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  • 3 months ago

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00:00...
00:00Il a troqué les rues du Connecticut aux Etats-Unis
00:14pour celles de Toronto, au Canada.
00:19Je me sens calme et libre ici, au Canada.
00:23C'est pareil pour mes enfants.
00:25Pour le moment, j'essaye de me dire que le Canada,
00:28c'est chez moi maintenant.
00:30Jason Stanley, 55 ans, philosophe et éminent spécialiste du fascisme,
00:36a fui les Etats-Unis de Donald Trump pour enseigner ici.
00:42Ce que j'aime dans le fait d'enseigner à la Manxco,
00:45c'est qu'on y trouve des experts sur toutes les régions du monde,
00:49avec des centres de recherche dédiés à chacune d'elles.
00:51C'est donc l'endroit idéal pour travailler sur la menace fasciste à l'échelle mondiale.
00:56Derrière la décision de son déménagement,
01:00le besoin de travailler librement, dit-il,
01:03à l'abri des attaques de la Maison-Blanche contre la recherche et les institutions démocratiques.
01:08Je serais resté aux Etats-Unis si Trump n'avait pas gagné les élections.
01:14Ma présence à Yale faisait de Yale une cible.
01:17Maintenant, fini la contrainte.
01:19Je suis libre de dire ce que je veux.
01:21Et pour moi, c'est ça le Canada aujourd'hui.
01:24C'est un endroit d'où l'on peut critiquer d'autres pays,
01:27critiquer les Etats-Unis sans avoir peur.
01:30Comme Jason Stanley, un nombre inédit de chercheurs et universitaires a quitté
01:40ou cherchent à quitter les Etats-Unis pour l'Europe et le Canada.
01:44Très bien, allons-y. On a un peu de retard.
01:48Donc on veut parler de morale et de valeur.
01:51En cause, des menaces répétées et plus de 4 milliards de dollars de coupes budgétaires
01:59de l'administration Trump dans les domaines de la recherche scientifique
02:02liée, selon elle, à l'idéologie woke.
02:05Le secteur de la santé lui aussi est visé.
02:08Brian Rathbun enseignait jusqu'en 2024 à l'Université de Californie du Sud.
02:13Le financement militaire ou toute autre politique devrait être considéré comme une attitude.
02:18Et la question est la suivante.
02:19Est-ce que nos attitudes sont une conséquence de nos valeurs ?
02:23Ce spécialiste des relations internationales s'est installé au Canada
02:26avec son épouse et collègue de travail, Nina.
02:29Tous deux rappellent que les attaques contre la recherche aux Etats-Unis
02:32dépassent les seuls secteurs visés par Donald Trump.
02:37Je dirais que c'est une situation très démoralisante, pleine d'incertitudes.
02:43Même ceux qui n'ont pas vu leur bourse annulée ou suspendue
02:46en subissent les effets puisque nombre de ces subventions financent d'autres activités de l'université.
02:51Cela a donc des répercussions sur tout le monde,
02:56même si en apparence, cela ne vise officiellement qu'un certain nombre de chercheurs.
03:00Je dirais également que cela a entraîné une baisse des inscriptions en doctorat.
03:13Cela pose un réel problème aux étudiants qui ont justement postulé à des études supérieures cette année.
03:18Donc cela a un impact réel sur le futur de la relève universitaire.
03:27Auteur d'une tribune dans la presse locale,
03:30les recteurs des plus grandes universités appellent Ottawa à faire enfin du Canada
03:33un phare de la recherche scientifique dans le monde,
03:36tandis que le budget qui lui est pour l'instant consacré est bien inférieur
03:39aux moyennes des pays du G7 ou de l'OCDE.
03:43Je crois qu'il y a un changement de paradigme à faire
03:45pour redonner au Canada sa place de grand leader
03:47en termes de recherche, de science, de génération de connaissances,
03:53production de savoir dans le monde.
03:55C'est clair, il va falloir qu'on réinvestisse.
03:57Surtout si on veut saisir cette opportunité,
04:01que j'appelle une opportunité malheureuse,
04:03parce qu'il faut quand même se rappeler qu'il y a un affaiblissement de la science mondiale
04:07compte tenu du rôle des États-Unis prépondérants depuis la Deuxième Guerre mondiale
04:12dans la vie scientifique globale.
04:13À travers le pays, certaines mairies ont pris les devants
04:16et lancé des opérations séduction pour attirer les cerveaux américains.
04:20Montréal, deuxième plus grande ville au Canada,
04:22abrite quatre universités internationales.
04:24Salut Marina, tu pourrais me dire à combien de CV on est rendu pour la campagne chercheure ?
04:29On a une centaine de candidatures, enfin de personnes qui ont exprimé un intérêt.
04:34On a déjà dépassé les 100 en TV ?
04:36Oui, c'est super.
04:38À la demande de la ville, cette agence de développement économique
04:41a mené tout l'été une campagne d'affichage sur les campus des grandes universités,
04:45de la Californie au Massachusetts.
04:48Là, on a beaucoup d'ingénieurs, là, de mathématiques aussi.
04:50Mais là aussi, ça peut être aussi les relations internationales.
04:53Et puis beaucoup de personnes qui ont quand même pas mal d'années d'expérience aussi.
04:56Donc pas juste des personnes qui commencent en recherche.
05:00Ah, bien génial.
05:00L'opération a rapidement été suivie d'une vague inédite de candidatures américaines.
05:05Notre campagne misait simplement sur l'ouverture, l'inclusivité.
05:09On est allé avec un message très simple.
05:11« Montreal loves researchers »
05:13pour les gens qui misent sur l'innovation, le savoir, la recherche.
05:16Il y a une grande proportion de ces chercheurs-là qui sont dans le domaine de la santé.
05:20Et tous ces CV-là seront transférés aux universités du Grand Montréal
05:23qui participent à la campagne, donc qui l'appuient
05:27et qui pourront valider l'adéquation entre les compétences du chercheur
05:31puis les besoins des postes à combler.
05:34Selon un sondage de la revue scientifique Nature, réalisé en mars,
05:38trois chercheurs sur quatre envisagent de quitter les États-Unis
05:40si l'administration Trump maintient ses coupes budgétaires.
05:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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