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  • il y a 3 mois

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00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls, les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55« Que ceci soit bien clair entre nous ! » dit Lawson.
01:05« Vous pouvez me dire toute la vérité ou ne rien dire, mais ne me racontez pas de mensonges.
01:11Cela un fou ment à son avocat. Vous me suivez, Bradley ? »
01:16« Oui, oui, je sais tout ça. Et je n'ai pas l'intention de vous mener en bateau, maître. »
01:22Bradley passe sa langue sur ses lèvres et jette un coup d'œil de l'autre côté de la pièce.
01:28Le gardien est près de la porte. En principe, il ne devrait rien entendre.
01:34« Eh bien, je vous écoute, Bradley ! » dit Lawson en se carent de son mieux sur la vieille chaise bancale.
01:42« Eh bien, voilà ! » commence Bradley.
01:47« Il y a un peu plus de deux ans, comme vous le savez, Paul Gresson et moi, nous avons cambriolé la Second National Bank.
01:58De la belle ouvrage ! »
02:00« Tout a marché comme sur des roulettes. On avait volé une limousine noire pour fuir au Mexique et c'est Paul qui conduisait. »
02:08Et tout à coup, on a entendu se rapprocher le bruit des sirènes.
02:13Alors j'ai foncé trois rues plus loin, là où était garée ma voiture une décapotable rouge,
02:18et j'ai dit à Paul « Changement de programme, fiston ! Tu gardes cette bagnole et moi je te suis avec la mienne ! »
02:23« Comme ils recherchent deux types à bord d'une limousine noire, ça limitera les risques. »
02:29Nous redémarrons donc en vitesse et filons vers la frontière. Jusque-là, pas de problème.
02:34C'est après que les choses se gâtent.
02:37Au poste de Tijuana, le douanier mexicain fait signe à Paul de passer seulement moi,
02:43et il me demande de m'arrêter et de descendre.
02:47J'ai juste le temps de voir Paul ralentir, regarder en arrière,
02:50puis finalement accélérer avant de disparaître à l'horizon.
02:54En fait, le douanier voulait juste me faire remplir un questionnaire de routine,
02:58mais j'ai pu reprendre la route quelques minutes plus tard.
03:01Seulement, je ne voyais plus Paul nulle part.
03:05Il faut vous dire, maître, que Paul et moi n'avions rien prévu
03:11pour le cas où nous serions obligés de nous séparer.
03:14À un moment, je reste là à me demander quoi faire,
03:17et puis je décide d'attendre en me disant que Paul finira sûrement par rebrousser chemin.
03:22Mais rien.
03:25Toujours rien.
03:26Alors je mets la radio en marche et deux minutes après,
03:29j'entends un bulletin d'information qui parle d'un braquage de 750 000 dollars
03:33à la Second National Bank.
03:35Je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment-là,
03:37je suis sûr que Paul m'a semé en emportant le magot.
03:42Vous comprenez, maître, c'était la première fois qu'on faisait un gros coup ensemble.
03:45Avant, on se limitait aux stations-services et aux supermarchés.
03:50Mais une banque...
03:53Enfin, bref, je reste là des heures à regarder passer les voitures,
03:57alors que j'aurais dû être dans un palace mexicain
03:59en train de boire du champagne ou des margaritas avec de jeunes señoritas.
04:04Et je suis en plein rêve quand je vois approcher la limousine noire.
04:10Seulement, en même temps, je vois deux policiers se joindre au douanier
04:13qui contrôlent le passage des voitures.
04:14L'un d'eux ouvre brutalement la portière côté conducteur
04:17et l'autre sort Paul de la voiture en l'attrapant méchamment par le col de son blouson.
04:22Comprenez-moi bien, maître, je ne suis pas un lâche,
04:26mais quand j'ai vu le sale tour que prenaient les événements,
04:29j'ai pensé que ça ne servirait vraiment à rien,
04:31que je m'attarde dans les parages.
04:33Qu'est-ce que j'aurais pu faire pour Paul, hein ?
04:35Qu'est-ce que j'aurais pu faire ?
04:38De toute façon, l'argent était perdu,
04:40et si je m'étais fait pincer moi aussi,
04:43Paul n'aurait pas été plus avancé.
04:46Donc, je passe la nuit dans un hôtel isolé, assez miteux,
04:50et le lendemain matin, je me précipite dehors
04:52pour acheter les journaux américains.
04:55Et alors, là, je ne vous dis pas ma surprise.
04:59La police est toujours à la recherche des deux gangsters inconnus
05:02qui ont dévalisé la Second National Bank.
05:05Mais attendez, attendez, je ne vous ai pas encore dit le meilleur.
05:07Sur une page intérieure,
05:09je tombe sur un entrefilet de quelques lignes
05:11où on parle d'un jeune voleur de voiture
05:14nommé Paul Gresson, arrêté à la frontière mexicaine.
05:18Bon, ça, à la limite, je peux le comprendre.
05:22Le propriétaire de la limousine a dû faire une déclaration de vol.
05:25Mais où était l'argent ?
05:28Si la police l'avait retrouvé dans la voiture,
05:30les journaux l'auraient mentionné.
05:32Qu'est-ce que Paul avait bien pu en faire ?
05:37Lawson a théoré en son client pour la première fois.
05:40Vous n'avez pas trouvé étrange à ce moment-là
05:42que Paul Gresson ait mis plusieurs heures
05:45pour regagner le poste frontière ?
05:49Ben non, pas vraiment.
05:51Vous savez, Paul était jeune, tout juste 22 ans,
05:55et une vraie tête brûlée avec ça.
05:57Quand on montait un coup, c'était moins le cerveau.
05:59Paul était un parfait exécutant,
06:01mais il n'avait pas pour deux sous de cervelle.
06:04Sans directive précise, il était parfaitement capable
06:07de rouler pendant des heures avant de penser à gagner le poste de douane.
06:11Bref, comme vous le savez, Paul en a pris pour deux ans,
06:14et croyez-moi, ces deux années ont été aussi sacrément dures pour moi.
06:19Pas question de faire quoi que ce soit d'illégal pendant tout ce temps.
06:23Je ne voulais pas prendre de risque de me retrouver à mon tour en prison,
06:27car pour rien au monde, je n'aurais manqué l'heure du grand règlement de compte.
06:32Alors j'ai vendu ma voiture, et plus tard,
06:34quand je me suis retrouvé complètement à sec,
06:36j'ai pris un emploi de cuisinier dans un snack-bar.
06:41Vous vous rendez compte, maître ?
06:43Moi qui n'avais jamais travaillé de ma vie.
06:47Il n'y a vraiment pas de quoi s'en vanter, observe Lawson.
06:52Mais venez-en aux fêtes, Bradley.
06:54Qu'est-ce qui s'est passé quand Paul a été libéré ?
06:58Qu'est-ce que vous croyez ?
07:00Je suis allé l'attendre à la sortie dans une voiture louée
07:02avec de l'argent honnêtement gagné,
07:05et j'avais bien l'intention d'obtenir de Paul une explication qui se tienne.
07:09Et vous l'avez eue ?
07:12Bah, à vous d'en juger, maître.
07:15Voilà ce que m'a dit Paul.
07:17Quand j'ai vu qu'on t'avait arrêté, j'ai cru que tu t'étais fait pincer.
07:20J'ai pensé qu'il fallait que je cache l'argent pour le cas où on m'arrêterait aussi.
07:24C'est pour ça que je suis descendu vers le sud jusqu'à la tombée de la nuit.
07:27J'ai quitté le littoral et je me suis dirigé vers l'intérieur des terres,
07:30en suivant une saleté de route qui débouchait sur un cimetière.
07:34Dans ce cimetière, j'ai creusé un trou profond et j'ai mis le sac dedans.
07:38« Donc, à ce moment-là, » dit Lawson,
07:43« à ce moment-là, vous ne doutiez plus de la loyauté de votre complice ? »
07:49« Ben, non. Après tout, c'était plausible comme explication. »
07:55« Vous ne trouvez pas ? »
07:56« Si, si. Poursuivez, Bradley. »
08:03Il y a deux ans, Bradley et son complice Gresson ont dévalisé une banque
08:13avant de prendre la fuite pour le Mexique, chacun dans une voiture.
08:18Mais Gresson a été arrêté à la frontière,
08:21non sans avoir eu le temps, prétend-il, de cacher le butin.
08:26Deux ans plus tard, c'est Bradley qui se retrouve en prison
08:29et qui fait à son avocat, Maître Lawson, le récit des faits.
08:37Bradley s'affaisse un peu plus sur son banc
08:39comme sous le poids d'un passé trop lourd à porter.
08:44« À ce moment-là, » reprend-il,
08:47« je ne doutais pas que Paul me disait la vérité.
08:50Alors, bien sûr, je commence par lui demander
08:53s'il était sûr de pouvoir retrouver l'endroit. »
08:55« Oh, pour ça, oui ! » me dit-il.
08:59« Il y a une drôle de grille, énorme, juste devant,
09:01et l'endroit était presque neuf.
09:03On n'avait même pas encore mis de clôture autour.
09:05Sur les côtés et derrière, il y avait des poteaux tout neufs,
09:09eux aussi, plantés dans le sol mou pour marquer les limites. »
09:13Alors, nous faisons route vers la frontière et descendons vers le sud.
09:17On roule pendant un sacré bout de temps.
09:20Bientôt, je commence à m'inquiéter,
09:21et Paul n'a pas l'air très à l'aise non plus.
09:23Il devient de plus en plus nerveux.
09:27À un moment donné, il me dit,
09:28« Ralentis ! Je ne suis pas très sûr.
09:31C'est drôle, je n'arrive pas à reconnaître la route.
09:34Pour moi, elles se ressemblent toutes,
09:35alors il va falloir toutes les essayer avant de trouver la bonne. »
09:40Et moi aussi, je commence à m'énerver.
09:42« Enfin, Paul !
09:44Tu te rappelles quand même combien de temps
09:45tu as roulé sur cette route secondaire
09:47avant d'arriver au cimetière ? »
09:49« Ben, je ne sais pas, moi.
09:51Pas plus de trois ou quatre kilomètres, je crois.
09:54Mais on ferait bien de prendre plusieurs de ces routes
09:56pour être sûrs de notre coup. »
09:59Après,
10:01notre virée tourne carrément au cauchemar.
10:06Trois jours et trente routes secondaires plus tard,
10:09on n'a toujours pas retrouvé le cimetière.
10:11On était fatigués,
10:13les yeux rouges,
10:14pleins de coups de soleil
10:15et complètement à bout de nerf.
10:18En plus, la voiture avait un ressort cassé
10:20et elle était recouverte d'une vilaine couche
10:22de poussière jaune toute gluante.
10:27Le soir du troisième jour,
10:28quand on s'est retrouvés dans notre chambre minable
10:30de ce motel minable près de Tifrona,
10:33j'ai dit à Paul,
10:35« Tu sais, fiston,
10:36j'ai nettement l'impression
10:39que t'es en train de me raconter un tas de bobards.
10:42S'il y a un cimetière où tu dis,
10:44comment ça se fait qu'on ne l'ait pas encore trouvé ? »
10:48« Mais j'en sais rien, Bradley.
10:50J'en sais pas plus que toi.
10:52C'est une histoire de fou.
10:53À moins que... »
10:55« À moins que quoi ? »
10:58« À moins que la route que j'ai prise
11:00ne soit plus utilisée.
11:02On en a peut-être construit une autre entre-temps et... »
11:04« En tout cas, le cimetière, lui,
11:05n'a pas pu changer de place.
11:07Il faut continuer à chercher, Bradley.
11:08C'est forcément tout près d'ici.
11:10Il faut persévérer, mon vieux. »
11:13« Hein ? »
11:15« Tu veux dire qu'on va remettre ça ? »
11:18« Mais regarde la voiture.
11:19Elle ne pourra jamais tenir une journée de plus. »
11:22« D'ailleurs, dans l'état où elle est,
11:23ils vont faire une drôle de tête
11:24à l'agence de location quand ils la verront. »
11:26« Mais enfin, voyons, Bradley.
11:28On ne peut pas abandonner si près du but. »
11:29« Tiens, tiens, j'ai une idée.
11:31Il y a un petit aéroport un peu plus loin.
11:34Peut-être qu'on peut louer un avion
11:35et survoler les environs.
11:37En quelques heures,
11:37on trouvera sûrement ce qu'on cherche. »
11:42L'histoire paraît maintenant
11:43tellement rocambolesque à Lawson
11:45que pour un peu,
11:47il éclaterait de rire.
11:49C'est pourtant avec le plus grand sérieux
11:50qu'il demande.
11:52« Et vous l'avez fait ?
11:54Vous avez vraiment loué un avion ? »
11:59« Oui, maître.
12:01Et croyez-moi, si vous voulez,
12:03j'ai été assez bête pour dépenser
12:05mes derniers dollars
12:05pour la location d'un vieux coucou.
12:09On a survolé le camp pendant deux heures,
12:10mais le résultat a été exactement le même.
12:13« Je n'aime pas la moindre trace de cimetière. »
12:17« Je ne comprends pas.
12:18Je ne comprends pas ! »
12:20répétait sans cesse Paul.
12:22« Je me souviens du cimetière
12:23comme si c'était hier.
12:25Je vois encore l'endroit
12:26où j'ai creusé le trou
12:26à quelques mètres seulement
12:28d'une petite tombe en marbre blanc
12:29avec un nom écrit dessus.
12:31« Pélone Hernández. »
12:35Alors ça, c'est la goutte d'eau
12:37qui fait déborder le vase,
12:38comme on dit, maître.
12:41Je suis tellement furieux
12:42à ce moment-là
12:43que je secoue Paul comme un prunier
12:45et que je me mets à hurler
12:46« Écoute-moi bien, petit gars !
12:48Je ne crois pas
12:49qu'il y ait un cimetière quelconque
12:50dans le coin,
12:51mais je vais quand même
12:52en avoir le cœur net ! »
12:55Là-dessus, je sors
12:56en claquant la porte
12:57et je descends au bureau du motel.
13:00« Buenas tardes, señor. »
13:01me dit le gérant.
13:03« Y a peu vous chéter ? »
13:04« Ben oui, alors.
13:06Voilà, j'ai un petit problème.
13:07Un ami m'a demandé
13:09d'aller fleurir une tombe familiale
13:11quand il a su que je venais par ici.
13:13Je cherche un cimetière
13:14avec une grande grille en fer
13:16et des tombes toutes blanches.
13:19Le parent de mon ami
13:20s'appelait Pélone Hernández. »
13:25La réaction du gérant
13:26ne me surprend pas vraiment.
13:28Il se renverse dans son fauteuil
13:30et part d'un formidable éclaterie.
13:34« Ha ha ha ha ! »
13:36« Alors, là, seigneur,
13:37on peut dire que votre ami
13:38il est un sacré farceur. »
13:40« Nous n'avons pas de cimetière
13:41comme ça dans toute la Basse Californie.
13:43Les gens sont bientôt pauvres
13:45par ici pour avoir des portes
13:46de fer et des tombes en marbre.
13:48Vous vous rendez compte ?
13:49Une tombe comme ça,
13:50ça coûterait plus qu'un ouvrier
13:51gagne en une année.
13:53Et Pélone,
13:53ça n'est vraiment pas un nom
13:55pour une pierre tombale.
13:56C'est un surnom.
13:57« Non, ça veut dire crâne rassée. »
14:01Lawson se penche en avant et pose les mains sur la table qu'il sépare de Bradley.
14:07« Alors c'est pour ça que vous avez tué Paul Grayson ? »
14:12« Oui, » dit Bradley d'un air accablé.
14:18« Après, on est retourné aux États-Unis et j'ai encore essayé de lui faire reconnaître qu'il avait menti, mais il ne voulait pas. Il ne voulait pas. »
14:27« Alors quand j'ai compris qu'il ne partagerait jamais le magot avec moi, j'ai vu rouge et je l'ai étranglé. »
14:37Lawson se caresse pensivement le menton puis demande « Mais pourquoi avez-vous cru le gérant du motel plutôt que votre copain ? »
14:47« Baste question, maître. Parce que le gars du motel n'avait aucune raison de me mentir, alors que Paul, lui, il en avait une très bonne. »
14:57« C'était peut-être une question de point de vue, » dit Lawson.
15:03« Une simple question de point de vue. »
15:07« Vous ne vous êtes jamais dit que les deux pouvaient avoir dit la vérité ? »
15:14Bradley regarde son avocat une seconde d'un air ahuré.
15:18« À quelle idée ? Bien sûr que non, maître. C'est impossible, voyons. »
15:25Lawson recule sa chaise et se lève.
15:28« Écoutez-moi bien, mon petit Bradley. Je n'ai pas l'habitude de prendre une affaire par charité, mais ici, je ferai une exception.
15:37Je ferai tout ce qu'il me sera possible de faire, mais ne vous attendez pas à des miracles.
15:42Disons que l'histoire que vous m'avez racontée me tiendra lieu d'un horaire.
15:47« Ça vous va ? »
15:50« Ça me va, maître. Ça me va, » dit Bradley.
15:57Et il se dirige vers le gardien.
16:01Une fois hors de l'enceinte de la prison, maître Lawson se dirige vers la cabine téléphonique la plus proche.
16:06Quand il a sa secrétaire au bout du fil, il lui dit
16:10« Norma, appelez la Second National Bank et voyez s'ils offrent toujours une récompense
16:15à celui qui rapportera le butin du Haldab d'il y a deux ans.
16:19Ensuite, téléphonez au studio de cinéma et de télévision du secteur
16:23et trouvez-moi celui qui a tourné un film dans les environs de Tijuana il y a deux ans.
16:28Et surtout, l'emplacement exact qui a été utilisé pour reconstituer un cimetière.
16:36Vous venez d'écouter « Au cœur du crime », un podcast issu des archives d'Europe 1.
16:46Réalisation, Julien Tarot.
16:49Production, Estelle Laffont.
16:51Patrimoine sonore, Sylvaine Denis, Laetitia Casanova et Antoine Reclut.
16:58« Au cœur du crime » est disponible sur le site et l'appli Europe 1.
17:02Écoutez aussi l'épisode suivant en vous abonnant gratuitement sur votre plateforme d'écoute.
17:07– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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