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  • il y a 2 mois
Laura Smet accorde une interview exclusive à Paris Match dans laquelle elle évoque avec émotion la mémoire de son père, Johnny Hallyday. Entre souvenirs intimes, héritage artistique et regard sur sa carrière, la fille du rockeur se livre comme rarement. Un témoignage touchant sur le lien indéfectible qui unit Laura à Johnny, six ans après sa disparition.

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Transcription
00:00C'était une période magique pour moi, parce que c'était un lion à ce moment-là, il avait une force incroyable.
00:08C'est très très étrange, c'est très intime comme photo.
00:11Et en même temps, ça me fait partie de ma vie et de mon héritage.
00:15C'est deux personnes extrêmement connues, et ils ont fait ça pour avoir la paix.
00:19Moi, je suis con que l'exposition des enfants sur les magazines.
00:22Ça leur a peut-être, eux, foutu la paix, mais moi à l'école, après, je ne les ai pas eues la paix.
00:25Mais ça me fait très bizarre de me voir. Ça m'émeut et en même temps, ça me gêne, parce que c'est quelque chose d'extrêmement privé.
00:32Moi, ça m'effraie, les gens qui servent leurs enfants comme un appât ou un appât à gain, ou quelque chose de...
00:38Je trouve que c'est très malsain, que l'enfant ne s'en aperçoit pas vraiment, et que plus tard, ça peut faire des dégâts.
00:44Et vraiment, à l'école, les enfants ne se rendent pas compte de la violence qu'ils ont envers les autres, parce qu'on n'a pas le degré de ça.
00:49Moi, personnellement, à l'école, ça a été compliqué, ouais.
00:51J'avais l'impression de ne pas être comme tout le monde, j'avais l'impression d'être jugée.
00:53J'entendais des hake-coucou, des machins, des trucs qui n'étaient pas forcément très agréables.
00:58Forcément, tu t'isoles un peu plus, c'est dangereux pour un enfant.
01:01Heureusement que j'étais très bien accompagnée, j'ai toujours eu des amis d'enfance et tout.
01:05Mais il faut savoir que c'est un monde d'adultes, et c'est un monde aussi de gens qui peuvent être envieux.
01:10Il faut faire attention.
01:16Moi, ça me touche, évidemment.
01:18Surtout, c'est de voir mes parents très heureux.
01:20C'est ça aussi que j'aime.
01:21Ça devrait être dans un album de famille, et c'est dans votre journal.
01:25Mais ils étaient obligés.
01:26Je me rappelle de ma mère, elle a accouché à l'hôpital américain.
01:29Il y avait des paparazzis partout, même sur les toits et tout.
01:32Et elle avait vraiment eu peur.
01:33Et donc, ils ont fait ça vraiment pour avoir la paix.
01:36Donc, je leur ai vraiment pardonné à cause de ça.
01:38Ah, il me donnait à manger quand j'étais tout bébé dans ma petite chaise.
01:47Ce qui est marrant, c'est qu'il ouvre un peu la bouche en même temps.
01:50Ça, c'est très drôle.
01:51C'était en Creuse, dans la maison de ma mère.
01:54Il y avait quelque chose d'authentique.
01:56Tony, il savait capter la famille, il nous connaissait par cœur.
02:00Et c'était des moments complits.
02:02C'était des moments où mon père était totalement libre.
02:05Donc, cette photo, pour moi, elle m'est chère.
02:07Figurez-vous qu'il était vraiment heureux là-bas ?
02:09Est-ce qu'on lui foutait la paix pour une fois ?
02:11Oui, ça a fait bizarre de savoir Johnny Lydé en Creuse.
02:13Mais en même temps, il était vraiment très heureux.
02:17Il a rencontré des gens là-bas qu'il adorait.
02:20Il était natureux.
02:21Il n'était pas Blon Poussin.
02:22Il allait chez le boucher, tout le temps, prendre des trucs.
02:26On ne savait pas trop s'il allait revenir de chez le boucher.
02:29Parce que, voilà, c'était un vieux boucher qu'on adorait,
02:32qui s'appelait Tony, qui avait une viande incroyable.
02:34Et à chaque fois, il nous faisait ça.
02:35Et on picolait avec lui derrière.
02:37Donc, de temps en temps, ça durait un peu plus longtemps que prévu.
02:41Et voilà, c'était drôle parce qu'on ne revenait pas forcément très normal
02:47après le passage de chez Tony.
02:49Et ma mère n'arrêtait pas de dire
02:51« Ah, ça y est, il est reparti chez Tony.
02:52Qu'est-ce qui va se passer encore ? »
02:53Il était bien.
02:54Il était dans la nature.
02:56Tout le monde lui disait « Il ne va pas tenir deux semaines. »
02:57Et il voulait toujours aller là-bas parce qu'il se sentait bien là-bas.
03:01Il s'était bien trouvé, tous les deux.
03:07Il était très joyeux à cette époque-là.
03:09C'était la meilleure des périodes.
03:10Je n'ai jamais vu mon père aussi heureux qu'à cette époque-là.
03:13Donc, moi, un enfant, de toutes les façons,
03:15quand on voit ses parents heureux, ils sont heureux.
03:17Je suis passée un mois à Saint-Tropez, un mois en Creuse.
03:19Donc, c'était vraiment le noir et le blanc.
03:20Et j'arrivais à m'adapter aux deux situations très bien.
03:24C'est ma vie à essayer d'allumer des briquets.
03:26Et je me souviens que mon père me disait tout le temps
03:28« Si tu arrives à allumer un truc, je te donne une glace ou un truc comme ça. »
03:31Mais non, c'était une période magique pour moi
03:34parce que c'était un lion à ce moment-là.
03:35Il avait une force incroyable.
03:37Et il brillait, quoi.
03:38Il était incroyablement beau et lumineux.
03:41Et il était vraiment heureux dans cette maison
03:43qui me manque énormément, la Lorada.
03:45Et c'est une maison où j'ai eu les plus beaux souvenirs avec lui, quoi.
03:47Mais c'était une époque bénite pour moi
03:49parce que j'avais l'impression d'être la petite Brigitte Bardot
03:51de mon père qui me promenait en Harley sans casque.
03:54C'était génial.
03:55Oui, elle est particulière cette photo
04:00parce que je crois que c'était pour ses 50 ans
04:02ou ses 60 ans, je ne me rappelle plus.
04:04Et en fait, elle n'était pas du tout prévue
04:06pour faire la couverture, cette photo.
04:08Moi, je venais de tourner des corps impatients
04:09parce que j'avais les cheveux courts.
04:10Je m'étais rasée la tête pour le film.
04:12Et on nous a pris comme ça en photo
04:14et elle a fait la couverture.
04:16Il y a eu quelques personnes qui n'étaient pas très contentes de ça.
04:18Et j'étais super fière, j'avais 19 ans,
04:22de me retrouver en couverture avec mon père.
04:24J'étais fière, de toute façon, j'étais très très fière d'être sa fille.
04:26Mais là, j'étais vraiment contente d'être avec lui sur cette photo-là.
04:29C'est vrai que c'est la première fois
04:30que je fais officiellement une couvre de Paris Match
04:32parce que pour moi, c'est vraiment le magazine de mon père.
04:35J'ai toujours vu mon père faire Paris Match
04:37depuis que je suis petite.
04:38Quand on m'a appelée pour cette couverture du Zénith à Auvergne,
04:43j'ai tout de suite dit oui.
04:44C'est la première fois où je dis oui
04:45parce que pour moi, c'est vraiment lié à mon père.
04:51Moi, j'adore cette photo.
04:53Ma mère a cette photo dans sa salle de bain.
04:55C'était un moment très joyeux.
04:56C'était au Festival de La Rochelle, je crois.
04:58On s'était retrouvés là-bas
04:59et on avait, je crois, pour la première fois,
05:02fait ce petit tapis rouge ensemble.
05:04Et on s'est amusées.
05:04Et cette photo respire l'amour d'une maman avec sa fille
05:08et réciproquement de sa fille avec sa mère.
05:11C'est une photo que j'adore
05:12parce que c'est vraiment comme ça qu'on est toutes les deux.
05:14Il n'y a absolument pas de paillettes en plus.
05:17Ça respire l'authenticité de notre complicité à toutes les deux.
05:23Ah, le mariage.
05:25Comme mon papa n'était plus là,
05:28j'ai demandé à mon frère de m'accompagner à l'hôtel.
05:32C'est très bizarre cette photo
05:33parce que ça devrait être mon mari.
05:36Ce n'est pas mon mari, c'est mon frère.
05:38Et moi, en robe de mariée.
05:39Et en même temps, il y aurait eu mon père,
05:42ça aurait été mon père et moi.
05:43Moi, je me suis sentie accompagnée d'être avec David.
05:45Je n'aurais pas pu faire sans mon frère.
05:48Et c'était drôle parce que David avait boutonné sa chemise
05:50parce qu'il était en panique.
05:51En fait, on était dans la voiture.
05:52Il ne savait pas que c'était aussi proche.
05:55Et il était en mode un peu décontracté.
05:57Je me dis, là, c'est maintenant.
05:58Tout de suite, il a boutonné le truc.
05:59On voyait bien que le bouton n'est pas à la bonne.
06:02Et il s'en est rendu compte après.
06:04Il m'a dit, mais pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
06:06Parce que tu ne me l'as pas laissé le temps de le dire.
06:08C'était un moment très joyeux.
06:10Et je n'ai pas fait exprès, que ce soit le 15 juin,
06:12je préfère le dire.
06:14C'était la seule date disponible.
06:16Encore des signes qu'on m'envoie de temps en temps comme ça,
06:19que j'adore.
06:20Ça rassure beaucoup les signes
06:21parce qu'on se dit qu'il y a vraiment quelque chose après.
06:24Et ce n'était pas prévu.
06:25C'est assez fou quand même.
06:26Ça, c'était pour Noël.
06:31C'est ma mère qui avait acheté le théâtre des marionnettes.
06:34Et donc, elle était derrière.
06:35Moi, j'étais morte de rire.
06:37De toute façon, j'étais un bébé
06:38qui se marrait systématiquement tout le temps.
06:40Et elle me faisait du spectacle.
06:41Et papa était devant avec moi.
06:43Et il était morte de rire aussi
06:44parce qu'en tant que très bonne actrice,
06:46elle arrivait à faire des voix différentes.
06:49Et ça, j'avoue que c'est formidable pour les enfants.
06:51Moi, ça me touche là pour le coup.
06:52Oui, c'est des photos de famille.
06:54Mais ça, ça me dérange moins, bizarrement.
06:55Je ne sais pas pourquoi.
06:57Parce qu'il y a quelque chose qui va avec Noël.
06:59Ce n'est pas posé.
07:00C'est la vie.
07:02Donc, c'est une photo que j'aime énormément.
07:04Qui représente vraiment l'amour d'un papa
07:05pour sa fille et la famille.
07:08C'est que des belles choses.
07:10Merci.
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