00:00Soyez les bienvenus dans ce magazine. C'est une semaine littéralement inédite, folle même, diront certains que nous venons de vivre en France.
00:08Démissionnaire lundi, Sébastien Lecornu a été rappelé par le chef de l'État vendredi soir.
00:12De nouveau sous la menace d'une censure, le Premier ministre doit dans un délai ultra court composer son nouveau gouvernement avant de présenter un projet de budget ce lundi.
00:30On va avoir un sujet.
00:33C'est exactement ça, c'est le résumé. Tout ça pour ça.
00:35C'est pas normal ça. C'est pas normal.
00:38C'est un grand n'importe quoi. C'est un grand cirque.
00:41Moi je trouve ça déprimant et j'ai l'impression qu'on va un peu droit dans le mur en fait.
00:44Je trouve qu'il fait un bon boulot, il a été plutôt performant je trouve dans son ministère.
00:49Et je pense que ça peut être un bon profil qui soit à l'écoute des autres et qui soit force de proposition.
00:56On est dans le fond du trou, autant tenter des trucs nouveaux.
00:59Et je me dis que peut-être que les gens qui ne sont pas politiques sont peut-être moins après l'appât du gain.
01:06Voilà donc pour ces quelques réactions recueillies ici en France.
01:09Bonjour à vous Anthony Bertollier, journaliste politique au Fintan Post.
01:12J'imagine que cette semaine a été aussi dense et compliquée pour vous également.
01:19Nombreux en réalité sont ceux qui considèrent que derrière toute cette crise et cette instabilité que vit notre pays en ce moment,
01:27on la doit au président de la République qui a refusé de lâcher en partie le pouvoir et de le partager.
01:33C'est même ce qu'a dit son ancien Premier ministre Gabriel Attal.
01:36Est-ce que si vraiment on devait trouver un responsable aux origines du problème, ce serait le chef de l'État lui-même ?
01:41Oui, il y a peut-être beaucoup de co-responsables mais c'est le premier des responsables.
01:45Et honnêtement depuis la dissolution de l'Assemblée, donc en juin 2024,
01:49Emmanuel Macron fait une succession d'erreurs politiques assez impressionnantes.
01:54Ça commence donc avec cette dissolution-là et ça se termine cette semaine avec la nomination de Bruno Le Maire
02:00d'un gouvernement avec énormément de ministres reconduits alors que son Premier ministre avait promis la rupture.
02:07Et donc c'est la succession de ces erreurs-là qui font qu'aujourd'hui la France effectivement est bloquée
02:12à tel point que beaucoup des soutiens du Président de la République ne le comprennent plus.
02:16Et ça c'est le signe d'une fin irène assez terrible et assez crépusculaire.
02:19C'est que même dans son propre camp, c'est la foire à celui qui va le plus se démarquer.
02:24Effectivement, Gabriel Attal qui dit « je ne comprends plus les décisions du Président,
02:27il faut qu'il apprenne à lâcher le pouvoir », c'est quand même très significatif.
02:31Est-ce que vous diriez qu'il est en train aussi de s'abîmer dans une certaine mesure le chef de l'État dans son tout dernier mandat ?
02:38Oui, complètement.
02:39Complètement, ce dernier mandat est très très compliqué pour lui.
02:42On voit qu'il a encore des ressorts à l'international, mais justement si on veut parler de ça,
02:46aujourd'hui cette situation nationale, ça l'englue complètement.
02:49On voit que dans ces initiatives c'est difficile, on voit qu'avec les difficultés de certains de nos partenaires européens,
02:54la France aurait pu être l'homme fort de l'Europe sur ces années-là.
02:58Mais avec une situation aussi bloquée en France, c'est impossible.
03:01Et au contraire, au contraire d'être l'homme fort de l'Europe, à cause de ce blocage-là,
03:05la France peut être l'homme malade de l'Europe.
03:06Et ça c'est aussi désastreux pour le bilan d'Emmanuel Macron, bien sûr.
03:09En tous les cas, il a donc rappelé à son Premier ministre, celui même qui avait démissionné en début de semaine,
03:15Sébastien Lecornu, qui a donc accepté de revenir,
03:19qui disait même ce matin en déplacement dans un commissariat en région parisienne,
03:22qu'il n'y avait franchement pas d'autre candidat à Matignon.
03:25Et qu'il y avait eu cette rhétorique, celle du moine soldat, celle de l'homme qui a le sens du devoir.
03:31Il est en réalité quoi ? Le seul homme de la situation en ce moment même, alors qu'il y a une urgence ?
03:35C'est en tout cas ce que pensent les deux têtes de l'exécutif aujourd'hui en France,
03:37c'est-à-dire le Président de la République et le Premier ministre.
03:39Les deux pensent, et en tout cas c'est ce que montre cette reconduction,
03:43malgré une semaine rocambolesque, on l'a vu dans le sujet précédent,
03:46terrible, à mon avis, pour l'opinion, dans l'opinion.
03:49Et les mots sont forts, certains Français parlent de cirque.
03:51Oui, de cirque. Je pense qu'il y a une colère, c'est un sondeur ce matin qui parlait, une colère froide.
03:55Je pense qu'il y a un mélange de dégoût, de désintérêt.
03:58Le risque de ça, c'est de dégoûter les Français de la vie politique et de la vie démocratique.
04:02Et on sait quel risque tout cela peut comporter.
04:05Donc oui, ce qu'il se passe, c'est que malgré cette semaine terrible,
04:10l'Elysée, Emmanuel Macron, a considéré que le mieux placé aujourd'hui
04:13pour faire adopter ce budget si périlleux, c'est Sébastien Lecornu.
04:17Et pour revenir en deux mots sur la phrase de M. Lecornu dans son premier déplacement,
04:21de dire qu'il n'y avait pas énormément de candidats au poste,
04:23c'est un petit peu fort de café parce que s'il y en avait,
04:26et pour le coup, cette fois-ci, pas mal d'éléments objectifs fléchés
04:30vers un Premier ministre plutôt ouvert à la gauche.
04:32En tout cas, pas si proche d'Emmanuel Macron.
04:35Arithmétiquement parlant, aujourd'hui, c'est plutôt un socialiste
04:39ou quelqu'un de proche du Parti Socialiste qui aurait la meilleure assise au Parlement.
04:42Ce n'est pas ce qu'a choisie le Président de la République.
04:44Il a encore pris son plus proche.
04:46Et est-ce qu'on sait vers quelle composition de gouvernement,
04:49avec quel profil on va se retrouver d'ici les 48 heures qui restent
04:53puisqu'un budget doit être présenté lundi ?
04:55Est-ce que ça, on a déjà une idée ?
04:56Alors, on a quelques certitudes dans cet océan de flou.
05:00C'est que Sébastien Lecornu a été reconduit avec une feuille de route.
05:04C'est qu'il ne veut pas de ministre en lien avec 2027.
05:07Donc, tous ceux qui ont un petit peu fait acte de candidature
05:09de près ou de loin ne devraient pas en être.
05:11Donc, si on suit cette logique,
05:12c'en est fini de M. Rotaillot,
05:13c'en est fini aussi de M. Darmanin au gouvernement,
05:15peut-être même Elisabeth Borne,
05:16qui parfois avait dit qu'elle caressait l'espoir d'une éventuelle candidature.
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