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  • il y a 10 mois
La Rubrique Éco avec Jonathan Nenich du mardi 28 octobre 2025

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Transcription
00:00La rubrique éco en partenariat avec la semaine.
00:30Le BTP et la logistique.
00:33Jérôme, vous connaissez l'adage, quand le BTP va, tout va.
00:37Exactement.
00:38Mais aujourd'hui, la filière vacille un petit peu, c'est vrai.
00:41Il y a eu l'Assemblée Générale de la Fédération de la Moselle du BTP,
00:45qui est présidée par Pierre Schaeffer.
00:47Elle s'est tenue début octobre.
00:49Pas très loin d'ici d'ailleurs.
00:50Pas très loin d'ici, tout à fait.
00:52Et elle a mis en tout cas en lumière les difficultés de la filière.
00:55Des difficultés, est-ce qu'elles sont un petit peu amoindries du fait d'un gouvernement
00:59qui semble durer un peu plus que les précédents ?
01:02Alors là, on le saura peut-être dans le futur.
01:05Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que l'instabilité politique nationale
01:08rend les décisions d'investissement extrêmement difficiles pour les entrepreneurs.
01:14Ça, on l'a déjà dit maintes et moins de fois.
01:16Mais c'est vrai que dans le BTP, c'est une filière qui est particulièrement impactée.
01:21Pourquoi, Jérôme ?
01:22Parce que les entreprises sont positionnées sur le temps long.
01:25Or, aujourd'hui, rien ne tient.
01:28Et quand vous avez un interlocuteur à un instant T que vous n'avez plus le lendemain,
01:32c'est extrêmement compliqué.
01:34On peut prendre, pour exemple, il y a eu sept ministres du Logement
01:37sous la présidence d'Emmanuel Macron.
01:39Donc ça rend tout ça très difficile.
01:42Et avec ça, ça s'accompagne de réformes un petit peu dans tous les sens
01:46qui font que plus personne n'y comprend plus grand-chose,
01:49ni les particuliers, ni d'ailleurs les professionnels.
01:52On pense par exemple à MaPrimeRénov'.
01:55Vous savez, ce dispositif qui a été mis en place en 2020.
02:00Et donc, en cinq ans, Jérôme, il y a eu une quinzaine de réformes déjà.
02:05On peut aussi parler, bien sûr, de la crise du logement,
02:07notamment dans le neuf, où c'est toujours très compliqué.
02:10Il y a peu d'incitations fiscales pour les investisseurs.
02:15Le dispositif Pinel n'a toujours pas été remplacé, même s'il y a quand même des avancées
02:20qui vont dans le bon sens.
02:21Peut-être qu'on va voir la lumière.
02:23Mais en tout cas, tout ça rend le contexte du logement difficile.
02:27Et c'est important aussi pour le BTP qui est impacté directement.
02:31Et puis, malheureusement, les élections municipales qui arrivent dans cinq mois
02:35ajoutent une autre touche de difficulté à ces professionnels du BTP.
02:39Alors, les élections municipales, historiquement, c'est une période très compliquée,
02:44en tout cas compliquée, un petit peu malmenée pour les acteurs du BTP et des TP.
02:49On peut rappeler aussi que la commande publique représente 60% de l'activité des travaux publics.
02:54Il y a quelques semaines, à votre place, nous avions Thierry Ledriche,
02:57le président de la Fédération des TP de Lorraine,
03:00qui nous disait que, véritablement, là, il sentait un coup d'arrêt aux commandes publiques
03:04avec les élections municipales qui arrivent.
03:06Oui, et ça s'explique, Jérôme, puisque, en fait, vous avez des maires en place
03:11qui freinent des deux pieds pour lancer des grands chantiers,
03:14des grands projets de chantier, en voyant, justement, cette échéance des élections.
03:18Et ensuite, il faudra attendre à nouveau plusieurs mois
03:21pour que les nouvelles équipes en place réenclenchent la machine,
03:24sans compter que ces nouvelles équipes peuvent parfois abandonner,
03:29tout bonnement, les projets qui ont été enclenchés par leurs prédécesseurs.
03:33Alors, qu'est-ce qu'on peut dire de la situation en Moselle ?
03:36En Moselle, l'heure est grave.
03:37Il y a une recrudescence des défaillances d'entreprises de 10%,
03:41ce qui est quand même beaucoup.
03:42En solde net, qui est le nombre qui correspond aux créations de sociétés,
03:47moins les cessations d'activités,
03:49on est en recul d'une centaine d'unités.
03:52J'imagine que tout cela, malheureusement, a un impact sur l'emploi.
03:55Sur l'emploi, c'est une perte sèche d'environ 500 emplois,
03:59soit moins 3% sur un an, ce qui est beaucoup.
04:02Mais pire encore, aujourd'hui, ce dont on s'aperçoit,
04:06c'est qu'on a des dirigeants qui se retrouvent au tribunal de commerce,
04:09que ce soit à Metz, à Tourville ou à Sarguemines,
04:12et qui demandent des liquidations judiciaires directes.
04:15Avant, on avait quand même une phase qui était possible,
04:18qui s'appelle le redressement judiciaire,
04:19qui permettait au moins de trouver des solutions.
04:22Aujourd'hui, ça n'existe plus, et ça, c'est particulièrement inquiétant.
04:26Alors, c'est inquiétant, mais est-ce que dans tout cela,
04:28il y a des motifs quand même de réjouissance ?
04:32Alors, d'abord, le BTP est une filière résiliente par nature.
04:37Les entreprises ont déjà connu des crises nombreuses,
04:40et s'en sont toujours relevées.
04:41Il n'y a aucune raison pour que cette fois-ci,
04:43le BTP n'arrive pas à passer la période.
04:47Mais surtout, on peut se réjouir, en Moselle en tout cas,
04:50de la qualité de la formation avec un CFA du BTP de Montigny-les-Messes
04:56qui se porte très bien, avec une augmentation des effectifs de 8%
05:00pour porter à 1100 le nombre d'apprenants sur un an,
05:03ce qui est quand même très encourageant.
05:05On peut aussi dire que 93% des diplômés trouvent un travail
05:10directement en fin de cursus.
05:12C'est intéressant aussi parce que le BTP, mine de rien,
05:14ce sont des métiers qui sont rémunérateurs, un peu plus que d'autres CAP d'ailleurs,
05:20d'autres métiers qui sont issus de CAP.
05:23Et puis, c'est aussi un métier qui permet de faire l'ascenseur social.
05:27On peut commencer tout à fait comme apprenti et finir dirigeant d'entreprise.
05:30Et ça, ce n'est pas anodin parce que toutes les filières ne permettent pas un tel parcours.
05:34Quels sont les besoins en Moselle en matière de salariés dans le bâtiment ?
05:38Alors, on parle à peu près de 1000 emplois qui sont supplémentaires par, en tout cas, les besoins.
05:44Oui, on aurait besoin de 1000 emplois supplémentaires tous les ans.
05:47Donc, voilà une bonne nouvelle, disons, dans cet océan qui est un petit peu mouvementé.
05:52Pour rester justement dans ce mouvement des bonnes nouvelles,
05:56je le disais, deux points sur deux secteurs d'activité très différents,
05:59le BTP et l'autre, c'est la logistique.
06:01La logistique qui, elle, se porte bien.
06:03Nous y étions d'ailleurs avec la semaine lors de l'inauguration de l'Institut I2L
06:09qui a été inauguré le 30 septembre dernier.
06:11Ça montre que cette filière se porte bien.
06:13Oui, mais ça a une très belle carte à jouer.
06:16C'est vrai que cet institut d'innovation a connu sa première rentrée en tant qu'école d'ingénieurs
06:22puisqu'elle a été validée par la CTI.
06:26Donc, aujourd'hui, c'est vraiment une école d'ingénieurs.
06:29Et donc, l'I2L forme au métier de la filière,
06:31aussi bien dans la gestion des données que dans la conception de nouveaux systèmes
06:36qui viendront équiper et moderniser les entrepôts
06:38que dans la modernisation, le pilotage et la maintenance des équipements.
06:44Est-ce qu'il y a des applications concrètes de cette nouvelle logistique ?
06:49Nidal Resg, le patron de cette I2L, parle de la logistique 5.0.
06:54Alors, il y a un exemple qui est très bon, je pense, dans la région,
06:57qui est le centre de distribution d'Amazon à Ony.
07:02Je pense que vous le connaissez bien, Jérôme.
07:044 000 salariés et zéro cariste.
07:07Alors, ça, ça veut dire qu'en fait, maintenant, le groupe Amazon a besoin de compétences,
07:12vraiment, dans le digital.
07:14Il y a des enjeux de stockage qui sont absolument faramineux.
07:19Amazon, le centre de distribution à Ony, c'est 28 millions de produits stockés.
07:23Et donc, sur plusieurs étages, il faut savoir où tout se trouve.
07:27Il y a aussi des algorithmes qui permettent de calculer, par exemple,
07:31que si vous achetez un jeu de fourchette,
07:33le consommateur peut être amené à acheter aussi un jeu de couteau et un jeu de cuillère.
07:38Et donc, il faut ranger tous ces produits plus ou moins au même endroit par famille.
07:42Tout ça, bien sûr, c'est dans un but de gagner du temps.
07:45On a aussi l'exemple de Transalliance qui a carrément créé un outil d'intelligence artificielle en interne
07:53pour éviter à ses préparateurs de commande de parcourir des kilomètres.
07:58Vous savez, avant, dans les entrepôts, on avait le préparateur qui courait d'aller en aller.
08:02Tout ça, aujourd'hui, c'est fini.
08:04Donc, ça nous donne des nouveaux métiers.
08:06Ça nous donne des nouvelles compétences à avoir.
08:09Et c'est quand même formidable que ce soit à Metz que ça se passe.
08:12On peut quand même rappeler que l'I2N n'a pas vraiment d'équivalent en France.
08:16Il n'a même pas du tout d'équivalent en France.
08:18Donc, on va attirer des jeunes talents à Metz qui viendront de toute la France.
08:24Et Nidal Resgues, effectivement, vise 250 ingénieurs sur ses 5 ans de cursus à moyen terme.
08:31Un excellent signal. Merci beaucoup, Jonathan Nennich.
08:34Excellent signal pour Metz.
08:36C'est la Moselle. C'est la fin de mon job et moi.
08:39L'information continue sur Moselle TV. Bonsoir.
08:42La rubrique éco en partenariat avec la semaine.
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