- il y a 10 mois
Éric Zemmour, président du parti “Reconquête”, était l’invité du Face-à-Face ce lundi 27 octobre sur RMC et BFM. Il a été notamment interrogé sur le budget 2026 qui est en ce moment débattu à l'Assemblée nationale, sur les relations tendues entre la France et l'Algérie ou encore sur une possible "union des droites" pour la présidentielle en 2027.
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00:008h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Éric Zemmour.
00:04Bonjour.
00:04Vous êtes le président du parti Reconquête, vous êtes l'ancien candidat à l'élection présidentielle
00:08et vous publiez « La messe n'est pas dite pour un sursaut judéo-chrétien en France ».
00:13C'est chez Fayard. On va y revenir dans un instant.
00:15Vous appelez les Français chrétiens au sursaut, à presque assumer davantage leur foi
00:23comme une identité ou comme une part de l'identité française.
00:26Mais d'abord une question sur le Louvre et au fond d'ailleurs c'est peut-être pas très éloigné
00:30puisque vous dites d'ailleurs dans votre livre « L'Église a fait les rois qui ont fait la nation, qui a fait la République.
00:34La France sans le christianisme n'est pas la France et je veux continuer à vivre en France ».
00:39Les bijoux, le Louvre, pour vous tout ça est lié.
00:42Bien sûr.
00:42Est-ce que vous vous félicitez comme le ministre de l'Intérieur, il a adressé ses plus vives félicitations aux enquêteurs
00:48qui ont travaillé sans relâche, vous vous félicitez de l'arrestation de deux des quatre casseurs.
00:54Évidemment, je m'en félicite et je remercie et je félicite les enquêteurs
00:59ce qui prouve que quand la police peut travailler dans des bonnes conditions, elle travaille avec efficacité.
01:05Maintenant, il faut regarder au-delà de la discussion qu'on a déjà eue.
01:09Je ne vais pas reprendre la discussion sur les responsabilités, la démission que j'avais demandé
01:13de la directrice et de la directrice ou présidente, peu importe, et de la ministre du Louvre.
01:19Là, maintenant, on est à ceux qui sont arrêtés, aux voleurs.
01:24Et vous avez vu qu'il y en avait un qui était algérien et qui fuyait vers l'Algérie, qui a été arrêté.
01:28Je ne sais pas s'il était algérien, il était peut-être tout à fait de nationalité française,
01:30mais en tout cas, il tentait de fuir vers l'Algérie.
01:32La destination, c'était l'Algérie.
01:33Et l'autre, la destination, c'était le Mali.
01:36Vous avez raison de préciser, d'ailleurs, parce qu'il était peut-être de nationalité française.
01:39Mais vous savez que dans les pays du Maghreb, ils sont tous de double nationalité
01:42parce que la loi interdit de perdre sa nationalité, même quand on est de parents et de grands-parents.
01:47Donc, vous avez raison, il était peut-être français et algérien, ou français et malien.
01:51À ce stade, on a plusieurs informations.
01:53On sait qu'ils sont tous les deux connus des services de police,
01:56qu'ils ont une trentaine d'années, qu'ils sont originaires de Seine-Saint-Denis.
01:59Vous savez, on m'a beaucoup...
02:02Quand vous dites voilà, ça veut dire quoi ?
02:03Parce que je précise, pour ceux qui nous écoutent à la radio,
02:05que vous avez fait un voilà en levant les épaules.
02:09Parce que ce n'est pas étonnant.
02:09Comme si c'était bon, ben voilà, c'est une évidence.
02:11C'est ça ce que vous dites ?
02:13Oui, oui, absolument, je le pense.
02:14Et je vais vous dire pourquoi.
02:16Si vous voulez, on m'a beaucoup moqué pendant la présidentielle.
02:20Et même à ce micro, je me souviens de vos réactions choquées
02:24quand j'ai parlé de djihad du quotidien.
02:26Vous vous souvenez ?
02:27Qu'est-ce que je voulais dire par là ?
02:29Je voulais dire par là qu'un fait divers, c'est un fait divers.
02:32Alors, mille faits divers ne sont plus des faits divers.
02:35Il faut les analyser de façon globale.
02:37Et moi, mon analyse, on peut en avoir d'autres,
02:39mais mon analyse, c'est que tout ça est un continuum de violence,
02:43comme disent les féministes, avec les vols, les viols, les pillages.
02:49Là, moi j'appelle ça un pillage, je n'appelle pas ça un viol.
02:51Avec, évidemment, les meurtres, avec le trafic de drogue.
02:57Tout ça étant fait par, pour la plupart du temps, la même population.
03:02Je pense qu'il faut analyser tout cela à l'aune de ce qu'ils sont.
03:07C'est-à-dire que c'est, pour moi, une revanche historique,
03:10un djihad du quotidien, une guerre que ces gens-là nous mènent,
03:13que ces gens-là mènent à la civilisation, à la France,
03:17par haine des infidèles, comme ils disent,
03:20et ça nous ramène à mon livre,
03:22et aussi par revanche de la colonisation.
03:26Ils sont persuadés, on leur a appris à l'école en Algérie,
03:29que la France coloniale avait pillé l'Algérie.
03:31Donc, dans la tête de beaucoup de jeunes d'origine algérienne,
03:35la délinquance n'est pas de la délinquance.
03:37C'est une revanche et c'est une récupération, si j'ose dire.
03:40– Mais Éric Zemmour, vous ne savez rien des mandataires,
03:44des commanditaires.
03:45On ne sait pas si ces deux hommes qui ont été arrêtés,
03:48qui certes partaient vers l'Algérie et le Mali,
03:50n'ont pas travaillé pour le compte d'un collectionneur
03:54passionné d'histoire de France.
03:55On ne sait pas à ce stade.
03:57– Nous verrons bien.
03:58– Vous n'avez pas beaucoup de doute ?
03:59– Il partait en Algérie.
04:00Je n'ai pas beaucoup de doute,
04:01parce que je pense que mon analyse se confirme régulièrement.
04:06Vous avez vu encore ce week-end,
04:08le procès de la jeune Algérienne
04:11qui a massacré cette pauvre Lola.
04:15Tout ça, il…
04:16– Pour vous, tout ça, vous créez un lien, un fil ?
04:19– Je vous dis, je reprendrai volontiers
04:21l'expression des féministes qui parlent
04:23de continuum de violence, vous savez.
04:25Eh bien, moi, je dis la même chose.
04:26C'est un continuum de violence.
04:28Et alors, il y a des vols, il y a des viols,
04:30il y a des crimes, il y a des pillages.
04:32C'est ce que fait une armée d'occupation.
04:34Qu'est-ce qu'elle fait, une armée d'occupation ?
04:36Elle vole, elle viole.
04:38– La France est occupée.
04:39– Oui, je pense qu'il y a aujourd'hui
04:41une mentalité de milice d'occupation,
04:44des gens qui pillent, qui volent, qui violent.
04:47C'est exactement ce que fait une armée,
04:49quand elle occupe un pays.
04:51– Il y a plusieurs choses dans ce que vous venez de dire,
04:53Éric Zemmour, et j'ai noté les mots de civilisation, djihad.
04:56Ça invite presque au mot, à l'inverse de croisade.
04:59C'est presque un peu cet appel-là que vous avez dans votre livre.
05:02On va y venir dans un instant.
05:02Mais je voudrais également vous interroger sur la question du budget,
05:05puisque c'est aujourd'hui qu'on rentre vraiment dans le dur,
05:08avec à la fois l'analyse du budget global de la France
05:11et du budget de la sécurité sociale.
05:13Taxe Zuckman sur les très hauts patrimoines, oui ou non ?
05:16– Non.
05:16– Non.
05:17Même la taxe Zuckman light, comme le Parti Socialiste l'appelle,
05:22c'est-à-dire une taxe sur les plus de 10 millions d'euros.
05:24– Je vais vous dire.
05:26Notre philosophie à reconquête, et nous sommes les seuls à le penser,
05:30je vais voir après, c'est que nous sommes le pays le plus taxé du monde,
05:35donc il faut baisser les taxes, toutes les taxes.
05:38Moi, je ne pense pas qu'il y a des gens qui ne sont pas assez taxés
05:40et d'autres qui sont trop taxés.
05:41Je pense que tout le monde est trop taxé.
05:43Voilà.
05:44En France, nous sommes un enfer fiscal.
05:46Et il faut baisser donc toutes les taxes massivement,
05:49et il faut pour cela, évidemment, baisser les dépenses massivement.
05:53Ça, c'est la philosophie globale.
05:54Je ferai d'ailleurs une réflexion, si vous me permettez,
05:57pour dire que ce débat budgétaire est exceptionnel,
06:03dans le sens où, pour la d'habitude…
06:04– Il se déroule en tout cas dans des conditions exceptionnelles.
06:06– C'est ce que je veux dire.
06:07D'habitude, vous savez comment ça se passe sous la 5e République,
06:09Bercy prévoit le budget, et puis la majorité vote au canon,
06:13parce que le gouvernement leur met, si besoin est, le 49-3 dans les reins.
06:16– Là, on est en gros dans l'inverse.
06:17– Voilà.
06:18Alors, il y a un inconvénient évident, c'est que c'est la foire aux taxes, justement.
06:21On va en parler.
06:22Mais il y a un intérêt que je vois.
06:24C'est que comme le budget est l'expression de choix politiques,
06:28même idéologiques, pas seulement des chiffres,
06:31chaque parti peut affirmer,
06:35et le citoyen peut voir,
06:38la philosophie politique, économique, budgétaire de chaque parti.
06:41Et je suis très frappé, par exemple, de voir, évidemment,
06:44les accointances quasi permanentes entre le Rassemblement national et LFI.
06:50– Vous parlez d'accointances entre le RN et LFI ?
06:53– Écoutez, excusez-moi, quand on vote ensemble, ça s'appelle accointances.
06:56Je ne dis pas qu'ils sont alliés.
06:57Je dis qu'ils votent de la même façon.
06:59– À quoi faites-vous référence ?
07:00Il y a eu la question peut-être de l'amendement sur l'impôt universel ?
07:06– Exactement.
07:07Qu'est-ce que c'est l'impôt universel ?
07:08C'est pour pouvoir « attraper » les Français
07:11qui sont, selon le discours du RN et de LFI, dans des paradis fiscaux.
07:17Mais ce n'est pas vrai.
07:18Ils ne sont pas dans des paradis fiscaux.
07:19Ils sont au Portugal ou en Italie.
07:21Ce n'est pas des paradis fiscaux.
07:24C'est la France qui est allant faire fiscal.
07:25– Mais Éric Zemmour, là-dessus, je suis très étonné.
07:26Vous êtes contre l'impôt universel ?
07:27– Ah oui.
07:28Dans le contexte actuel, je vous répète.
07:31– Mais vous admirez souvent le patriotisme à l'américaine,
07:34évidemment, vous me voyez venir.
07:35Mais c'est vrai que c'est le pays référent sur cette question d'un impôt universel.
07:39C'est-à-dire que vous viviez où que ce soit dans le monde,
07:42si vous êtes américain, si vous avez la nationalité américaine,
07:44vous êtes lié par l'impôt à ce pays-là.
07:47N'est-ce pas le plus grand lien, l'un des plus grands liens aussi,
07:50entre un citoyen et son pays que de payer où qu'on soit ?
07:54Pourquoi vous êtes contre ?
07:56– Laissez-moi répondre.
07:58Vous savez à combien sont les prélèvements obligatoires aux Etats-Unis ?
08:01– Beaucoup plus faible.
08:02– 33% du PIB.
08:03C'était d'ailleurs, ça va vous intéresser et vous amuser,
08:06le chiffre sous le général de Gaulle en France.
08:09À l'époque, les Rolling Stones venaient, c'était Spompidou,
08:12ils venaient pour éviter la surcharge fiscale anglaise,
08:15ils venaient en France.
08:15Vous voyez, les temps ont bien changé.
08:17Aujourd'hui, nous sommes à 46% en France.
08:20Nous avons un des records du monde avec les pays scandinaves.
08:22Donc aujourd'hui, oui, je suis pour la baisse générale.
08:26Mais en plus, cette histoire d'impôt universel,
08:28on peut aller très loin.
08:29Vous savez, Jean-Philippe Tanguy,
08:31qui est le patron de la discussion budgétaire du Rassemblement National,
08:35a dit une phrase que je trouve très évocatrice
08:38et qui m'a rappelé beaucoup de choses.
08:39Il a dit, pour défendre justement son vote,
08:42il a dit « Fuir la France est immoral ».
08:46Ça m'a rappelé, vous savez, « Les dieux ont soif »,
08:48ce livre sublime d'Anatole France sur la terreur.
08:51C'est une phrase qu'aurait pu dire Robespierre.
08:54Si c'est immoral,
08:56il faut carrément les guillotiner s'il fuit la France.
08:58Mais vous, vous n'estimez pas que « Fuir la France »,
09:00ce serait immoral ?
09:01Moi, je suis pour qu'on reste en France.
09:04Moi, je défends toujours ça.
09:06Mais je considère qu'il faut donner aux Français
09:08la possibilité de travailler.
09:08Je suis quand même toujours surprise, Éric Zemmour,
09:10que vous gardiez le plus de flèches
09:14pour ceux dont, en réalité, idéologiquement,
09:16vous seriez quand même les plus proches, le RR.
09:18Mais, chère madame, je vais vous répondre deux fois.
09:22Sur le budget, je ne suis pas proche du Rassemblement national.
09:25Le Rassemblement national est socialiste en économie
09:28et il l'assume dans ce budget.
09:30L'année dernière, ils ont inventé 11 taxes.
09:32Là, ils en ont inventé 8.
09:33Ils ont fait des progrès extraordinaires.
09:35Donc, non, nous ne sommes pas proches en économie.
09:38Nous sommes proches pour arrêter l'immigration, oui.
09:40Et encore là, moi, je considère que l'islam n'est pas compatible
09:44avec la République, madame Le Pen.
09:47Si je considère qu'il y a un grand remplacement,
09:51madame Le Pen dit non, je suis pour la remigration des délinquants,
09:55des chômeurs de longue durée, madame Le Pen dit que ce n'est pas républicain,
09:58vous voyez qu'on est très différents.
09:59Et c'est tout à fait normal que j'évoque ce qu'ils font
10:02parce que nous avons, et je l'ai vu pendant la présidentielle,
10:05beaucoup d'électeurs en commun.
10:06Donc, il faut éclairer ces électeurs, qu'ils fassent le choix.
10:10Moi, évidemment, je ne leur dis pas qu'il ne faut pas...
10:13Ils auront l'occasion de faire le choix ?
10:14Au présidentiel, vous n'aurez pas de candidat commun ?
10:16Évidemment, mais pas du tout.
10:18Mais pourquoi on aura un candidat commun ?
10:19Moi, vous savez, M. Tanguy dit que pour être allié
10:23au Rassemblement National, il faut s'effacer et s'aligner.
10:29Moi, je ne m'efface pas et je ne m'aligne pas.
10:30Vous parlez avec les autres ?
10:31Est-ce que vous parlez avec Bruno Retailleau, par exemple ?
10:33Avec Laurent Boquet ?
10:34Mais je connais Bruno Retailleau et Laurent Boquet depuis longtemps
10:37et je discute quand ils veulent avec eux,
10:40mais même avec Mme Le Pen, je peux discuter.
10:42Mais est-ce qu'ils veulent en ce moment ?
10:42Vous dites quand ils veulent. Est-ce qu'ils veulent, justement ?
10:44Vous savez, vous me lancez subrepticement sur la fameuse Union des droites.
10:49C'est très simple.
10:51Mme Le Pen n'en veut pas.
10:53Elle l'a dit.
10:54Elle n'est pas de droite.
10:55Elle n'en veut pas.
10:56Très bien.
10:57M. Retailleau n'en veut pas non plus.
10:59Il l'a dit.
10:59Il ne veut pas d'alliance avec Reconquête ni avec le Rassemblement National.
11:02Donc, les choses sont claires.
11:03C'est-à-dire, si les électeurs de droite, globalement,
11:06ou qu'ils votent, veulent une Union des droites,
11:08il faut qu'ils votent pour Reconquête,
11:09car nous sommes les seuls à pouvoir la faire,
11:12si nous sommes en position de l'affaire,
11:14c'est-à-dire si nous sommes en tête, évidemment.
11:15Vous parliez à l'instant de la question de l'immigration.
11:19Vous avez peut-être entendu les propos de Laurent Nunez,
11:21le ministre de l'Intérieur.
11:21Il dit qu'il faut qu'on reprenne le dialogue avec les Algériens.
11:24Là-dessus, il est plutôt à l'inverse de la position
11:26de son prédécesseur Bruno Retailleau
11:28sur les questions de sécurité et d'échange d'informations.
11:30On parle d'antiterrorisme, on parle de narcotrafic.
11:34Je veillerai à ce qu'à un moment,
11:35on reprenne langue à un niveau technique,
11:38à un niveau sécuritaire.
11:39Ça me paraît important.
11:40Et alors qu'il est interrogé sur les accords de 1968,
11:43il dit qu'à date, il y a cet accord et il fonctionne,
11:46même s'il n'est pas complètement parfait.
11:47Est-ce que c'est de la réelle politique ?
11:49Écoutez, je pense qu'au moins, avec M. Retailleau,
11:52on avait des mots qui étaient adaptés à la situation.
11:56On n'avait pas d'action,
11:58puisque les visas donnés aux étudiants algériens ont augmenté.
12:02Il y a toujours 500 000 immigrés par an.
12:04C'est une catastrophe dans les réalités.
12:06Mais dans les mots, au moins, je vais vous dire
12:08ce qui se passe aujourd'hui.
12:09Le gouvernement algérien nous mène une guerre
12:11par l'immigration.
12:13Je vais vous dire ce qu'ils font, les dirigeants algériens.
12:15Ils affrètent des bus pour mettre des jeunes gens dans les bus
12:20et pour les mettre sur des embarcations
12:22pour qu'ils aillent sur des bateaux,
12:24aller sur les côtes d'Espagne
12:25et que d'Espagne, ils aillent en France.
12:27Moi, j'appelle ça une invasion
12:28et en plus, organisée par l'État algérien.
12:31C'est ça qui se passe aujourd'hui.
12:33Alors, quand on me dit qu'il faut renouer le dialogue,
12:35moi, je rigole.
12:35On ne renoue pas le dialogue avec des gens
12:37qui organisent l'invasion de notre pays.
12:39On les combat.
12:40J'ai lu votre livre, Éric Zemmour,
12:42La messe n'est pas dite.
12:44Et j'ai eu presque le sentiment qu'au fond,
12:46vous admiriez l'islam.
12:48C'est-à-dire que vous admirez
12:50chez les musulmans en France
12:52une forme de sursaut
12:54qu'ils ont eu d'identité,
12:55d'acceptation,
12:56voire même ils portent haut et fort
12:58leur religion.
13:00Et il y a, en filigrane de votre livre,
13:02un reproche aux chrétiens de France
13:04d'avoir, en quelque sorte,
13:06eux-mêmes renoncé
13:07ou, en tout cas,
13:09porté une forme d'effondrement
13:10de leur identité,
13:12leur foi.
13:13Ils ne la portent plus en bandoulière.
13:15Est-ce que ce reproche,
13:16vous le faites aujourd'hui aux chrétiens ?
13:17Alors, je n'admire pas spécialement l'islam
13:19parce que je pense que c'est une religion totalitaire
13:21qui nie l'individu
13:22et nie la liberté.
13:24Et moi, j'aime l'individu et la liberté.
13:27Mais vous leur reconnaissez...
13:28Mais je leur reconnais...
13:29J'allais vous le dire,
13:29j'allais vous le dire exactement.
13:30Je leur reconnais
13:31qu'ils portent haut leur identité
13:34et ce qu'ils sont.
13:35Et ils ont raison.
13:36Ils ont raison chez eux.
13:39Chez nous, non, ils ont tort.
13:41Moi, je pense, vous savez,
13:42vous connaissez la phrase fameuse
13:44de Clermont-Tonnerre
13:46à la tribune de l'Assemblée nationale
13:48en 1791.
13:49Il parle des Juifs, évidemment.
13:51Et il dit, nous devons tout donner
13:52aux Juifs en tant qu'individus,
13:54rien en tant que nation.
13:56Et il ajoute,
13:57cette phrase n'est jamais citée,
13:58si on me dit qu'ils ne veulent pas
14:00être citoyens,
14:01alors qu'on les bannisse.
14:02Qu'on les bannisse,
14:03ça veut dire la remigration.
14:05Soit ils acceptent
14:06de se plier aux règles
14:08de la nation.
14:09Exactement.
14:09De la cible de la mœurs française.
14:11Soit ils quittent le territoire.
14:12Soit ils rentrent chez eux.
14:12Il y a 50 pays musulmans.
14:13Je comprends très bien
14:14qu'on veuille vivre
14:15comme un musulman.
14:16Mais dans ce cas-là,
14:16il y a 50 pays musulmans.
14:17Maintenant, je reviens
14:18à votre question
14:19qui était très intéressante
14:20sur le christianisme
14:20et que vous avez raison,
14:21c'est le cœur du livre.
14:22Je pense effectivement
14:23que le christianisme,
14:26c'est à la fois
14:26une foi
14:30la seule religion
14:31qui fasse porter
14:33son dogme
14:35sur la foi.
14:37Les autres,
14:38les paganismes d'avant...
14:39Il y a la question du peuple,
14:40il y a la question des lois,
14:41il y a la question des rites.
14:42Exactement.
14:42En l'occurrence,
14:43un chrétien,
14:44même s'il ne va pas à la messe,
14:45même s'il ne pratique pas,
14:47s'il a la foi,
14:48en effet, on ne peut pas lui enlever.
14:48Vous avez très bien résumé.
14:50C'est même pas qu'on ne peut pas lui enlever,
14:51c'est que ça repose là-dessus.
14:52Saint Paul dit
14:53peu importe les actions,
14:55peu importe les vertus,
14:57l'important,
14:57c'est que vous ayez la foi
14:58en Jésus-Christ.
14:59Ça, c'est une révolution.
15:00Et c'est une révolution
15:01qui porte l'individu libre.
15:03Non, mais c'est important,
15:04ce que je vous dis.
15:05Parce que, du coup,
15:06l'individu a un rapport
15:07avec Dieu intériorisé.
15:08Oui, mais Éric Zemmour,
15:09vous projetez, du coup,
15:10chez les chrétiens,
15:11alors que vous êtes
15:12parfaitement conscient,
15:13en effet,
15:13du fait que ça repose sur la foi,
15:15presque, j'allais dire,
15:16une vision de juif.
15:18C'est-à-dire,
15:18comme si c'était un peuple,
15:20comme s'il fallait qu'ils soient...
15:21Comme s'ils étaient responsables
15:22de l'identité française.
15:23Et moi, j'ai quand même
15:24une vraie question
15:25sur le paradoxe
15:25de votre livre, Éric Zemmour,
15:26c'est que vous dites,
15:27au fond,
15:28que vous attendez des chrétiens
15:30ce que vous refusez
15:32aux musulmans.
15:33C'est-à-dire que vous attendez
15:34des chrétiens
15:34qu'aujourd'hui,
15:36ils revendiquent,
15:39ils manifestent
15:41leur foi,
15:42qu'ils manifestent
15:42leur appartenance
15:43à cette religion.
15:44Et c'est exactement
15:45ce que vous interdisez
15:46aux musulmans,
15:46aujourd'hui, en France.
15:47Mais c'est normal.
15:48Et pourquoi ?
15:48Et pourquoi les uns
15:49pourraient faire
15:50ce que les autres
15:50n'ont pas le droit de faire ?
15:51Mais je vais vous le dire,
15:53a été faite par le christianisme.
15:54Vous m'avez cité.
15:56Elle n'a pas été faite
15:57par l'islam.
15:57Mais est-ce que l'histoire,
15:59je ne dirai pas
15:59la même chose au Maroc.
16:00Est-ce que l'histoire,
16:01Éric Zemmour,
16:02ce ne sont pas des évolutions,
16:03ce ne sont pas des brassages ?
16:04Ah non, il faut figer
16:05à un moment ou à un autre.
16:07Vous la figez quand ?
16:08Ma chère, ma chère.
16:08Vous la figez quand ?
16:09Ma chère.
16:10Moi, vous savez,
16:10je suis comme le général de Gaulle.
16:12Le général de Gaulle disait
16:13l'histoire de mon pays
16:14commence avec la conversion
16:15de Clovis au catholicisme.
16:17Voilà.
16:18C'est comme ça.
16:19Donc, c'est ainsi.
16:20Donc, la France
16:21est un pays chrétien.
16:22Le général de Gaulle toujours.
16:23La République est laïque.
16:25La France est chrétienne.
16:26Donc, c'est pour ça
16:27que j'écris ce livre.
16:28À partir du moment
16:29où elle s'islamise,
16:30elle n'est plus la France.
16:31Et vous verrez,
16:32ça va avoir des changements
16:33monstrueux dans les avenirs.
16:35Des changements monstrueux,
16:36c'est que tout simplement,
16:38votre fille ne pourra plus sortir
16:40sans le voile dans 20 ans.
16:42Vous ne...
16:42Déjà, aujourd'hui,
16:43les jeunes femmes dans le RER
16:45ne peuvent plus aller en mini-jupe.
16:47Pourquoi ?
16:47Parce qu'il y a évidemment...
16:49Pour vous,
16:49c'est un rapport avec la religion ?
16:50Mais bien sûr.
16:51Mais bien sûr.
16:51Dans la religion musulmane,
16:53les femmes doivent se couvrir,
16:54sinon, ce sont des prostituées.
16:57Et donc, évidemment,
16:58qu'elles sont agressées comme telles.
17:01Vous ne verrez jamais une femme voilée
17:03se faire agresser et violer dans le métro,
17:05voyez-vous.
17:06Vous appelez, effectivement,
17:07je le disais,
17:07à une sorte de sursaut
17:09des catholiques de France.
17:10Pour autant,
17:12et vous-même, d'ailleurs,
17:12vous le reconnaissez,
17:13vous dites que le pape François lui-même,
17:15qui est quand même
17:15le chef de l'église chrétienne,
17:18au contraire de ses prédécesseurs,
17:19Jean-Paul II ou Benoît XVI,
17:21avait fait du dédain de l'Europe,
17:23du déclin de l'Europe
17:23et de la complaisance
17:24pour l'immigration musulmane,
17:25sa marque de fabrique.
17:27Au fond,
17:28il considère
17:29que l'église survivra
17:30dans des siècles et des siècles,
17:31mais que son peuple de demain
17:32sera africain ou asiatique.
17:34Ça veut bien dire
17:34que les chrétiens sont là,
17:35mais qui ne sont pas forcément,
17:36effectivement, en Europe.
17:37Comment vous vivez ça ?
17:38Ah, mais c'est très simple.
17:40La chrétienté a une ambivalence
17:42depuis l'origine.
17:43Elle est à la fois une religion,
17:44c'est-à-dire qui repose sur...
17:47Vous savez, religion,
17:47ça veut dire
17:48reliée aux vivants
17:50et reliée aux morts.
17:52Donc, ça veut dire
17:53que la terre et les morts,
17:53comme disait Barrès.
17:54Vous voyez,
17:54il y a quelque chose de très local.
17:55Et en même temps,
17:56catholikos, catholiques,
17:57ça veut dire...
17:58Vous citez Barrès,
17:58Joseph Demestre,
17:59c'est quand même
17:59des contre-révolutionnaires.
18:00Oui, je cite...
18:01Non, Barrès n'est pas
18:02contre-révolutionnaire.
18:03Il est même républicain.
18:04Je cite Chateaubriand aussi.
18:06Je cite Marc Bloch aussi.
18:08Vous voyez,
18:08je cite Benoît Méchant.
18:10Je cite beaucoup de gens
18:10qui sont divers,
18:12d'origines politiques divers,
18:14parce que moi,
18:14je lis des gens très différents
18:15et je me nourris de tout.
18:17Vous pensez que vous serez
18:21c'est ce que je dis
18:21à la fin du livre.
18:23Toute une jeunesse
18:23qui a bien compris
18:25qu'il se pose des questions
18:27que les parents
18:28ne leur posaient pas
18:29et qu'il y a un sursaut,
18:31il y a un frémissement.
18:32Je ne dis pas encore,
18:33évidemment,
18:34que c'est une vague.
18:35Je dis que c'est un frémissement.
18:36Mais ce frémissement
18:37est encourageant
18:38et je pense que
18:39la jeune génération
18:40n'est plus du tout
18:41dans les schémas culturels
18:43de notre ma génération.
18:44Le nombre de baptêmes d'adultes
18:45effectivement est en hausse,
18:47mais il ne compense pas
18:48la baisse des baptêmes d'enfants.
18:50Éric Zemmour,
18:50président du Parti,
18:51qui reconquête la messe
18:52n'est pas dite.
18:53Merci à vous.
18:54Il est 8h48 sur RMC BFM TV.
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