00:00Question de la taxe Zuckmann.
00:01Une taxe Zuckmann ?
00:02Sur la prétendue taxe Zuckmann-là.
00:03La taxe à trous, là ?
00:04La taxe Zuckmann.
00:05C'est le sujet qui revient en boucle cette semaine.
00:08L'Assemblée nationale va-t-elle se mettre d'accord
00:11pour adopter la taxe Zuckmann dans le budget de l'État en 2026 ?
00:15Depuis un an, la gauche promet, si elle revient au pouvoir,
00:19de s'inspirer des travaux de l'économiste Gabriel Zuckmann
00:22pour mettre à contribution les ultra-riches.
00:25Une forme de Zuckmannia qui a redoublé avec la crise politique de septembre.
00:30Résultat, après avoir négocié la non-censure de Sébastien Lecornu
00:36en échange de la suspension de la réforme des retraites,
00:39le Parti socialiste en veut un peu plus.
00:42Sauf que le PS le sait, la Macronie est particulièrement hostile à la taxe Zuckmann.
00:47Résultat, les Roses ont donc proposé une version allégée dans un amendement.
00:51Un texte qui reprend dans les grandes lignes ce que propose Gabriel Zuckmann,
00:56mais dans les grandes lignes seulement.
00:58On vous explique pourquoi.
00:59Tout d'abord, la taxe Zuckmann, c'est quoi ?
01:01C'est un impôt qui s'adresse à ceux dont le patrimoine dépasse les 100 millions d'euros.
01:06L'idée, c'est de s'assurer que ce patrimoine est imposé au moins à hauteur de 2%.
01:11C'est pour ça qu'on parle d'impôt différentiel.
01:15L'idée, c'est de payer la différence.
01:17Selon Gabriel Zuckmann, cette taxe permettrait de rapporter entre 15 et 20 milliards d'euros.
01:22Surtout, ce que propose l'économiste, c'est de prendre en compte dans l'assiette fiscale absolument tout, y compris les biens professionnels.
01:30Or, c'est ce dernier point qui crispe particulièrement, parce que les biens professionnels, ça veut dire les holdings, mais aussi les actions dans d'autres entreprises.
01:38Pour la Macronie et la droite, pas question d'y toucher.
01:42Nous pouvons travailler sur beaucoup de dispositifs, mais avec une ligne, pas une ligne rouge, qui est une ligne de cohérence.
01:49Nous voulons protéger à tout prix les entreprises, les entrepreneurs, l'investissement et ce qu'on appelle les biens professionnels.
01:56Histoire d'amadouer l'exécutif avec qui il négocie, le Parti socialiste a donc proposé une version light ou allégée de la taxe Zuckmann.
02:04Cette fois, ce sont les patrimoines de plus de 10 millions d'euros qui sont visés.
02:07L'idée, c'est toujours de s'assurer d'un impôt différentiel, mais cette fois à 3%.
02:12Le gain estimé sont situés aux alentours de 7 milliards d'euros.
02:16La différence se trouve surtout dans l'assiette fiscale.
02:19Les socialistes intègrent effectivement les biens professionnels, mais avec deux exceptions.
02:25Tout d'abord les entreprises innovantes, comme Mistral, qui valent souvent beaucoup, mais ont peu de trésorerie, et les entreprises familiales.
02:32Ce sont précisément ces deux exceptions qui font bondir le reste de la gauche.
02:36LFI parle de taxe Zuckmann homéopathique et les écologistes de taxe Zuckmann atroux.
02:43L'économiste le martèle lui aussi d'ailleurs, il ne faut aucune exonération.
02:47Dès qu'on introduit des exonérations, c'est ça ce que cette expérience montre, c'est qu'on lance la machine à optimisation.
02:55C'est pour ça que moi, ce que j'ai proposé, c'est par rapport à ce qu'on avait pu faire au moment de l'ISF, qui commençait à 1 million,
03:00de prendre le contre-pied de ça, de commencer beaucoup plus haut, à 100 millions,
03:03mais en échange de dire, si vous êtes immensément riche comme ça, vous n'avez pas besoin de la moindre exonération ou niche fiscale.
03:10Vous allez devoir entrer de plein pied dans le champ de la solidarité nationale, sans échappatoire possible.
03:16Et c'est ça qui égage d'efficacité, de rendement budgétaire et de justice.
03:21Pour la droite, la Macronie et même le Rassemblement national,
03:25la version allégée proposée par le Parti socialiste va en revanche encore trop loin.
03:29Sous-titrage Société Radio-Canada