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  • 3 months ago

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00:00On va s'emparer d'un tout autre sujet. La Commission européenne présente aujourd'hui son plan pour lutter contre la menace des drones dans un contexte bien particulier.
00:11On va vous évoquer de nouveau ces frappes russes. C'était la nuit dernière sur l'Ukraine. Moscou a lancé une nouvelle vague de drones.
00:18Plus de 300 engins d'attaque tirés sur le pays. 37 missiles également qui ont frappé l'intégralité du pays.
00:26Et essentiellement les réseaux énergétiques à l'approche de l'hiver, hautement évidemment stratégique.
00:33Dans ce contexte, la Commission se réunit. J'aimerais citer quand même la chef de la diplomatie européenne, Kaya Kalas,
00:39qui vient d'estimer que la mise en œuvre d'une défense anti-drone dans l'Union européenne n'était plus une option aujourd'hui
00:47au vu de ce qui est en train de se passer avec la Russie.
00:50Ali Laidi, on ne pouvait pas faire plus chaud. Elle vient de parler, la chef de la diplomatie européenne, il y a quelques instants.
00:55On attend évidemment d'en savoir plus sur ce plan. Mais déjà, le contexte, il est bien réel.
01:00On l'a déjà évoqué à maintes reprises.
01:02On est clairement dans le contexte de la peur. Et puis d'ailleurs, c'était l'objectif de la Russie.
01:07Rendez-vous compte qu'avec quelques drones, ils ont mis en émoi l'ensemble de la Commission européenne et des Européens.
01:13Bon, on revient sur le contexte. C'est une vingtaine de drones qui passent dans l'espace aérien polonais, puis après danois, etc.
01:21La plupart sont attribués très clairement à la Russie. Et évidemment, les Européens prennent peur, se rendent compte que leur défense n'est pas totalement efficace.
01:32Ils se réunissent et demandent à ce que les 27 membres puissent travailler ensemble sur cette question.
01:38Évidemment, en relation avec l'OTAN, afin justement de prévoir une réaction, une initiative, une roadmap, une feuille de route.
01:48C'est ce que vient juste d'annoncer Maria Callas pour les Européens.
01:55Donc, c'est sur ce travail, c'est ce chantier que vont aborder les Européens dans les prochains jours.
02:02Et croyez-moi, ça ne va pas être facile.
02:04Oui, parce qu'il y a beaucoup de questions, de points à lever. Est-ce qu'une réponse européenne, déjà, est techniquement possible ?
02:11Non. Enfin, quand on parle...
02:13Ça commence mal.
02:13Non, non, mais quand on parle avec vraiment les ingénieurs, les professionnels, les entreprises, on ne peut pas sécuriser l'ensemble de la frontière qui va du nord.
02:25Quand on monte des cartes comme ça avec ce mur, ça, c'est une hérésie, c'est un fantasme.
02:29C'est un fantasme. On n'a pas la technologie pour ça. Pour autant, donc la Commission le sait, elle est allée voir l'acteur qui est le plus au front avec ses problèmes et qui a le plus d'expérience, c'est l'Ukraine.
02:41Donc, il a été à demander à l'Ukraine comment vous faites depuis un certain nombre de mois pour lutter contre les drones russes.
02:48Bon, il y a une expérience. Il y a des détecteurs acoustiques, des radiofréquences, des caméras, des radios, etc.
02:55Des réponses qui se font à travers des mitrailleuses, des missiles et des lasers.
02:59Donc, on a une expérience qu'on va essayer d'appuyer et de s'enrichir pour pouvoir proposer une réponse et une solution.
03:07Le problème, c'est que même si l'Ukraine a l'expérience, les militaires considèrent qu'en gros, malgré cette expérience, il y a entre 75 et 80% des drones qui parviennent quand même à passer.
03:22Donc, c'est-à-dire que ce n'est absolument pas suffisant.
03:25Autre problème, on ne va pas utiliser très clairement des missiles qui coûtent plusieurs millions de dollars pour aller taper des drones qui coûtent plusieurs milliers de dollars.
03:35Ça ne le fait pas. On ne va pas non plus rééditer la réponse d'urgence qui a été celle des Hollandais, celle de la France, d'envoyer des F-35, d'envoyer des Rafales, etc.
03:46Tout ça coûte beaucoup trop cher. Donc, il va falloir trouver des solutions.
03:50Il y a un embryon de solution dans ce qu'on appelle la Baltic Drone Wall.
03:56C'est en gros une réflexion entre un certain nombre d'entreprises de la Baltique plus la Pologne et la Finlande
04:04pour vraiment apporter des réponses à travers des entreprises afin de sécuriser la Baltique par rapport à ces problématiques.
04:12Voilà, parce qu'il faut abattre les drones, mais il faut aussi faire en sorte que quand ils retombent au sol, ils ne blessent personne, ils n'en dommagent pas de bâtiments.
04:19Et ça, c'est encore un autre sujet. Il y a davantage de questions politiques et économiques qui freinent encore un tel projet ?
04:25Très clairement, la question politique, c'est la question de la souveraineté.
04:29Quels sont, quels vont être les liens, l'articulation entre les solutions de l'Union européenne et les solutions de l'OTAN ?
04:38Est-ce que certains membres de l'Union européenne ont envie de se connecter complètement à l'armement de l'OTAN ?
04:44Donc, il y a une question de souveraineté. Il y a une question aussi, très clairement, de réponse.
04:50Il y a déjà des débuts de réponse de la part d'un certain nombre de pays.
04:54Il y a un très grand projet franco-allemand qui s'appelle le SCAF, qui est l'avion de chasse du futur,
04:59qui comprend évidemment aussi une partie de drones.
05:03Et puis, il y a aussi chez les Allemands, les Anglais, chez les Français, des entreprises qui existent sur ce segment-là.
05:12Il y a par exemple l'entreprise allemande Rheinmetall qui propose des solutions.
05:17Il y a cette start-up dont on parle énormément, une start-up française, anglaise et allemande qui s'appelle Helsing,
05:24qui propose donc des solutions à partir de l'intelligence artificielle.
05:28Bref, il y a des solutions que veulent apporter Berlin et Paris,
05:34et qui ne veulent pas, au contraire, se mettre dans un regroupement de tous les pays et perdre en souveraineté.
05:41D'autant que, évidemment, l'objectif de la Commission depuis un certain nombre d'années,
05:46et depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, c'est de créer un marché commun de la défense.
05:53Et ça, ni Paris ni Berlin, encore moins les Britanniques, n'en veulent.
05:58Donc, ils ne veulent pas que la Commission prenne la main sur la défense.
06:02Il y a là une question économique, politique et une question de souveraineté.
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