Ah, bien sûr.
00:47:48Voilà.
00:47:48Donc, c'est une promesse
00:47:49très forte
00:47:50et qui annonce
00:47:51quelque chose d'heureux.
00:47:52De nouveau,
00:47:52une chose va commencer.
00:47:53Ça a même voulu dire
00:47:54à un moment donné
00:47:55se fiancer,
00:47:55se compromettre.
00:47:57Bon, alors,
00:47:58au fil du temps,
00:47:58les choses noircissent,
00:47:59si vous voulez.
00:48:00Et dans la société du 19e,
00:48:02en particulier là,
00:48:04quand on disait,
00:48:05en particulier,
00:48:06une femme était compromise
00:48:07lorsqu'elle parlait
00:48:08un peu trop
00:48:08d'un autre homme
00:48:09que son mari
00:48:10dans la bonne société.
00:48:12Donc, l'ordre moral arrive
00:48:14et le mot se colore
00:48:16de manière un peu noire.
00:48:18Alors, je crois
00:48:19qu'à ce moment-là,
00:48:21c'est à ce moment-là
00:48:21que le mot,
00:48:22il devient très problématique
00:48:24et vous avez du mal
00:48:25à l'utiliser en politique
00:48:26parce que compromis
00:48:27se rapproche de compromission.
00:48:29Et compromission,
00:48:30c'est négatif,
00:48:31il n'y a pas de doute.
00:48:31Ça veut dire trahison,
00:48:33en gros.
00:48:33Voilà.
00:48:34Donc, si on revient
00:48:35à vous,
00:48:36dans la situation actuelle,
00:48:38je crois que ce mot,
00:48:38il est prisonnier
00:48:40de son histoire,
00:48:41de notre histoire culturelle,
00:48:42de notre histoire linguistique.
00:48:44Et donc,
00:48:44il n'arrive pas du tout
00:48:45à se moderniser.
00:48:46Et pourtant,
00:48:47on l'entend
00:48:47au Parlement européen,
00:48:49par exemple,
00:48:49on parle de majorité
00:48:50de compromis
00:48:51qu'on a réussi à trouver.
00:48:52Oui, oui,
00:48:52c'est le même mot
00:48:53en anglais,
00:48:54enfin, c'est compromise,
00:48:55mais c'est la même chose.
00:48:56Et effectivement,
00:48:57à ce moment-là,
00:48:58parce qu'il tombe
00:48:59dans des cultures politiques
00:49:00différentes de la nôtre
00:49:01et beaucoup plus parlementariste,
00:49:03là, il arrive à innover,
00:49:05à porter quelque chose.
00:49:06Mais chez nous,
00:49:07ça ne se passe pas.
00:49:08Et effectivement,
00:49:09les politiques,
00:49:10on a l'impression
00:49:10qu'ils sont en train
00:49:11de se dire,
00:49:12si je vote avec un parti adverse,
00:49:14alors mes électeurs
00:49:15vont penser compromission,
00:49:17vont penser trahison,
00:49:18ils vont penser
00:49:19que je l'ai trahi,
00:49:20que je trahi nos idéaux.
00:49:22Alors,
00:49:22dans ce contexte,
00:49:23on voit bien le blocage.
00:49:24C'est-à-dire,
00:49:24plus le Premier ministre
00:49:25emploie le mot,
00:49:27plus Abelie de Montchalin,
00:49:29notre ministre des Comptes publics,
00:49:31prône la sagesse du compromis,
00:49:33c'est pareil pour notre ministre
00:49:34de l'économie,
00:49:35Roland Lescure,
00:49:36et moins les partis
00:49:37arrivent à s'en servir
00:49:38et à en faire.
00:49:39Qu'est-ce qu'il nous reste
00:49:39à faire, alors ?
00:49:40On le met à la poubelle,
00:49:41ce mot compromis ?
00:49:42Oui, on change de mot.
00:49:43On en essaye un autre,
00:49:44que d'ailleurs,
00:49:44vous avez prononcé,
00:49:45Laurent Baumel.
00:49:47Un autre mot,
00:49:48mais alors,
00:49:48il faut bien voir
00:49:49ce qu'il contient,
00:49:49c'est concession.
00:49:51Et concession,
00:49:52c'est beaucoup plus radical,
00:49:53c'est dur,
00:49:54c'est vraiment dur,
00:49:55c'est hard.
00:49:56Et pourquoi c'est intéressant
00:49:57à ce moment-là ?
00:49:58Parce que compromis
00:49:59ne fait plus son travail,
00:50:00en quelque sorte,
00:50:00parce que dans concéder,
00:50:02Adeline,
00:50:02il faut entendre céder.
00:50:03Et céder,
00:50:04c'est douloureux.
00:50:05Céder,
00:50:05c'est difficile.
00:50:07Il y a beaucoup
00:50:07d'émotions difficiles.
00:50:09Il y a du regret,
00:50:10il y a peut-être des larmes.
00:50:11On peut penser à des émotions
00:50:12quand les politiques sont sincères,
00:50:14elles éprouvent aussi des émotions.
00:50:16On peut penser à ce qui s'est passé
00:50:16pour Elisabeth Borne,
00:50:18quand même,
00:50:19quand elle a accepté.
00:50:22C'est la réforme pour laquelle
00:50:23elle s'est battue ici même
00:50:24à l'Assemblée,
00:50:25tant d'heures,
00:50:26tant d'heures de travail,
00:50:27les équipes aussi.
00:50:28Et tout d'un coup,
00:50:28il faut faire autre chose.
00:50:29Donc, c'est la même chose
00:50:30pour demain,
00:50:31vous allez voir la taxe Zuckman.
00:50:32Ceux qui la voulaient
00:50:33dans la première version
00:50:34n'auront pas gagné.
00:50:36Donc, les députés,
00:50:38les politiques,
00:50:38quels que soient leurs bords,
00:50:40doivent effectivement apprendre
00:50:41à perdre ou gagner.
00:50:43Ce n'est pas à faire
00:50:43des petites rencontres au milieu.
00:50:45C'est tiède, ça.
00:50:46Ce n'est pas du tout ça.
00:50:47Ils ont donc des émotions devant eux,
00:50:49des émotions difficiles.
00:50:50Et un mot doit rendre justice
00:50:52à ça, de la part du public aussi.
00:50:53Nous devons, nous aussi,
00:50:54penser que ce n'est pas facile pour eux.
00:50:56Ils doivent faire preuve de courage.
00:50:59Un courage nouveau, je crois,
00:51:01mais qui est très nécessaire
00:51:02à notre vie politique aujourd'hui.
00:51:04Est-ce que vous êtes prêt
00:51:05à des concessions ?
00:51:07Écoutez, je suis dans un parti politique
00:51:09qui est prêt à des concessions
00:51:10parce qu'on veut un budget.
00:51:11Alors, par n'importe lequel.
00:51:12Tout le monde connaît,
00:51:13non pas les lignes rouges,
00:51:14mais les lignes qui sont les nôtres.
00:51:16Mais je pense, madame,
00:51:17que les députés,
00:51:18il faut qu'ils prennent
00:51:18encore plus de hauteur
00:51:19que vous ne le dites.
00:51:21Il faut qu'on se ressorte
00:51:22de ce microcosme
00:51:22qui s'appelle l'Assemblée nationale.
00:51:25Parce qu'on fait beaucoup de bruit.
00:51:27Il y a beaucoup de bruit.
00:51:27La presse relaie beaucoup de bruit.
00:51:29Mais je crois que les Français
00:51:29ne comprennent pas.
00:51:31Et quand ils regardent
00:51:31ce qui se passe dans le monde
00:51:32autour de nous,
00:51:33nous, on cherche les premiers ministres,
00:51:35les ministres, les majorités,
00:51:36les majorités de concessions.
00:51:38Et puis, quelque part,
00:51:40la guerre continue en Ukraine.
00:51:41C'est drôle,
00:51:42on en parle beaucoup moins
00:51:43dans la presse.
00:51:44On ne regarde pas
00:51:45les manœuvres aujourd'hui
00:51:46des Russes
00:51:47au nord de la Finlande
00:51:48et de la Suède
00:51:49et de la Norvège.
00:51:51On ne parle pas
00:51:51des gens qui sortent
00:51:53de Somalie
00:51:53et qui entrent en Algérie
00:51:54toutes les nuits
00:51:55et qui sont dans le Sahel.
00:51:58On ne parle pas
00:51:59de ces choses-là.
00:51:59En revanche,
00:52:00les Français,
00:52:00ils entendent ce bruit-là.
00:52:02Et je crois
00:52:03qu'il faut que nous prenions
00:52:04de la hauteur.
00:52:04Ce qu'il nous faut,
00:52:05c'est un budget.
00:52:06Ce qu'il nous faut,
00:52:06c'est les 6,3 milliards
00:52:07pour le ministère de la Défense
00:52:09qui en a besoin.
00:52:10Et si c'est la loi de finances
00:52:112025 qui est renvoyée,
00:52:13eh bien,
00:52:13on ne les aura pas.
00:52:15Ce qu'il nous faut,
00:52:16c'est des parlementaires
00:52:17qui s'extraient
00:52:17de ce microcosme
00:52:18et qui pensent aux Français.
00:52:19Moi, je suis député
00:52:20d'un département
00:52:22où j'ai un grand groupe chinois
00:52:24qui veut acheter
00:52:25une entreprise,
00:52:26d'ailleurs,
00:52:26qui se partage
00:52:26entre l'Inde
00:52:27et l'Indre-et-Loire
00:52:27qui s'appelle
00:52:28le groupe GMD.
00:52:30Eh bien, voilà,
00:52:31on envoie des signaux faibles.
00:52:32Ça, c'est la réalité.
00:52:34Donc, ils se disent
00:52:34qu'est-ce qu'on fait ?
00:52:35Mon collègue
00:52:36a une entreprise
00:52:36qui est dans la tourmente
00:52:37en Indre-et-Loire
00:52:38qui a créé beaucoup d'emplois
00:52:39sur toute la région centre.
00:52:41Qu'est-ce qu'on fait ?
00:52:42Quels signaux faibles
00:52:42on envoie ?
00:52:43En fait, moi,
00:52:44je veux qu'on revienne
00:52:44au principe de réalité,
00:52:45qu'on soit rattrapé
00:52:46par le principe de réalité.
00:52:47Et Philippe Brin
00:52:48dit très bien dans l'Ibée
00:52:49que le truc à 25 milliards,
00:52:51ça ne marchera jamais.
00:52:52Sinon, on fait du trumpisme,
00:52:53on dénonce
00:52:54les accords bilatéraux.
00:52:55Donc, c'est-à-dire
00:52:56que la France mène
00:52:57une autre politique étrangère
00:52:58en matière économique.
00:52:59Ça ne peut pas marcher.
00:53:00Donc, je ne dis pas
00:53:01qu'il ne faut pas
00:53:02concéder des choses,
00:53:03mais ce qu'il faut,
00:53:04c'est être gouverné
00:53:05par les objectifs.
00:53:07Voilà.
00:53:08Corentin Le Fur,
00:53:08la ligne des LR
00:53:09depuis lundi dernier,
00:53:10ça a été de dire
00:53:11on vote contre
00:53:12toutes les hausses d'impôts,
00:53:14stop les impôts.
00:53:15Alors, déjà,
00:53:16moi, le mot de compromis,
00:53:18c'est un beau mot
00:53:19qui est important.
00:53:20Et d'ailleurs,
00:53:20le groupe LR
00:53:21a fait des compromis.
00:53:22Il est beau,
00:53:23mais il faut le mettre en acte.
00:53:23Ça, c'est dur.
00:53:24Et à accepter
00:53:25de ne pas censurer un gouvernement,
00:53:27à accepter de le soutenir,
00:53:28même parce que nous avons
00:53:28besoin d'un budget.
00:53:30Et par si,
00:53:31par pleinement au débat
00:53:32pour aussi défendre nos lignes.
00:53:33Ce n'est pas parce qu'on accepte
00:53:34d'avoir un budget
00:53:36qu'on est parfaitement conscient
00:53:37qu'il faut absolument
00:53:38à la France un budget
00:53:38qu'on peut tout accepter.
00:53:40Et donc,
00:53:40notre rôle en tant que parlementaire,
00:53:41quand on a des convictions,
00:53:43c'est de les défendre
00:53:43et c'est de faire valoir nos idées.
00:53:45Et moi,
00:53:46ce que je constate,
00:53:46c'est qu'on est le pays
00:53:47qui dépense le plus
00:53:49de toute l'Europe.
00:53:50Et on est le pays
00:53:50qui taxe le plus d'Europe.
00:53:52On a à la fois
00:53:52le taux de dépense publique
00:53:53le plus élevé
00:53:53de tous nos voisins
00:53:54et on a le taux
00:53:55de prélèvement obligatoire,
00:53:56donc les taxes,
00:53:56les impôts,
00:53:57les cotisations,
00:53:57le plus élevé.
00:53:59Donc, évidemment
00:53:59qu'il faut réduire
00:54:00notre dette
00:54:01et notre déficit
00:54:01parce que ça nous coûte
00:54:02très cher.
00:54:0370 milliards
00:54:03uniquement sur la charge
00:54:04d'intérêt de la dette.
00:54:05Donc, ça devient
00:54:06le plus gros buté de l'État.
00:54:07Donc, il faut absolument
00:54:07réduire notre dette
00:54:09et donc faire
00:54:10qu'on ait plus de déficit
00:54:11ou qu'on ait déficit
00:54:12le moins grand possible.
00:54:13Et donc, pour ça,
00:54:14nous, on est parfaitement
00:54:15très clair aussi
00:54:16sur notre ligne,
00:54:17il faut arrêter
00:54:17de taxer les Français,
00:54:19la France qui travaille
00:54:19et accepter aussi
00:54:21d'arrêter de taxer
00:54:22en permanence les entreprises.
00:54:23Donc, quelle sera
00:54:24votre position demain ?
00:54:25C'est l'économie française
00:54:26qui risque de chuter.
00:54:27Quelle sera la position
00:54:28des LR demain
00:54:29sur la taxe Zuckman
00:54:30ou sur ses éventuelles
00:54:32modifications
00:54:33sur une taxe Zuckman allégée ?
00:54:35La taxe Zuckman,
00:54:36c'est une mauvaise taxe.
00:54:37C'est une taxe
00:54:37qui est anti-économique
00:54:39parce qu'elle intègre
00:54:41le patrimoine
00:54:42des entreprises.
00:54:43Donc, elle va inciter
00:54:44les entreprises
00:54:45à vendre une partie
00:54:46de ce capital.
00:54:47Donc, en termes
00:54:48de souveraineté française,
00:54:50en termes de souveraineté économique,
00:54:51c'est un très, très mauvais signal
00:54:52qui va nous défavoriser.
00:54:55Laurent Baumel,
00:54:55c'est l'heure de vérité demain ?
00:54:57Vous voyez la difficulté
00:54:58du débat.
00:54:58Le titre de votre débat,
00:55:00c'est le budget
00:55:00est-il devenu invotable ?
00:55:02Et finalement,
00:55:03on est là sur le plateau
00:55:04et chacun réexprime
00:55:05ses positions.
00:55:07Moi, je pourrais vous faire
00:55:07cinq minutes.
00:55:08Parce que j'ai dit.
00:55:08Non, pas vous.
00:55:09Corentin, peut-être davantage.
00:55:11Je pourrais vous faire
00:55:11cinq minutes
00:55:11sur pourquoi je trouve
00:55:12que la taxe Zuckman
00:55:13est au contraire
00:55:14un bon outil
00:55:15de justice fiscale.
00:55:17Mais peu importe,
00:55:18les arguments ont été
00:55:18échangés, rééchangés,
00:55:20y compris ici, partout.
00:55:21Je pense que maintenant,
00:55:22à peu près tout le monde
00:55:23sait de quoi il retourne.
00:55:24et on ne parviendra pas
00:55:28à dissoudre
00:55:28quelque chose
00:55:29de très important
00:55:30qui est le pluralisme
00:55:31des vérités.
00:55:32Le pluralisme des vérités,
00:55:33il est irréductible.
00:55:35Donc la question,
00:55:36c'est comment on travaille
00:55:36à partir de ça.
00:55:38Et effectivement,
00:55:40le mot concession,
00:55:41il est très important
00:55:42parce que vous l'avez dit,
00:55:43une concession,
00:55:44c'est douloureux.
00:55:44Une concession,
00:55:45ce n'est pas quelque chose
00:55:46qu'on veut faire,
00:55:47c'est quelque chose
00:55:47qu'on ne veut pas faire.
00:55:49Un renoncement.
00:55:49C'est un renoncement.
00:55:51Donc aujourd'hui,
00:55:52nous, par exemple,
00:55:52on a renoncé à Matignon.
00:55:54Plus exactement,
00:55:55on a renoncé
00:55:56à censurer le fait
00:55:57qu'on n'a pas été appelé
00:55:59à Matignon
00:55:59alors qu'on estime,
00:56:00à tort ou à raison,
00:56:01avoir plutôt gagné
00:56:02les élections législatives
00:56:03que perdues.
00:56:05Mais les socialistes
00:56:06ont décidé
00:56:06que ce n'était pas une raison
00:56:07pour tout foutre en l'air
00:56:08et on continue
00:56:09à discuter avec un gouvernement.
00:56:11Mais on veut
00:56:12des concessions réelles
00:56:13pour pouvoir demain
00:56:15nous retourner
00:56:15vers nos électeurs
00:56:16et dire
00:56:17on n'a pas tout obtenu
00:56:18mais on a obtenu suffisamment
00:56:19pour participer
00:56:21en responsabilité
00:56:22au fait que ce pays
00:56:23est un budget.
00:56:24Si demain soir,
00:56:25à la même heure,
00:56:25la taxe Zuckman
00:56:26ou la taxe Zuckman allégée
00:56:28sont rejetées,
00:56:29est-ce que vous baissez le pouce ?
00:56:31Est-ce que vous appuyez
00:56:31sur le bouton de la censure ?
00:56:33Je ne sais pas si demain soir,
00:56:34on se réunira,
00:56:34on réunira nos instances
00:56:35pour décider d'une censure.
00:56:37Mais ce qui est certain,
00:56:38c'est que si on n'obtient
00:56:39rien, aucun signal
00:56:40et surtout
00:56:41aucune disposition concrète
00:56:45permettant d'avoir,
00:56:47si vous voulez,
00:56:47les 10-15 milliards
00:56:48dont on a besoin ensuite
00:56:49pour épargner
00:56:50les couches populaires
00:56:51et moyennes,
00:56:51notamment dans le projet
00:56:52de loi de finances
00:56:53de la sécurité sociale,
00:56:54ce sera difficile pour nous
00:56:55de s'orienter
00:56:56vers le fait
00:56:57de laisser passer ce budget
00:56:58et donc on sera...
00:56:59Que ça s'appelle Zuckman
00:57:00ou autre chose en fait ?
00:57:01Oui, on n'est pas dans la fétich...
00:57:03On défendra la taxe Zuckman
00:57:04avec enthousiasme
00:57:05et vigueur dans l'hémicycle
00:57:06mais après,
00:57:07on n'est pas dans la fétichisation
00:57:08des outils.
00:57:09C'est le rendement
00:57:10qui va compter.
00:57:11C'est le rendement qui va compter.
00:57:11Oui.
00:57:12Il est possible le chemin ?
00:57:16Moi, je pense que
00:57:17il faut attendre les débats.
00:57:20Il faut d'abord attendre les débats
00:57:21et puis,
00:57:22c'est vrai que
00:57:23le principe de la taxe Zuckman
00:57:25tel qu'elle nous a exprimé aujourd'hui,
00:57:27c'est un peu compliqué
00:57:28de mettre l'outil de travail
00:57:28dans la taxe
00:57:29parce que, voilà, bon.
00:57:33Moi, ce que je crois beaucoup,
00:57:34c'est que la France,
00:57:35elle a besoin de stabilité tout de même
00:57:37dans un monde qui est dangereux.
00:57:38Je suis redondant.
00:57:39C'est devenu la troisième préoccupation
00:57:41des Français.
00:57:42Voilà.
00:57:42Pour moi, c'est la première
00:57:43et dans mon département,
00:57:45on parle évidemment d'impôts
00:57:47mais pas autant que j'en entends
00:57:48parler à l'Assemblée nationale.
00:57:49On ne parle pas beaucoup
00:57:50de la taxe Zuckman,
00:57:51on ne parle pas beaucoup
00:57:52des cotisations sociales,
00:57:55on ne parle pas du tout
00:57:56de la retraite
00:57:56mais on parle
00:57:58de la guerre.
00:58:00Voilà.
00:58:01Eh bien, le débat,
00:58:02demain,
00:58:02à l'Assemblée nationale,
00:58:04dès 9h,
00:58:04à suivre en direct
00:58:06toute la journée,
00:58:06journée spéciale
00:58:07sur LCP Canal 8.
00:58:09Ce sera donc
00:58:09à partir de demain.
00:58:11Vous restez là
00:58:12parce que tout de suite,
00:58:12c'est le journal
00:58:13de l'Assemblée nationale.
00:58:14C'est Bourbon Express
00:58:15et c'est présenté
00:58:15par Marco Pommier.
00:58:21Bonsoir Marco.
00:58:23Bonsoir Adeline.
00:58:23Votre Bourbon Express,
00:58:24on commence par une visite
00:58:26qui a beaucoup fait parler d'abord.
00:58:27Oui, la visite
00:58:28de Gérald Darmanin
00:58:29à Nicolas Sarkozy.
00:58:31C'était hier soir
00:58:32à la prison de la Santé.
00:58:3345 minutes d'entretien
00:58:35avec l'ancien président,
00:58:36incarcéré depuis le 21 octobre,
00:58:39condamné en première instance
00:58:40dans l'affaire
00:58:41des soupçons
00:58:42de financement libyen
00:58:43pour sa campagne en 2007.
00:58:45Alors que faut-il penser
00:58:46de cette visite
00:58:47du ministre de la Justice ?
00:58:49Eh bien,
00:58:49on a posé la question
00:58:50aux députés ce matin
00:58:51dans la salle des 4 colonnes.
00:58:53Ce n'est pas une surprise.
00:58:54Il avait annoncé
00:58:55qu'il allait rendre visite
00:58:56au président de la République.
00:58:57Il l'a fait,
00:58:58tout comme il lui arrive fréquemment,
00:59:00il l'a dit lui-même,
00:59:01de rendre visite
00:59:02à des détenus en prison
00:59:04pour s'assurer aussi
00:59:05du bon fonctionnement
00:59:06du milieu carcéral.
00:59:08On ne peut pas reprocher
00:59:09à Gérald Darmanin
00:59:10que sa personne
00:59:11habite sa fonction
00:59:11à d'en avoir quelqu'un
00:59:13pour qui il a estimé affection.
00:59:14Mais ça donne vraiment
00:59:15l'impression d'un deux poids
00:59:16deux mesures.
00:59:16Ça donne l'impression
00:59:17qu'il y a du favoritisme
00:59:18envers M. Sarkozy
00:59:19et que tout le monde
00:59:20n'est pas logé
00:59:21à la même enseigne
00:59:22quand il a commis
00:59:24des actes délictuels
00:59:24ou criminels.
00:59:25Vous pensez qu'il abîme
00:59:26un peu la fonction
00:59:27de garde des Sceaux ?
00:59:28Ce n'est pas la première fonction
00:59:29qu'il abîme.
00:59:30Voilà, Gérald Darmanin
00:59:32à la prison de la Santé.
00:59:33Ce n'était pas le seul
00:59:34cette semaine
00:59:35à se rendre
00:59:36à la prison de la Santé ?
00:59:37Non, c'est vrai.
00:59:38Deux insoumis
00:59:39ont exercé lundi
00:59:40leur droit de visite
00:59:41parlementaire
00:59:41dans la prison parisienne.
00:59:43Daniel Obono
00:59:44et Hugo Bernalicis.
00:59:46Ils ont visité
00:59:47le quartier d'isolement
00:59:48où est détenu Nicolas Sarkozy
00:59:50sans le rencontrer
00:59:51pour autant.
00:59:52Mais leur visite
00:59:53a tourné
00:59:53au bras de fer
00:59:54avec l'administration
00:59:55pénitentiaire.
00:59:57Je vous rappelle
00:59:57que quand j'arrive
00:59:58sur place
00:59:59avec Daniel Obono
00:59:59l'administration nous dit
01:00:00vous ne pourrez pas y aller
01:00:01avec vos téléphones
01:00:02vous ne pourrez pas y aller
01:00:03avec les journalistes
01:00:04vous ne pourrez pas y aller
01:00:05avec vos attachés parlementaires
01:00:06parce que nous en avons
01:00:07l'instruction
01:00:08sans nous dire
01:00:09même de motivation
01:00:10et de raison.
01:00:11Pour lui
01:00:12c'est clairement
01:00:12une entrave parlementaire
01:00:14vous l'avez vu
01:00:15dans cet extrait
01:00:16à côté d'un avocat
01:00:17car il a saisi
01:00:18le tribunal administratif
01:00:20qui lui a donné tort.
01:00:21Hier
01:00:21le juge a estimé
01:00:22que sa demande
01:00:23d'accès
01:00:24était infondée.
01:00:25On change de décor
01:00:27maintenant.
01:00:28Vous nous emmenez
01:00:28Marco ce soir
01:00:29à la commission
01:00:30des affaires culturelles
01:00:31où l'ambiance
01:00:32était particulièrement
01:00:33électrique aujourd'hui.
01:00:33Oui c'est le cas
01:00:34de le dire
01:00:34à l'occasion
01:00:35de l'audition
01:00:36de Rachida Dati
01:00:37hier
01:00:38l'insoumise
01:00:38Sarah Legrain
01:00:39a interrogé
01:00:40la ministre de la culture
01:00:41sur la cohérence
01:00:42de ses positions
01:00:43avec celle
01:00:44du camp présidentiel
01:00:45sur les moyens financiers
01:00:47affiliés
01:00:48au centre national
01:00:48du cinéma
01:00:49au centre national
01:00:50de la musique
01:00:51écoutez la question
01:00:52de la députée.
01:00:54Le RN veut détruire
01:00:55ce modèle
01:00:56tout laissé aux appétits
01:00:57de Bolloré
01:00:57nous insoumis
01:00:58nous voulons le renforcer
01:00:59et vous
01:00:59où êtes-vous ?
01:01:00C'est comme un peu
01:01:01pour les municipales
01:01:02on comprend plus bien
01:01:03où vous en êtes
01:01:03dans le bloc central.
01:01:05Eh bien il n'en fallait
01:01:06pas moins
01:01:06pour piquer au vif
01:01:07la ministre de la culture.
01:01:09Vous me dites
01:01:10où êtes-vous
01:01:10madame Legrain
01:01:11je suis à la bonne place
01:01:12je sais que ça vous dérange
01:01:13mais à un moment donné
01:01:14ça devient suspect
01:01:15ces attaques
01:01:16de cette gauche
01:01:17je sais
01:01:18je sais
01:01:18je sais
01:01:20que ça vous dérange
01:01:21je vous ai toujours dérangé
01:01:23je vais continuer
01:01:24non seulement
01:01:24à vous déranger
01:01:25mais à la place
01:01:26où je suis
01:01:26et où je serai
01:01:27je vous dérangerai toujours.
01:01:28Voilà c'était sept après-midi
01:01:30à la commission
01:01:30des affaires culturelles
01:01:32hier
01:01:32les moyens pour la culture
01:01:33ça fait partie
01:01:34des discussions budgétaires
01:01:35en cours
01:01:36on en est où
01:01:37avant la reprise
01:01:38des débats demain ?
01:01:40Vous savez qu'il a un compteur
01:01:41Marco
01:01:42J'ai un compteur
01:01:42je vais vous faire le point
01:01:43tout à l'heure
01:01:44mais hier soir
01:01:45l'Assemblée a voté
01:01:46plusieurs amendements
01:01:48LFI et RN
01:01:49pour alourdir
01:01:50la fiscalité
01:01:51des grandes entreprises
01:01:52par exemple
01:01:53pour abaisser
01:01:54le seuil
01:01:54de déclenchement
01:01:55de l'impôt minimum
01:01:56de 15%
01:01:57sur les multinationales
01:01:59sans oublier
01:01:59cette taxe
01:02:00sur les rachats d'actions
01:02:01ou encore
01:02:02cette taxe exceptionnelle
01:02:03sur les super dividendes
01:02:05et puisque vous vouliez
01:02:06un point
01:02:06sur le compteur
01:02:07des amendements
01:02:08il en reste
01:02:091412
01:02:10c'est énorme
01:02:11On voulait aussi parler
01:02:12d'une petite lueur d'espoir
01:02:13pour les éleveurs bovins
01:02:14ce soir
01:02:14Oui bonne nouvelle
01:02:16pour nos éleveurs
01:02:17à annoncer sur X
01:02:18aujourd'hui
01:02:19Annie Gennevard
01:02:20la ministre de l'agriculture
01:02:21les exportations
01:02:23de bovins
01:02:23vont reprendre
01:02:25à partir
01:02:25du 1er novembre
01:02:27après une suspension
01:02:28d'une quinzaine de jours
01:02:29pour éviter la propagation
01:02:30de la dermatose
01:02:32nodulaire contagieuse
01:02:33plus de 2600 bêtes
01:02:35abattues
01:02:36à cause de cette maladie
01:02:37et quant à la suspension
01:02:39des exportations
01:02:40et bien c'était un manque
01:02:41à gagner énorme
01:02:42pour les éleveurs
01:02:43car chaque semaine
01:02:44la France exporte
01:02:45des milliers de bovins
01:02:47vers l'Italie
01:02:48vers l'Espagne
01:02:49aujourd'hui donc
01:02:50la situation sanitaire
01:02:51s'améliore
01:02:52mais elle reste compliquée
01:02:53dans les Pyrénées-Orientales
01:02:55dans le Jura aussi
01:02:55mardi
01:02:56la ministre a reconnu
01:02:57qu'on n'avait pas assez de vaccins
01:02:59et vous avez raison de dire
01:03:01qu'en la matière
01:03:01il nous faudrait davantage
01:03:03de laboratoires français
01:03:04et nous en avons d'excellents
01:03:05qu'ils puissent fournir
01:03:06des doses
01:03:07en très grande quantité
01:03:08mais pour l'instant
01:03:09on est en combat
01:03:10on est au front
01:03:11il faut se concentrer
01:03:13sur les zones
01:03:14réglementées
01:03:15où il y a
01:03:16des foyers infectieux
01:03:17c'est la priorité
01:03:18et le combat continue
01:03:20notamment
01:03:21pour Nicolas
01:03:22cet éleveur
01:03:23que vous aviez découvert
01:03:24dans chaque voie compte
01:03:26il avait perdu
01:03:27la quasi-totalité
01:03:28de son troupeau
01:03:29un témoignage
01:03:30très fort
01:03:31et bien il nous a donné
01:03:32des nouvelles
01:03:33Nicolas
01:03:33regardez les photos
01:03:35vous les voyez
01:03:35les quelques vaches
01:03:37qu'il avait réussi
01:03:38à sauver
01:03:38ont eu l'autorisation
01:03:39de revenir
01:03:40à la ferme
01:03:41totalement désinfectée
01:03:43la vie reprend
01:03:44doucement
01:03:45mais sûrement
01:03:46c'est une bonne nouvelle
01:03:46vous avez beaucoup ému
01:03:47Nicolas
01:03:48dans chaque voie compte
01:03:49c'était l'émission
01:03:49consacrée aux agriculteurs
01:03:50merci Marco
01:03:51je suis étonnée
01:03:52que vous n'ayez pas fêté
01:03:53un anniversaire aujourd'hui
01:03:54c'est l'anniversaire
01:03:54de Gabriel Zuckman
01:03:55alors on verra
01:03:56si demain
01:03:57c'est sa fête
01:03:57à l'Assemblée Nationale
01:03:58mais en tout cas
01:03:59il a fêté ses 39 ans
01:04:00aujourd'hui
01:04:01je vous remercie
01:04:03d'avoir été là
01:04:03tous les trois
01:04:04ce soir
01:04:04sur le plateau
01:04:05de chaque voie compte
01:04:06demain donc
01:04:08le débat budgétaire
01:04:09qui reprend
01:04:10à l'Assemblée Nationale
01:04:10ce sera à vivre en direct
01:04:12dès 9h
01:04:13chaque voie compte
01:04:14exceptionnellement
01:04:15à 20h
01:04:16demain soir
01:04:16pour une édition spéciale
01:04:19cette émission
01:04:19est rediffusée
01:04:20tout à l'heure
01:04:20à 23h30
01:04:21on vous souhaite
01:04:21de passer
01:04:22une excellente soirée
01:04:23sur LCP
01:04:24dans un instant
01:04:24vous avez évidemment
01:04:26rendez-vous
01:04:26avec des badocs
01:04:27et avec Jean-Pierre Gracien
01:04:28à demain
01:04:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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