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00:0113h et bientôt 14 minutes, vous écoutez ici Ma France, notre invité du jour, a appris sa nomination en tant que ministre de la Ruralité devant sa télévision le dimanche 12 octobre au soir.
00:14Bonjour Monsieur le Ministre Michel Fournier.
00:17Oui, bonjour.
00:18Merci d'être avec nous, ce que je raconte.
00:20Bon, ça a fait buzz comme on dit sur les réseaux sociaux, c'est vrai ? Vous avez appris ça devant votre télé ?
00:24Ben oui, c'est vrai.
00:25Racontez-nous.
00:25Ben tout simplement, alors l'annonce c'est une finalité, c'est-à-dire qu'il y avait eu des entretiens auparavant.
00:34Vous avez quand même rencontré Sébastien Lecornu avant.
00:37Non, je ne l'ai pas rencontré, mais je l'ai eu, on a échangé.
00:39D'accord.
00:40J'ai échangé également avec Françoise Gattel et voilà, et avec le directeur de cabinet du Premier Ministre, d'accord ?
00:49Donc devant votre télé vous n'étiez pas complètement surpris quand même ?
00:51Il n'y avait pas, comment dirais-je, d'officialisation en tant que tel.
00:59Donc moi je suis quelqu'un de très prudent, on est venu me chercher, j'ai réfléchi, j'ai accepté et de pouvoir éventuellement participer à un gouvernement à condition que la ruralité soit clairement identifiée.
01:14C'était ma seule condition et que ma personnalité soit respectée en tant que telle, ainsi que ma liberté.
01:22On va s'intéresser à votre personnalité, oui.
01:25Et donc en fonction de ça, voilà, et puis après, les choses se font ou ne se font pas.
01:29Il me semble que je me suis rendu compte à un moment donné qu'il y a beaucoup de gens qui pensaient un jour être Premier Ministre et qui l'ont appris la dernière minute qu'ils ne l'étaient plus.
01:38C'est mieux dans ce sens-là.
01:39C'est mieux dans ce sens-là, voilà, c'est tout.
01:41La manière dont vous apprenez votre nomination à Michel Fournier est certes surprenante, mais au-delà de cette anecdote, le choix de Sébastien Lecornu, lui, est moins surprenant.
01:51La ruralité, c'est votre domaine. Vous avez été maire du village des Voivres, c'est ça, dans les Vosges ?
01:56Je suis toujours maire.
01:57Toujours, près d'Épinal, depuis 32 ans ?
02:00Oui, peut-être, 89.
02:01C'est ça, ça doit être ça.
02:03Et puis, président de l'Association des maires ruraux de France.
02:07Donc, ancré dans la ruralité, dans votre territoire, comment vous vous sentez depuis le 12 octobre, dans le costume de ministre Michel Fournier ?
02:15Vous vous sentez bien ? Ça se passe comment ?
02:18Premièrement, je suis toujours Michel Fournier.
02:21Je resterai Michel Fournier.
02:23C'est pour ça qu'on vous a choisi, vous pensez ?
02:25Je pense que c'est aussi pour cela qu'on m'a choisi, parce que je suis quelqu'un qui est, alors c'est facile de dire, du terrain.
02:33C'est exactement quelqu'un qui vit la ruralité.
02:38Je n'ai jamais fait campagne, moi. Je vis la campagne. Je suis campagne.
02:42Donc, je crois qu'à un moment donné, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a senti qu'il était nécessaire, peut-être, d'avoir aussi des personnes qui ont ce profil, en fait, de vivre les choses au quotidien d'une façon simple et surtout efficace.
03:01Dans le climat actuel, des ministres experts plutôt que des ministres politiques, c'est important, experts de leur domaine, de leur...
03:09Vous savez, il faut toujours trouver des équilibres.
03:12Il y a des personnalités qui ont nécessairement des avenirs politiques importants.
03:17Et il y a d'autres personnalités qui ont des avenirs de faisabilité importante, du bien-être de notre pays.
03:24Et ce que vous avez fait, donc, pour votre village, que vous continuez de faire au Voivre, c'était combat quotidien pour ouvrir une école, pour attirer des entreprises.
03:35Est-ce que ce que vous faites à l'échelle d'un village, c'est transposable à l'échelle d'un pays ?
03:43La ruralité, ce que je veux prouver, c'est que la ruralité est innovante.
03:48Et que pour le démontrer, il faut des expériences.
03:53On a créé aussi le laboratoire de la ruralité dans le département.
03:57Donc, toutes ces initiatives-là, c'est pour, finalement, que l'on comprenne qu'il faut un peu sortir des habitudes.
04:07Il ne faut pas avoir de conservatisme.
04:10Il faut imaginer, innover.
04:11Et il y a plein de maires dans les ruralités qui innovent.
04:15Et moi, c'est ce qui est...
04:17Si je suis aujourd'hui, c'est parce que j'ai un passé.
04:20Vous avez fait venir, notamment, une entreprise, une start-up, chez vous, dans votre village,
04:24qui fait des lunettes en bois, Made in France, c'est ça ?
04:26Oui, c'est ça, oui.
04:27Inbo ?
04:27Oui, Inbo, oui.
04:29Parce qu'on a créé une coureuse d'entreprise,
04:31mais dans le cadre d'une petite intercommunalité qui existait sur le territoire dont j'étais président.
04:37Mais, malgré tout, j'ai créé, nous avons créé au niveau de la commune, un centre d'éducation à l'environnement.
04:44Imaginez, en 1994, l'objet social de ce centre d'éducation à l'environnement.
04:50L'eau et la citoyenneté, 1994.
04:53On a réalisé aussi beaucoup d'actions sur la réhabilitation du bâti en milieu rural.
04:58Aujourd'hui, j'ai encore une vingtaine de logements communaux pour 300 habitants.
05:03Et beaucoup de maisons, j'ai dû acheter en tant que commune, peut-être, je ne sais pas, une 25-30 enveloppes.
05:1030 maisons. Et on a fait des systèmes de location-vente.
05:14Vous avez rénové des vieux corps de ferme.
05:15Oui, en mettant cela à disposition et en permettant l'acquisition de la propriété
05:20à des gens qui n'auraient jamais eu un prêt, qui étaient dans difficulté sociale, etc.
05:25Donc, on va évoquer, vous parliez de l'eau à l'instant, c'est intéressant, Michel Fournier.
05:29Parce qu'il y a un dossier quand même épineux, on va dire, qui est sur la table de ministre.
05:33C'est la colère agricole.
05:34Ce week-end, les jeunes agriculteurs veulent bloquer les autoroutes près d'Orléans.
05:39Les jeunes agriculteurs qui s'inquiètent de l'adoption d'études,
05:43qui entendent fixer des règles justement dans la gestion de leurs ressources d'eau.
05:49Quelle réponse vous pouvez leur apporter à ces agriculteurs qui s'inquiètent pour l'irrigation de leurs terres ?
05:54– C'est une question centrale ?
05:56– Je vais répondre en deux temps.
06:01La question, au départ, si j'ai bien compris, c'est un problème local, qui doit se régler localement.
06:10Mais l'enjeu, il est énorme.
06:12Il est national, c'est l'eau.
06:14Et la ressource eau, eh bien voilà, vous me tendez une perche formidable !
06:19Parce que cette ressource en eau, elle est où ?
06:21Elle est dans nos ruralités, au bénéfice de tout le monde.
06:25Mais c'est comme la forêt, c'est comme la terre, c'est comme l'alimentation.
06:29Donc nous, aujourd'hui, qu'est-ce que l'on dit ?
06:31On dit que si nous sommes la réponse pour les ressources naturelles, le besoin de tout un chacun,
06:37il faut qu'il y ait une reconnaissance de cette valorisation de nos ressources au niveau national.
06:42– Et pour se faire entendre, le fait de bloquer les autoroutes ?
06:44– Comment vous allez gérer ça ?
06:47– Non, mais c'est un peu l'habitude de certaines catégories professionnelles,
06:51parce qu'ils veulent se faire entendre.
06:53Mais je trouve que…
06:54– Mais vous la cautionnez, cette habitude ?
06:56– C'est pas long le mot cautionner.
06:58– Vous la comprenez ?
06:59– Je peux la comprendre, mais je peux aussi comprendre
07:02qu'il y a peut-être d'autres façons de régler les situations
07:04que de toujours vouloir être conflictuel.
07:07– Il faut se parler.
07:08On est dans un pays où les gens ont du mal.
07:10Chez nous, on dit se causer.
07:12Eh bien, il faut déjà se causer.
07:14Et puis après, les choses s'arrangent au fur et à mesure de ce qui est l'objet du grief.
07:22– Il faut se causer aussi entre groupes politiques.
07:25Vous n'êtes pas sans savoir qu'on traverse quand même une crise politique sans précédent,
07:31une instabilité ambiante, difficile de faire des choses sans budget.
07:36Je vous propose d'écouter Cécile Gallien, que vous connaissez peut-être,
07:41maire de Vauré-sur-Arzon, en Haute-Loire, vice-présidente de l'Association des maires de France.
07:47Et elle nous interpelle sur la nécessité de trouver un budget.
07:50– Si on n'a pas de dotation globale de fonctionnement,
07:53si on ne peut plus piller les gendarmes, les enseignants, etc.
07:56Enfin, il faut que les parlementaires, une fois pour toutes,
08:00se mettent à table, s'écoutent et arrivent à trouver un compromis
08:04pour qu'on ait un budget pour la nation.
08:05On a un contrat social en France.
08:08Nous, on demande, qu'est-ce qu'on demande les maires ruraux ?
08:10Une vie apaisée, une vie, on va dire, où liberté, égalité, fraternité soit une réalité.
08:19On fait tout pour que ce le soit.
08:21Donc il faut quand même qu'au niveau national, on puisse avoir un budget.
08:25Un budget, évidemment.
08:26Il faut aussi que ceux qui peuvent faire des efforts financiers en fassent.
08:30Parce que quand on est aussi endetté, moi j'ai désendetté la commune,
08:33on a divisé par trois la dette en l'espace de trois mandats,
08:36sans augmenter les impôts.
08:37Donc voilà, c'est aussi expliqué...
08:40– Vous pouvez donner des cours à l'État, c'est ce que vous voulez expliquer aussi.
08:41– C'est difficile à faire, mais c'est possible à faire.
08:45Voilà, à condition que tout le monde comprenne et que tout le monde fasse des efforts.
08:49– Voilà, c'était Cécile Gallien au micro de Wendy Bouchard dans Ma France,
08:52au Congrès des maires ruraux de France.
08:55Vous lui répondez quoi aujourd'hui ?
08:57– Premièrement, je partage ce qu'elle vient de dire.
08:59Parce qu'effectivement, dans nos collectivités, à nous,
09:02quand on est maire, on discute, on fait de l'échange, on fait des compromis.
09:13Jamais personne n'est d'accord à 100% sur un projet, sur une initiative, etc.
09:18Et tout cela fait que chacun, au bout d'un moment,
09:21pour faire fonctionner la collectivité,
09:23se met d'accord pour...
09:26pas au minimum, au maximum de l'intérêt.
09:30Mais on est dans un pays où aujourd'hui, plus personne ne veut discuter ensemble.
09:35Ça veut dire que si on parle de compromis,
09:37aujourd'hui on parle de compromis,
09:38mais j'ai la sensation que certains, pour eux,
09:41le compromis c'est je ne dois faire passer que mes idées,
09:45mais je ne dois pas m'occuper des idées autres.
09:46Mais personne ne parle, surtout les parlementaires.
09:48Je parle des parlementaires, là, je vois les difficultés.
09:51Les gens venus du terrain discutent.
09:53On reste figés sur des positions,
09:55parce qu'on est parlementaires au niveau national.
09:56C'est désolant comme spectacle ?
09:58Ah ben ça ne nous convient pas, hein.
10:00Parce que nous, on sait qu'on est aujourd'hui, dans les communes,
10:04peut-être l'instance la plus importante pour assurer une stabilité du pays.
10:12Alors qu'on a l'obligation, un pays,
10:15ce n'est pas une succession ou une addition de collectivités.
10:19Un pays, ça reste un pays.
10:20Et donc, les personnes qui sont à la tête,
10:24et maintenant j'en suis à la tête de cette responsabilité-là,
10:28doivent faire en sorte que l'on puisse comprendre,
10:32s'écouter et dialoguer.
10:34Et donc, Cécile, c'est exactement ce qu'elle souhaite.
10:37Michel Fournier, je voulais revenir à cette inscription aussi
10:40que vous avez inscrite sur le fronton de votre mairie.
10:43J'ai lu ça, vous allez me dire si c'est vrai.
10:45À jamais libre et non incorporable.
10:47Alors, qu'est-ce que ça veut dire non incorporable, justement ?
10:51Ça veut dire que je n'ai pas une culture partisane.
10:54Et l'association des maires ruraux de France que j'ai représentée,
10:58il n'y a pas très longtemps...
10:59Donc, vous n'êtes pas macroniste.
11:01Comment ?
11:01Vous n'êtes pas macroniste.
11:03Je suis indépendant.
11:05Je suis indépendant.
11:07Et cette indépendance-là, elle est connue,
11:09elle est respectée.
11:11Et les conditions sur lesquelles aussi je suis,
11:15j'ai accepté ce ministère,
11:17c'est aussi, et ça a été très bien accepté éventuellement
11:20si j'avais été choisi, ce qui est le cas,
11:25c'est que je puisse conserver une indépendance
11:28par rapport à cela,
11:30tout en exerçant une loyauté.
11:33Parce que dans la vie,
11:34il faut aussi exercer une loyauté
11:36quand on est dans un groupe de responsables.
11:39Michel Fournier, il nous reste une minute.
11:41J'aimerais évoquer avec vous une autre de vos priorités,
11:44la lutte contre les déserts médicaux.
11:46Sébastien Lecornu a fait une promesse,
11:48une offre de soins à 30 minutes maximum
11:50de chaque Français,
11:52rendu possible avec ce qu'on appelle
11:54les maisons France Santé.
11:55Est-ce que vous allez suivre ce dossier ?
11:57– Bien entendu, parce que je ne connais pas,
12:01et pour l'instant, les annonces seront faites
12:03par le Premier ministre, pour aller plus dans le détail.
12:06Ce qui est certain, puisque j'ai plus que 30 secondes,
12:09c'est que, tout simplement,
12:11savoir qu'en ruralité,
12:14le premier besoin de sécurité,
12:18ce n'est pas l'immigration,
12:19c'est la santé.
12:22donc nous sommes aujourd'hui confrontés
12:25à une difficulté très, très importante
12:28d'absence de réponse médicale,
12:30locale, et tout cela, c'est quelque chose
12:32sur lequel, effectivement,
12:34bien entendu, nous serons très vigilants
12:36et nous nous battrons ensemble,
12:38et je me battrai maintenant au sein de ce gouvernement.
12:40– Merci beaucoup,
12:42Monsieur le Ministre Michel Fournier,
12:43ministre de la Ruralité,
12:45d'avoir été avec nous.
12:46– Des ruralités.
12:47– Des ruralités.
12:47– Il y en a plusieurs,
12:48plusieurs territoires, plusieurs ruralités.
12:50Merci beaucoup,
12:50l'interview est à retrouver sur ICI.fr,
12:53et vous serez sûrement au Congrès des maires de France
12:55du 18-19-20 novembre,
12:56port de Versailles à Paris.
12:57Ma France se délocalisera pour l'occasion
12:59avec Wanny Bouchard, cette fois.
13:00– Sous-titrage ST' 501
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