00:20Je la suivais dans le baptême, dans le mariage.
00:24Comme elle, sa maman était une grande star dans le Ouassoulou.
00:30Je chantais dans la rue, j'étais tellement bien dans la rue.
00:36Je ne m'attendais pas à un succès, mais bon, c'est venu.
00:46J'habite au Mali, j'habite en France, j'habite aux Etats-Unis,
00:51mais j'aime bien vivre en Afrique.
00:53C'est l'Afrique qui m'inspire beaucoup.
01:00Ma première connexion avec un instrument a été avec le violoncelle à l'âge de 4 ans.
01:06Et ensuite, j'ai voulu commencer le violon à l'âge de 8 ans.
01:09C'est mes compagnons de vie, mon violon et mon violoncelle,
01:11donc j'en ai besoin tout le temps.
01:14Dans cet album, je vous emmène dans plein d'époques et de pays différents.
01:19Du 16e siècle, Enya, les Cranberries, au Titanic.
01:24C'est un vrai voyage à travers tout cet univers.
01:30Cette semaine, dans le Paris des Arts, une rencontre lumineuse
01:34avec une virtuose du violon et du violoncelle.
01:36Camille Berthollet nous présente son nouvel album solo.
01:40Dans notre coup de cœur, vous pourrez admirer des œuvres sur papier inédites
01:44de Pierre Soulages au musée du Luxembourg.
01:46Mais tout de suite, on va rejoindre l'une des plus grandes divas du Mali,
01:50où Moussangaré est notre invitée.
01:56Moumou !
01:56Je suis pas vide !
01:58Au revoir tout !
01:59C'est cool !
02:01Ravie de te retrouver à Château Rouge !
02:02Moi aussi, j'ai très ravi de vous le voir !
02:05C'est vous qui avez choisi le quartier !
02:07C'est trop près de moi, mais un fou, là !
02:09Allez, on y va !
02:10On y va !
02:11Pourquoi est-ce que vous avez choisi ce quartier ?
02:27Qu'est-ce qui vous plaît ici, dans ce quartier ?
02:29Ce qui me plaît, dans Château Rouge, vous savez, quand tu rentres dans Château Rouge,
02:34vraiment, c'est comme si tu es en Afrique.
02:36On l'appelle la petite Afrique, d'ailleurs, à Paris !
02:39C'est ça, on a tout !
02:41Tout ce qu'on voit, tu vois, les frères et serfs, la nourriture, tous les habillements...
02:49C'est un mélange de culture, ici, un mélange de voix venu d'ailleurs !
02:51C'est un peu comme votre musique !
02:54Tout à fait !
02:55C'est pourquoi j'adore Château Rouge !
02:57La maman des mamans !
02:59Merci !
03:01Merci !
03:02Merci !
03:17Excuse-moi, maman !
03:18Excusez-moi !
03:20Excusez-moi !
03:21Merci beaucoup !
03:23Qu'est-ce qu'ils chantent, là, tous ?
03:26Qu'est-ce qu'ils chantent ?
03:27Qu'est-ce qu'ils chantent ?
03:28Mon ange !
03:29Oui !
03:30Ils me disent...
03:31Djarama !
03:32Merci !
03:33Merci beaucoup !
03:34Je vous aime !
03:35Ok !
03:36Merci beaucoup !
03:37Merci beaucoup !
03:38Merci !
03:39Merci beaucoup !
03:41Merci !
03:42Merci !
03:43Bon ben voilà !
03:57Château Rouge, à Paris, un koumous angaré !
04:00C'est complètement délirant !
04:02On a un peu de mal à circuler !
04:04Oumu, vous êtes en pleine préparation de votre prochain album.
04:14Je sais que vous êtes aussi en pleine préparation du 9e festival international du Ouassoulou.
04:19Ce festival, c'est votre bébé.
04:20C'est aussi votre façon à vous d'oeuvrer pour la paix, la cohésion en Afrique.
04:25De quelle manière ?
04:26Moi, ça me fait bientôt 40 ans.
04:29Je suis sur la route dans les festivals.
04:33à travers le monde.
04:35Et j'ai vu comment le festival aussi, c'est un outil de développement rapide.
04:40Et moi, Ouassoulou en avait besoin.
04:43Ouassoulou a créé des grands artistes comme Kumbasidibé.
04:47Tout le monde connaît des grands, grands, grands artistes,
04:50national comme international.
04:52Mais le Ouassoulou ne recevait pas.
04:55Votre surnom, c'est la reine du Ouassoulou.
04:57Moi, j'ai envie que vous me parliez un petit peu de cette identité culturelle
04:59et de la manière de la transmettre aux jeunes générations.
05:02Les Ouassoulou, en fait, c'est trois ethnies réunies.
05:07Nous sommes des Peul, des Bambara et des Malinkés.
05:10Donc, c'est trois cultures réunies.
05:13Et sa particularité est le fait que ces trois cultures différentes
05:19réunies, qui donnent un son unique.
05:22Quand on entend seulement, on sait que c'est du Ouassoulou.
05:27Vous avez conquis le monde avec votre voix puissante et vos textes engagés,
05:45contre notamment la polygamie, les injustices faites aux femmes, les mariages forcés.
05:50Est-ce que vous avez le sentiment qu'au Mali, et plus généralement en Afrique de l'Ouest,
05:53la situation s'améliore ?
05:55Beaucoup.
05:56Quand j'ai commencé, c'était compliqué au début.
06:02Mais aujourd'hui, les femmes se réveillent beaucoup.
06:06Les commerçantes.
06:07Il y a beaucoup de femmes maintenant, même dans le gouvernement,
06:11quand j'entends les jeunes filles comme Ayana Kamoura,
06:15qui disaient que je vais être comme Ousangare.
06:18Ça veut dire, quelque part, c'est le résultat de ce combat-là.
06:23Donc, du coup, franchement, je vois le changement.
06:25Beaucoup d'icônes vous rendent des hommages vibrants à Ayana Kamoura,
06:40mais aussi à Beyoncé.
06:41Est-ce que ça vous touche ?
06:43C'est touchant.
06:44Ça me donne le courage, ça me donne l'énergie,
06:48ça me donne envie de continuer le combat.
06:51C'est hyper important.
06:53Vous êtes aussi, Houmou, une femme d'affaires,
06:55avec un hôtel, des terres agricoles notamment.
06:59Dans votre pays, à quel moment vous avez eu envie d'investir
07:02et pourquoi vous avez eu envie d'investir dans l'économie de votre pays
07:05en plus de votre carrière internationale ?
07:07J'ai rencontré beaucoup d'artistes partout dans le monde,
07:11surtout les artistes américaines qui font beaucoup de business.
07:14J'ai appris.
07:16Et vu que je suis en train d'encourager la femme à être autonome,
07:24je me suis dit, Houmou, ça fait plus de 20 ans que tu parles aux femmes.
07:29Maintenant, il faut montrer quelques petits exemples.
07:33Donc, quand j'ai commencé, j'ai commencé à créer un hôtel,
07:38et les femmes ont commencé à m'écrire,
07:40oui, c'est bien, c'est gentil, mais bon.
07:42Mais nous, si on n'a pas l'argent de faire un hôtel,
07:46comment vous voulez qu'on se développe ?
07:48J'ai dit, OK, ça c'est bien, effectivement.
07:50J'ai commencé à cultiver des hectares de maïs,
07:57j'ai fait des piscultures, j'ai fait l'élevage des vaches.
08:00Donc, du coup, c'est des petits exemples que je voulais juste montrer.
08:05Et ces exemples ont beaucoup pris.
08:08On va regarder un petit peu dans le rétroviseur.
08:10Votre premier album a cartonné plus de 25…
08:15250…
08:16Des millions de…
08:17Deux mille…
08:18On dit 25 000, mais…
08:21On dit 250 000 ?
08:23Mais c'était des millions de…
08:26C'était du jamais vu.
08:27C'était du jamais vu dans l'Afrique de l'Ouest.
08:29Dans l'Afrique de l'Ouest.
08:30Et vous n'aviez que 21 ans.
08:32C'est incroyable.
08:33Et je ne voulais même pas faire l'album.
08:35Moi, je ne voulais pas.
08:36J'étais bien dans la rue.
08:38J'avais un succès fou si je n'étais pas allée dans ton mariage.
08:42Il y a eu des mariages annulés parce que Oumu Sangaré n'est pas venu.
08:45Il y avait un promoteur qui me dit
08:48« Oumu, il faut qu'on fasse un album. »
08:50J'ai dit « Quoi ? Un album ? »
08:51Non, je n'ai pas besoin.
08:52Si je fais un album et que ça ne marche pas.
08:54Le gars, qu'est-ce qu'il fait ?
08:55Il sort de sa voiture, il me donne la clé de sa voiture.
08:58« Prends la voiture, tu fais une voiture. »
09:00J'ai dit « Quoi ? Oumu Sangaré dans la voiture ? »
09:02Je le fais. Et tout de suite.
09:04Et quand j'ai fait cet album,
09:06mon Dieu tombe.
09:08Partout dans le monde.
09:10Donc l'album a eu un succès fou.
09:13Fou, fou, fou, fou, fou.
09:15On part à présent à la rencontre d'une des rares virtuoses capables de briller aussi bien au violon qu'au violoncelle.
09:30A seulement 26 ans, Camille Berthollet a déjà vendu près de 500 000 albums et enchaîne les scènes du monde entier.
09:49Elle revient aujourd'hui avec son projet le plus personnel, Legends, un album inspiré par l'univers celtique entre ballades irlandaises et thèmes cultes du cinéma.
10:00Bravo !
10:13Bonjour Camille.
10:14Bonjour Valérie.
10:15On est très heureux de vous retrouver pour parler de cet album, Legends.
10:19Alors, ce n'est pas tout à fait le premier en solo puisque le tout premier était déjà en solo, mais vous avez conquis le public aux côtés de votre sœur Julie.
10:26Qu'est-ce qui a motivé cette fois-ci cette envie de tracer votre propre chemin ?
10:33Cet album avec des influences celtiques, ça faisait des années qu'il mûrissait en moi.
10:38Julie a eu un burn-out l'année dernière, donc ça fait déjà un an que j'ai pris le virage solo avec la tournée.
10:45Et donc, c'est tout naturellement que ce projet d'album et de tournée se prêtait parfaitement à cette année.
10:56Alors, dans cet album, il y a des balades traditionnelles, mais il y a aussi des musiques de films, il y a aussi quelques-uns de vos collecteurs, des reprises de Sting, de U2.
11:18Comment est-ce que vous avez choisi les morceaux pour raconter votre propre histoire ?
11:24En fait, il y a un lien irlandais ou celtique avec chaque titre.
11:28Par exemple, Sting, on sait qu'il a des influences celtiques depuis un long moment.
11:33Mais j'ai repris aussi des titres des Cranberries.
11:36Enya, c'était incontournable parce que je l'ai beaucoup écouté et c'était un plaisir de la reprendre au violoncelle.
11:42Il y a aussi des titres beaucoup plus traditionnels, très dansants.
11:45Et c'est vrai que c'est un album qui varie entre ces balades qui me permettent de passer beaucoup d'émotions et puis ces titres beaucoup plus joyeux qui ont beaucoup d'énergie.
11:57Entre le violon et le violoncelle, il n'y a pas de choix à faire ? Vous aimez les deux autant ?
12:00Non, j'ai toujours les deux. Je suis bien chargée, ce n'est pas discret, mais c'est mes deux bébés.
12:05Je suis quand même curieuse, ce violon, qu'est-ce qu'il a de particulier ?
12:08Chaque instrument est particulier et on met toujours des années, voire toute une vie à s'y habituer.
12:12On peut toujours découvrir de nouvelles choses, mais on s'habitue à l'instrument et c'est avec le temps qu'on arrive à en sortir les plus belles notes.
12:20Merci beaucoup Camille.
12:22Merci à vous.
12:32C'est l'heure de notre coup de cœur consacré à l'artiste qui a transformé le noir en lumière.
12:37Pierre Soulages est à l'honneur au Musée du Luxembourg.
12:40L'exposition révèle une facette plus intime de son travail, avec des œuvres sur papier, vibrantes et inédites.
12:47Nous allons découvrir ensemble une autre manière de regarder et de ressentir son art.
12:54Bonjour.
12:55Bonjour.
12:56Alors, il y a un matériau qui est mis à l'honneur, c'est le brou de noix.
13:00Déjà, expliquez-nous ce qu'est le brou de noix.
13:03Il venait de Rodez, son père était un artisan.
13:06Il avait vu des menuisiers utiliser le brou de noix, qui est un matériau naturel, issu de la noix, comme son nom l'indique.
13:12Et qui, une fois qu'il est chauffé, fait une espèce de pâte dont il s'est servi et qu'il trouvait répondre à ce qu'il cherchait.
13:21C'est-à-dire que le brou de noix, c'est un matériau sombre, pas noir, mais qui peut être proche du noir.
13:27Et en même temps, il y a des qualités de transparence, des qualités de luminosité qui lui plaisaient beaucoup.
13:33Donc, c'est un matériau, si je comprends bien, qui permet une émergence de la lumière à travers le noir sur le papier.
13:39Le fondement de l'œuf de Soula, c'est la lumière.
13:41Et donc, pour travailler cette lumière, c'est par contraste, évidemment, et le noir éclaire le blanc.
13:47On poursuit ? On regarde le reste de l'expression ?
13:50Avec plaisir, d'accord.
13:52Certaines de ses œuvres sont inédites. Elles étaient restées dans l'atelier de l'artiste.
14:09Qu'est-ce qu'elles nous racontent de plus personnel, de plus intime, peut-être, sur Pierre Soulages ?
14:13Compte tenu de formats qui sont plus petits,
14:16compte tenu de la matière qu'il utilise, qui lui permet de travailler beaucoup plus rapidement,
14:20ce n'est pas du tout la même démarche que sur toile.
14:23Et en même temps, évidemment, c'est le même peintre.
14:26Donc, ça raconte, je dirais, une autre histoire et la même histoire en même aussi.
14:32Alors, quand vous dites que c'est un autre matériau, le papier,
14:36il y a peut-être une instantanéité sur papier qu'il n'y a pas forcément sur la toile ?
14:41Oui, il y a une rapidité.
14:42Alors que la toile, l'huile directement sur la toile, c'est lent, ça met du temps à sécher,
14:47c'est beaucoup plus fastidieux de travailler avec de l'huile.
14:50Et donc, il est très heureux de faire les deux à la fois.
14:53Et sur papier, comme il dit, il se jette sur le papier.
14:56Il en fait beaucoup.
14:58Et il va continuer d'en faire de façon très variée,
15:01avec des formats différents, parfois plus grands.
15:04Et ça n'aura jamais, évidemment, l'immense format de certains politiques sur toile.
15:08Merci beaucoup.
15:09Et c'est la fin de cette émission.
15:11On se retrouve très vite pour de nouvelles aventures du Paris des Arts.
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